Notre Dame de Paris, emblème de l'émancipation humaine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:29Invité politiqueFait
« un général pour superviser les travaux et un régime d'exception pour les encadrer »
- 7:33Invité politiqueFait
« un texte de loi qui instaure des dérogations nous est proposée alors même que les procédures existent »
- 8:57Invité politiqueFait
« l'injonction à l'immédiateté menace tout notre patrimoine »
- 10:21Invité politiqueFait
« une restauration en cinq ans fait peser des risques importants pour le chantier »
- 12:20Invité politiqueChiffre
« les dons ont diminué de 200 millions entre 2017 et 2018 »
- 16:27Invité politiqueChiffre
« la réparation de l'édifice devrait coûter 700 millions d'euros »
Temps de parole
- Clémentine Autain100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
monsieur le président monsieur le ministre mes chers collègues qui n'a pas vu le jour se levait sur la scène ignore ce que c'est que ce déchirement quand prise sur le fait la nuit qui se dément se défend se défait les yeux rouges obscènes et notre dame sort des eaux comme un aimant ses mots ce sont ceux de louis aragon il exprime la magie la force d'un édifice qui nous a ébloui et qui s'est enflammé en s'effondrant le 15 avril dernier la flèche de notre dame de paris emporté dans sa chute un peu de notre vanité qui pouvait nous faire croire qu'elle serait immuable le lien tissé depuis 160 entre la terre et le ciel se rompait brutalement et c'est tout un idéal qui se consumait en même temps que les pierres cette flèche porter le sceau de l'audace en même temps que celui de la dévotion en s'affranchissant de la pesanteur elle portait le signe d'un génie humain que l' architecture a longtemps toujours peut-être cherché à immortaliser dans le rock est sans doute comme l'a suggéré l'architecte et urbaniste catherine tricot l'art gothique dont notre-dame est un emblème constitue-t-il un jalon entre les grecs et les lumières et c'est la première architecture rationaliste qui a façonné une tradition française particulièrement riche et qui se prolonge jusqu'à aujourd'hui peut-être n'y avez vous pas songé mes chers collègues mais dans un bâtiment comme par exemple beaubourg qui a cette structure apparente est reportée à l'extérieur du bâtiment notre dame de paris s'élève en incarnant l'émancipation humaine qui ne s'épanouit pas d'une seule bannière mais trouve de multiples chemins pourra devenir éternel métaphore filée au cours des siècles d'un génie s'extirpant de sa condition elle est ce chaînon de la liberté dont nous sommes aujourd'hui les tributaires en s'abîmant il ya un peu moins d'un mois le souffle de notre dame de paris a ouvert nos yeux sur la fragilité de notre patrimoine la cathédrale devenait à sa manière une lanceuse d'année certes et nous faisait éprouvé une réalité que nous cachions à nous même s'il est vrai que nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants nous avons eu ce soir là un aperçu du vide et c'est peu dire qu'il nous a donné le vertige et d'ailleurs pas seulement en france et cela nous rappelle que rien n'est éternel l'histoire est un livre qui jamais ne se referme il nous aura fallu la combustion de centaines de tonnes de bois et de plomb pour nous rappeler à cette évidence mes chers collègues je crois pourtant que notre dame de paris a rarement été aussi vivante qu'aujourd'hui cet incendie comme une blessure qui rappelle d'un coup au corps l'existence d'un membre est ce que le monument perdait dans les braises il leur gagnait dans notre coeur à toutes et à tous parce que sur les décombres nous avons vécu un formidable moment des changes et je crois que le nom de viollet le duc n'a jamais été aussi cités qu'aujourd'hui sauf peut-être évidemment à son époque alors que la flèche de la cathédrale s'effondrer avec fracas elle renaît c'est partout dans les rues dans les bars dans les maisons dans les écoles de notre pays cette émotion collective fut aussi de vivre ensemble bonheur de partager un commun cette cathédrale bien sûr n'appartient à personne et de fait elle appartient à tout le monde et cela s'est vu les discussions ont été nombreuses années mais polémique ou sereine mes chers collègues j'avoue que ce fut une surprise heureuse que de voir soudain notre part il pays emparé de cette vitalité intellectuelle culturelle artistique