Arnaud Montebourg : "Mélenchon est le problème de la gauche, un blocage vers une candidature unique"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:14OuverteRéponse directe
Que dit tout cela de l'état du pays, Arnaud Montebourg, de l'état du débat public ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Arnaud Montebourg, comment avez-vous réagi en entendant ces propos ?
- 4:08OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ce bloc populaire dont vous parlez, qui s'opposerait au bloc bourgeois et au bloc réactionnaire ?
- 5:18RelanceRéponse partielle
Où vous voyez qu'ils sont oubliés et écrasés à Renaud Montbourg alors que nous sortons de 15 mois de quoi qu'il en coûte ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Qui composerait cet ensemble aujourd'hui dans le paysage politique de 2021-2022 ?
- 8:02RelanceRéponse partielle
En quoi, aujourd'hui, les candidatures officielles, ou officieuses, de Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo ou Yannick Jadot, ne contribuent pas à ce mouvement que vous prenez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13Invité politiqueFait
« Je juge ce comportement condamnable. »
- 3:03Invité politiqueFait
« Très mal, je considère que ce sont des morts qui méritent le respect, qu'on ne peut pas les attribuer ou sembler les attribuer à une quelconque machination électorale. »
- 4:50Invité politiqueFait
« La réforme du chômage, les réformes successives, où on a un agenda de la réforme, au détriment des intérêts de ceux qui n'ont que leur travail pour vivre. »
- 5:08Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 30 000 cahiers de doléances qui ont exprimé la difficulté de vivre dans ce pays. »
- 5:56Invité politiqueChiffre
« il y a quand même 1,5 million de personnes, presque, qui vont perdre 300 à 400 euros par mois. »
- 6:09Invité politiquePromesse
« Le CRDS risque d'être prolongé jusqu'en 2042. »
- 6:26Invité politiqueChiffre
« J'ai même fait le calcul que sur 25 ans, c'est 37% d'augmentation de l'impôt sur le revenu. »
- 7:18Invité politiqueFait
« le pays est à droite sur les questions régaliennes. Terrorisme, sécurité, immigration. »
- 7:25Invité politiqueFait
« Mais il est à gauche sur les questions économiques et sociales. »
- 9:21Invité politiqueFait
« Parce qu'elle n'a pas soutenu le 21%, donc on se retrouve avec un 15% qui ne changera pas grand-chose pour nous. »
- 13:09Invité politiqueChiffre
« Les Allemands et les Anglais ont deux à trois fois plus de magistrats que nous autres. Nous, on a 7000 magistrats. Les Anglais, je crois que sont à 30 000, les Allemands, 20 000, les Allemands, 30 000. »
- 14:57Invité politiqueChiffre
« Nous en importons 45 à 50 milliards d'euros par an. »
- 16:21Invité politiqueFait
« Il était ministre de l'économie, il avait la signature du décret que j'avais laissé derrière moi qui lui permettait de l'interdire. »
- 21:18Invité politiqueChiffre
« Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que s'il était confronté à Marine Le Pen, il serait sévèrement battu. 60-40, pour finir Marine Le Pen. »
- 24:22Invité politiqueChiffre
« 580 millions de ménages dans l'OCDE, il y a 30 pays dans l'OCDE, ont vu leur pouvoir d'achat se réduire ou stagner. »
Temps de parole
- Invité politique72 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 214 %
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien celui qui fut sous le quinquennat de François Hollande, ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique. Aujourd'hui entrepreneur, il a créé le mouvement citoyen L'Engagement. Questions et réactions au standard d'Inter 0145 24 7000 ou sur l'application d'Inter. Bonjour Arnaud Montebourg.
Bonjour Nicolas Demorand, bonjour Léa Salamé.
Merci d'être à notre micro ce matin avant de parler de l'élection présidentielle et du rôle que vous voulez y jouer. Commençons par le contexte particulier dans lequel se trouve le pays. On reprend les derniers jours. Dimanche, Jean-Luc Mélenchon suscite un tollé en établissant un lien entre deux attentats qui seraient à ses yeux des manipulations préélectorales. A ce propos, mardi à ce micro, la maire de Paris, Anne Hidalgo, dit son ras-le-bol de la violence dans le débat politique et appelle à la responsabilité collective. Plus tard, le même jour, le président de la République est giflé lors d'un déplacement atteint l'Ermitage. L'image a fait le tour du monde.
