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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 22 septembre 2025 20 min

Laurent Jacobelli : « L’histoire du front républicain ne fonctionnera pas une nouvelle fois »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Merci d'être l'invité de cet entretien. Vous êtes député de Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.

0:24
Invité

Auriane, bonjour. Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour.

0:27
Présentateur

Et c'est une nouvelle semaine de discussion qui attend Sébastien Lecornu. Laurent Jacobelli, est-ce que le Rassemblement National va censurer le Premier ministre dès le discours politique général ?

0:35
Laurent Jacobelli

Eh bien, il faut poser la question à M. Sébastien Lecornu. Si M. Lecornu est le fidèle petit macroniste qu'on imagine et qui nous représente un budget en déséquilibre et pour essayer, une fois encore, de ponctionner les Français et de leur faire payer la mauvaise gestion de leurs dirigeants, alors ce sera sans nous et bien sûr sans lui. Par contre, s'il écoute les propositions du Rassemblement National, nous verrons bien s'il comprend enfin qu'il faut faire des économies sur cet État devenu obèse plutôt que de piocher dans les économies des Français, alors peut-être survivra-t-il à une censure ? La réponse est dans son camp.

Mais très honnêtement, imaginez que le clone d'Emmanuel Macron qui doit tout à Emmanuel Macron, menera à une politique de rupture à Emmanuel Macron, relève probablement plus de la chimère que de la réalité politique.

1:20
Invité

– Vous ne pensez pas capable de trouver un compromis autour du budget ? Ce sera vos lignes rouges, ce serait quoi par exemple ? – Vous parlez de compromis, mais compromis avec qui ? – Avec le socle commun, avec le gouvernement, pour doter la France d'un budget.

1:33
Laurent Jacobelli

– Mais doter la France d'un budget, si c'est un mauvais budget, n'est pas une bonne solution. S'il négocie avec le PS l'augmentation des impôts, parce qu'on voit bien qu'il y a une espèce de radicalité fiscale qui s'est emparée aujourd'hui de nos gouvernants, si c'est pour ça, ce sera sans nous. Si c'est pour travailler avec un gouvernement où on a à la fois des LR défroqués et des socialistes en mâle de poste ministériel, ce sera sans nous. Une fois encore, si M. Lecornu comprend que notre pays n'a pas assez d'impôts, mais trop d'impôts, alors très bien.

S'il comprend que les Français sont aujourd'hui en manque de liberté, liberté de circuler parce qu'ils n'ont plus la sécurité, liberté d'investir, de consommer parce qu'il y a trop d'impôts, s'il comprend qu'il y a un manque de liberté, eh bien très bien. S'il ne le comprend pas et qu'il réduit encore le champ des libertés des Français, ce sera sans nous. Une fois encore, c'est lui qui a la réponse.

2:19
Présentateur

Il y a une nouvelle rencontre qui est prévue cette semaine entre le Rassemblement national et Sébastien Lecornu ?

2:23
Laurent Jacobelli

Alors, je ne crois pas, je ne sais pas, mais s'il y en a, nous irons. Nous, on a toujours discuté avec les premiers ministres qui se sont succédés, on a toujours présenté nos contre-budgets. Nous sommes constructifs. Vous avez la gauche et l'extrême gauche qui veulent tout casser, tout détruire. Nous, on veut préserver la France, mais on veut notamment la préserver d'une mauvaise gestion.

2:40
Présentateur

Mais quand il a rencontré le Rassemblement national la semaine dernière, est-ce que vous avez le sentiment qu'il cherche réellement un accord avec vous ou pas ?

2:46
Laurent Jacobelli

Mais non. Mais d'ailleurs, il ne dit pas chercher un accord avec nous. Quand j'entends les macronistes, alors macronistes au sens large, ça va du PSOLR, quand je les entends dire, on va faire une petite soupe entre nous, on va tripatouiller nos petits intérêts, mais surtout, on ne parlera pas au Rassemblement national et on ne les inclura pas dans la discussion, je dis, faites votre soupe entre vous, mais clairement…

3:06
Présentateur

Ce qui n'est pas vraiment ce qu'a dit Sébastien Lecornu à la presse régionale.

