Marine Tondelier sur les violences policières : "le ministre de l'Intérieur doit démissionner" (BFM)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Marine Tondelier, bonsoir. Vous étiez présente aujourd'hui. Que répondez-vous au Premier ministre qui dénonce des mensonges sur la répression policière ?
- 0:41RelanceRéponse partielle
Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur justifient-ils les gestes des forces de l'ordre ?
- 1:59FerméeRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur doit-il démissionner selon vous ?
- 3:20FerméeRéponse directe
Le jeune à Nanterre correspond-il à la description que vous venez de faire ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Quel est le rôle des chaînes d'actualité en direct dans la couverture des violences ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Comment répondre aux individus masqués qui jettent des pavés sans armes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Marine TondelierChiffre
« Est-ce qu'on continue l'usage du LBD tel qu'il est à lieu actuellement en France, ce qui est un cas unique en Europe dans le nombre d'usages et les mutilations qui en résultent. »
- 7:03Marine TondelierChiffre
« D'ici 2040, il y a 9000 milliards d'euros qui vont passer d'une génération à une autre par le biais de l'héritage. »
- 7:43Marine TondelierPromesse
« on proposait de mettre tous les ans 2 milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Marine Tondelier, bonsoir. Merci d'être avec nous euh euh en direct. Je le disais, vous étiez présente, comme Yann Brossat, comme d'autres élus, comme des parents également, et ce qu'on a appelé les les casques blancs, alors ceux qui portaient un brassard blanc. Je vous laisse réagir à cela, mais euh ce soir, il y a eu une prise de parole politique. Le Premier ministre a dénoncé des mensonges au sujet d'une répression policière. Il parle d'une ultra-violence et euh on a vu quelques cortèges émaillés de nombreuses tensions aujourd'hui. Que répondez-vous ce soir à Sébastien Lecornu qui vous qui vous renvoie, en fait, le terme de ? Bah, enfin, la première chose que je dois vous dire, c'est qu'en tant qu'écologiste, nous avons toujours été très clairs, nous condamnons euh la
violence, toute la violence, systématiquement. Et moi, je suis capable de vous dire ça. J'aimerais que le Premier ministre et que le ministre de l'Intérieur, puisque c'est leur prérogative, soient capables de euh dire quand euh des gestes de certains membres des forces de l'ordre sont inadmissibles. Parce que euh en quelques jours, on a vu une tentative de noyer de sur un jeune, on a vu une jeune euh reprocher à un policier de l'avoir étranglé en disant "J'ai eu très peur, j'ai cru que j'allais mourir." Il lui a répondu de noyer de est vraiment contestée et condamnée. Oui, mais tout est tout est tout est contesté, tout est contestable. On a bien compris, on a bien compris, mais quand on regarde euh les réseaux sociaux, on voit des choses illégales à longueur de vidéos. On a un bilan qui
est clair aussi, hein, c'est un jeune qui a perdu l'usage de sa main à Lens, où j'étais euh ce matin. Moi, j'étais lycéenne à Lens et je vous avoue que quand on manifestait il y a 25 ans, jamais euh en tant que lycéen, on imaginait que ça puisse nous arriver. Et il y a un autre jeune qui a la la mâchoire euh défoncée, un autre qui a perdu l'usage de son œil. Et dans n'importe quelle démocratie, un seul de ces trois cas de figure serait arrivé qu'on devrait tous s'arrêter en se disant "Ce sont des mineurs, ils manifestent, c'est leur droit, on doit leur permettre de manifester en sécurité. Qu'est-ce qu'on fait ensemble pour que ça n'arrive plus ? Est-ce qu'on continue l'usage du LBD tel qu'il est à lieu actuellement en France, ce qui est un cas unique en Europe dans le nombre
d'usages et les mutilations qui en résultent. Est-ce qu'on continue avec les grenades de désencerclement qui sont des armes de guerre qui ne sont autorisées pour le maintien d'ordre dans aucun autre pays d'Europe. À quel moment dans notre démocratie qui va si mal, on se pose ces questions ensemble et on prend les décisions pour que ça n'arrive ? Ça me paraît assez logique en fait de faire comme ça. Et si le ministre de l'Intérieur n'est pas capable de poser ces questions de la doctrine du maintien de l'ordre en France et de la manière dont elle est elle est mise en œuvre par certains ou certaines, alors il doit démissionner. C'est pas possible de faire comme si de rien n'était, d'expliquer que c'est légitime, que c'est proportionnel. Comment peut-on justifier
qu'un jeune sort d'une manifestation avec une main, une mâchoire ou un œil en ? Il y a rien qui justifie ça. c'est c'est un drame et et vous avez raison de le rappeler. Mais je vous inverse la question. Vous avez dénoncé aujourd'hui un manque d'humanité de l'État. Mais face cette fois-ci à des individus cagoulés, masqués qui vous jettent des pavés et des mortiers, euh vous leur répondez avec quoi si vous n'avez pas d'armes ? Vous recevez les pavés sur la ? Madame Mabrouk. Madame Mabrouk, il Madame Mabrouk, le jeune à Nanterre correspond-il au classement que vous venez de faire, à la description que vous venez de ? Il était en deuxième ligne. Son père était venu euh comme d'autres parents d'ailleurs à l'entrée du lycée pour s'assurer que la manifestation se passe bien, mais 20