Que dit tout cela de l'état du pays, Arnaud Montebourg, de l'état du débat public ?
D'abord, un pays sans projet qui n'est pas capable de discuter sereinement des grands enjeux du pays qui vont se tenir et qui vont devoir être décidés l'année prochaine. On a des défis énormes. Reconstruire l'économie, faire muter l'économie vers l'écologie, limiter les inégalités, remonter ce pays. Donc il va bien falloir qu'on s'unisse pour le faire. Et l'état de tension extrême dans lequel le débat public aujourd'hui évolue est préoccupant. Et il faut maintenant revenir au contenu, aux propositions, au débat et aux orientations parce qu'il y a un débat d'orientation dans ce pays. Et c'est normal qu'on en parle.
Et on n'arrive pas à en parler parce qu'on est dans la polémique, l'anecdote, la polémique, l'anecdote jusqu'à la suivante.
Pardon, ce n'est pas une anecdote, un président de la République qui se fait gifler.
Non, c'est beaucoup plus grave. Vous avez raison de le dire. Et je juge ce comportement condamnable. Il y a toujours eu des atteintes à la personne, au corps des présidents, le général de Gaulle, Jacques Chirac, même François Hollande s'est fait entarter. Bien sûr. Mais c'est inacceptable car le vrai débat, il est dans les urnes et sur la compréhension limpide des orientations que nous devons partager ou ne pas partager.
Jean-Luc Mélenchon a déclaré dans l'émission Questions politiques sur Inter, je le cite, vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Mera, ça a été Mera en 2012, l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées. Avant, on avait eu Papy Voise. Tout ça, c'est écrit d'avance. Arnaud Montebourg, comment avez-vous réagi en entendant ces propos ?
Très mal, je considère que ce sont des morts qui méritent le respect, qu'on ne peut pas les attribuer ou sembler les attribuer à une quelconque machination électorale. Et les victimes ont réagi comme je l'aurais fait. Là aussi, nous avons besoin maintenant d'entrer dans le débat politique de fond. Certainement pas dans les accusations multiples car l'atmosphère dans laquelle le débat se déroule sert finalement les extrémismes. Nous avons besoin de nous unir. Donc si on a besoin de nous unir, on a besoin de se comprendre, de se respecter et d'analyser les positions que nous mettons sur la table. Donc c'est ma contribution. En ce qui me concerne, elle est modeste mais elle est réelle.
On va reparler de Jean-Luc Mélenchon dans un instant mais parlons de votre contribution. Vous avez publié il y a deux jours dans Le Monde une tribune dans laquelle vous réaffirmez la nécessité d'une unification politique du bloc populaire autour d'une force républicaine qui briserait, selon vous, la tenaille constituée d'un côté par un bloc bourgeois qui représente l'élite, de l'autre par le bloc réactionnaire qui prétend représenter le peuple. Que voulez-vous dire par là ? Qu'est-ce que ce bloc populaire dont vous parlez, dont vous parlez, qui s'opposerait au bloc bourgeois et au bloc réactionnaire ? Vous pensez à qui ?
Je pense aux classes populaires, aux classes moyennes qui ont fait l'élection présidentielle, qui ont soutenu Jacques Chirac avec la fracture sociale, Nicolas Sarkozy avec le travailler plus pour gagner plus, qui ont soutenu François Hollande, mon adversaire c'est la finance, d'une certaine manière un peu M. Macron avec sa fausse révolution qui s'est transformée en restauration. Et ce corps central, qui est la majorité sociologique du pays, a été abandonné par toutes les politiques publiques. Et le dernier quinquennat, on est un exemple. La réforme du chômage, les réformes successives, où on a un agenda de la réforme, au détriment des intérêts de ceux qui n'ont que leur travail pour vivre.
C'est d'ailleurs, la traduction, le symptôme en a été, l'explosion des gilets jaunes qui n'est toujours pas soldée. Donc je pense à ces, finalement, français des cahiers de doléances. Il y a eu 30 000 cahiers de doléances qui ont exprimé la difficulté de vivre dans ce pays. Ces gens-là sont oubliés par la politique et écrasés économiquement.
