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InterviewRadio J — L'interview politique· 15 janvier 2024 12 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉducation & rechercheEurope & international

Benjamin Lucas - Le Barbier du matin du 15/01/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Comment jugez-vous les premiers pas du Premier ministre ?

  • 0:27RelanceRéponse partielle

    Il a répondu aux interpellations des soignants, des gens sur le marché, un agriculteur... C'est de la communication, mais il y a déjà quelque chose de démocratique.

  • 0:58OuverteRéponse directe

    On a le style Attal qui se déploie par contraste avec le style d'Elisabeth Borne. Quel commentaire ?

  • 1:34OuverteRéponse directe

    Ce remaniement, c'est l'OPA de Macron sur la droite ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Vous êtes de la même génération que Gabriel Attal. Quel regard sur ces deux destins ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    La société donne l'impression d'avoir évolué plus dans le sens de la droite. Qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « C'est de la communication. J'espère qu'il aura pris le temps d'ouvrir quelques dossiers. »
  • 0:22Invité politiqueFait
    « On attend d'un Premier ministre qu'il gouverne la France, pas simplement qu'il aille faire des opérations de communication aux quatre coins du pays. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Pour moi, c'est un gouvernement plus daté que Dati, si vous me permettez ce bon mot, parce que ce sont l'agrégation des dernières vieilles gloires de la Sarkozy. »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « Pour moi, l'orientation politique de ce gouvernement, l'orientation politique du président de la République, elle est la même depuis 2017. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « On l'a vu avec la réforme des retraites, on l'a vu avec la loi immigration, elle est extrêmement injuste et brutale. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « cet attachement au principe républicain, notamment à la fraternité, que M. Attal, lui, il a soutenu la loi immigration qui fait entrer des pans entiers du programme de l'extrême droite dans le marbre de la loi républicaine. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « Elle a menti. »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « Il est avéré qu'il n'y en avait pas. »
  • 4:33Invité politiqueFait
    « Madame Castérat, pardon, mais nommer quelqu'un qui ne croit pas à l'école publique au ministère de l'Éducation nationale, c'est comme si vous nommiez un anti-vax au ministère de la Santé. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « Dans toutes les démocraties autour de nous, ce n'est pas au bon vouloir du prince que l'on fait ou pas un vote de confiance. »
  • 6:00Invité politiqueFait
    « Je veux pouvoir aussi protester sur le fait qu'on ait limogé Mme Rima Abdulmalak qui était l'une des dernières dans cette majorité à s'opposer, à tenir tête à M. Bolloré et à CNews par exemple. »
  • 7:27Invité politiqueFait
    « ce n'est pas automatique, mais moi, je n'ai rien à craindre. »
  • 7:42Invité politiqueFait
    « Je note que le président de la République fait des débauchages. »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « Et à la fin, on a le programme de LR, de la droite radicalisée au Sénat, qui est voté avec l'approbation idéologique de Marine Le Pen. »
  • 9:52Invité politiqueFait
    « Je lui demanderai s'il n'a pas un peu mal au dos à force de se courber vers les uns, vers les autres pour essayer de composer des gouvernements. »
  • 10:30Invité politiqueFait
    « Je ne veux pas être la génération qui laissera Marine Le Pen s'installer à l'Élysée. »
  • 10:44Invité politiqueFait
    « puisque la Macronie est devenue le marche-pied, l'accélérateur à l'eupénisme. »
  • 11:30Invité politiqueFait
    « En 2017, les macronistes nous avaient fait une promesse de progressisme et une promesse de professionnalisme. »
  • 11:35Invité politiqueFait
    « Cette loi, elle est la démonstration que c'est une impasse, qu'ils sont une illusion, qu'ils sont une imposture sur ces deux sujets. »
  • 11:43Invité politiqueFait
    « C'est une loi qui fait entrer des pans entiers du programme de Le Pen dans la loi. »
  • 11:45Invité politiqueFait
    « elle a parlé de victoire idéologique. »

Temps de parole

  • Benjamin Lucas80 %
  • Présentateur20 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Présentateur

Benjamin Lucas, bonjour et bienvenue à Attal à l'hôpital, à Attal à l'école, à Attal sur le marché. On a vu le Premier ministre dans diverses apparitions depuis quelques jours. Comment jugez-vous ses premiers pas ?

