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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 23 mars 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Interview d'Emmanuel Macron : "J'ai été frappé par un certain amateurisme"

Source d'origine 6 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16FerméeRéponse directe

    Est-ce que le combat politique est perdu pour vous ?

  • 2:09FerméeRéponse directe

    Cette contribution exceptionnelle, ce n'est pas une bonne nouvelle pour vous ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Il n'y en a pas eu pour vous ?

  • 3:31OuverteRéponse directe

    Hier, dans son interview d'hier, vous l'avez trouvé rigide ?

  • 4:40RelanceRéponse directe

    Mais excusez, puisque vous parlez des syndicats.

  • 4:47OuverteRéponse directe

    Pour vous, il a fait une faute de parler comme ça des syndicats ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:12PrésentateurFait
    « Il estime que la réforme est nécessaire et je le cite qu'il n'y a pas 36 solutions. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « il a parlé d'une contribution exceptionnelle des entreprises. »
  • 1:29Invité politiqueFait
    « des entreprises qui gagnent des milliards et des milliards parce qu'il y a la guerre en Ukraine. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « Nous ne voulons pas augmenter les impôts. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « on nous a dit, voilà, il va y avoir une retraite à 1 200 euros minimum. »
  • 3:01Invité politiqueChiffre
    « À la fin, on ne sait même pas si 20 000 personnes vont toucher cela. »
  • 3:48Invité politiqueFait
    « les syndicats ont demandé à être reçus. »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « il s'arc-boute sur 64 ans. »
  • 6:38Invité politiqueFait
    « Je pense à l'utilisation de l'article 44 de la Constitution. »
  • 6:42Invité politiqueFait
    « Je pense à l'utilisation de l'article 38 du règlement du Sénat. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « le texte sur l'immigration était retiré de l'ordre du jour. »
  • 11:07Invité politiqueFait
    « dix amendements, dont je considère qu'ils sont des amendements anti-immigrés. »
  • 12:07Invité politiqueFait
    « la loi telle qu'elle a été présentée, mais surtout durcie par le groupe LR. »
  • 21:17Invité politiqueFait
    « Il y a eu un accord pour les législatives l'année dernière et tout le monde a convenu que cet accord était profondément déséquilibré. »

Temps de parole

  • Invité politique62 %
  • Locuteur 215 %
  • Présentateur14 %
  • Locuteur 46 %

≈ 4,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Merci Jean-Pierre Sure de nous accompagner pendant cette demi-heure. Vous êtes sénateur du Loiret, sénateur socialiste du Loiret, questeur du Sénat. On va évidemment revenir longuement sur cette interview d'Emmanuel Macron qui n'a donc pas reculé sur la réforme des retraites. Il estime que la réforme est nécessaire et je le cite qu'il n'y a pas 36 solutions. Est-ce que le combat politique est perdu pour vous ?

0:18
Invité politique

Non. Le combat politique n'est jamais perdu, cher Oriane Mancini. Jamais. Et je voulais vous dire que, comme beaucoup de Français finalement, moi, je suis allé avant 13h manger rapidement une part de quiche en me disant il ne faut pas que je manque ce rendez-vous. Donc j'étais là à 13h devant mon écran. Je me suis dit il va quand même annoncer quelque chose. Et puis à 13h30, j'étais toujours là. Finalement, ça donne le sentiment d'un homme qui est immobile, qui est dans ses convictions et qui pense que les choses sont bien ainsi et ne pourraient pas être autrement. Et je déplore cela. Voyez-vous, à la fin de l'interview, il a parlé d'une contribution exceptionnelle des entreprises.

Je me suis dit, ah, pendant le débat, aussi bien à l'Assemblée nationale qu'au Sénat, surtout au Sénat, nous avons parlé des quantités de fois de tous les moyens qu'il pourrait y avoir pour contribuer à cette réforme, notamment des super profits, des entreprises qui gagnent des milliards et des milliards parce qu'il y a la guerre en Ukraine. Et la réponse a été non. Nous ne voulons pas augmenter les impôts. Et nous avons dit, mais oui, mais les impôts de quelqu'un qui ne gagne pas beaucoup, ce n'est pas pareil que les super profits.