Où vous voyez qu'ils sont oubliés et écrasés à Renaud Montbourg alors que nous sortons de 15 mois de quoi qu'il en coûte ?
Mais parce qu'ils ne trouvent pas chaussures politiques à leurs pieds. Et ils le disent. Ils sont, en quelque sorte, ces millions de français ordinaires qui n'arrivent pas à boucler leur fin de mois. Ils ne sont pas entendus politiquement. Bien sûr qu'il a fallu, parce qu'il n'avait pas le choix, le gouvernement a été obligé de prendre des mesures comme tous les gouvernements. Mais qui va payer la suite ? Quand j'entends que le ministre de l'économie, par exemple, après avoir fait cette réforme combattue par tous les syndicats et même le MEDEF, chômage, retraite, chômage, il y a quand même 1,5 million de personnes, presque, qui vont perdre 300 à 400 euros par mois.
Il faut quand même comprendre dans la période où les plans sociaux se multiplient sur la carte de France. Je note que la facture, qui va la payer ? La facture du quoi qu'il en coûte ? Le CRDS risque d'être prolongé jusqu'en 2042.
La croissance, le retour de la croissance, vous répondrez Bruno Le Maire s'il était là. C'est la retour de la croissance qui va payer la dette.
Je l'espère bien. Mais qui va payer ? C'est impossible de rembourser 500 milliards par nos propres efforts. J'ai même fait le calcul que sur 25 ans, c'est 37% d'augmentation de l'impôt sur le revenu. Vous voyez bien que ça n'est pas sérieux. C'est même inhumain. Donc, en fait, cette France-là, elle est en train de se donner à la famille Le Pen si la gauche n'est pas capable de créer une véritable alternative. Et cette alternative, elle doit passer par une recomposition de la gauche et une autre vision.
Précisément, Arnaud Montebourg, vous parlez de l'unification politique du bloc populaire autour d'une force républicaine. Je recite la citation de Léa. Vous pensez, à qui pensez-vous ? À quoi ? Qui composerait cet ensemble aujourd'hui dans le paysage politique de 2021-2022 ?
En essayant de construire un portrait robot d'une candidature unique à gauche qui pourrait parler et reparler et prendre en charge les aspirations majoritaires de ce bloc populaire. Parce qu'il faut comprendre que, si je résume la situation, le pays est à droite sur les questions régaliennes. Terrorisme, sécurité, immigration. Mais il est à gauche sur les questions économiques et sociales. Et c'est une des raisons pour lesquelles aucune alternative n'est en train d'émerger. Ni à droite, parce que la droite est trop libérale. Ni à gauche, parce que la gauche donne l'impression d'être beaucoup trop laxie sur les questions régaliennes.
Et donc, c'est parce qu'il y a cette impossibilité qu'il n'y a pas d'alternative. Et que, face à Macron, la seule alternative est donc la famille Le Pen. Et donc, est-ce que la gauche est capable de se mettre un coup de pied dans ses propres fesses, pardonnez-moi l'expression, pour éviter de passer en quelque sorte par la casse Trump pour espérer un jour obtenir la présidence Biden en France ?
Mais ça veut dire quoi, se mettre un coup de pied sur les fesses ? Ce que je veux dire, c'est qu'il y a eu des réunions de la gauche, vous n'y êtes pas allé, Arnaud Montebourg. En quoi, aujourd'hui, les candidatures officielles, ou officieuses, mais presque officielles, de Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo ou Yannick Jadot, ne contribuent pas à le mouvement que vous prenez ?
Par exemple, pour moi, ça ne correspond pas seulement à des, j'allais dire, à des affinités politiques, mais surtout à des aspirations sociales, économiques, profondes dans le pays. Et la gauche, aujourd'hui, a besoin de faire plusieurs choses. D'abord, se réintéresser à la question des salaires, elle l'a complètement abandonnée. Il y a quand même, aujourd'hui, des économistes comme Patrick Arthus, qui ne sont pas des Mélenchonistes, qui est l'économiste de Natixis, qui a écrit un livre qui s'appelle « En finir avec l'austérité salaria ». Il a même écrit un deuxième livre qui s'appelait « La révolte future des salariés ».
