Mouvement lycéen, révélations sur Jordan Bardella, préparation du budget... Le "8h30 franceinfo" d'Éric Coquerel
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteÉludée
Est-ce que ce matin vous appelez au calme ?
- 2:56RelanceRéponse directe
Éric Coquerel, prenons-nous au mot, on vous prend au mot, on va parler du fond.
- 3:12OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de sa part ? Qu'est-ce qu'il doit annoncer aux jeunes ce matin ?
- 3:44RelanceRéponse directe
Éric Coquerel, juste sur le budget ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il ne s'agit qu'une question de moyens dans cette crise des lycées ?
- 6:18OuverteRéponse directe
Le langage guerrier est plutôt du côté du gouvernement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24PrésentateurChiffre
« 1000 lycées bloquées hier, près de 2000 interpellations. »
- 0:51InvitéFait
« à Tours, à Argenteuil, à Sevran, à Saint-Ouen-le-Mône, avec des jeunes qui ont été éborgnés, voire défigurés. »
- 3:19InvitéChiffre
« un des postes qui baisse le plus dans le budget qui nous a été présenté hier, c'est celui des collèges et des lycées, moins 840 millions d'euros. »
- 3:27InvitéChiffre
« Voilà, pour l'instant, la réponse, plus le gel des APL, c'est presque un milliard qu'on va prendre à la vie des lycéens, de leurs enseignants, des étudiants de ce pays. »
- 4:01InvitéChiffre
« 64 milliards d'euros, c'est une hausse de 1,2 milliard d'euros par rapport à l'année dernière. »
- 4:10InvitéChiffre
« Non, il n'est pas en hausse. Parce que si vous regardez, si vous comptez l'inflation, et que vous êtes obligés de compter l'inflation, le budget de l'enseignement scolaire baisse de 643 millions d'euros. »
- 4:25InvitéFait
« Pourquoi dit-il qu'il monte d'un milliard d'euros, le ministre ? Parce qu'il ne prend pas en compte l'inflation. »
- 5:27InvitéFait
« il y a des rats dans les toilettes, d'accord ? Les toilettes sont dans des états absolument lamentables. »
- 5:51InvitéChiffre
« elle ne devrait pas baisser la dotation de la moitié des lycées comme elle l'a fait l'an dernier. »
- 6:44InvitéFait
« Non, parce qu'on a une des plus mauvaises moyennes de l'OCDE, en termes d'effectifs par classe. »
- 9:53InvitéChiffre
« 40 proviseurs ont été blessés. »
- 14:04InvitéFait
« Jordan Bardella traite des propos antisémites. »
- 15:50InvitéFait
« Il avait 17 ans à l'époque, entre 17 et 19 ans. »
- 18:24PrésentateurChiffre
« 43 milliards d'euros de nouvelles économies avec un déficit qui a atteint 3 600 milliards du jamais vu depuis 1946. »
- 18:50InvitéChiffre
« c'est l'effort le plus élevé que va demander un gouvernement à sa population de toute la Ve République. »
- 18:55InvitéChiffre
« 43 milliards d'euros sur les services publics, les ministères, 7 milliards sur les collectivités, 7 milliards sur la santé et les hôpitaux. »
- 19:33InvitéFait
« Gèle des APL, primes d'activité, désindexation des retraites, fin de l'universalisation des APL, coupe sur l'allocation de rentrée scolaire, déremboursement des soins. »
- 20:54InvitéChiffre
« Le budget du logement baisse de 448 millions d'euros. »
- 20:59InvitéChiffre
« Le budget du ministère du Travail baisse de 2,5 milliards. »
- 21:07InvitéChiffre
« il y a en tout et pour tout 60 milliards d'augmentation, 60 millions, pardon, 60 milliards, ça serait rêvé, d'augmentation du budget de l'écologie. »
- 21:59InvitéChiffre
« on a annoncé 4,9% de déficit. On va terminer à 5,4, 5,5. »
Temps de parole
- Invité69 %
- Invité 213 %
- Présentateur9 %
- ?8 %
≈ 23,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Eric Coquerel, député France Insoumise de Sainte-Saint-Denis, vous présidez également la commission des finances à l'Assemblée Nationale.
