Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 octobre 2020 26 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & famille

Déconfinement, gauche et islamisme, relations avec la Turquie... Le "8h30 franceinfo" de François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que dans ces cas-là, François Hollande, un président est seul pour décider ?

  • 1:18OuverteRéponse directe

    Comment ces décisions difficiles peuvent être acceptées par les Français ?

  • 2:32OuverteRéponse partielle

    Vous trouvez que jusqu'à présent le gouvernement a bien géré cette crise sanitaire ?

  • 2:56RelanceRéponse directe

    Et là on n'a pas tiré les leçons de la première vague ?

  • 3:36RelanceRéponse partielle

    Quand vous dites on a sans doute fait les choses trop rapidement à la sortie du confinement, ça vaut pour les Français ou pour le gouvernement ?

  • 4:51OuverteRéponse partielle

    Depuis le mois de mars, plusieurs critiques ont été adressées au gouvernement pour sa gestion de la crise. Le gros échec reste la pénurie de masques.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « Non, un président n'est jamais seul pour décider. »
  • 0:30Invité politiqueFait
    « Il peut prendre une décision sur ses propres convictions mais il doit s'entourer d'avis et doit concerter avant de prendre par exemple le choix d'un confinement général. »
  • 1:04Invité politiqueFait
    « On se souvient du premier et ça va avoir des effets économiques tout à fait considérables. »
  • 2:44Invité politiqueFait
    « Je pense que c'est sûrement le déconfinement qui a été trop rapide et la rentrée, celle de septembre, qui a été sûrement organisée de manière trop optimiste. »
  • 3:10Invité politiqueFait
    « Les spécialistes disaient, il fallait les entendre, notamment M. Telfraissy, d'autres médecins disaient, le rebond va se produire, l'épidémie est encore sévère, peut-être même plus sévère qu'au printemps. »
  • 5:44Invité politiqueFait
    « Non, pas sur la question des masques. »
  • 5:50Invité politiqueChiffre
    « Lorsque moi je suis arrivé aux responsabilités en 2012, la ministre Marisol Thoren avait l'évaluation des masques. Il y avait 700 millions. »
  • 5:56Invité politiqueChiffre
    « Quand nous sommes partis en 2017, il y en avait un peu plus de 700 millions. »
  • 8:16PrésentateurChiffre
    « 100 milliards du plan de relance. »
  • 8:32Invité politiqueFait
    « les mesures pour le chômage partiel, les prêts garantis et un certain nombre de dispositifs dans des secteurs. »
  • 8:41Invité politiqueFait
    « Mais la politique fiscale, elle, n'a pas changé. »
  • 9:25Invité politiqueFait
    « Ça veut dire qu'il faut mettre un dispositif sur les fortunes et les plus hauts revenus. »
  • 9:30Invité politiqueFait
    « J'ai évoqué le relevement de la taxation des dividendes. »
  • 10:42Invité politiqueChiffre
    « Est-ce qu'en ce moment, il faut baisser les impôts de production de 20 milliards, ce qui est quand même le cas, ne me pose même pas la question de la contrepartie. »
  • 20:03Invité politiqueFait
    « En tout cas, le président Erdogan a eu tort. »
  • 20:23Invité politiqueFait
    « La Turquie, la France sont membres de la même alliance. L'OTAN. »
  • 21:22Invité politiqueFait
    « Elle n'a plus sa place aujourd'hui. »

Temps de parole

  • François Hollande67 %
  • Présentateur10 %
  • Invité9 %
  • Invité 28 %
  • Invité 32 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour François Hollande. Bonjour. Merci d'être avec nous et avec les auditeurs et téléspectateurs de France Info au matin d'une annonce qui va sans doute être difficile pour beaucoup d'entre nous puisque Emmanuel Macron devrait annoncer ce soir le retour probable du confinement sur toute la France. Est-ce que dans ces cas-là, François Hollande, un président est seul pour décider ?

