Face à Face : Ségolène Royal - 02/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27OuverteRéponse directe
Votre mot d'ordre, dites-vous, c'est la France tranquille, l'ordre juste. C'est-à-dire ?
- 1:14RelanceRéponse partielle
Mais le matraquage, c'est-à-dire quoi ?
- 2:01FerméeRéponse directe
Le macronisme, c'est le mépris pour vous ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Une fois qu'il est là, ce déficit de Ségolène Royal, est-ce que vous considérez, comme Jean-Luc Mélenchon par exemple, qu'il faut brûler la dette, une partie de la dette ? Est-ce qu'au contraire, vous dites qu'il faut une rigueur dans les comptes publics ? Quelle est votre position à vous ?
- 5:08RelanceRéponse directe
Mais vous en êtes d'accord là-dessus, c'est quand même en réel ?
- 6:17FerméeRéponse partielle
Pour pouvoir être candidat de Ségolène Royal, il faudrait que vous gagniez la primaire. Et il faut d'abord avoir les parrainages. Les avez-vous ? Vous avez 15 jours.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« La France a été secouée depuis ces dix dernières années, pendant toute la période du macronisme. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Il y a eu des matraquages qui ont commencé par les gilets jaunes. »
- 0:57Invité politiqueFait
« Vous avez vu que dans la dernière séquence, c'est l'armée qui a été envoyée contre les agriculteurs. »
- 2:04Invité politiqueFait
« Ah oui, le macronisme, bien sûr. C'est le mépris, c'est-à-dire ne pas entendre lorsque des femmes retraitées enfilent un gilet jaune pour venir sur des ronds-points. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Et ne pas arrêter ce processus en retirant une taxe carbone et faire subir à la France plus de neuf mois de conflit social avec des images qui font le tour du monde de cette répression et de ces désordres. »
- 4:21Invité politiqueChiffre
« Menacer les gens sur les retraites, c'est-à-dire ceux qui nous gouvernent et qui ont fait mille milliards de dettes en plus, »
- 4:52Invité politiqueFait
« nous ne sommes pas en récession, nous n'avons plus de croissance économique, »
- 5:15Invité politiqueFait
« Ils ont même détruit les potentialités de croissance, notamment dans le domaine de la croissance verte. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Maintenant, on est concurrencé par les Chinois. »
- 6:05Invité politiqueFait
« Ils ont cassé le crédit d'impôt. »
- 10:10Invité politiqueFait
« Il y a même des fuites des fichiers du ministère de l'Économie et des Finances. »
- 10:18Invité politiqueFait
« J'ai siégé pendant quatre mandats à l'Assemblée nationale. »
- 10:47Invité politiqueFait
« Vous avez été vous-même ministre de la famille. »
- 17:40Invité politiqueFait
« Je préfère une femme qui a un foulard sur la tête et qui garde les enfants qu'un pédophile, pédocriminel, et qui se répand maintenant dans toutes les structures d'accueil. »
Temps de parole
- Ségolène Royal76 %
- Présentateur24 %
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Vous écoutez RMC. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour, c'est Golen Royal. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes bien sûr l'ancienne ministre, ancienne candidate à l'élection présidentielle. Olivier Faure, Raphaël Luxman, Philippe Brun, Jérôme Gage. Et vous, donc, candidat au moment où l'on se parle pour cette primaire de la gauche. Votre mot d'ordre, dites-vous, c'est la France tranquille, l'ordre juste. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que beaucoup de gens autour de moi m'ont demandé d'être candidate. Ou m'ont dit, pourquoi pas vous ? On a besoin de s'apaiser. La France a été secouée depuis ces dix dernières années, pendant toute la période du macronisme. Il y a eu une hystérie. Il y a eu des brutalités. Il y a eu des chocs qui ont commencé. Il y a eu des matraquages qui ont commencé par les gilets jaunes. Toutes ces catégories sociales ont été matraquées. Les gilets jaunes. Ensuite, on a eu les infirmières. Souvenez-vous des infirmières frappées au sol. Les agriculteurs. Vous avez vu que dans la dernière séquence, c'est l'armée qui a été envoyée contre les agriculteurs.
Les manifestants qui voulaient protéger leur modèle social et protéger les retraites. Matraquage. La gestion du Covid.
