Najat Vallaud-Belkacem : "Le ni droite ni gauche, je ne sais pas ce que c'est"
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Ça y est, c'est votre candidat?
- 1:04OuverteRéponse directe
Vous avez de ses nouvelles?
- 1:09OuverteRéponse directe
Il va revenir dans la campagne?
- 1:39RelanceRéponse directe
Et tant pis si c'est la ligne que vous avez combattue pendant des semaines à gauche, celle de Benoît Hamon?
- 2:28ComplaisanteRéponse directe
Tout ça s'est acheté.
- 3:13OuverteRéponse directe
Pour être précis, Najat Vallaud-Belkacem, le pacte de responsabilité, le CICE, la loi travail, c'est à mettre au crédit du quinquennat?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Invité politiqueFait
« La primaire de la gauche l'a désigné comme tel et donc il y a eu un exercice démocratique qui a été plutôt réussi, plus de 2 millions d'électeurs et donc je crois que c'est notre candidat et que nous devons commencer à mener campagne. »
- 2:08Invité politiquePromesse
« Benoît Hamon, lui, a eu l'intelligence de proposer d'écrire une nouvelle page en partant du bilan du quinquennat. »
- 2:48Invité politiquePromesse
« C'est de prendre un élan pour se tourner vers l'avenir. »
- 3:57Invité politiqueChiffre
« Benoît Hamon, si vous lui posez la question aussi clairement que cela, ne vous dira jamais que la garantie jeune universalisée, c'est un échec. »
- 4:10Invité politiqueFait
« Il vous dira sur telle ou telle disposition, je n'étais pas d'accord. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Il y a bien au Parti Socialiste des gens aujourd'hui qui disent qu'il faut garder les 3% et d'autres, comme le candidat Benoît Hamon, qui disent qu'il faut faire exploser cette règle des 3% »
- 7:59Invité politiqueFait
« On est quand même avec une Marine Le Pen qui arrive tout en haut des sondages, on est quand même avec une droite qui, même si elle est en difficulté du fait de son candidat, propose un projet extrêmement dur, extrêmement brutal pour les plus faibles de notre société. »
Temps de parole
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Bonjour Najat Vallaud-Belkacem, vous étiez hier à Paris à la mutualité pour assister à l'investiture de Benoît Hamon une semaine après sa victoire à la primaire. Ça y est, c'est votre candidat ?
Oui, la primaire de la gauche l'a désigné comme tel et donc il y a eu un exercice démocratique qui a été plutôt réussi, plus de 2 millions d'électeurs et donc je crois que c'est notre candidat et que nous devons commencer à mener campagne.
C'était pas le vôtre ni au premier ni au second tour de la primaire, c'était Manuel Valls ?
Oui mais en même temps on ne peut pas participer à un exercice et puis ensuite s'en défaire parce que le résultat n'est pas celui qu'on avait soutenu. Donc c'est vrai que j'ai soutenu Manuel Valls pour une raison simple qui est une forme de loyauté, de fidélité et de conviction que si ça n'était pas le président de la République lui-même, eh bien le plus légitime à porter ce qu'avait été cette gauche de gouvernement était le premier ministre sortant. Par ailleurs, Manuel Valls, je le redis ici, est un homme de grande qualité qui avait fait vraiment l'expérience de l'État et preuve de ses qualités.
Vous avez de ses nouvelles ?
Oui, j'ai de ses nouvelles bien sûr.
Il va revenir dans la campagne ?
Moi je crois qu'il faut noter une chose, d'abord c'est qu'il ne disparaît pas loin de là de cette campagne et qu'il a fait preuve de son ancrage en plein cœur de la gauche, contrairement à ce qui s'est dit parfois, en apportant son soutien à Benoît Hamon une fois que cette primaire l'a désigné, c'est important. Donc il continuera à compter bien sûr et sa voix portera. Mais bien que j'ai fait ce choix de soutenir Manuel Valls, aujourd'hui nous avons un candidat et je n'ai aucun état d'âme à dire qu'il faut le soutenir, qu'il faut lui apporter de la force.
Et tant pis si c'est la ligne que vous avez combattue pendant des semaines à gauche, celle de Benoît Hamon ?
