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interviewC dans l'air· 13 avril 2022 64 min

Macron/Le Pen : coup pour coup #cdanslair 12.04.2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le temps des discours policiers est terminé. Les deux candidats entrent dans le dur et se rendent coup pour coup depuis hier. Emmanuel Macron a surpris tout le monde en revoyant sa position sur la retraite à 65 ans. Véritable repoussoir pour la gauche et pour les mélanchonistes qu'il faut séduire dans cet entre-deux-tours. Marine Le Pen leur parle, elle, de référendum d'initiative citoyenne et présente sa réforme des institutions. Donc l'un d'œil au parti de celui qui voulait une sixième république.

Sur le terrain, dans les médias, les deux finalistes lâchent donc leur coup. Il faut dire que cette fois-ci, le second tour est serré et tous les scénarios sont sur la table. Emmanuel Macron a reçu aujourd'hui le soutien de Nicolas Sarkozy, pas seulement pour faire barrage au Rassemblement National, mais aussi pour son expérience et son engagement européen, dit l'ex-chef d'État. De son côté, Marine Le Pen tente de tenir à distance Éric Zemmour et sa nièce Marion Maréchal. Macron Le Pen, coup pour coup, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef au service politique de Paris Match.

Vous avez rencontré Nicolas Sarkozy hier, à paraître demain dans le prochain numéro, un article sur les relations qu'il entretient avec Emmanuel Macron et puis sur les raisons, un de son ralliement. Raphaël Baquet, vous êtes grand reporter au journal Le Monde. Votre journal qui titre aujourd'hui Macron qui tente d'attirer les voix de gauche. Nous y reviendrons longuement ce soir. Fanny Guinochet, vous êtes éditorialiste à France Info et à la Tribune. Vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales. Votre article du jour est intitulé « Retraite, pourquoi cette volte-face d'Emmanuel Macron sur l'âge de départ à la retraite de 65 à 64 ans ?

» Et puis Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'Institut de sondage IFOP. Citons votre rolling, comme on dit, d'hier. IFOP fiducial, 52,5% pour Emmanuel Macron dans une projection du second tour, naturellement. Et je rappelle que vous êtes l'auteur de « La France sous nos yeux » aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. On va commencer cette édition avec cette volte-face à 11 jours du second tour.

Emmanuel Macron, Bruno Jeudy, qui décide de lâcher quelque part ce qui était devenu un des totems, contrairement à ce qu'il a dit hier, un des totems de ce premier tour et de cette campagne de premier tour. La retraite à 65 ans.

2:17
Invité

C'est vrai que c'était la mesure phare, peut-être même la seule véritable mesure nouvelle de son programme avant le premier tour, présentée au cours d'une grande conférence de presse. Et ça avait marqué, coloré cette campagne d'Emmanuel Macron plus à droite que celle de 2017, surtout parce qu'il n'a pas réformé les retraites pendant son mandat. Et donc il était attendu au tournant. Et il a choisi non pas de remettre sur le métier sa réforme des retraites à points, mais reprendre la classique mesure de repousser l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Alors évidemment, tout ça satisfaisait la droite, mais pas la gauche.

Il a entendu dimanche que c'était quelque chose qui était très, très, très contesté. Et puis hier, il était sur le terrain. C'est ce qu'il explique. Au fond, hier, il a repris, il a écouté et il dit, il commence à lâcher. Peut-être même d'ailleurs qu'il avait l'intention de lâcher, peut-être plus tard, de passer de 65 à 64. En tous les cas, il nous l'a fait un peu vendeur de canapé qui dit, je vais vous la faire à 64, madame, la retraite.

3:22
Présentateur

Ah oui ? Ça sous-entend qu'il y a une forme d'improvisation. C'est ce que vous dites, Bruno Chet ?

3:25
Invité

Je ne sais pas. Non, je pense qu'il y avait une marge de manœuvre, mais peut-être qu'il lâche plus vite qu'il ne l'aurait fait. D'ailleurs, il avait toujours dit que c'était soumis à concertation, ce qui, moi, m'a surpris, parce que je pense qu'il n'y a plus de concertation. On a tout épuisé, les rapports. Il y a eu deux secrétaires d'État sur la question. Enfin voilà. Donc de toute façon, maintenant, la réforme des retraites, on l'a fait ou on ne l'a fait pas.

3:43
Présentateur

Alors il dit, on doit décaler de 4 mois de plus par an avec une clause de revoyure à la fin du quinquennat. Sur ce sujet-là, je n'ai pas de tabou. Ça, c'est un sujet qui était un marqueur de droite. Comment est-ce que ça peut être reçu, dans l'opinion, à votre avis, Jérôme Fourquet, comme une adaptation, parce qu'il a écouté, et parce que vous allez sans doute nous le confirmer, il y a une aversion des Français pour cette mesure-là. Donc j'ai écouté, ou alors comme une volte-face que dit Marine Le Pen, qui dit « je n'ai aucune confiance dans Emmanuel Macron sur les retraites ».

4:09
Emmanuel Macron

Alors, si on reprend un peu la genèse et le pourquoi de cette réforme, hormis les aspects économiques et financiers qui sont sans doute bien évidemment cruciaux, mais il y avait une dimension éminemment politique. Il s'agissait pour Emmanuel Macron d'envoyer un signal très fort à l'électorat de droite pour capter cet électorat de droite au premier tour. Ça a marché au-delà des espérances, si je puis dire. Il a récupéré 38% de l'électorat de François Fillon, qui s'est porté sur lui. Valérie Pécresse ne récupère que 20%. Il a progressé de 13 points, c'est les 65 ans et plus. Il passe de 26 à 39%, donc il est champion des seniors.

Et sans doute que cette mesure de la retraite à 65 ans n'y est pas pour rien, puisque dans toutes les autres enquêtes non électorales qui sont réalisées sur le sujet, la seule catégorie de la population qui est majoritairement favorable à la retraite à 65 ans, c'est ceux qui sont déjà à la retraite. Parce que, bien évidemment, la réforme ne s'appliquera pas à eux, elle garantit la pérennité de leur pension. Donc c'était bien joué dans un cadre de premier tour. Et donc, par la magie du « en même temps », maintenant on se projette dans le second tour. Et c'est maintenant à l'électorat de gauche qu'il faut parler et qui est vent debout contre cette réforme.

Comme dit Bruno Jeudy, dans la longue quirielle de mesures et de propositions qu'il a égrénées dans son programme, il n'y en a qu'une qui a passé le mur du son, c'est celle-ci. Et celle-ci est très fortement contestée. Alors peut-être que tout ça a été savamment calculé, c'est-à-dire qu'on dit 65 pour la droite et ensuite on se ménage une marge de manœuvre. Rappelez-vous que lors de la précédente grande réforme sous Nicolas Sarkozy et François Fillon, il y avait eu un débat en disant « est-ce qu'on fait 63 ou 62 ans ? » Il paraît que François Fillon était favorable à 63 et Sarkozy avait dit « on va déjà faire 62 ». Donc voilà, on est toujours dans une forme de négociation comme ça.

C'est un sujet qui est éminemment sensible et qui permet aussi à Marine Le Pen de se projeter comme étant, ou se présenter comme la candidate du peuple. Alors elle était déjà la candidate autoproclamée du pouvoir d'achat. Et là, des catégories populaires, des gens qui travaillent face à un président des riches qui serait insensible à la souffrance des salariés.

6:13
Présentateur

C'est ça qu'il a voulu aussi corriger, sur cette proposition-là. Raphaël Baquet, on voit bien, c'est parfaitement expliqué par l'un et par l'autre, par vous deux, sur l'habileté politique qu'il peut y avoir à dire « écoutez, je vais d'abord m'adresser maintenant aux électeurs de gauche ». Et puis j'ai entendu, je ne suis pas dogmatique, je comprends que ça ne passe pas, y compris chez cet électorat qui ne me rejoint pas et qui est peut-être, pardon de le dire comme ça, je ne sais plus si on a la France d'en bas, comme le disait en son temps Jean-Pierre Raffarin. J'ai écouté. Est-ce que ça, ça peut passer ou est-ce qu'on va entendre ?

Je ne sais pas tellement ce que je veux faire et au final je navigue à vue.

6:48
Marine Le Pen

Surtout toute la difficulté, c'est que passer de 65 à 64 ans, ce n'est pas une voile de face, c'est une petite concession. Donc est-ce que c'est suffisant ? Ça permet de ne pas susciter la défiance, effectivement, de l'électorat plus âgé et de droite qui s'était reporté d'emblée sur Emmanuel Macron, mais ça n'est pas de nature suffisante. ramener l'électorat de gauche qui est vent debout contre cette mesure. Et 65 ou 64 ans, je ne suis pas tout à fait sûr que ça fasse une véritable différence. Dire en revanche, laisser supposer que, au fond, tout est négociable, ça c'est un peu différent.

7:31
Présentateur

Et ça c'est bien ou pas ? Je veux dire, pour cet électorat-là, le fait de dire, maintenant je suis au fond un président qui va concerter, qui va écouter, on va discuter avec les partenaires sociaux et on verra. C'est très compliqué pour lui parce que,

7:42
Marine Le Pen

d'ailleurs comme Marine Le Pen dans un autre cadre, mais il est un peu sur une corde raide. Il faut qu'il garde effectivement cet électorat plus conservateur et plus âgé et il faut qu'il gagne un électorat qui jusqu'ici s'est porté sur Jean-Luc Mélenchon souvent pour le vote utile. Enfin, en tout cas, en partie. Donc ça, c'est vraiment une difficulté. Et jusqu'ici, il a évacué, si vous voulez, tous ceux qui pouvaient négocier avec lui, notamment la CFDT. Il aurait pu s'appuyer sur elle depuis longtemps. La CFDT, en même temps, comme un seul homme, a dit qu'elle allait voter Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à Marine Le Pen, pardon, qu'elle l'absusse.