3:08
Laurent Jacobelli

Enfin, il a dit très clairement qu'il allait nous écouter, il n'a pas dit qu'il allait nous entendre.

3:13
Invité

Est-ce que les mobilisations des 10 et des 18 septembre ont changé quelque chose ? Est-ce que c'est de nature à changer quelque chose ? Il y avait du monde dans la rue ? Est-ce que ça mérite d'être écouté ? Comment est-ce que le Rassemblement national va se positionner par rapport à ça ?

3:24
Laurent Jacobelli

Non, mais vous savez, nous, on est très clair, les choses changeront par les urnes. C'est pour ça qu'on a demandé à ce qu'il y ait une dissolution de l'Assemblée nationale pour qu'enfin, il y ait une majorité, majorité Rassemblement national, vous imaginez bien que c'est ce que nous portons comme projet, pour qu'il y ait un Premier ministre, Jordan Bardella, issu de cette majorité, et donc une cohérence où on prenne des réformes pour réduire de 18 milliards le coût de l'immigration. C'est possible, plutôt que d'augmenter les impôts.

3:45
Invité

Donc vous n'avez pas changé de ligne pour vous, c'est la dissolution, et c'est la dissolution maintenant.

3:49
Présentateur

Mais pardon, mais qu'est-ce qui vous dit qu'en cas de dissolution, vous aurez plus de majorité que vous n'en avez eu il y a un an ?

3:53
Laurent Jacobelli

Tout simplement parce que l'histoire du front républicain, entre guillemets, ne marchera plus. On ne pourra plus expliquer à des électeurs sincèrement de droite qu'ils doivent mêler leur voix avec certains gauchistes, ou certains antisémites, tout simplement pour faire barrage au Rassemblement national.

4:11
Présentateur

– Vous aviez déjà dit ça il y a un an et ça a marché le front républicain.

4:13
Laurent Jacobelli

– Gabriel Attal, dont on se demande en ce moment s'il n'est pas un peu en toupie, il a oublié que son papa s'appelait Emmanuel Macron, il veut tuer le père assez jeune, un peu trop vite peut-être. M. Attal qui arrive et qui dit « votez les filles pour faire barrage au RN », franchement c'est honteux. D'ailleurs ça prouve bien qu'il pensait qu'on aurait la majorité absolue à l'époque. Nous n'étions pas le seul à partager cette analyse. Donc une fois encore les choses s'étant empirées dans la gestion du gouvernement, nous avons de plus en plus de légitimité à demander ce retour aux urnes et à incarner l'opposition.

4:44
Invité

– Et quand vous le voulez, quand ce retour aux urnes ? Avant la fin de l'année ? C'est-à-dire avant qu'on ait réussi à doter ce pays d'un budget ? Ou est-ce que vous seriez prêt à attendre le début d'année prochaine par exemple ?

4:54
Laurent Jacobelli

– Mais il faut le faire le plus vite possible.

4:56
Invité

– Donc quitte à faire tomber le gouvernement en plein examen du budget.

4:59
Laurent Jacobelli

– Mais il faut un budget qui corresponde aux attentes des Français, il faut un budget à l'équilibre, il faut un budget qui réduise la dette, il faut un budget qui préserve l'épargne et le salaire et le pouvoir d'achat des Français. Aujourd'hui on a un budget, on connaît le budget, c'est le budget Barnier 1, Bérou 2, le Cornu 3, c'est la même chose, on change de virgule, on repeint le titre, d'un coup il est plus rosé, d'un coup il est plus rouge, parfois il est un peu plus orange, enfin c'est toujours la même chose.

