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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 6 octobre 2018 17 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesImmigration & asileSantéEurope & international

Aurélien Taché

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:04OuverteÉludée

    Faites-vous partie des députés macronistes un peu déboussolés en ce moment par les dernières séquences politiques qui touchent l'exécutif ?

  • 0:19ComplaisanteRéponse directe

    Anne-Christine Lang, par exemple, qui a quelques états d'âme sur ce qui se passe en ce moment.

  • 1:04RelanceRéponse partielle

    La démission de Gérard Collomb est-ce que vous n'y voyez pas comme un autre doigt d'honneur fait à Emmanuel Macron ?

  • 1:44RelanceRéponse partielle

    Ces dernières démissions apparaissent tout de même comme un symbole d'incompréhension entre le chef de l'État et ses ministres.

  • 2:53RelanceRéponse partielle

    Le style Macron semble faire débat. Est-ce que le gouvernement n'a pas été un peu hautain parfois ?

  • 3:17RelanceRéponse directe

    Est-ce que le gouvernement n'a pas été un peu hautain parfois avec les parlementaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Cette semaine, on a voté encore deux lois très importantes à l'Assemblée, la loi Pacte, qui va permettre à tous les Français qui veulent créer une entreprise de le faire beaucoup plus simplement, la loi Elan, qui va aussi permettre la construction de logements. »
  • 1:23Invité politiqueFait
    « Il a eu en 16 mois l'occasion de faire adopter des lois importantes sur la sécurité, sur l'immigration et sur d'autres sujets. »
  • 2:16Invité politiqueChiffre
    « Quel président a engagé autant de réformes en un an et a pris autant de chantiers en profondeur sur des sujets extrêmement importants comme celui de la lutte contre la pauvreté, comme celui de la réforme de la santé, comme des sujets aussi qui ont consisté à faire des réformes comme libérer la SNCF, le Code du Travail, et rester populaire, et rester complètement compris dans les premiers mois qui ont suivi ces réformes. »
  • 5:44Invité politiqueChiffre
    « Non, non, la France, c'est le premier pays qui accueille les demandeurs d'asile encore en Europe à ce stade. »
  • 6:45Invité politiquePromesse
    « Alors l'idée serait de dire que finalement, quand on a, et on a déjà beaucoup de français qui font ça, des français qui hébergent des réfugiés qui ont été protégés par la France, des gens qui ont eu un titre de séjour, eh bien ils peuvent déduire une partie de leurs impôts jusqu'à 1500 euros par an pour les frais que ça peut aussi occasionner d'avoir finalement cet acte de solidarité. »
  • 8:15Invité politiqueChiffre
    « 6 200 euros, c'est la CSG de tous les Français qui vont payer ces allocations. »
  • 11:56Invité politiqueChiffre
    « Et donc, avec l'argent dégagé par ces privatisations, on aura 10 milliards d'euros pour les financer. »
  • 12:47PrésentateurPromesse
    « C'était d'ailleurs une promesse de campagne du candidat Macron. »
  • 14:22Invité politiqueFait
    « Moi si je regarde un petit peu ce qui se passe à Londres, ce qui se passe du côté des travaillistes anglais, est quelque chose qui semble regretté. »
  • 14:50Invité politiqueFait
    « On a eu des avancées sur le glyphosate, on a eu des avancées en matière écologique au plan européen grâce à l'action d'Emmanuel Macron et de Nicolas Hulot à l'époque. »

Temps de parole

  • Aurélien Taché70 %
  • Présentateur27 %
  • Invité3 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Aurélien Taché, député La République En Marche du Val d'Oise. Faites-vous partie des députés macronistes un peu déboussolés en ce moment par les dernières séquences politiques qui touchent l'exécutif ?

0:12
Aurélien Taché

Alors pas du tout, et j'en ai vu même assez peu, moi, des députés déboussolés, donc il faudrait qu'on me les présente, puisque cette semaine...

0:19
Présentateur

Anne-Christine Lang, par exemple, qui a quelques états d'âme sur ce qui se passe en ce moment.

0:23
Aurélien Taché

D'accord, alors je n'ai pas pu en discuter avec Anne-Christine, mais je le ferai. Elle se dit abasourdie par ce qui se passe en ce moment. Bon, il y a une séquence là où on a beaucoup de choses qui se passent, effectivement, avec notamment des démissions individuelles, un certain nombre de choses, mais quand même, dans l'ensemble, moi, ce que je voudrais dire, c'est qu'en aucun cas, ce n'est venu perturber l'ensemble de ce qu'on fait.

