Des promesses, toujours des promesses
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:56OuverteRéponse directe
Comment qualifieriez-vous la promesse d'une république exemplaire après la mise en examen de Richard Ferrand ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une forme d'imprudence à tenir une promesse quand on n'est pas certain de pouvoir la tenir ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Quelle est la différence entre une promesse et un engagement selon vous ?
- 7:23RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il n'y a pas du cynisme à faire une promesse tout en sachant qu'elle est impossible à tenir ?
- 9:36OuverteRéponse directe
Est-ce que cette dimension humaine et irrationnelle de la promesse peut expliquer le succès des populismes ?
- 10:32OuverteRéponse directe
Est-ce que l'accélération du temps et l'impatience des électeurs changent la façon de formuler les promesses ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:20Invité politiqueFait
« Je crois d'abord que la promesse, elle est évidemment politique. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Moi j'ai présidé une mission parlementaire la plus longue de la Ve République contre le blanchiment et la délinquance financière. »
- 5:10Invité politiqueFait
« Il dit « je vais tendre toutes mes forces, je vais être volontaire, on va le faire ensemble. » »
- 5:24Invité politiqueFait
« La promesse, elle s'adresse à vous. L'engagement, je le prends vis-à-vis de moi-même. »
- 6:10Invité politiqueFait
« Les électeurs vous demandent aussi une part de promesse, c'est-à-dire avec la dimension de, je vous demande de faire une taxe à 75%. »
- 6:44Invité politiqueFait
« Un homme politique, pensez à tous ceux qui ont voulu le parler vrai dont vous parliez, les Rocard, les Jospins, en politique, ça a été difficile au moment des élections. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Moi, j'ai eu beaucoup de problèmes avec les chasseurs quand j'étais député de la Somme, parce que de formation philosophique. »
- 8:32Invité politiqueFait
« Ils savaient que c'était impossible. Mais ils voulaient au moins qu'on les accompagne dans cette affaire. »
- 11:26Invité politiqueFait
« Je crois que la promesse, si vous prenez Emmanuel Macron, je pense qu'une partie de son succès, c'est qu'il a incarné, en dehors de son programme, etc., pour les gens, une promesse. »
- 14:49Invité politiqueFait
« Bon, ben, à un moment, vous êtes un peu coincé. Ben, il y a des promesses qu'on peut faire, d'autres qu'on ne peut pas faire. »
- 15:02Invité politiqueFait
« Il ne peut pas y avoir de société sans promesse. Quand vous pensez au contrat social, c'est un engagement réciproque. »
- 23:30Invité politiqueFait
« Il va bien falloir, parce que sans espérance, toutes les pensées du déclin, pensées à Oswald Fengler ou à d'autres, nous ont amené les totalitarismes et les fascismes. »
Temps de parole
- Vincent Peillon59 %
- Présentateur26 %
- Invité7 %
- Invité 23 %
- ?2 %
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Bonjour,
bienvenue dans Politique. Aujourd'hui, des promesses, toujours des promesses.
Bonjour
Vincent Péon. Bonjour Henri Gardette. Vous êtes philosophe, directeur de recherche au CNRS, ancien ministre de l'éducation nationale entre 2012 et 2014. C'était sous le quinquennat de François Hollande. Vous étiez encore eurodéputé socialiste jusqu'à il y a peu. Vous êtes l'auteur de nombreux ouvrages sur Jean Jaurès par exemple, ou encore Ferdinand Buisson. Et vous venez de publier au PUF La Promesse.
Alors
elle n'engage, dit-on, que ceux qui les croient, les promesses, produisent d'abord des déçus. C'est même devenu un exercice à part entière, autant d'internet que de traquer celles qui n'ont pas été tenues. Il faut dire que les politiques en usent et en abusent. Ainsi fonctionne le système représentatif qui suppose qu'on s'engage pour être élu à prendre une série de mesures une fois qu
'on
sera au pouvoir, quitte à expliquer ensuite pourquoi on ne peut pas toutes les tenir. A dire vrai, la promesse n'est plus si souvent assumée comme telle. Le parler vrai passait par là et la dévaluée. Je ne vous ferai pas de fausses promesses est devenu un élément de langage tout aussi factice d'ailleurs que je vous promets que. La promesse est une illusion, mais une illusion nécessaire, écrivez-vous Vincent Payon dans votre livre. Sans elle, pas de véritable démocratie. Avec elle, une démocratie qui souffre. Des promesses, toujours des promesses. C'est donc le thème de ce nouveau numéro de politique en votre compagnie.
Je voudrais qu'on démarre notre discussion en nous inspirant de l'actualité de la semaine. Non pas pour vous la faire commenter, mais il
y
a eu la mise en examen du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, ce qui contrevient un petit peu à cette promesse répétée maintes et maintes fois d'une république exemplaire. Comment est-ce que vous la qualifieriez, cette promesse-là ? Est-ce que c'est une promesse nécessaire ? C'est une promesse vaine ? La république ne peut pas être absolument exemplaire
?