Et c'est peut-être aussi pour cela qu'il fait l'analyse que, au fond, cette frange-là, plus modérée,

8:23
Présentateur

est déjà avec lui. Ça veut dire qu'en gros, il fait le pari que ce qu'il peut éventuellement perdre à droite n'empêchera pas comme crédibilité sur cette réforme-là qu'il avait défendue pour séduire la droite, ce que nous a dit à l'instant Jérôme Fourquet. Il ne le perdra pas parce que, de toute façon, il y aura encore un réflexe de barrage contre le Rassemblement national.

8:41
Invité

C'est le pari qu'il fait aujourd'hui. Après, le fait de décaler l'âge, c'est aussi un pari, une nécessité économique à ses yeux. Et c'est ce qu'il différencie par rapport à Marine Le Pen, qui, elle, on le rappelle, reste dans le régime actuel et met en place un système progressif. Elle revient même à 60 ans pour les gens qui ont commencé à travailler très tôt. Et elle fait vraiment le distinguo, Marine Le Pen, entre les gens qui font du travail manuel, fatigants, usants, et puis ceux qui ont des travaux intellectuels et qui, donc, peuvent cotiser plus longtemps, travailler plus longtemps. Emmanuel Macron ne le fait pas, ça ?

Emmanuel Macron, il le fait via la pénibilité, mais c'est moins tranché, c'est moins marqué. Là, la décision qu'il prend, c'est une mesure classique, que ce soit, effectivement, 64 ou 65 ans, c'est faire rentrer de l'argent dans les caisses. Après, là où il joue sur l'idée, il dit qu'il y aura une clause de revoyure possible en 2027. Ma foi, si les comptes qui, aujourd'hui, sont déficitaires en 2027 se sont améliorés, écoutez, on pourra peut-être rester à 64 ans et puis on verra bien, vous déciderez. Il parle même d'un éventuel référendum.

En fait, économiquement parlant, ce qu'il faut savoir, c'est que les comptes de la sécurité sociale et de la retraite, enfin, de cette partie-là, sont déficitaires. Alors, un peu moins que ce qu'on avait imaginé. Ils sont surtout déficitaires dans les 10 années à venir parce qu'il y a un effet ciseau qui se passe, c'est-à-dire que vous avez encore des baby-boomers qui n'ont pas encore disparu et dont il faut payer les pensions. Et puis, vous avez une génération qui commence à arriver sur le marché du travail. C'est la génération des années 2000 qui est une génération où il y a eu beaucoup d'enfants. Donc, ils ont 22, 22 ans, 23 ans.

Ils vont commencer à rentrer dans le marché et donc cotiser, ramener de l'argent. Et c'est ces 10 années-là où, lui, il veut faire rentrer de l'argent dans les caisses.

10:28
Présentateur

L'un des arguments développés par Emmanuel Macron dans ce tout début de campagne d'entre-deux-tours, c'est de dire à Marine Le Pen, son programme sur la retraite n'est pas financé.

10:35
Invité

C'est vrai que c'est beaucoup plus flou côté Marine Le Pen qui explique qu'elle va faire rentrer de l'argent via la priorité nationale, parce que c'est comme ça qu'elle l'appelle, via la chasse aux fraudes sociales. C'est moins chiffré. C'est vrai qu'Emmanuel Macron, pour le coup, s'appuie sur les rapports du corps, le Conseil d'orientation des retraites, qui montre ce déficit, qui montre effectivement ces déficits et qui dit que le régime actuel, en tout cas en l'État, n'est pas financé.

11:05
Présentateur

– Est-ce que passer de 65 à 64 ans met un péril peut-être pas, mais rend peut-être moins crédible le financement de son projet ?

11:12
Invité

– Non, je pense qu'effectivement, économiquement, comme je vous dis, comme ce sont vraiment les 10 ans qui arrivent, c'est là-dessus que ça va jouer. Ce qui compte, c'est de faire quelque chose, en tout cas pour le public de droite, pour les électeurs de droite, ce qui compte, c'est de sauver le système. Et c'est d'ailleurs là-dessus qu'Emmanuel Macron s'appuie, y compris pour les électeurs de gauche, puisqu'il dit, c'est puisqu'on fera cette réforme qu'on arrivera à sauver le modèle social français.

Et notamment, et son entourage ne s'en cache pas, c'est à la fois équilibrer le régime des retraites, mais c'est aussi gérer la dépendance, trouver de l'argent pour nos aînés, dont on a vu pendant cette pandémie, pour lesquels il faut faire quelque chose.

11:51
Présentateur

– Il y a quand même une partie de son électorat, Jérôme Fourquet, qui l'attend sur les réformes. Ça, c'est plus un sujet dans cet entre-deux-tours ?

11:59
Emmanuel Macron

– Si, si, mais il n'a pas tout abandonné en race campagne. Voilà, un petit virage sur l'aile. Rappelez-vous quand même, avant le premier tour, il expliquait que ce projet de loi se reste sur le bureau du Parlement au début de l'été. Donc s'il faut se relancer dans une concertation, le début de l'été, ça va arriver vite. Mais cet électorat assez réformateur, ou très réformateur, il l'a de toute façon. Parce que face à Marine Le Pen, ils sont déjà là. – Ils sont déjà là. Après, c'est maintenir une certaine crédibilité.

Sur le dossier des retraites, c'est quand même compliqué, parce que là, on est dans le pur paramétrique, c'est-à-dire on fait bouger le curseur, alors qu'on se souvient qu'il y a eu une réforme dite systémique qui a coûté 55 jours de grève ininterrompue au pays, dans les transports publics. Donc c'était plus de jours de grève qu'en 1995. Donc là, on revient sur du classique, du paramétrique. Donc il ne faut pas qu'il y ait trop non plus de volte-off-face. Après, il présente aussi d'autres avantages en disant qu'il n'y aura plus une retraite pleine à moins de 1 100 euros. Et donc c'est des contreparties.

C'est au nom de tout ça, de ces efforts, qu'on va financer aussi des avancées nouvelles sur la question des…

13:09
Présentateur

– Et avec Marine Le Pen qui, du coup, utilise cet argument pour dire qu'il va y avoir de l'agitation sociale. En gros, Emmanuel Macron, c'est le chaos, parce qu'il va y avoir de la contestation sur cette réforme.

13:18
Emmanuel Macron

– C'est le chaos et l'injustice, dit-elle. En disant, voilà, moi je suis, et c'est ce que disait Fanny Guinochet sur le fait qu'elle insiste beaucoup sur la pénibilité. Quand on regarde dans les enquêtes, vous voyez que c'est les salariés qui disent le plus avoir des métiers pénibles qui ont le plus voté pour Marine Le Pen. Donc elle joue, encore une fois, France d'en haut, France d'en bas. Et ce n'est pas un hasard si cette annonce est faite par Emmanuel Macron dans le Nord-Pas-de-Calais, il va chez elle.

13:41
Présentateur

– Pour faire cette annonce, dans un café.

13:43
Invité

– Et dans un café pour essayer de parler à la France populaire, parce qu'évidemment, il voit bien qu'il y a le candidat des élites contre le candidat du peuple. Moi, je trouve d'abord, un, que déjà, alors ça, c'était peut-être pas suffisamment, on ne l'avait pas suffisamment entendu, mais dans ses rares interventions télé avant le premier tour, c'était sur France 3, il me semble, Emmanuel Macron avait déjà fait un pas de côté avec cette réforme des retraites en disant, ce n'est pas ma priorité. Il sentait déjà qu'il était attaqué après sa conférence de presse sur le thème, c'est le candidat antisocial, la retraite à 65 ans, les obligations face au RSA.

Et donc, il avait déjà fait un pas de côté en disant, ce n'était plus déjà forcément au début de l'été, pour reprendre l'argument de Jérôme. Donc, il y avait déjà ce premier point. Le deuxième point, Emmanuel Macron, il est quand même, il y a au-dessus de la tête l'idée du... Il n'a pas réformé les retraites, il a reculé. Alors, il a des excuses parce qu'il y a eu le Covid qui a bloqué le projet au Parlement, mais on sait que c'est quand même une histoire compliquée avec les réformes des retraites. Sa réforme n'était pas suffisamment préparée, il rêvait vraiment de cette retraite à point, ça ne s'est pas fait. Donc, il y a un peu... Ça commence à être un petit peu le dossier...

C'est pas un drap. Oui, pour le président de la République. En tous les cas, c'est un dossier capital pour la droite patrimoniale. Alors, bon, à mon avis, ils vont rester à 64 ans, ce n'est pas 65, mais c'est capital. Et c'est ce qui fait que ça a fait bouger, Jérôme, il y a bien expliqué, une grande partie de la droite, qui, bon an, mal an, malgré tous les reproches qu'ils peuvent faire Emmanuel Macron, ils se sont quand même portés sur lui, par peur justement du projet de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, qui, eux deux, défendent notamment sur cette question-là, pour ces électeurs-là, un projet impossible.

15:16
Présentateur

Alors, en tout cas, c'est un duel à distance, sans répit, par médias interposés. Depuis hier, les deux candidats se marquent à la culotte, enchaînent les déplacements, les interviews. Emmanuel Macron corrige le tir et donc corrige son projet sur les retraites. Marine Le Pen présente sa réforme des institutions, avec chacun une idée derrière la tête. Trouver les mots pour ramener les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, Romain Bessnenou et Christophe Roquet.