0:18
Benjamin Lucas

C'est de la communication. J'espère qu'il aura pris le temps d'ouvrir quelques dossiers. On attend d'un Premier ministre qu'il gouverne la France, pas simplement qu'il aille faire des opérations de communication aux quatre coins du pays.

0:27
Présentateur

Il a répondu quand même aux interpellations des soignants à l'hôpital, des gens sur le marché, un agriculteur, quelqu'un qui lui parlait de la loi immigration. C'est de la communication, mais il y a déjà quelque chose de démocratique.

0:36
Benjamin Lucas

Mais c'est normal. C'est la responsabilité des gouvernants, des élus, de celles et ceux qui exercent des responsabilités. On a à ce point oublié ce qu'était une démocratie vivante sous l'orraine d'Emmanuel Macron, pour reprendre la chronique précédente, qu'on en fait un événement quand un Premier ministre répond à nos concitoyens, quand un président de la République fait une conférence de presse. Il y a plein de démocraties où ça se passe comme ça tous les jours et on n'en fait pas les gros titres.

0:58
Présentateur

Il y a aussi l'impression que depuis moins d'une semaine, on a le style Attal qui se déploie par contraste avec le style d'Elisabeth Borne.

1:05
Benjamin Lucas

Oui, moi je ne fais pas de commentaire de style. On a, je crois, en revanche, oui, un gouvernement qui clarifie les choses et qui, de mon point de vue, pour la gauche et les écologistes que je représente ce matin, offre une perspective. Le brouillard qui avait pris telle une chape de plomb la vie politique française depuis 2017, faisant croire qu'il n'y avait plus de clivage entre la gauche et la droite, faisant croire qu'on était entré finalement dans le règne du en même temps, ce brouillard-là s'est dissipé et donc on voit qu'il y a une gauche, qu'il y a une droite et il nous appartient à nous maintenant d'incarner une alternative à cela.

1:34
Présentateur

Pour vous, ce remaniement, c'est l'OPA de Macron sur la droite, c'est le macronisme clairement affiché à droite et l'arrivée de Dati en est l'illustration.

1:41
Benjamin Lucas

Pour moi, c'est un gouvernement plus daté que Dati, si vous me permettez ce bon mot, parce que ce sont l'agrégation des dernières vieilles gloires de la Sarkozy qui n'avaient pas encore basculé chez Emmanuel Macron. Tout ça ne veut pas dire grand-chose. Pour moi, l'orientation politique de ce gouvernement, l'orientation politique du président de la République, elle est la même depuis 2017. On l'a vu avec la réforme des retraites, on l'a vu avec la loi immigration, elle est extrêmement injuste et brutale.

2:04
Présentateur

Vous êtes de la même génération, Gabriel Attal, à quelques mois près. Vous êtes tout jeune. Un petit peu plus jeune. Vous êtes rentré en politique un peu par le même événement, le fameux second tour de 2002 avec Le Pen face à Chirac. Vous êtes tous les deux partis du Parti Socialiste, mais ce n'est pas la même évolution. Quel regard vous portez sur cette génération qui a deux destins différents ?

2:24
Benjamin Lucas

Nous sommes en effet tous deux des enfants du 21 avril 2002, un peu par répercussion. On était quand même bien jeunes le 21 avril 2002.

2:30
Présentateur

Oui, mais enfin, c'est l'éveil quand même.

2:31
Benjamin Lucas

Et puis une génération qui est venue à l'engagement politique contre Nicolas Sarkozy, contre l'idée finalement qu'il y avait une droite qui perdait sa boussole républicaine. Je constate que moi, j'ai conservé ces valeurs, cette boussole républicaine, cet attachement au principe républicain, notamment à la fraternité, que M. Attal, lui, il a soutenu la loi immigration qui fait entrer des pans entiers du programme de l'extrême droite dans le marbre de la loi républicaine. Je crois que chacun jugera ce que sont les évolutions. Vous savez, ce qui compte, ce n'est pas la dérive, c'est le point d'arrivée.

