L'invité d'Apolline Matin : La France peut-elle encore réussir sa réindustrialisation ? - 28/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Bonjour, ministre de l'Industrie. On va comprendre comment va notre industrie.
- 1:56OuverteRéponse directe
Est-ce que sa principale préoccupation, ce n'est pas aussi la question du coût du travail ?
- 2:39RelanceRéponse directe
Vous ririez jaune ou vous pleuriez face à Jean-Luc Mélenchon ?
- 4:10OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a des points qui vous ont convaincus hier ?
- 5:09OuverteÉludée
Est-ce qu'il y a des points qui vous ont convaincus hier ou vous vous êtes dit, ça répond vraiment à nos demandes ?
- 5:51FerméeRéponse directe
Vous avez des délais de paiement avec des entreprises publiques ou avec des collectivités publiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueChiffre
« On a été le premier en 2026, pardon, pour la septième année consécutive. »
- 1:06Invité politiqueChiffre
« On a un niveau d'investissement industriel sur le premier semestre 2026 qui est bien supérieur à ce qu'on connaît depuis la moyenne depuis 2009. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Si on pense qu'en effaçant de la dette et en ramenant la retraite à 60 ans qui fera augmenter les cotisations sociales, on va pouvoir augmenter les salaires, on se gourre complètement. »
- 4:34Invité politiqueChiffre
« La CVAE a été divisée par deux. »
- 4:36Invité politiqueChiffre
« L'impôt sur les sociétés a été ramené de 33% à 25%. »
- 7:56Invité politiqueFait
« On nous a rionné quand on a mis en place la taxe sur les petits colis. »
- 8:06Invité politiqueFait
« Si la France n'avait pas pris cette initiative, l'Italie l'a prise aussi de taxes sur les petits colis nationales. »
- 9:31Invité politiqueFait
« On est le seul pays européen à avoir été capable de faire Mistral. »
- 10:17Invité politiqueFait
« Les véhicules électriques en France, les plus vendus, sont des véhicules français. »
- 10:35PrésentateurChiffre
« L'impôt de production. »
- 10:38Invité politiqueChiffre
« On a divisé par deux la CVAE. »
Temps de parole
- Bruno Sans42 %
- Présentateur29 %
- Invité18 %
- Auditeur5 %
- Invité 24 %
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Vous écoutez RMC. Du lundi au jeudi, un jour, une proposition politique concrète, droite, gauche, Charles Consigny, Cécile Duflo. Et le vendredi, c'est le grand invité du vendredi, et c'est vous Sébastien Martin. Bonjour, ministre de l'Industrie. On va évidemment prendre le temps avec vous de comprendre comment va notre industrie. Vous allez essayer de nous convaincre pour nous dire qu'elle a encore des atouts. C'est surtout les chefs d'entreprise qu'il faut convaincre. On en avait une, en l'occurrence, il y a quelques minutes ici même. Elle était aux premières loges hier pour interroger les patrons qui étaient face au MEDEF.
Et quand je lui ai dit que je vous recevais, elle qui est à la tête d'une entreprise de 20 salariés, du Ciment, dans les Landes, vous l'avez vu. Elle a dit, moi j'ai 10 entreprises, 10 usines que je voudrais créer. Et franchement, je ne sais pas pourquoi je les créerais en France.
Peut-être d'abord parce que la France, visiblement, continue à attirer des usines et des entreprises. On a été le premier en 2026, pardon, pour la septième année consécutive. Le pays qui a attiré le plus d'investissements étrangers. J'ai vu le baromètre Trendéo qui est sorti il y a quelques jours. On a un niveau d'investissement industriel sur le premier semestre 2026 qui est bien supérieur à ce qu'on connaît depuis la moyenne depuis 2009. Et puis, dans son secteur particulier, elle est un secteur de la cimenterie décarbonée.
Il y a des dispositifs d'accompagnement qui existent pour accompagner ce type de projet en France et qui, d'ailleurs, n'existent pas ailleurs et que certains pays nous envient. Donc, je pense que si cette personne a une envie de porter des projets comme cela, c'est bien en France qu'il faut qu'elle les fasse.
Alors, en Europe, peut-être, mais il y a aujourd'hui une déferlante qui vient... Mais les cimenteries servent le marché local en général. Qui servent le marché local. Mais plus largement, on voit bien aujourd'hui qu'il y a une déferlante chinoise sur tous les secteurs.