Mais le matraquage, c'est-à-dire quoi ?
C'est-à-dire que le problème, c'est la police ? C'est l'armée ? Ça veut dire que ce gouvernement a, par sa mauvaise politique, provoqué des révoltes sociales. Et donc, il n'avait comme seule réponse que la répression de ces révoltes sociales. Et je pense que cette situation-là a enlevé beaucoup de valeur à la France. Beaucoup d'énergie. Beaucoup de créativité. Et par conséquent, l'objectif aujourd'hui, en effet, c'est une France tranquille qui retrouve confiance en son destin. Mais vous ferez comment ? D'abord, en apaisant la paix, en créant la paix sociale. Chaque fois qu'il y a un mécontentement, c'est de regarder les raisons de ce mécontentement.
Et de ne pas le traiter par le mépris, par la condescendance, par l'abandon, par l'isolement, par tout ce qui a été fait.
Le macronisme, c'est le mépris pour vous ?
Ah oui, le macronisme, bien sûr. C'est le mépris, c'est-à-dire ne pas entendre lorsque des femmes retraitées enfilent un gilet jaune pour venir sur des ronds-points, pour dire qu'avec ces nouvelles taxes, elles ne pourront plus faire de cadeau à Noël à leurs petits-enfants parce qu'on était au mois de novembre. Et ne pas arrêter ce processus en retirant une taxe carbone et faire subir à la France plus de neuf mois de conflit social avec des images qui font le tour du monde de cette répression et de ces désordres. Oui, c'est un vrai problème. Et ensuite, il y a eu une succession de mouvements sociaux qui ont été réprimés.
C'est-à-dire que lorsque un gouvernement est incapable d'entendre le peuple, ça veut dire qu'on est dirigé par des gens qui s'aiment eux-mêmes avant d'aimer le peuple. Et je pense qu'il est temps de rentrer dans une séquence historique où on est capable de dire qu'il y aura la paix sociale. Il y a tellement de défis à relever dans tous les domaines. Pour vous, c'est d'abord une question d'écoute ? C'est une question d'écoute, c'est une question d'empathie, c'est une question de bienveillance, c'est une question de conception du pouvoir. Et une fois de plus, il y a deux choses dans une démocratie.
Il y a savoir expliquer au nom de quelle valeur on agit et pas une accumulation comme ça de réformes qui bouscule une société, qui la rend frénétique et qui fait peur aux gens. Or, on est aujourd'hui sous la coupe de gens qui font peur. On le voit actuellement avec la menace sur les déficits et la menace sur les retraites. À quoi ça sert de menacer sur le déficit ? C'est affreux, il y a un déficit. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont creusé le déficit. C'est-à-dire, quand on fait peur aux gens, il y a un déficit, donc on ne peut rien faire.
Alors que ceux-là même qui ont creusé le déficit en étant incapables de gérer correctement un pays, ils font peur aux gens pour que les gens ne puissent pas revendiquer et la baisse des prix ne puissent pas revendiquer la baisse des impôts.
Une fois qu'il est là, ce déficit de Ségolène Royal, est-ce que vous considérez, comme Jean-Luc Mélenchon par exemple, qu'il faut brûler la dette, une partie de la dette ? Est-ce qu'au contraire, vous dites qu'il faut une rigueur dans les comptes publics ? Quelle est votre position à vous ?
Ma position, c'est qu'il faut d'abord faire des économies. Mais où ? Parce que c'est ça qu'il faut regarder. Là, je vais pas en deux secondes, c'est ça que je vais dire pendant la campagne. Les retraites par exemple ? Pas du tout. Mais pas du tout, mais c'est un scandale. Menacer les gens sur les retraites, c'est-à-dire ceux qui nous gouvernent et qui ont fait mille milliards de dettes en plus, disent aujourd'hui de façon subliminale aux retraités, c'est de votre faute.
Alors que d'un autre côté, les revenus financiers n'ont jamais été aussi extravagants et qu'il y a un grosement des inégalités qui n'est pas acceptable dans une société comme la France, entre les plus riches et les plus pauvres. Et surtout, il y a un déclin des classes moyennes. Est-ce que la France est condamnée au déclin ? Non. La France n'est pas condamnée au déclin, nous ne sommes pas en récession, nous n'avons plus de croissance économique, mais nous ne sommes pas en récession. Donc il faut d'abord relancer la... On est à zéro là. On est à zéro, mais on n'est pas en récession. Non, mais on est à zéro. Pourquoi on va faire payer ? On n'est pas non plus en croissance.