On
va donc naturellement évoquer avec vous tout à l'heure le budget présenté hier par le gouvernement et l'une des actualités du jour, ce qui est devenu l'affaire Bardella avec de nouvelles preuves avancées par le site d'investigation Mediapart. Mais tout d'abord évidemment cette colère lycéenne qui enflamme de nombreux établissements en France. 1000 lycées bloquées hier, près de 2000 interpellations.
On
a vu ces images choquantes à Nantes hier à Marseille d'un établissement en feu, de bus en feu. Est-ce que ce matin vous appelez au calme
?
J'appelle surtout à continuer à soutenir ces mobilisations. J'appelle les parents d'élèves, les enseignants.
Parce
qu'avant de venir aux quelques débordements qu'il y a eu, et on pourra aussi venir sur les violences graves qu'ont subi plusieurs lycéens, à Tours, à Argenteuil, à Sevran, à Saint-Ouen-le-Mône, avec des jeunes qui ont été éborgnés, voire défigurés. Il faut peut-être d'abord écouter ce que disent ces jeunes. Mais sur
ces violences-là, avant de parler de revendications... Non, non, justement, je vais parler d'abord des revendications. J'ai bien compris que vous
vouliez m'emmener d'abord sur les images spectaculaires qui passent sur les
télés. Parce que c'est ce qui a
marqué hier.
Des télés qui parfois filment pendant 40 minutes un feu de poubelle, etc., comme si on était en guerre. Je voudrais d'abord parler des revendications. Parce que, figurez-vous, si la plupart des médias faisaient leur métier, au lieu d'aller, j'allais dire,
saisir tout de suite,
aussitôt qu'il
y a
un bruit, etc., dans la rue, et d'aller vite avec une caméra, ils allaient interroger ces jeunes. Ils verraient que ces jeunes ont des revendications très précises. On les
entend. De
conditions d'études. Rassure. Et qui, cette année, est une vraie boucherie avec des centaines de lycéens qui n'ont pas de faculté. Donc, on a des revendications très précises qui montent. Et d'abord, il faudrait peut-être, avant de traiter la question d'événements effectivement spectaculaires, que le feu à Nantes, évidemment, qu'on a condamné, parce que la plupart du temps, en plus, c'est des éléments extérieurs aux lycéens qui font ça. Mais avant ça, il faudrait les écouter. Parce que si vous ne les écoutez pas,
je
parle vous, globalement, mais je parle surtout du gouvernement, en réalité, ce mouvement va continuer à s'étendre. Parce que ce qui se passe dans les lycées, dans les facultés, est insupportable. Et donc, en essayant de convoquer, moi, je connais bien, j'ai fait des mouvements lycéens étudiants dans mon passé, c'est une classique, en essayant de convoquer une répression tous azimuts, Darmanin qui dit, il faut une réponse pénale par rapport à tout, donc on va envoyer, Il
dit ce matin, Gérard Darmanin, qu'il faut faire payer les réparations par an. D'avoir
une vision complotiste de l'histoire, en laissant penser qu'il
y a
évidemment un mouvement qui serait à l'origine de tout ça, sans comprendre qu'en réalité, les jeunes n'en peuvent plus dans leur lycée, eh bien, ce qui va se passer, c'est que ce mouvement va continuer à se
propager. Alors,
Éric Coquerel, prenons-nous au mot, on vous prend au mot, on va parler du fond, et on parlera aussi, quand même, de la France insoumise, qui est accusée, montrée du doigt, justement, et par le gouvernement, et par d'autres partis politiques. Le ministre de l'Éducation va recevoir les organisations de jeunesse ce matin. Qu'est-ce que vous attendez de sa part ? Qu'est-ce qu'il doit annoncer aux jeunes ce matin ? Eh bien, déjà, à
l
'inverse de ce que fait le budget, parce que, figurez-vous, un des postes qui baisse le plus dans le budget qui nous a été présenté hier, c'est celui des collèges et des lycées, moins 840 millions d'euros. Voilà, pour l'instant, la réponse, plus le gel des APL, c'est presque un milliard qu'on va prendre à la vie des lycéens, de leurs enseignants, des étudiants de ce pays. Donc, déjà, il faudrait un plan d'urgence pour les écoles, pour l'éducation, pour le lycée. Il faudrait un plan d'urgence...