2:57
Présentateur

Mais la société donne l'impression d'avoir évolué en France plus dans le sens de la droite,

3:02
Benjamin Lucas

plus d'ordre, plus de sécurité que dans le sens de la gauche. J'en suis pas certain. Moi, on me demande plus de justice sociale, plus de partage des richesses. Une école publique, on en parlera sans doute, qui fonctionne à nouveau et qui joue son rôle de transcrire dans le réel la promesse républicaine de liberté, d'égalité et de fraternité. J'ai entendu notamment une France mobilisée contre les régressions de la loi immigration. Donc je ne crois pas que nous soyons une société plus fermée, plus repliée sur elle-même. Il y a sans doute une classe politique qui, elle, est plus fermée, plus repliée sur elle-même, peut-être plus communautariste. On le verra avec Mme Oudea-Castera notamment.

En tout cas, plus enfermée dans un certain nombre de fantasmes que la société qui, elle, à mon avis, est plus évoluée.

3:38
Présentateur

Alors parlons-en d'Amélie Oudea-Castera et de l'éducation nationale. Elle reçoit les syndicats enseignants aujourd'hui. Elle a formulé ses regrets après des propos sur le non-remplacement dans l'éducation nationale. Elle a quand même pointé un problème réel avec ses non-remplacements.

3:51
Benjamin Lucas

Elle a menti. Revenons-en comme au début de cette affaire. Elle a expliqué qu'il y avait un problème de non-remplacement. Il est avéré qu'il n'y en avait pas. Elle conteste ce que disent les enseignants de cette époque. Au-delà de ça, je crois que là, il faut qu'elle parte. Je pense que le président de la République doit envoyer un signal d'apaisement à la communauté éducative qui ne va pas bien. Moi, j'étais encore vendredi avec des enseignants du lycée Rostand dans ma circonscription à Mont-la-Jolie. Ça fait des mois et des mois qu'ils réclament des moyens, qu'ils vivent sous la pression, qu'ils sont épuisés mais pas résignés, qu'ils ne demandent pas grand-chose.

Ils demandent les moyens de remplir leur mission au service des élèves, au service de l'éducation nationale, au service de ces valeurs républicaines qui font que nous sommes finalement une nation, une grande démocratie. Donc, c'est aujourd'hui un signal d'apaisement que le président de la République doit envoyer. Madame Castérat, pardon, mais nommer quelqu'un qui ne croit pas à l'école publique au ministère de l'Éducation nationale, c'est comme si vous nommiez un anti-vax au ministère de la Santé. Il n'y a pas de sens et faire le choix... On a eu des ministres de gauche aussi qui mettaient leurs enfants dans le prix général. C'était une erreur.

Et si j'avais été invité à le commenter sur votre plateau, j'aurais dit la même chose. Mais qu'une ministre fasse le choix d'un établissement intégriste pour l'éducation de ses enfants, qu'elle ne croit pas à l'école publique, c'est plus qu'un choix personnel, c'est une profession de foi politique. Vous demandez un signe d'apaisement,

4:57
Présentateur

la nomination rapide d'un ministre chargé de l'éducation à ses côtés, un ministre délégué, ça ne vous suffirait pas ?

5:03
Benjamin Lucas

Non, mais par ailleurs... Parce qu'elle, c'est surtout le sport, sa spécialité. Oui, mais c'est un problème. Si l'école républicaine est la grande cause qui devrait nous rassembler, sur laquelle nous devrions débattre dans les mois qui viennent, si nous considérons toutes et tous qu'il faut réparer l'école républicaine au service de sa promesse d'égalité, alors il faut un ministre de plein exercice chargé de l'éducation nationale. Les enseignants, les personnels éducatifs, les élèves, les familles ne vont pas attendre la fin des Jeux olympiques et le dernier podium pour savoir à quel sort ils vont être soumis.

5:29
Présentateur

Le discours de politique générale du nouveau Premier ministre devrait intervenir le 23 janvier. La gauche réclame un vote de confiance. Mais vous savez qu'il ne pourra pas vous l'accorder puisqu'il n'y a pas de majorité absolue pour lui à l'Assemblée.

5:42
Benjamin Lucas

Dans toutes les démocraties autour de nous, ce n'est pas au bon vouloir du prince que l'on fait ou pas un vote de confiance. Je veux par exemple, moi comme parlementaire, pouvoir sanctionner Mme Oudea Castera qui pratique là le communautarisme et le séparatisme dans le choix scolaire qu'elle fait pour elle-même et qui le revendique comme un message politique. Je veux pouvoir aussi protester sur le fait qu'on ait limogé Mme Rima Abdulmalak qui était l'une des dernières dans cette majorité à s'opposer, à tenir tête à M. Bolloré et à CNews par exemple. Là, on veut me priver de mes droits comme parlementaire.