Et donc, c'est la croissance qu'il faut relancer. Et moi, je considère que...
Mais vous en êtes d'accord là-dessus, c'est quand même en réel ?
Oui, ils ne le font pas. Vous entendez personne qui va vous dire qu'il ne faut pas relancer la croissance. Mais ils ne le font pas. Ils ont même détruit les potentialités de croissance, notamment dans le domaine de la croissance verte. J'en sais quelque chose.
Vous avez été la ministre de la transition écologique.
Et dans cette COP21, il y avait des défis considérables et des atouts considérables. Vous savez, dans toute crise, il y a des opportunités de sortie de crise. Et la question du combat climatique, c'est aussi une question qui peut permettre de relancer la croissance. Pourquoi ? Or, là, ils ont tout cassé. On avait relancé la voiture électrique. Ils ont tout cassé. Maintenant, on est concurrencé par les Chinois. Ils ont tout cassé ? Dans le domaine de l'environnement. C'est juste les maquillistes ? Les gouvernants qui sont arrivés, ils ont tout cassé. Ils ont tout cassé par incompétence, par désinvolture, par égotisme. Ils ont tout cassé. Regardez, ils ont tout cassé.
Pas seulement ce que nous avons fait, mais ce qu'ont fait les industriels qui s'étaient lancés dans la voiture électrique, qui s'étaient lancés dans la fabrication de panneaux solaires, qui s'étaient lancés dans les grands chantiers d'isolation des bâtiments. Ils ont tout cassé. Ils ont cassé le crédit d'impôt. Ils ont tout cassé. Donc, il va falloir réparer cela et remonter la pente dans le domaine des atouts dans la France. Pour pouvoir être candidat. Et en particulier dans le domaine de l'énergie.
Pour pouvoir être candidat de Ségolène Royal, il faudrait que vous gagnez la primaire. Et il faut d'abord avoir les parrainages. Les avez-vous ? Vous avez 15 jours. Ce sont les règles qui ont été instaurées pour cette organisation de la primaire. Vous avez 15 jours pour obtenir les parrainages, soit d'un certain nombre de parlementaires socialistes, soit d'un certain nombre de membres du comité du Parti Socialiste. Où en êtes-vous ? C'est en cours. J'ai une équipe qui s'en occupe. Mais comme c'est 15 ou 50, selon les jauges, j'imagine que vous comptez.
Non, mais c'est en cours. J'ai une équipe qui s'en occupe, oui, bien sûr. Mais c'est déjà bien que cette primaire existe. Elle a été beaucoup critiquée. Moi, je me réjouis que cette primaire existe. Mais c'est pas la suite que vous interroge, c'est quand même...
Je voudrais juste savoir si vous avez... Parce qu'il y a des règles du jeu. On voit les autres qui s'activent pour les trouver. C'est en cours ? C'est en cours.
Vous avez une équipe pour vous qui les appelle. Oui, c'est Luc Carvounas qui dirige ça, qui est le maire de Balfourville, comme vous le savez, qui était élu au premier tour avec 76% des voix. Tout à fait. Et qui est maire depuis longtemps. Et qui est maire depuis longtemps, qui est président des CCAS, c'est-à-dire de tous les comités.
Donc Luc Carvounas, en votre nom, va prendre son bâton de pèlerin et demander aux uns autres. Mais j'imagine qu'il vous tient au courant. Est-ce qu'au moment où on se parle, vous n'avez pas de doute, vous les obtiendrez ?
C'est en cours, je viens de vous le dire. C'est en cours ? Non, mais ça ne fait pas comme ça en 24 heures. C'est en cours. Mais ce n'est pas que 24 heures que vous êtes candidate ? Mon souhait, je vais vous dire, pourquoi je prends mon temps, c'est que je ne veux pas rentrer dans les batailles de congrès. Je ne suis pas dans les batailles de congrès. Et je veux que les parrainages qui viennent vers moi appartiennent à toutes les sensibilités du Parti Socialiste. Pour que les électeurs du Parti Socialiste aient d'au-delà. Puisque tous les citoyens peuvent venir voter à cette primaire.