Éric Coquerel, juste sur le budget ? Il
faudrait supprimer Parcoursup. Voilà, par exemple, des choses qui seraient peut-être à même, j'allais dire, de ramener une certaine confiance,
de ramener le dialogue, et pourquoi pas, à la fin du mouvement. Il a dit
hier que le budget de l'éducation nationale, globalement, est en hausse. 64 milliards d'euros, c'est une hausse de 1,2 milliard d'euros par rapport à l'année dernière. Est-ce qu'il ne s'agit qu'une question de moyens
dans cette
crise des lycées ? Non, il n'est pas en hausse. Parce que si vous regardez, si vous comptez l'inflation, et que vous êtes obligés de compter l'inflation, le budget de l'enseignement scolaire baisse de 643 millions d'euros, et le budget recherche en enseignement supérieur baisse de 91 millions d'euros, et je vous ai dit... Alors pourquoi
dit-il qu'il monte d
'un milliard d'euros ? Comment
? Pourquoi dit-il qu'il monte d'un milliard d'euros, le ministre ? Parce qu'il ne prend pas en compte l'inflation. C'est-à-dire qu'il ne prend pas en compte le fait qu'il y
a
2% d'inflation. Si vous tenez en compte qu
'il
y
a
2% d'inflation, pour ramener les sommes équivalentes par rapport à l
'an
dernier, évidemment, vous avez les baisses que je vous ai dites, et qui sont, j'insiste, les plus importantes, c'est les collèges et les lycées qui
subissent
840 millions d'euros. Donc, c'est un espèce d'habillage d'une coupe budgétaire qui frappe une fois de plus ces établissements, alors qu'en réalité, il faudrait un plan d'urgence. Moi, j'habite en Seine-Saint-Denis. Enfin, je suis député
de Seine-Saint-Denis. Vous êtes député de Seine-Saint-Denis. Oui, je suis
député de Seine-Saint-Denis. La dernière, tous les enseignants, ça fait 2 ans qu'ils demandent un plan d'urgence, parce que déjà, ce sur quoi revendiquent les lycéens est évident depuis des années. des profs absents qui ne sont pas remplacés, parce qu
'il
n'y
en a
pas suffisamment, des classes surchargées, des emplois du temps, du fait du manque d'enseignants qui sont absolument dingues pour les lycéens, des conditions, je l
'ai
dit, d'études. Je voyais que Mme Pécresse se permettait de faire des leçons sur les lycées. Mais est
-ce
que vous savez qu'à Paul-Éloard, par exemple, le lycée de Saint-Denis, qui est une ville de ma circonscription, il y a des rats dans les toilettes, d'accord ? Les toilettes sont dans des états absolument lamentables.
Et vous parlez de Valérie Pécresse, qui est la présidente de la région, car
c'est les établissements scolaires qui doivent être entretenus et maintenus par la région.
C
'est pour ça que
vous parlez de Valérie Pécresse. Vous avez
raison de le préciser. Et puis parce qu'elle s'est illustrée en disant « je vais envoyer la facture de 100 000 euros d'une grille ».
Donc vous dites que la région ne fait pas son travail.
Donc au lieu de faire ça, elle ne devrait pas baisser la dotation de la moitié des lycées comme elle l'a fait l'an dernier. Tout ça, c'est des revendications précises qui peuvent être mises en avant. Donc je suis ravi que le ministre les accueille. Mais si c'est pour les accueillir en disant alors qu'en même temps, vous avez un ministre de la Justice, vous avez le ministre de l'Intérieur, vous avez le Premier ministre qui ne voit ce mouvement qu'à travers la répression qu'on leur envoie, ça ne va pas le faire.
