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interviewManuel Bompard· 17 avril 2026 11 min

🔴 Fibre excellence, augmentation du prix des transports : Manuel Bompard invité de BFM Marseille !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

L'invité de Bonjour Marseille avec nous en visio ce matin, c'est Manuel Bompard, député insoumis des bouches d'Uron. Bonjour et merci d'avoir accepté notre invitation. On va reparler de fibre excellence, cette production française de pâte à papier qui est en difficulté, qui est en cessation de paiement depuis mercredi, on en avait déjà parlé.

Euh vous en appelez Manuel Bonpard alors que je rappelle qu'il y a deux sites en France, un au Garon et un chez nous à Tarascon dans les bouches du Ron à la nationalisation de fibre excellence et il en va de la souveraineté française Manuel Bompard. Oui, évidemment. Alors, d'abord, c'est pas seulement moi qui en appelle à la nationalisation de cette entreprise, c'est d'abord une revendication de l'intersyndical et des salariés qui sont aujourd'hui malheureusement menacés puisque il s'agit de la possibilité de la fermeture de ces sites et de l'entreprise qui est la dernière entreprise française qui produit cette pâte à papier.

Et donc c'est un enjeu qui est un enjeu essentiel, stratégique et donc oui, c'est indispensable qu'on empêche à tout prix cette fermeture et pour ça l'État doit intervenir pour garantir le maintien de ses emplois et le maintien de cette filière de production. Et donc cette nationalisation, elle est demandée aujourd'hui par l'intersyndical et c'est la raison pour laquelle avec mes collègues députés de la France insoumise en particulier monsieur Chloé qui est député de de Haaron puisque le second site est en haut Garon, on a déposé ensemble cette proposition de loi pour la nationalisation de cette entreprise. C'est pas la première fois qu'on entend parler de nationalisation pour sauver des entreprises d'une situation de de difficulté plus ou moins importante ?

Est-ce que c'est possible encore aujourd'hui en 2026 que l'État prenne en charge de nationaliser en tout cas une une entreprise en l'occurrence ici fibre excellence on rappelle hein à 670 salariés ? Bah oui bien sûr que c'est possible. C'est une question de volonté politique et ça me paraît même indispensable quand on parle de secteurs qui sont des secteurs essentiels.

On peut pas avoir des grandes déclarations comme on en a à longueur de journée de la part des membres du gouvernement. sur la nécessité de maintenir notre souveraineté, de travailler à notre indépendance et en même temps laisser petit à petit se fermer un certain nombre d'entreprises qui sont des entreprises encore une fois essentielles. Euh on a besoin de pâte à papier et si on la produit pas en France et ben on va devoir la faire venir d'ailleurs dans le monde et on va donc devenir dépendant.

Euh et il me semble que c'est quand même euh euh pas euh euh c'est quand même nécessaire et indispensable de continuer à produire cette pâte à papier en France, y compris il y a des enjeux euh sociaux bien sûr, mais aussi des enjeux environnementaux. Si vous la faites venir de l'autre bout du monde, bah évidemment c'est un coût environnemental qui est aussi très important. Donc oui, c'est possible et c'est indispensable.

C'est une question de de volonté politique et c'est la raison pour laquelle on a fait le dépôt de cette proposition de loi pour montrer que une certaine partie en tout cas de la classe politique française a cette volonté politique. C'est le cas de la France assoumise et de mes collègues députés. Plus de 600 salariés dont près de la moitié concernés dans les bouches du Ron à Tarascon qui poursuivent l'activité dans l'attente d'une décision de justice qui devrait intervenir à la fin du mois d'avril.

Il y a bien sûr les emplois directs mais aussi les emplois indirects. On pense notamment aux restaurateurs qui sont autour des différentes usines. Avant d'une éventuelle avant de parler d'une éventuelle nationalisation Manuel Bompart, il y a déjà les régions qui se saisissent de ce dossier.