Puissent se dire, ce vote pour la désignation de notre candidat ou de notre candidate à l'élection présidentielle n'est pas impliqué dans les batailles de congrès. N'est pas dans un camp ou dans l'autre. On voit bien qu'il y a une bataille au sein du Parti Socialiste. N'est pas dans un camp. Moi, je ne suis pas dans ces batailles. Et donc, je tiens absolument à ce que les parrainages viennent de toutes les sensibilités.
Je vous pose quand même la question. Avez-vous la certitude de les avoir ? Mais personne n'est jamais certain. Mais avez-vous une crainte ? Est-ce qu'il se pourrait que vous ne puissiez pas ? Je ne crois pas. Ou que vous soyez empêchée d'être candidate à cette primaire ?
Je ne crois pas, mais je fais les choses bien et dans l'ordre et avec l'état d'esprit que je vous donne.
Vous êtes la seule femme candidate ? A priori, oui. Vous en avez même fait un argument. Vous avez estimé qu'il n'était pas normal quand on vous posait des questions. Et notamment mon confrère des cas de vérité lundi matin. Vous disiez, mais ce n'est pas parce que je suis une femme que je suis dans l'observation. Pourquoi vous avez dit ça ? Oui, c'est ça.
Mais c'est comme ce matin sur BFM, l'éditorial. C'est-à-dire, mais pourquoi vous dites dans l'observation ? Pourquoi l'éditorial ce matin sur BFM dit non, non, c'est l'éditorial, il n'a aucune chance d'être élu aux primaires ? Mais arrêtez !
Mais où est le rapport avec le fait d'être une femme ?
Pourquoi ? Parce que je ne sais pas, sans doute suis-je marginale ?
La question d'être marginale ou pas est une question qui peut se poser pour tout candidat, qu'il soit un homme ou une femme. Oui, mais je pense que le temps des femmes est venu, si vous voulez le fond de ma pensée. Mais la dernière candidate à l'élection présidentielle pour le Parti Socialiste, c'était une femme ? Oui, c'était Anne Hidalgo.
Elle a fait 1,6%. C'est-à-dire, je pense aujourd'hui qu'il faut une femme expérimentée. Vous voyez qu'il y a fait ses preuves aussi. Ce n'était pas le cas d'Anne Hidalgo ? Non, ce n'était pas le cas d'Anne Hidalgo. Elle n'avait jamais été ministre. Elle ne connaissait pas l'intérieur du fonctionnement de l'État. Elle était juste maire de Paris. Vous auriez voulu être la candidate la dernière fois ? Écoutez, je ne refais pas l'histoire. Mais ce que je pense aujourd'hui, c'est que compte tenu de la difficulté des sujets qui sont devant nous, et notamment le premier d'entre eux, qui est de remettre de l'ordre dans le fonctionnement de l'État, parce que tout part dans tous les sens.
Il y a même des fuites des fichiers du ministère de l'Économie et des Finances. Il faut remettre de l'ordre juste dans le fonctionnement de l'État. Et ce fonctionnement de l'État, je le connais de l'intérieur et depuis longtemps. Je connais le fonctionnement des institutions. J'ai siégé pendant quatre mandats à l'Assemblée nationale. Donc, j'ai un grand respect pour le fonctionnement démocratique et pour l'intelligence collective. Et je pense que c'est un atout. Et en plus, je crois qu'à quel moment j'ai pu décider de me dire « Mais si, il ne faut pas que j'ai de regrets. Il faut au moins que je participe au débat et on verra qui sera désigné.
» C'est que les sujets de société auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, l'océan caché de la maltraitance des enfants, moi je le connaissais, cette violence sexuelle. Vous avez été vous-même ministre de la famille. Je vous le dis, si je suis élue présidente de la République, ce sera zéro tolérance pour les violences faites aux enfants. Vous m'entendez ? Zéro tolérance. Et je ne connais aucun homme, ni aucune femme qui a la détermination que je peux avoir parce que je m'en suis occupée quand j'étais ministre de la famille et de l'enfance. Je m'en suis occupée quand j'étais ministre de l'éducation. Je me disais « Mais pourquoi ? Mais pourquoi tu perds ton temps ? »
Comment on en arrive à l'affaire Liana ?