Et là, tout d'un coup, alors que c'est fini, il dit, enfin c'est fini provisoirement, il dit, voilà, il faudrait une taxe exceptionnelle, mais pas sur les super profits. Une taxe exceptionnelle, on ne sait pas très bien sur quoi. J'ai trouvé que c'était assez pitoyable, parce que dans ce cas-là...

2:02
Présentateur

– Et il a parlé des grands groupes qui font tellement de regroupes

2:04
Invité politique

qu'ils en arrivent à racheter leurs propres actions.

2:06
Présentateur

Mais au final, ce n'est pas une bonne nouvelle pour vous, cette contribution exceptionnelle ?

2:09
Invité politique

– Non, mais attendez, pourquoi pendant le débat au Sénat, alors que nous avons proposé, par exemple, Monique Lubin, ma collègue, dix fois, vingt fois cela, pourquoi la balle n'a-t-elle pas été saisie ? Ça aurait été tellement bien qu'il y ait quand même quelques signes d'écoute. – Il n'y en a pas eu pour vous ? – Écoutez, j'ai été frappé aussi, je dois vous le dire, pendant tout ce débat, par un certain amateurisme. Voyez-vous, on nous a dit, voilà, il va y avoir une retraite à 1 200 euros minimum. Au début, on a pensé, tous et toutes, que tous les retraités allaient toucher au minimum.

2:53
Présentateur

– Avec carrière complète, en dizaine.

2:54
Invité politique

– Et puis, plus le temps a passé, plus on s'est rendu compte que ça se réduisait comme une peau de chagrin. À la fin, on ne sait même pas si 20 000 personnes vont toucher cela. De même, les carrières longues, si vous avez compris ce qui se passe pour les gens qui ont commencé à travailler à 16 ans, à 17 ans, à 18 ans, à 19 ans, à 20 ans, je vous félicite, parce que c'était d'une absence de clarté, autrement dit d'une obscurité très grande. Donc, je trouve que ce n'était pas bien préparé. Et en même temps, il y avait une rigidité, il y a toujours une rigidité.

3:31
Présentateur

– Hier, dans son interview d'hier, vous l'avez trouvé rigide ?

3:35
Invité politique

– J'ai trouvé que rien ne changeait. Comme si le président était enfermé dans ses convictions. Et moi, j'ai pensé que bien avant, en tant que président de la République, il aurait dû prendre peut-être l'initiative. Par exemple, les syndicats ont demandé à être reçus. C'est quand même pas scandaleux. Alors que tous les syndicats sont unis, qu'il y a ce mouvement social d'une force extrême, que le président les reçoive. Par exemple, il s'arc-boute sur 64 ans. Mais il aurait l'essentiel dans cette affaire-là, vous savez bien, c'est de prendre en compte la diversité des situations. Tout le monde voit bien la situation des femmes avec les carrières hachées.

Tout le monde voit bien la question de la pénibilité. Tout le monde voit bien que des gens peuvent faire plus longtemps des travaux. Regardez, moi je suis sénateur. Ce n'est pas un métier, c'est une fonction. Mais j'ai dépassé l'âge. Mais en même temps, je vais arrêter d'ailleurs. Je vous rassure. Mais je vais arrêter parce que je ne vais pas me représenter en septembre. Mais il y a certains métiers dans lesquels on peut travailler plus longuement. Donc il y avait certainement des compromis. – Mais excusez, puisque vous parlez des syndicats. – Il a refusé.

4:42
Présentateur

– Sur ce qu'il a dit hier au syndicat, vous avez entendu dans le journal la réaction des syndicats. Pour vous, il a fait une faute de parler comme ça des syndicats ?

4:50
Invité politique

– Je crois. Moi je crois qu'il y a eu un manque d'ouverture de sa part parce que quand on exerce le pouvoir, il y a des moments où il faut savoir tendre la main. Et je dirais même qu'il y a des moments où il faut peut-être savoir reculer ou faire des compromis. me semble-t-il. Parce qu'aujourd'hui, on a vraiment le sentiment d'une fracture entre le président, le pouvoir exécutif et un grand nombre de Français.

5:19
Présentateur

– Il n'a pas reculé du tout hier. Il a dit, il souhaitait que le texte entre en vigueur avant la fin de l'année, sauf évidemment si le Conseil constitutionnel le censure. Vous avez fait des recours, vous la gauche, les parlementaires de gauche, devant le Conseil constitutionnel. Vous pensez que ces recours seront vraiment en mesure d'empêcher l'entrée en vigueur du texte ?