0:22
François Hollande

Non, un président n'est jamais seul pour décider. Il peut prendre une décision sur ses propres convictions mais il doit s'entourer d'avis et doit concerter avant de prendre par exemple le choix d'un confinement général. Et c'est je pense la méthode qui a été utilisée puisqu'il y a une concertation, qu'il y a un conseil scientifique et qu'après il y a la responsabilité politique. Mais la responsabilité politique elle s'appuie sur un ensemble de conseils, d'avis, de responsables qui doivent accompagner le président dans un choix qui est forcément très douloureux parce que s'il est annoncé un confinement général, ça va modifier nos propres vies.

On se souvient du premier et ça va avoir des effets économiques tout à fait considérables. Donc moi j'ai été amené à prendre des décisions. Je me suis exposé seul face aux Français mais j'ai toujours voulu m'entourer de conseils et d'avis.

1:18
Invité

Alors justement comment ces décisions difficiles peuvent être acceptées par les Français ? Qu'est-ce qu'il faut faire en tant que président de la République pour qu'elle soit facilement acceptée par les Français ?

1:27
François Hollande

Il faut donner toujours une perspective, montrer qu'il y a une issue et pas simplement subir les événements et adapter les règlements à la gravité de l'épidémie. Donc s'il doit y avoir un confinement général, il faut expliquer pourquoi il est nécessaire, pourquoi il doit être respecté et vers quoi il doit aboutir. Ce qui a peut-être manqué pour le premier confinement mais il est vrai...

1:54
Présentateur

Le mot n'avait pas été prononcé à l'époque.

1:56
François Hollande

Voilà, il est vrai qu'il y avait beaucoup d'incertitudes, le mot n'avait pas été prononcé mais enfin les mesures ont été prises et ensuite le confinement a été prolongé. Là il faut dire si c'est 15 jours, c'est 15 jours et on s'y tient et ça doit être relativement sévère. Si c'est plus long, il faut aussi le laisser entrevoir et il faut montrer qu'il y a une solution. Le pire pour les Français, pas simplement pour les Français puisque la plupart des Européens sont concernés, c'est le sentiment qu'on improvise au fur et à mesure de l'épidémie. Il faut montrer que même si l'épidémie est très difficile à maîtriser, qu'il y a des solutions et que cette solution est la bonne.

2:32
Invité

Vous trouvez que jusqu'à présent le gouvernement a bien géré cette crise sanitaire ?

2:36
François Hollande

C'est toujours facile, je ne tomberai pas dans ce travers de dire voilà ce qu'il aurait fallu faire il y a 6 mois, 3 mois. Je pense que c'est sûrement le déconfinement qui a été trop rapide et la rentrée, celle de septembre, qui a été sûrement organisée de manière trop optimiste.

2:56
Invité

Et là on n'a pas tiré les leçons de la première vague ?

2:58
François Hollande

Je pense qu'il faut procéder par degrés et ne pas déconfiner trop rapidement, y compris lorsque cette décision sera prise d'un deuxième confinement. Les spécialistes disaient, il fallait les entendre, notamment M. Telfraissy, d'autres médecins disaient, le rebond va se produire, l'épidémie est encore sévère, peut-être même plus sévère qu'au printemps. Il disait ça en juillet. Et vous devez prendre des décisions car sinon vous aurez le confinement. Et si on peut se donner comme ça cette impression, c'est à vouloir éviter le confinement, on a eu le confinement.

3:36
Présentateur

Quand vous dites on a sans doute fait les choses trop rapidement à la sortie du confinement, François Hollande, ça vaut pour les Français qui n'ont pas tous été responsables ou pour le gouvernement qui a voulu aller trop vite ?

3:45
François Hollande

Je crois que ça vaut pour nous tous, parce qu'on avait tellement envie après le premier confinement qui avait été long, qui avait été douloureux, qui avait été difficile économiquement. Il faut se souvenir de ce qu'ont subi les restaurateurs, les entreprises de spectacle, les économies qui ont été bouleversées, chavirées, des licenciements qui ont été prononcés. Donc il y avait cette envie tout à fait respectable de revivre après ce premier confinement. Vous-même vous avez été trop léger ? Pour l'instant je n'ai pas contaminé qui que ce soit, je pense, et vous ne risquez rien aujourd'hui. Je n'ai pas été sauf une fois qu'à contact. Est-ce que moi je n'ai pas pris de précaution ?

