Présidentielle : "J'apprécierai le moment venu ce que j'ai à faire", dit François Hollande
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Quel est le sens de ce livre ? Est-ce celui d'un ancien président ou d'un candidat ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est celui d'un candidat qui a déjà un programme prêt à l'emploi ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Êtes-vous candidat ou portez-vous simplement un projet ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Avez-vous signé un bail pour un QG de campagne ?
- 3:36OuverteRéponse directe
Revenez sur votre bilan de président avec cette anaphore : ai-je eu tort ?
- 3:53RelanceRéponse partielle
Ne sous-estimez-vous pas le rejet dont vous faites l'objet chez une partie du peuple de gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:42Locuteur non identifiéFait
« C'est-à-dire avec Vladimir Poutine et Donald Trump, sans oublier la Chine. »
- 2:06Locuteur non identifiéFait
« Autour de la seule priorité qui vaille dans une société qui vieillit, c'est-à-dire la jeunesse, l'éducation, la formation, la qualification, et aussi la transition écologique. »
- 6:44Locuteur non identifiéChiffre
« Vous proposez d'augmenter la TVA de 4 points, de 20 à 24 % pour financer une augmentation du salaire net des Français de 10 %. »
- 7:43Locuteur non identifiéFait
« La 24 %, c'est le taux moyen dans l'Union européenne. »
- 7:47Locuteur non identifiéChiffre
« Je propose de baisser de 5,5 à 0 la TVA sur les produits alimentaires et sur les travaux énergétiques. »
- 8:56Locuteur non identifiéFait
« Aujourd'hui on a une inflation supérieure à 2%, on a une croissance nulle, on a un chômage qui monte et on a une dette publique qui est considérable. »
- 11:40Locuteur non identifiéFait
« J'avais stabilisé la dette, et j'avais fait en sorte que les comptes sociaux soient équilibrés. »
- 11:44Locuteur non identifiéChiffre
« Aujourd'hui on a à la fois un déséquilibre des comptes sociaux, 25 milliards, et on a surtout un déficit public de 150 milliards du budget de l'État. »
- 14:01Locuteur non identifiéFait
« La première condition pour que nous soyons efficaces, c'est d'appliquer le pacte asile-immigration que l'Europe vient de mettre en place. »
- 15:04Locuteur non identifiéFait
« Il faut que les personnes qui rejoignent leur conjoints parlent le français et respectent les lois de la laïcité. »
- 17:56Locuteur non identifiéFait
« Le mois de décembre, dans une élection présidentielle, c'est le mois clé. »
- 20:32Locuteur non identifiéFait
« Si Mme Le Pen arrivait au second tour et gagnait l'élection présidentielle, elle aurait une majorité à l'Assemblée, mécaniquement. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié67 %
- Locuteur non identifié 216 %
- Présentateur9 %
- ?4 %
- Auditeur4 %
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Et dans le grand entretien ce matin, nous recevons donc un ancien président de la République, député socialiste et peut-être, peut-être futur candidat à l'élection présidentielle. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour François Hollande.
Bonjour, bonjour.
Merci d'être avec nous ce matin, d'avoir choisi France Inter pour venir parler de votre nouveau livre. Ça s'appelle « Unir », sous-titré « Nouveau Monde, Nouvelle Gauche » aux éditions Robert Laffont. Vous y faites de nombreuses propositions pour le pouvoir d'achat, sur l'immigration notamment. On va y revenir. On va aussi parler de la situation à gauche, alors que vous refusez toujours de participer à la primaire de la gauche dite sociale-démocrate. On essaiera de comprendre quelle est votre ambition et votre calendrier. Mais d'abord, expliquez-nous, François Hollande, quel est le sens de ce livre ?
Est-ce que c'est celui d'un ancien président qui veut mettre à profit son expérience pour éclairer la nouvelle génération
?
Ou est-ce que c'est celui d'un candidat qui a déjà un programme prêt à l'emploi
? C
'est celui de François Hollande qui regarde
le
monde tel qu'il est, qui est beaucoup plus dangereux que celui-même que j'avais pu affronter lorsque j'étais président de la République. Et une société française qui est beaucoup plus divisée que ce que j'avais pu avoir à connaître comme chef de l'État.