5:36
Invité politique

– Je le pense. Je pense que ce texte a été indûment, je dis bien indûment, présenté comme une loi de finances rectificative, alors que ce n'est pas une loi de finances. Simplement, il y a dans la Constitution un dispositif qui permet que les lois de finances, qu'il s'agit du budget de l'État ou qu'il s'agisse du PLFSS, des financements de la sécurité sociale, soient adoptés le 31 décembre. Ça évite, vous savez, sous la IVe République, où on arrêtait les bandules. Bon, ça permet d'avoir un budget à la fin de l'année. Et cela a été utilisé par confort par le gouvernement pour restreindre le débat en 50 jours.

Donc, je crois que c'est une utilisation indue d'un article qui est fait pour autre chose. D'autre part, il y a une accumulation de procédures extrêmement dirimente. Je pense à l'utilisation de l'article 44 de la Constitution. Je pense à l'utilisation de l'article 38 du règlement du Sénat. Bon, ça ne dit peut-être pas grand-chose à celles et ceux qui nous regardent. Mais ça veut dire concrètement qu'au bout d'un certain temps, il y a eu le vote bloqué. C'est-à-dire qu'on pouvait dire tout ce qu'on voulait dans l'hémicycle, il ne pouvait plus y avoir de vote. Donc, il n'y avait plus qu'un vote sur un texte avec les amendements adoptés par le gouvernement.

En même temps, on nous a dit les explications de vote, il ne peut y avoir qu'une seule par groupe. En même temps, on nous a dit pour les amendements, vous pouvez avoir un pour un contre.

7:16
Présentateur

Donc, du coup, vous misez sur une censure totale de la part du Conseil constitutionnel ?

7:21
Invité politique

Écoutez, le Conseil constitutionnel fera ce qu'il jugera devoir faire. Je ne peux pas prédire, mais je dis qu'il y a des arguments forts. Et le premier argument, c'est l'utilisation indue d'un texte qui est relatif aux lois de finances pour une loi qui n'est pas une loi de finances.

7:37
Présentateur

Alors, lors de son allocution, Emmanuel Macron a demandé à Elisabeth Borne de bâtir un programme législatif. On va voir en quoi ça consiste et les détails avec notre journaliste parlementaire, Audrey Viettaz. Bonjour, Audrey. Bonjour. Et Audrey, hier, le président a esquissé une nouvelle manière de fonctionner pour éviter l'écueil de la majorité relative à l'Assemblée nationale.

8:03
Locuteur 4

Oui, c'était distillé tout au long de l'interview. Alors, on va essayer de tout rassembler. Les journalistes lui ont évidemment posé la question, celle sur les risques d'immobilisme après la séquence sur les retraites. Et pour y faire face, Emmanuel Macron a une solution. Il a demandé à sa première ministre, Elisabeth Borne, ceci.

8:21
Locuteur 3

Pour avoir à la fois moins de textes de loi, des textes plus courts, plus clairs, pour aussi changer les choses pour nos compatriotes de manière plus tangible, tout ne passe pas par la loi. Et donc, dans ce contexte, il faut agir au service de nos priorités, de nos compatriotes, le faire de manière très concrète avec les élus sur le terrain, avec les services de l'État, et tout ne passe pas par la loi. Et on passe trop par la loi dans notre République.

8:47
Locuteur 4

– J'ai coupé la phrase au milieu, parce qu'elle était un peu longue. Mais on comprend que le chef de l'État trouve que les lois sont trop fourre-tout, trop bavardes. Et pour cela, il s'appuie sur des avis réguliers des conseils d'État et du conseil constitutionnel, qui dit justement que les lois sont souvent trop fourre-tout. On comprend donc que le président n'exclut pas de passer plus par décret et par règlement. Il a donné un premier exemple, l'ouverture sur le territoire de 200 brigades de gendarmerie, en ajoutant, pas besoin de loi pour faire ça.

François Patria, le président du groupe de la majorité présidentielle au Sénat, a d'ailleurs fait le service après-vente de cette idée dans la foulée de l'interview du président. Écoutez.