Comme nous tous finalement. Oui peut-être. Je pense que tous ceux qui ont eu des responsabilités doivent essayer d'être exemplaires, notamment sur le port du masque, notamment sur les réunions. Mais on a toujours... Moi aussi j'ai des enfants, j'ai envie de les voir, et c'est vraiment une tentation. Et j'ai sans doute cédé à cette tentation d'avoir des réunions de famille. Or en ce moment les réunions de famille sont périlleuses, pas pour les enfants, mais pour les parents ou les grands-parents.

4:51
Invité

Monsieur le Président, depuis le mois de mars, plusieurs critiques ont été adressées au gouvernement pour sa gestion de la crise. Et le gros échec reste quand même celui de la pénurie de masques. Un échec qu'Olivier Véran, le ministre de la Santé, a justifié comme ça. Nous étions un pays, hélas, qui n'était pas préparé du point de vue des masques et des équipements de protection à une crise sanitaire en raison d'une décision qui a été prise il y a 9 ans. En 2010, il y avait dans notre pays un stock d'Etat de masques chirurgicaux d'un milliard de masques.

Quand je suis arrivé au ministère, et quand Agnès Buzyn était au ministère de la Santé et des Solidarités, il y avait 150 millions de masques chirurgicaux de stock d'Etat et aucun masque FFP2 en stock d'Etat. Entre 2010 et 2017, le stock des masques a fondu. Vous, vous avez été président de la République entre 2012 et 2017. Est-ce que c'est aussi votre échec ?

5:44
François Hollande

Non, pas sur la question des masques. Lorsque moi je suis arrivé aux responsabilités en 2012, la ministre Marisol Thoren avait l'évaluation des masques. Il y avait 700 millions. Quand nous sommes partis en 2017, il y en avait un peu plus de 700 millions. Donc nous avions même reconstitué une partie du stock. Et là, ce qui s'est produit, c'est qu'à partir de 2017, il n'y a pas eu de remontée d'informations suffisantes. Les commissions d'enquête d'ailleurs ont démontré cette erreur. Et beaucoup de masques étaient périmés, en tout cas inutilisables. Mais aujourd'hui, ce n'est plus une question de masques. Tout le monde a des masques.

C'est une question de gestes barrières et d'équilibre entre l'activité économique et la protection sanitaire. Le jeu qui consiste à renvoyer sur les prédécesseurs. M. Véran devait à l'époque être député socialiste, mais il l'a peut-être oublié.

6:32
Présentateur

François Hollande, vous restez avec nous. On va parler du coût économique de cette crise sanitaire, du fameux « quoi qu'il en coûte » qui avait été décrété il y a quelques mois par Emmanuel Macron. Jusqu'où pouvons-nous supporter le coût de ces mesures sanitaires ? Mais d'abord le fil info, puisqu'il est 8h40 et que voici Mélanie Delaunay.

6:48
Invité

Le virus galope de façon effrayante. Il faut aller vite, confie un ténor du gouvernement à France Info. Face à la progression de l'épidémie de Covid, le gouvernement privilégie un reconfinement national de 4 semaines dans toute la France, mais plus souple qu'au printemps. A partir de quand ? C'est décidé ce matin. Un nouveau conseil de défense sanitaire se tient à l'Elysée. Emmanuel Macron prend la parole à 20h. Une allocution à suivre sur France Info. Le patron du Modem estime qu'il faut éviter de paralyser complètement le pays comme au printemps. François Bayrou, invité de France Inter, ne se prononce pas pour un confinement généralisé.

Plus de télétravail et des salariés qui boudent la cantine à cause du Covid. Sodexo, le numéro 2 mondial de la restauration collective, prévoit de supprimer 2000 emplois en France. Le Sénat donne son aval à son tour. Au retour des néonicotinoïdes dans les champs de betterave, ces pesticides tueurs d'abeilles, une dérogation jusqu'en 2023. La nouvelle une de Charlie Hebdo fait bondir la Turquie. On y voit le président Recep Tayyip Erdogan, bière à la main, en train de soulever la jupe d'une femme voilée. Ankara accuse d'hebdomadaire satirique de racisme culturel.