15:40
Marine Le Pen

Au deuxième jour de campagne d'entre-deux-tours, la course aux voies de gauche. Emmanuel Macron était en visite aujourd'hui à Mulhouse et Strasbourg, deux villes où Jean-Luc Mélenchon s'est imposé massivement dimanche. Le président sortant joue donc l'apaisement avec les soignants, les jeunes, les syndicats.

16:02
Invité

Est-ce que les rémunérations n'ont pas augmenté ? On ne le ressent pas, monsieur. On nous a donné 183 euros, on ne le ressent pas. Je veux refonder le système des bourses et des APL parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui, en effet, quand ils ne peuvent plus vivre chez leurs parents, ne sont pas aidés comme ils font.

16:17
Marine Le Pen

Pour l'emporter, Emmanuel Macron veut rassembler le plus largement possible.

16:22
Invité

Je pense qu'il faut d'abord parler à toutes les Françaises et les Français. Et moi, je parle y compris aux électeurs de premier tour de Marine Le Pen. Et je parle aux abstentionnistes. Parce que moi, je veux convaincre le maximum de Françaises et de Français. La deuxième chose, c'est qu'ensuite, je veux rassembler. J'ai un projet, il a sa cohérence, il a sa force. Mais je veux aussi montrer qu'il y a des choses qui, dans ce projet, sont à discuter.

16:41
Marine Le Pen

Sur la table, la sulfureuse réforme des retraites. Sa nouvelle proposition, un départ à 64 ans au lieu de 65. Le président fait marche arrière, la gauche dans le rétroviseur.

16:53
Invité

Si il n'y a pas d'accord là-dessus et que je sois en sacrifte trop, je suis prêt à avoir des clauses de revoyure plus tôt, pour dire, on s'arrête avant et les gens auront à redécider. Et je veux tout de suite en discuter avec les forces politiques et avec les forces syndicales.

17:08
Marine Le Pen

Une ouverture à laquelle ne croit pas du tout son opposante, Marine Le Pen. Elle dénonce une manœuvre électorale. Le 9 mars, il disait, cette réforme sera prioritaire dès l'automne prochain. Il en a fait presque d'ailleurs la seule mesure véritablement précise de son projet des cinq prochaines années. Il n'y a rien à attendre d'Emmanuel Macron dans ce domaine. Il ira au bout de cette obsession, car en réalité, la retraite à 65 ans, c'est son obsession. La candidate Rennes, qui a dévoilé sa nouvelle affiche de campagne ce matin. Aucun nom, ni prénom, pas même de logo, seul un slogan. Objectif, faire oublier la candidate d'extrême droite et se rapprocher d'une stature présidentielle.

D'où la ressemblance symbolique, avec le portrait officiel d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Pour se démarquer, Marine Le Pen promet une réforme totale des institutions. Au programme, un septennat non renouvelable, une part de proportionnel aux législatives et le recours massif au référendum. Je propose ici une révolution référendaire. La constitution sera révisée. D'abord pour rendre plus facile l'organisation de référendums sur tous les sujets. Mon intention est donc de mettre fin au monopole d'une oligarchie qui s'arroge le droit de décider au nom du peuple en lui concédant trop rarement la parole.

Marine Le Pen, qui annonce aussi avoir reçu l'appui de personnalités de gauche et de droite, prêtes à gouverner avec elle. Mais pour l'heure, les soutiens se bousculent surtout du côté d'Emmanuel Macron, avec aujourd'hui un ralliement de poids, celui de Nicolas Sarkozy, sans détour. « Je voterai pour Emmanuel Macron, parce que je crois qu'il a l'expérience nécessaire face à une grave crise internationale plus complexe que jamais, parce que son projet économique met la valorisation du travail au centre de toutes ses priorités, parce que son engagement européen est clair et sans ambiguïté.

» Pour Marine Le Pen, la question des soutiens sera primordiale, alors que l'on s'interroge sur la composition de son futur gouvernement sans les ténors du RN, parti pour beaucoup, chez Éric Zemmour.

19:25
Présentateur

Et cette question de Stéphane en Meurthe-et-Moselle, le soutien de Sarkozy qui est haï de la gauche et d'une grande partie de la droite ne va-t-il pas desservir Emmanuel Macron ? Raphaël Baquet.

19:35
Marine Le Pen

Déjà, ça déchire son parti, en tout cas son mouvement, les Républicains. Ça le déchire d'autant plus qu'il n'avait pas soutenu Valérie Pécresse. S'il avait soutenu Valérie Pécresse avant le premier tour et qu'il bascule en faveur d'Emmanuel Macron, ça serait au fond conforme à ce qu'elle-même a déclaré au soir du premier tour. Là, ça paraît vraiment une trahison de sa famille politique et ça instille le doute et le soupçon sur ses motivations. En fait, c'est ça le problème. Et on sait qu'il a un problème avec ses affaires judiciaires, que ça fait partie des discussions et probablement des arrières-pensées aussi de Nicolas Sarkozy. Et ça, c'est vraiment une difficulté.

Alors, est-ce que ça va repousser, ou en tout cas, l'électorat qui est plus à gauche et qui pourrait venir chez Emmanuel Macron ? Ça, c'est une difficulté. Oui, c'est le droit. Bruno Jédy ?

20:37
Invité

Je ne sais pas si ça repoussera de l'électorat de gauche vers l'abstention ou vers Marine Le Pen. C'est difficile à dire. C'est encore une autre problématique. Je suis d'accord avec Raphaël. Ça ne va sans doute pas arranger les affaires de la droite, qui déjà s'est divisé entre les partisans du Nini, c'est-à-dire ceux qui ne veulent ni Emmanuel Macron ni Marine Le Pen. On a vu, c'est à peu près un tiers des dirigeants des Républicains. Et puis ceux qui appellent à voter Emmanuel Macron. Nicolas Sarkozy, lui, dit encore autre chose. Il dit qu'il faut voter Emmanuel Macron. Voilà, c'est son choix, sans réserve, sans ambiguïté. Il dit, j'ai vu l'évolution d'Emmanuel Macron vers le centre droit.

Aujourd'hui, une grande partie de ses idées sont les nôtres, dit-il. Et il faut l'accompagner. C'est comme ça qu'il vous explique son choix d'aller plus loin. D'aller plus loin, il dit une bonne partie des points qu'il a eus, son bon score qu'il a dimanche, traduit les choix des électeurs, les Républicains. Mais il va plus loin parce qu'il dit, il faut répondre à l'appel d'Emmanuel Macron dimanche soir. Et il a, sans donner beaucoup de détails, annoncé la création d'un nouveau mouvement, d'une nouvelle formation majoritaire, quelque chose de nouveau, sans en dire plus. Et lui, il dit, il faut répondre à cet appel. En gros, il faut arrêter l'opposition systématique à Emmanuel Macron.

Il dit, c'est une stratégie qui nous a fait diviser par 4 nos voix en 5 ans, qui sans doute fera qu'en juin, si on ne peut pas être pour Macron en avril et vouloir être son premier opposant en juin, et que cette stratégie-là, selon lui, fera que les Républicains n'auront plus de groupe parlementaire en juin. Et donc, il faut négocier avec lui la possibilité de pouvoir conserver une trentaine, une quarantaine, une cinquantaine de députés.

22:28
Présentateur

Dans un grand parti reformaté qui ne s'appellerait plus la République en France ?

22:31
Invité

Pas forcément dans un grand parti, mais en gros des députés qui s'engageraient à voter, à lister les réformes, les grandes réformes économiques qui sont communes aux Républicains et aux Marcheurs. C'est un peu ce qu'il envisage et ce qu'il explique. Maintenant, c'est très compliqué parce qu'il y a peu, pour l'instant, de députés qui ont dit qu'ils étaient d'accord avec Nicolas Sarkozy.

22:53
Présentateur

Ça pèse, Jérôme Fourquet, le soutien de Nicolas Sarkozy ? Ou est-ce que ce n'est plus le sujet de l'entre-deux-tous ? On a expliqué, c'est même à la ligne du monde aujourd'hui, que l'objectif pour Emmanuel Macron, c'est de séduire les voix de gauche.

23:03
Emmanuel Macron

Alors, c'est un signe de plus pour l'électorat de gauche qu'Emmanuel Macron décidément penche à droite. Et donc, il faut absolument que cette annonce soit contrebalancée par les grandes voix de gauche qui viendraient soutenir Emmanuel Macron. On a entendu Lionel Jospin, mais Nicolas Sarkozy, quelque part, il suit son ancien électorat. On a regardé sur les gens qui avaient voté Sarkozy au premier tour en 2012, 45% ont voté Emmanuel Macron au premier tour dimanche. 45%. La moitié des sarkozistes sont passés chez Macron dès le premier tour. Donc, il suit, quelque part, son électorat. Il y a aussi 39% des gens qui avaient voté François Hollande, en même temps, qui votent pour Emmanuel Macron.

Mais il faut équilibrer, puisque les réservoirs de voix sont aujourd'hui clairement à gauche. Et donc, on a déjà Jean Castex à Matignon, Darmanin au ministère de l'Intérieur, Bruno Le Maire à Bercy. On annonce la réforme des retraites à 65 ans. Il y a le soutien de Nicolas Sarkozy pour un électeur de gauche. Et ce n'est pas n'importe quelle gauche, c'est mélenchoniste qu'il faut visiter.

24:00
Présentateur

Oui, c'est ça.

24:01
Emmanuel Macron

Ça fait quand même cher à acheter.