Cette semaine, on a voté encore deux lois très importantes à l'Assemblée, la loi Pacte, qui va permettre à tous les Français qui veulent créer une entreprise de le faire beaucoup plus simplement, la loi Elan, qui va aussi permettre la construction de logements, et je ne voudrais pas que les choix personnels des uns ou des autres occultes l'essentiel, c'est-à-dire qu'on est toujours au travail. On va parler des réformes. On a fait plus qu'en 10 sur tous ces sujets, et que donc, ça, ça me semble quand même le plus important.

1:04
Présentateur

Évidemment, le gouvernement travaille, mais il n'empêche que la démission de Gérard Collomb, par exemple, est-ce que vous n'y voyez pas comme un autre doigt d'honneur fait à Emmanuel Macron ?

1:14
Aurélien Taché

Non, je ne crois pas que Gérard Collomb ait eu l'intention d'avoir un geste aussi désobligeant envers le Président. Écoutez, il a fait un choix, Gérard Collomb, voilà, moi, je salue son bilan. Il a eu en 16 mois l'occasion de faire adopter des lois importantes sur la sécurité, sur l'immigration et sur d'autres sujets. Maintenant, voilà, il a fait un choix personnel. Moi, mon idée, c'est qu'on continue d'avancer, qu'on regarde plutôt vers l'avenir, et Gérard Collomb, maintenant, il est engagé dans un scrutin à Lyon qui nous concerne un peu moins, nous, les députés et le gouvernement.

1:44
Présentateur

On va évidemment parler des réformes, mais si j'insiste sur ces signaux, c'est que ces dernières démissions apparaissent tout de même comme un symbole d'incompréhension, visiblement, entre le chef de l'État et quelques-uns de ses ministres, une incompréhension palpable aussi parfois dans la rue, lors des rencontres d'Emmanuel Macron avec les Français. Vous ne le sentez pas, ça ?

2:06
Aurélien Taché

Moi, je vois bien qu'il y a des questions des Français qui se posent, c'est très clair, mais en même temps, quel président a engagé autant de réformes en un an et a pris autant de chantiers en profondeur sur des sujets extrêmement importants comme celui de la lutte contre la pauvreté, comme celui de la réforme de la santé, comme des sujets aussi qui ont consisté à faire des réformes comme libérer la SNCF, le Code du Travail, et rester populaire, et rester complètement compris dans les premiers mois qui ont suivi ces réformes.

Moi, je préfère que des questions se posent parce qu'on agit fortement et que derrière, des résultats arriveront ou pas, mais c'est là-dessus que les Français jugeront, que des questions se posent parce qu'on serait dans l'inaction, comme ça a été souvent le cas des majorités ou des précédents présidents.

2:48
Présentateur

Ce n'est pas l'inaction qui est reproché à Emmanuel Macron, c'est un certain style en ce moment qui rappelle d'autres présidences. Le style Macron semble, pour l'instant, faire débat. Quand Gérard Collomb dit que l'exécutif macronien a peut-être manqué d'humilité, quand François Hollande dit qu'il ne faut pas confondre hauteur et hautain, est-ce que vous ressentez, vous, en tant que parlementaire, parfois un peu de... Je vais reprendre le terme hautain. Est-ce que le gouvernement, est-ce que l'exécutif n'a pas été un peu hautain, parfois, avec les parlementaires, pour commencer ?

3:17
Aurélien Taché

D'abord, je n'ai pas dit que c'était l'inaction qui était reprochée à Emmanuel Macron. Au contraire, j'ai parfois le sentiment que c'est qu'on agirait trop et trop vite. Mais je préfère qu'on ait ce reproche-là que le reproche de l'inaction, comme par exemple, ça pouvait être le cas pour François Hollande, pour être très clair. Pour ce qui est de ce que vous évoquez sur la question du style et de la forme, écoutez, voilà, il a un style très direct, le président de la République. Il l'a dit cette semaine encore. Il l'a dit, voilà, je suis comme ça. Et c'est aussi, à mon avis, quelque chose de nouveau dans la vie politique, d'assumer son caractère, d'assumer son langage de vérité.