7:57
Locuteur non identifié

France Info.

8:02
Présentateur

Le 8.30 France Info. Salia Brakia, Marc Fauvel. François Hollande, vous aviez au début du quinquennat d'Emmanuel Macron qualifié le président de président des très riches depuis la crise est arrivée, le Covid, les mesures d'aide, 450 milliards d'euros d'aide pour les entreprises, 100 milliards du plan de relance. Vous rediriez la même chose aujourd'hui ou vous estimez que sa politique a changé ? Sa politique a changé en fonction des circonstances.

8:25
François Hollande

Dans le bon sens pour vous ? Heureusement qu'il y a eu des mesures prises pour essayer de compenser les conséquences de la crise sanitaire auprès des entreprises et notamment les mesures pour le chômage partiel, les prêts garantis et un certain nombre de dispositifs dans des secteurs. Mais la politique fiscale, elle, n'a pas changé. Il n'y a pas eu de mesures qui ont été prises pour assurer une meilleure solidarité, c'est-à-dire une contribution sur les plus grandes fortunes ou les plus hauts revenus et des soutiens plus importants qu'ils n'ont été décidés pour les plus fragiles.

Donc s'il y a eu une adaptation, et je m'en réjouis, de la politique économique parce qu'il fallait bien soutenir l'activité des entreprises et permettre aux salariés d'être compensés de leur perte d'activité, il n'y a pas eu de changement. D'ailleurs, le gouvernement s'est maintenu sur cette ligne. Il n'y a pas eu de changement dans ce qu'est finalement le sens même de la justice.

9:22
Invité

Ça veut dire qu'il faut remettre l'ISF comme avant ? C'est ce que vous demandez ce matin ?

9:25
François Hollande

Ça veut dire qu'il faut mettre un dispositif sur les fortunes et les plus hauts revenus. J'ai évoqué le relevement de la taxation des dividendes. Ça paraît être le bon sens. Comment faire que les personnes qui détiennent des actions, c'est-à-dire les plus fortunées, puissent disposer d'avantages fiscaux quand les salariés vont être amputés d'une large part de leur pouvoir d'achat. De la même manière, vous savez qu'il y a des phénomènes aujourd'hui de richesse, à cause de la crise. Les crises produisent toujours et de la pauvreté et de l'accumulation de richesse. Quand il y a de l'accumulation de richesse, il est assez légitime qu'il y ait un impôt pour la taxer.

10:01
Présentateur

Emmanuel Macron a fait le même choix que vous sur une question précise, c'est de ne pas demander de contrepartie aux entreprises qui sont aidées en ce moment. Vous aviez fait ce choix, vous, avec le CICE. Il vous a été beaucoup reproché. Est-ce que vous soutenez ce choix économique d'Emmanuel Macron ?

10:16
François Hollande

Moi, je n'ai pas posé de contrepartie législative à ce qu'on appelait le crédit impôt compétitivité emploi. Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait en définitive de permettre à des entreprises qui créaient de l'emploi ou qui maintenaient leurs salariés dans l'entreprise, d'être aidées dans une période de crise par l'État. Et je n'allais pas faire un contrôle sur pièce dans chaque entreprise.

10:39
Présentateur

C'est quasiment mot pour mot ce que disent aujourd'hui les responsables de l'accueil majorité.

10:42
François Hollande

Mais si la question, c'est, est-ce qu'en ce moment, il faut baisser les impôts de production de 20 milliards, ce qui est quand même le cas, ne me pose même pas la question de la contrepartie. Est-ce que c'est légitime de baisser les impôts de production de 20 milliards en ce moment, quand il s'agit plutôt d'aider des secteurs qui sont en très grande difficulté, automobiles, aéronautiques, la mécanique, la culture, tout ce qui gravite aussi autour de la restauration, de l'hôtellerie ?