24:03
Présentateur

Cher à acheter, ça veut dire qu'il ne s'en sortira pas en passant de 65 à 64 ans, ce que nous disions tout à l'heure.

24:09
Invité

Absolument. Il y a un qui est essayé d'Emmanuel Macron qui explique, qui disait, avant le premier tour, il disait, tous les anciens présidents, ils ont un fan club, Litterrand-Hussien, Chirac-Hussien. Et en gros, il évaluait le fan club d'Emmanuel Macron, de Nicolas Sarkozy, à peu près un million de voix.

24:25
Présentateur

Oui, ça peut faire la différence.

24:27
Emmanuel Macron

Ça peut aider, oui. Mais il y en a peut-être déjà beaucoup qui ont voté des premiers tours. Oui, le problème, c'est que c'est déjà fait. C'est dans les cours, comme on dit à la bourse.

24:32
Invité

Là où c'est intéressant aussi le soutien de Nicolas Sarkozy, c'est qu'il met en avant l'expérience. C'est aussi un critère qui peut jouer sur, on est quand même dans une crise, les Français, on le voit, ont besoin de, sont demandeurs de protection. Et ce que dit Nicolas Sarkozy, c'est, il a géré les crises, Emmanuel Macron, il sait être face à l'adversité, tenir le paquebot. Après, sur la réforme des retraites, c'est vrai que, si on regarde, Nicolas Sarkozy avait fait le passage de 60 à 62 ans. Donc, pour l'électorat de droite, c'est dans la continuité parfaite. On rajoutera deux ans.

Et on se souvient, alors qu'on n'était pas du tout dans la même configuration sociale, que c'était, c'est vraiment la réforme qui a mis le plus de monde dans la rue. Donc, Emmanuel Macron, en faisant ce pari, même en décalant de deux ans, s'attend, même s'il l'a fait de façon éclair en arrivant, il va s'attendre à des remontées sociales, des reprises sociales, surtout si entre les deux tours, enfin, s'il l'emporte avec une toute petite avance et qu'on lui fait un procès de légitimité, ce qu'il n'avait pas en 2017.

25:46
Présentateur

Et c'est ça qu'il essaie d'anticiper, sans doute, le président de la République candidat, en disant, en gros, il va falloir tout changer, justement parce qu'être élu face au Rassemblement national, peut-être à plus de 40% des voix s'il est élu, ça nécessite d'adapter la construction même de nos majorités. C'est ça qu'on entend dans ce qu'il dit quelque chose de nouveau. Oui, mais ce qui frappe, c'est que dans les 48 heures qu'on suivit ce premier tour,

26:10
Marine Le Pen

il y a plusieurs voix de droite et de gauche qui ont évoqué l'idée d'une coalition, d'un pacte de gouvernement, d'accord au fond, d'accord qui ferait une majorité élargie. Or, Emmanuel Macron, effectivement, au sort du premier tour, dit quelque chose de nouveau, on ne peut pas faire plus flou, à vrai dire. Et pour l'instant, il n'a donné aucune piste qui montre qu'il va vers cette, en tout cas pas une coalition, ça c'est très clair. Et on le voit, il donne des signes d'ouverture, mais sans le dire très concrètement.

26:45
Présentateur

C'est important dans cet entre-deux-tours de le faire pour Emmanuel Macron ?

26:50
Marine Le Pen

Oui, bien sûr, mais on a le sentiment pour l'instant que ça pourrait prendre la figure de débauchage individuel, ce qu'avait fait d'ailleurs Nicolas Sarkozy en 2007 et ce qu'a fait déjà Emmanuel Macron en 2017. Donc pas vraiment de changements fondamentaux, si vous voulez. Ce n'est pas justement ce gouvernement du Nord national ou cette coalition à l'Allemande

27:09
Présentateur

qui évidemment ne correspond pas à nos institutions. Ce que dit Marine Le Pen, elle dit d'ores et déjà qu'elle fera un gouvernement d'ouverture, etc. Alors elle ne donne pas les noms de ceux qu'elle imagine dans ce... Oui, sauf qu'on ne voit pas tellement le moyen... C'est ce qu'elle dit, elle parle d'Union nationale aussi, c'est pour ça que je reviens sur l'Union nationale, jusqu'où elle ouvre ?

27:27
Marine Le Pen

Sauf qu'à part quelques figures de droite et encore pour l'instant pas vraiment très nombreuses qui ont dit qu'ils voteraient pour elle, on ne voit pas très bien ce qu'elle peut faire comme coalition.

27:37
Présentateur

Elle a raison de tenir à distance Marion Maréchal et Éric Zemmour en disant non, ils n'ont pas forcément leur place dans un gouvernement ?

27:44
Emmanuel Macron

Elle a... c'est contradictoire avec... ça serait contradictoire avec sa stratégie de dédiabolisation. Elle a montré son affiche très lisse, etc. Et elle sait de toute façon que... Ils sont là. On le voit, 85 à 90% de cet électorat, par idéologie, conviction idéologique et anti-macronisme, votera pour elle. Donc ce n'est pas forcément la peine de se fragiliser outre mesure. Maintenant, comme vous l'indiquiez, et comme disait Raphaël Baquet, on voit mal, hormis cette famille-là, où est-ce que l'élargissement de l'Union nationale peut s'opérer. Pour la question...

28:17
Présentateur

Elle dit, il y a des gens de droite et des gens de gauche qui sont prêts à travailler avec moi. Voilà ce qu'elle dit.

28:21
Emmanuel Macron

Quand on revient sur le cas d'Emmanuel Macron, rappelez-vous ce qui s'était passé en 2002 avec Jacques Chirac. On lui avait énormément reproché après, après son score de 82%, de ne pas avoir justement modifié la gouvernance, fait entrer des gens de l'opposition dans sa majorité. Et donc c'est aussi peut-être ce qui peut guetter aujourd'hui Emmanuel Macron.

28:41
Invité

Oui, en deux mots. Nicolas Sarkozy, justement, il tire aussi les leçons de ce qui s'est passé en 2007 et 2007. Lui, il a initié cette ouverture qui avait été critiquée dans ses propres orins. Je me souviens des propos de Patrick Deveggian ou de Jean-François Copé. 2017, pareil, Emmanuel Macron choisit le débauchage individuel et donc ça a créé tout le charivari chez les Républicains. Et là, en fait, Nicolas Sarkozy dit, il faut faire, j'allais dire, en quelque sorte, l'ouverture version 3, mais qui soit cette fois-ci plus organisée, soit autour de réformes, on se met d'accord autour de réformes à voter, soit participation gouvernementale, mais là, c'est plus compliqué que la cinquième.

En tous les cas, il faut se mettre d'accord. Il ne faut plus subir les débauchages, comme ça a été le cas jusqu'à présent, que ce soit plus clair.

29:26
Présentateur

En tout cas, en termes de stratégie, nous avons choisi d'intituler cette émission coup pour coup. En tout cas, tous les deux vont en contact. On a vu cet après-midi encore Emmanuel Macron dans l'Est, au milieu d'une foule de gens qui l'interpellent, qui lui font la plupart du temps souvent des reproches. C'était des soignants qui l'interpellaient, des retraités hier. Il va au contact parce qu'il sait qu'il faut aller chercher cette victoire avec les dents, parce que c'est serré. Où est-ce que c'est parce que c'est sa stratégie de campagne ?

29:53
Invité

Non, mais là, la campagne de premier tour, où il a fait seulement six déplacements, un seul meeting, c'est fini. Lundi matin, dès dimanche, le déplacement dans le nord, à Denain, Carvin, je crois, était organisé, prévu. Il y a passé une grande partie de la journée. C'est maintenant la campagne de trottoir pour Emmanuel Macron. Ce qu'il n'a pas fait avant. Et souvenons-nous que c'est complètement différent de 2017. 2017, c'est la soirée festive à la Rotonde et on fête ça très tard. Et il ne fait campagne qu'à partir du mercredi. Pendant deux jours, il a un peu disparu. Et c'est Marine Le Pen qui entame une campagne deuxième tour pied au plancher.

Cette fois-ci, on a le sentiment quand même que Marine Le Pen, c'était bizarrement un peu moins préparé. Hier, c'était quand même un petit déplacement un peu bricolé chez un copain d'un conseiller régional, les Rennes. Ça ne faisait quand même pas un grand déplacement. Et là, pour le coup, je pense qu'il y a eu un frisson chez Emmanuel Macron, même s'il a quand même fait un score supérieur à celui de 2017.

30:54
Présentateur

Tout comme Marine Le Pen.

30:55
Invité

Tout comme Marine Le Pen. Mais lui, quand même plus, il a le bilan du sortant. Nicolas Sarkozy est deuxième en 2012. Lui, il est premier. Ça change quand même la donne.

31:03
Présentateur

Et il le souligne dès qu'il le peut. D'ailleurs, Emmanuel Macron, c'est ce qu'il considère sans doute comme une performance d'être arrivé à sortir en tête. Pour un président sortant, c'est toujours important. Et juste, il cible sur la stratégie de Marine Le Pen. Emmanuel Macron en disant, de toute façon, Marine Le Pen, c'est le village potenquine. Elle va là où elle a ses alliés, ses amis. Elle ne se met pas en risque. Elle ne peut pas le faire. C'est ça aussi qu'il veut démontrer. C'est que lui, il peut aller partout. En tout cas, il l'a déjà fait précédemment.