Je crois d'abord que la promesse, elle est évidemment politique. Et puis la politique dont vous parlez, c'est-à-dire celle du jour après jour. Le problème de la promesse, c'est beaucoup plus large. Il est au fondement du politique. On ne peut pas faire une société
si
les gens refusent d'engager l'avenir. Mais on ne peut pas non plus vivre sa vie d'homme sans promesse. Donc le thème est, à mon sens, beaucoup plus intéressant et profond que cette question éternellement traitée, les promesses déçues, etc. Je la traite un petit peu au début parce que par rapport à ce que vous dites, c'est les ambiguïtés. Vous savez, par exemple, moi j'ai présidé une mission parlementaire la plus longue de la Ve République contre le blanchiment et la délinquance financière.
J
'ai quand même observé que quand vous vous battez, c'était il y
a
plus de 20 ans avec mon camarade Arnaud Montebourg contre les paradis fiscaux, quand il y a un élément qui est, je dirais, médiatique, t'as pas l'œil, on s'attaque au prince de Monaco, au Liechtenstein, alors on a 24 heures. Mais fondamentalement, ce que comme député de base je recevais plus, c'était des gens qui étaient mécontents d'avoir à payer leurs impôts.
Et
donc c'est aussi une chose qui m'a intéressé dans la promesse politique pour y revenir. Et ça concerne votre République exemplaire, on le voit avec Balkany, mais tant d'autres. C'est-à-dire qu'en réalité, les gens vous demandent des choses, par exemple d'être exemplaire, mais quand vous l'êtes, ils ne
vous
entiennent absolument pas à gré. Je prends un exemple, le cumul des mandats dont on a beaucoup parlé.
Moi,
je me suis appliqué à moi-même absolument toute ma carrière.
Je
me souviens très bien qu'en 97, quand on fait ça, il y a des cantonales après en 98, tout le monde se présente aux doubles élections, mais les électeurs me disaient, mais pourquoi vous n'allez pas aux cantonales ? Pourquoi vous n'allez pas à la mairie d'Amiens ? Les mêmes qui, dans les programmes, veulent voir qu'il y
a
le cumul des mandats. Bon, c'est comme ça. Donc ce qui est intéressant, c'est ces contradictions qui concernent la promesse, parce que les promesses, on peut vous demander d'en faire, alors qu'on sait que vous ne pourrez pas les tenir, et plus encore, on peut vous en vouloir de tenir les promesses que vous avez prises. C'est une situation
que
j
'ai connue aussi. Et puis il y
a
une autre situation qui peut être celle où la promesse qui a été formulée ne peut pas être tenue, et là aussi, on va vous le reprocher, restant encore un peu terre à terre, et parlons de politique au quotidien, Vincent Payon, avec cette promesse qui aura été sans doute comme l'équivalent du sparadrap, vous savez, du capitaine Haddock, c'était pour François Hollande la fameuse inversion de la courbe du chômage.
Toutes
nos forces
seront
tendues vers un seul but, inverser la courbe du chômage d'ici un an.
Nous
devrons
y
parvenir coûte
que coûte.
François Hollande,
c
'était lors de la cérémonie des vœux, le 31 décembre 2012. Est-ce qu'il y
a
une forme d'imprudence à tenir une promesse, quand on n'est pas absolument certain de pouvoir la tenir ? Et est-ce que ça peut aussi expliquer cette fameuse crise de la démocratie représentative dont on parle beaucoup, Vincent Payon ?
Moi, je ne crois pas du tout que ce soit une promesse qu'il ait fait là. Au contraire, on l'entend bien dans le son que vous avez passé, c'est un engagement. Il dit « je vais tendre toutes mes forces, je vais être volontaire, on va le faire ensemble.
» C'est quoi la différence
entre une promesse et un engagement ?
C
'est colossal.
Ce n
'est
pas synonyme ? Non, pas du tout.
C
'est-à-dire que justement, d'ailleurs, quand il rédige son programme, François Hollande, il prend 50 engagements, il ne fait pas 50 promesses. Et quelle est la différence ? La promesse, elle s'adresse à vous. L'engagement, je le prends vis-à-vis de moi-même. Je m'engage, je te promets. Donc, je te promets, je peux te décevoir, mais j'ai prévu le but. Donc, si je n'y arrive pas, c'est que nous n'avons pas bien fait les choses. Mais ça renvoie plutôt à un défaut de ma volonté, on l'entend bien, ou un défaut de mon savoir-faire, plutôt qu'à une ambition trahie. Il a toujours voulu. Et d'ailleurs, tout le monde le voulait sans doute, et tout le monde le veut encore. Le
défaut de savoir
-faire, pour vous, c'est moins grave, du point de vue des électeurs, disons des citoyens, que le fait d'avoir trahi une ambition, d'avoir trahi une parole
? Alors,
ça, c'est très ambigu quand on regarde, parce que justement, les électeurs vous demandent aussi une part de promesse, c'est-à-dire avec la dimension de, je vous demande de faire une taxe à 75%, puisque nous restons sur François Hollande, par exemple, mais la plupart des gens qui demandaient ça, savaient bien que ça ne pourrait pas se faire. Mais pourquoi ils vous demandent de faire une promesse dont ils savent que vous ne pourrez pas la tenir ?