Ça plaît ou ça déplaît ? Bon, très bien. Je crois encore une fois que l'essentiel, c'est d'avoir un président qui est capable d'avoir ce dynamisme, d'avoir cette énergie, d'avoir cette volonté d'avancer. Et que la question du style, moi, en tout cas, en tant que parlementaire, non, elle ne m'a jamais posé de problème, bien au contraire. Et je crois qu'elle est quand même secondaire par rapport aux résultats et à l'action qu'on entreprend.

4:10
Présentateur

Est-ce que le remaniement attendu et de nature a redonné un peu d'élan à l'exécutif en ce moment ?

4:16
Aurélien Taché

En tout cas, c'est sûr que s'il y a des changements qui sont faits, c'est toujours une nouvelle équipe qui arrive, un nouvel élan, un nouveau souffle. Je pense qu'à l'approche des élections européennes, qui vont être extrêmement importantes, c'est bien aussi qu'on puisse vraiment se mettre dans une dynamique comme ça, très offensive. Moi, en tout cas, c'est le souhait que j'ai, parce qu'il y aura des sujets comme la question des migrations, que les progressistes doivent prendre à bras-le-corps, la question du climat, qui ne pourront vraiment obtenir des résultats que si on gagne ces élections européennes. Et on a vraiment besoin d'être tous tournés vers cet objectif.

4:45
Présentateur

Préférez-vous un large remaniement de votre côté en tant que parlementaire, un large remaniement comme semble le souhaiter le Premier ministre, ou alors une équipe, un remaniement plus restreint ?

4:54
Aurélien Taché

Non, ça, après, là, je vraiment, j'outrepasserai, moi, en tant que parlementaire, mes prérogatives en donnant mon avis là-dessus. Moi, je pense qu'il faut regarder, que le Premier ministre et le Président de la République regardent, voilà, quels sont, à leur avis, les endroits où il faut renforcer, changer.

5:09
Présentateur

Le parlementaire que vous êtes peut avoir un point de vue sur la nouvelle dynamique que ça peut insuffler ?

5:13
Aurélien Taché

Moi, mon seul objectif, c'est ce que je vous ai dit avant, toutes les décisions qui doivent être prises maintenant doivent être, à mon avis, dans l'optique de gagner les élections européennes. Voilà, parce que je crois vraiment que la poursuite de la transformation qu'on a engagée ne pourra pas être aussi forte si on ne gagne pas ces élections en matière sociale, en matière environnementale et en matière migratoire aussi. Et on voit qu'il y a encore vraiment plus que jamais besoin de réponses européennes fortes sur ces questions. L'Aquarius a des difficultés pour naviguer. Des migrants continuent d'arriver et Salvini continue de les rejeter. Donc, on a vraiment...

5:42
Présentateur

La France aussi les rejette ?

5:44
Aurélien Taché

Non, non, la France, c'est le premier pays qui accueille les demandeurs d'asile encore en Europe à ce stade. Ça se passe plutôt dans de bonnes conditions. Moi, je vais proposer dans le projet de loi de finances qu'on va débattre dans les semaines qui viennent, un crédit d'impôt pour les Français qui acceptent d'héberger des réfugiés, parce que je pense que l'affaire de l'accueil et de l'intégration, c'est l'affaire de toute la société. Et la France est un pays... Il faut sortir de l'émotion sur ce sujet.

Il faut arrêter d'être vraiment dans une politique de dire, voilà, si on n'accueille pas tout le monde, on est forcément des gens qui sont à mettre sur le même plan que Salvini, ou si on accueille au contraire, ou au contraire, il ne faudrait accueillir personne, parce que sinon, on serait des irresponsables. Il faut avoir un discours rationnel. On peut se demander qui doit venir, ce sont ceux qui ont droit à l'asile. On peut se demander ce qui doit se passer ensuite. Il faut pouvoir permettre des heures de français. Il faut orienter vers des métiers où la France a besoin. Et si on fait tout ça, l'immigration peut être une chance pour ceux qui viennent, comme pour le pays qui les accueille.

6:37
Présentateur

Aurélien Taché, comment fonctionnerait votre crédit d'impôt en fonction des accueils de migrants ? Ça fonctionnerait comment ?

6:43
Aurélien Taché

Alors l'idée serait de dire que finalement, quand on a, et on a déjà beaucoup de français qui font ça, des français qui hébergent des réfugiés qui ont été protégés par la France, des gens qui ont eu un titre de séjour, eh bien ils peuvent déduire une partie de leurs impôts jusqu'à 1500 euros par an pour les frais que ça peut aussi occasionner d'avoir finalement cet acte de solidarité. Je trouverais que ce serait un beau signal qu'on enverrait dans des moments un petit peu troublés.