Par le mépris sur des enjeux qui ne paraissent pas « politiques » pour les sachants et pour les savants. Le périscolaire ? J'ai même entendu dire « Non mais les enfants ne votent pas, pourquoi tu t'en occupes ? » Mais une société qui n'est pas capable de donner la sécurité et, comment dirais-je, l'insouciance, j'en parle beaucoup dans mon livre, qui veut garder les enfants. On a le devoir de donner l'insouciance aux enfants. Et aujourd'hui, les enfants ne sont plus dans l'insouciance. Et donc ensuite, tout s'enchaîne. Un enfant qui est dans le stress, il ne va pas bien travailler à l'école, donc il va être aussi un adulte fragile.
Et par conséquent, le fondement d'une société qui tient debout, c'est celle qui respecte les sans-voix. Parce que les enfants, ils sont sans-voix.
Vous dites « Je vais participer à ce débat ». D'ailleurs, vous acceptez l'idée de débattre avec les autres. Est-ce que vous en avez parlé avec les uns et les autres ? Il y aura les débats ? Bien sûr. Là-dessus, il n'y a pas de doute ?
Non, je ne veux pas qu'il y ait de doute, bien sûr. Il y a trois débats qui sont proposés. Trois débats proposés. Un sur BFM, un sur France 2. Les trois débats doivent avoir lieu. C'est une chance de débattre. C'est une chance extraordinaire que les médias s'intéressent à cette primaire. Que les médias et que le public s'intéressent. Donc, au nom de quoi certains candidats refuseraient les débats ? Si on a peur des débats, il faut faire autre chose que de la politique, franchement.
Vous dites qu'il faut quelqu'un qui ait de l'expérience. Est-ce que ça ne plaide pas aussi en faveur d'une candidature de François Hollande ?
Mais pourquoi pas ? Moi, je me réjouis toujours quand il y a du potentiel politique qui est capable de faire des offres de services.
Mais lui, on sent qu'il prend son temps. Il dit qu'il est en décembre.
Ça veut dire hors primaire ? Est-ce que le fait de refuser ce processus ? C'est son choix. C'est son choix qui est tout à fait respectable. Commençons par la primaire. Moi, je crois toujours que le débat et le vote, c'est quelque chose de fondamental dans le fonctionnement d'une démocratie. Donc, à partir du moment où le Parti Socialiste donne cet exemple, c'est rare parce que c'est le seul parti dans l'espace politique.
On sent bien qu'à droite, certains commencent à dire « Ah bah finalement, on aurait peut-être dû faire comme eux ». C'est ça.
Donc, écoutez, passons cette étape le mieux possible.
La question et un des clivages, c'est aussi la question de l'alliance, oui ou non, avec LFI. Alors, pas à court terme au moment des présidentielles, mais pour les législatives qui viendraient après. Olivier Faure laisse entendre qu'il y aurait peut-être à nouveau une alliance avec LFI possible, comme il y a eu pour les dernières législatives. Raphaël Glucksmann dit « Il n'en est pas question. Et vous ? »
Mais je dis que j'attends de voir ce que disent les électeurs. Moi, je n'ai jamais critiqué les électeurs d'où qu'ils viennent. Il n'y a pas de voix d'un électeur qui est supérieur ou inférieur à un autre.
Non, mais là, je ne parle pas des électeurs, je parle des alliances. C'est-à-dire sur un programme commun, sur une alliance commune.
Mais personne n'a voté votant. Il y aura un candidat, donc issu des primaires, qui sera candidat à l'élection présidentielle.
Si c'est vous, vous dites quoi. Les autres le disent. C'est-à-dire Raphaël Glucksmann, quand on lui pose la question, il dit « Il n'y aura pas d'alliance, je ne présiderai pas avec une majorité qui serait une majorité composée à la fois de socialistes et de LFI. Il n'y aura pas de nouveau Front populaire. » Olivier Faure dit « Ça en verra, mais il n'est pas contre. Et vous ? » Justement, c'est une des questions pour les électeurs de cette primaire.
