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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 14 novembre 2019 12 minAutoproduitActualité / polémiqueRetraitesSantéSolidarités & familleInstitutions & élections

GRÈVE DU 5 DÉCEMBRE : PANIQUE AU GOUVERNEMENT | MÉLENCHON SE DÉFEND

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    « Le président des riches veut casser le modèle social français. »
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    « On est à la veille d’un cataclysme social. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Le président des riches veut casser le modèle social français. Je pense qu’on est à la veille d’un cataclysme social. On voit bien qu’il y a de l’agrégation de mécontentements qui est en train de s’opérer.

J’ai souvent dit que la crainte est mauvaise conseillère en politique donc je le réitère. Vous avez des organisations étudiantes très politisées, à l’extrême-gauche. C’est le retour au 19e siècle, le nouveau monde c’est le retour au 19e siècle.

À quoi sert le parlement ? Le gouvernement qui s’affole à la veille de la mobilisation pour les retraites du 5 décembre et les explications de Jean-Luc Mélenchon sur la manifestation contre l’Islamophobie. C’est dans le numéro 53 du P’tit coup de Bourbon.

Le gouvernement a la trouille. La trouille de ce qui peut arriver le 5 décembre. Et après.

Car le 5 décembre, c’est le début de la grève contre le projet de réforme des retraites. Un mouvement auquel pourraient s’agréger la grogne des hôpitaux et celle des agriculteurs. Sans oublier les étudiants après la tentative de suicide de l’un d’eux à Lyon, parce qu’il ne parvenait plus à subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

Les signes de cette peur se multiplient. Comme cette spectaculaire volte-face à laquelle s’est livré le gouvernement en début de semaine. Je vous raconte : Hier, mercredi, un projet de loi autorisant le travail de nuit dans les commerces alimentaires, qui plus est sans majoration de salaire, devait être présenté au Conseil des ministres.

Écoutez ce qu’en disait Éric Coquerel. Comme le pouvoir d’achat n’augmente pas, en réalité ça ne veut pas dire que ça procure plus d’activité économique. Ça veut dire que ça dérégule tout et ça force les gens à travailler jour et nuit sans aucune règle sociale.

Donc c’est le retour au 19e siècle, le nouveau monde c’est le retour au 19e siècle. Coup de théâtre ! Dans la soirée de mardi, on apprenait que le gouvernement repoussait l’examen du projet de loi en question.

À la place, une concertation de 6 mois avec les différentes parties concernées. Et, en cas d’accord, une ordonnance pourrait être prise dans les 18 mois suivants. Bref, un enterrement de première classe.

À l’Élysée, quelqu’un s’est apparemment souvenu que nombre de salariés de l’alimentaire appartiennent au peuple des ronds-points. Et qu’à la veille du premier anniversaire du soulèvement des Gilets Jaunes, il n’était pas bien malin de craquer ainsi une allumette à côté d’un baril de poudre. Car sur tous les bancs de l’hémicycle, on est convaincu que le pays entre dans une zone de turbulences dont personne ne connaît la sortie.

Je pense qu’on est à la veille d’un cataclysme social, et je ne comprends pas le gouvernement qui se plaît à mettre de l’huile sur le feu en permanence. Aujourd’hui on a des mouvements assez forts qui commencent à se faire sentir, ça a commencé au mois de septembre avec les professions libérales : indépendants, avocats, médecins et d’autres. On a déjà aujourd’hui des dépôts SNCF, c’était le cas il y a 15 jours 3 semaines, qui se mettent spontanément en grève, ou qui abusent du droit de retrait.

On a le 5 décembre, des mobilisations vraisemblablement très importantes, bref on voit bien qu’il y a de l’agrégation de mécontentements qui est en train de s’opérer. On sait que l’inquiétude pour le pays et pour le gouvernement, le risque est très grand. Nous justement on va essayer de jouer le tampon, mais pour ça il faut que le gouvernement nous écoute un peu plus.

Le président des riches veut casser le modèle social français, détricoter le droit à la retraite, casser la protection sociale à la française, s’en prendre au système de santé, envoyer les CRS sur les pompiers, déménager nos territoires en milieu rural, flinguer la commune comme instance de démocratie vivante. J’espère que le 5 décembre va être la coalition, la coagulation de toutes ces colères pour faire rentrer les marcheurs à la niche. Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille, aimait à répéter Jacques Chirac.