Un dernier point, Éric Coquerel, le ministre de l'Éducation a également dit que certes, il y allait y avoir moins de postes d'enseignants prévus dans le budget, mais aussi parce qu'il y a, vous le savez, une baisse démographique. Il y aura moins d'élèves à la rentrée 2027. Et proportionnellement, dit le ministre,
en
fait, la baisse est moins importante qu'elle aurait dû être. Est-ce que là-dessus, oui, le ministère de l'Éducation met suffisamment de professeurs devant les élèves ? Non, parce qu'on a une des plus mauvaises moyennes
de
l'OCDE, en
termes
d'effectifs par classe. Voilà, c'est une des plus mauvaises. Donc, on devrait au contraire en profiter pour baisser les effectifs. Et ce n
'est
pas ce qui se fait dans la plupart des étudiants. Je voudrais revenir sur un petit point, quand même. Je m'adresse à M. Lecornu. J'ai entendu qu'il avait, une fois de plus, il utilisait une fois de plus un langage guerrier, militaire, vis-à-vis d'une opposition, puisqu'il a parlé de proxys, c'est-à-dire qu'on utiliserait des proxys, les LFI, vis-à-vis des lycées. Ça fait la deuxième fois qu'il utilise des langages qui, d'habitude, sont vis-à-vis d'organisations comme le Hezbollah et autres. Ce sont des langages militaires. L'an dernier, sur le budget, il avait dit qu'on était des tireurs dans le dos parce qu'on osait s'opposer au budget. Il faudrait se calmer là-dessus. D'accord ?
Je voudrais savoir qu'est-ce qu'il fait. Il déclenche une guerre par rapport à ses oppositions. Et puis, au-delà, il déclenche une guerre par rapport aux lycéens. Je veux dire, qu'il se calme, qu'il s'apaise, parce que ça, ça ne rend pas service à la démocratie et à la situation. Vous estimez que
le langage guerrier est plutôt du côté du gouvernement,
si je
vous écoute.
D
'ailleurs, Matignon affirme que le mouvement, lui, a changé de nature, qu'on n'est plus sur un sujet de blocus, mais de violences urbaines. Clairement, votre parti est tenu responsable des violences commises lors de ces blocages par, d'ailleurs, une grande partie de la classe politique. Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, était l'invité hier soir du JT de France 2.
On
a un mouvement lycéen qui est pris en otage
par
des groupuscules ultra-violents. Indénéblement, d'abord, ça a été, au départ, attisé et récupéré par la Provence Insoumise en termes de blocage.
Et
puis, vous avez, évidemment, des groupuscules d'ultra-gauche qui, aujourd'hui, ont des comportements violents et qui ont été mettent en péril la santé de nos élèves et de nos personnels.
Groupuscules d'extrême-gauche, proxy, on y revient. Est-ce que, si vous n'avez pas déclenché le mouvement, est-ce que vous l'attisez aujourd'hui, Éric Coquette
?
Franchement, on fête le 40e anniversaire du mouvement de Vaquay. Je ne
dis
ça parce que je l
'ai
vécu.
Malheureusement, qui s'est
terminé par un mort, Malik Hussekin, il y a 40 ans. C'est exactement les mêmes termes. C'est-à-dire que, quand ils ne comprennent pas pourquoi un mouvement se développe, il faut essayer d'agiter une main invisible. Mais qu'est-ce qu
'ils
croient ? Ils croient que, même un mouvement comme France Insoumise, qui est dans son, je veux dire, pour un mouvement de gauche, soutient des mouvements sociaux, soutient des mouvements de la jeunesse qui mettent en question les conditions de leurs études, c'est un peu plus naturel.
On a vu plusieurs élus de la France
Insoumise présents
sur ces
blocages aux côtés des lycéens. Deuxièmement, c'est naturel, ça a toujours été, c'est le rôle, quelque part, de mouvements à gauche qui respectent leurs engagements, de venir soutenir, comme on soutenait les syndicalistes l'autre jour, qui combattent pour le pouvoir d'achat, pour des meilleurs services publics. Donc, laissez penser que vous avez un mouvement de masse, parce qu'il ne
faut
pas l'oublier. Là, il parle de quelques agitateurs, mais allez devant les lycées. Ce n
'est
pas quelques dizaines de lycéens qui bloquent,
c
'est quasiment tous les lycées. Donc, au lieu d'avoir cette réflexion, parce que ça m'inquiète, s'il lui reçoit les organisations syndicales tout à l'heure avec ce genre d'état d'esprit, encore une fois, ça ne
va
pas aller loin. Donc, tout ça, c'est une manière d'opposer par rapport à un mouvement, une ultra-répression, parce que vous me parlez des événements, vous avez raison, sur le feu à
Nantes ou à Marseille, mais au-delà de ça, parce que
vous
savez que vous avez une répression vis-à-vis de nos enfants qui est absolument terrible.