Alors soyons clairs d'abord, il y avait une ligne au sein de cette primaire, qui était d'ailleurs incarnée davantage par Arnaud Montebourg, qui consistait à dire que ce quinquennat était nul et non avenu. Ce n'est pas la ligne qui a été choisie par les électeurs. Ce n'est pas un frondeur Benoît Hamon ? Ce n'est pas la ligne qui a été choisie, sinon Arnaud Montebourg aurait gagné cette primaire. Benoît Hamon, lui, a eu l'intelligence de proposer d'écrire une nouvelle page en partant du bilan du quinquennat. Et d'ailleurs, c'est ce qu'il a rappelé ce week-end à la convention d'investiture, en reconnaissant que ça avait été un quinquennat d'acquis et de progrès.
Alors il a cité, Benoît Hamon, les points forts selon lui du quinquennat. Il vous a cité, vous, l'éducation, le mariage pour tous, le nom au traité transatlantique. Pas un mot dans le bilan positif du quinquennat sur l'économie, la lutte contre le chômage. Rien. Tout ça s'est acheté.
Attendez, il n'a pas été exhaustif dans sa façon de dire les choses ce dimanche. Mais remarquez quand même que Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires, par exemple. Que Benoît Hamon a bel et bien soutenu le CICE. Donc il n'y a pas de sujet pour moi. Le sujet, c'est d'écrire désormais une nouvelle page. C'est de prendre un élan pour se tourner vers l'avenir. Et, chose qu'il a plutôt bien réussi, faire écho aux préoccupations des Français en leur décrivant, en leur parlant de ce monde du travail de demain qui va nécessiter de notre part, non pas simplement des adaptations à la marge, mais de repenser véritablement de nouvelles protections.
Je crois que c'est pour cela qu'il a réussi à emporter ce succès.
Pour être précis, Najat Vallaud-Belkacem, le pacte de responsabilité, le CICE, la loi travail, c'est à mettre au crédit du quinquennat ?
Ah oui, si vous me posez la question à moi, évidemment.
Alors pourquoi abroger la loi travail si la gauche revient au pouvoir ?
Mais vous savez, lorsqu'on vient en soutien au candidat qui a été désigné par la primaire, on n'abandonne pas ses habits précédents. Abrogation de la loi travail, dit Benoît Hamon. On vient comme on est. On va abroger un acquis du quinquennat ? On vient comme on est, avec ce qu'on est, donc évidemment avec des différences de perception de tel ou tel sujet, mais qui vont enrichir le programme du candidat Benoît Hamon. D'ailleurs, lui-même a demandé à ce qu'on vienne compléter, amender...
C'est difficile d'enrichir une abrogation, quand même. Soit on l'abroge, soit on le garde.
Si on parle de la loi travail, par exemple, soyons clairs. Benoît Hamon, si vous lui posez la question aussi clairement que cela, ne vous dira jamais que la garantie jeune universalisée, c'est un échec. Ne vous dira jamais que le compte personnel d'activité, c'est une mauvaise chose. Il vous dira sur telle ou telle disposition, je n'étais pas d'accord.
La version de la hiérarchie des normes, notamment.
Et lui-même, au fond, comment fera-t-il ? Il reprendra le dialogue social, puisque ce type de disposition ne peut se faire que dans le dialogue social. Et là, il se rendra compte, à son tour, que du dialogue social ressort de fait une série d'organisations qui soutiennent ces dispositions envers lesquelles il est si critique, et puis une série d'organisations qui y étaient hostiles.
Donc la loi travail ne sera pas abrogée purement et simplement si Benoît Hamon a régalisé.
Ce que je veux dire, c'est que dans l'exercice de l'État, dans l'exercice des responsabilités, il s'agit toujours de trouver des équilibres. Et je crois que Benoît Hamon, qui a été ministre assez longtemps, au fond, qui a été notamment ministre de l'économie sociale et solidaire, le sait lorsqu'il a dû adopter sa loi. Il sait qu'il a fallu trouver des équilibres, et c'est comme cela. Mais sur les objectifs qui sont les siens, qui, par exemple, passent par un impératif écologique qui s'impose au libéralisme, moi, je suis assez d'accord. J'adhère à cela, simplement. Il faut que nous venions chacun comme nous sommes, en imposant peut-être davantage des thématiques qui nous tiennent à cœur.
Vous n'avez jamais été tenté, Najat Vallaud-Belkacem, de rejoindre Emmanuel Macron ?
Non.
Pourquoi ?