Je dis que si je suis candidate, je ferai en sorte d'avoir le plus de voix possible. Donc, y compris avec LFI. Mais LFI, vous parlez de... En fait, je parle du nouveau Front populaire. Mais je vous parle des électeurs, moi. Je n'ai jamais diabolisé ni les électeurs du RN. Vous ne m'entendrez aucune déclaration de moi. Parce que j'estime que quand on a une responsabilité politique qu'on veut faire baisser l'extrême droite, eh bien il faut bien gouverner. C'est comme ça que l'extrême droite baisse. Et donc, j'attendrai de voir les électeurs. Mais toi, vous faites semblant de ne pas comprendre la question. Non, je ne mets pas la charrue avant les bœufs. Et je fais de la politique.
Je ne fais pas de la magouille entre les appareils politiques. Il y a des électeurs à respecter.
Mais quand le nouveau Front populaire a fait un programme commun, ce n'était pas seulement de la magouille. C'était aussi un accord.
On est sur un programme. Parce qu'on était déjà dans un processus électoral. Et au vu du premier tour, en effet... En tout cas, à ce stade, vous ne voulez pas vous prononcer sur cette question ? Non, parce que je considère que me prononcer sur cette question, ça crédibilise l'idée qu'au second tour de la présidentielle, il y aura l'ERN contre l'FI. Mais si je suis désignée pour être candidate précisément, c'est pour être au second tour. Donc je ne vais pas affaiblir. Quand vous avez un sportif de haut niveau, vous ne lui dites pas, attendez, vous commencez la course. Mais non, mais c'est l'autre qui va gagner. Mais non, et tout se mérite en politique. Tout se mérite.
Alors ceux qui mettent des conditions sur on fera ci, on fera ça. Avant même que les électeurs n'aient tranché, avant même que les électeurs n'aient voté, il faut aller chercher les voies avec sa crédibilité, avec sa confiance, avec l'envie que les gens veulent arrêter ce déclin français et remonter la pente. Et en particulier, tout de suite...
Le RN dit qu'ils veulent interdire le port du voile islamique. Qu'en pensez-vous ?
Vous savez, quand il y a une proposition comme celle-ci qui arrive, la question qui se pose, c'est de voir, est-ce que c'est bon pour le pays ? Imaginez que demain, une maman avec un foulard sur la tête qui emmène son enfant à l'école soit interpellée pour payer une amende. Que cette image fasse le tour du monde. Qu'est-ce qui va se passer ? D'abord, il y aura des révoltes sociales dans les quartiers. Il y aura une levée de boucliers chez les pays arabes qui diront, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Qu'est-ce qui est devenue la France ? Pourquoi est-ce que le Qatar va continuer à s'occuper du Paris Saint-Germain ?
Ou que le prince d'Arabie Saoudite, Emmanuel Macron, est allé chercher pour investir en France ? Qu'ils vont voir ça ? Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Et puis, je vais ajouter une chose. Vous savez, et en plus, je pense qu'il y aura un mouvement social, c'est-à-dire des jeunes filles qui ne mettent pas le voile, vont le remettre et vont faire des manifestations. Donc, laissons les femmes tranquilles. Laissons les femmes tranquilles. Une fois de plus, des hommes politiques se battent, soit pour, soit contre, avec la façon dont les femmes sont habillées. Laissons les femmes tranquilles. Et si on veut que les femmes ne subissent pas le voile forcé, il faut les faire monter en éducation.
Et les femmes qui...
La réponse, c'est l'éducation ?
La réponse, c'est l'éducation. Et puis, c'est le respect aussi de ce libre choix. Et laissez-moi vous dire une chose. Je préfère une femme qui a un foulard sur la tête et qui garde les enfants qu'un pédophile, pédocriminel, et qui se répand maintenant dans toutes les structures d'accueil. Il faut comparer ? Oui, il faut comparer. Parce que quand on est plus sévère avec une femme qui porte un foulard qu'avec un pédocriminel qui viole des enfants, là, il y a un problème. Et donc, ça veut dire aussi que le RN est un facteur de révolte sociale.
Et moi, je veux incarner la paix sociale, le respect des mamans, le respect des enfants, et ne pas instrumentaliser une fois de plus la façon dont les femmes s'habillent pour servir des idéologies pernicieuses.