Donc il faut un autre budget, et je le redis, il faut faire des économies sur un train de vie de l'État devenu complètement fou, 250 milliards, notez bien ce chiffre, c'est l'explosion des recettes fiscales depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron, 250 milliards, 1200 milliards de dettes supplémentaires, faites le calcul, pourquoi ? Pour moins d'éducation, moins de santé, moins de sécurité, il y a quelque chose dans l'équation qui ne va pas, les Français payent plus, le service public diminue, ça veut dire que l'argent est mal géré, ça ne veut pas dire que les Français dépensent trop.

5:56
Présentateur

Mais à combien vous estimez, vous, le chiffre des économies à faire ?

5:58
Laurent Jacobelli

100 milliards, 100 milliards on peut les trouver dans un budget annuel, 18 milliards du côté de l'immigration, 5 milliards du côté de la participation au budget européen, des dizaines de milliards dans les frais de fonctionnement de l'État et les agences qui ne servent à rien, le reste est à trouver dans la fraude fiscale et sociale, 100 milliards, mais c'est un budget de combat. 100 milliards en une année, sur un exercice ? Par an, bien sûr, pas forcément la première année, mais c'est tout à fait possible. Une fois encore, j'entends…

6:24
Présentateur

Mais vous pensez pouvoir faire passer un budget à 100 milliards d'économies ?

6:27
Laurent Jacobelli

Mais pourquoi nous n'y arriverons pas si nous avons la majorité ? Nous, nous présentons un projet cohérent. Obtenir la majorité, Jordan Bardella, Premier ministre, budget d'économie, et quand je dis d'économie, c'est d'économie de fonctionnement, mais sûrement pas d'économie sur le pouvoir d'achat des Français.

6:42
Invité

Je ne sais pas, la semaine dernière, Marine Le Pen à Bordeaux évoquait le fait que dans le programme qui était le vôtre, il y avait à peu près 60 milliards d'économies à disposition.

6:51
Laurent Jacobelli

Là, vous dites 100 milliards. À disposition, puisqu'il faut, à côté des économies, faire marcher la machine, aller chercher l'argent volé. Volé par ceux qui profitent de la Sistana et qui croient qu'en jouant à la PlayStation toute la journée, on peut gagner autant que quelqu'un qui va trimer. Aller trouver l'argent sur ceux qui fraudent la Sécurité sociale, la CAF, le RSA, etc. et qui souvent, d'ailleurs, ne sont pas des gens qui sont en France depuis très longtemps. Toute cette fraude sociale et fiscale doit être aujourd'hui chassée. Mais de même que la fraude du haut, celle de ceux qui jouent avec les règles fiscales pour échapper à l'impôt.

Tout cela est une manne de ressources supplémentaires dans laquelle il faut aller chercher.

7:29
Invité

Et ces 100 milliards, vous ne craignez pas que ce soit une source ou une cause de récession pour le pays ? Il peut y avoir un impact sur l'économie ?

7:37
Laurent Jacobelli

Justement pas, c'est le contraire. Ces 100 milliards, je le répète, ne vont pas être pris dans le budget des entreprises, ne vont pas toucher les investissements des entreprises, ne vont pas toucher les impôts des Français. Une fois encore, croire que la taxe Zuckman ou je ne sais pas quoi va aider le pays, c'est l'inverse. Les entreprises ont besoin de liberté. Elles en ont marre de crouler sur les normes.

7:58
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut taxer les ultra-riches ? Parce que vous, vous êtes contre la taxe Zuckman, mais est-ce que vous êtes pour une taxe sur les ultra-riches ?

8:04
Laurent Jacobelli

On parle depuis 10 minutes maintenant du sort du pays. On ne parle que de taxes. Il faut sortir de cette logique de la taxe. Il y a probablement des ajustements à faire. Probablement qu'il y a des niches fiscales qui ne servent à rien. Il faut faire l'inventaire et voir si à chaque fois qu'une mesure fiscale est prise, elle a un impact positif ou négatif sur l'économie. C'est un travail important à faire. Mais croire que la solution sera d'étouffer encore plus les entreprises, de normer encore plus le travail des chefs d'entreprise est une folie. Ils partiront, l'emploi diminuera. Ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est de croissance, créer des emplois, attirer des investisseurs.