Mais là, par exemple, il y a un nouveau chiffre qui est donné par le ministre de l'Éducation, 40 proviseurs ont été blessés. Ce qui se passe autour de ces mobilisations, c'est aussi une violence inhabituelle, des proviseurs apparemment qui sont
déjà
ciblés, et des élèves aussi qui sont blessés.
D'abord, ce n'est
pas une violence inhabituelle. Ils le disent eux-mêmes, les proviseurs.
Oui, mais ce n'est pas
une violence inhabituelle. La plupart du temps, vous célébrez mai 68, par exemple. Est-ce que vous voulez qu'on compare les violences aujourd'hui et les violences de mai 68 ? Est-ce que vous voulez qu
'on
les
compare ? Est-ce que des proviseurs avaient
été visés de cette façon-là, lors de mai 68, avec
cette violence-là ?
Bien sûr, en mai 68, figurez-vous, les policiers, ce n'étaient pas quelques tiers de mortiers qu'ils recevaient, c'était des pavés, etc. C'était de
l
'huile bouillante à certains moments. Donc, je
dis ça pour remettre à peu en mesure. Donc, on en fait trop, Éric Cotrel
? On en fait trop aujourd'hui, sur
cette
violence ? Oui, on en fait trop par rapport... C'est-à-dire, on a un trop gros décalage entre ce que disent les lycéens et les étudiants qu'il faudrait écouter, et des images spectaculaires, certaines qu'on peut évidemment condamner, mais qui sont largement exacerbées. Et encore une fois, moi, je l'ai vécu. Parce que vous oubliez de dire que la plupart des élus, tous les élus France Insoumise, qui vont dans ces mobilisations, ils vont les soutenir, mais ils vont essayer de faire en sorte que, justement, les choses se passent de la manière la plus calme possible.
Ils s'interposent entre la police et les lycéens et ils invitent les lycéens à revenir dans leurs réunions qu'ils font devant les lycées. Donc, on n'arrête pas de le faire. Parce qu'on sait bien que la violence, le mouvement sera toujours perdant par rapport à ça. Donc, c'est ça
le rôle qu'on se donne. Vous dites que c'est un
mauvais procès ?
Bien sûr, mais c'est un mauvais
procès fait par des gens qui ne comprennent pas et qui n'ont, depuis maintenant plusieurs années, on l'a connu avec les gilets jaunes, ils n'ont qu'un mot à la bouche, c'est-à-dire la répression et puis, je vous le dis, une vision complotiste de l'histoire. Moi, je voudrais parler aux policiers. Je vais vous dire une chose, d'accord ? On sait très bien que, parmi les policiers, on a des éléments, y compris avec une idéologie d'extrême droite, qui sortent de
l
'ELBD très rapidement par rapport aux mômes qui sont en face. Mais moi,
je
suis sûr que la plupart, ce n
'est
pas ça. Et on leur donne, le gouvernement leur donne un rôle, un mauvais rôle, c'est-à-dire, par exemple, d'aller sans arrêt au contact des lycéens en stockant un problème, etc.
Jean-Luc Pélenchon a parlé d'une troupe qui tabattent nos enfants
à propos de la police. Est-ce que vous avez vu le décalage
?
Est-ce que vous avez vu le décalage entre un lycéen de 16, 17, 18 ans, voire plus jeune, d'accord, qui absolument n'est pas protégé, et les policiers qui leur sont envoyés en face.
Moi,
je l
'ai
vu. Ça veut dire que
là, vous
jouez un
peu l
'apaisement avec les policiers aussi, après
ces
propos
de Jean-Luc Pélenchon ? Moi, je dis aux policiers
qu'ils arrêtent de jouer le mauvais rôle que le gouvernement leur donne depuis maintenant plusieurs années pour mettre fin au mouvement social, les gilets jaunes, au mouvement des retraites, là, au mouvement des jeunes, parce qu'en face d'eux, pour la plupart, c'est leur môme qu'ils ont en face. Voilà. Donc, je dis, je trouve que ce gouvernement a eu instrumentalisme, même la police, pour essayer de tenir, tout simplement parce qu'il a une politique qui ne fait qu'exacerber les revendications des jeunes qui sont légitimes. Voilà. Donc, écoutons leurs revendications d'abord. Et le 6 octobre, parce que vous nous dites, la plupart de la
classe politique... Prochaine mobilisation de la part.