Ils
ont une raison de faire ça, c'est qu'ils veulent qu'ainsi vous manifestiez, au moins que vous êtes en empathie avec leur désir, voire leur utopie. Et là, il y
a
une dimension empathique, humaine, émotionnelle, passionnelle, non rationnelle de la promesse. Or, un homme politique, pensez à tous ceux qui ont voulu le parler vrai dont vous parliez, les Rocard, les Jospins, en politique,
ça
a été difficile au moment des élections, parce que ce qui fait basculer dans la victoire vis-à-vis de la majorité, c'est souvent précisément de faire des promesses, plutôt que de prendre des engagements, et en tout cas de sortir d'une pensée mesurée, qui n'annoncerait uniquement, je me souviens de Jospin qui disait toujours, faire ce qu'on dit, dire ce qu'on va faire, etc. Très bien, mais il n
'est
pas au second tour de la présidentielle.
C
'est-à
-dire
trop de rationalité, trop de prudence, comme dirait Aristote, dans la vie politique. Donc on voit que le paradoxe, il n'est pas chez ceux, parce que c'est toujours la politique, c'est les autres, c'est les hommes politiques. Non. Ceux qui élisent, ce sont les citoyens. Et la voix d'un président de la République, elle vaut la même que celle de n'importe quel citoyen.
Et vous écrivez d'ailleurs ceci à Vincent Péillon dans La Promesse. En vous demandant de faire une promesse dont ils savent que vous ne pourrez pas la tenir, ce qu'ils vous demandent réellement, vous parlez des électeurs, c'est de choisir votre camp et de montrer que vous êtes à leur côté, solidaire de leur combat. Ils vous demandent d'être partie prenante de leur désespoir.
Alors
ça, c'est parce que c'est du vécu.
Ça,
vous voyez, c'est l'histoire. Moi, j'ai eu beaucoup de problèmes avec les chasseurs quand j'étais député de la Somme, parce que de formation philosophique. Mais le pontier disait, le philosophe, il peut toujours trahir parce qu
'il
ne veut pas trahir la vérité. Les chasseurs venaient et me disaient, il faut changer la fameuse directive Oiseau. Et moi, je savais, c'est la France qui avait demandé cette directive par la voix de Giscard d'Estaing, qu'il faut l'unanimité, donc que ça n'était pas possible. Et donc, je ne me voyais pas aller devant des assemblées de chasseurs. Et j'y allais pour raconter quelque chose qui était faux. Et bon, j'étais beaucoup plus jeune. Je ne comprenais pas pourquoi, alors que c'est moi qui leur disais la vérité et que les autres leur mentaient en disant, oui, votez pour moi, je changerai la directive. Pourquoi ces gens suivaient ceux qui leur mentaient
? Et
en réalité, j'ai compris après, il n
'y a
pas que des mauvaises raisons. Ils savaient que c'était impossible. Mais ils voulaient au moins qu'on les accompagne dans cette affaire. Est-ce
qu'il n'y a pas
du cynisme là-dedans, justement ?
Non,
il y avait quelque
chose, du désespoir, je dirais plutôt.
Le
désespoir, il est du côté des électeurs, mais de la part de celui qui fait une promesse tout en sachant qu'elle est impossible à tenir,
c
'est
cynique. C'était ces PNT, ils sont tous passés au Fonds National, ils racontent n'importe quoi. Mais ça, c'est assez fréquent dans la vie politique. C'était du cynisme absolu. Et d'ailleurs, franchement, je ne comprenais pas. C'est une forme d'imbécilité. Je ne comprenais pas, je parlais des heures sur le trottoir, dans les petits villages, en disant, mais vous savez, j'avais les arguments. Mais beaucoup plus tard, j'ai compris qu'on ne
vous
demande pas seulement d'être rationnel, d'être réaliste, pas non plus finalement d'être en accord avec vous-même. C'est très égoïste. Moi, je voulais être un homme honnête. Finalement, c'est une posture morale. Il voulait que je partage ce combat impossible. Et que je dise, bon, ce n
'est
pas possible, mais j'y vais. Donc, je vais mettre ma tente devant le palais Bourbon, je vais me coucher, je vais faire une grève de la faim. Tout ça ne servira à rien. Mais j'aurais été avec vous.