Et c'est comme ça que demain, nous renfourrons les caisses sociales. Pas autrement. Liberté. Entendons ce mot. Liberté. Liberté d'agir. Liberté de penser. Liberté de consommer. Liberté.

8:50
Invité

Il y a pourtant, du côté de l'opinion, il y a un très fort mouvement. Il y a un plébiscite autour, alors peut-être pas de la taxe d'Ukman, mais en tout cas du principe ou de l'idée qu'il faudrait taxer les plus hauts revenus ou les plus hauts patrimoines, y compris dans votre électorat. Est-ce que votre électorat comprend le discours que vous tenez aujourd'hui ? Je crois qu'il y a deux choses.

9:09
Laurent Jacobelli

Dire que le riche, entre guillemets, est l'ennemi, c'est une vision de gauche qui est tout à fait inaudible. Comme quand M. Bérou disait que les retraités étaient l'ennemi aujourd'hui des finances. Tout ça n'est pas audible. On n'est pas à la chasse. Tous les Français se valent. Tous les Français méritent d'être entendus. On peut dire, en revanche, que le système fiscal actuel fait que certains peuvent, dans une certaine limite, échapper plus facilement à l'impôt que d'autres. Et ça, ça mérite d'être vu. Mais de dire que l'alpha et l'oméga de la politique française, c'est toujours plus de taxes, est une erreur.

Une erreur dans laquelle on est depuis 40 ans et qui montre bien que ça ne fonctionne pas. Je vais vous dire, si la création de nouveaux impôts permettait l'essor de la France, on aurait aujourd'hui un pays prospère, sûr, tranquille, avec des Français qui ont un bon pouvoir d'achat. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

9:57
Invité

Une dernière chose, peut-être sur le budget. Le nouveau Premier ministre a promis un grand acte de décentralisation, la suppression d'agences inutiles. Ça, ça va dans votre sens ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Du concret ? Bien sûr, allons-y. Clarifier les compétences, c'est une bonne chose ?

10:09
Laurent Jacobelli

Allons-y, bien sûr, faisons le grand inventaire de l'État. Donc ça, vous êtes pour ? Mais ça fait 10 ans qu'on nous le promet. M. Bérou nous l'a promis déjà, on n'a rien vu. M. Barnier, je crois, avait esquissé l'idée, on n'a rien vu. Si, dans les 3-4 semaines qu'il aura probablement, M. Lecornu y arrive, bonne chance, bon courage et bravo.

10:26
Invité

Les 3-4 semaines qu'il aura, vous lui donnez 3-4 semaines d'espoir de vie, c'est ça ?

10:29
Laurent Jacobelli

Je suis un peu taquin, vous aurez remarqué, mais je n'arrive pas à croire, très sincèrement, au fond de moi, que M. Lecornu rompe avec la Macronie. Mais une fois encore, s'il le fait, tant mieux.

10:39
Présentateur

L'Assemblée nationale qui reprendra ses travaux début octobre. Il n'y a pas de rassemblement national au bureau de l'Assemblée. Un nouveau vote doit avoir lieu dans les prochains jours. Yael Brunpivet a dit hier qu'elle souhaitait que vous soyez représentée, mais qu'il n'y a pas d'accord et qu'elle sera probablement obligée d'aller jusqu'à un nouveau vote dans l'hémicycle. Qu'en dites-vous ?

10:55
Laurent Jacobelli

On en est là, alors. On en est à trouver presque naturel et normal que le premier parti de France, le premier groupe de l'Assemblée nationale, n'ait aucun représentant au bureau de l'Assemblée. Mais Mme Brunpivet, elle avait moire courte, j'ai l'impression. Elle l'a oublié qu'elle avait fait un accord avec LR à l'époque pour donner les places qui auraient dû revenir au Rassemblement national, selon le règlement même de l'Assemblée nationale, soient données au LR pour qu'elle puisse sauver son poste. Vous voyez, ces petits repatrouillages, ces petites magouilles commencent à devenir à la fois visibles et dérangeants.