Il n'y a que la droite. Monsieur Rotaillot qui demande notre interdiction, qui montre l'inquiétude que ce serait s'il, demain, il gouvernait. Mais tous les syndicats appellent le 6 octobre à manifester avec les organisations étudiantes. Et c'est la première fois depuis 1986. Donc,
vous appelez à
se rassembler ce jour-là,
au-delà de ce mouvement
lycéen.
Et en attendant, j'applique les
parents, les professeurs à être aux côtés de leurs lycéens, de leurs étudiants, de façon à ce que les choses se passent le plus pacifiquement possible, mais que le mouvement l'emporte.
Éric Coquerel, député France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Vous restez avec nous pour la suite de ce 8h30. On va évoquer les révélations de Mediapart autour de ces messages anti-sémites de Jordan Bardella.
Éric Coquerel, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis et président de la Commission des Finances. Vous êtes notre invité ce matin du 8h30 France Info. On va dans un instant évoquer avec vous les propositions sur le budget 2027 présentées hier par le gouvernement. Mais tout d'abord, cette dernière révélation de Mediapart dans l'affaire Jordan Bardella, le président du Rassemblement National. Hier soir, le site d'investigation a publié les preuves sur lesquelles se base son enquête des conversations privées sur Facebook dans lesquelles Jordan Bardella traite des propos antisémites. Il a réagi. Il conteste la fiabilité de cette enquête.
On
l
'écoute. Je
suis consterné par la légèreté de cette enquête. Mediapart n'a avancé absolument aucun argument. Donc nous en expliquerons devant la justice et je pense que Mediapart pourrait se renommer Mediaflop. Eric Coquerel, est-ce que vous vous êtes convaincu de l'authenticité des preuves apportées par Mediapart ? Écoutez, votre confrère Mediapart, en général, quand il lance des affaires, il a tous les éléments derrière pour valider ces informations. Voilà, c'est des journalistes
d
'investigation et on sait bien qu'en général, ils lancent une affaire.
Il
y
a
une riposte du mouvement ou de la personne qui est mise en cause et puis après, il y
a
les éléments qui sortent. Les éléments, moi, je les ai lus, ils sortent. Moi, je veux bien que M. Bardella dise Mediapart, mais
c
'est quand même mieux que de leur proposer de se mettre avec du Kevlar et un gilet par balle comme l'a fait Mme Le Pen. Mais les éléments sont quand même assez probants. C'est-à-dire que c'est des échanges où effectivement, M. Bardella fait preuve de tous les pires clichés antisémites qui existent, les plus rances, etc. Moi,
ce
que je crois, ce qui est intéressant, c'est le fait qu'il nie. Pourquoi
ça, c
'est particulièrement intéressant ? Ce
matin, Gérald
Darmanin dit qu'il ment et honte et ment. Oui. Pourquoi c'est intéressant ? Alors, au-delà du mensonge, mais c'est parce qu'il n'assume pas ça. Parce qu'il pourrait dire
que j
'étais jeune, j'ai commis des choses absolument insupportables.
Ce serait
audible, selon vous,
l'argument de l'erreur de jeunesse ? Ce
qui m'intéresse, c'est qu'il ne
le fait pas.
Pour
préciser,
Juste, Éric Coquerel, pour préciser, c
'est
des écrits. Il avait 17 ans
à l'époque, entre 17 et 19 ans. C'est-à-dire pourquoi
ce n
'est
pas des arguments. Mais lui,
il
pourrait tenter de faire ça parce qu'à mon avis, ça va sortir et ça va se faire confirmer. Il ne le fait pas. Pourquoi
?
Parce qu'en réalité, il ne veut pas révéler la nature même profonde
du
Front National et du Rassemblement National. Il rentre dans un mouvement où le fondateur de ce mouvement expliquait, je vous rappelle, que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire. On a peut-être tendance à l'oublier. Et il rentre dans ce mouvement à ce moment-là.