9:26
Locuteur 1

– S'il y a des mesures concrètes, mais des mesures concrètes concernant tout l'environnement, les choses, la vie des Français, on peut le faire par décret, mais pourquoi pas le faire, alors qu'en même temps, aujourd'hui, on annonce des lois qui n'ont d'effet bénéfique pour les Français que deux ans ou trois ans après. Moi, je pense qu'aujourd'hui, c'est une solution de sagesse.

9:42
Locuteur 4

– Monsieur Suard, ils ont raison, on légifère trop.

9:46
Invité politique

– Monsieur François Patria, il faudrait fermer le Parlement, finalement. Ça ne sert plus, puisqu'on peut faire des petites mesures. Non, soyons sérieux. Soyons sérieux, je vais vous dire quelque chose que vous ne savez pas encore. J'étais hier à 19h45, à la conférence des présidents du Sénat. Donc, on nous a annoncé que le texte sur l'immigration était retiré de l'ordre du jour, si bien que la semaine prochaine, il n'y a plus l'ordre du jour, sauf les questions d'actualité. Bon. Et on a posé la question au ministre, monsieur Riester, qui a dit qu'il y aura des petits textes sur l'immigration.

10:22
Présentateur

– Dès la semaine prochaine ?

10:23
Invité politique

– Non, non, dans le futur, dans le futur. Pour le moment, c'est en réflexion. C'est en réflexion. Et alors, on a donné la parole à tous les présidents de groupe. Et aucun n'a souscrit. Parce qu'il a été dit par plusieurs présidents de groupes différents, il n'y a pas trois politiques de l'immigration. Il n'y a pas une politique de l'immigration à un morceau. Il n'y a pas un texte qu'on va faire voter par la gauche, un petit texte, et un autre petit texte, ou moyen texte, par la droite. Ça n'a pas de sens. Et je vais vous dire que j'ai participé aussi au débat en commission sur la loi immigration, le projet de loi immigration tel qu'il nous a été présenté.

Franchement, sont arrivés en tête du texte, regardez, dix amendements, dont je considère qu'ils sont des amendements anti-immigrés. C'est-à-dire que la majorité LR a durci considérablement le texte, alors que nous n'oublions pas que la France est une terre d'accueil.

11:23
Présentateur

– On va revenir, jugeant, bien sûr, sur l'immigration, mais sur la question d'Audrey, sur le Parlement et sur les lois.

11:31
Locuteur 4

– Sur le Parlement et sur les lois, il se dit, en coulisses, on va voir si vous nous confirmez, pardon, qu'on aurait peut-être un projet de loi sur les mesures plus consensuelles, sur le projet de loi immigration, et puis des initiatives parlementaires pour les sujets plus clivants. Est-ce que vous le confirmez ? Et est-ce que c'est la bonne manière ?

11:48
Invité politique

– Non, je dis non, et je peux vous dire que tous les présidents de groupe, pratiquement, enfin, ou presque tous, ont dit la même chose. Écoutez, il y a une politique immigration, on peut être pour, on peut être contre, nous nous sommes contre la loi, telle qu'elle a été présentée, mais surtout durcie par le groupe LR. Il est évident qu'il ne pouvait pas y avoir d'accord entre la majorité relative du président de la République et le groupe LR sur l'immigration. Ça, M. Retailleau l'a dit en long, en large et en travers. Donc, plutôt que de prendre une nouvelle baigne, si je peux parler comme ça, après les retraites, ils ont dit, il vaut mieux reculer. Ça, je comprends tout à fait.

Mais croire qu'on va régler cette question par des petits morceaux de texte, les uns après les autres, qu'il s'agisse de projets de loi ou de propositions de loi inspirées, etc., non.

12:45
Présentateur

– Mais il y avait une jambe droite et une jambe gauche dans ce projet de loi. Il y avait la partie Gérald Darmanin, la partie Olivier Dussopt. – Oui, mais justement, c'est… – Est-ce que s'il s'est séparé, est-ce que par exemple la partie Olivier Dussopt avec notamment les titres de séjour pour ces travailleurs dans les métiers en tension, est-ce que ça, vous le voterez ?