On va y venir dans un instant parce que j'aimerais bien qu'on écoute. Ça a été vraiment au cœur des débats hier, la question de la Chine. Mais effectivement, un patron ce matin qui nous écoute et qui se dit je voudrais essayer de monter des entreprises. Est-ce que sa principale préoccupation, ce n'est pas aussi la question du coût du travail ? Ils sont nombreux à l'avoir dit hier. Et on a entendu ce moment fou où Jean-Luc Mélenchon disait il faut augmenter les salaires et où les patrons ont ri.
Les patrons ont ri parce qu'eux, ils sont dans la réalité. Ils sont dans la réalité et qu'on n'augmente pas les salaires par décret. On augmente les salaires quand l'activité économique permet de le faire. Et excusez-moi, permettez-moi de le dire. Mais si on pense qu'en effaçant de la dette et en ramenant la retraite à 60 ans qui fera augmenter les cotisations sociales, on va pouvoir augmenter les salaires, on se gourre complètement.
Il y a Mickaël qui est au téléphone avec nous. Il nous a appelé au 32 16 depuis le Nord. Vous êtes chef d'entreprise dans l'informatique. Vous entendez la réponse à l'instant du ministre de l'Industrie. Vous, si vous aviez été face à Jean-Luc Mélenchon hier qui dit il faut augmenter les salaires, ou ce matin comme vous l'êtes face au ministre de l'Industrie, vous ririez jaune ou vous pleuriez ?
Je pense que je pleurerais parce que Jean-Luc Mélenchon n'a jamais dirigé d'entreprise. Il a gagné son argent juste en politique toute sa vie, donc il ne sait pas ce que c'est. Moi, je vais vous donner la réalité. Monsieur le ministre, bonjour. Bonjour à Pauline. Bonjour. D'abord, moi aujourd'hui j'ai une entreprise, j'ai 11 salariés. À chaque élection, on me dit qu'on n'augmentera pas les charges, on n'augmentera pas les charges. Et au mieux, on nous dit qu'on les baissera. Alors c'est vrai que vous n'augmentez pas les charges. Pas les charges directes, pas ce qui se voit, pas dans les chiffres.
Par contre, derrière, ce que vous nous demandez, il y a quelques années, c'est de participer à la mutuelle. Donc, participer à 50% de la mutuelle des salariés. C'est une très bonne chose. Il y a 5 ans, je payais 38 euros. Mais en même temps, vous avez remboursé plein de choses sur la sécu. Les mutuelles nous disent qu'on est obligé d'impacter ça. 5 ans après, je suis passé de 38 à 85 euros. On m'a résilié ma mutuelle en décembre dernier parce que ce n'était pas rentable. On nous demande de participer au transport. Mais tout ça, ça ne se voit pas dans les chiffres. Alors vous nous dites qu'on n'a pas augmenté les charges. Oui, mais vous nous faites payer ailleurs. Ce n'est pas une charge.
Vous manipulez les chiffres, c'est inadmissible. Moi non plus, je n'ai plus confiance. Je n'ai plus envie de développer mon entreprise en France. Je suis en concurrence avec des sociétés informatiques qui travaillent à distance, comme on le fait en France avec le télétravail, et qui n'ont pas ces obligations-là. Comprenez-le.
Je voudrais qu'il puisse vous répondre, le ministre de l'Industrie, Michael.
Mais d'abord, ce que vous dites, je le comprends parfaitement. La volonté d'un chef d'entreprise, ce n'est pas, contrairement à ce que j'ai pu entendre, de ne pas payer ses salariés, de ne pas leur apporter des services ou quoi que ce soit. La volonté d'un chef d'entreprise, c'est plutôt de pouvoir augmenter ses salariés quand il le fait. Juste rappeler quand même qu'il y a eu à un moment la baisse des cotisations sociales de la branche famille, que la CVAE a été divisée par deux, que l'impôt sur les sociétés a été ramené de 33% à 25%. Est-ce que ça compense ça, Michael ? Je ne sais pas si ça compense.
Et honnêtement, je ne suis pas là pour faire le catalogue et dire à Michael qu'il adore et que moi j'ai raison.
Je vais vous dire, Sébastien Martin, je pense que Michael, il le regarde sous par sous le catalogue. Et ligne par ligne. Michael ?
Ce sont des bases communiquantes, vous baissez d'un côté pour augmenter de l'autre, vous changez les noms et vous n'annoncez que les baisses, les augmentations jamais. C'est un peu facile, ce n'est que de la com. Et on n'a plus confiance. Je vous le dis, je vous le dis pour vous, arrêtez la com, redonnez-nous confiance avec des actes.
Est-ce qu'il y a des points, Michael, hier, je ne sais pas si vous avez eu le temps d'écouter tout ou partie du débat hier, est-ce qu'il y a des points qui vous ont convaincus ou vous vous êtes dit, tiens, ça c'est un vrai changement, oui, ça, ça répond vraiment à nos demandes ?