et je dirais même que c'est une bonne nouvelle pour qui comme moi se plaint si souvent de la faiblesse du débat culturel je tiens donc en préambule à rendre hommage à toutes celles et ceux spécialistes amateurs néophytes qui ont nourri ce moment d'affect ce moment des changes à toutes celles et ceux qui ont contribué par leur passion et leur énergie à faire vivre dans nos esprits la flamme que l'on souhaite éternelle celle ci de notre dame de paris la retombée fut cependant un peu rude cinq années le verbe présidentiel et ferme il est tombé comme un couperet le président de la république qui renoue pour l'occasion avec son rôle autoproclamé de maître des horloges donne cinq années pour rebâtir le monument cinq années pour un édifice qui en a plus de 800 ans l'imaginent dire à ses conseillers on ne va quand même pas attendre 107 ans et bien 107 ans c'est précisément le nombre d'années qu'il a fallu pour ériger la cathédrale et celle à l'origine de l'expression consacrée mais non cinq ans alors que tout dans cet effondrement nous invitait à l'humilité et au respect des savoir-faire à l'acceptation de la lenteur qui est maire de l'exigence autant long des bâtisseurs et des ouvriers pour reprendre l'expression de l'époque la parole présidentielle avait des airs de caprice il aurait fallu prolonger le temps de les change de manière démocratique et collégial pour que les débats sur cette reconstruction infuse dans chaque pli de notre société mais emmanuel macron nous offre cinq ans un général pour superviser les travaux et un régime d'exception pour les encadrer les pierres et être à peine refroidi que déjà la mécanique du pouvoir mac rognant se mettait en place avec autorité pour exiger que la cathédrale soit remise debout avant les jeux olympiques de 2024 une vieille dame vient de chuter et avant même de faire un diagnostic sur son état on lui prescrit une ordonnance d anxiolytique un régime et on lui demande de préparer un marathon avec cette loi mes chers collègues le gouvernement oublie que gouverner c'est prévoir alors que les stigmates encore fumants de notre dame de paris constituait un vibrant plaidoyer pour la protection de notre patrimoine pour une réflexion inscrits dans le temps long lincendie devenait soudain un jalon supplémentaire dans la communication présidentielle réfléchir mes chers collègues c'est fléchir deux fois comme le dit l'écrivain alain damasio or avec emmanuel macron nous avons sauté visiblement les étapes et la loi qui nous est soumise accélère plus encore le processus je ne suis donc pas surprise que la réponse consiste à une levée de fonds et à une loi d'exception pour sauver notre dame c'est la charité d'un côté la dérogation de l'autre me reviennent alors les mots de victor hugo qui a été abondamment cité ces dernières semaines et a raison mais que nous ferions bien d'écouter il nous dit l'histoire a été presque toujours écrite jusqu'à présent au point de vue misérable du fait il est temps de l'écrire au point de vue du principe le principe de la loi d'exception contenues dans l'article 9 entérine la domination du fait sur le principe il recouvre aussi d'un voile de pudeur le cortège de monuments abîmé qui se trouve dans le sillon de notre dame de paris ce n'est ni la première ni la dernière fois malheureusement qu'un édifice est menacé d'effondrement de sinistres sans parler de milliers de bâtiments patrimoniaux mis en danger par la baisse des crédits tout principe d'exception est un coup de canif dans le contrat social et je constate qu'en macro ni malheureusement bien souvent le régime d'exception est adopté avec cette loi le gouvernement s'aventure au fond dans une politique de gribouille car en proposant une dérogation législation qui encadre la restauration l'archéologie la sécurité l'urbanisme le respect de l'environnement ou encore tout simplement les marchés publics ils fragilisent ce qui nous a permis de sauver ce qu'il reste de notre dame de paris il crée un dangereux précédent et s'attaque au socle commun d'une législation fondée sur la collégialité la rigueur et le sens du service public un texte de loi qui instaure des dérogations nous est proposée alors même que les procédures existent pour faire face à cette restructuration cette refondation de notre dame et ses procédures elles sont le fruit d'un savoir et d'une expérience accumulée que