31:26
Marine Le Pen

Rappelez-vous, après les gilets jaunes, il a une forme de culot de courage physique aussi. Il y va. Dans l'adversité, il y va. Donc, il l'avait déjà fait juste après les gilets jaunes. Il l'a souvent fait alors qu'il était contesté, même par les anti-vax. Donc, là, il refait cette méthode. Et c'est vrai qu'elle, elle ne se confronte pas beaucoup à ses adversaires.

31:49
Présentateur

Sur les propositions de Marine Le Pen, sur les institutions, elle propose cet après-midi le septennat non renouvelable, le référendum d'initiative citoyenne. Là aussi, alors peut-être que je me trompe, mais ça ressemble quand même à une petite musique pour aller chercher une partie de cet électorat. Elle ne parle pas d'identité. Elle ne parle pas du voile. Elle ne parle pas d'immigration. Elle parle de démocratie et de redonner du souffle à nos institutions.

32:10
Emmanuel Macron

Alors, c'est peut-être l'électorat mélenchoniste avec la VIe République qui est visée. Mais plus spécifiquement, je pense que c'est l'électorat gilet jaune. D'accord. Le RIC, etc. Quand elle parle d'oligarchie qui confisque le pouvoir et qui ne le donnerait que très parcimonieusement, c'est tout ce qu'on a entendu au moment de la crise des gilets jaunes et tous ces débats sur le référendum, l'initiative citoyenne. Donc, c'est assez ancien dans le courant de la droite nationale de dire, voilà, on a une culture plébiscitaire, on consulte le peuple, on regardait souvent ce qui se passait en Suisse en disant le référendum sur les minarets, sur l'autodéfense, sur pourquoi pas la peine de mort.

Non, c'est le peuple qui est souverain. Et donc, il n'y a pas d'institution, de cour européenne ou quoi que ce soit qui va nous dire ce qu'on doit faire. Donc, c'est en partie s'inscrire dans cette lignée-là et aussi faire un clin d'œil à tout l'électorat, entre guillemets, anti-système qui s'est peut-être aussi en partie abstenue. Il y a un quart d'abstentionniste qu'elle essaye par tous les moyens de faire venir à elle.

33:04
Marine Le Pen

Il y a d'ailleurs quelques figures des gilets jaunes qu'appelle à voter Marine Le Pen. On les voyait déjà dans les manifestations et effectivement, elle a pénétré tout à fait ce courant-là.

33:15
Présentateur

En sachant que sur la proportionnelle, là aussi, ça va être un sujet puisqu'elle propose la proportionnelle. Emmanuel Macron l'avait proposé, défendu lors de sa précédente...

33:22
Invité

Voilà, il ne l'a pas mise en œuvre, une vieille promesse de son allié François Bayrou. Et là, après beaucoup de discussions entre eux, c'est un sujet qui divise aussi pas mal le camp du président. Il l'a tranché lors du discours de Paris La Défense où il a dit que cette fois-ci, il avancerait. En même temps, il ne prononce pas le mot de proportionnel dans ce discours. Une fois encore, il nous fait un en même temps entre ceux qui sont contre et ceux qui sont pour.

33:49
Présentateur

En tout cas, quand on regarde le profil des électeurs de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron, c'est en réalité le portrait de deux Frances qui se dessinent. La France des cadres, des retraités contre celles des ouvriers, des employés, avec des urgences, naturellement des préoccupations et des attentes bien différentes. Les équipes de ces dans l'air sont allées à la rencontre dans les Hauts-de-Seine et dans le Nord de ces électeurs. Marie-Laurent, Barbara Steck et Laura Radeau.

34:09
Marine Le Pen

Une enfilade de façades en briques rouges, typique de ces rues du Pas-de-Calais où Marine Le Pen frôle le plébiscite. 52% des voix dimanche dans cette commune, l'un des plus anciens bassins miniers. Alors les militants du Rassemblement national paradent, confiant pour le second tour. Le Pas-de-Calais, terre labourée par Marine Le Pen depuis des années. Dans les rues de ce marché, la population se sent abandonnée, méprisée. Marine Le Pen reste leur seul horizon. Le rejet de l'immigration et surtout la défense du pouvoir d'achat installent la candidate dans le cœur des habitants.

Comme maman, elle a qu'une pension de 900 euros par mois, elle n'a même pas 1000 euros par mois, donc toute charge complète, elle n'a plus rien. Elle nous comprend parce qu'elle vient vers nous, elle nous rentre dans les maisons. Donc c'est ce qu'on attendait, qu'elle soit plus avec nous. Il y a quelques jours encore, le poulet est passé de 8 à 9 euros. Une hausse de plus, balayant le peu d'espoir soulevé par Emmanuel Macron il y a 5 ans.

36:00
Locuteur non identifié

Impeccable, merci beaucoup. Aujourd'hui, vous avez les gens dans les supermarchés, ils vont faire les courses avec la calculatrice, ils ne sortent pas parce qu'ils doivent mettre du gasoil. Même sur les marchés, ça se ressent aussi. Ici, on est à Hochelle, les gens qui viennent de l'île, dès qu'il pleut, ils ne peuvent pas venir. Le gasoil est beaucoup trop cher.

36:14
Marine Le Pen

Il y a 5 ans, vous avez déjà voté pour Marine Le Pen ?

36:16
Locuteur non identifié

Il y a 5 ans, j'ai voté Emmanuel Macron.

36:20
Marine Le Pen

Marine Le Pen rassemble comme en 2017 les petites communes rurales, notamment dans le nord-est de la France, mais aussi le long de la Méditerranée. Tandis qu'Emmanuel Macron concentre sa victoire dans l'ouest et les grands centres urbains, favoris des centres-villes aisées. Dans cette commune cossue de l'ouest parisien, bastion historique de la droite républicaine où François Fillon avait remporté 42% des voix en 2017, on a succombé au charme du président candidat, arrivé en tête cette fois avec près de 46% des voix.

36:52
Présentateur

Lui qui a été attaqué de toutes parts,

36:55
Marine Le Pen

finalement il y a de temps en temps des gens qui se pensent réfléchissent. Quand on amorce des réformes, et que ces réformes ne peuvent pas être faites parce qu'il y a eu des empêchements dus aux circonstances les gilets jaunes et j'en passe, et le Covid, un mandat de 5 ans, c'est trop court. Ancienne enseignante, Edith soutient même son projet de réforme des retraites, s'y décrier. Moi je suis à la retraite depuis plusieurs décennies,

37:27
Présentateur

et je peux vous dire une chose, c'est qu'à 65 ans, on se sent très jeune.

37:37
Marine Le Pen

Un peu plus loin, ces retraités sont plus partagés, même s'ils ont choisi, disent-ils, le vote utile.

37:43
Locuteur non identifié

Moi je dis 4 piques, et si vous êtes très forte, vous faites 400 atouts.

37:46
Marine Le Pen

Selon eux, Emmanuel Macron ferait bien de remettre un peu de justice sociale. dans son jeu. Je crois que c'est un problème de répartition. C'est ça qui fait le vote Mélenchon. C'est pas l'appartenance à la gauche. Moi j'avais peur d'avoir un deuxième tour Mélenchon-Le Pen. Je sais pas pourquoi j'étais obsédée par ça. Je lui ai dit, mais ça jamais. Pour cette deuxième manche, le plus bel atout d'Emmanuel Macron viendra sans doute de Bruxelles.

38:08
Invité

La menace européenne que fait peser Le Pen, elle est répulsive pour moi. Oui, tout à fait.

38:13
Marine Le Pen

Totalement répulsive. Tout à fait. Pour la défense européenne, contre d'autres, on sent qu'il a envie que ça avance. Et c'était essentiel. Retraité et classe aisée face à un électorat rural et peu diplômé. Deux Frances que tout oppose dans une partie qui s'annonce serrée d'ici le 24 avril.

38:36
Présentateur

Jérôme Fourquet, il y a ces deux Frances, puis il y en a une troisième, c'était celle de Jean-Luc Mélenchon qui est au cœur de l'enjeu de ce second tour.

38:41
Emmanuel Macron

Tout à fait. Donc là, c'est la France des deux finalistes et puis il y en a une troisième, effectivement. Donc Jean-Luc Mélenchon fait 22% des voix. Quand on regarde la sociologie et la géographie de ses votes, France est encore un peu différente. C'est les grandes métropoles, les grandes villes, avec une très forte progression dans toutes ces grandes villes universitaires parce qu'il fait un très grand score dans la jeunesse. C'est aussi la France des banlieues, des scores à plus de 60% dans beaucoup de communes de Seine-Saint-Denis. C'est aussi la France des Outre-mer, les Antilles, la Guyane, la Réunion.

Et c'est aussi ce qui reste de ce qu'on appelait le mouvement ouvrier organisé, donc des gens qui sont syndiqués, proches de la CGT, de FO, dans les services publics, mais pas seulement. Et puis également, un électorat plus écolo, notamment dans certaines zones rurales du sud du pays, qui, là aussi, on en avait parlé sur ce plateau, il y avait eu de la défiance vaccinale, on prend le cas de l'Ardèche, l'Ariège, la Drôme ou autre. Donc, c'est un électorat assez composite, très à gauche, et qui va être l'arbitre des élégances, avec deux programmes et deux candidats qui sont culturellement très éloignés de leurs préoccupations.

39:47
Présentateur

– Ça veut dire que ça peut se traduire par de l'abstention massive de cet électorat-là ?

39:51
Emmanuel Macron

– Alors, aujourd'hui, quand on regarde, cet électorat a l'intention de s'abstenir plus qu'en 2017, au second tour. À peu près 8 à 10 points d'abstention de plus, ce qui explique, en partie, le fait que les scores soient plus serrés. Donc, effectivement, ce n'est pas forcément dans cet électorat-là que ramener de 65 à 64 ans la réforme des retraites va faire énormément bouger le curseur, comme on dit.