12:59
Invité politique

– C'est la limite du « en même temps ». Il y a naturellement des mesures tout à fait nécessaires. – Ça vous va très bien. – Mais non, regardez, les hôteliers et restaurateurs. Je pense d'ailleurs à un ami du Loiret, président des hôteliers et restaurateurs, qui nous a quittés, ont fait ses obsèques demain. Je pense à lui. – Oui, ils attendent de pouvoir recruter du personnel et de valider l'autorisation des personnels qui sont là. Bon, il y a des mesures absolument nécessaires. Et je regrette qu'on ne puisse pas prendre ces mesures nécessaires. – Oui, mais est-ce que du coup, vous,

13:34
Présentateur

vous ne voterez pas cette mesure parce que vous savez que derrière, il y aura un texte qui durcit ?

13:38
Invité politique

– Oui, mais en revanche, je vous le dis franchement, je crois que c'est les limites du « en même temps ». Il ne peut pas y avoir trois politiques sur l'immigration. Et moi, je suis partisan d'une politique qui dise l'immigration, c'est une constante dans la vie de la France. On a toujours accueilli des personnes venant d'ailleurs. Je vais vous dire une chose. On va en accueillir davantage avec, sans doute, les phénomènes climatiques. Les gens vont devoir fuir leur pays. Et la misère et tout ça. Alors, ça demande certainement de la rigueur, de l'exigence, je le dis. Mais ça demande aussi un sens de l'accueil et de l'intégration.

Donc, je suis en désaccord avec les 10 ou 15 ou 20 amendements qui ont été votés en commission, vous pouvez les trouver, qui sont des amendements totalement restrictifs et répressifs. Nous, nous n'aurions jamais voté la version de la loi immigration, ni initiale, et surtout pas telle qu'elle a été durcie par la droite. Donc, on atteint les limites du « en même temps », soyons clairs.

14:46
Présentateur

Mais d'où peut-être la volonté du président de la République de diviser ce texte en plusieurs petits textes ? Est-ce que du coup, que vous a dit Franck Riester si la quasi-totalité des présidents de groupe du Sénat hier

14:58
Invité politique

se sont opposés à cette division ? Il n'a strictement rien dit.

15:02
Présentateur

Ça ne veut pas dire que le gouvernement va renoncer ?

15:04
Invité politique

– On va voir. – Mais c'est ce que vous demandez. – Mais ce que je crois, c'est qu'il faut avoir le courage de ses opinions. Moi, j'ai des opinions claires sur l'immigration qui ne sont certainement pas celles de LR. et je soutiendrai avec mes collègues tout ce qui va dans le sens de nos valeurs et aussi d'une exigence, d'une rigueur qui sont nécessaires. Je dis les deux. Mais nous refuserons le déport vers des mesures essentiellement répressives telles qu'elles sont apparues dans les amendements du groupe LR.

15:38
Présentateur

– Un dernier mot, je redonne la parole à Audrey sur ce qui va se passer au Sénat la semaine prochaine. Qu'est-ce qui a été décidé hier en conférence des présidents ? – Puisque le texte d'immigration occupait la totalité de la séance publique

15:48
Invité politique

– Il y a seulement le mercredi, après-midi, les questions d'actualité. Donc nous aurons le temps de travailler sur les dossiers de fond.

15:54
Présentateur

– Donc rien en séance publique à part les questions d'actualité. Audrey ?

15:57
Locuteur 4

– Sur les ordonnances et le texte plus court. Finalement, on a toujours dit que les lois étaient trop fourre-tous, trop gloubi-gouba, on en a parlé. C'était une bonne idée finalement de faire des plus petites lois, des plus petits textes.

16:07
Invité politique

– Oui, ce sont des paroles de circonstance. Moi, je crois qu'il y a des bonnes lois. Et les bonnes lois peuvent être courtes, peuvent être un peu plus longues. Ce n'est pas une question de longueur, vous savez. Il y a des lois qui font date, qui ont été importantes dans notre histoire, qui sont importantes dans notre histoire. Il ne faut pas qu'il y ait une inflation législative. Mais le cher François Patria, que je connais bien, vous savez, j'ai tellement été avec lui au Parti Socialiste longtemps, des décennies et des décennies, François Patria. J'ai été inauguré quand j'étais ministre sa communauté de communes. C'était la première ou la deuxième de France.