Et
cette dimension humaine, peut-être un peu
irrationnelle, elle est respectable. Est-ce que c'est ce qui peut expliquer aujourd'hui le succès des populismes et des populistes ?
C
'est-à-dire cette capacité à prendre en compte les promesses qu'attendent un certain nombre d'électeurs par rapport à une classe politique qui est peut-être plus prudente, justement, dans l'expression de ces promesses
? C
'est évidemment, il y a plein de facteurs, l'évolution, donc je ne
veux
pas du tout faire une définition du populisme. Mais cette dimension, elle existe depuis que la démocratie existe. Regardez le combat des philosophes et des sophistes de l'Antiquité. Il y a des gens
qui
se contentent de persuader, d'obtenir les suffrages. Et là, les moyens sont ce qu'ils sont. Ça n'a pas d'importance parce que la fin, c'est la conquête du pouvoir, l'exercice du pouvoir, la préservation du pouvoir. Et puis,
il
y en a d'autres qui sont plus gênés vis-à-vis de cette affaire, qui pensent qu'il y a un lien entre démocratie, rationalité, opinion publique et qu'il faut plutôt élever le niveau et essayer d'échanger des arguments, d'asseoir ses raisonnements sur des choses objectives. Et bien sûr, c'est parfois
plus difficile. Et c'est d'ailleurs devenu, je le disais au début d'émission, presque un gimmick, le fait de dire aujourd'hui, non pas je vous fais la promesse de ou je m'engage à, mais je ne vais pas vous faire de promesses que je ne serai pas capable de tenir. Écoutez par exemple ce que disait Emmanuel Macron en octobre 2017 lors d'un voyage en Guyane.
Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne
sont
pas des enfants. Et donc, je suis ici avec de l'ambition pour la Guyane, une exigence et une autorité de l'État. J'en reparlerai demain matin parce que je veux d'abord consulter l'ensemble des élus, mais avec des mesures fortes sur les sujets de sécurité, de logement.
Mais
je ne
suis
pas venu faire des promesses. Ce temps-là est fini. L'État a fait trop de promesses qui n'ont pas été tenues.
Je ne veux pas vous faire des promesses. Ce temps-là est fini, Vincent Payon. En disant ça, le chef de l'État, est-ce qu'il fait une promesse finalement ? Est-ce que ce n
'est
pas une autre façon de faire des promesses ? C'est une rhétorique
politique
très classique, en fait. Et par ailleurs, quand vous êtes en situation concrète, là en plus, l'endroit où il était, c'est-à-dire que là, demain, on va vous demander 50 millions d'euros pour l'hôpital. Il connaît les dossiers. Donc, vous avez intérêt à être extrêmement prudent. Je crois que la promesse, si vous prenez Emmanuel Macron, je pense qu'une partie de son succès, c'est qu'il a incarné, en dehors de son programme, etc., pour les gens, une promesse. Quelle est cette promesse ? Sans doute très difficile à comprendre. Mais de mettre les autres de côté, déjà, manifestement, les gens en avaient une certaine envie, une jeunesse, indiscutable. Je regarde l'âge de nos dirigeants,
en
tout cas du tout premier, mais enfin de certaines personnes autour, c'est vraiment beaucoup plus jeune que même nous ne l'étions lorsque nous étions en responsabilité. Moi, je me souviens, lorsqu'on était de jeunes quinquagénaires, là, je parle de la génération Montebourg, la mienne, on continuait de dire les bébés Jospin, on avait 50 ans. On a un président de la République qui a été élu à 37, ou 39, je ne sais plus. Moi, j'ai été élu pour la première fois député à 37, il y a plus de 20 ans. Donc, il y a une promesse de modernisation de la France, de dépassement des clivages.
Il y a sans doute quelque chose d'assez intéressant à aller chercher plus en profondeur que, bon, voilà, je vais mettre 10 millions d'euros, je vais... Et là, quand vous êtes en situation de responsabilité politique, vous faites évidemment très attention, on l'a entendu, parce que vous êtes en face de gens qui demandent des choses très concrètes.
Bon,
ça peut être les urgences aujourd'hui, demain, l'éducation nationale, les radios de service public. Bon, là, les gens, ils connaissent leur dossier.
Ils
savent ce dont ils ont besoin, du point de vue salarial, du point de vue à l'entretien des locaux. Donc, si vous débarquez et vous distribuez de l'argent, bon... Mais quand il dit, ça c'est une figure rhétorique, c'est fini.
Bon, enfin,
son prédécesseur a dit c'est fini, le prédécesseur a dit c'est fini, voilà. Il faut aussi faire croire qu'il y a un commencement à chaque fois, un nouveau commencement.