Je n'écoute plus parce que ce ne sont que des annonces. Je ne vote même plus.
Oh non, ça Michael, franchement,
si en plus vous votez plus, ce n'est pas possible ça. Je ne crois plus en rien. Mais vraiment, parce qu'aujourd'hui, on nous assassine. Et je vais vous dire une autre chose, il n'y a pas forcément de rapport, mais c'est un rapport avec vous au gouvernement. Je facture des entreprises publiques, je suis entre six mois et un an pour être payé.
Et ça, vous êtes nombreux à le dire, Michael, la question des délais de paiement, à la fois des très grosses entreprises, des petites, mais aussi de l'État. Je peux poser une question à Michael,
parce que Michael dit que vous avez des délais de paiement avec des entreprises publiques ou avec des collectivités publiques ? Parce que les collectivités publiques, les collectivités locales, ont fait des efforts considérables pour ramener les délais de paiement dans des délais tout à fait raisonnables. Moi, j'ai été élu local pendant 11 ans.
Je vais vous dire, je prends un exemple, bon, c'est le pire, mais bon, j'ai une facture qui date du 7 août 2025 à un hôpital.
7 août 2025 ?
Oui. Et qui n'a toujours pas été payé ? Qui n'a pas été payé. Je peux vous envoyer le mail, l'hôpital nous dit, nous envoie un mail, j'ai relancé il y a un mois, qui me dit, je suis vraiment désolé, on a des problèmes de trésorerie, je vous promets, on fait le maximum.
Merci pour votre témoignage, Michael. Il est très important, effectivement, comme ça, on n'est pas dans la théorie. Avec vous, on comprend parfaitement. Il y a une autre question, effectivement, je le disais, qui a été évoquée hier et qui vous concerne au premier chef, vous qui êtes le ministre de l'Industrie, c'est la question de la Chine. Écoutez ce que Gabriel Attal, qui est le candidat de Renaissance, disait hier.
Il y a une politique chinoise assumée visant à couler notre industrie. On peut avoir tous les débats si on n'apporte pas les réponses nécessaires. On n'arrivera pas à résister. Sébastien Martin.
Sur le sujet de la Chine, qui aujourd'hui, au niveau européen, porte le plus fortement l'enjeu de la préférence européenne, l'enjeu d'avoir des outils de protection beaucoup plus réactifs et beaucoup plus rapides, et l'enjeu du made in Europe. C'est la France. Dans les débats que nous avons aujourd'hui au niveau européen, c'est la France qui porte le plus cette idée-là. Tout simplement pour deux raisons. Un, on ne doit pas fermer l'Europe. On ne doit pas faire, à mon avis, exactement comme fait M. Trump, qui ferme tous les Etats-Unis, en disant, j'ai mis d'énormes droits de droite sur la Chine, tu parles, ça s'est déporté sur l'Asie du Sud-Est.
Par contre, qu'on puisse entrer en Europe à partir du moment où on respecte des règles du jeu qui sont conformes aux nôtres, là, il n'y a pas de problème.
Vous savez quoi ? Si les décisions de l'Union européenne ne vont pas dans ce sens, puisque vous dites, nous, on est lucides, ils ne le sont pas toujours. Est-ce qu'il faut, à ce moment-là, désobéir à l'Union européenne parce que ça ne va pas dans le sens de la France ? C'est ce que proposait hier
Jean-Luc Mélenchon. Juste un tout petit peu de cohérence. Peut-être qu'on parlera des petits colis tout à l'heure. On nous a rionné quand on a mis en place la taxe sur les petits colis. Le Rassemblement National, LFI, ils ont voté contre. Après, ils disent qu'il faut se défendre contre la Chine. OK ? Eh bien, qu'est-ce qu'on voit en ce moment ? Si la France n'avait pas pris cette initiative, l'Italie l'a prise aussi de taxes sur les petits colis nationales, qui ensuite s'est développée au niveau européen. Je ne pense pas qu'on aurait moins 30 à moins 40%. Il y a beaucoup de gens qui font de la politique, mais quand il s'agit d'agir, ils ne font rien.
Le petit colis qui arrive effectivement en Europe. Emmanuel ? Au-delà des petits colis... Sur mon domaine industriel, on peut parler des véhicules électriques. Pas de problème. C'est ça.
On se dit quand même aujourd'hui qu'il y a des secteurs sur lesquels le combat est perdu. Est-ce qu'on va encore faire des automobiles en Europe ? Je ne vois pas comment. Donc, sur quel secteur aujourd'hui, la réindustrialisation, on doit se concentrer ? Sur quel secteur on a encore des chances aujourd'hui ?
