Menaces russes: «Poutine cherche à élargir le conflit et à déstabiliser l’Europe qui se réarme»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Bonjour Bruno Fuchs, bienvenue sur RFI, on va revenir sur cette mission diplomatique qui vous a conduit la semaine passée à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie
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direction Kiev où le président Zelensky a donc décidé hier soir de limoger le commandant en chef de l'armée, le général Alexander Sierski
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cette éviction de Sierski, Bruno Fuchs, elle était inéluctable.
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Est-ce que Minsk représente toujours aujourd'hui une menace, tant pour la Pologne que pour l'Ukraine ?
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Est-ce qu'il y a le risque que la Russie n'entraîne davantage la Biélorussie dans la guerre
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Est-ce que le réarmement stratégique de l'Europe pourrait conduire Vladimir Poutine à une attaque très vite contre les Européens
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Avec la pression, bonjour d'abord, merci de votre invitation, mais avec la pression de la rue, on voit bien qu'il y a des épisodes politiques qui font évoluer la vie de la gouvernance des pays »
- 3:11Invité politiqueFait
« Oui, bien sûr, c'est une menace. C'est une menace pour la démocratie d'abord, puisqu'on voit que le régime est extrêmement autoritaire. »
- 3:43Invité politiqueFait
« les Russes, et on est là dans votre question, font venir ou ont fait venir pendant plusieurs années des migrants africains en leur proposant de s'établir en Russie. Et puis derrière, ils les ont armés et envoyés à la frontière polonaise pour traverser les barbelés. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Kachinko est un proxy russe »
- 5:04Invité politiqueFait
« certaines réflexions, peut-être une volonté, c'est-à-dire Poutine, d'élargir cette guerre, puisqu'il est bloqué sur le front du Donbass »
- 6:01Invité politiqueFait
« C'est un message politique très clair, puisqu'il s'est dit dans les eaux internationales, pas dans les eaux britanniques, ont été faits au moment où le nouveau Premier ministre britannique prend ses fonctions. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Est-ce qu'il peut lancer une guerre contre l'Europe ? Je pense que c'est quand même assez présomptueux, alors même qu'il a du mal à avancer dans le Donbass. »
- 8:16Invité politiqueFait
« Qui est celle de la paix et donc de défendre la paix. Et donc de défendre les conflits et de les résoudre sur le plan politique. »
- 8:33Invité politiqueChiffre
« Puisque on a vu que le galon aux Etats-Unis est à 4 dollars. Et puis l'inflation est à 4 dollars. »
Temps de parole
- Bruno Fuchs62 %
- Présentateur37 %
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Bonjour Bruno Fuchs, bienvenue sur RFI, on va revenir sur cette mission diplomatique qui vous a conduit la semaine passée à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, mais avant ça, direction Kiev où le président Zelensky a donc décidé hier soir de limoger le commandant en chef de l'armée, le général Alexander Sierski, l'homme qui avait fait tomber le populaire ministre de la Défense Fedorov et déclencher la colère de la rue et la plus grave crise politique sans doute, qu'ait connu la présidence de Volodymyr Zelensky, cette éviction de Sierski, Bruno Fuchs, elle était inéluctable.
Avec la pression, bonjour d'abord, merci de votre invitation, mais avec la pression de la rue, on voit bien qu'il y a des épisodes politiques qui font évoluer la vie de la gouvernance des pays, mais là, la rue s'en est mêlée, donc il y a une pression populaire et médiatique également, et donc oui, c'est certainement inéluctable pour essayer d'équilibrer un petit peu les choses en Ukraine, mais il faut voir aussi que les situations de guerre sont extrêmement éprouvantes pour une démocratie et pour une gouvernance, et donc il y a des épisodes qui sont souvent violents. Ceux-ci devraient se régler, j'espère, rapidement.