Il y a
une espèce d'ardoise magique en politique, sur des gens qui, évidemment, étaient là avant,
et qui
étaient d'ailleurs en charge des finances, en grande partie Macron sous Hollande. Donc, bon, mais c'est comme ça, chacun le fait.
C
'est sans doute un peu français. On a quand même une mythologie, une idéologie révolutionnaire au sens
du
nouveau calendrier, du vrai commencement. Alors, on recommence à zéro l'histoire.
Puisqu'on parle de calendrier, Vincent Péion, est-ce qu'il n'y a pas aussi, dans ce qui serait peut-être un changement de statut de la promesse en politique, un effet d'une accélération du temps, du présentisme, autant d'internet, une forme d'impatience du côté des électeurs, qui fait que la promesse doit être tenue le plus vite possible et que, par ailleurs, on est capable aujourd'hui de remonter dans le passé pour vous rappeler ce que vous nous promettiez il y a 10 ans, il y a 15 ans, il y a 20 ans. Est-ce que ça change quelque chose, en tout cas ça,
au
fait que l'on formule peut-être de manière plus prudente
des
promesses et des engagements
?
Moi, je crois que, dans le fond, à part les prophètes, les gens qui se mettent en situation prophétique, relativement, les politiques ont toujours été prudents sur les promesses. L'accélération du temps a sans doute beaucoup de conséquences sur la vie politique et la vie démocratique,
mais
sur la nature même de la promesse, au sens fondamental, pas simplement de « je vais raser gratis demain matin », parce que si on en reste là, on n'est pas dans la promesse.
On
est dans l'écume des choses, justement, vous parliez de... La vraie question, ce qui m'a intéressé dans le livre,
ce
que je fais, je parle de l'expérience politique. Bon, ben, à un moment, vous êtes un peu coincé. Ben, il y
a
des promesses qu'on peut faire, d'autres qu'on ne peut pas faire. On peut les faire à certaines conditions, à certains moments. Bon, ben, voilà, vous êtes dans ce qu'on appelle une casuistique du cas par cas. Puis après, vous avez une élaboration philosophique de ce thème très ancien, parce que c'est ce que je vous disais tout à l'heure, il ne peut pas y avoir de société sans promesse. Quand vous pensez au contrat social, c'est un engagement réciproque, si vous voulez. Donc, le contrat social, qui est vraiment le fondement des sociétés modernes, il repose sur une forme de promesse, je m'engage pour demain.
Mais là aussi, on a des théories que je développe, qui sont très différentes, des théories cyniques, et puis des théories moralisantes, d'un côté Machiavel,
on
va dire, de l'autre côté Kant. Mais ce qui m'a semblé le plus intéressant, c'est que nous vivons dans un monde où le type de la promesse est une promesse, je dirais, contractuelle, d'ordre économique ou juridique. Et en remontant à la première des promesses, qui
est
la promesse biblique, c'est-à-dire la promesse faite à Abraham, puis à Moïse, un pays de lait et de miel, et analysant ce qu'on appelle l'alliance plutôt que le contrat, j'ai trouvé, elle est politique là, cette première promesse, elle est d'emblée politique, j'ai trouvé là un modèle qui m'a semblé, de tous les points de vue, l'accueil des étrangers, la justice sociale, la façon de vivre sa liberté, le lien aux autres, la responsabilité aussi, puisque dans le fond, c'est pas que Dieu qui doit faire, c'est on fait et on est aussi responsable de Dieu et de son action. Il m'a semblé qu'il y avait là un modèle qui était intéressant.
Ça veut dire que pour vous, aujourd'hui, c'est plutôt dans le modèle religieux qu'il faut aller chercher, l'exemplarité de la promesse, Vincent Payon, davantage que dans un modèle politique, dans une théorie politique ? C'est-à
-dire,
je pense qu'il n
'y a
pas de séparation du politique et du religieux. Je vois bien que certains, dont ma génération... Ça, c'est un spécialiste de
la laïcité,
l
'histoire de la laïcité
qui guérit.