7:06
Présentateur

Alors à propos des réformes, le gouvernement étudie la piste d'une dégressivité des allocations chômage dans certains cas, a dit le Premier ministre. La mesure s'inscrit dans un plan d'économie de près de 3 milliards d'euros sur l'allocation chômage. Mais les contours de cette réforme restent pour l'instant toujours un peu flous. Par exemple, qui devrait être concerné par cette dégressivité des allocations chômage ?

7:28
Aurélien Taché

Alors moi j'avais fait une proposition puisque j'ai été co-rapporteur de la loi pour choisir son avenir professionnel donc cet été qui a permis déjà d'ouvrir le chômage aux salariés démissionnaires, aux travailleurs indépendants et qui a permis comme ça un certain nombre d'avancer. Mais une discussion a repris là entre les partenaires sociaux. Moi j'avais trouvé que, je trouverais qu'à un moment on va changer de logique sur le chômage. On va vraiment se dire, voilà, est-ce que nos règles permettent finalement à chacun de saisir les opportunités qui se présentent à lui ? Et est-ce que...

7:57
Présentateur

En gros, un cadre et puis...

7:59
Aurélien Taché

Oui, on va passer dans un système où il faut se demander comment la solidarité peut couvrir chacun à hauteur de ses besoins. Donc pour être clair, maintenant que ça va être financé par l'impôt, moi je me demande si, est-ce qu'on doit bien avoir des allocations chômage qui vont encore jusqu'à 6 000 euros par mois ?

8:14
Présentateur

6 200 euros c'est le plafond ?

8:15
Aurélien Taché

6 200 euros, c'est la CSG de tous les Français qui vont payer ces allocations. Donc les retraités, les revenus de l'épargne, les revenus locatifs, c'est plus uniquement les cotisations salariales. Donc dans un système comme celui-ci, on pourrait se demander s'il ne pourrait pas y avoir une part de dégressivité pour les plus hautes allocations à partir d'une certaine durée, je ne sais pas, à partir de 6 mois ou un an par exemple. Je trouverais que ce serait intéressant, maintenant c'est aux partenaires sociaux, de poursuivre leur discussion et de voir s'ils ont envie d'introduire une mesure telle que celle-ci.

8:41
Présentateur

Aurélien Taché, député de La République En Marche, vous restez avec nous, on va poursuivre cet entretien avec Patricia Martin, avec les questions des auditeurs. Le standard est ouvert, vous nous appelez, c'est au 01-45-24-7000, à tout de suite.

8:56
Invité

France Inter, le 6-9 du week-end.

8:59
Présentateur

Invité ce matin sur France Inter, le député de La République En Marche, Aurélien Taché. On va parler des réformes du gouvernement, on a parlé déjà des mauvaises séquences qui concernent l'exécutif. On va reprendre cet entretien avec une première question de Patricia Martin.

9:13
Invité

Sur la réforme de la santé, Aurélien Taché, un des objectifs, c'est d'améliorer la qualité des soins, donc de porter une attention particulière à la profession d'infirmière et d'aide-soignante. J'emploie le féminin, mais il y a aussi des hommes. C'est un métier que vous connaissez bien, puisque je crois que c'était celui de votre mère. Est-ce qu'il y a évidemment beaucoup à faire en la matière ? Est-ce que vous comprenez la colère des soignants ? Je la comprends parfaitement,

9:38
Aurélien Taché

parce que c'est vrai que j'ai vu pendant des années ma maman aller embaucher à 5h le matin ou alors revenir à 22h les week-ends, parce que c'est compliqué quand on est aide-soignante, infirmière, et qu'on a des jeunes enfants, une vie de famille, de pouvoir tout concilier, parce que le travail est exigeant. Aujourd'hui, on a pendant des années fait trop longtemps peser tout l'effort sur l'hôpital, et donc on avait des personnels qui étaient parfois dans une souffrance au travail.

On avait aussi des usagers qui pouvaient se retrouver comme ça dans une forme de solitude, parce qu'on en demandait certainement trop à l'hôpital, et l'objectif qu'on poursuit avec cette réforme que propose Agnès Buzyn, c'est vraiment justement d'avoir une autre logique, de ne plus tout faire peser sur l'hôpital, de pouvoir pour les premiers soins aller dans des centres médicaux de proximité qui seront bientôt créés, et d'ajouter justement fortement cette notion de proximité, puisque quand on est malade, quand on a une pathologie, et bien si en plus vous ajoutez une forme de quelque chose qui pourrait conduire à une forme de déshumanisation, parce que vous avez quelque chose qui serait trop industriel, un hôpital qui serait trop sollicité, et bien vous ajoutez de la souffrance pour les personnels comme pour les patients, et donc cette réforme, c'est ça qu'elle propose.