Il voulait que ce fût la première. Et donc j'ai beaucoup de sympathie pour lui depuis toujours. Mais là, il nous explique, non, non, il ne faut plus que le Parlement fasse des lois. C'est trop ennuyeux. On va faire des petits textes comme ça, par décret. Je lui dis François. Je l'aime beaucoup François. Mais malheureusement, nos chemins ont divergé. Soyons sérieux.

17:07
Présentateur

– On va parler du Parti Socialiste. Le temps de remercier Audrey. Merci Audrey. – Merci. – À tout à l'heure dans le club. On va revenir sur l'intervention d'Emmanuel Macron avec vous et la réaction des syndicats. – Et la réaction des syndicats. – Merci beaucoup Audrey. À tout à l'heure. On parle du Parti Socialiste. Pour ça, on va aller du côté de l'Occitanie. Retrouver Éric Berger. Bonjour Éric. Merci beaucoup d'être avec nous, rédacteur en chef adjoint de la Dépêche du Midi. Et Éric, il y a une législative partielle dimanche dans la première circonscription de l'Ariège et la situation est plutôt tendue à gauche.

17:36
Locuteur 2

– Oui, bonjour Auriane. En effet, c'est un scrutin très intéressant qui a une petite résonance nationale. On va effectivement revoter dans la première circonscription de l'Ariège et la situation y est très tendue entre les deux principaux candidats de gauche. Alors, petit rappel au mois de juin dernier lors des législatives, c'est Bénédicte Torine, candidate LFI, soutenue par la NUPS, qui l'avait emportée face au second tour à la candidate Renaissance Anne-Sophie Tribou. 55% des voix contre 45%. Mais au premier tour, elle était en tête avec 33% des voix. Et le candidat du Rassemblement national, Jean-Marc Garnier, avait raté pour huit petites voix la qualification pour le second tour.

Et surtout, ce qui nous intéresse dans cette législative, c'est la présence d'une candidature socialiste, dissidente, même si la candidate refuse ce terme. Il s'agit d'une candidate élue locale, Martine Froger, qui a décidé, comme en juin dernier, de se présenter contre la députée sortante LFI NUPS. Martine Froger avait réalisé 18% des voix, ce qui était un bon score en juin dernier, dans un contexte difficile. Alors, vous savez qu'ici, en Occitanie, il y a de vives tensions entre pro et anti-NUPS au sein du PS.

Ce n'est pas un hasard si, en fin d'année dernière, lors des élections internes au PS, Nicolas Maillard-Rossignol a réalisé ses meilleurs scores nationaux dans la région, puisque vous savez que Carole Delga, la présidente du Conseil régional, est opposée, farouchement opposée, à cet accord PS et LFI. Et dans cette première circonscription de la Riège, il y aura donc une candidature dissidente. Martine Froger est soutenue par quasiment toute la fédération du PS arriégeois. Il y a également le soutien, elle a aussi le soutien de la présidente du Conseil départemental de l'Ariège, une socialiste, et bien entendu de Carole Delga, la présidente du Conseil régional.

Durant cette campagne, plusieurs poids lourds nationaux sont venus au soutien de leurs différents candidats. Par exemple, Bernard Cazeneuve, l'ancien ministre socialiste de François Hollande, est venu défendre la candidature de Martine Froger. Carole Delga s'est aussi affiché à ses côtés. Et puis au RN, il y a eu Louis Alliot il y a quelques jours. Et demain devrait venir Marine Le Pen pour soutenir son candidat, qui espère bien profiter de la situation dans ce contexte de fortes ripostes contre la réforme des retraites. Donc on suivra évidemment avec beaucoup d'attention ces résultats dimanche soir.

et ce match à gauche entre les deux candidats socialistes et la candidate et les filles soutenues par l'ANUPS. Il y a eu aussi Jean-Luc Mélenchon qui est venu mardi dans un meeting pour soutenir son candidat. Alors j'avais une question pour votre invité. Jean-Pierre Sueur, bonjour. Bonjour. Que pensez-vous de cette situation un peu particulière et ces dissidences et ces candidatures socialistes ? Et comment vous vous positionnez par rapport à l'ANUPS ? Est-ce que les socialistes doivent obligatoirement suivre les consignes nationales ? Est-ce que vous comprenez que certains socialistes refusent cette alliance ?