Et d'ailleurs, j'avais montré, j'ai fait, vous l'avez rappelé tout à l'heure,
que
ce soit Jaurès, Ferdinand Busson, c'est
-à
-dire les fondateurs du républicanisme, montraient qu'il
y a
toujours ce reste. Je l'ai fait récemment pour Robespierre, qui nous propose quoi ? Un culte de l'être suprême. Donc, il y a toujours eu cette recherche d'une religion nouvelle, adaptée à la démocratie et à la modernité. Donc, il y
a
un reste, un théologico-politique, qui n'est pas le même, évidemment, aujourd'hui qu'avant. Et ce livre s'inscrit exactement là-dedans. Parce que moi, en fait, j'ai écrit ce livre, pas du tout pour les raisons... C'est très intéressant, toujours, quand on parle d'un livre après, mais pas pour les raisons dont on souhaite parler avec moi. J'ai écrit ce livre parce que j'ai mis, peut-être, 30 ans
à
comprendre qu'entre Rome, le modèle romain... Et je pourrais dire, mais je ne suis pas envenu au bout de mes réflexions, le modèle athénien aussi. Donc, pour les philosophes, c'est très important, cette raison grecque. Et le modèle qu'on appelle, si vous voulez, Jérusalem, et là, en l'occurrence, la loi mosaïque, eh bien, on ne pouvait pas concilier les deux. Il y avait un choix à faire. Il y a deux grandes options, à la fois théologiques, mais évidemment politiques derrière, et je dirais même morales. Bon, ça, c'est des débats qu'on a, évidemment, depuis 20 siècles.
Ce sont des débats, vous savez, qui sont terriblement accentués dans le XXe siècle, parce qu'on veut parler de politique, de M. Hollande, d'accord, mais enfin, on a eu la Shoah, on a eu le stalinisme, on a eu la guerre de 14, dont on parlait récemment. Qu'est-ce qui se passe à la suite de la guerre de 14-18 ? Il se passe que
c
'est déjà une crise du libéralisme. Et on se dit, l'émancipation, l'assimilation, ça n'a pas marché. Regardez ce que ça donne. Et on va avoir, en plus, la montée des extrêmes. Donc, vous avez un certain nombre de gens, chez les philosophes, qui disent, dans le fond, l'humanisme promettait un homme à la place de Dieu, c'est pire que quand il y
a
un Dieu qui marquait quand même son écart. Et nous, nous étions dans une position d'humilité. L'homme qui se croit tout-puissant, l'homme qui se prend pour Dieu, celui-là, il est extrêmement dangereux. Et donc, vous avez un retour. Dans le monde juif, c'est Rosenzweig. Vous l'avez dans le monde chrétien,
c
'est Karl Barth. Vous l'avez dans la philosophie, si vous lisiez les textes de Paul Valéry, savoir et devoir, vous êtes suspect, savoir et devoir, après la guerre de 14-18.
Et
donc, j'ai aussi voulu prendre position dans ce débat qui me semble le débat fondamental de notre époque. Et à un moment, en philosophie, il n
'y a
pas que les arguments. Bien sûr, il y
a
les arguments, j'essaie d'en développer, mais il y a la décision. Et si vous me permettez de finir là-dessus, pour moi, ce qui était très important dans ce livre, moi, j'ai été élevé, vous l'avez dit, laïque, parent communiste, rationaliste, scientifique, philosophe,
et
évidemment, avec quand même une idéologie du contrat social. Et il me semblait, c'est le modèle moderne. Et je commence à me demander si ce modèle ne nous a pas entraînés dans cet humanisme prométhéen, pose de nombreuses questions
que
le modèle, je dirais, alors si vous voulez religieux, mais enfin, biblique de l'Alliance, ne posait pas.
Et
d'une certaine façon, ce modèle,
parce
qu'on l'a oublié aussi, je vois, quand on parle de religion, on pense que la religion, elle est régressive. Mais enfin, quand vous lisez la loi Mosaïque, c'est quand même extraordinaire, se souvenir qu'on a été esclaves en Égypte, que chacun de nous mesure le prix de la liberté. Et deuxièmement, savoir accueillir les étrangers, ça me semble de formidable actualité. Respecter les croyances des autres. Et enfin, je voyais le livre de Piketty, mais Piketty pose la question du capital. Bon. Et donc, il pose la question de la propriété. Qu'est-ce que dit la Bible hébraïque ?
Elle dit, tous les 50 ans, non seulement vous libérez les esclaves, d'ailleurs tous les 7 ans, mais il faut remettre les terres en commun, parce que les inégalités s'accroissent tellement que si on ne revient pas à zéro tous les 50 ans, certains vont accumuler des fortunes considérables et d'autres vont se retrouver dans la pauvreté la plus totale. Donc, il m'a semblé qu'on avait là un modèle, y compris avec des fondements philosophiques et théologiques, qui était intéressant.
Vous
avez évoqué, Vincent Péillon, la figure de Robespierre, à qui vous avez consacré un ouvrage. À propos de qui, Mirabeau disait dans ses mémoires, il ira loin, il croit tout ce qu'il dit. La promesse, quand on est au pouvoir et qu'on veut absolument la tenir, est-ce que c'est aussi un danger ?
C
'est-à-dire, il
y
a le danger de finalement tromper ceux à qui on fait des promesses
et
de ne pas du tout envisager de les tenir une fois qu'on sera en mesure de le faire. Et puis,
il
y a aussi ceux qui veulent absolument aller jusqu'au bout et ça peut créer du
totalitarisme.