Voilà, moi ce que je n'aurais pas fait, je n'aurais pas consacré 20 milliards d'euros en une baisse d'impôts pour toutes les entreprises, les plus grandes comme les plus petites et encore les plus petites n'auront pas grand chose. J'aurais concentré ces 20 milliards sur les secteurs qui sont aujourd'hui les plus impactés par la crise.

11:26
Invité

François Hollande, la rentrée scolaire du 2 novembre, si elle a lieu, sera marquée par un hommage à Samuel Paty dans tous les établissements. Une séquence pédagogique est prévue aussi dans les classes pour parler des faits et réaffirmer les principes républicains comme la liberté d'expression. A ce sujet, écoutez ce que dit Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, sur le fait de montrer les caricatures de Mahomet en classe. Il était l'invité de France Info hier. Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d'expression. Il y a d'autres moyens de le faire.

Je pense qu'à cet âge-là, il faut peut-être respecter aussi le sentiment de ces enfants. Je pense qu'il y a d'autres moyens d'expliquer le respect mutuel, le respect des libertés des uns et des autres, autre que de faire systématiquement la publication de ces caricatures ou les montres aux enfants. Il ne faut plus les remontrer, ces caricatures de Charlie Hebdo ?

12:22
François Hollande

J'ai écouté hier matin France Info et les propos de Moussaoui. de Moussaoui. Donc, il ne posait pas d'interdit. Il ne disait pas, je ne veux pas, il n'est pas favorable de son point de vue. Je l'entends. Mais du point de vue de ce qu'est le rôle de l'école, je ne l'entends pas. Le rôle de l'école, c'est de susciter l'esprit critique, de faire valoir l'intelligence face à un dessin, une caricature, de montrer en quoi elle peut être choquante quand elle s'attaque aux croyants eux-mêmes ou quand elle peut être acceptable parce qu'elle met en cause la religion en tant que telle ou le fanatisme.

Et là, je pense que c'est le rôle de l'école de faire la différence, d'expliquer les nuances et de montrer à ce moment-là aux jeunes comment ils peuvent lire un livre ou regarder un dessin en gardant son esprit critique.

13:20
Invité

Mais ces caricatures particulières, est-ce qu'un professeur doit les remontrer ?

13:25
François Hollande

S'il le fait en termes de provocation sans préparation de sa classe, je crois que ce n'est pas la bonne méthode. Mais un professeur qui peut montrer, sur une variété de dessins d'ailleurs, il y a une association que je soutiens comme président d'une fondation qui s'appelle Cartooning for Life, où c'est Jean Plantu, qui montre plein de dessins aux enfants et leur explique ce qu'est une caricature ou ce qu'est une vision du monde à travers un dessin. C'est ça le rôle de l'enseignant ?

13:55
Présentateur

Est-ce que sur cette question des caricatures et plus généralement de la laïcité, François Hollande, une partie de la gauche, aujourd'hui, a baissé les bras ?

14:04
François Hollande

Qu'appelle-t-on une partie de la gauche ? C'est la question qui viendra après, si vous voulez bien. Est-ce que dans les années 90, ça remonte à loin, il n'y a pas eu, quand il y a eu des pratiques religieuses qui allaient au-delà de ce que la laïcité devait accepter, notamment dans l'école, est-ce qu'il n'y a pas eu une forme de tolérance, considérant que, puisque c'était des familles de milieux populaires qui avaient été, à un moment ou un autre, migrantes et qui connaissaient peut-être des difficultés pour pratiquer leur culte ? Est-ce qu'on ne pouvait pas les autoriser, par exemple, à entrer dans un établissement scolaire avec un signe religieux ?

Ce débat a eu lieu au moment de ce qu'on a appelé l'affaire de Creil. Puis ensuite, la gauche, celle que je représente, a dit « Mais non, il faut garder les lois laïques pour toutes les religions. » Nous l'avons fait pour les religions catholiques, que dans le début du XXe siècle, ça a été une bataille très dure. Eh bien, nous devons le faire aussi pour le culte musulman. Et c'est là qu'une partie de la gauche, et je vais la nommer, a eu, à ce moment-là, une forme de dérive en considérant que la laïcité n'avait plus cours pour une religion et qu'elle devait s'appliquer pour d'autres.