On est quand même dans une approche différente de la vision de la guerre entre le chef d'état-major et l'ancien ministre. Donc je pense que c'est ça qui est en train de se régler en Ukraine. C'est paradoxal au moment où Zelensky est vraiment le plus soutenu par les puissances occidentales, qu'il puisse être entravé ou en difficulté.
C'est presque un paradoxe d'un président ukrainien qui pourrait sortir affaibli de cette crise politique sur la scène intérieure, alors qu'au même moment, il n'a jamais reçu autant de soutien sur le plan international. On a pu le mesurer lors du défilé du 14 juillet à Paris avec la réunion de tous les chefs d'état et de gouvernement de la coalition des volontaires, juste après que l'Amérique de Trump ait concédé au président ukrainien également le pouvoir de fabriquer des missiles patriotes sur son territoire, c'est pas rien.
Oui, mais je crois que la grande, grande priorité et l'ensemble des énergies ukrainiennes sont focalisées sur la guerre avec la Russie et la capacité à la gagner ou en tout cas à entraver l'avancée des Russes. Et je pense que cette crise, entre guillemets, est une crise passagère, qui est une crise structurelle, humaine bien sûr, médiatique maintenant, mais structurelle sur la vision que soit le chef d'état-major ou l'ancien portait, et qui est une vision assez différente de la stratégie de l'ancien ministre. Donc il fallait régler aussi cette divagence stratégique au plus haut niveau.
Alors on l'a dit, vous étiez il y a quelques jours en déplacement diplomatique à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie du dictateur Lukashenko, l'allié de Vladimir Poutine. Personne n'a oublié comment la Russie a utilisé il y a quatre ans le territoire biélorusse pour attaquer l'Ukraine. Est-ce que Minsk représente toujours aujourd'hui une menace, tant pour la Pologne que pour l'Ukraine ?
Oui, bien sûr, c'est une menace. C'est une menace pour la démocratie d'abord, puisqu'on voit que le régime est extrêmement autoritaire. Et donc c'est une menace pour la Pologne. Mais une menace pour la Pologne, c'est une menace pour l'Europe. On voit bien qu'aujourd'hui, et c'est la raison de mon déplacement avec mon homologue allemand, le président de la Commission d'affaires étrangères, Armin Laschet, et mon homologue polonais, on a voulu aussi montrer en triangle Weimar, c'est-à-dire dans cette structure-là, que l'Europe doit être mobilisée.
Toute attaque à la frontière polonaise, il y en a eu beaucoup, notamment concernant des attaques hybrides avec des envois de migrants, je dis ça un peu brutalement, mais les Russes, et on est là dans votre question, font venir ou ont fait venir pendant plusieurs années des migrants africains en leur proposant de s'établir en Russie. Et puis derrière, ils les ont armés et envoyés à la frontière polonaise pour traverser les barbelés.
Il y avait une instrumentalisation de ces migrants.
Exactement. Donc la question que vous posez, c'est si, est-ce qu'elle va continuer ? Oui, je pense qu'elle va continuer parce que Kachinko est un proxy russe, mais il donne quand même certains signes. Il écoute des émissaires américains, il discute plus, il a libéré un certain nombre de prisonniers politiques, et donc ce sont également des indices un peu différents de ce qu'il laissait montrer jusqu'à présent.
Est-ce qu'il y a le risque que la Russie n'entraîne davantage la Biélorussie dans la guerre, au risque peut-être de forcer l'Ukraine à réagir, à peut-être frapper des cibles biélorusses ? Il y a eu cet accrochage le mois dernier, cet ultimatum du président Zelensky pour que Minsk désactive ses fameuses antennes relais sur son sol qui servait de guide au drone russe.
Oui, c'est un risque, bien évidemment. Je ne suis pas sûr que ça change radicamment la nature de la guerre, car les capacités militaires biélorusses restent limitées, même si ce serait un front nouveau, et ce serait surtout un front également contre l'Europe, car il y a, certains indices le montrent, certaines réflexions, peut-être une volonté, c'est-à-dire Poutine, d'élargir cette guerre, puisqu'il est bloqué sur le front du Donbass, il est attaqué sur son territoire intérieur par des nuées de drones avec des pertes quand même très importantes au plan économique, au plan énergétique. Et donc je pense qu'ils cherchent également des stratégies de dérivation pour desserrer cet étau.