l' incendie nous invite plus que jamais à valoriser vouloir s'en affranchir revient à se priver d'une expertise indispensable aux deux voies d'excellence qui est le nôtre aujourd'hui face à ce drame je comprends l'idée après tout il est vrai que les idées ont fusé pendant l' incendie et certaines d'entre elles ont pu nous inviter à prendre quelques libertés avec nos propres règles donald trump par exemple proposé de déployer des canadairs les boucliers levés devant cette proposition inepte sont les mêmes qui se dresse aujourd'hui devant la loi que nous étudions et je pense que cela doit vraiment nous faire réfléchir mes chers collègues l'injonction à l'immédiateté menace tout notre patrimoine et cette loi ne fait que mettre un pansement sur une plaie alors que tout le corps en est couvert de semblable alors comment ne pas comprendre les professionnels du patrimoine les élus les associations qui s'élèvent contre ce choix la réglementation actuelle est pointue et laisse à l'état en l'occurrence le ministère de la culture toute une latitude nécessaire à la rénovation de l'édifice alors que ce chantier doit être exemplaire donner à voir les préoccupations de notre temps et marquer de notre empreinte un monument qui n'a jamais cessé de vivre la précipitation du gouvernement mais tout cela en péril les spécialistes s'accordent tous pour dire qu'une restauration en cinq ans fait peser des risques importants pour le chantier parce que additionner des professionnels sur le site revient concrètement à multiplier les dangers de sinistres est par ailleurs cela revient aussi à priver le nombre de chantiers de compagnons et devriez je conserve l'expression qui seront de fait affecté à celui de la cathédrale alors que la baisse des crédits a fortement diminué le nombre d'entreprises spécialisées dans le patrimoine cette désaffection porterait un coup dur à de nombreux travaux de réhabilitation déjà engagés dans notre pays comme je les lui dans la croix journal peu subsp et de vouloir ralentir évidemment les délais de restauration l'article 9 du projet de loi prévoit la possibilité de s'affranchir de certaines garanties en matière de transport et de déchets des élus et des ong s'inquiètent et on les comprend d'autant que le site contient du plomb alors mes chers collègues faisons bien attention exerçant notre vigilance au parlement à l'assemblée nationale pour que ces manquements au droit commun ne soit pas réalisée le premier ministre a dit vouloir doter notre dame d'une nouvelle flèche adaptés aux techniques et enjeux de notre époque mais comment pourrait-on mieux incarner ses techniques et ses enjeux de notre époque en respectant les règles qui en sont l'émanation directe façonné par des siècles de pratique sauf à considérer que la médiocrité la primauté de l'économie sur le patrimoine constituent des enjeux de notre époque mais peut-être ne vivons nous pas dans la même dans la même époque venons en maintenant justement au sujet des donations en dix ans mes chers collègues le budget consacré au patrimoine architectural et au monument a diminué de 25% aussi le volontarisme affiché par le gouvernement lors de l' incendie de notre dame de paris ne doit pas occulter la tendance lourde depuis des années qui prive nos monuments des financements nécessaires à leur entretien nous ne voudrions pas que l'arbre qui brûlent recouvre le bruit de la forêt qui se meurt le désengagement de l'état est une braise qui dans tout notre pays menace de fumée nos monuments et la noix que nous étudions aujourd'hui ne cherche pas à l'éteindre au contraire elle entérine la démission politique d'un état qui se retrouvent à négocier en marchant dans ses ressources contre la générosité de quelques-uns après avoir lancé loterie du patrimoine après avoir demandé de l'argent à des donateurs américains pour boucler la rénovation de la cathédrale nous discutons aujourd'hui d'un texte qui veut s'appuyer sur une incitation il faut rappeler qu'en encourageant ainsi les français à donner pour la réf la rénovation de notre-dame de paris le gouvernement prive de nombreuses associations et ong de ressources pourtant nécessaires à leur viabilité je rappelle que les dons ont diminué de 200 millions entre 2017 et 2018 et je précise d'ailleurs en passant que les réformes du gouvernement au plus tôt les contre-réformes je pense à la