On a un principe dans notre Ve République, c'est que les citoyens soient représentés à due proportion de leur vote. Nous sommes aujourd'hui le premier parti de France, premier groupe.

11:34
Présentateur

Vous voyez que le Front Républicain n'existe même à l'Assemblée.

11:36
Laurent Jacobelli

Mais quel Front Républicain ? C'est un Front anti-républicain, contraire aux institutions. Empêcher un parti de s'exprimer, vous appelez ça Républicain ? Moi, je pense qu'on s'éloigne des rives de la démocratie. Il est temps de retrouver ces rives.

11:48
Présentateur

Un mot sur la législative à Paris ?

11:50
Invité

Oui, la législative partielle à Paris ce dimanche, elle n'a pas souri à Thierry Mardiani, votre candidat, qui réunit 7,33% des suffrages exprimés. Comment est-ce que vous l'expliquez ? Est-ce que Paris est une terre impossible à conquérir pour le Rassemblement national ?

12:05
Laurent Jacobelli

Impossible n'est pas français, et donc impossible n'est pas Rassemblement national. En revanche…

12:09
Présentateur

Là, 7%, on est un peu loin quand même.

12:11
Laurent Jacobelli

On est un peu loin, mais on travaille. Vous auriez pu présenter les choses différemment. Dans une partielle, qui sont d'ailleurs traditionnellement défavorables au Rassemblement national, Thierry Mardiani arrive troisième à Paris. Troisième derrière deux listes macronistes. Très loin derrière. Celle de M. Barnier et celle de Mme Bredin.

12:26
Invité

Ce n'est pas deux listes macronistes. C'était une liste Les Républicains et une liste socialiste. En effet.

12:32
Laurent Jacobelli

Excusez-moi, quand on travaille ensemble, on assume de travailler ensemble. Moi, je veux bien que ces gens-là se retrouvent tous autour de la même table, autour du gouvernement et dans les mêmes bancs à l'Assemblée nationale, et qu'une fois qu'il y a des élections, ils disent on ne se ressemble pas, on ne se connaît pas. Non, il faut être clair avec les Français. Ils veulent travailler ensemble. M. Barnier a été Premier ministre d'Emmanuel Macron. Donc, ne me dites pas que c'est un homme de droite. S'il était un homme de droite, il aurait rejoint Eric Ciotti.

12:56
Invité

Il travaillerait avec nous. Il y avait deux listes macronistes il y a dans cette circonscription sur 17 candidats, je crois. Et ils ont obtenu une écrasante majorité des voix. Puisqu'à deux, ils font plus de 70%.

13:05
Laurent Jacobelli

Mais c'est le choix des Parisiens. Je dis, une fois encore…

13:09
Présentateur

Si on vous écoute, le macroniste ne va pas si mal.

13:11
Laurent Jacobelli

Non mais, une fois encore, troisième sur 17 listes, vous pouvez dire que c'est un échec. Vous pouvez dire aussi que pour Paris, c'est finalement pas mal. Les Parisiens choisiront. Vous savez, ils ont déjà dans le passé choisi Anne Hidalgo. Comme quoi, l'erreur est possible, même à Paris.

13:27
Présentateur

On va parler de la reconnaissance de la Palestine. Ce sera ce soir aux Nations Unies, Stéphane.

13:31
Invité

Oui, c'est ça. Le Président de la République reconnaîtra l'existence d'un État palestinien ce soir à 21h, heure française, devant l'ONU à New York. Le Rassemblement National est contre cette idée. Pourquoi ?

13:42
Laurent Jacobelli

Alors, nous sommes pour la reconnaissance de l'État de Palestine à terme, pour une solution. Mais pas maintenant. Deux États. Parce qu'évidemment, il est assez naturel que tous les peuples puissent décider de leur destinée. C'est un principe fondamental auquel nous tenons. En revanche, reconnaître un État terroriste, non, jamais, à aucun prix. Ce n'est pas le cas. Le Hamas, aujourd'hui, est très présent, notamment à Gaza. Israël se défend, car Israël a été attaqué. Je rappelle qu'Israël est une démocratie face à des terroristes. Il ne faut pas tout mettre sur le même plan. Et reconnaître au terrorisme le droit de gérer un État, c'est grave.