40:18
Présentateur

– Alors, après, je ne sais pas comment ça pèse dans l'électorat, mais c'est vrai que si on revient un tout petit peu dans les mois précédents, quand on retrouve des phrases d'Emmanuel Macron à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai que ça paraît compliqué, j'en ai quelques-unes. Là, ce soir, la France insoumise devrait s'appeler la France islamiste, c'était Marine Le Pen, patronne du Rassemblement national, oui ?

40:40
Emmanuel Macron

– Jean-Luc Mélenchon fait 69% des voix dans l'électorat musulman. Donc, c'est aussi une spécificité de cette France archipélisée, c'est qu'il y a un vote confessionnel.

40:49
Présentateur

– Il y a une difficulté pour Marine Le Pen,

40:50
Emmanuel Macron

du coup, d'aller sur cette thématique-là, dans ce contexte-là ? – Ça va être compliqué dans cet électorat. Mais elle va viser plus les gens que vous avez montrés dans votre reportage à Hochel ou dans le Nord-Pas-de-Calais. Il y a encore des gens dans ces endroits-là qui votent, ou qui votaient communistes ou qui votent insoumis et qui ne sont pas forcément issus de l'immigration, qui peuvent être sur un discours social, anti-élite, anti-système, pour la répartition des richesses. Ce que disait ma maman, une petite retraite, au moins Marine Le Pen, elle vient chez nous, etc. Tous ces coins-là, historiquement, ça votait très fortement à gauche. Donc, c'est cet électorat-là qui est visé.

– Et à propos…

41:22
Invité

– Elle a un peu mis en sourdine quand même le discours sur l'immigration pendant la campagne. Elle l'a laissée à Éric Zemmour. Le grand remplacement, c'était Éric Zemmour. Même si son programme sur les mesures a peu changé, elle l'a peu mis en avant dans cette campagne jusqu'à présent. – Il y a le voile interdit. – Le voile, hein. – Alors oui, les questions-là qui restent, mais globalement, elle s'est plutôt concentrée sur le pouvoir d'achat qu'elle a mis en avant, qui lui a permis aussi de passer, j'allais dire, sous les radars et de mettre en avant ces mesures. – Justement, il y a cette question,

41:47
Présentateur

et je vous coupe, regardez dans la bataille autour du pouvoir d'achat. Qui est le plus crédible pour les Français, Macron ou Le Pen ?

41:53
Invité

– Après, ils n'ont pas du tout le même programme. Ce ne sont pas du tout les mêmes solutions. Et c'est vrai que pour l'électorat populaire qui a du mal à finir les fins de mois, les propositions assez simples de Marine Le Pen, qui rejoignent d'ailleurs celles de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, une TVA à zéro sur un panier d'une centaine de produits de première nécessité que ce soit dans l'hygiène, ça rejoint le blocage des prix que vantait Jean-Luc Mélenchon. Pareil sur les carburants, on bloque la TVA, on baisse la TVA de 20% à 5,5% sur les carburants, le fuel. Et on ne fait pas de distinguo quelque part. Marine Le Pen, c'est des solutions assez rapides.

Les gens se disent, on va vite en voir les effets. Emmanuel Macron, certes, a mis en place un bouclier tarifaire sur l'énergie, sur le gaz, il a fait la ristourne du carburant, il dit qu'il va prolonger, mais ça semble plus cibler. Sur le terrain, c'était assez critiqué. Les gens, quand même, lui remettaient beaucoup mais 18 centimes, ce n'est pas assez. C'est quand même ce qu'il entendait sur le terrain pour aller directement au contact. Et là, cette fois-ci, il n'y a pas de tri. Donc, manifestement, sur le terrain, les catégories les plus populaires ne sont pas satisfaites des mesures gouvernementales.

C'est là où Marine Le Pen engrange, surtout qu'elle le dit depuis des mois, depuis le début de la campagne dans le premier tour. Ça fait des mois qu'elle parle du pouvoir d'achat et c'est vrai qu'elle a senti ce sujet monter et qu'aujourd'hui, elle l'exploite à fond. Après, Emmanuel Macron, sa proposition pour gagner du pouvoir d'achat, avant tout, c'est le travail. Donc, c'est on va vous donner du travail, on va augmenter, si votre patron vous donne une prime défiscalisée, sans charge, sans impôt, jusqu'à 6 000 euros, vous allez regagner de l'argent. On fait baisser le chômage, c'est ce qui fait que vous allez regagner de l'argent.

Mais ça représente une solution moins instantanée, moins simple pour un électorat qui aujourd'hui ne voit pas, effectivement, n'a pas du tout le sentiment d'améliorer son pouvoir d'achat et qui aujourd'hui se sent acculé et n'arrive pas à terminer.

44:02
Présentateur

Et Marine Le Pen qui le sait, du coup, et qui tape sur ce sujet-là en disant qu'elle promet un carnage social. Le programme et le bilan d'Emmanuel Macron, c'est un carnage social, c'est les mots qu'elle a utilisés cet après-midi. Je ne résiste pas à l'idée de vous donner cette phrase à propos de Macron. C'est ce que disait Jean-Luc Mélenchon le 6 mai 2020 dans la tribune de Genève. Il disait c'est un bandit de grand chemin, il a trompé tout le monde, il est sans fois ni loi. Évidemment, il n'a pas appelé à voter pour Emmanuel Macron mais on se doute que pour ses troupes, Raphaël Baquet, c'est compliqué.

44:31
Marine Le Pen

D'ailleurs, on l'a bien vu. Il a fait un discours d'ailleurs tout à fait subtil en disant quatre fois aucune voix pour Marine Le Pen. Il n'a jamais dit des voix pour Emmanuel Macron et on voit bien que la consultation va probablement donner la même chose. C'est-à-dire que au fond, quand même, l'abstention est son choix.

44:54
Présentateur

Non dit, mais c'est quand même son choix. Marine Le Pen n'a pas très apprécié d'ailleurs cette phrase-là en se considérant qu'il avait beaucoup changé Jean-Luc Mélenchon dans son attitude vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Cette bonne guerre.

45:05
Emmanuel Macron

Ça rappelle la formule d'un célèbre dirigeant communiste qui disait c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Quand il y avait deux candidats de droite et pour beaucoup d'électeurs mélenchonistes, il y a une candidate d'extrême droite et un candidate de droite pour eux. Donc, sans doute, il y aura une abstention qui sera massive.

45:23
Présentateur

Sur la question du pouvoir d'achat, la question qui était posée, si la campagne se fait dans cet entre-deux-tours sur le pouvoir d'achat, c'est à l'avantage de qui ?

45:29
Emmanuel Macron

Elle est là-dessus. Alors, si on regarde les catégories qui sont les plus sensibles à cette question de la dégradation du pouvoir d'achat, les ouvriers, les employés, parmi ceux qui iraient voter, c'est deux tiers pour Marine Le Pen et chez les cadres, deux tiers pour Emmanuel Macron et on est à peu près à 50-50 sur les classes moyennes. Et on entendait dans le reportage précédent, Mulhouse, ce soignant à qui Emmanuel Macron dit mais on a quand même augmenté et qui dit mais on n'a rien vu.

Et c'est ce qu'on entend souvent, c'est-à-dire que tout est, c'est comme si le sable absorbait tout en disant tout ça est mangé par les hausses de prix, les hausses de taxes et pour ceux qui sont les plus éloignés ou les plus défiants de dire mais en fait ce que vous nous avez donné d'une main, vous nous l'avez repris de l'autre parce qu'au final, on n'arrive toujours pas à s'en sortir. Et donc, c'est quand même quelque chose qui est très problématique pour cette majorité qui a dépensé quand même beaucoup. On a parlé des boucliers sur l'énergie et autres. La résistance à 15 centimes pour quelques mois, c'est des milliards d'euros.

Il y a eu en début de quinquennat la suppression de la taxe d'habitation. C'est peut-être pour ça aussi que, hormis la question philosophique en disant ce qu'on valorise le travail ou on fait des chèques tout de suite, ils considéraient qu'ils avaient fait le job si je puis dire en faisant cette baisse de la taxe d'habitation. Ils se retrouvent en fin de quinquennat avec des pans entiers de la population qui disent nous on n'en a pas vu la couleur et on est toujours plus en difficulté plus tôt dans le mois.

46:47
Invité

Et c'est là où c'est aussi extrêmement difficile parce qu'on sort d'une période de Covid où quand même on nous a parlé du quoi qu'il en coûte matin, midi et soir avec de l'argent magique et c'est vrai qu'Emmanuel Macron arrive en disant la réforme des retraites il faut la faire parce qu'il y a un moment c'est une dette qu'il ne faut pas laisser à nos enfants, c'est un trésor et il n'y a pas d'argent magique.