Et
nous sommes à la veille d'une élection qui va être non seulement majeure pour les Français, pour leur vie, pour la France, pour sa place dans le monde, mais aussi pour l'Europe, parce que ce qui sortira du scrutin du mois de mai prochain déterminera à la fois ce que la France peut faire,
ce
que la France a comme rôle, et ce que deviendra aussi l'Europe dans le monde tel que je l
'ai
décrit, c'est-à-dire avec Vladimir Poutine et Donald Trump, sans oublier la Chine. Donc, quel était mon rôle ? Quel est encore mon rôle ? C'est de transmettre, effectivement, l'expérience que j'ai, de donner, avoir un projet, car il y a aujourd'hui une nécessité que la France soit beaucoup plus forte qu'elle ne l'est aujourd'hui,
et
qu'elle soit plus unie pour être plus forte. Alors, autour de quoi ? Autour de la seule priorité qui vaille dans une société qui vieillit, c'est-à-dire la jeunesse, l'éducation, la formation, la qualification, et aussi la transition écologique, la planification écologique, parce que nous sommes à un moment, on l'a vu cet été, mais c'était déjà vrai, y compris lorsque j'étais président de la République avec la COP21, c'est-à-dire nous sommes devant une transformation des éléments de la vie sur la planète.
Alors, on va parler de votre vision de ces propositions, qui seront donc celles que vous porterez devant les Français, si d'aventure, vous êtes candidat.
Mais
aujourd'hui, je ne suis pas dans cette temporalité, comme vous dites, c'est-à-dire, je porte un projet, je le livre aux Français, c'est le but d'un livre, je ne me place pas dans une candidature, il y en a suffisamment aujourd'hui, j'apprécierai le moment venu, ce que j'ai à faire. Mais aujourd'hui, ce que les Français, et pas simplement les Français, ce que le monde attend, c'est de savoir ce que nous voulons faire de notre pays. François Hollande, on va rentrer dans le détail de vos propositions, simplement pour tenter d'évacuer ce sujet, même si vous n'y rentrez pas tout à fait.
Et nos confrères de Politico nous apprennent ce matin que vous avez, ou que vous vous apprêtez à signer le bail pour un QG de campagne. Alors là, c'est la première personne qui signe un QG de campagne sans être candidat.
Non,
ce n
'est
pas un QG de campagne, ce n
'est
pas d'ailleurs moi qui signe ce bail, comme vous dites, ce sont des amis, parce que je ne
veux pas... Ah bon,
désintéressé que vous ne
connaissez pas ? Je ne veux pas, y
compris pour la promotion de ce livre, confondre ce que je fais comme ancien président, avec les moyens qui sont assignés, avec ce que doit être en totale transparence l'avis d'un auteur, demain, qui aura à prendre sa responsabilité. Oui. Bon. François Hollande, d'un mot avant de parler de ces propositions, vous revenez dans l'introduction de votre livre, sur votre bilan de président de la République, avec une anaphore, c'est visiblement votre spécialité, cette fois ce n'est pas moi président, comme pendant le débat d'entre deux tours, c'est, ai-je eu tort ? Ai-je eu
tort
sur la politique internationale, sur la question climatique ? Est-ce que vous ne sous-estimez pas le rejet dont vous faites l'objet chez une partie du peuple de gauche, et qui pourrait être un obstacle, si d'aventure, vous vous présentiez à nouveau devant les Français ? Est-ce que vous ne... peut-être que vous ne mesurez pas suffisamment
le...
voilà, la rupture, la fracture qu'a représentée ce quinquennat ? Je ne suis plus dans ce débat-là, de savoir si je dois être encore regardé sur le bilan, je l'assume, j'en vois aussi les insuffisances.
Ce
qui compte pour moi, ce n
'est
pas de savoir ce que pense tel ou tel,
c
'est de savoir ce que nous allons faire ensemble, les Français, en 2027. Jamais la situation n'a été aussi grave. Nous vivons deux guerres. Au moment où nous avons parlé, il y a eu à la fois des bombardements sur Kiev, et il y a eu des bombardements entre les Etats-Unis et l'Iran sur des bases ou sur des sites. Est-ce qu'on mesure bien ce qui est en train de se produire dans le monde ? Et nous, on est là en train de parler de telle ou telle mesure qui peut être intéressante par ailleurs, ou de telle ou telle procédure.