Et d'ailleurs, Manu,
j'aimerais ajouter quelque chose.
On parle beaucoup d'IA en France parce qu'on est très bons en innovation et en recherche, mais le paradoxe, c'est qu'en robotisation, on est globalement nul. Quatrième au classement européen en robotisation industrielle. Et alors, les robots de service qui sont en train d'exploser en Chine, et j'aimerais vous entendre là-dessus, en Chine, on développe des robots qui, en gros, font les jobs qu'on appelle les jobs en tension en France. C'est-à-dire nettoyage, service au restaurant, tous les jobs où on a besoin de personne et on nous dit les Français ne veulent plus faire ces travails-là parce qu'ils ne sont pas assez bien payés.
Eh bien, ces jobs-là, en Chine, ils sont en train d'être remplacés par des robots. Quand vous êtes dans un hôtel à Shanghai, c'est un robot qui vous fait le room service. Il faut bien se rendre compte de ça. Aujourd'hui, la France est totalement à la ramasse là-dessus et la robotisation, c'est la révolution de demain. Qu'est-ce qu'on va faire avec ça, monsieur le ministre ?
Mais vous parlez d'innovation technologique au sens large, en fait, dans ce que vous dites.
Non, en innovation,
on est bon en recherche, mais en robotisation industrielle... Oui, oui, mais robotisation industrielle. On n'est pas mauvais non plus sur l'ordinateur quantique et on est le seul pays européen à avoir été capable de faire Mistral. Moi, je veux bien. Les seuls qui font de l'IA aujourd'hui, c'est la Chine et les Américains et puis il y a un tout petit, soi-disant, tout petit pays. Parce que le truc, c'est on est nul, on est un tout petit pays, on ne sait rien faire. Non, je n'ai pas dit que le T.U., juste, on n'est pas très bien classé. Le seul pays qui est aujourd'hui capable à 67 millions, 68 millions d'habitants de faire un truc qui marche en IA, en Europe, ça s'appelle la France.
Je veux juste le rappeler. Ça veut dire quoi ? Il y a quelques années en arrière, on était autour de la table, Framatome dans le nucléaire, parce qu'on parle des secteurs qu'il faut bien savoir préserver, Framatome dans le nucléaire, elle est fermée en 2016 à Reva. Et aujourd'hui, vous allez me dire que Framatome ne va fermer. Certainement pas. On va dire qu'on ne sait plus faire des voitures, mais c'est faux. On sait faire des voitures. On est en train d'apprendre à savoir faire les véhicules électriques. Les véhicules électriques en France, les plus vendus, sont des véhicules français. Donc arrêtons un petit peu à dire qu'on ne sait pas faire les choses, on sait les faire.
Sébastien Martin, Marine Le Pen a annoncé notamment supprimer l'impôt de production. Pourquoi vous ne le faites pas ?
Attendez, vous avez vu le plan d'économie de Marine Le Pen ?
Là, je vous pose une question très précise. L'impôt de production.
On a divisé par deux la CVAE. Ce n'était pas un impôt de production ? En fait, attendez, l'impôt de production, ça n'existe pas. Ce qui existe, ce sont les impôts de production. D'ailleurs, il y a des définitions qui sont un peu différentes en fonction des uns ou des autres. Là, dans les impôts de production, il y a la CFE par exemple, il y a la CVAE. Puis il y a des impôts qui sont prélevés directement par les collectivités territoriales. Donc, vous ne supprimez pas comme ça l'impôt de production d'un coup de baguette magique. Ça fait 100 milliards. En 2022, c'était 16 milliards basés sur quoi ? L'immigration, l'Europe et puis le train de vie de l'État.
Aujourd'hui, c'est 120 milliards basés sur les trois mêmes choses. Sur les mêmes points. Multiplié par 10 quasiment avec exactement les mêmes recettes.
Merci Sébastien Martin d'avoir répondu à nos questions ce matin. Ministre de l'Industrie, il est 7h55. Merci aussi à Mickaël pour son témoignage chef d'entreprise dans le Nord. J'espère, j'espère, et Mickaël, j'en prends presque l'engagement qu'en nous écoutant chaque matin, en entendant l'expertise, l'analyse, à la fois de l'économiste Emmanuel Lechypre, de l'historien Arthur Chevalier et en étant avec nous, vous aurez peut-être envie à nouveau de participer à cette vie de la démocratie de 2027 et qu'on arrivera à vous convaincre d'aller voter. C'est aussi, je pense, notre rôle à chacun. Après, vous ferez bien ce que vous voudrez.