Emmanuel Macron aurait dû s’en souvenir. À cet horizon menaçant vient s’ajouter une tempête parlementaire. Les sénateurs examinent en ce moment le projet de loi de financement de la Sécurité sociale adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, il y a moins d’un mois.

Une adoption qui fut laborieuse, on s’en souvient. L’État a fait le forcing pour insérer une disposition lui permettant de ne pas compenser les suppressions et allègements de cotisations décidés l’année dernière, au plus fort du mouvement des Gilets Jaunes. Un manque à gagner de 5 milliards.

Eh bien, les sénateurs ont supprimé la disposition en question. En gros, ils disent au gouvernement : c’est vous qui avez amputé les ressources de la Sécurité sociale, c’est donc à vous de combler le trou dans la caisse. Mais l’affaire ne s’arrête pas là.

Les élus de la chambre haute ont tout simplement renoncé à poursuivre l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Pourquoi ? À cause de la désinvolture d’Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé.

Dimanche dernier, celle-ci s’est épanchée dans les colonnes du journal du Dimanche sur son plan pour l’hôpital. Moyens nouveaux, carrières revalorisées, reprise de la dette des hôpitaux, 30 milliards, par l’État… Demain on rase gratis. Cette façon de faire a ulcéré les sénateurs.

Écoutez le rapporteur général de la loi, s’adressant, en séance, à Agnès Buzyn. Les parlementaires que nous sommes, sommes irrités. Irrités, et c’est peu dire d’ailleurs, mais aussi inquiets, inquiets sur le rôle du Parlement.

Irrités car, cet article dont vous dites que ce n’est pas une interview, annonçait quand même que vous avez réussi, et je vous en félicite, votre négociation et que le président a tranché. Mais vous ne révélerez la teneur que le 20 novembre, et c’est là que nous sommes inquiets. À quoi sert le Parlement ?

À quoi sert ? À l’Assemblée, quasiment au même moment, c’est le député Jean-Carles Grelier qui flinguait la ministre pour les mêmes raisons. Ce week-end encore, la presse s’est faite l’écho de mesures précises visant à revaloriser les moyens budgétaires alloués à l’hôpital.

Ni la Commission des affaires sociales, ni notre assemblée n’ont été préalablement informées de ces mesures. Il est d’ailleurs assez vraisemblable que le budget que nous avons voté, et qui s’apprête à être examiné par le Sénat, est à ce jour caduc pour ne pas dire mort-né. Monsieur le ministre, entendez-vous continuer à faire jouer aux députés que nous sommes, le rôle d’idiots utiles de notre système de santé ?

Mais pourquoi Agnès Buzyn a-t-elle ainsi piétiné la représentation nationale ? Tout simplement parce qu’il lui fallait annoncer quelque chose avant la manifestation nationale à Paris des personnels hospitaliers. C’est-à-dire avant ce jeudi 14 novembre !

C’est le principe de la cocotte-minute : on relâche un peu de vapeur avant qu’elle n’explose ! Et tant pis pour les institutions de la République et leurs règles. Mais à part ça, il n’y a pas d’affolement !

Ces revirements suffiront-ils à calmer le jeu avant le 5 décembre ? Hier au Sénat, le secrétaire d’État chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari jouait l’esquive. J’ai souvent dit que la crainte était mauvaise conseillère en politique, je le réitère.

Vous savez que s’agissant du 5 décembre et d’une manière générale du dialogue social, nous sommes au travail ministère par ministère. Et le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, affectait de croire que l’immolation par le feu de l’étudiant lyonnais ne changeait rien à la donne : Vous avez des organisations étudiantes très politisées, à l’extrême-gauche, appelaient déjà à une convergence, à une mobilisation le 5 décembre, depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois. Moi ma conviction c’est que les étudiants dans leur grande majorité, ils attendent qu’on avance.

À trois semaines d’un rendez-vous social qui s’annonce comme un tournant du quinquennat, le pouvoir semble de moins en moins assuré. Comme s’il redoutait, cette fois, de perdre la bataille… Fallait-il y aller ? La manifestation contre l’islamophobie de dimanche dernier laissera des traces dans le camp de la gauche au sens large du terme.