21:06
Invité politique

Écoutez, c'est très clair. Moi je suis socialiste et je soutiens la candidate socialiste. C'est simple.

21:11
Présentateur

Donc Martine Froge, pas la candidate de l'ANUPS.

21:15
Invité politique

Mais pourquoi ? Il y a eu un accord pour les législatives l'année dernière et tout le monde a convenu que cet accord était profondément déséquilibré. Dans la plupart des départements, les socialistes n'ont pu présenter qu'un candidat, quelquefois aucun. alors que si vous regardez la carte de France, vous voyez bien que pour ce qui est de l'implantation locale dans les communes, nous sommes beaucoup plus représentés.

21:46
Présentateur

Mais 70 circonscriptions étaient réservées aux socialistes.

21:48
Invité politique

Mais oui, 70 où nous pouvions être candidats sur 577. Donc qu'est-ce que nous avons dit au congrès de Marseille du PS ? Qu'il fallait rééquilibrer. C'est tout à fait évident. Et là, nous sommes dans l'Ariège, qui est une terre profondément socialiste. Profondément. Donc je regrette tout à fait que notre premier secrétaire, il y en a deux, puisqu'il y a aussi notre ami Maillère Rossignol, qui est premier secrétaire délégué,

22:23
Présentateur

mais il y a un premier secrétaire.

22:24
Invité politique

Olivier Faure, pour être clair, en effet une affaire nationale. Parce que ça a été l'occasion de dire, après un congrès de Marseille, on a essayé, même dans la difficulté de faire l'Union, dire, puisque il y a des points de vue divergents dans l'Ariège, voilà, vous, la moitié du parti, vous êtes exclu du secrétariat national. Je trouve ça vraiment dommageable. Je le dis franchement, je trouve ça dommageable. Et par conséquent, je comprends tout à fait mes amis de l'Ariège qui soutiennent Mme Breufraugier. Et moi, je la soutiens comme une bonne partie des socialistes, la grande majorité des socialistes de l'Ariège, de la région, et beaucoup dans toute la France.

J'aurais voulu qu'on n'en fasse pas une affaire nationale et que nous puissions continuer ce que nous avons fait, par exemple, dans mon département du Loiret, où les socialistes restent unis, parce qu'on a décidé l'union et qu'on trouve que l'union est ce qui permet d'avancer.

23:29
Présentateur

– Si vous trouvez ça dommageable, est-ce qu'à un moment, il ne faut pas que vous et ceux qui sont sur la ligne de Nicolas Maillard-Rossignol alliez au bout de la démarche et qu'il y ait deux PS ? – Eh bien, non. – Est-ce que vous avez envie, par exemple, de vous ranger derrière quelqu'un comme Bernard Cazeneuve ?

23:43
Invité politique

– Non. Écoutez, je crois que la coupure en deux du PS serait une mauvaise chose. Moi, je suis pour l'unité. Je l'ai toujours été. Ce parti est un parti pluraliste. Je connais son histoire depuis quelques décennies. Il y a eu beaucoup d'épisodes dans cette histoire. Et dans l'histoire du Parti socialiste depuis 1905, vous voyez, je ne vais pas développer, parce qu'il faudrait une autre émission, même plusieurs. D'ailleurs, il y a eu beaucoup de débats. Et c'est bien un parti où il y a des débats. Mais je ne crois pas qu'une rupture serait une bonne chose. Et d'ailleurs, j'ai dit à Bernard Cazeneuve, et je le redis, j'aurais préféré qu'il reste dans le Parti socialiste.

24:29
Présentateur

– Merci, Jean-Pierre Sueur.

24:30
Invité politique

– Merci beaucoup d'avoir été notre...

24:33
Présentateur

– Merci à vous. – Or, merci, Éric Berger.

24:34
Invité politique

– Merci, Éric Berger. Merci à vous de votre invitation.

24:37
Présentateur

– Et on monte votre une. Macron ne bat pas en retraite.

24:39
Invité politique

– Non, ça, c'est le moins qu'on puisse dire.

24:42
Présentateur

– Oui, c'est à la ligne de la dépêche du midi. Merci beaucoup, Éric Berger. – Merci. – Merci, Jean-Pierre Sueur, d'avoir été notre invité ce matin. – Merci.

24:49
Locuteur

– Merci. – Merci. – Merci.