Vous savez, ce n'est pas une esthétique, ce n'est pas un jeu de voter ou pas la confiance au gouvernement. C'est être fidèle au mandat de ses électeurs. Les électrices et les électeurs de la 8e circonscription des Yvelines ont élu Benjamin Lucas qui est devant vous député pour s'opposer au gouvernement, pour s'opposer à son orientation injuste et brutale. Le Premier ministre a annoncé qu'il me priverait de ce pouvoir-là. C'est un déni de démocratie.

6:34
Présentateur

Vous aurez l'occasion quand même de voter contre lui. Il y a une motion de censure qui sera déposée par Elifi. Vous la voterez ?

6:39
Benjamin Lucas

Bien sûr, je la voterai. Je crois que c'est la réponse normale, quasi automatique, au fait que le gouvernement ne souhaite pas nous faire voter sur la confiance.

6:47
Présentateur

Quel argument mettre en avant pour que les élus de droite votent aussi cette motion de censure ? Vous vous êtes retrouvé parfois sur certaines motions de censure. Ça a failli marcher pour les retraites. Ça a marché sur la motion de rejet. Ça a marché. Donc cette union est possible. Que dire aux élus LR pour qu'ils vous rejoignent ?

7:01
Benjamin Lucas

Écoutez, moi sur la motion de rejet, je n'ai pas marchandé avec LR et je n'ai pas donné le point idéologique à leur thèse. Je crois que c'est chacun qui est face à sa conscience. Nous sommes toutes et tous parlementaires confrontés finalement à un débat avec nos électrices et nos électeurs avant d'avoir un débat avec les collègues des autres groupes. Donc c'est voulons-nous ou pas de ce gouvernement. Je crois qu'il y a une majorité au Parlement qui ne souhaite pas de ce gouvernement. Et si la motion de censure était votée, il y aurait automatiquement ou presque dissolution ? D'abord, ce n'est pas automatique, mais moi, je n'ai rien à craindre. Je suis démocrate.

Je n'ai rien à craindre du suffrage universel. Si je suis réélu, je suis réélu. Si je suis battu, je suis battu. C'est finalement une sortie de crise logique dans une impasse démocratique, celle dans laquelle nous a mis le président de la République. Ça, c'est une clarification. Je note que le président de la République fait des débauchages. Vous savez, le macronisme, d'opportunisme érigé en doctrine de gouvernement. La réalité, c'est que le président de la République fait entrer des gens venus de la droite sarkozistes, même des sarkozistes dans son gouvernement. Ça ne lui rapporte pas un seul parlementaire.

Ce ne sont pas des gens qui viennent avec des troupes, qui viennent avec du souffle, qui viennent avec un courant politique particulier. C'est uniquement des ralliements individuels et opportunistes. Donc le président de la République, il lui appartiendrait normalement, en toute logique, d'essayer de former une coalition avec LR. C'est là qu'est son orientation politique. On l'a vu sur la loi immigration. Ce n'est pas ce qu'il fait. C'est peut-être l'étape suivante. Après les européennes ? On verra. Mais vous savez, le président de la République s'est montré à plusieurs reprises, à de nombreuses reprises, incapable d'agréger autour de son orientation politique.

Pour la simple et bonne raison qu'il n'y a pas d'orientation politique du président de la République qui soit claire. La preuve sur la loi immigration, encore une fois, on avait la promesse d'un équilibre, vous savez, humanité-fermeté, qui a déjà été bien mince au début, qui n'existait pas. Et à la fin, on a le programme de LR, de la droite radicalisée au Sénat, qui est voté avec l'approbation idéologique de Marine Le Pen. Ça en dit long sur la colonne vertébrale du président de la République. Cette absence de cap ou de colonne vertébrale,

8:48
Présentateur

ça sera peut-être dissipée demain soir. Il y a une grande conférence de presse, XXL, dit l'Élysée, télévisée. Qu'en attendez-vous ?

8:54
Benjamin Lucas

Rien du tout. Là aussi, on fait un événement politique, médiatique, quasi historique, de quelque chose qui se pratique dans toutes les démocraties. Aux États-Unis d'Amérique, dans la Maison de Blanche, il y a une salle de presse où il y a des journalistes qui posent tous les jours des questions. Non, c'est plus rare, c'est 2019, j'allais dire. Je souhaiterais, moi, qu'il en soit de même à l'Élysée, voyez-vous, puisse interroger le président de la République, ses porte-parole, à longueur de journée. Ce serait comme ça qu'on serait aussi une démocratie adulte et mature. Je n'attends rien du président de la République. La clarification, elle a eu lieu.