Mais non, aujourd'hui, ce qui est en cause, c'est de savoir ce que nous, Français, parce que nous ne sommes pas n'importe quel peuple, il se trouve que la France est l'élément moteur de la construction européenne, et que la France est un pays, membre du Conseil de sécurité, qui affirme son indépendance et qui doit peser sur les Etats-Unis comme sur la Russie. Donc, c'est ça l'enjeu principal. Et par ailleurs, quand je vois la société aussi divisée, avec des extrêmes qui jouent la division, je me dis, mais ce
n
'est pas possible que nous arrivions là, en 2027, dans un affrontement, une bipolarisation qui serait entre les extrêmes. Donc, l'enjeu, c'est d'unir. Parce que les Français sont finalement beaucoup plus en cohésion qu'ils ne le croient eux-mêmes. Mais faut-il leur proposer un projet ? Moi, je leur propose un projet. Et un projet, bien sûr, on peut me juger moins, mais ce qui compte, c'est moins ma personne aujourd'hui que ce que je vais avancer dans le débat public.
Sauf que ce qui nous intéresse précisément, François Hollande, c'est votre vision du monde et votre vision de la France. Quand vous sous-titrez votre livre Nouveau Monde, Nouvelle Gauche, est-ce que ça veut dire aussi que vous vous présentez comme un nouveau François Hollande
?
On n
'est
jamais complètement nouveau, ça fait partie. Oui, le j'ai changé. Oui, le j'ai changé. Vous savez, je ne suis plus au pouvoir, mais je sais maintenant tout ce qu'il faut faire que je n'ai pas pu faire quand j'étais au pouvoir. Je suis très frappé de la facilité avec laquelle tous ceux qui ont gouverné depuis 10 ans, vous les reconnaîtrez aisément, prouvent les solutions, y compris dans des domaines qui n'ont pas été forcément les meilleurs pour leur gestion, qu'ils proposent aux Français aujourd'hui. Je peux être dans le lot, donc j'assume.
Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'aujourd'hui, ce qui doit bien nous mettre en mouvement, c'est de savoir ce que nous voulons faire en tant que pays. C'est la France qui est en cause. Justement, François Hollande, rentrons dans le vif du sujet de vos propositions. D'abord sur le plan économique. Il
y
a une mesure que vous suggérez qui a été très commentée. Vous proposez d'augmenter la TVA de 4 points, de 20 à 24 % pour financer une augmentation du salaire net des Français de 10 %. Olivier Faure dans les colonnes du Parisien dimanche vous reproche de vouloir augmenter, je cite, l'impôt le plus injuste en France. Est-ce qu'on peut être de gauche et vouloir augmenter la TVA qui frappe tous les Français de façon indifférenciée
?
Être de gauche, pas simplement d'ailleurs de ce point de vue-là, c'est vouloir que les salaires augmentent,
que
le travail soit mieux rémunéré.
Donc
une des façons de mieux rémunérer, c'est de faire qu'il y ait moins de cotisations sociales salariales
payées
par les travailleurs.
C
'est la proposition que je fais.
Pour
financer la baisse des cotisations salariales, qui permettrait donc une augmentation de pouvoir d'achat d'à peu près 10 %.
Il
faut trouver de la recette pour compenser la baisse des cotisations salariales. Je propose d'augmenter d'un point par an pendant 4 ans la TVA au taux normal. La 24 %, c'est le taux moyen dans l'Union européenne. Mais je propose de baisser de 5,5 à 0 la TVA sur les produits alimentaires et sur les travaux énergétiques.
Et sur les
carburants.
