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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 7 novembre 2023 18 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesBudget & impôtsSolidarités & famille

DETTE PUBLIQUE : LA RÉALITÉ DERRIÈRE LES DISCOURS CATASTROPHISTES

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16PrésentateurChiffre
    « vous êtes le président qui a créé 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires en 5 ans »
  • 0:27InvitéChiffre
    « Elle a augmenté de 600 milliards d'euros depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. »
  • 0:42InvitéFait
    « aujourd'hui, je peux comme ministre des finances emprunter facilement de l'argent sur les marchés. »
  • 0:51InvitéFait
    « Depuis des décennies, nous rembourserons notre dette. »
  • 1:14PrésentateurChiffre
    « Plus de 2 400 milliards d'euros à lui tout seul. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « La dette, c'est d'abord, bien sûr, d'abord la somme des déficits publics passés. »
  • 2:35PrésentateurFait
    « depuis 1974, il y a bientôt déjà 50 ans, tous les ans, ce budget est en déficit. »
  • 2:47PrésentateurFait
    « La première raison, c'est le ralentissement de la croissance. »
  • 3:07PrésentateurFait
    « l'énorme concurrence que se livrent les États depuis déjà les années 1990 pour attirer les entreprises à coups de grandes baisses d'impôts. »
  • 4:15PrésentateurFait
    « Ce sont les énormes chocs économiques que notre pays a encaissés ces dernières années. »
  • 5:33InvitéPromesse
    « Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu'il en coûte, là aussi. »
  • 7:02PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a creusé la dette publique comme aucun dirigeant français avant lui. »
  • 7:25PrésentateurChiffre
    « le Crédit d'impôt compétitivité emploi, le fameux CICE, qui consistait à diminuer les cotisations sociales versées par les entreprises de 20 milliards d'euros. »
  • 8:02PrésentateurChiffre
    « plus de 50 milliards d'euros d'argent public qui sont perdus tous les ans à cause de toutes ces baisses d'impôts. »
  • 8:57PrésentateurFait
    « Donald Trump a lui carrément fait exploser le déficit américain. »
  • 10:41PrésentateurChiffre
    « encore 125 milliards d'euros de déficit, rien que pour l'an dernier »
  • 12:32PrésentateurChiffre
    « L'an dernier, elle a atteint 50 milliards d'euros, soit autant que le budget du ministère de la Défense. »
  • 15:17PrésentateurFait
    « augmenter les impôts, c'est d'ailleurs ce que fait actuellement le gouvernement lorsqu'il diminue le remboursement des médicaments »

Temps de parole

  • Présentateur93 %
  • Invité3 %

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0:00
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans cette chronique. Mon but sera simplement de vous expliquer comment fonctionne l'économie afin que vous compreniez un peu mieux le monde de dingo dans lequel nous vivons. Pour cette deuxième émission de Gilles Explique-nous l'économie, j'ai choisi de vous parler de la dette publique. Je vous rappelle que vous êtes le président qui a créé 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires en 5 ans,

0:21
Invité

dont 2 tiers qui n'ont rien à voir avec le Covid. Mais c'est totalement faux, Madame Le Pen. Parlons de la dette publique. Elle a augmenté de 600 milliards d'euros depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mon invité, c'est le ministre, c'est Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, des finances et de la relance. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Christophe Jacobizine. J'aurais pu rajouter le ministre de la dette ? Non. Aujourd'hui, je peux comme ministre des finances emprunter facilement de l'argent sur les marchés. C'est parce que tous mes prédécesseurs ont honoré la dette française. Depuis des décennies, nous rembourserons notre dette.

0:59
Présentateur

La dette publique, c'est bien sûr ce que l'État français doit aux personnes qui lui prêtent de l'argent. Il faut tout de suite faire attention à quelque chose. La dette de l'État, ce n'est pas la dette du pays. En France, certes, l'État est endetté. Et pas qu'un peu. Plus de 2 400 milliards d'euros à lui tout seul. Mais il n'est pas le seul à avoir des dettes. Les entreprises aussi sont endettées. Et nous, les habitants, lorsque par exemple nous achetons un logement, nous nous endettons nous aussi. Donc, tout le monde est endetté. Quand je vous dis cela, ça vous fait peut-être flipper. Mais alors, notre économie n'est qu'un château de cartes qui va s'effondrer ? Pas du tout.

Dans une économie moderne, s'endetter est un phénomène normal. C'est même une chance. Oui, une chance. La chance des personnes riches, c'est justement de pouvoir prendre des crédits, de pouvoir s'endetter pour acheter toujours plus de logements, d'entreprises, pour être toujours plus riches. Heureux les emprunteurs ! Le drame des personnes pauvres, c'est justement de ne pas pouvoir emprunter. Comme le dit le fameux adage, on ne prête qu'aux riches. Et ce qui est vrai pour les personnes, l'est aussi pour les États. Pour eux aussi, pouvoir emprunter est une chance. Oui, oui, vraiment.

Lorsque vous entendez qu'un pays connaît une crise de la dette, comme la Grèce ou l'Argentine, c'est précisément parce que plus personne ne veut lui prêter. Mais alors, pourquoi la France est-elle endettée ? La dette, c'est d'abord, bien sûr, d'abord la somme des déficits publics passés. Vous le savez, tous les ans, l'État fait voter son budget, comme il vient de le faire récemment par le Parlement. Et depuis 1974, il y a bientôt déjà 50 ans, tous les ans, ce budget est en déficit. Et l'empilement de tous ces jolis déficits, année après année, cela devient la dette publique. Mais alors, pourquoi l'État français est-il en déficit ? La première raison, c'est le ralentissement de la croissance.

Même si notre cher PIB augmente tous les ans, ou presque, il n'augmente pas suffisamment pour couvrir tous les besoins de l'État, le paiement des salaires des fonctionnaires, le financement des services publics, le paiement des aides sociales, etc. La seconde raison, c'est l'énorme concurrence que se livrent les États depuis déjà les années 1990 pour attirer les entreprises à coups de grandes baisses d'impôts. Cette concurrence fiscale, comme on l'appelle, est absolument terrible. Elle prive partout dans le monde les États des moyens d'assurer les services publics à leur population, qui se dégradent absolument partout.

3:26
Invité

En fait, dans cet équoire croissant entre les besoins des gens et les moyens des services publics augmente insuffisamment, se crée un espace pour un secteur privé, parfois à but lucratif, parfois non, qui, en retour de ce développement, vient déstabiliser le service public.

3:40
Présentateur

On entend souvent dire que l'origine de la dette publique, ce seraient les dépenses démesurées de l'État. C'est absolument faux. Certes, tous les ans, les dépenses de l'État augmentent, c'est vrai. Mais la production nationale, le PIB, augmente lui aussi chaque année. Et en proportion du PIB, la part des dépenses de l'État est restée remarquablement stable depuis les années 1980, aux alentours de 20%. Donc, si la dette publique a explosé, ce n'est pas à cause d'embauches exagérées de fonctionnaires surpayés qui, bien sûr, n'ont pas eu lieu, comme vous le savez tous. L'explication, elle est simple. Ce sont les énormes chocs économiques que notre pays a encaissés ces dernières années.

D'abord, la crise des précieux primes qui a commencé aux États-Unis en 2008, puis la pandémie, le Covid, puis encore la guerre en Ukraine. Tous ces chocs ont eu le même effet. Une baisse des recettes de l'État puisque, lorsque l'activité économique chute, les impôts rentrent moins. Et de l'autre, une hausse des dépenses publiques pour aider les personnes au chômage ou pour sauver les entreprises. C'est ce que l'on appelle en économie un effet de ciseau. Vos recettes chutent, vos dépenses s'envolent au secours. À chacune de ces crises, l'État a joué un rôle d'assurance collective. Je pense que nous, habitants de France, ne mesurons peut-être pas assez notre chance.

Lors de la pandémie, l'économie s'est arrêtée pendant plusieurs mois. Mais pourtant, pour la majorité d'entre nous, sur le plan financier et financier seulement, rien n'a changé. Les salaires ont continué d'être versés, les retraites aussi, les aides sociales, etc. Très peu d'entreprises, en réalité, ont fait faillite. Et ça, alors que la production de richesses dans le pays s'effondrait complètement. Comment est-ce possible ? Eh bien, ce miracle fut accompli par le déficit public, qui a montré ici son immense utilité, en évitant notamment des milliers de faillites d'entreprises.

5:33
Invité

Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu'il en coûte, là aussi.

5:42
Présentateur

Ce qui est l'occasion pour moi de vous rappeler cette évidence très importante. À toute dépense publique correspond un gain privé. L'argent de l'État ne se perd pas dans la nature ou dans les égouts. Il finit toujours dans des poches, soit des poches de personnes, soit des poches d'entreprises. Mais l'erreur de l'État, ce fut, à mon avis, de ne pas nous avoir fait payer, après coup, l'énorme assurance qu'il nous avait fournie durant le Covid.

6:08
Invité

Nous ne pouvons pas refaire la même erreur à la sortie de cette crise, qui est, je le redis, la plus importante depuis 1929, c'est-à-dire faire payer la note aux Français par les impôts. On l'a fait une fois, ça a été une catastrophe, on ne peut pas le faire une deuxième fois. Et c'est un engagement que j'ai pris comme ministre des Finances du Dévis des Français. Je n'augmentrais pas les impôts.

6:27
Présentateur

Il fallait, après la pandémie, accroître les impôts, taxer les surprofits, comme ceux des laboratoires d'analyse, qui ont gagné énormément d'argent, parce que les tests étaient gratuits, ce qui veut dire bien sûr en réalité payés par l'État, et grâce aux vaccins, qui eux aussi ont été achetés très chers par notre gentil État. Accroître les impôts était nécessaire, et je ne suis pas le seul du tout à le dire, même l'économiste en chef de la Banque Centrale Européenne l'a dit lui aussi. C'était tout simplement le seul moyen d'éviter l'envolée des dettes publiques. Cela dit, ces dernières années, Emmanuel Macron a creusé la dette publique comme aucun dirigeant français avant lui.

Dès son arrivée à l'Élysée, lorsque François Hollande l'avait nommé secrétaire général adjoint du cabinet, du président de la République, Emmanuel Macron a tout fait pour faire créer plus tard le Crédit d'impôt compétitivité emploi, le fameux CICE, qui consistait à diminuer les cotisations sociales versées par les entreprises de 20 milliards d'euros. Et ça, pas une seule fois, mais tous les ans. Et puis ensuite, s'est ajoutée, depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, une liste interminable de cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises.

Suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, forte baisse de l'impôt sur les sociétés, suppression de ce qu'on appelle les impôts de production, payés là aussi par les entreprises, diminution de l'impôt sur les dividendes, suppression de la taxe d'habitation, la liste est interminable. Mais au total, ce sont plus de 50 milliards d'euros d'argent public qui sont perdus tous les ans à cause de toutes ces baisses d'impôts. Alors attention, comme économiste sérieux que je suis, je ne dis pas que cette politique était absurde.

On pouvait la défendre, on pouvait estimer qu'elle était nécessaire pour restaurer la compétitivité de notre pays qui affronte, c'est vrai, dans la mondialisation, des entreprises beaucoup moins taxées que les nôtres. Mais ce qui me semble dingue, c'est de ne pas avoir du tout compensé ces énormes pertes d'argent public. Et si on regarde un peu l'histoire, on voit qu'Emmanuel Macron est loin d'être une exception. En réalité, c'est très souvent la droite qui creuse la dette publique. Lorsqu'il était au pouvoir, Nicolas Sarkozy avait lui aussi fortement diminué les impôts et creusant ainsi les déficits publics et donc évidemment la dette.

Là encore, en baissant les impôts sur les plus aisés d'entre nous. Et de même, aux États-Unis, Donald Trump a lui carrément fait exploser le déficit américain. À chaque fois, que ce soit Sarkozy, Trump ou Macron, on nous raconte la même chose, la même belle histoire. Ces baisses d'impôts devraient se financer toutes seules, car elles nous donnent envie d'acheter, d'investir, de créer, de prendre des crédits et voilà la croissance qui va financer tout ça. Mais non, la réalité est beaucoup plus simple. Lorsqu'on baisse les impôts, eh bien donc on diminue évidemment les recettes publiques et donc on aggrave le déficit public et donc on aggrave la dette publique.