Que
croyez-vous que fasse un jeune qui rentre dans un mouvement qui est antisémite de manière évidente ? Vous croyez qu'il serait en décalage et que déjà, le Bardella jeune serait rentré dans un mouvement qu'on essaye aujourd'hui de banaliser ? Non. Ça indique en réalité la profonde nature du Rassemblement National. La seule différence avec l'époque, cette époque-là, c'est que, comme tout mouvement qui prône le racisme pour diviser, pour susciter l'un de l'autre, à certains moments dans l'histoire, ils changent leur racisme. Alors, le racisme dominant du Rassemblement National sous Jean-Marie Le Pen, c'était l'antisémitisme. Moi, je pense qu'il est toujours, il veille toujours. Et d
'ailleurs, M. Bardella, il vient que
l'essentiel, je ne
sais
plus, il y
a
un terme où il explique que dans ses écrits, en termes de communication, il faut faire
attention. La politique, c'est de la communication. Effectivement,
c'est davantage
les
musulmans, c'est davantage les noirs, les arabes, qu'ils pointent, on l'a toujours fait, mais ils le pointent davantage aujourd'hui. Mais c'est la même nature et c'est ça qui, dans
ce
cadre-là, leur pose problème. C
'est ça qui a été accueilli en Israël et ça pointe la
responsabilité, j'en sentais, parce que vous parlez de M. Darman, de tous ceux qui, depuis des années, banalisent leur Assemblée Nationale. Pourquoi ils le banalisent ? Parce qu'à droite, certains pensent qu'ils vont pouvoir gouverner avec lui, comme certains, dans les années 30, ont pu le faire avec l'extrême droite. Voilà la raison. Et tout ça est en train de se fracasser devant
ces révélations. Il ne savait pas
forcément les écrits qu'avait pu avoir Jordan Bardella dans sa jeunesse.
Pour
terminer
sur ce... Oui, sa jeunesse. Il
a 17 ans, il rentre dans un mouvement, d'accord ? Et il a, à l'époque, il est entièrement... Je vous rappelle que
M. Soral
est encore
à son nom. En amour, Éric Coquerel, car
il faut qu
'on
avance. Est-ce que vous estimez que ces révélations doivent avoir des conséquences, que Jordan Bardella doit démissionner de la tête du Rassemblement national ou qu'il ne peut plus aller à Matignon comme apparemment... Mais je n'ai pas de conseil à donner au Rassemblement national. Ce que je pense simplement, c'est que ça éclaire la nature profonde, toujours, du Rassemblement national et ça, les
Français doivent l'écouter. Éric Coquerel, je rappelle que vous présidez la commission des finances à l'Assemblée nationale. Le gouvernement a dévoilé sa copie hier pour le prochain budget. 43 milliards d'euros de nouvelles économies avec un déficit qui a atteint 3 600 milliards du jamais vu depuis 1946. Avant de parler de certaines mesures, est-ce que vous considérez qu'il faut bien faire un effort aujourd'hui pour réduire la dette
? Écoutez,
c'est l'effort le plus élevé que va demander un gouvernement à sa population
de
toute la Ve République. Nécessaire.
C
'est 43 millions d'euros. 43 milliards. 43 milliards, pardon. merci de la correction. 43 milliards d'euros sur les services publics, les ministères, 7 milliards sur les collectivités, 7 milliards sur la santé et les hôpitaux. Et je vais vous donner ma réponse. Je pense que par rapport à tous les objectifs que se gueule le gouvernement, puisqu'on est dans un mouvement lycéen, c'est un zéro pointé que mérite ce
budget.
Un zéro pointé. Pourquoi ? Parce
qu
'il cible les retraités
? Parce qu
'il gèle les prestations
familiales ? Parce que quelles sont aujourd
'hui les priorités des Français ? Première priorité, le pouvoir d'achat. C'est une catastrophe, ça fait deux ans maintenant que le pouvoir d'achat des Français baisse. Avant, il baissait au niveau des salariés, mais il augmentait tellement pour le patrimoine que ça équilibrait. Maintenant, c'est fini. D'accord ? Quelles sont les réponses ? Gèle des APL, primes d'activité, désindexation des retraites, fin de l'universalisation des APL, coupe sur l'allocation de rentrée scolaire, déremboursement des soins, etc. Autrement dit, non seulement il prend des mesures injustes, il y a des mesures fiscales ou des mesures de revenus qui touchent quasiment l'ensemble des Français.
