Olivier Faure est l'invité de RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Les ennuis commencent aujourd'hui pour Emmanuel Macron ?
- 0:49RelanceRéponse directe
Une entreprise qui fonctionne bien, qui bénéficie de 10 milliards d'argent public par an et qui augmente la dette de 3 milliards par an, c'est une entreprise qui fonctionne bien ?
- 1:27RelanceRéponse directe
et le gouvernement ont dit qu'ils allaient reprendre la dette, qu'ils s'engageaient à reprendre la dette.
- 1:49FerméeRéponse directe
Pour être précis, sur ce sujet, si le gouvernement, demain, vous dit on reprend la dette à cette date précise, vous le soutiendrez ?
- 3:01RelanceRéponse partielle
Alors ça c'est fait, Olivier Faure,
- 3:36RelanceRéponse directe
Mais quoi, le gouvernement est ambigu ? Vous dites, il dit l'avance des choses sans vraiment les promettre, et il ne les fera pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueChiffre
« Une entreprise qui fonctionne bien, qui bénéficie de 10 milliards d'argent public par an et qui augmente la dette de 3 milliards par an, c'est une entreprise qui fonctionne bien ? »
- 1:49Invité politiquePromesse
« Pour être précis, sur ce sujet, si le gouvernement, demain, vous dit on reprend la dette à cette date précise, vous le soutiendrez ? »
- 3:04Invité politiquePromesse
« il y a eu une discussion, et effectivement la mini-des-transports a annoncé la semaine dernière, que ce qu'on appelle de façon un peu jargonneuse, le sac à dos, la portabilité sociale, sera acquis. »
- 6:20InvitéChiffre
« on a un gouvernement qui, lui, offre des cadeaux fiscaux gigantesques de 5 milliards par an, au plus favorisé. »
- 6:47InvitéFait
« Là, en France, on ne parle pas de privilégiés, on parle de gens qui ont des métiers, qui sont parfois des métiers pénibles »
- 9:12Invité politiquePromesse
« Dites-vous dans un portrait dans Libération, quand je dis que ça va être douloureux, ça va l'être. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Olivier Faure26 %
- ?8 %
- Présentateur4 %
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Vous regardez RTL. 7h45, excellente journée à vous tous qui nous écoutez. Elisabeth Martichoux, vous recevez ce matin Olivier Faure, nouveau premier secrétaire élu du Parti Socialiste.
Bonjour Olivier Faure.
Bonjour Elisabeth Martichoux.
Merci beaucoup d'être avec nous dans ce studio d'RTL ce matin. Les ennuis commencent aujourd'hui pour Emmanuel Macron ?
Je
ne sais pas s'ils ont commencé aujourd'hui, mais effectivement, il fait face à un mouvement social d'importance, légitime, parce qu'il s'y est pris de manière à effectivement mettre les Français les uns contre les autres.
Ce
qu'on a rebaptisé SNCF bashing est une erreur. C'est une entreprise qui fonctionne bien,
c
'est une entreprise qui fait aujourd'hui des bénéfices et dont on a voulu stigmatiser les cheminots et aujourd'hui
ils vivent difficilement
et ils ont raison.
Une entreprise qui fonctionne bien, qui bénéficie de 10 milliards d'argent public par an et qui augmente la dette de 3 milliards par an, c'est une entreprise qui fonctionne bien ?
Non, ce n
'est
pas tout à fait ce que... Écoutez, regardez bien les résultats de l'année 2017, regardez ce qui se fait et regardez quelles sont les conditions dans lesquelles cette entreprise travaille. Et donc, vous savez, aujourd'hui, une difficulté qui est liée au fait qu'il y
a
eu une dette historique qui est non pas le fait des cheminots ni même de la SNCF, mais liée aux choix d'infrastructures qui ont été faits par les différents gouvernements et qui pèsent de manière dramatique sur l'entreprise avec des frais financiers
qui sont... L'État
et le gouvernement ont dit qu'ils allaient reprendre la dette, qu
'ils
s'engageaient à reprendre la dette.
Pour l'instant, il n
'a
pas donné ni de calendrier ni le montant de la dette qui
serait reprise. Pourquoi vous doutez qu
'ils veulent le faire ?
Mais pour l'instant, je ne vois rien sur la table, je ne vois que des intentions qui sont affichées, mais rien de concret. J'aimerais effectivement qu'on puisse avoir une entrée en négociation qui permette de dire que les choses avancent. Pour l'instant, ça n'est pas le cas.
Pour être précis, sur ce sujet, si le gouvernement, demain, vous dit on reprend la dette à cette date précise, vous le soutiendrez ?