La région Occitanie qui envisage une entrée aux capital pour essayer de de sauver on va dire fibre excellence. Et la région provinçale pe Côte d'Azur qui envisage aussi de comment dirais-je supprimer une créance de près de 2 millions d'euros qui restait à rembourser. Est-ce que vous saluez ces initiatives un peu plus locales ?

Bah, écoutez, c'est nécessaire que tout le monde s'y mette, ça c'est certain. Euh maintenant, je crains que ces initiatives elles soient aujourd'hui enfin c'est le tribunal de commerce qui doit se prononcer sur ce sujet, mais je crains que les initiatives des régions aujourd'hui elles sont insuffisantes pour maintenir le site. Euh et donc c'est la raison pour laquelle je dis qu'il faut faire davantage et que faire davantage ça peut être la responsabilité de l'État et c'est le principe de la nationalisation.

Alors après cette nationalisation, elle peut prendre différentes formes et évidemment on peut aussi envisager des formes de coopérative qui ont déjà exister dans d'autres cas similaires dans lequel les régions, les acteurs territoriaux prendraient aussi leur part au capital de ces entreprises. C'est aussi possible d'envisager ce type d'initiative. Donc j'espère que ces annonces, elles seront suivies des faits et en tout cas il faut faire tout ce qu'on peut pour sauver ces sites et sauver ses emplois.

Vous en appelez à l'État, donc vous et l'intersyndical pour sauver fibre excellence. L'État qui est aussi sollicité cette fois à Emmanuel Bompard par la métropole ex-Marseille-Pce qui depuis quelques jours a un nouveau président, ça ne vous aura pas échappé, Nicolas Isnard, le maire LR de de Salon qui présidait hier son premier conseil et qui d'entrée de jeu s'est montré inquiet. Il manque 123 millions pour boucler le budget métropolitain dans les 10 prochains jours.

Il en appelle à l'État. Est-ce que cette métropole ex-Marseille est économiquement en danger ? Ah bah elle l'est manifestement mais elle l'est malheureusement comme un un grand nombre de collectivités territoriales aujourd'hui et elle l'est en particulier parce que depuis des années et des années euh il y a eu dans les budgets de l'État une baisse de ce qu'on appelle les dotations publiques, c'est-à-dire les moyens que l'État alloue aux collectivités territoriales pour fonctionner.

Pour la métropole ex-Marseille sur les deux dernières années, c'est 120 millions d'euros de moins de dotation de l'État. Alors là, c'est un peu le bal des hypocrites parce que quand je vois des élus LR macronistes ou du Parti socialiste euh regretter le fait euh que l'État a moins financé les métropoles, je suis obligé de rappeler que si ces budgets ces deux dernières années ont été approuvés, c'est parce que ces personnes-là et leur partie les ont soutenu au niveau national. euh soit les ont soutenu en élaborant même ses budgets en étant membres du gouvernement, soit en refusant de censurer ce gouvernement et donc en laissant passer ses budgets.

Donc oui, on a besoin d'avoir des collectivités territoriales qui soient financées et il y a une logique depuis plusieurs années qui consiste à réduire les financements de ces ces collectivités territoriales tout en leur donnant toujours plus de missions. Et ben évidemment quand au bout d'un moment vous avez plus de missions mais pas les moyens pour pouvoir les mettre en œuvre et ben vous vous retrouvez dans une situation financière difficile. Donc il y a un bras de fer à engager avec l'État pour récupérer ces ces dotations et je suis pas sûr que ceux qui sont à la tête de la métropole aujourd'hui soient les mieux placés pour mener ce bras de fer puisqu'ils ont accepté précisément ces baisses de dotation depuis des années.

Nicolas Isnard qui pour faire rentrer de l'argent dans les caisses évoque notamment la question des des mobilités. les usagers doivent être prêts à payer pour le service qui leur est rendu. Alors factuellement, ça ne veut tout dire et rien dire.