Et sur
les carburants, on peut faire une mesure ponctuelle sur les carburants,
parce que les carburants, ce n
'est
pas à 5,5, c'est à 20. Mais ce que je veux dire par là, c'est qu'on peut faire une mesure qui est doublement avantageuse pour le pouvoir d'achat des travailleurs, c'est-à-dire d'une part augmenter le salaire net, et d'autre part baisser les prix de
l'alimentation aujourd'hui sur l'énergie. C'est la puissance
publique qui se substitue au geste que pourraient faire les entreprises en décidant d'augmenter leurs salariés. Vous comprenez ce reproche qui peut être
fait à cette mesure ? Mais ça ne l'exclut
pas. Ça ne l'exclut pas. Les employeurs, dans des négociations, doivent également augmenter le salaire brut qui doit être à ce moment-là aussi proche du salaire net. Les deux vont ensemble. Mais pour augmenter les salaires
pour
les employeurs, il
faut
qu'il y ait de la croissance, de l'activité économique. C'est pour ça que l'union que je propose, c'est aussi d'investir massivement dans la décarbonation et massivement aussi dans les nouvelles technologies. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui la France a une croissance nulle ? Il faut regarder aussi le bilan. Aujourd'hui on a une inflation supérieure à 2%, on a une croissance nulle, on a un chômage qui monte et on a une dette publique qui est considérable. Donc si on veut sortir de ce étau-là, il faut investir massivement dans les investissements technologiques et écologiques.
Investir dans la décarbonation, mais pourtant il y a dans ce mécano de TVA, il y a cette curiosité qui est que vous voulez mettre à zéro la TVA sur l'énergie dont les carburants.
Donc subventionner les énergies
fossiles.
Les carburants, vous avez vu aujourd'hui, compte tenu de la situation internationale, nous avons une augmentation considérable du prix du gaz
et
nous avons un prix de l'essence des carburants qui reste maintenant supérieur à 2 euros, voire 2,20 euros pour le diesel. Donc on peut trouver une mesure ponctuelle, ça ne peut pas être une mesure durable, la baisse de la TVA sur les carburants. En revanche, la baisse de la TVA,
c
'est-à-dire la suppression même du taux réduit de 5,5 sur les produits alimentaires, aujourd'hui quand l'inflation repart, c'est une mesure en faveur de
la TVA. Non
mais attendez François Hollande, la question que vous pose Florence,
c
'est est-ce qu'on peut se dire en faveur de la transition écologique, en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et dans le même temps prendre une mesure fiscale qui est une mesure de fait de subvention des énergies fossiles ? Vous avez vu le niveau du prix aujourd'hui ? Oui, au-dessus de 2 euros et
on en parle quotidiennement.
Est-ce que ça induit une baisse, oui, de la consommation des produits énergétiques ? À l'évidence. Donc de ce point de vue, on pourrait se dire, on n
'a
qu'à augmenter encore plus fortement le prix des carburants et on fera une mesure écologique. Non, il faut quand même qu'il y ait aussi une certaine...
Mais c'est
donc dans le match climat-pouvoir d'achat, c'est le pouvoir d'achat qui gagne
?
Mais dans une période où le prix des carburants, où le prix de l'énergie, le prix du gaz est aussi élevé, il faut quand même penser au pouvoir d'achat. C'est ponctuel, parce que les guerres ne doivent pas continuer. Ou alors c'est un reniement, un renoncement. C
'est
pour ça que je pense que le grand débat de la présidentielle, ce n
'est
pas simplement un débat intérieur, c'est aussi un débat international. Qu'est-ce que le prochain président de la République aura à faire dans le monde tel qu'il est ? Un mot encore François Hollande, et c'est à l'ancien président du ras-le-bol fiscal que je m'adresse. Sur le débat autour de la fiscalité, Raphaël Glucksmann propose de taxer ce qu'il appelle les méga-héritages au-dessus de 2 millions d'euros pour dégager de l'argent, lui aussi pour augmenter le salaire net des Français. Est-ce que ça c'est une bonne mesure de taxer de façon plus importante les grands héritages pour dégager des ressources ? Je vais d'abord répondre de manière générale.
La dette publique de la France a atteint un niveau record.
Vous
évoquez ce qui a changé depuis mon quinquennat. Moi j'avais stabilisé la dette,
et
j'avais fait en sorte que les comptes sociaux soient équilibrés. Aujourd'hui on a à la fois un déséquilibre des comptes sociaux, 25 milliards, et on a surtout un déficit public de 150 milliards du budget de l'État.
Et
nous avons des taux d'intérêt qui ne cessent d'augmenter.