Eh bien non, on a eu une tolérance de cette part de la gauche à l'égard de l'islam, que l'on n'avait pas eu à l'égard du culte catholique. Quelle gauche ? Eh bien, maintenant, plus récemment, il y a une partie de la gauche, de la gauche, des Insoumis, parlons très clairement, qui ont voulu manifester, je crois que c'est ce qui a heurté un certain nombre de questions, manifester, non pas contre l'extrême droite ou des agissements qui avaient pu mettre en cause des lieux de culte comme les mosquées. Ça, c'était tout à fait légitime d'aller manifester. Mais d'aller manifester avec des groupes, avec des organisations qui sont islamistes, là, il y avait une faute qui mérite d'être relevée.

De la même manière, d'avoir été... Parler de la manifestation l'an dernier, à l'appel notamment du CICF, qui est en compte de la dissolution. Et avec des cris qui étaient dans cette manifestation, qui n'étaient pas acceptables. De la même manière d'avoir eu...

16:07
Présentateur

On avait entendu un responsable crier à la loi, à la loi, à la loi, pendant la manifestation.

16:11
François Hollande

De la même manière d'avoir des complaisances avec les indigènes de la République, qui peuvent exister, qui peuvent s'exprimer. En France, on peut s'exprimer. Mais quand on est de gauche, on a des règles qui font que la laïcité, la neutralité par rapport aux religions doivent être absolument respectées.

16:29
Présentateur

Est-ce que vous dites, ça veut dire que Jean-Luc Mélenchon s'exclut lui-même de par ses positions des rangs de la gauche ? Non, moi je ne fais pas d'exclusion. Quand on est gauche, on a des règles sur la laïcité.

16:35
François Hollande

Et je crois que c'est un maintenant responsable, vous en avez cité un, de faire les corrections qui s'imposent. Et d'ailleurs, j'ai entendu Jean-Luc Mélenchon commencer déjà à faire un pas de rentrée.

16:50
Présentateur

François Hollande, je vous propose qu'on entende la défense de Jean-Luc Mélenchon dans une minute, juste après le fil info. Pardon, il est 8h50. C'est Mélanie Delaunay.

16:57
Invité

Sur la table, le scénario d'un reconfinement national pendant 4 semaines. Conseil de défense sanitaire à l'Elysée pour acter les nouvelles restrictions pour freiner l'épidémie de Covid. Un confinement plus souple qu'au printemps. Le gouvernement veut garder les écoles ouvertes. Les détails sont tranchés ce matin, avant la prise de parole d'Emmanuel Macron, ce soir à 20h. Le déconfinement a été trop rapide, estime l'ancien président de la République, François Hollande, sur France Info.

Le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valtoux, estime lui, ce matin, chez nos confrères de France Inter, que si on avait pris des mesures fermes de reconfinement, il y a quelques semaines, on aurait évité de voir les chiffres exploser. Près de 300 morts du Covid à l'hôpital hier. La moitié des lits de réanimation sont occupés par des malades du coronavirus. Dans ce contexte, le chômage partiel sera indemnisé au même niveau jusqu'au 31 décembre au moins. 84% du salaire net pour les salariés. Le ministère du Travail l'a annoncé aux syndicats et aux patronats hier.

La Ligue des champions de football avec le Paris Saint-Germain à Istanbul et Rennes à Séville ce soir au lendemain de la lourde défaite de l'OM, battue 3-0 par Manchester City au stade Vélodrome.

18:06
Locuteur non identifié

France Info Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

18:15
Invité

Toujours avec François Hollande, l'ancien président de la République. Juste avant le fil-info, vous parliez de Jean-Luc Mélenchon, trop complaisant avec le CCIF puisqu'il a participé à cette marche contre l'islamophobie l'année dernière. Jean-Luc Mélenchon a décidé de répondre à ces attaques d'islamo-gauchisme. On l'écoute, c'était lundi sur France Inter. Je mets au défi, qui que ce soit, de trouver sur 50 ans de ma vie politique une seule ligne qui puisse être considérée comme non-laïque, non-républicaine. Une ligne, un bout de discours. Personne ne peut le faire. Est-ce que c'est un hussard de la République lui aussi, en fait, Jean-Luc Mélenchon ?