Est-ce que c'est la fin de la gratuité pour certaines tranches d'âge ? Est-ce que c'est la fin de la gratuité dans certaines communes par exemple au Bagne ou où c'est en place ? Est-ce que vous vous craignez vous que ce manque d'argent, ce besoin de 123 millions d'euros se répercute sur les usagers des transports marseillais notamment métropolitains d'une façon plus générale alors que en même temps certains réclament une gratuité étendue à d'autres tranches pour les plus jeunes notamment.

C'était le cas de la liste insoumise lors des municipales alors que on précie l'extension du réseau de transport. Est-ce que vous craignez que tout ça finalement patine de par ce manque ce manque dans les caisses ? Évidemment, j'ai entendu j'ai vu passer une information qui laissait entendre que la métropole envisagerait une augmentation significative des prix des billets des transports en commun.

Donc si à la fin cette situation de difficulté financière d encore une fois je le redis d'abord à la baisse des dotations publiques de l'État, elle doit être répercutée sur les usagers notamment les usagers des transports en commun. C'est une catastrophe sociale et évidemment et ça sera une catastrophe y compris d'un point de vue environnemental. Vous pouvez pas en même temps dire on a un problème de pollution de l'air et donc il faut essayer de développer une offre de transport en commun pour que les gens né moins quand c'est possible évidemment à utiliser leurs véhicules et utilise davantage les transports en commun.

Mais si vous avez des politiques tarifaires qui sont désincitatives parce que vous augmentez le prix des transports et que vous renoncez aux mesures de gratuité pour les catégories qui ont bénéficier aujourd'hui, bah là vous êtes dans une contradiction qui est une contradiction totale. Si monsieur Lisnard et la présidence monsieur Isnard pardon et la présidence de la métropole veulent faire des économies, je les invite par exemple à revoir la concession qui a été accordée sur les tunnels Prado Carénage où vous avez des grands groupes qui aujourd'hui s'en mettent plein les poches sur le dos des usagers, des Marseillaises et des Marseillais et des habitants de la métropole de manière générale et là il y a de l'argent à récupérer mais certainement pas à récupérer l'argent sur le dos. de celles et ceux qui utilisent les transports en commun et qui bien souvent sont déjà dans des situations financières difficiles.

Rapidement Manuel Bompard, Nicolas Isnard assuré que à la tête de la RTM, la Régie des transports métropolitains, on retrouverait sous sa présidence et bien une gestion marseillaise et c'est le nom parmi tant d'autres mais c'est celui qui revient avec insistance de Samia Gali qui est pressenti pour prendre la tête de cette RTM. Est-ce que c'est un nom qui vous rassure ? Non, parce que je vois bien qu'il y a une forme de cogestion qui s'installe aujourd'hui à la tête de la métropole entre LR et le Parti socialiste et que le LR et le Parti socialiste n'ont pas défendu pendant la campagne des élections municipales les mêmes orientations.

Et si quelle que soit l'identité d'ailleurs de la personne qui sera à la tête de la RTM, si sa première décision c'est une décision d'augmentation du prix des billets, non, je suis pas rassuré, je suis même extrêmement inquiet. Et en tout cas, vous pourrez dans ce cas compter sur la France insoumise pour combattre cette décision. Il est pas question que la première décision de la nouvelle métropole, ça soit d'augmenter le prix des billets de transport.

Et d'ailleurs, je fais remarquer que aucune formation politique dans la campagne des élections municipales n'a défendu cette proposition. Donc si ça devait être le cas demain, ce serait un déni de démocratie absolue. Quand on vote aux élections municipales, on vote pour des programmes.

Et donc si quelqu'un avait l'intention d'augmenter le prix des billets de transport, ben fallait qu'il le dise dans son programme. Personne ne l'a fait. Donc il est pas question que le les transports en commun, le prix des des transports en commun augmente dans les prochaines semaines et dans les prochains mois.

Merci beaucoup Manuel Bompard, député insoumis des Bouges d'IRon d'avoir été l'invité de Bonjour Marseille.