C'est grave de la part du Président de la République.

14:19
Invité

Ce n'est pas ce que fait le Président de la République. Il est quand même très clair sur ses positions. Non.

14:25
Laurent Jacobelli

Le jour où Emmanuel Macron sera clair, je donnerai mon portable, vous m'appelez. Le en même temps, en politique internationale, est parfois très compliqué. C'est-à-dire, effectivement…

14:35
Invité

Donc, pour vous, il reconnaît l'existence d'un État terroriste. C'est ce que vous venez de dire. – Bien sûr. – Comme les Britanniques, les Portugais, les Canadiens, les Australiens, les dix pays qui emboîtent le pas et qui accompagnent la France dans cette démarche.

14:47
Laurent Jacobelli

– Je pense qu'il faut procéder par ordre. Alors, M. Macron est pressé. Il y a une course à l'échalote. Il veut faire de la com'. Comme il a tout raté en France, il veut apparaître sur la scène internationale. Mais là, on parle de la sécurité de peuple et notamment d'un pays ami, qui est la sécurité d'Israël. Première étape, libération des otages. Deuxième étape, effacement de la carte du Hamas. Et troisième étape, la reconnaissance de la Palestine. Ça, ça paraît être un agenda sérieux.

C'est celui que nous proposons et qui permettra d'avoir une solution stable, pérenne, pour que tous les ans ou tous les deux ans, on n'en revienne pas à se dire mais comment on gère ce conflit israélo-palestin.

15:22
Invité

– Le président de la République demande la même chose mais pas dans le même ordre. C'est ce que vous êtes en train de nous dire.

15:25
Laurent Jacobelli

– Oui, mais quand vous reconnaissez avant de demander à avoir des efforts, je pense que ce sera compliqué d'imaginer la libération des otages et la fin du terrorisme à Gaza notamment.

15:34
Présentateur

– Et Jean-Noël Barraud qui dit ce matin que la reconnaissance de l'État de Palestine c'est la fin du Hamas et c'est la sécurité pour Israël. Vous n'êtes pas d'accord avec ça ?

15:40
Laurent Jacobelli

– Mais ça, c'est un vœu pieux. C'est la pensée magique. M. Barraud est fait pour être ministre des Affaires étrangères comme moi je suis fait pour être archevêque. Une fois encore, il ne comprend rien à la politique internationale. Quand vous avez des forces terroristes, islamistes dont on a payé le prix du sang quand même en France qui sont présents dans un territoire et que vous reconnaissez que ce territoire peut devenir une nation, de fait, vous reconnaissez le terrorisme. Si ça met M. Barraud à l'aise, moi ça me met très mal à l'aise.

16:06
Invité

– Et comment est-ce que vous jaugez ou vous interprétez la réaction de Benyamin Netanyahou qui dit qu'en fait, il n'y aura jamais d'État palestinien à l'ouest du Jourdain et qui va intensifier la colonisation des…

16:17
Laurent Jacobelli

– Je crois que les déclarations parfois radicales du président de la République française et d'autres chefs d'État amènent une réponse qui n'est pas beaucoup plus nuancée de l'autre côté. Je pense qu'il faut, je le répète, agir avec précaution et en maîtrisant bien les étapes. D'abord, soutien quand même à un État démocratique, ami, qui vit une situation face au terrorisme islamiste que nous pouvons comprendre, c'est Israël. Deuxièmement, libération des otages. Troisièmement, fin du Hamas. Quatrièmement, solution à deux états.

16:47
Présentateur

– Et la situation à Gaza ne vous fait pas dire qu'il fallait agir et reconnaître plus vite que prévu peut-être par Emmanuel Macron l'État de Palestine ?