Quelque part, Marine Le Pen elle esquive ce sujet-là, elle fait très peu de chiffrages et ces chiffrages la fraude sociale évaluée comme ce que pourrait rapporter la fraude sociale personne n'y parvient c'est très difficile à calculer et c'est vrai que du coup elle s'en sort avec ce jeu de dire bon bah finalement je vais faire des mesures très populaires qui vont se voir tout de suite et puis la question de comment on finance elle est renvoyée à plus loin mais c'est aussi quelque part le discours qui a tenu cette majorité pendant deux ans en disant face à un choc comme le Covid peut-être même maintenant face à une guerre en Ukraine qui va coûter de l'argent et bien on joue

47:48
Présentateur

sur les déficits cette phrase d'Emmanuel Macron qui était sur le terrain cet après-midi il y a dit ceux qui mentent c'est ceux qui arrivent dans cette campagne avec du sucre et du miel et qui disent voici des fleurs des feuilles et des branches voilà ça je pense qu'il visait naturellement Marine Le Pen et ses promesses sur le pouvoir d'achat alors il y a ceux qui bataillent à la recherche des suffrages on l'a compris notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon et ceux qui sont lancés dans une autre récolte celle de fonds de financement pour assurer tout simplement la survie de leur parti Valérie Pécresse Yannick Jadot pensait faire plus de 5% au premier tour ils sont engagés désormais et ils ont engagé parfois personnellement des frais de campagne et aujourd'hui ils lancent des appels aux dons Mathieu Lignot Paul-Rémy Barjavel et Maxime Nogier

48:28
Marine Le Pen

Dimanche soir Yannick Jadot se présente devant ses militants des applaudissements des remerciements et immédiatement à SOS

48:42
Invité

L'écologie a besoin dès ce soir de votre soutien financier pour poursuivre ces indispensables combats je vous invite à vous rendre sur le site soutenirlecologie.fr pour faire un don

48:57
Marine Le Pen

alerté sur l'avenir du parti le soir même des résultats du premier tour car avec seulement 4,63% des voix Yannick Jadot est sous le seuil des 5% des suffrages qui permet de bénéficier du remboursement de près de la moitié des frais de campagne hier le QG des écologistes s'est vidé pour les salariés du parti qui reste une ambiance de gueule de bois

49:20
Locuteur non identifié

le visuel que tu as préparé on a 5 semaines pour rassembler 2 millions d'euros ensuite il faut qu'on écrive aux élus pour leur demander de cotiser plus moi je donnerai l'exemple évidemment je pense que Yannick le fera aussi évidemment

49:34
Marine Le Pen

trouver les fonds mobiliser les adhérents ceux qui ont voté pour Yannick Jadot mais aussi ceux qui veulent que l'écologie pèse dans la vie politique le rendez-vous avec la banque a lieu à la mi-mai sur lequel on a la main avec le nom de domaine il y a un enjeu il y a un enjeu peut-être pas de survie parce que

49:51
Invité

c'est pas la mort du parti mais de pouvoir tout simplement mener politique mener campagne au jour le jour ça c'est oui c'est un enjeu majeur

50:00
Locuteur non identifié

crucial

50:01
Invité

vital

50:01
Marine Le Pen

Europe Ecologie Les Verts n'est pas le seul parti en situation critique pour les LR c'est aussi leur décompte la campagne a coûté entre 14 et 15 millions d'euros hier Valérie Pécresse lance un appel à l'aide Les Républicains ne peuvent pas faire face à ces dépenses je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d'euros c'est pour cela que je lance ce matin un appel national au don à tous ceux qui m'ont apporté leur suffrage mais aussi à tous ceux qui ont préféré hier le vote utile La facture est lourde pour la candidate qui a contracté un emprunt à son nom pour financer une partie de la campagne une pratique courante chez les Républicains le parti est trop endetté

50:46
Locuteur non identifié

C'est quelque chose tout à fait classique François Fillon lui-même avait fait un emprunt personnel pour son apport personnel il y a 5 ans pour la campagne des Europènes c'est François-Xavier Bellamy qui avait lui-même emprunté également sur son nom une somme d'argent pour l'apporter à la campagne et chaque candidat au lycati fait quasiment la même chose moi j'ai été 3 fois candidat au lycati à chaque fois j'ai fait un emprunt auprès de ma banque qui représentait mon apport personnel là où par contre il y a un scénario que personne n'avait prévu c'est le fait qu'on fasse moins de 5%

51:18
Marine Le Pen

les socialistes eux ont fait preuve d'anticipation la campagne n'a pas coûté très cher dit-on dans les nouveaux locaux du PS la leçon a été retenue une mauvaise gestion des finances puis les défaites à la présidentielle et aux législatives en 2017 l'ont obligé à vendre son siège rue de Solferino et à licencier des salariés le PS cette fois-ci n'a pas emprunté aux banques nous avons essayé de trouver des solutions et une des solutions c'était de se tourner vers l'autofinancement pourquoi ?

parce que nous avons évalué le risque dans l'hypothèse que notre candidate ne ferait pas les 5% donc on s'est dit qu'il valait mieux se tourner vers nos fédérations emprunter l'argent aux fédérations locales avec dans le contrat un petit astérisque qui a son importance il est mentionné qu'en cas de non-atteinte des 5% donc de non-remboursement de la campagne présidentielle ce prêt octroyé à la candidate devient un don des fédérations à la candidate le grand gagnant de ce premier tour finalement c'est le contribuable qui ne remboursera les frais de campagne que de 4 candidats seulement sur les 12 qui se sont présentés

52:23
Présentateur

et cette question les partis qui n'ont pas franchi la barre des 5% et qui se sont endettés peuvent-ils disparaître si leur appel au don n'est pas assez suivi ?

52:34
Invité

financièrement ils sont en grande difficulté les républicains se remettaient tout juste d'une longue période compliquée financièrement et là cette fois-ci ils ont eux-mêmes financé à hauteur de 7 millions la candidate 5 millions donc là ils font une croix sur un prêt qu'ils avaient fait à la candidate donc oui oui financièrement pour les républicains c'est une situation tendue pour les écologistes qui avaient déjà connu cette situation sur d'autres campagnes où ils avaient aussi dépensé plus parce que là ils espéraient vraiment franchir les 5% le budget des écologistes a été vraiment calculé avec 5% eux ils font en général des campagnes plutôt low cost et là ils ont raté la barre des 5 donc ils sont aussi en grande difficulté financière vous pouvez ajouter quand même aussi alors Marine Le Pen sera remboursée le Rassemblement National c'est quand même 27 millions d'euros de dettes aussi il faut quand même le rappeler d'un parti très endetté qui doit continuer à payer rembourser un emprunt notamment auprès d'une

53:22
Présentateur

du coup ils vont essayer de se refaire sur les législatives en présentant des candidats

53:26
Invité

le financement politique en France est basé sur le nombre de voix que vous obtenez aux législatives donc c'est pour ça que tout le monde présente des candidats notamment

53:36
Emmanuel Macron

1 euro par voix pendant 5 ans par an pendant 5 ans et donc c'est pour ça effectivement que les accords c'est pas uniquement pour avoir des élus c'est pour pouvoir présenter le plus de candidats possible pour récolter le plus de voix le plus d'argent mais oui les partis sont mortels le parti socialiste la dernière fois a vendu son siège historique de la rue de Solferino pour éponger financièrement la catastrophe de 2017 et donc là ce qui risque peut-être de se passer pour les républicains vous vous souvenez que Valérie Pécresse avait accusé dans sa campagne Emmanuel Macron d'avoir cramé la caisse voilà elle a cramé la caisse de LR il n'y a plus et la sienne et la sienne personnellement c'est ça qu'on a entendu

54:14
Présentateur

dans sa déclaration

54:15
Invité

et ça c'est assez inédit qu'une candidate se soit endettée à ce niveau pas pris d'assurance c'est inimaginable que les républicains ne fassent pas 5 et surtout dans une situation qui est absolument apocalyptique

54:28
Marine Le Pen

Raphaël Baquet oui c'est d'autant plus compliqué d'abord rappelez-vous que c'était effectivement Valérie Pécresse qui avait le plus fort patrimoine de tous les candidats et donc évidemment ça suscite moins d'indulgence de la part des dons ensuite les dons sont quand même réglementés si vous voulez par la loi sur les financements politiques et la loi sur les dons aux associations donc vous ne pouvez pas faire appel à un généreux milliardaire qui vous réglerait votre déficit c'est une vraie difficulté et puis par ailleurs déjà pour le financement de la campagne en amont si vous voulez les républicains comme les socialistes comme d'ailleurs tous les partis font appel à leurs sympathisants aux proches aux entreprises qui sont bienveillantes à leur égard déjà ça avait été compliqué de trouver de l'argent donc effectivement pour Valérie Pécresse ça va être extrêmement difficile est-ce qu'il va falloir que les républicains vendent leur siège aussi ça peut être une vraie difficulté

55:24
Invité

pour le Sarkoton pour le Sarkoton 11 millions d'euros avaient été collectés sous forme de dons en quelques semaines ce qui était un record mais c'était une autre

55:33
Présentateur

c'était pas le même lien

55:33
Invité

c'était pas le même lien il était beaucoup plus populaire auprès des adhérents que ne peut l'être aujourd'hui une Valérie Pécresse mais quand même l'appel au don on va voir c'est quand même intéressant de voir combien elle peut récupérer de toute façon sans l'appel au don elle est en banqueroute

55:52
Présentateur

et nous revenons maintenant à vos questions Emmanuel Macron veut-il désormais réconcilier tous les français les cyniques les réfractaires les fainéants les non vaccinés

56:06
Invité

et un peu d'un même temps dans ce début de campagne de second tour il fait une campagne un peu à la j'allais dire à la Mélenchon en tous les cas il est dans les rues il fait une campagne qui n'a rien à voir avec celle d'avant premier tour où il visait la droite cette fois-ci on voit bien les abstentionnistes et plutôt les gens de gauche il amende un peu son projet pour essayer de présenter son profil gauche sur cette en même temps qu'il avait un peu oublié avant le premier tour

56:31
Marine Le Pen

il défend quand même parce qu'il n'est pas seulement purement cynique par exemple hier il était face à des manifestements des gens qui étaient anti-vax ou qui considéraient que les soignants devaient pouvoir continuer à soigner sans être vaccinés il défend quand même sa philosophie et la politique qu'il a menée jusqu'ici il défend son bilan

56:50
Présentateur

il défend son bilan

56:52
Marine Le Pen

donc il n'est pas le démagogue à tout craint qui raconte n'importe quoi

56:57
Présentateur

Marine Le Pen a réussi à amener Emmanuel Macron sur son terrain de jeu la vie de tous les jours des français est-ce que c'est mauvais pour lui Jérôme Fourquet ?