Les cibles ne sont pas les bonnes. Mais
non, elles ne sont pas les bonnes. Pourquoi elles ne sont pas les bonnes ? Parce que non seulement, justement, ça laisse de côté tranquille, puisqu'il n'y
a
pas un euro d'augmentation, au contraire même, ça baisse sur les grandes entreprises. Ceux qui, depuis 2017, s'enrichissent éhontément et captent une trop grosse part de la richesse produite. Mais en plus de ça, figurez-vous, ce genre de mesures,
ça
a un effet récessif sur l'économie. Chacun le comprendra. C'est-à-dire que si vous avez un problème de pouvoir d'achat et de consommation intérieure sur lequel repose à 50% l'économie française et que vous prenez à ceux qui consomment, notamment les plus défavorisés, les retraités, etc., vous portez un mauvais coup sur l'économie.
Pourtant, le MEDEF n'est pas content non plus. Il estime que l'effort repose trop sur les entreprises avec 20 milliards d'euros de taxes.
Le
MEDEF est bien gentil, mais ce que je remarque, c'est que, par exemple, la taxe sur les grandes entreprises baisse par rapport
à l'an dernier. Mais est
maintenue alors que c'était une
taxe qui était censée être
exceptionnelle
et elle baisse en effet de 7,5 milliards à 5 milliards. Mais ce n'est pas ça qui s'illustre
le plus. Vous me permettrez de dire une deuxième chose quand même avant ? C'est que le deuxième problème des Français, c'est le logement.
Le
budget du logement baisse de 448 millions d'euros. Le troisième problème du Français, c'est le chômage. Le budget du ministère du Travail baisse de 2,5 milliards. Et quant à l'écologie, après l'année qu'on vient de vivre, il y a en tout et pour tout 60 milliards d'augmentation, 60 millions, pardon, 60 milliards, ça serait rêvé, d'augmentation du budget de l'écologie. Ce qui fait que c'est 80 fois mieux
que
ce que demandent la plupart des économistes responsables pour faire face à la question de
la
bureaucration écologique. Donc c'est un budget qui ne répond à aucune demande des Français et le pire, je vais venir à votre question, c'est qu'il va même se planter sur la question des déficits. C'est-à
-dire
qu'on a un gouvernement qui nous dit au nom des déficits,
il
faut faire tout ça. Ça peut être plusieurs années.
Et
qui
chaque année
voit les déficits
augmenter. Éric
Ocrel, c
'est
ce qu'il va vous dire le gouvernement. Il y a une pression aussi de la part des marchés. La France n'a jamais emprunté aussi chèrement sur les marchés
à l'extérieur à près de
5% et que donc il faut montrer une forme
de
rigueur, si
vous faites une
politique qui ne fait qu'accroître le problème, en quoi est-elle la solution
?
Vous savez que l'année dernière on a annoncé 4,9% de déficit. On va terminer à 5,4, 5,5.
5
,4%.
L'objectif du gouvernement est de le rabaisser à 5%. Donc si vous faites
une politique qui est l'inverse de ce que vous annoncez,
non
seulement elle est injuste, non seulement elle reproduit les inégalités, non seulement elle attaque le pouvoir d'achat, non seulement elle attaque les services publics, elle ne fait rien au niveau de l'écologie. Je l'ai dit tout à l'heure sur les collèges et lycées, économiques sont mauvais, sauf les dividendes qui explosent. Voilà, c'est à ça que se sert ce budget. Et en plus, encore une fois, il se plante même sur la question des déficits. On peut faire mieux. C'est ce que nous ferons dans un an.
Et on aura l'occasion d'y revenir largement lors des débats à l'Assemblée nationale. Merci beaucoup Eric Coquerel, député France Insoumise, d'avoir été avec nous. Merci Camille. A demain. L'info continue sur France Info.