C'est le choix de ce gouvernement qui est un gouvernement, finalement, qui montre que le macronisme est une idéologie quand elle l'est de droite et qu'à nous, maintenant, ce que j'en attends, c'est que nous, la gauche et les écologistes, on se saisisse de l'opportunité qui nous est offerte par Emmanuel Macron, de cette clarification, de ce brouillard qui est dissipé et que nous soyons à la hauteur du moment historique qui est devant nous, que nous soyons unis et que nous offrions au pays une alternative.

9:45
Présentateur

Alors, on va parler d'union. Une question, quand même. Quelle question poseriez-vous au président si vous étiez dans la conférence de presse, demain ?

9:52
Benjamin Lucas

Je lui demanderai s'il n'a pas un peu mal au dos à force de se courber vers les uns, vers les autres pour essayer de composer des gouvernements.

9:59
Présentateur

Alors, vous parliez d'union. Hidalgo, Anne Hidalgo, la maire de Paris, en appelle encore, hier, dans la presse, à une liste unique des écologistes et des socialistes pour les européennes. Est-ce que vous vous ralliez à cette demande ?

10:10
Benjamin Lucas

Moi, j'en appelle, depuis des mois maintenant, à l'union de toute la gauche et de tous les écologistes autour d'une liste européenne qui puisse à la fois devancer Renaissance et la majorité présidentielle et qui puisse ensuite devancer, concurrencer l'extrême droite. Parce que je ne me résigne pas, finalement, je ne me résous pas à l'idée que Marine Le Pen irait vers le pouvoir sans que nous ne fassions rien. Je ne veux pas être, on parlait tout à l'heure de génération, de la génération que nous sommes les uns et les autres, je ne veux pas être la génération qui laissera Marine Le Pen s'installer à l'Élysée. Et je crois que le duo duel mortifère qu'on nous vend entre M. Attal et M.

Bardella ne conduira qu'à la victoire de Mme Le Pen puisque la Macronie est devenue le marche-pied, l'accélérateur à l'eupénisme. Donc, je crois qu'il faut l'union de toute la gauche et de tous les écologistes dans cette bataille et en vue de 2027. Bien sûr, les électrices et les électeurs ont besoin d'un bulletin de vote qui leur permette de gagner. Ils ont besoin d'un bulletin de vote qui soit efficace. Ils ont besoin que nous tracions le chemin de l'espoir, que nous tracions le chemin d'une victoire possible. Et nous ne sommes pas crédibles, nous sommes divisés.

11:04
Présentateur

La manifestation contre la loi immigration hier a eu un succès réel mais un peu mitigé, un peu dispersé. Il y aura d'ailleurs une autre manifestation la semaine prochaine, puis le 25 janvier, la décision du Conseil constitutionnel. Ce combat,

11:14
Benjamin Lucas

est-ce qu'il n'est pas perdu ? Non, non, c'est le début de la mobilisation. J'étais hier, il y avait un peu de monde. Il y en aura, je n'en doute pas, davantage dimanche prochain. Je crois que nous sommes au début d'une mobilisation qui est une mobilisation pour finalement ce que sont les valeurs qui font de la République. Pardon, mais cette loi... En 2017, les macronistes nous avaient fait une promesse de progressisme et une promesse de professionnalisme. Cette loi, elle est la démonstration que c'est une impasse, qu'ils sont une illusion, qu'ils sont une imposture sur ces deux sujets. D'abord parce que le progressisme, il n'y en a pas.

C'est une loi qui fait entrer des pans entiers du programme de Le Pen dans la loi. D'ailleurs, elle l'a dit elle-même, elle a parlé de victoire idéologique. Et puis, le professionnalisme, pardon, mais où est-il ? C'est de l'amateurisme. Le président de la République a lui-même constaté que bien des aspects de cette loi, peut-être des étudiants en droit en première année, leur dire qu'on fait passer des lois anticonstitutionnelles, ce n'est pas sérieux. Benjamin Lucas, merci et bonne journée. Merci beaucoup Christophe Barbier. Demain, votre invité sera Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais.