L'invité d'Apolline Matin : Maxime Buizard - 20/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:40OuverteRéponse directe
Quel est l'impact pour vous de cette sécheresse sur les cultures ?
- 1:07OuverteRéponse directe
Ça veut dire qu'il va y avoir des pertes en revenus pour beaucoup d'agriculteurs ?
- 1:38RelanceRéponse directe
Est-ce bien raisonnable de se dire qu'on va stocker l'eau pour l'agriculture ?
- 2:38RelanceRéponse directe
Certains de ces stockages agricoles pompent cette eau dans les nappes phréatiques. Donc ça peut aussi engendrer d'autres problèmes et ça enlève de l'eau des sols. Est-ce que c'est vraiment une solution de long terme ou est-ce qu'il ne faudrait pas changer finalement ce qu'on cultive en France ?
- 3:17OuverteRéponse directe
Mais le maïs, par exemple, qui est très gourmand en eau, en été justement dans les périodes où on en manque, est-ce qu'il est encore possible à l'avenir de se dire qu'on va continuer à cultiver du maïs ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Cette question, elle tend les débats politiques sur cette loi agricole, avec notamment les écologistes qui dénoncent une forme d'accaparement de la ressource en eau, voire de privatisation de la ressource en eau. Vous craignez une forme de guerre de l'eau entre les agriculteurs et les écologistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurChiffre
« 55 départements sont déjà considérés en état de crise. »
- 0:49InvitéFait
« On a connu trois épisodes de sécheresse depuis la mi-mai. »
- 0:53InvitéChiffre
« Et donc, les céréaliers se retrouvent confrontés à des baisses de rendement de 15 à 40% suivant les territoires. »
- 1:10InvitéFait
« C'est-à-dire qu'après deux années où déjà les revenus des agriculteurs étaient tout juste à l'équilibre ou légèrement négatifs, 2026 va être une année catastrophique. »
- 2:00InvitéFait
« C'est plus que raisonnable, c'est la solution. »
- 2:04InvitéFait
« Face à des sécheresses en été de plus en plus importantes, la solution c'est de stocker l'eau qui est en excédant en hiver. »
- 3:31InvitéFait
« Il pleut autant en France que ce qui pleuvait il y a 20 ans ou il y a 30 ans. »
- 3:38InvitéFait
« Simplement, la répartition annuelle de la pluviométrie n'est pas la même. Il pleut beaucoup plus en automne et en hiver, beaucoup moins au printemps et en été. »
- 3:54InvitéFait
« C'est ce que fait l'Espagne depuis 30 ans. Et ça a permis à l'agriculture espagnole de devenir le leader européen, ce que nous étions autrefois en France. »
- 5:09InvitéFait
« Cette loi, elle avait été annoncée par le Premier ministre au mois de janvier, après plus de cinq semaines de mobilisation agricole pour faire face à la détresse. »
- 6:04InvitéFait
« Je rappellerai simplement que dans les 26 autres pays de l'Union Européenne, cette molécule est autorisée. »
- 6:09InvitéFait
« Elle est interdite en France uniquement pour des choix politiques, qui avaient été faits en 2017, qui mettent à mal les filières françaises de l'acétamipride. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Présentateur41 %
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Vous écoutez RMC. Nous traversons une sécheresse historique. La quasi-totalité du territoire est concernée. 55 départements sont déjà considérés en état de crise. Bonjour Maxime Buizar.
Bonjour.
Vous êtes céréalier dans le département du Loiret, département qui a été très touché par la canicule ces dernières semaines. Et vous êtes aussi le vice-président du syndicat des jeunes agriculteurs. C'est dans ce contexte de canicule et de sécheresse que le Parlement doit se prononcer ce soir sur cette loi d'urgence agricole dont le point dur est justement le stockage de l'eau avec également la question des pesticides. On va y revenir. D'abord, quel est l'impact pour vous de cette sécheresse sur les cultures ?
L'impact, comme pour tous les agriculteurs français, est très important. On a connu trois épisodes de sécheresse depuis la mi-mai. Et donc, les céréaliers se retrouvent confrontés à des baisses de rendement de 15 à 40% suivant les territoires. C'est inédit d'avoir une sécheresse aussi forte et aussi impactante sur l'ensemble du territoire national.
Ça veut dire qu'il va y avoir des pertes en revenus pour beaucoup d'agriculteurs ?
C'est-à-dire qu'après deux années où déjà les revenus des agriculteurs étaient tout juste à l'équilibre ou légèrement négatifs, 2026 va être une année catastrophique. Beaucoup de nos collègues se retrouvent dans l'incapacité de financer la prochaine récolte, la prochaine moisson qui va venir cet automne.
Alors évidemment, dans ce contexte, on entend et on comprend bien que la question de l'eau est cruciale pour beaucoup d'agriculteurs qui demandent donc à pouvoir stocker cette eau. C'est toute la question qui tend les débats notamment sur cette loi d'urgence agricole. Mais c'est vrai que quand on vit ce type de sécheresse, qu'on en parlait un peu plus tôt ce matin, qu'il y a aussi des risques sur les quantités d'eau potable disponibles pour les Français, est-ce bien raisonnable de se dire qu'on va stocker l'eau pour l'agriculture ?
C'est plus que raisonnable, c'est la solution. Pour le coup, face à des sécheresses en été de plus en plus importantes, la solution c'est de stocker l'eau qui est en excédant en hiver. Vous vous rappelez sans doute, en février-mars, on a eu une grande partie du pays qui a subi des inondations suite à des puits très importantes. Et donc, inspirons-nous de ce qui marche dans des pays qui ont déjà un climat plus chaud. C'est le cas de l'Italie, c'est le cas de l'Espagne, c'est le cas du Maroc. Et qui se donnent les moyens de stocker l'eau en excédant en hiver pour la réutiliser en été pour tous les usages.
Évidemment, en priorité pour l'eau potable, mais également pour l'agriculture, pour maintenir le niveau des cours d'eau et donc maintenir la biodiversité. Également pour faire des réserves d'eau en cas d'incendie.
Sauf que certains de ces stockages agricoles pompent cette eau dans les nappes phréatiques. Donc ça peut aussi engendrer d'autres problèmes et ça enlève de l'eau des sols. Est-ce que c'est vraiment une solution de long terme ou est-ce qu'il ne faudrait pas changer finalement ce qu'on cultive en France ?
Pour le coup, on peut changer ce qu'on cultive. Mais quoi qu'on cultive, pour le coup, il y aura toujours besoin d'eau. Il y a des cultures qui sont plus ou moins gourmandes en eau. Mais quand ça fait, comme là, plus de six semaines qu'il n'est pas tombé une goutte d'eau dans plus de la moitié du pays, aucune culture ne peut survivre. Et donc sans irrigation, nous ne serons pas en capacité de maintenir la puissance agricole française et de maintenir notre souveraineté alimentaire.
Mais le maïs, par exemple, qui est très gourmand en eau, en été justement dans les périodes où on en manque, est-ce qu'il est encore possible à l'avenir de se dire qu'on va continuer à cultiver du maïs ?
Oui, il est possible, tout simplement parce qu'aujourd'hui, il pleut autant en France que ce qui pleuvait il y a 20 ans ou il y a 30 ans. Et il pleuvra autant en 2050 que ce qui pleut aujourd'hui. Simplement, la répartition annuelle de la pluviométrie n'est pas la même. Il pleut beaucoup plus en automne et en hiver, beaucoup moins au printemps et en été. Et donc, nous avons la capacité de pomper l'eau qui est en excédent dans les cours d'eau, dans les nappes phréatiques, en hiver, pour la réutiliser ensuite en été. C'est ce que fait l'Espagne depuis 30 ans. Et ça a permis à l'agriculture espagnole de devenir le leader européen, ce que nous étions autrefois en France.
Cette question, elle tend les débats politiques sur cette loi agricole, avec notamment les écologistes qui dénoncent une forme d'accaparement de la ressource en eau, voire de privatisation de la ressource en eau. Vous craignez une forme de guerre de l'eau entre les agriculteurs et les écologistes ?
Non, on ne craint pas une guerre de l'eau, tout simplement parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas une ressource qu'on privatise, ce n'est pas une ressource qu'on consomme. On a la démocratie locale de l'eau qui fonctionne avec les agences de bassin, avec les commissions locales de l'eau, où siègent à la fois les représentants agricoles, les représentants des collectivités, les autres acteurs économiques qui sont autour de la table. Et on a démontré sur des grosses nappes phréatiques, comme la nappe de Beauce, la capacité de gérer la ressource avec raison, avec efficacité. Ce qu'il nous faut, c'est démultiplier ce qui marche.
Donc vous attendez le vote de cette loi ce soir, il est indispensable ?
Il est indispensable. Je rappellerai que cette loi, elle avait été annoncée par le Premier ministre au mois de janvier, après plus de cinq semaines de mobilisation agricole pour faire face à la détresse. Évidemment, elle touche le sujet de l'eau, mais elle touche aussi le sujet de la prédation et des loups qui attaquent les éleveurs de montagne. Donc oui, le vote de cette loi est indispensable. C'est notre dernier créneau avant l'échéance présidentielle. On sait que dans les un an et demi qui viennent, nous n'aurons pas la capacité de porter de nouveaux textes agricoles. Et donc l'adoption de cette loi d'urgence est très attendue.
Avec une incertitude quand même sur le vote ce soir, qui est liée peut-être moins à l'eau qu'aux pesticides, qui est l'autre sujet qui tend les débats. La question notamment de l'acétamipride, dont les sénateurs ont introduit la réautorisation dans cette loi. Est-ce que cela ne risque pas de compromettre le vote de cette loi ? Est-ce qu'il est bien raisonnable d'aller vers cette réautorisation ?
Il est raisonnable de permettre à l'ANSES, qui est notre autorité sanitaire, de ré-homoloder, donc de mettre sur le marché l'acétamipride. Je rappellerai simplement que dans les 26 autres pays de l'Union Européenne, cette molécule est autorisée. Elle est interdite en France uniquement pour des choix politiques, qui avaient été faits en 2017, qui mettent à mal les filières françaises de l'acétamipride.
Sur la base aussi d'études sur sa dangerosité quand même ?
Non, pour le coup, l'ANSES n'a jamais retiré l'homologation de l'acétamipride. C'est un choix qui avait été fait par les députés en 2017, qui n'est pas fondé et qui est contraire au choix qu'ont fait les 26 autres pays de l'Union.
Merci beaucoup Maxime Bizarre d'avoir été avec nous en direct ce matin, vice-président des Jeunes Agriculteurs.