Dans
quelques mois, dans quelques années, si nous ne faisons rien, nous aurons à consacrer, non pas rembourser, mais pour payer les charges d'intérêt, 100 milliards d'euros. Aujourd'hui c'est 70 milliards,
c
'est l'équivalent du budget de
l
'éducation nationale.
Je
vais parler de la finance, vous vous souvenez de la finance, mon ennemi ? Aujourd'hui l'impôt que nous payons,
par
les charges d'intérêt, c'est l'impôt que la finance prélève sur nous. C'est-à
-dire
que nous dépensons plus pour payer les intérêts de notre dette,
que
pour payer l'éducation de nos enfants. Donc à partir de là, je reviens à votre question, dire qu'on va redresser les comptes
publics
avec des économies, oui,
avec
des maîtrises de la dépense sûrement, avec
des réformes
structurelles sur les retraites et la santé, à l'évidence. Mais dire qu'il n'y aura pas d'augmentation de prélèvement est un mensonge. Il y aura des augmentations de prélèvement. Est-ce que ça doit être sur les plus nombreux ou les plus favorisés ? Ça doit être sur
les plus favorisés. Donc taxer les méga-héritages, comme le dit Raphaël Glucksmart
? Il faut regarder les choses telles qu'elles sont. Oui, il doit y avoir une contribution sur les gros héritages, mais elle sera forcément limitée. Aujourd'hui, les droits de mutation, c
'est
-à
-dire
les successions, les donations, c'est 18 milliards d'euros. On peut trouver 3, 4 milliards, mais on ne doublera pas la contribution sur l'héritage. Par ailleurs, les Français, ils sont quand même attachés à leur patrimoine transmis. Et donc il faut trouver plutôt des solutions en termes de donations aux petits-enfants pour essayer de fluidifier précisément, pour faire qu'on hérite beaucoup plus tôt dans la vie. François Hollande, tout à
l
'heure, Florence, vous demandez s'il y avait un nouveau François Hollande. Et c'est vrai que quand on lit les pages que vous écrivez sur l'immigration, on se pose la question, puisqu'on découvre avec une forme de surprise, qu'au-delà de la discussion annuelle au Parlement sur l'immigration de travail, qui là est une proposition qui peut être communément partagée, vous suggérez, vous, homme de gauche, de resserrer les conditions du regroupement familial.
Est-ce que ça veut dire que sur l'immigration, vous considérez que la gauche française doit regarder ce qui se fait, par exemple, dans les pays scandinaves, où c'est une ligne beaucoup plus dure, qui est proposée sur les questions migratoires ? D'abord, en
matière
d'immigration, nous avons une politique européenne.
Et
la première
condition
pour que nous soyons efficaces, c'est d'appliquer le pacte asile-immigration que l'Europe vient de mettre en place. Contrôle aux frontières, vérification rapide des situations des demandeurs d'asile, et renvoi de ceux qui ne peuvent pas y accéder. Sur le regroupement familial, parce qu'il y a l'immigration de travail, vous dites que tout le monde la partage, ce n
'est
pas tout à
fait vrai. Tout le
monde, j'ai dit que c'était une proposition
qui
faisait davantage consensus que
nous referions les critères de l'immigration familiale. Il y a l'olution de la
démographie, des tensions sur le marché du travail, nous aurons toujours besoin d'une immigration de travail. À nous de la fixer, de la définir, de dire sur quels emplois, avec
les personnes... Avec des
régularisations de travailleurs ou pas ? Avec des régularisations lorsque nous sommes dans des métiers en tension, et que ces personnes travaillent de manière clandestine. Deuxièmement, sur le regroupement familial, nous savons bien qu'il y a des règles qui ne sont pas respectées. Donc, pour l'immigration, pour le regroupement familial, il faut que les personnes qui rejoignent leur conjoints parlent le français et respectent les lois de la laïcité. Ce n
'est
pas déjà le cas
? Pas
toujours. Et ce n'est pas suffisamment vérifié. Par ailleurs, il y
a
des abus sur les mariages avec des personnes étrangères, mariages qui sont faits à l'extérieur de nos frontières, ce qu'on appelle les conjoints étrangers. Et là aussi, je pense qu'il faut resserrer. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Je veux dire par là que l'immigration, ça fait partie de ce qu'est la responsabilité d'un État. Et ce n
'est
pas une question simplement, est-ce qu'on est de gauche ou de droite ? On doit le faire avec humanité. Mais c'est à nous de définir ce que nous voulons avoir comme immigration ou ce que nous ne voulons pas. Par ailleurs, le vrai sujet sur l'immigration, vous le connaissez parfaitement, c'est de savoir si on raccompagne, c'est-à-dire si on écarte les personnes qui n'ont pas à faire valoir leurs droits ici.