18:55
François Hollande

Jean-Luc Mélenchon, pendant une grande partie de sa vie politique, elle est longue. Elle a commencé tôt. Je ne sais pas s'il va aller finir également par retour. Il y en a eu un bon morceau qui a été avec vous parfois, face à vous au Parti Socialiste. Chaque fois qu'il a été au Parti Socialiste, et même après, il a été un tenant de la laïcité telle que je la conçois, c'est-à-dire la seule laïcité qui compte, la laïcité républicaine, des lois qui ont été édictées, qui méritent d'être appliquées scrupuleusement.

Ce n'est que très récemment qu'il a eu, notamment dans une manifestation, parce qu'il parle des lignes qu'il a écrites ou qu'il n'aurait pas écrites, mais c'est lorsqu'il a eu, effectivement, une part dans des manifestations qu'il a été à juste raison critiquée.

19:31
Invité

Il se défend en disant qu'il y avait aussi des écologistes dans la manifestation.

19:33
François Hollande

Alors, c'est une excuse d'avoir des écologistes avec soi ? L'UFSU, tout ça. Oui, mais ces organisations-là subissent, à mon avis, la même critique de ma part.

19:42
Présentateur

Nous ne renoncerons pas aux caricatures, a dit il y a quelques jours Emmanuel Macron lors de la cérémonie à la Sorbonne, en la mémoire de Samuel Paty, ce qui lui a valu des insultes très fortes du président turc Recep Tayyip Erdogan. François Hollande qui s'est même interrogé sur la santé mentale du chef de l'État français. Est-ce qu'Emmanuel Macron a eu raison de rappeler ceci ? Et que dire aujourd'hui au président turc ?

20:03
François Hollande

En tout cas, le président Erdogan a eu tort. Et c'est grave d'insulter, non pas simplement un président de la République française, pays qui a des relations bilatérales depuis longtemps avec la Turquie, mais un allié. Car nous ne le rappelons pas suffisamment. La Turquie, la France sont membres de la même alliance. L'OTAN. sont membres de l'OTAN. La Turquie, aujourd'hui, a un comportement en Syrie qui n'est pas acceptable, provoquant des conflits qui peuvent encourager les organisations terroristes à ressurgir. Il y a un comportement de la Turquie dans le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan inacceptable. Il y a un comportement de la Turquie en Libye inacceptable non plus.

Donc, à un moment, il faut quand même se poser la question, qu'est-ce qu'ont fait la France, la Turquie dans la même alliance ? Regardez ce qui s'est passé, y compris la Turquie avec la Grèce, et encore récemment, dans les eaux de la Méditerranée. Donc, je pense qu'à un moment, cette question de la présence de la Turquie, non seulement pour ce qu'elle fait en politique intérieure, on pourrait dire que c'est leur liberté, on peut le critiquer, ils nous critiquent sur ce que nous faisons ici, ça, ça fait partie du débat politique. Mais sur les comportements agressifs de la Turquie, oui, ça pose un problème de présence de la Turquie dans l'Alliance Atlantique.

Elle n'a plus sa place aujourd'hui. Je pense que cette question doit être posée avec nos alliés. Oui. C'est-à-dire que quand un pays est aussi... On ne peut pas se laisser insulter par un de ses alliés. Oui, ce n'est pas simplement une insulte. S'il n'y avait que l'insulte, on pourrait dire, bon, ça fait partie de la geste politique, d'une forme de provocation à des fins de politique intérieure. Non, là, il s'agit de politique agressive de la Turquie à l'égard de deux pays alliés et qui encouragent des conflits armés aux portes de l'Europe.

Donc cette question ne peut plus être écartée en pensant que la Turquie, parce que les États-Unis souhaitent que la Turquie reste dans l'OTAN, nous devions accepter d'un allié de tel comportement.