Mais parce que moi, ni droite, ni gauche, le « et de droite et de gauche », je ne sais pas ce que c'est. Et que d'ailleurs, c'est intéressant de voir que ça commence à patiner, en réalité, cette campagne. Pour une raison simple, c'est que s'il met autant de temps et a autant de difficultés à sortir un projet véritable, c'est qu'il a bien conscience qu'il va forcément déplaire à une partie de ceux qui le soutiennent. on ne peut pas avoir dans son camp et des gens qui considèrent qu'il faut absolument réduire la dépense publique et des gens qui considèrent qu'il faut investir dans l'éducation nationale, dans les services publics. Il y a bien au Parti Socialiste des gens aujourd'hui
qui disent qu'il faut garder les 3% et d'autres, comme le candidat Benoît Hamon, qui disent qu'il faut faire exploser cette règle des 3% et pourtant vous cohabitez dans la même famille.
Mais bien sûr, parce que là, vous nous parlez, au sein du Parti Socialiste, d'un projet global qui est malgré tout celui d'améliorer le sort notamment des plus défavorisés. En tout cas, moi, si je me suis engagée au Parti Socialiste, c'est pour cela. Et autour de ce projet global, d'une crédibilité de l'action qui nous amène à avoir un déficit relatif, etc. Mais quand je prends l'aventure assez solitaire d'Emmanuel Macron au fond, c'est autre chose.
Je rassemble dans mon camp, je ne sais pas moi, l'ancien directeur de campagne de Bruno Le Maire, dont on sait à peu près ce qu'il a porté pendant la campagne des primaires ou ses cinq dernières années d'opposition contre tout ce qu'on a fait, et des élus socialistes ou de gauche. Ça n'est pas possible à terme, ça n'est pas possible. C'est-à-dire que va arriver le moment de la clarification et vous verrez qu'une partie des actuelles troupes sondagières d'Emmanuel Macron ne se reconnaîtra plus dans ce projet et donc reviendra, c'est mon pari pour ce qui est des socialistes, vers le Parti Socialiste.
Vous aurez remarqué quand même que ces élus socialistes qui aujourd'hui disent soutenir Emmanuel Macron, aucun d'entre eux n'a demandé à quitter le Parti Socialiste. Preuve pour moi qu'ils sentent bien que le socle de stabilité, c'est au Parti Socialiste qu'il est avec une histoire, avec des repères, avec des valeurs et avec des bilans.
Un ou une ministre qui soutiendrait Emmanuel Macron doit quitter immédiatement le gouvernement ?
Ah mais moi je ne lance pas d'anathème, sûrement pas. Après ce que vous venez de dire sur le candidat Macron
qui est raté large, qui cherche à droite...
Oui, mais précisément, moi je m'adresse à l'intelligence. Vous voyez de qui je parle ? Je m'adresse à l'intelligence. Vous voyez de qui je parle ou pas, Najat Vallaud-Belkassol ? Non, que je ne...
Ségolène Royal ?
Non, non, mais moi, ce n'est pas mon sujet. Honnêtement, je m'adresse à l'intelligence des gens et je pense d'ailleurs que je n'ai même pas besoin de m'y adresser puisque de même, chacun de ceux auxquels vous pensez se rendront vite compte que c'est une impasse. Et parce que c'est une impasse et parce que le moment politique est si grave et si lourd, on est quand même avec une Marine Le Pen qui arrive tout en haut des sondages, on est quand même avec une droite qui, même si elle est en difficulté du fait de son candidat, propose un projet extrêmement dur, extrêmement brutal pour les plus faibles de notre société.
Est-ce que, dans cette période-là, on va prendre le pari d'aventure hasardeuse qui, je vous dis, risque de se dégonfler parce que c'est une impasse ? Je pense que le socle, c'est le Parti Socialiste. Maintenant que nous avons un candidat, c'est vrai que pendant des mois, il y a eu du flottement parce que la primaire a été organisée trop tardivement, mais maintenant que nous avons un candidat, pour moi, ça ne fait pas de doute. Il faut se rassembler autour de lui.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation et soutien de Benoît Hamon, donc invité de France Inter ce matin jusqu'à 9h moins 5. On attend vos questions. Au standard, il est ouvert 0145 24 7000 ou le mot-clé interactif sur les réseaux sociaux. La revue de presse à suivre.