Donc, nous avons besoin de reprendre la question des salaires, du droit de vivre, dans les services publics, mais aussi dans les entreprises. Donc, par exemple, je propose un dividende privé. On distribue des dividendes ? Eh bien, il faut que les salariés participent et soient, dans le capital, à un haut niveau, pour participer, en quelque sorte, à la distribution de la richesse dans l'entreprise. La gauche, elle, se concentre toujours sur les impôts, les impôts nouveaux. C'est nécessaire. S'agissant des multinationales, comme le plan Biden l'a proposé, l'Europe a été bien timide, d'ailleurs, et je le regrette.
En quoi l'Europe a été timide ?
Parce qu'elle n'a pas soutenu le 21%, donc on se retrouve avec un 15% qui ne changera pas grand-chose pour nous.
C'est un début, non ?
C'est un début, sauf qu'il va falloir convaincre maintenant le G20, puis l'OCDE, et puis peut-être dans quelques années, j'espère pas la Saint-Gling-Gling, nous aurons obtenu satisfaction. Sur les questions, on en est loin. Donc, vous voyez, revenons sur l'essentiel. La question des salaires est fondamentale. La question de l'Europe, est-ce que l'Europe s'occupe des problèmes du monde qui sont nos risques d'oppression ? La colonisation par les Etats-Unis d'Amérique du système numérique qui est le leur, est-ce que l'Union Européenne a fait quelque chose ? Rien. Est-ce que la colonisation industrielle par la Chine de nos économies, est-ce que l'Union Européenne a fait quelque chose ? Rien.
Il faut sortir de l'Union Européenne, il faut faire quoi ? Quel est votre projet ? Quelle est votre proposition ?
Il va donc falloir reprendre un minimum et reprendre un peu de ses billes pour pouvoir se défendre et se protéger. Par exemple, la taxe carbone, où est-elle passée ? Ça fait dix ans qu'on en parle, elle n'est toujours pas là. Il va y avoir encore, je crois, une présidence française. Est-ce qu'on va sortir la taxe carbone ? Vous verrez que non. Donc, en vérité...
Pardon, vous voulez faire la taxe carbone ?
La taxe carbone... Sur les importations... La taxe carbone... Sur les importations chinoises, par exemple.
Qui a provoqué les Gilets jaunes ?
Non, sur les importations chinoises. Mais bien sûr, sur les autres. C'est sur les autres qu'on doit faire la taxe carbone, pas sur nous-mêmes. Donc ça, ce sont des projets, si vous voulez, qui ont une connotation de rétablissement d'un minimum de souveraineté, qui suppose que la gauche abandonne son irénisme, presque sa naïveté sur la question européenne. Vous voyez, ce sont des recompositions politiques.
Arnaud Montebourg, sur l'immigration, vous dites qu'elle n'est pas sous contrôle en France et qu'elle pèse sur les conditions de vie des plus modestes, qu'il faut la combattre face au slogan facile du « Accueillons-les tous ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Parce que quand on regarde les déclarations publiques de Jean-Luc Mélenchon, qui parle des frontières, à Emmanuel Macron, qui parle d'immigration régulée, tout le monde, au fond, est sur cette ligne. Alors, de quoi parlez-vous ? Vous voulez mettre fin aux droits d'asile ? On arrête d'accueillir les réfugiés politiques des pays en guerre ? Expliquez-nous.
Je ne parle pas de combattre, mais de la contrôler. Ce qui est un droit fondamental de tout pays qui dispose de frontières. Aujourd'hui, le slogan facile de « Accueillons-les tous » a pour conséquence, finalement, de poser beaucoup de problèmes. Nous n'avons pas les logements, nous n'avons pas le travail, nous n'avons pas tout ça.
Mais qui dit « Accueillons-les tous » ?