C'est en réalité très très simple à comprendre. Maintenant, pour comprendre comment la dette publique va évoluer à l'avenir, nous devons prendre un instant notre habit d'économiste. La trajectoire de la dette publique dépend de quatre facteurs, de quatre facteurs seulement exactement. Les deux causes d'aggravation de la dette, ce sont bien sûr les déficits et le niveau des taux d'intérêt. À l'inverse, il y a deux facteurs qui allègent le poids des dettes publiques, c'est la croissance de l'économie, du PIB et l'inflation. Supposons maintenant que vous soyez ministre de l'économie. Vous y voyez ?

Vous êtes à Bercy, vous avez un chauffeur, un grand bureau, tout le monde vous écoute toute la journée et vous dirigez un État en excédent budgétaire. Les taux d'intérêt sont à 0%. L'économie est en boum, en forte croissance, il y a de l'inflation. Concernant la dette publique, c'est le paradis. Vous êtes dans la situation idéale. Maintenant, tout cela n'était qu'un rêve où vous vous réveillez. Et qu'est-ce que vous voyez ? Votre pays accumule les déficits publics. Les taux d'intérêt sont très élevés. Le PIB est en récession et les prix chutent. Vous voilà en enfer. Alors, à votre avis, entre ces deux scénarios extrêmes, le paradis et l'enfer, où est la France ?

Malheureusement, nettement plus du côté de l'enfer que du paradis. Accumuler des énormes déficits chaque année, encore 125 milliards d'euros de déficit, rien que pour l'an dernier, au moment où la Banque Centrale Européenne accroît fortement ses taux d'intérêt, alors que la croissance est faible, sinon nulle, en France, et d'ailleurs aussi en Europe, c'est très très mauvais pour la dette publique. Or, c'est justement la situation actuelle, et elle risque de durer quelques années. Je vous l'ai dit, l'inflation a plutôt pour effet de diminuer la dette publique. Lorsque les prix augmentent, les recettes fiscales qui rentrent dans les caisses de l'État vont augmenter elles aussi.

C'est le cas de la TVA, qui est calculée évidemment de façon proportionnelle au prix de vente. Si le prix augmente, les recettes de TVA augmentent. Et donc, dans un premier temps, la hausse des prix, l'inflation, elle bénéficie à l'État, c'est vrai. Mais attention, cet effet ne dure pas. À l'avenir, les dépenses de l'État, elles aussi, sont amenées à augmenter à cause de l'inflation. Parce que l'État va un tout petit peu, malgré tout, augmenter ses fonctionnaires. Ou parce que les prestations sociales sont elles aussi indexées sur l'inflation. Et donc, au total, les calculs ne sont pas bons du tout. Les calculs ne sont pas bons, Kevin !

Notre dette publique va continuer à nous coûter de plus en plus cher. Comment est-ce qu'un État s'endette ? Très concrètement, il émet des titres qu'on appelle des obligations. Ces obligations, ce sont des reconnaissances de dette qui sont achetées par les banques ou les compagnies d'assurance en échange de deux promesses que leur fait l'État. La première promesse, c'est de leur verser des intérêts chaque année. Et la seconde, c'est de les rembourser lorsque l'obligation qui est par exemple émise pour 10 ans arrivera à échéance.

On peut donc ainsi calculer chaque année la partie du budget de l'État qui est consacrée précisément au paiement des intérêts sur la dette et au remboursement des obligations qui sont venues à échéance. Cette charge de la dette, comme on l'appelle, est devenue énorme. L'an dernier, elle a atteint 50 milliards d'euros, soit autant que le budget du ministère de la Défense. Et puisque les taux d'intérêt augmentent partout dans le monde, cette charge va encore s'accroître, c'est certain. Faut-il pour autant dire, comme on l'entend, que la France, c'est la Grèce ? Pas du tout. Il n'y a absolument aucune inquiétude à avoir sur la capacité de la France à rembourser ses emprunts de dette publique.

Au contraire, notre pays est parmi les mieux notés au monde par les agences de notation, ces agences donc qui donnent une note aux États et à la qualité de leur dette, de leur crédit. Le message de ces agences est clair. Sur la planète, sur l'ensemble du monde, il y aura été très peu de pays aussi stables sur le plan politique, aussi riches et donc aussi sûrs pour les investisseurs que la France. Comme le dit le président de la République, chers investisseurs du monde entier, « Choose France ». Ces agences de notation, elles révisent régulièrement leur appréciation. Et donc, il est possible que la note de la France soit très légèrement diminuée à l'avenir.