Le chef de file des écolos, Yannick Jadot, ne s’est finalement pas rendu à la manif. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, avait pris les devants en déclarant qu’il ne participerait pas à la marche. Mais Ian Brossat, adjoint au logement à la Mairie de Paris, et communiste lui aussi, est venu.

Quant au PS, il brillait par son silence et son absence. Enfin, il y a les défections des députés FI, François Ruffin et Adrien Quatennens. Bref, ce qui aurait dû être un moment de concorde républicaine après l’attentat contre la mosquée de Bayonne s’est transformé en un sommet de confusion politique et intellectuelle.

Dans le collimateur il y a surtout Jean-Luc Mélenchon, accusé d’avoir abandonné la République pour les sirènes de l’Islamogauchisme. Un procès en place publique auquel le président du groupe parlementaire de la France Insoumise a répondu dans une conférence de presse tenue un peu avant la manifestation. Des explications peu relayées sur lesquelles il n’est pas inutile de revenir.

Première question, la présence de figures connues du communautarisme et l’Islamisme dans la manifestation : C’est la première fois qu’on voit une chose pareille. On finit par oublier l’événement fondateur au profit d’un tri de ceux qui viennent défendre les victimes. Pour ma part je n’ai éprouvé aucune gêne, lorsque avec mes amis qui ici m’entourent et scindent mon écharpe tricolore, je suis allé manifester contre l’odieux assassinat de madame Mireille Knoll et il y avait pourtant ce jour là madame Le Pen elle même dans le cortège qui elle a été fort bien accueillie ce qui ne fût pas notre cas puisque nous en fûmes expulsés par une organisation qui s’appelle La ligue de défense juive, qui répondant à l’appel du CRIF avait jugé utile de nous montrer du doigt.

Tout ça est absurde, dans des moments comme cela il ne faut pas confondre quelques personnes avec la valeur de la cause qui est servie. Le texte de l’appel ensuite. Celui-ci fait référence à l’Islamophobie, mot qui englobe indistinctement la critique de l’Islam et la stigmatisation des musulmans.

Deux choses pourtant bien différentes. L’islamophobie qu’est ce que cela veut dire ? Nous on n’utilise pas le mot parce qu'on a toujours craint que ça soit une manière de dire qu’on limite le droit à la critique d’une religion.

Ça s’entend, c’est un raisonnement de type philosophique. Mais que voulez vous, quand on est rendu au fait que des gens tirent sur des personnes âgées à la porte d’une mosquée parce qu’ils se rendent à la mosquée, on est bien obligés de considérer qu’il y a des comportements qui s’apparentent à la phobie. L’appel évoque également des lois “liberticides” sans toutefois les nommer.

Certains signataires ont confié ici et là qu’ils visaient la loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’école. Sans parler de ceux, plus rares, qui y rangent la grande loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Jean-Luc Mélenchon, lui, veut croire qu’il s’agit d’autres textes : Les lois liberticides sont celles qui ont été votées au Sénat d’une manière absurde, qui interdit aux accompagnatrices voilées de se joindre aux enfants en sortie scolaire.

Et puis l’autre c’est la loi d’état d’urgence, enfin tout le monde a oublié. C’est quand même incroyable cette loi d’état d’urgence transforme en suspects des dizaines de milliers de gens. Visiblement, les députés François Ruffin et Adrien Quatennens n’ont pas eu la même lecture, puisqu’ils n’ont pas participé à la manifestation.

Nous sommes un mouvement, nous sommes donc libres de nos appréciations personnelles, elles peuvent différer. Moi je préfère quand tout le monde est d’accord, il y a des fois où c’est pas le cas, c’est la vie. Puisque cet appel était ambigu à plus d’un titre, pourquoi la France Insoumise n’a-t-elle pas rédigé son propre appel ?

Cela aurait peut-être incité nombre d’hésitants à venir manifester. J’ai posé la question à Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr on aurait pu faire notre propre texte, alors j’en prends ma responsabilité en tant que président de groupe parce qu’on fait toute sorte de textes.

Mais regardez bien les affaires comme elles sont, de toute façon à la fin il y aurait eu un texte commun, et je suppose que dans un texte commun il aurait fallu faire des compromis. On a à peu près une idée sur quoi il aurait fallu les faire. Au final, on regrettera surtout que la grande vague républicaine que l’événement réclamait n’ait pas été au rendez-vous.

Car elle aurait submergé les tentatives de récupération communautaires. Et les polémiques qui vont avec.