Vous avez une certaine gauche qui défend, avec une forme d'angélisme, l'idée qu'il faudrait le faire. D'ailleurs, je vous renvoie au livre très intéressant d'Idié Leschi, qui est un préfet, un ami d'ailleurs, chevénementiste. On l'a reçu à ce micro. Qui a écrit un très beau livre qui s'appelle « Le Grand Dérangement », où il dit « L'utopie de l'accueil pour l'accueil mènerait au chaos ». Et il ajoute cette phrase, il dit « L'hospitalité pour tous, c'est l'hospitalité pour personne ». Vous voyez bien les problèmes que cela pose. Donc, tous les pays du monde ont organisé autrement leur politique d'immigration.
Donc là, il faut qu'on ait un débat et des décisions nationales sur « Est-ce que nous devons harmoniser nos conditions d'accueil avec les autres pays européens ? » Ce qui n'empêche pas d'accueillir lorsqu'on en a besoin, lorsqu'on a des demandes. Vous avez beaucoup d'accueillants dans notre pays qui sont prêts à le faire. Mais on ne peut pas, aujourd'hui, avoir des portes de la chapelle qui se multiplient.
Vous voulez durcir donc les conditions d'accueil, si j'ai bien compris. Vous voulez durcir aussi les positions de la gauche sur la sécurité ?
En tout cas, je crois que la question de la sécurité est aujourd'hui évacuée à tort. Nous devons regarder la violence dans la société. Et nous avons un appareil policier, un appareil judiciaire qui sont délabrés. Les Allemands et les Anglais ont deux à trois fois plus de magistrats que nous autres. Nous, on a 7000 magistrats. Les Anglais, je crois que sont à 30 000, les Allemands, 20 000, les Allemands, 30 000. Donc il faudrait déjà qu'on ait des magistrats pour juger. La conséquence, c'est que vous avez une chaîne pénale qui ne fonctionne pas. Des confrontations police-justice, ce n'est pas d'ailleurs, à mes yeux, au syndicat de police de décider ce que doit être la police.
Vous seriez allé à la manifestation devant l'Assemblée nationale ?
Je n'y serais pas allé parce que ce n'est pas au syndicat de police de dire ce qui est bon pour la police. C'est à la société tout entière, surtout lorsqu'il faut rétablir la confiance entre la police et la population. Et maintenir cette confiance, c'est un art difficile. Pourquoi ? Parce que la police fait un métier très difficile et qu'elle a subi franchement des atteintes extrêmement graves. Donc il faut arriver à trouver les conditions de la coopération. Police-justice, mais aussi police-population. Ce travail-là, c'est un travail de longue haleine et il ne passe pas par seulement la revendication corporatiste des syndicats de police.
Sur un autre dossier, vous êtes un fervent pro-nucléaire, Arnaud Montebourg. À part Fabien Roussel du PCF, vous aurez du mal à avoir des alliés à gauche et surtout chez les écologistes. Vous pensez que le nucléaire est une chance pour la France ? Iriez-vous jusqu'à dire que le nucléaire est une énergie verte ?
Je ne dirais pas ça, c'est une énergie décarbonée. Elle pose pas mal de problèmes. Nous le savons, elle a des risques.
Les déchets nucléaires, les accidents nucléaires comme Fukushima.
Oui, c'est vrai, mais nous avons un choix à faire. Est-ce que nous voulons nous débarrasser du pétrole ? Ce qui, je crois, doit être l'objectif de toute la planète, mais aussi de notre pays. Si on doit se débarrasser du pétrole, on va avoir un bouquet énergétique, énergie renouvelable, nucléaire. Sinon, on n'y arrivera pas. Et donc, on aura encore du pétrole. Donc, vous imaginez ce que ça représente de se passer du pétrole dans ce pays. Nous en importons 45 à 50 milliards d'euros par an.
Est-ce que vous êtes favorable à réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité ? Emmanuel Macron veut la réduire à 50% d'ici 2035. Non, je ne suis pas favorable. Vous voulez rester à 70% ?
Non, je pense qu'il faut préparer la nouvelle génération de nucléaire, qui n'est d'ailleurs pas forcément le PR. Il y a des technologies aujourd'hui qui ont évolué, continué la recherche.
Donc, rester 100% nucléaire dépendant.