22:03
Invité

François Hollande, vous publiez ce livre, Leur État, chez Glénage Jeunesse, un livre explicatif, illustré pour mieux comprendre le rôle de l'État. Et il y a cette phrase en quatrième de couverture. Exceptionnellement, cet ouvrage ne s'adresse pas aux enfants de 5 à 10 ans, mais aux jeunes de 10 à 100 ans, parce qu'il n'est jamais trop tard pour comprendre le pays dans lequel nous vivons. Il y a trop de gens qui ne comprennent pas ce qu'est la France, ce qu'est l'État français.

22:26
François Hollande

Au mois de février, j'avais fait un livre sur la République, expliqué aux enfants. Et j'ai découvert, même si le confinement n'a pas forcément permis tous les contacts que j'aurais espérés, mais j'ai découvert que beaucoup de citoyens, d'adultes, ignoraient encore une large part de ce qu'est finalement l'institution de la Ve République ou de ce que sont les compétences des uns et des autres. Et que le langage politique était finalement décalé, déconnecté de ce que beaucoup de citoyens peuvent comprendre. Et c'est la faute, à mon avis, d'abord des responsables politiques qui n'expliquent pas suffisamment comment fonctionnent nos institutions.

Mais il faut-il, pour un ancien président, prendre son courage à deux mains, c'était d'ailleurs un plaisir, que d'expliquer aux enfants et peut-être aux parents ce que sont leurs institutions et ce qu'est la République. Et la licité en fait forcément partie. Puis, regardez ce qui se passe en ce moment. j'ai voulu décrire ce qu'est la responsabilité de l'État. La crise que nous vivons, c'est une crise sanitaire. L'État est forcément en première ligne. Gestion des hôpitaux. Vous avez posé des questions là-dessus. L'État doit intervenir dans l'économie. C'est parce qu'il y a forcément des soutiens à apporter. La France est frappée par le terrorisme.

C'est l'État qui doit apporter par sa police, sa gendarmerie, ses services de renseignement, des réponses. Donc chaque fois qu'il y a une question grave qui touche à notre mode de vie, c'est vers l'État que nous nous tournons. Donc j'ai voulu, et notamment sur la question aussi de l'école, puisque un enseignant a été lâchement assassiné, dire ce que représente l'éducation nationale dans notre pays. Donc c'est ce voyage à l'intérieur de l'État que j'ai voulu accomplir en emmenant les enfants et en pensant que les enfants allaient emmener leurs propres parents. Que les Français connaissent leur État parce qu'ils payent des impôts. Je décris d'ailleurs comment ils les payent.

Et il est légitime qu'ils sachent ce que fait l'État ou ce qu'il ne fait pas suffisamment.

24:25
Présentateur

Un dernier mot, François Hollande. Qui nous parle ce matin au micro de France Info ? Quel sera votre rôle dans les deux ans qui nous séparent de la prochaine élection présidentielle ? Est-ce que c'est le rôle d'un sage, de quelqu'un qui est en réserve de la République, d'un observateur ou d'un futur acteur ?

24:39
François Hollande

Moi, je ne distingue pas les rôles. Je suis un homme engagé. Je l'ai été avant d'être président. Je suis resté en tant que chef de l'État. Je le demeure aujourd'hui. J'ai mes convictions. Je les porte aujourd'hui. J'essaye d'être utile à travers des livres que je peux écrire, notamment ici pour expliquer ce qu'est la République et l'État.

24:59
Invité

Mais à quel point vous allez vous investir ?

25:01
François Hollande

Et je m'investirai autant qu'il sera nécessaire pour défendre la République et ma conception de la gauche. Y compris à une élection ? Non, pour l'instant, il n'y a pas d'élection puisqu'elles sont même suspendues. Je ne pensais pas au régional. La politique n'est pas qu'une élection. La politique, c'est d'abord des idées. C'est une pensée. C'est une volonté de changer. C'est d'être utile aux autres. Je fais de la politique pour être utile aux autres. Aujourd'hui, comme ancien président, j'essaye de traduire ou de transmettre ce que j'ai pu comprendre du fonctionnement de l'État ou de la République. Merci à vous François Hollande. Merci. Et bonne journée.