16:55
Laurent Jacobelli

– Ben non, je viens de vous répondre. Une fois encore, le Hamas n'est pas acceptable dans une situation…

17:04
Présentateur

– Et ce que fait Benjamin Netanyahou à Gaza, pour vous, c'est acceptable ?

17:07
Laurent Jacobelli

– Une fois encore, Benjamin Netanyahou, aujourd'hui, défend un pays qui a été attaqué le 7 octobre. Moi, je veux bien qu'on averse toutes les valeurs. Au bout d'un moment, il y a eu des massacres terrifiants, sauvages, qui ont eu lieu en Israël. Ça n'autorise pas tout, on est bien d'accord. Tout va se faire dans les règles internationales. En revanche, qu'Israël se défende est une chose. Et l'importation du conflit israélo-palestinien en France, notamment par l'extrême-gauche, pour réveiller certaines communautés et en tirer un bénéfice électoral, ne me paraît pas tout à fait acceptable.

17:36
Présentateur

– Autre sujet, Louis Alliot, le premier vice-président du RN, était hier à l'hommage à Charlie Kirk aux États-Unis, ce qui fait dire à Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, hier sur notre antenne, je le cite, « Il est à sa place au milieu de cette famille réactionnaire intolérante. » Que lui répondez-vous ?

17:50
Laurent Jacobelli

– Que lui était à sa place aussi, au milieu de cette famille de la gauche devenue folle, qui ne pense qu'à l'impôt et qui ne pense qu'à stigmatiser nos compatriotes de confession juive. Si lui est à l'aise dans sa famille, c'est son problème. Monsieur Louis Alliot est libre, c'est notre premier vice-président, c'est un homme qui a montré qu'il savait gérer une ville perpignan, qui est un homme de conviction. Qu'il soit allé aux États-Unis ne me choque pas, c'est probablement conforme à certains principes qu'il défend et que nous défendons, notamment la liberté d'expression. Parce que Monsieur Vallaud était très gêné dans cette situation.

Ce meurtre terrible montre qu'on est devenu une société qui ne supporte plus le débat, notamment la gauche. La gauche, aujourd'hui, c'est simple. Soit vous pensez comme elle et vous êtes acceptable, soit vous pensez différemment et donc vous êtes un facho. Et comme vous êtes un facho, tous les moyens sont bons pour vous faire taire.

18:38
Présentateur

– Il a dit hier qu'il fallait garantir la liberté d'expression mais qu'il ne fallait pas rentrer dans une violence politique.

18:42
Laurent Jacobelli

– D'accord, mais donc il devrait être choqué qu'un homme soit mort dans une démocratie pour ses idées. C'est ça qui devrait faire se réveiller Monsieur Vallaud. Apparemment, il y a d'autres intérêts en jeu. Mais s'il aime la démocratie, s'il ne supporte pas les discours de Herne, alors pourquoi s'est-il fait élire avec LFI ?

19:02
Présentateur

– On termine par une question un peu plus personnelle. Laurent Jacobelli, est-ce que vous serez candidat au municipal ?

19:07
Laurent Jacobelli

– Non.

19:07
Présentateur

– C'est acté ?

19:08
Laurent Jacobelli

– Je ne serai pas candidat au municipal. Je soutiendrai évidemment des listes, notamment la liste que nous présenterons à Metz, un certain nombre de listes dans ma circonscription.

19:18
Présentateur

– Mais vous ne direz pas en votre nom propre ?

19:19
Laurent Jacobelli

– Non, parce que je suis aussi conseiller régional et député qui n'a pas le cumul des mandats et que, je ne vous le cache pas, j'espère que la région Grand-Est deviendra une région rassemblement national en 2028 et j'y consacre beaucoup d'énergie.

19:30
Présentateur

– Ça veut dire que vous pourriez être candidat au régional ?

19:32
Laurent Jacobelli

– Si mon mouvement me fait confiance, bien évidemment.

19:34
Présentateur

– Merci, merci Laurent Jacobelli d'avoir été avec nous. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage ST' 501