Mais même si cela devait arriver, ça ne changerait rien au fait que, encore une fois, la dette publique française, c'est du béton. Ou plutôt, c'est de l'or. Pour trouver de l'or, c'est pas la peine d'aller au Far West ou en Afrique du Sud. Il y en a aussi en France. Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir concernant la capacité de l'État français à rembourser les dettes déjà émises et à emprunter de nouveau. Au contraire, les compagnies d'assurance, les banques qui collectent l'épargne des classes moyennes et des riches partout sur la planète préfèrent largement prêter à l'État français qu'à la plupart des autres États. Mais cela n'empêche pas que je suis, pour ma part, assez inquiet.

Nos services publics, l'école, l'hôpital sont à l'agonie. Les besoins d'argent public sont immenses. Et comme le savent très bien les auditeurs de Blast, les catastrophes provoquées par l'être humain, les inondations, les sécheresses, la chute des rendements agricoles vont elles aussi nécessiter de plus en plus d'argent public. Or, il ne me semble pas possible de diminuer les dépenses publiques. Prenons le cas de l'école. Admettons qu'il soit possible de supprimer des milliers d'emplois dans les grandes administrations, dans les rectorats, aux rues de Grenelle.

Si nous voulons que cesse simplement la dégradation de notre école publique, il faudrait aujourd'hui fortement augmenter les salaires des enseignants. Et donc, les petites économies éventuellement possibles sur le fonctionnement de l'administration ne pèseront pas lourd face aux nouvelles dépenses absolument nécessaires pour avoir de bons services publics. La fin de l'histoire, elle est donc claire. Soit nous laissons nos services publics couler, soit nous augmentons les impôts. Et augmenter les impôts, c'est d'ailleurs ce que fait actuellement le gouvernement lorsqu'il diminue le remboursement des médicaments, lorsqu'il augmente les taxes sur les aéroports et les autoroutes.

Et donc, pour résumer, je vous dirai trois choses. Oui, la dette publique française est énorme. Non, ce n'est pas du tout un danger pour la stabilité économique et sociale de notre pays, ni aujourd'hui, ni l'an prochain, ni dans les années à venir. Mais, troisième chose, oui, la dette publique va capter une part de plus en plus importante du budget de l'État. Et de ce point de vue, la politique d'Emmanuel Macron va contraindre ses successeurs à des choix de plus en plus difficiles sur le plan budgétaire. Ce quoi qu'il en coûte, je l'assume.

Je vous présente toutes mes excuses pour cette mauvaise nouvelle, mais je pense qu'il vaut mieux le savoir et réfléchir ensemble aux solutions politiques à apporter à cette situation. Merci d'avoir suivi cette chronique de Gilles Explique-nous l'écho, que vous pouvez retrouver une fois par mois le mardi. Pour ne pas rater mes chroniques, mais également les autres excellentes productions de Blast, n'hésitez pas à vous abonner à la chaîne YouTube et à activer la petite cloche. Et pour ceux qui le peuvent, à financer Blast en faisant un don ou en vous abonnant, car c'est grâce à vous que ce média peut exister et rester indépendant.

On aurait pu, par exemple, évoquer l'annulation de la dette ou accroître la fiscalité sur les hauts patrimoines, sur les très hauts revenus, sur les successions, ou encore supprimer un certain nombre d'aides publiques aux entreprises, comme cela est discuté actuellement. Et donc, toutes ces propositions ou d'autres, on pourra en parler, cette fois-ci, je vous le promets, sur Twitch, où on reviendra sur cette chronique concernant la dette publique, mais aussi sur la précédente concernant l'inflation. Alors, de quoi parlerons-nous le mois prochain ? Eh bien, je ne sais pas. C'est vous qui déciderez. Laissez-moi des propositions de ce sujet dans vos commentaires.

je les lirai attentivement et je sélectionnerai parmi vos propositions le sujet qui m'intéresse le plus. À bientôt sur Blast.