Ah
ben sur ce point-là,
précisément, oui, bien sûr.
On a allégé les cheminots d'un poids considérable, dans ces cas-là, la
grève
n'a plus de sens.
Non, attendez, je ne veux pas prendre les choses point par point. Il y a une négociation globale et il y a plusieurs sujets qu'il faut traiter. La question de la dette, effectivement. La question de l'investissement sur le réseau, parce que le réseau est un réseau vieillissant. Si on prend la comparaison avec l'Allemagne, vous avez un réseau aujourd'hui qui a 37 ans de moyenne d'âge en France, 20 ans en Allemagne. Et c'est la raison pour laquelle ce réseau fonctionne moins bien, à les pannes, les arrêts, etc. Ce que tout le monde connaît chaque matin. Et
qui n
'est pas nouveau
et qui est lié effectivement
à un défaut d'entretien dont vous êtes
comptable, vous les
socialistes, pendant 5 ans.
Nous sommes tous comptables depuis des décennies, puisqu'en réalité, ce réseau n'a pas été entretenu suffisamment. Donc il a été entretenu,
mais
pas suffisamment. Et donc, ça c'est aussi un sujet sur lequel il faut avancer. Il faut regarder ce qui se passe
au
moment de l'entrée en compte dans la concurrence, pour faire en sorte que les salariés, dans le cadre de leur transfert, puissent continuer à bénéficier des avantages
qu'ils avaient auparavant. Alors ça c'est fait, Olivier Faure,
excusez
-moi. Non, c'est pas complètement fait. Non, non, non, non. Il y a
eu une discussion, et effectivement la mini-des-transports a annoncé la semaine dernière, que ce qu'on appelle de façon un peu
jargonneuse,
le sac à dos, la portabilité sociale, sera acquis. C'est-à-dire que les cheminots, pardon, pourront conserver leurs avantages lorsque la ligne est donnée à un opérateur concurrent.
Ça
c
'est
fait
?
Non, ce n'est pas fait, il n
'y a
pas encore de rejet de conclusion, il n
'y a
pas encore les amendements qui conviendraient, qui permettraient d'en assurer tout le monde. Par quoi est
-ce
que ça passe ? Par la convention collective ? Est-ce que
ça
passe par la loi ? Est-ce
que
ça passe par la bonne volonté ? On a besoin de savoir, on a besoin d'avancer là-dessus.
Et
donc, là
aussi, c'est un sujet... Mais quoi, le gouvernement est
ambigu ? Vous dites, il dit l'avance des choses sans vraiment les promettre, et il ne les fera pas ? Je ne comprends pas ce
que vous voulez dire par là. Moi,
je suis comme Saint-Thomas, je doute. Et
pourquoi vous doutez
? Eh bien, parce que tout simplement, je vois un gouvernement qui est entré en la matière en stigmatisant les uns et les autres, en cherchant à opposer de pseudo-privilégiés que seraient les cheminots par rapport à d'autres catégories de français. Et donc, je me dis simplement que j'aimerais qu'on voit que ce soit cette attention réelle, qu'il mette sur la table exactement ce qu'il doit faire sur la SNCF, et après, nous verrons ce que nous en aurons
jugé.
La CGT a un objectif, Olivier Faure, faire plier le gouvernement. On l'entend depuis plusieurs jours. Est-ce que le gouvernement doit plier ?
Ce
n'est pas ce que je dis depuis le début. Moi, ce que je dis depuis le début de ce mouvement, je dis qu'une grève, ça sert à quoi ? Ça sert à créer un rapport de force avec un gouvernement pour le faire négocier. Et moi, je souhaite que,
face
à la grève, le gouvernement arrête de faire
la grève, la négociation.
Quand il négocie et qu'il accorde le sac à dos social, vous dites qu
'il
ne négocie pas.
Non,
je ne dis pas.
Laurent
Berger dans
le filaire au Staten. Pour l'instant, ce
que je vois, c'est qu'on a un gouvernement qui a commencé par dire qu'il allait faire de toute façon ce qu'il voudrait avec des ordonnances, qu'il a retiré partiellement la semaine dernière. Et donc, voilà la question qui est posée. C'est qu'on a un gouvernement qui, pour l'instant, ne donne pas le sentiment de vouloir vraiment négocier. Donc, il est ambigu.
Quel est l
'élément, Olivier Faure, qui vous ferait dire aujourd'hui, là, il a négocié
?
L
'élément, c'est qu'il retire... Vous avez dit
la dette, déjà. Une date précise pour la reprise de la
dette. Oui,
une date précise pour la reprise de la dette. Qu'on ait des éléments clairs sur les investissements sur le réseau.