C
'est très important ce que vous dites. Et cette formule, on l'a retrouvée dans le fond, dans cette philosophie républicaine. Alain disait, il n
'y a
rien de pire que se croire.
On
se croit tous un peu, même sur des petites choses. Et là, vous avez raison. Et là, je reviens à mon expérience politique. Regardez les rythmes scolaires. Tout le monde était d'accord.
C
'est en 2008 qu'on enlève le mercredi. Donc, vous avez l'Académie de médecine. L'ensemble des syndicats avaient voté pour tout
le monde. Vous en parlez en tant qu'ancien ministre de
l'éducation. Et donc, moi, je suis convaincu que la raison est là, l'intérêt des élèves. Et puis, on voit que ça se heurte à des tas de difficultés. Rétrospectivement, et ça, c'est la logique de l'action politique, il ne suffit pas d'avoir raison. Le j'ai raison contre tous est effectivement quelque chose de très dangereux. Dans des cas, vous pouvez continuer de croire que vous aviez raison. Dans d'autres cas, on voit bien, vous avez évoqué les totalitarismes. C'est là qu'on a les plus grands délires paranoïaques ou totalitaires. Donc, cette question de il ne suffit pas dans le fond de posséder la vérité, d'avoir raison, d'avoir les preuves scientifiques avec soi.
Mais la complexité humaine est terrible. Regardez la promesse.
Vous
allez dire, on va revenir à 4 jours et demi. Tout le monde va vous dire, oui, c'est bien. Tout le monde. Et après, quand vous allez entrer dans la mise en œuvre, vous allez voir tout le monde contre vous. Vous dites, il y
a
quand même quelques, ils ont dit hier que, etc.
Mais
en réalité, la promesse ne disait pas quelles étaient les modalités d'application de la promesse. Or, vous avez fait des choix. Deuxièmement, vous parliez de l'accélération du temps. Mais ce qui est vrai à un temps T0 dans l'histoire n'est pas vrai à un temps T1. Et donc, vous continuez à vous obstiner pour réaliser quelque chose qu'on a dit il y a trois mois. Mais les gens disent, « Ah, mais la situation a changé, les métros marchent moins bien, il fait moins beau. » Et ça peut être vrai. Les circonstances, comme on dit, ont changé. Donc, vouloir à tout prix, avec un esprit géométrique, appliquer ses promesses quand on les a faites, ça vous est souvent très reproché par les électeurs.
Les électeurs vous demandent souvent de ne pas tenir les promesses que vous leur avez faites.
Et
vous écrivez d'ailleurs dans votre livre, « Vouloir gommer l'écart entre les principes et leur réalisation, c'est faire un rêve de contrôle qui devra fortement épurer le réel. » On voit à quel point, voilà, ça peut conduire à des excès en politique. Je voudrais qu'on poursuive et qu'on termine presque déjà par une autre forme de promesse. Elle est très connue. Elle ne promet pas un avenir à Radieux. Nous sommes le 13 mai 1940, à Londres, devant la Chambre des Communes. Winston Churchill, donc en 1940,
«
Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, de la sueur. et des larmes. »
Est
-ce qu'aujourd'hui, on n'est pas confronté, Vincent Payon, à ce type de promesse ? C'est d'ailleurs un petit peu là-dessus que vous ouvrez votre ouvrage, c'est-à-dire que dans un monde où on est confronté au terrorisme, à la crise climatique, à la baisse de la biodiversité, qu'est-ce qu'il
y
a d'autre à promettre qu'un futur extrêmement anxiogène ? Voilà,
il va bien falloir, parce que sans espérance, toutes les pensées du déclin, pensées à Oswald Fengler ou à d'autres, nous ont amené les totalitarismes et les fascismes. Donc, il faut être capable de maintenir de l'espérance, de la croyance dans nos capacités collectives et individuelles à surmonter. D'ailleurs, ceux qui sont entrés en résistance, ils ne savaient pas qu'ils allaient gagner, mais ils maintenaient une idée.
Est
-ce que ce
n'est pas ça que sert
d'abord la promesse, finalement ?
C
'est-à-dire, à entretenir une espérance ?
Bien sûr, parce qu'elle vous convoque aussi. Je disais, dans le fond, ce n
'est
pas tellement vous, c'est la promesse qui vous tient. Il faut être tenu par une promesse.
Moi,
j'ai connu l'espérance communiste, j'ai connu l'espérance de la décolonisation, j'ai connu l'espérance libérale aussi. On a vu à quel point les gens ont cru, dans le modèle libéral, l'espérance républicaine. Et on voit aujourd'hui, je vois les plus jeunes, mes enfants,
et
qui sont eux-mêmes parents maintenant, c'est terrible. C'est la crise permanente, c'est toutes les crises. Crise démographique, crise sociale, crise économique, crise financière, crise écologique, crise à longueur de journée. Et bien sûr, tout ça est là, il va falloir le surmonter, mais pour le surmonter, il faut se donner les ressorts de l'espérance, de l'idéal, de l'utopie. C'est vrai que c'est une fonction de la promesse.