10:47
Invité

C'est valable pour l'hôpital ? C'est aussi valable pour les EHPAD ?

10:49
Aurélien Taché

C'est aussi valable pour les EHPAD, où là aussi on voit bien que parfois les personnels sont tellement contraints qu'il peut y avoir une forme de maltraitance, pas toujours d'ailleurs voulue, et je crois qu'on a vraiment besoin de prendre soin de nos aînés, donc le chantier de la dépendance sera ouvert, une grande loi sera entamée, ça aussi ça fait partie des grands chantiers que beaucoup de majorités avaient annoncés sans jamais s'y coller, et nous on va le faire, parce qu'on a vraiment besoin d'avoir, pour le grand âge de la dépendance, quelque chose qui soit mis en place de manière beaucoup plus importante qu'aujourd'hui.

11:13
Présentateur

Aurélien Taché, député de La République En Marche, des questions ce matin, des questions écrites à propos des réformes, et notamment de la loi Pacte, qui est censée transformer les entreprises en les rendant plus compétitives, avec au passage quelques privatisations. D'ailleurs, pourquoi vouloir privatiser et la Française des Jeux et Aéroports de Paris ? Est-ce qu'il y a urgence à privatiser ces sociétés en ce moment ?

11:37
Aurélien Taché

Il y a urgence en tout cas à trouver des fonds pour financer l'innovation, et c'est bien à ça que vont servir ces privatisations. On a une économie en France qui est dynamique, avec beaucoup de start-up, avec beaucoup de jeunes entrepreneurs qui se lancent, mais on a besoin de mieux financer cette innovation. Et donc, avec l'argent dégagé par ces privatisations, on aura 10 milliards d'euros pour les financer. Cette loi, elle est vraiment extrêmement importante. Elle va permettre, je le disais tout à l'heure, de lever tout un tas de blocages quand vous voulez créer une entreprise. Ce sera beaucoup plus simple, et ça correspond à la logique qu'on défend dans tous les domaines.

La loi pour choisir son avenir professionnel, c'était de lever les blocages pour accéder à la formation, les ordonnances travail, lever les blocages pour recruter, élan pour construire des logements. Donc, on voit bien qu'on est toujours dans cette dynamique un peu de modernisation, de simplification et de libération de tout un tas de secteurs. Et puis, elle va aussi permettre de renforcer les droits des salariés. Les salariés seront mieux représentés dans les conseils d'administration. L'intéressement et la participation, qui permettent de donner une épargne aux salariés, sera plus importante.

Donc, c'est aussi une loi très forte pour tous ceux qui travaillent dans les entreprises françaises.

12:38
Présentateur

Une loi Pacte qui va rendre aussi obligatoire la publication des écarts de salaire dans les entreprises qui sont cotées en bourse. C'était d'ailleurs une promesse de campagne du candidat Macron. Est-ce que c'est un gadget, finalement, ou est-ce que ça va véritablement avoir un impact sur les rémunérations dites abusives ?

12:56
Aurélien Taché

Moi, je pense que ça peut avoir un véritable impact dans les pays où c'est pratiqué, dans les pays anglo-saxons notamment. On voit que les inégalités, finalement, avant transfert, avant que les mesures sociales ne redistribuent la richesse, sont moins fortes. Et ça, c'est un des vrais sujets de la France. En France, les inégalités sont très contenues par la sécurité sociale, par les impôts et par la redistribution que les transferts produisent. Mais avant que cela agisse, les écarts de salaire sont très très forts. Et on voit donc que ça veut dire qu'on a des petits salaires qui sont trop faibles. Donc, ces mesures de transparence peuvent, à mon avis, améliorer ça.

13:30
Présentateur

Question des auditeurs de France Inter, également à propos des européennes, en rappelant que ça risque d'être un peu sévère pour la République en marche, pour les macronistes, pour les élections européennes, dans la mesure où on n'avait pas beaucoup d'ancrage, pas d'expérience, pas de relais en Europe. Quelles sont les ambitions macroniennes pour ces élections européennes ?