Il y a tous les pays du monde. Il y a 50 centrales nucléaires aujourd'hui en construction dans le monde. Pourquoi ? Parce que c'est le seul moyen que les pays ont trouvé avec les énergies renouvelables, pas contre les énergies renouvelables, de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Puis vous voulez, alors on a lu ça aussi, vous voulez nationaliser le tiers de l'industrie française.
Le tiers ?
Ce n'est pas ce que vous avez dit ? Le tiers ? C'est ce que vous avez écrit ?
Le tiers ? Je suis, moi je suis absolument sans scrupule sur la question de la nationalisation. J'observe d'ailleurs qu'il n'est pas toujours nécessaire de nationaliser pour garder le contrôle.
Vous voulez nationaliser combien de l'industrie française ?
Ce n'est pas le sujet. Madame, aujourd'hui, ce n'est pas le sujet Madame Salamé, si vous me permettez.
Pourquoi ce n'est pas le sujet ?
Parce qu'aujourd'hui, le sujet c'est que, par exemple, le bilan de Macron, de M. Macron, pardon, sur l'industrie, on a perdu Alstom, Alcatel, Technip, Suez, et Sillor, Lafarbe.
Tout ça n'était bien avant Emmanuel Macron ?
Eh bien non, parce qu'Alstom, il était ministre de l'économie, ça fait presque un septennat qu'il est au pouvoir. Il était ministre de l'économie, il avait la signature du décret que j'avais laissé derrière moi qui lui permettait de l'interdire. Nous avons perdu le contrôle de six entreprises importantes qui vont évidemment avoir des centres de décision à l'étranger, qui vont prendre des décisions contre la France. Voilà. Donc ça, c'est la première des choses. Donc il n'est pas nécessaire de nationaliser pour cela.
Deuxièmement, j'observe que dans le quoi qu'il en coûte, c'est-à-dire finalement les mesures qui ont été prises, il y a 150 milliards de prêts qui ont été mis dans le bilan des entreprises pour les soutenir dans la période difficile. Qu'est-ce qu'on fait de ces 150 milliards ? Les entreprises ne pourront certainement pas toutes rembourser ces prêts. Eh bien, est-ce que nous pourrions avoir une idée qui consistera à dire qu'on les convertit en actions, et ces actions, on les attribue aux salariés.
Ce serait une manière finalement d'amener les salariés dans la discussion de l'entreprise, et finalement dans le partage et un peu du pouvoir, mais surtout de la richesse qu'ils créent et qu'ils contribuent à créer.
Arnaud Montebourg, si ce matin les dirigeants de gauche vous écoutent à la radio, et s'ils vous ont lus dans Le Monde, qu'est-ce qu'ils doivent se dire ? Parce que vous êtes pour une candidature unique. Vous avez commencé en disant « je suis pour une candidature unique ». Mais en gros, vous demandez quoi ? Vous demandez au Parti Socialiste de renoncer à son engagement pro-européen, si je vous lis bien. Vous demandez aux écologistes de renoncer au nucléaire, à Mélenchon de renoncer également au nucléaire, et de clarifier ses idées sur la laïcité, si je vous lis bien, pour caricaturer.
En gros, vous demandez à tout le monde, à toute la gauche, de renoncer à ses valeurs ou à ce qu'ils croient véritablement.
Non, mais je ne demande rien. Je fais une proposition politique qui est réaliste, raisonnable et constructive. Et il est vrai que je travaille à une candidature unique de la gauche, capable d'apporter une solution alternative au pays. Pas qu'à la gauche ! Parce qu'on ne gouverne pas avec 15 et 20% des voix, c'est impossible. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à M. Macron, ces 25%, on voit ce qui s'est passé. Donc on a besoin de construire une solution pour tout le pays et de rassembler autour de ça. Donc, comme je participe au débat public et que j'entends peser sur les événements, je suis disponible pour cette perspective tout à fait sérieuse d'une candidature unique.
Il nous faut une candidature unique pour pouvoir peser sur les événements. Sinon, vous aurez des candidatures de témoignage et nous aurons, ce qui va se produire, la victoire de la famille Le Pen.