C'est-à-dire, quel argent on investit sur
le
réseau ? Il l'a déjà dit, ça.
Non, on n
'a
pas les montants exacts. Vous
voulez
encore plus de précisions ?
Ce n'est pas encore plus. C'est-à-dire que sur un sujet comme celui-là, il
va
être parti chou. On ne peut pas simplement se limiter à des décisions d'intention. On a un ministre de l'économie et des finances qui, il
y
a quelques jours, a dit qu'on verrait, etc. Et d'ailleurs, je sais que le débat existe encore parmi eux et qu
'ils
ne sont pas tous d'accord sur cette question-là. Et donc, moi, je voudrais être certain de savoir ce qu
'ils
vont mettre sur la table. Parce que la vision du service public que je porte, que je développe,
c
'est une vision qui doit permettre à un service public de continuer à avancer et ne pas être dans la restriction et dans l'abandon progressif, y compris des petites lignes.
Sur
le statut des cheminots, ça fait partie des vaches sacrées
?
Mais moi, j'aimerais bien que sur un sujet comme celui-là, pourquoi est-ce qu'on parle de vaches sacrées quand on parle du statut des cheminots ? Pourquoi est
-ce
qu'on n'en parle pas pour les journalistes ?
Pourquoi on n'en parle pas pour
les hauts fonctionnaires
? Pourquoi on n'en parle pas pour...
Répondez à ma question. Est-ce que le statut des cheminots, pour vous, doit évoluer
ou pas ?
Il n'y a aucune vache sacrée, mais simplement, ce que les Français ne supportent plus, c'est qu
'on
s'attaque à ceux qui ont 1 500 euros par mois, 2 000 euros par mois, et que, pour le coup, dans le même moment, on a un gouvernement qui, lui, offre des cadeaux fiscaux gigantesques de 5 milliards par an, au plus favorisé. Et donc, vous comprenez bien que ça crée une exaspération.
Alors, on comprend, mais
est-ce que le statut des cheminots doit évoluer
?
Mais, est-ce
que vous comprenez ce que je vous dis ? Non, je ne réponds pas la réponse à ma question. Est-ce que l'exaspération, elle existe dès
lors que
vous avez... Alors, est-ce que le statut des cheminots
doit évoluer ? Oui ou non ?
Le statut
des cheminots peut évoluer, comme tous les statuts de France peuvent évoluer. Mais il serait bien, quand on parle de privilèges, de savoir de quoi on parle. Là, en France, on ne parle pas de privilégiés, on parle de gens qui ont des métiers, qui sont parfois des métiers pénibles, qui sont des métiers qui sont sous astreinte, des métiers qui les obligent à se déplacer beaucoup, à être souvent en dehors de leur domicile. Et j'aimerais bien que, plutôt que de parler de ces privilèges-là, on parle des vrais privilégiés. Parce qu'effectivement, si on commençait par le haut du panier, eh bien là, peut-être que tout le monde comprendrait que
l'effort peut être fourni. Donc, vous déniez
le droit, finalement, à ce gouvernement de toucher au statut des cheminots dans la mesure où il a accordé 5 milliards dans l'éduction d'impôt aux plus riches. C'est ça que vous vous dites ? Tant qu'il y aura ces baisses d'impôts pour les plus riches, on ne touche pas au statut des cheminots ? J'essaie de comprendre.
Je dis
que les Français, tant qu'ils verront qu'il y a un gouvernement qui est aussi injuste, ils auront bien du mal, effectivement, à accepter la moindre réforme. Parce que, si vous voulez la réforme, il faut la cohésion. Et pour l'instant, ça ne marche pas parce qu'il n'y a pas de cohésion sociale. Et c'est tout le problème de ce gouvernement qui a fait le choix de l'injustice.
Est-ce que, quand Julien Drey dit dimanche chez nos confrères d'Europe 1, le gouvernement privatise la SNCF ? Est-ce que vous reprenez ces termes
? Je
dis qu'il y a encore une ambiguïté qui doit être levée. J'entends ce que dit le gouvernement en précisant qu'ils veulent aller vers des parts qui seraient insessibles. Là aussi...
Alors, on explique des
parts de l
'actionnariat qui ne peuvent pas être cédées au privé.
Voilà,
exactement. Qui ne
peuvent
pas être cédées au privé. Je veux bien lui en faire crédit. Maintenant, à lui d'en faire la démonstration. Et puis après, nous verrons bien.