Vous
le savez, le grand entretien est ouvert aux auditeurs qui peuvent vous poser leurs questions. Nous accueillons donc Gilles. Bonjour Gilles, bienvenue sur France Inter. Bonjour. Gilles, est-ce que vous êtes là
?
Manifestement, Gilles n'est pas là. Nous avons des petits soucis ce matin avec la régie.
Ce qui nous permet, François Hollande, avant de retrouver peut-être un auditeur, d'avancer sur les questions politiques. Vous avez avancé ce calendrier le mois de décembre. Vous refusez de participer à la primaire de gauche dite sociale démocrate. En fait, on a du mal à comprendre votre calendrier et votre objectif. Si on suit bien, il y aura un candidat désigné au mois d'octobre. Et votre pari, c'est que ce candidat de gauche s'effondre et que vous puissiez récupérer la mise, miser sur l'échec d'un de vos camarades. Ce n
'est
pas très confraternel, ça. Alors, n'ayant pas pu répondre à Gilles, je vais répondre
à Gilles. Je suis désolé.
Je ne sais pas si c
'est la même question. Je vais finir par vous donner cette question. Non, ça, c'est une autre.
Je vais répondre aussi clairement. Je ne suis pas candidat aujourd'hui. Donc, pourquoi irais-je dans une primaire où il n'y a que des candidats à la candidature ? Deuxièmement, au-delà de ce que je pense d'une primaire, même si j'en suis sorti vainqueur en 2011, pour qu'elle soit réussie, il faut qu'elle soit très large, avec une participation très forte. Et je souhaite que ce soit le cas, même si ça sera plus difficile aujourd'hui. Est-ce que c'est que vous avez peur du verdict des socialistes ? Est-ce que ce n
'est
pas pour ça que vous n'allez pas la
courir
? Non, c'est que le calendrier qui est le mien n'est pas celui-là. Et puis, je ne suis pas dans la même situation. J'ai été président, je n
'ai
pas à être candidat à une procédure interne. Mais ce n
'est
même pas le sujet. Mon calendrier, c'est le mois de décembre. Il y
a
un candidat qui va être forcément désigné. Et ce candidat ou cette candidate aura à démontrer qu'il peut, j'espère sur la base du projet que je présente, être le plus rassembleur possible. Et si ce candidat ou cette candidate a la dynamique nécessaire, mais pourquoi viendrais-je, moi, interférer ? Je ne
suis
pas du tout dans une démarche... Donc vous
le rallierez ?
Si c'est une dynamique, s'il peut gagner l'élection, mais pourquoi je veux dire... Donc
ce sera une
question de sondage ? Si les sondages sont
mauvais, vous y allez ? C'est une question de
dynamique et de sondage, même si, généralement, ils attendent de savoir exactement ce qui va se passer avec quel candidat. Et pourquoi j'ai fixé le mois de décembre ? Parce que le mois de décembre, dans une élection présidentielle, c'est le mois clé. À droite, vous allez voir, est-ce qu'il y aura autant de candidats à droite ? Bien sûr que non. Sauf s'ils s'obstinaient. Je ne crois pas que ce sera le cas. Donc il y aura une clarification à droite. Il doit y avoir une clarification dans la gauche sociale-démocrate. Et je vous l'assure ici, il n'y aura qu'une seule candidature de la gauche sociale-démocrate.
Figurez-vous que Gilles est revenu.
Bonjour. Bienvenue Gilles sur France Inter. Je
vous remercie d'avoir appelé. Oui, je suis revenu. Bonjour, monsieur le président.
Bonjour.