suppression isf et à la hausse de la csg ne sont pas pour rien dans cette baisse est avec ce projet de loi on contribue donc à menacer lent semble d'un secteur associatif qui est déjà très affaibli si nous souhaitons que l'a4 et de la reconstruction la cathédrale soit le fait d'une solidarité nationale celle ci doit se faire par l'impôt justement répartie et distribué en ce qui concerne notre dame cela me paraît être doublement nécessaire en plus de l'argument que je viens d'avancé un financement par l'impôt consacrerait le monument comme un bien commun dans la rénovation de laquelle nous serions tout et tous impliqués n'est ce pas finalement l'objet de l'impôt que d'identifier ce qui relève de nos commun dès lors que des grandes entreprises ou des grandes fortunes investissent des millions d'euros dans les donations l'equilibre seront entre les citoyens je dirais que quand autre dame tombe c'est notre impôt qui doit la relever la course millions à laquelle nous avons pu assister à générer de la lassitude de la colère aussi de la part de celles et ceux qui voient la fortune se mettre à nu pour les pierres après s'être tant dissimulé pour la vie humaine oui les efforts consentis à cette rénovation 800 millions d'euros promis récolté en deux jours ont montré la puissance du choc et de l'attachement à notre dame de paris ce qui fait la grandeur de la cathédrale c'est sa dimension collective et son symbole vécue par toutes et tous comme j'ai pu le dire plus tôt c'est pourquoi tout un chacun doit pouvoir se sentir acteur de cette ré construction et sans vouloir mettre en concurrence les solidarités il nous faut monsieur le ministre entendre les critiques faites à une générosité sélective qui s'est parfois drapé d'indécence alors que la pauvreté et la précarité s'accroît ce dans des proportions affolantes et que tant de français s'épuisent pour faire entendre gouvernement des revendications sociales environnementales que celui ci ignore nous voyons des centaines de millions d'euros affluer avec une célérité honnêtement rarement observée lorsque des dons s'accompagne de tentative de faire passer la défiscalisation un taux de 90% comprenez que cela puisse surprendre déplaire écoeuré même car pendant ce temps je tiens à rappeler ici que nombre des fortunes des fortunes et mécènes se sont rendus coupables d'évasion fiscale pour prendre par exemple le groupe qu'est ling détenues par la famille de françois pinault il a échappé à 2,5 milliards d'euros d'impôts depuis 2002 rendent des comptes ça vous intéresse pas les milliards de l'évasion fiscale fort merci beaucoup le don je sèche de mouvoir poursuivez la motta s'il vous plaît le ministre vous répondra intérieurement c'était pour réveiller l'assemblée mais je vois qu'elle est elle suit elle suit parce que je sais que sur ses bancs nous sommes quand même nombreux à ne pas accepter cette évasion fiscale et quand même de considérer l'indécence l'indécence à l'oeuvre donc je parlais des pinots le don de 100 millions d'euros par est soudainement à relativiser au regard des 2 5 milliards d'euros d'impôts qui sont passés en fumée je pense qu'il faut faire très attention de là à dire avec paul lafargue que la philanthropie c'était voler en grand et restituer en petit il n'y a finalement qu'un pas la question se pose aussi de l'avenir des donations nous avons dépassé le milliard d'euros quand les spécialistes semblent s'accorder pour dire que la réparation de l'édifice devrait coûter 700 millions d'euros vous disiez qu'on ne savait pas mais il y a en tout cas des évaluations qui sont de cet ordre de grandeur non je ne sais pas plus je regarde les spécialistes mais nous savons qu'il ya une enveloppe qui peut être de cet ordre là est la question qu'on est en droit de se poser ces housses seront affectés les sommes qui ne seront pas utilisés elle pourrait servir à restaurer certaines pièces de la cathédrale qui prennent la poussière dans les réserves du louvre elle pourrait aussi servir à monter une exposition des oeuvres de notre teint de notre dame le temps que dure la restauration elle pourrait enfin servir à d'autres édifices qui s'effondre et attendent depuis des lustres quelques subsides pour se maintenir debout nous en avons découvert dans les médias de nombreux depuis le 15 avril mais avec un peu d'ambition nous pourrions aussi les affecter à la