57:05
Emmanuel Macron

Éric Zemmour avait dit c'est le candidat qui impose son thème qui va l'emporter effectivement là-dessus elle a sans doute un avantage en tout cas aux yeux des catégories publiaires votre reportage était très bien toute une partie de la France retraitée classe moyenne supérieure qui considère que ce qu'elle raconte n'est pas financé que c'est démagogique et que le seul candidat viable voilà et donc encore une fois on est sur deux France qui ont des vécus différents qui ont des attentes et ils ont deux candidats deux champions et on va avoir droit à ce choc dans dix jours maintenant

57:37
Présentateur

On n'oublie pas ce qui se passe naturellement en Ukraine est-ce que la question de la crédibilité on parle beaucoup de la vie de tous les jours mais quand on est chef d'état 80% du temps que passe un chef d'état c'est pour régler les affaires du monde est-ce que ça c'est dans les intentions de vote dans les enquêtes que vous avez est-ce que ça pèse dans le choix des français ?

57:55
Emmanuel Macron

Oui ça pèse dans le choix d'une partie des français et une enquête qu'on a réalisée la veille du premier tour deux ou trois jours avant le premier tour indiquait que pour la première fois 50% des français conféraient à Marine Le Pen la stature de présidente de la République on n'avait jamais vu ce niveau-là donc ça ramène à ce qu'on disait tout à l'heure c'est-à-dire que la probabilité d'une victoire de Marine Le Pen ne doit pas être écartée d'un revers de main

58:18
Marine Le Pen

Non mais surtout ça ne lui a pas du tout nuit quand même ses positions pro-Poutine c'est quand même extraordinaire on a une guerre effectivement au cœur de l'Europe elle a pendant des années et des années été proche de Vladimir Poutine elle est endettée auprès d'une banque russe et ça ne lui a absolument pas nuit

58:36
Invité

parce que c'est Éric Zemmour

58:38
Marine Le Pen

c'est quand même assez frappant

58:39
Invité

parce que c'est un autre candidat poutiniste qui a pris la foudre il s'appelle Éric Zemmour

58:43
Marine Le Pen

il n'est pas évident qu'il ait pris la foudre là-dessus

58:45
Invité

en tous les cas

58:45
Marine Le Pen

à ce moment-là

58:47
Emmanuel Macron

il dévisse à ce moment-là il dévisse à ce moment-là

58:50
Présentateur

ça n'a pas affecté c'est ce que dit c'est intéressant ce que dit Raphaël Baquet ça n'a pas affecté Marine Le Pen alors que c'est un argument qui est utilisé beaucoup par Emmanuel Macron justement sur sa proximité avec Vladimir Poutine

59:00
Emmanuel Macron

ça ne l'a pas affecté dans son électorat maintenant la question c'est il faut faire 50% des voix plus une et donc est-ce que cette proximité poutinienne auprès des électeurs qui n'ont pas voté pour elle au premier tour est-ce que c'est un obstacle ou pas et donc tout dépendra aussi de ce qui se passe là-bas c'est-à-dire qu'on en parle un petit peu moins on nous a expliqué que le 9 mai c'était une date butoir pour Poutine si jamais le front s'embrasse de nouveau et qu'on a des images dramatiques il peut y avoir là aussi je pense que ce sera un sujet

59:29
Invité

du débat de l'entre-deux-tours Emmanuel Macron va essayer de la débusquer sur ce terrain

59:34
Marine Le Pen

sur les plateaux en tout cas les macronistes ont attaqué là-dessus dès le soir du premier tour ils attaquaient les représentants du Rassemblement National

59:41
Présentateur

une question de Corinne dans les sols le seul moyen de sortir du casse-tête des retraites pour Macron n'est-il pas de passer par le référendum ?

59:47
Invité

il peut mais effectivement dans la mesure où il a annoncé la couleur et où ce sera une de ses premières réformes s'il est réélu je ne pense pas qu'il prenne le risque d'un référendum il va effectivement passer sa mesure surtout après il faudra voir au niveau des législatives s'il a une majorité ou pas c'est aussi ça le sujet qui va se poser mais sur la réforme des retraites non le référendum d'ailleurs quand il en parle c'est plutôt en fin de quinquennat ou au moment d'une clause de revoyure là ou peut-être en cours de quinquennat mais son projet est assez clair et je rejoins Brune jeudi sur le fait qu'en termes de concertation ça va être assez limité surtout qu'il ne s'embarrassera pas du tout d'une moindre il fera une consultation mais pas une concertation avec les partenaires sociaux que ce soit les syndicats tous ont dit qu'ils étaient contre cette réforme donc il n'y a pas grand chose à concerter c'est-à-dire qu'il peut

1:00:39
Présentateur

avoir l'invention de les remettre au centre du jeu mais il n'y a rien à attendre en termes d'avancée sur un sujet à partir du moment où on veut passer à 64 ou 65 ans c'est ça

1:00:47
Invité

alors il laisse entendre qu'il peut y avoir des avancées en termes de la prise en compte de la pénibilité qu'au niveau des minimums vieillesse il a mis une retraite minimale à 1100 euros il laisse entendre qu'il pourra y avoir des avancées de ce côté-là à mon avis elles seront assez moindres et quand on regarde d'ailleurs du côté des syndicats Laurent Berger à la chef de file de la CFDT appelle à voter Emmanuel Macron de façon assez claire pour faire barrage il est le seul et il dit bien dans son communiqué c'est pour faire barrage à Marine Le Pen mais ça ne vaut ni adhésion ni approbation ni du bilan ni du programme présenté une question de Robert

1:01:26
Présentateur

dans les Hauts-de-Seine voter blanc ou ne pas voter quelle incidence favorise-t-on l'un des deux candidats avec l'un de ses choix ? Qui profite du vote blanc ou de l'absence ?

1:01:36
Emmanuel Macron

Je vais dire tout dépend du vote antérieur de ce monsieur c'est-à-dire d'où il vient donc si par exemple il est zémoriste c'est sûr que ça défavorise Marine Le Pen s'il vient de Jean-Luc Mélenchon c'est pas évident que ça défavorise totalement

1:01:53
Invité

On peut dire à Robert qu'en 2017 il y avait 4 millions de bulletins blancs et nuls c'était un record

1:01:58
Présentateur

Quel raisonnement politique amènerait à voter pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour et pour Marine Le Pen au second ?

1:02:05
Invité

L'indignation peut-être le sentiment de déclassement l'indignation tout à l'heure on parlait de la Russie l'antimacronisme on parlait de la Russie Jean-Luc Mélenchon a eu des positions pendant la campagne assez ambiguës aussi par rapport à la Russie par rapport à la position de la France vis-à-vis de l'OTAN donc c'est peut-être pas un frein pour certains électeurs mélenchonistes qui se reporteront sur Marine Le Pen et puis c'est le côté aussi anti-système anti-élite le peuple n'est pas pris en compte puis il y a aussi dernier point un point qui est une zone grise c'est l'écologie il y a un certain nombre de jeunes qui se sont portés sur un vote mélenchoniste plutôt que pour Yannick Jadot parce qu'ils voulaient mettre la question écologique au centre du jeu Emmanuel Macron en parle pas beaucoup Marine Le Pen non plus donc là pour ceux dont le critère c'est l'écologie la préservation

1:02:59
Présentateur

justement cette question de Joseph dans le Manéloir Emmanuel Macron fera-t-il un pas vers le thème du climat avant le second tour

1:03:05
Invité

c'est prévu normalement il doit faire des annonces dans la semaine c'est pas encore totalement fixé mais il sait que pour aller chercher notamment ces jeunes ces primo-votants qui sont quand même déplacés dimanche notamment pour Jean-Luc Mélenchon Jérôme Fourquet parlait tout à l'heure du champion des seigneurs Emmanuel Macron le champion des jeunes c'est Jean-Luc Mélenchon ces jeunes urbains qui ont voté pour lui est-ce qu'après avoir voté pour la première fois ils vont voter une deuxième fois et pour qui c'est peut-être l'écologie qui sera déterminante

1:03:32
Présentateur

dernière question très rapide suis-je dans la caricature en disant que les plus pauvres iront voter Le Pen et les plus riches Macron

1:03:37
Emmanuel Macron

c'est un peu caricatural mais ça ressemble quand même un peu à ça c'est-à-dire que les tendances sont celles-ci

1:03:43
Présentateur

merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h50 il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVU au programme ce soir Anne-Elisabeth

1:03:52
Locuteur non identifié

Bonsoir Caroline le regard sur le duel Macron-Le Pen du philosophe Raphaël Antoven qui affirme que le plus grand danger pour le président sortant n'est pas tant la candidate RN que l'ennui démocratique et l'espoir qu'en se débarrassant de l'actuel président on se débarrasse des problèmes qu'il n'a pas su régler à tout de suite

1:04:10
Présentateur

merci Anne-Elisabeth on se retrouve demain 17h50 en direct pour un nouveau C'est dans l'air et puis je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée C'est dans l'air

Macron/Le Pen : coup pour coup #cdanslair 12.04.2022 — Marine Le Pen · Pourquijevote