Ségolène Royal, Éric Ciotti voulait mettre le drapeau, faire une levée de drapeau à l'école. Gabriel Attal dit qu'il n'est pas contre. Et pourtant, le ministre de l'Éducation nationale dit « Non, non, il n'en est pas question. Et vous ? »
Vous savez, j'étais une des premières à gauche à demander si les Français étaient un drapeau. Oui, et vous avez remis beaucoup de drapeaux français dans les meetings du Parti Socialiste. Est-ce que ça peut être bon pour les enfants ou pas du tout ? Toutes ces diversions, vous savez, sont un peu dérisoires. Parce qu'aujourd'hui, la question qui se pose, la rentrée scolaire était hier, c'est le nombre de classes sans enseignants. Donc, c'est de la diversion. C'est de la diversion. Et sans enseignants de qualité en face d'eux. L'Éducation nationale en a assez de cette succession de réformes. Il y a eu sept ministres successifs pendant le macronisme. Chacun arrivant avec ses marottes.
On va faire ci, on va faire ça, on va changer ça. Le pire, c'est le ministre qui a supprimé les maths dans le tronc commun du lycée. Parce qu'aujourd'hui, il y a encore un préjudice dû à cette décision. Il a été remis. Il a supprimé les filières dans le baccalauréat. Ça a perturbé le système scolaire. Parce que chaque fois qu'on lance une réforme, je le sais, j'étais ministre à l'Éducation nationale, chaque fois qu'un ministre sort une marotte de son cerveau pour lancer une réforme, ça brutalise le système scolaire. Au-delà de la question de la diversion,
le lever du drapeau dans les écoles, oui ou non ?
Tant qu'il n'y aura pas autant... Non, parce que je ne veux pas un gadget. Il faut faire l'éducation civique. Vous voyez, au fond des choses. Et la première chose, c'est que les enfants arrivent à l'école tous les matins et les enseignent aussi.
Vous vouliez la marseillaise régulièrement, chantée par les jeunes.
Oui, bien sûr, mais ce n'est pas prioritaire. C'est comme l'uniforme, ça a complètement échoué. Ce qui est prioritaire, je vais vous dire, c'est que le matin, tous les enfants arrivent heureux à l'école parce qu'ils savent qu'ils seront en sécurité et qu'ils vont avoir une éducation qui va les passionner. Et que tous les enseignants, quand ils arrivent à l'école le matin, soient heureux d'arriver à l'école parce qu'ils savent qu'ils auront les moyens d'enseigner.
Les parents ont renoncé en cette rentrée à inscrire leurs enfants dans le périscolaire après les scandales, notamment à Paris, dans les écoles de Paris. Vous comprenez qu'ils finissent par renoncer ?
Bien sûr, je comprends. La première chose à faire, c'est de mettre des caméras de vidéosurveillance partout. Pourquoi ça n'est pas encore fait ? Des caméras dans les écoles ? Mais bien sûr, dans le périscolaire. Mais bien sûr, c'est très... Mais bien sûr, déjà, il n'y aurait plus de passage à l'acte. Mais bien évidemment. Mais des caméras partout dans l'acte. Mais d'ailleurs, dans tous les lieux où il y a un accueil de public fragile, il doit y avoir des caméras. Donc ça veut dire quoi ? Dans les EHPAD,
dans les crèches, dans les écoles, partout où il y a un public vulnérable ?
Mais bien sûr. Mais bien sûr, avec le droit aussi aux parents de mettre des caméras quand ils confient leurs enfants à des nourrices. Vous les incitez à mettre des caméras
quand ils mettent leurs enfants
chez les nourrices ? Et d'ailleurs, je vous annonce que mon premier déplacement sera sur ce sujet, à Alfortville, et que nous allons monter le programme qui pourra être généralisé à la France entière par rapport à l'installation de caméras en accord, bien sûr, avec les salariés. Mais si un salarié refuse de mettre une caméra à ce moment-là, vous vous creusez un peu. Vous vous dites ? Voilà, c'est ce que vous laissez entendre. Un mot aussi sur ce qu'on a appris hier soir.
Patrick Bruel, qui a donc annoncé qu'il renonçait à sa tournée, vous estimez, comme de nombreuses victimes, être soulagé ?
Oui, c'est une question de morale.
C'est une question de morale ou c'est une question de justice ?
De morale. De morale. Parce que la justice va intervenir, mais c'est une question de morale, bien sûr.
Ségolène Royal, merci d'avoir été mon invitée ce matin, candidate à cette primaire du Parti Socialiste et de Place Publique. Merci à vous.
Ségolène Royal