On voit côté russe le Kremlin qui se montre très agressif. Est-ce que le réarmement stratégique de l'Europe pourrait conduire Vladimir Poutine à une attaque très vite contre les Européens, comme le redoutent d'ailleurs un certain nombre de chefs d'état-major en Europe ? Hier encore, Moscou qui multiplie les provocations avec ce navire de guerre russe au large de la Grande-Bretagne qui a mené un exercice de tir réel au large. Toutes ces provocations, c'est une nouvelle alerte pour les Européens ?
C'est un message politique très clair, puisqu'il s'est dit dans les eaux internationales, pas dans les eaux britanniques, ont été faits au moment où le nouveau Premier ministre britannique prend ses fonctions. Donc on a clairement un message, c'est une salutation effectivement un peu virile. En tout cas, il y a un message politique derrière. Et on voit aussi au large des côtes britanniques une activité navale russe depuis quelques mois beaucoup plus importante. Donc oui, je pense que c'est une volonté d'essayer d'élargir le conflit, de déstabiliser l'Europe. On l'a vu jusqu'à l'année dernière, depuis que la Pologne érige un mur à la frontière biélorusse. C'est ce que j'étais allé voir.
Donc une volonté de déstabiliser l'Europe. Là également, c'est une volonté de déstabiliser. Est-ce qu'il peut lancer une guerre contre l'Europe ? Je pense que c'est quand même assez présomptueux, alors même qu'il a du mal à avancer dans le Donbass. En revanche, d'élargir, de déstabiliser au moment où l'Europe est en train de s'armer. Et la grande priorité est question. C'est la capacité de l'Europe à augmenter sa défense, mais aussi la gouvernance. Car il faut piloter cette défense le plus rapidement possible. Et c'est ce qui est en train de se passer. On l'a vu au 14 juillet. On voit sous l'impulsion du président Macron cette volonté de l'Europe de se structurer.
Et je pense que ce sont effectivement des signes politiques. Mais on ne voit pas un élargissement de la guerre à l'Europe à ce stade. Même s'il y a certaines incursions, il pourra le faire.
Un mot, Bruno Fuchs, sur l'autre grand conflit en cours au Moyen-Orient. L'escalade qui se poursuit entre les États-Unis et l'Iran. Onzième nuit de frappes américaines. Et le président Trump qui menace désormais d'attaquer la montagne Kogang dans le centre du pays. Où le régime iranien aurait transféré des centrifugeuses nucléaires. Quel regard vous portez sur cette stratégie américaine qui prévient avant d'attaquer des sites nucléaires ? Et à quel moment on se dit que les accords de cessez-le-feu ont bel et bien vécu entre Iraniens et Américains ?
Alors quand vous dites cette stratégie, je suis un peu plus sceptique. C'est ces stratégies ou ces éléments de stratégie ou ces différents mouvements qui peuvent changer d'heure en heure ? Non, je pense qu'on a une position en France qui est très claire. Qui est celle de la paix et donc de défendre la paix. Et donc de défendre les conflits et de les résoudre sur le plan politique. Donc aujourd'hui, on voit bien qu'il y a une course entre la capacité des MOLA à résister et l'évolution de l'économie. Puisque on a vu que le galon aux Etats-Unis est à 4 dollars. Et puis l'inflation est à 4 dollars. Donc économie contre guerre.
Et donc ces rapports de force doivent amener à un moment les belligérants à continuer à discuter, à régler le problème sur des bases politiques.
Et il y a encore de la place, sans doute, dites-vous, pour les négociations. Merci Bruno Coups, président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.
Bruno Fuchs