Donc, vous attendez des précisions. Vous n'êtes pas contre la négociation. Il faut maintenant que le gouvernement, non pas plie, mais évolue sur sa réforme. C'est ce que vous nous dites ce matin.
Je dis qu
'effectivement,
il
faut que dans un moment où la SNCF doit être réformée, il faut effectivement négocier et ne pas se cabrer comme le fait le gouvernement depuis trop longtemps.
Olivier Faure, c'est désagréable de se faire huer dans une manifestation et même de se faire virer, comme ça a été le cas d'ailleurs le
22 mars. On n'a pas été
viré. C'est un raccourci un peu rapide. Vous
avez été
jugé inopportun, ou en tout cas...
Oui,
et je comprends très bien qu'il y
ait
des gens qui aient pu juger que nous ayons été inopportuns. Je n'ai pas de problème avec ça. Ça
ne vous est pas
désagréable, ça ?
Ça n'est pas agréable d'être sifflé. Ça ne l'est pour personne. Simplement, ce que je dis, c'est que ma place était là, comme les socialistes, parce que je défends une vision du service public qui peut parfois être commune avec des gens avec lesquels je ne partage pas forcément tout. Mais je dis simplement que quand on cherche à avoir son mouvement soutenu, on a intérêt à prendre celles et ceux qui sont prêts à vous aider. Et en l'occurrence, je suis venu les aider.
En quelques mots, certains ne me croient pas quand j'annonce le changement au Parti Socialiste. Dites-vous dans un portrait dans Libération, quand je dis que ça va être douloureux, ça va l'être. C'est-à-dire, quels changements vous allez opérer qui seront douloureux au Parti Socialiste
?
En l'occurrence, pour cette phrase que vous reprenez, je parlais simplement du renouvellement, puisque en réalité, on m'interrogeait sur la capacité à renouveler les visages. Et donc, je disais qu'il y aurait dans la prochaine direction du Parti Socialiste, des visages nombreux, nouveaux, que vous ne connaissez pas
encore. Mais ça veut
dire que les anciens, ce qu'on a appelé les éléphants, doivent
s
'effacer maintenant ? Ça
veut
dire qu'il y aura effectivement beaucoup de gens qui n'auront pas à s'effacer, mais qui auront à transmettre, à vivre
avec une direction.
Mais
Martine Aubry n'a jamais demandé à être
dans la direction du Parti Socialiste, donc ça n'est pas la question. Mais il y
aura
d'autres figures qui ne seront plus membres de la direction, et qui pour autant continueront à nous accompagner, mais différemment. Parce qu'il faut qu'il
y ait
une transmission aussi, qu'il y ait de nouvelles générations qui prennent leur place. Ce parti a un défaut, c'est qu'il a asphyxié ses propres talents. Et donc, il faut maintenant que tous ces talents apparaissent.
Place
aux jeunes.
Place
aux jeunes et aux moins jeunes. Les talents,
ce
n'est pas simplement le fait d'être jeune, mais des gens qui peuvent renouveler à la fois le discours, le message, et qui peuvent nous aider à faire apparaître le Parti Socialiste pour ce qu'il est, c'est-à
-dire
un parti qui est en perpétuel mouvement.
Vous êtes élu, vous serez intronisé le samedi prochain au cours du Congrès. Merci beaucoup Olivier Faure.
Intronisé, ce n
'est
pas le mot pour un parti
comme le nom de notre. Oui,
mais les Français ont compris, les auditeurs ont compris. Le chat, c'est vraiment votre mascotte
? Non,
le chat c'était une plaisanterie, mais vu le nombre de gens qui m'écrivent pour me dire qu'ils veulent
faire adopter
leur chat, je me dis que peut-être que nous allons ouvrir peut-être... Quoi ? Les Aristochats, en fait. Une
quoi
? Une liste aux chats ?
Non, les Aristochats, Solferino, voilà, exactement.
Et Solferino pour plus très longtemps, parce que vous allez déménager en
ce moment. Et on déménage
bientôt.
Merci beaucoup Olivier Faure d'avoir été avec nous
ce matin sur
RTL.
Une grève sert à instaurer un rapport de force avec un gouvernement qui ne veut pas négocier, vient de nous dire Olivier Faure, on ne peut pas parler de privilégiés pour les cheminots quand on fait cadeau de 5 milliards aux plus riches. Olivier Faure qui confirme l'arrivée d'une nouvelle génération et d'un renouvellement au parti. socialiste, l'entretien est à retrouver dans son intégralité sur le site RTL.fr. Auparavant, c'est pris un site. Sous
-titrage FR ? Sous-titrage FR ? Merci.
Olivier Faure