reconstruction de la flèche de la basilique de saint-denis berceau de l'art gothique qui a été détruite 19e siècle qui est pour l'heure financé par un système de visites payantes et de mécénat il me semble que nous pourrions utilement mettre au pot pour cette basilique puisque la le coût de la reconstruction s'élève à 28 millions d'euros il est évalué précisément et que nous pourrions également mettre à profit le temps de rénovation de notre-dame pour valoriser cette majestueuse cette magnifique baie ligue de saint denis le premier ministre a indiqué ne pas vouloir trahir les donateurs en affectant l'argent à autre chose qu'à la restauration de la cathédrale mais ne sommes nous pas en train de trahir notre patrimoine en laissant béante des fissures qui n'attendent que de s'ouvrir davantage allons-nous pour honorer la promesse présidentielle chercher à embellir notre dame en la recouvrant d'or ces débats mes chers collègues sont nécessaires pour répondre aux aspirations de nos concitoyens pour ne pas tuer dans l'oeuf la respiration démocratique et culturelle qui s'est enclenchée et je crois qu'il faut faire vivre partout et pour tous ces questions qui peuvent réconcilier notre pays avec son patrimoine avec la culture avec la démocratie donc il faut du temps et une méthode qui loin même des ordonnances promu dans cette loi permette un processus démocratique digne de notre époque enfin je tiens à conclure en rappelant un point que j'ai déjà évoqué rapidement mais qui doit se trouver au centre de nos préoccupations et eric woerth en parlais tout à l'heure il s'agit de l'esprit dans lequel doit être fait la reconstruction de notre dame de paris restauration reconstruction au débat déjà vaste débat sémantique qui a son intérêt tout à fait et nous nous devrions prendre le temps qui n'est pas que sémantique qui est un débat de fond et j'y viens et vous allez comprendre pourquoi j'utilise ce terme là permettez moi avant d'avoir une pensée pour les 67 personnes qui travaillaient au sein de la cathédrale et qui vont pour la plupart se trouvaient au chômage à partir du 15 mai prochain il me semble nécessaire que ces femmes et ces hommes qui ont fait vivre le monument puissent bénéficier de nouveaux emplois que ce soit dans les chantiers d'entretien et de restauration ou en interface avec les différents publics alors mes chers collègues le chantier à venir doit être construit avec l'exigence d'honnêteté et l'honnêteté de l'exigence nous avons pu le voir la cathédrale est un immense symbole d'émancipation d'un point de vue technique symbolique et historique elle est un murmure de liberté qui doit se prolonger dans les années à venir la cathédrale ne sera pas identique à ce qu'elle a été déjà il faudra même savoir ce qu'elle a été elle n'a pas toujours été la même chose elle ne sera pas identique à ce qu'elle a été elle ne le peut pas et le drame je le crois profondément ne saurait être masqué nier lincendie fait partie désormais de l'histoire de notre dame de paris et sa reconstruction sera un mélange de continuité et d'apports technique architecturaux plus encore un signal qui relève de notre temps de notre époque victor hugo écrivait que le temps est architecte et le peuple masson alors que nous enseigne notre temps mes chers collègues quelle image voulons nous donner à celles et ceux qui continueront à regarder comme nous l'avons c'est la majesté d'un monument en songeant à ses bâtisseurs quel rêve voulons nous inspirer et quel imaginaire voulons nous faire grandir ces interrogations me semble essentiel et comme toute catastrophe le sinistre nous a tendu une forme de deux miroirs l'émotion collective les instants de recueillement qu'ils soient religieux ou non les considérations politiques sur ce qui nous anime les préoccupations techniques architecturales sur ce que cela dit de notre patrimoine ces espaces de discussion mes chers collègues sont nécessaires pour que ce moment de partage ne soit pas confisqué par un simple vote de discipline notre dame de paris peut être l'instrument d'une renaissance sur le crois profondément et d'une reconquête patrimoniale et écologique de même que la croisée d'ogives permet de concentrer la poussée sur un point au sommet d'un pilier l' incendie dont nous avons été les témoins malheureux pourrait constituer un sursaut dans la défense de nos
Clémentine Autain