Pardon de ne pas comprendre ce que vous dites, parce qu'hier, dans Le Parisien, vous avez déclaré « Je renonce à être candidat ». Ah non, je n'ai pas dit ça. Ce matin, vous nous dites « Je suis disponible ». Ça a été titré. Oui, mais ce n'est pas ce qui est dans Le Pen. Alors justement, ce que je vous demande ce matin, pour les gens qui vous écoutent, pour les gens qui vous aiment, pour les gens qui vous aiment moins, Arnaud Montebourg, pouvez-vous clarifier votre position ?
Vous en êtes tout aujourd'hui. Ma position est tout à fait claire. Aujourd'hui, je ne suis pas candidat, parce que je ne suis pas candidat à la multiplication des candidatures. Il y en a déjà beaucoup trop. En revanche, je suis disposé à travailler à une candidature unique de la gauche, et je suis disponible pour cette perspective. Qui ne sera pas vous, donc. Mais peu importe. Travaillons-y, et sur des orientations politiques nouvelles, recomposées. Et pourquoi ? Comme je le disais, le pays est à droite sur le régalien, et à gauche sur l'économique et sociale. Il va bien falloir qu'on ait une sorte de politique mixte, et qu'on invente, et qu'on réinvente la proposition de la gauche au pays.
Si ce n'est pas le cas, le bloc populaire s'éloignera et se jettera dans les bras de la famille Le Pen. Voilà ce qui nous menace. Il faut en prendre conscience.
Guillaume, au standard, bonjour, bienvenue. Oui, bonjour. Monsieur Montebourg parle de son souhait d'une candidature unique à gauche. Du coup, je voulais savoir s'il soutenait la démarche de la primaire populaire, qui est selon moi le seul moyen de faire émerger justement une candidature unique, qui ait des chances de passer le premier tour de la présidentielle, justement au-delà de l'ex-grès de partis et de personnes.
Merci Guillaume pour cette question. Arnaud Montebourg vous répond.
On a une expérience des primaires, on a une expérience positive et une expérience négative. Pourquoi ? Parce que quand le corps électoral de la primaire est vaste, il fonctionne, quand il est très étroit, et c'est le cas aujourd'hui de la gauche, qui s'est quand même marginalisé dans des débats un peu marginaux, on peut le dire. C'est-à-dire ? Des débats sociétaux, qui ne sont pas les débats qui correspondent aux aspirations du plus grand nombre. Eh bien, la primaire, elle est artificielle et elle ne fonctionne pas. Donc je ne pense pas que ce soit la martingale magique.
Alors c'est quoi la martingale ?
C'est la responsabilité de chacun et l'intelligence collective. Par exemple, Jean-Luc Mélenchon, qui a été une solution en 2017, il était la solution. D'ailleurs j'ai voté pour lui, donc je peux me permettre de lui faire des remarques aujourd'hui publiques.
Vous avez voté pour lui, pas pour Benoît Hamon ?
J'ai voté pour lui, oui, je le dis. Eh bien, finalement, aujourd'hui, il est le problème de la gauche, puisqu'il est un facteur de blocage.
Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, c'est le problème de la gauche ?
C'est le problème pour s'acheminer vers une candidature unique. Pourquoi ? Parce que tout le monde sait que s'il était confronté à Marine Le Pen, il serait sévèrement battu. 60-40, pour finir Marine Le Pen. Tous les autres aussi. 50-50, c'est déjà mieux. Mais surtout, on voit bien qu'à force de creuser des tranchées sectaires autour de lui, de tirer sur tout le monde, il est incapable de rassembler. Il ne le souhaite même pas, on dirait. Et puisqu'il ne veut pas rassembler, il ne peut pas gagner. Et nous, on a besoin de quoi ? On a besoin de peser sur les événements. On n'a pas besoin que les uns ou les autres se fassent plaisir. Et vous me permettrez...
Donc vous lui demandez de se retirer, de retirer sa candidature. Alors même qu'aujourd'hui, si on regarde les sondages, c'est le mieux placé.
Mais non, mais on n'a pas besoin de mieux placer, éliminer. On a besoin de gagner. Et de travailler à discuter avec le pays. Et le pays, il n'est pas mélenchoniste, tout le monde l'a compris. Donc Jean-Luc Mélenchon ne sera pas président de la République, tout le monde le sait.