Alors, on verra si ces ressorts fonctionnent malgré tout, l'année prochaine, à l'occasion de la campagne des élections municipales. On revient à nouveau au temps des campagnes électorales qui est un des temps, si ce n'est de la promesse, mais en tout cas des promesses en politique. Bonjour Antoine Hulster. Bonjour. Il se trouve que l'essayiste Bruno Filini s'est justement intéressé à cette histoire des promesses électorales.
Oui, dans un ouvrage paru en 2017, Histoire amusée des promesses électorales. Alors, l'une de ces grandes promesses historiques retient l'attention. Cette promesse, c'est changer la vie. La formule ne date pas du programme socialiste des années 70. On la trouve dès le 19e siècle sous la plume d'Arthur Rimbaud, Déjà à l'époque, ce mot d'ordre mobilisait les progressistes dans leurs campagnes électorales. Du temps d'Arthur Rimbaud, il y avait des prophètes de l'utopie qui expliquaient qu'on pouvait changer complètement le monde, la société, peut-être même l'être humain ou en tout cas les relations entre les êtres humains.
Et donc, on va trouver des textes extraordinairement lyriques chez les gens qui se réclament du fourriérisme, par exemple. Un certain Fomberto dans l'Allier, je veux l'organisation immédiate et du travail des villes et du travail des champs que le capitaliste s'unisse aux travailleurs, que l'un apporte ses bras, que l'autre apporte son or. Ils se compléteront l'un par l'autre et les barrières qui les tiennent depuis si longtemps séparées tomberont devant leur union fraternelle. Donc, il
y
a tout un discours dont on peut se moquer mais qui est humaniste et qui fixe un horizon assez ambitieux finalement de concorde, de prospérité en renonçant aux vieilles recettes politiciennes pour aller vers un monde nouveau, voire un nouveau monde. Et cette promesse d'un monde nouveau dépasse les frontières politiques de la gauche
à
la droite gaulliste dans une époque plus proche de nous. Le Jacques Chirac des années 70 qui se réclame d'un travaillisme à la française ne fait surtout pas l'erreur d'endosser des habits de conservateurs. Au contraire, et quand le chômage commence à pointer, il dit à ses électeurs de la Corrèze des industries viendront s'implanter, des réunions sont en cours. On n'en sait pas plus mais c'est écrit noir sur blanc sur son programme et bien sûr ça doit rassurer les populations. Et l'électeur est généralement content de cela et les candidats élus sont souvent des candidats qui ont des promesses élevées mais un peu vagues.
Il y a aussi des promesses qui à défaut d'être vagues sont soit farfelues soit en avance sur leur temps. Ces promesses on les trouve non dans les programmes des grandes formations politiques mais plutôt chez les candidats au profil plus atypique. Si on regarde attentivement les promesses des petits candidats on a la surprise de trouver les promesses des candidats sérieux des décennies suivantes. Deux exemples Ferdinand Loppe personnage pittoresque du quartier latin qui se présente pour devenir à terme le président des Etats-Unis d'Europe. Dans les années 50-60 ça fait sourire mais aujourd'hui on se pose vraiment la question.
Un autre agitateur Irsut qui était Aguigi Mouna qui se promenait en vélo couvert de badge dans Paris prônait la vélorution thème évidemment repris de façon très sérieuse par les écologistes et par tous ceux qui veulent changer les transports urbains aujourd'hui. Donc pour reprendre la phrase de Victor Hugo Utopie hier réalité demain. C'était l'essayiste Bruno Fulini à qui on doit cet ouvrage Histoire amusée des promesses électorales publié en 2017 chez Talendier. Une courte réaction
Vincent Payon. C'est vrai que si on n'avait pas eu au XIXe siècle par exemple des gens qui ont cru dans la sécurité sociale l'assurance accident du travail même le vote des femmes etc. qui étaient traités d'utopistes
et
bien tout ce qui constitue notre pacte social et républicain celui qui a été refondé après la seconde guerre n'existerait pas.
Merci beaucoup
Vincent Payon je rappelle donc le titre de votre ouvrage qui vient tout juste d'être publié au PUF La Promesse Politique c'est une émission préparée par Antoine Dulster réalisée par Séverine Cassard avec à la prise de son Julien Calvas vous pouvez la réécouter la télécharger sur franceculture.fr
Je
vous retrouve lundi matin à 8h45 pour la transition dans les matins de France Culture à 12h45 ce sera la suite dans les idées avec Sylvain Bourmeau et dans un instant c'est le journal de 12h30 c'est
le journal c'est le journal
Vincent Peillon