13:48
Aurélien Taché

Elles sont très importantes, les ambitions. Et si vous avez des auditeurs qui font un constat de sévérité, j'espère qu'on arrivera à le démentir. Non, non, je pense que la question de l'ancrage, qui est une vraie question pour des élections locales, se pose moins pour les élections européennes. Là, ce qui va se jouer aux élections européennes, c'est finalement quelque chose de très simple. Est-ce qu'on arrête ou est-ce qu'on continue avec l'Europe ?

Est-ce que finalement, comme les populistes, et par exemple Marine Le Pen et ses amis, et finalement les positions de Laurent Wauquiez ne sont pas très éloignées, ont raison et disent on sort de l'Europe et on fait comme l'Angleterre avec le Brexit, qui aujourd'hui, moi si je regarde un petit peu ce qui se passe à Londres, ce qui se passe du côté des travaillistes anglais, est quelque chose qui semble regretté. On parle d'un nouveau référendum. Donc on voit bien que cette voie-là n'est absolument pas la bonne parce que pour l'économie anglaise, c'est une catastrophe. Ou est-ce qu'au contraire, on parachève l'Europe, on va plus loin sur un certain nombre de sujets ?

La question des migrations, j'en ai parlé tout à l'heure. On doit avoir des centres qui permettent de répartir les réfugiés en Europe, qui permettent vraiment de traiter cette question au niveau européen. La question du climat, on a eu des avancées sur le glyphosate, on a eu des avancées en matière écologique au plan européen grâce à l'action d'Emmanuel Macron et de Nicolas Hulot à l'époque, qui est maintenant parti et je le regrette. On doit aller plus loin. Donc sur tous ces sujets-là, il faut pouvoir porter ces questions au niveau des élections.

15:03
Présentateur

Mais est-ce que les populismes en Europe ne risquent pas de faire, de limiter le débat de la campagne européenne à un débat pour ou contre l'Europe, populiste ou progressiste ? Est-ce que ça ne va pas être un débat un peu restreint ?

15:15
Aurélien Taché

Mais vous avez raison, je pense que c'est un peu, et pour le coup, peut-être c'est la seule chose que je partage avec les populistes, mais pour le coup, c'est un peu la question qui va se poser. C'est est-ce qu'on arrête l'Europe ou est-ce qu'on va plus loin sur le transfert d'un certain nombre de compétences, sur la construction d'une vraie souveraineté européenne ? Nous, c'est ce qu'on défendra à la République en France.

15:32
Présentateur

Des questions des auditeurs également sur le côté hétéroclite des macronistes avec des différences qui peuvent parfois devenir de sérieuses divergences. Et je fais référence, pour être plus précis, à l'un de vos collègues En Marche, François Cormier-Boulijon, élu du Cher, qui vous reproche son emménagement d'ailleurs d'avoir favorisé le communautarisme au motif que vous avez une vision de la laïcité assez ouverte aux religions. Vos divergences au sein des macronistes, est-ce que ça ne risque pas de devenir finalement un handicap tellement hétéroclite que finalement, il y a des divergences ?

16:05
Aurélien Taché

Non, mais vous savez, il y a un an, on disait qu'on était une majorité godillot qui n'avait d'avis sur rien. Et puis après, quand on a des avis comme ça, un peu différents, moi je crois au contraire que c'est ce qui fait la force de La République En Marche, on viendrait nous le reprocher. Non. Sur ce sujet-là, moi j'ai réagi aussi un peu fortement aux propos de mon collègue, parce que c'est vrai que c'est un sujet qui fait appel à des valeurs que je défends depuis longtemps, des valeurs finalement de tolérance, de liberté, et que j'en ai marre que parfois... Vous étiez favorable

16:35
Présentateur

au port du voile ?

16:36
Aurélien Taché

Oui, j'en ai marre que la question de la laïcité soit parfois instrumentalisée et tournée contre nos concitoyens musulmans. On a le droit de croire, c'est ça ? On a le droit de croire.

16:43
Invité

Individuellement, la société a le droit, c'est l'État qui doit être neutre.

16:46
Aurélien Taché

Exactement, on a le droit de croire, on a le droit d'exprimer le fait qu'on croit. Et je pense qu'il est très important et ce n'est pas être communautariste de faire ça que de maintenir le lien avec tous et y compris avec ceux qui croient. Merci beaucoup Aurélien Tachet, député de la République En Marche

16:58
Présentateur

d'être venu exposer votre point de vue ce matin sur France Inter. Merci et bonne journée.