Beaucoup de questions sur l'application Inter. J'en cite une pour vous donner l'idée générale. Arnaud Montebourg, c'est Gérard qui vous la pose et qui vous dit qu'il regrette que vous ne soyez pas candidat à la présidentielle. Ancien militant PS, Macron-Le Pen, je vote blanc, dit-il.
Réaction ? J'ai bien entendu. Je vois qu'il y a beaucoup de Français qui ne trouvent pas chaussures à leurs pieds politiques. Et qui n'arrivent pas à se situer dans l'offre politique actuelle. Et donc il faut répondre à cette demande. Et ça, ça fait partie des propositions que je défends.
Et pourquoi vous ne répondez pas à cette demande en étant candidat ? C'est juste un problème d'argent, vous n'avez pas les fonds supplémentaires ?
Je vais vous dire, je ne vais pas aujourd'hui vous dire ce que je fais parce que je ne le sais encore pas. Et que j'ai le droit, Madame Salamé, et j'ai beaucoup de respect pour vous et pour votre professionnalisme, je vous le dis franchement. J'ai le droit à l'honnêteté, donc je vous ai dit les choses honnêtement, et à l'humilité. Voilà. On n'est pas obligés d'être tous des Napoléons de Pacotille sur le pont d'Arcole. Vous me permettrez de vous dire, soyons délicats, réfléchissons ensemble, faisons avancer la discussion publique. On n'est pas obligés d'être tous des Mélenchons. Vous voyez ?
Mais qu'est-ce qui vous empêche aujourd'hui ? C'est un problème de troupes ? C'est un problème de financement ? Dites-nous les choses, vous dites que vous êtes honnêtes.
Je vais vous dire les choses franchement. Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé les ressources qui me permettent de le faire. Mais, ça peut changer. Donc, en l'État, je ne suis pas candidat. Mais c'est en l'État, contrairement à ce que raconte le Parisien.
Beaucoup de questions aussi. Je vous lis celle de Colette autour du même thème. Avec ce que j'entends, je me dis, est-il encore de gauche, Arnaud Montebourg ?
Je suis un homme de gauche parce que je m'intéresse à la question de l'injustice. Et l'homme de droite préfère ordonner ou maintenir l'ordre d'un monde qu'il accepte. L'homme de gauche veut changer un monde qu'il n'accepte pas. Je suis dans cette catégorie, finalement, historique de la gauche et futuriste. Parce que le monde est injuste. Donc, il faut bien s'y attaquer. D'ailleurs, que s'est-il passé ces dix dernières années ? 580 millions de ménages dans l'OCDE, il y a 30 pays dans l'OCDE, ont vu leur pouvoir d'achat se réduire ou stagner.
Et pendant ce temps-là, pendant que les gens s'appauvrissaient, d'où la disparition de la classe moyenne, eh bien, vous aviez 70% de la richesse qui allait à 1% des ménages. Nous avons là un défi considérable.
Gérard nous disait, en cas de second tour Macron-Le Pen, je vote blanc. Et vous, Arnaud Montebourg ? En cas de ? Second tour Macron-Le Pen.
Eh bien, nous allons faire en sorte qu'il n'y ait pas de second tour Macron-Le Pen. Il y a une disponibilité populaire pour briser cette tenaille.
Et si c'était le cas ?
Eh bien, je vous répondrai à votre question à ce moment-là. Mais pour l'instant, nous avons beaucoup d'efforts à faire, et je pense que nous pouvons y parvenir, pour éviter ce duel mortifère.
Donc vous refusez ce matin de choisir entre Macron et Le Pen ?
Parce que ce n'est pas le moment. L'élection n'est pas faite. Il y a des propositions qui vont arriver. Il y a une recomposition de la gauche et de la droite, certainement, qui vont se proposer. Il y a une alternative à construire. J'y travaille. C'est le sens de ma proposition de candidature unique.
Il n'y a pas d'évidence si le Rassemblement National est au second tour.
Il n'y a pas d'évidence. Pourquoi faudrait-il que l'élection présidentielle soit écrite à l'avance ?
Merci Arnaud Montebourg.
Merci Arnaud Montebourg.
Mais c'est moi qui vous remercie d'être venu au micro d'Inter ce matin. Merci Arnaud Montebourg.