Bon, en fait, moi, je ne m'étale pas trop sur la situation française entre des propositions farfelues pour le national et dangereuses par rapport à l'international. Et je me demande ce que vous penseriez de cette proposition qui consisterait à ce qu'un candidat qui, effectivement, aille de vous-même à Édouard Philippe ou Gabriel Attal, qui s'engagerait à constituer un gouvernement d'union nationale parce que la situation française le justifie. Et il me semble que ça serait astucieux de réaliser ce que Jacques Chirac n'a pas osé faire au moment où il a obtenu 82% des voix face à Jean-Marie Le Pen.
Merci Gilles. Ça valait le coup
de
vous rappeler. Donc Gilles, je réponds là aussi. J'ai évoqué l'union. Pourquoi j'ai appelé ce livre « Unir
»
? Il faut unir les Françaises et les Français pour que nous puissions avoir un programme, donc une vision et peut-être demain un travail gouvernemental et présidentiel qui nous rassemble et nous permette de nous relever et de peser. Comment procéder ? Est-ce qu'on peut avoir une candidature unique de ce que vous appelez de la social-démocratie ? Ce que
dit
aussi François Bayrou,
par exemple. Il dit qu'il faut
qu
'il y ait
un candidat entre les sociaux-démocrates
et
le centre-droit. Non, je pense qu'on ne parviendra pas à avoir une candidature unique. Pourquoi ? Parce qu'il y
a
une droite qui est en train de se reconstituer. Je crois que vous avez reçu avant moi Édouard Philippe. Il n
'est
pas dans cette stratégie. Il veut reconstituer, il l'a dit lui-même, l'UMP, la droite classique, en pensant que ça peut être à ce moment-là la clé du succès s'il arrive au second tour. Je pense que pour arriver au second tour, il faut non seulement être capable déjà de rassembler, mais il faut être conscient que ce qui va faire le succès, c'est d'aller au-delà de sa famille politique. Et pour rester sur l'idée de la coalition. Je pense que si Mme Le Pen arrivait au second tour et gagnait l'élection présidentielle, elle aurait une majorité à l'Assemblée, mécaniquement.
Ce
n'est plus le cas. C'est ça aussi qui a changé par rapport à la période qui était la mienne où quand la gauche gagnait,
elle
était
majoritaire à l'Assemblée. Donc il faudra une coalition. Et
donc, de toute manière, il y aura une coalition. Donc ça veut dire
potentiellement gouverner, attendez, François-Centre,
ça veut dire gouverner avec le centre ?
Oui,
ça veut dire que nos institutions, qui n
'ont
pas besoin d'être modifiées, moi je ne suis pas du tout pour changer la constitution,
mais
nos institutions vont évoluer. Le rôle du président de la République va également changer. Le prochain président de
la
République, s'il est dans cette philosophie, il doit prendre de la hauteur, il doit être capable de donner ce cap
et
aussi de rassembler les Français. Et en revanche, il doit laisser beaucoup plus de place au gouvernement. Lequel gouvernement doit procéder de l'Assemblée nationale ? Laquelle Assemblée nationale va être plus fragmentée ? Parce que c'est ainsi proportionnel ou pas proportionnel, c'est une affaire de mode de scrutin, mais de toute façon,
et
c'est peut-être la meilleure manière, cette coalition large, d'avoir cette solidité pour transformer, pour agir. Un tout dernier mot, François Hollande, est-ce que vous voterez à la primaire socialiste ? Oui, je suis socialiste, je vote à la primaire socialiste. Et alors vous allez voter pour qui ? Je vous le dirai le moment venu, mais je voterai bien sûr. Mais en tout cas, vous prendrez position pour quelqu'un ? Je regarderai qui sont les candidats d'abord, et ensuite...
Oui, ça on les connaît
à peu près, pour
l'instant. Oui,
c'est le 15 septembre. Et puis au-delà de ça, je regarderai celui ou celle qui est le plus proche de ce que je viens d'évoquer. Et vous entendez Olivier Faure, il dit François Hollande, il a commencé à 3%, il a fini président de la République, il pourrait m'arriver
à la même chose. Oui, mais ça, ça vaut
pour moi, exclusivement. Ah !
Merci François Hollande d'avoir été au micro de France Inter ce matin, la revue de presse à suivre. la revue.
...