minutes avant le drame a dû partir pour aller au travail. Ce jeune était en deuxième ligne, il n'était pas en première ligne. Tout ça c'est des éléments que l'on connaît, alors il y aura une enquête, moi je suis pas enquêtrice qui en dira peut-être plus. Mais vous voyez bien que les cas que vous décrivez, ce sont des cas de casseurs. Ce sont pas les cas euh de lycéens qui euh sont là pour bien sûr. Et je fais bien sûr la différence. Et plusieurs lycéens qui ont fait l'objet de violences inadmissibles et encore plus quand euh il s'agit de mineurs, ne correspondent absolument pas à la description que vous faites. Et si on s'habitue à ce que vous dites, c'est-à-dire à dire "Bon bah il y a des casseurs, donc maintenant on peut faire ce qu'on veut envers les jeunes dans ce
pays, alors ce sera très grave pour notre démocratie." Je refuse ça. Je sais aussi qu'il y a Oui, mais c'est une question, mais moi je vous pose une question. Non, mais je veux Mais moi je vous pose une autre question, madame Mariton c'est c'est quel est Mais quel est le rôle des chaînes d'actualité en direct aussi ? Parce que vous savez bien qu'il existe une forme de pornographie de la violence où des gens euh restent sur leur canapé à regarder regarder toute la journée qu'il y a une quand il y a une poubelle qui brûle à l'image, ça fait aussi plus d'audience. Et on s'habitue à ça. On s'habitue à ça et même quelque part de manière assez morbide, certains recherchent ça dans les images. Et donc moi je pose la question sur notre responsabilité collective, parce qu'il y
a aussi des jeunes qui peuvent considérer que pour passer à la télé, pour qu'on parle d'eux, il faut faire ça. Et moi je dis ce que je souhaite ce soir et tous les soirs qui suivront, c'est qu'on parle des revendications des lycéens qui sont précieuses et dont sont solidaires, je pense, la grande grande majorité des Françaises et des Français. Maintenant qu'on parle des débordements des uns et des autres, on parle pas des revendications. Merci à vous. Parlons-en, mais on ne peut pas aussi passer sous silence certaines violences, je l'ai rappelé tout à l'heure, il y a eu un fait très grave d'un tir de mortier sur un bébé, mais on ne peut pas masquer les les violences également parce que certains regardent la télévision. Les revendications des lycéens, elles sont
légitimes, mais quelle réponse politique peut être apportée, Marine Tondelier, par un gouvernement euh sans argent et et sans ressources financières dans une situation de crise de la dette telle que nous la ? Alors déjà, il faut arrêter avec l'argument sans argent. On a un gouvernement qui a accordé 63 milliards par an de euh baisse euh d'impôts, en fait. Euh et surtout quand même pour les plus riches, à part la taxe d'habitation qui a bénéficié à toutes les Françaises et tous les Français. Et donc une fois que je vous ai dit ça, on voit bien que de l'argent, il y en avait, il y en a moins aussi parce que l'État a décidé de baisser les impôts et de de de baisser ses recettes fiscales au profit notamment des plus riches. Quand on en est dans les lycées à pas avoir assez de
papier toilette dans les toilettes puisque c'est une des revendications des lycéens qui pourrait prêter à sourire si c'était pas aussi grave. On peut pas dire "Bah désolé, vous n'aurez pas de papier toilette dans les toilettes parce qu'il y a plus d'argent." En fait, on peut pas dire ça aux lycéens quand à Amiens l'année dernière Mais mais à Amiens l'année dernière, excusez-moi mais il y avait les les il y avait 15 degrés dans les salles de classe. Au conseil régional des Hauts-de-France, nous sommes venus les écologistes avec des moufles et des bonnets en séance pour montrer voilà ce qui se passait dans ce lycée à Amiens. C'est ça la situation dans beaucoup de d'établissements en France aujourd'hui. Des salles de classe qui manquent de chaises et de tables qu'on doit
déménager à chaque rentrée pour que tout le monde puisse s'asseoir. On en est là. Et pendant ce temps-là, on taxe pas les ultra-riches. Enfin, excusez-moi, ça n'a aucun sens. Donc vous pensez que cet argent doit venir, ces 10 milliards qui sont demandés par la taxation des ultra-riches. Nous sommes dans une situation malgré tout contrainte sur un plan budgétaire, un gouvernement sans argent en fin de règne et vous dites aujourd'hui qu'il doit faire un effort de 10 milliards notamment. Bah je vous donne un exemple hein, c'est ce qui s'appelle la grande transmission. D'ici 2040, il y a 9000 milliards d'euros qui vont passer d'une génération à une autre par le biais de l'héritage, des flux successoraux qui du fait de la pyramide des âges vont être très élevés,
beaucoup plus que les années précédentes d'ici 2040. 9000 milliards d'euros. Je propose avec les écologistes qu'on ne touche pas à 99 % des héritages parce que les Français veulent transmettre à leurs enfants, c'est logique. Mais pour les 1 % des héritages les plus élevés, c'est-à-dire les héritages de plus de 4 millions d'euros on propose de taxer de 10 % de plus qu'aujourd'hui. Et pour les 0,1 % des héritages les plus élevés, c'est-à-dire les héritages de plus de 13 millions d'euros, 10 % supplémentaires. Avec ça et quelques niches fiscales successorales qui n'ont pas lieu d'être, on récupère 10 milliards dès 2027 puis 15 milliards par an jusque 2040. Là-dedans, nous on proposait de mettre tous les ans 2 milliards d'euros pour la rénovation du bâti scolaire. C'est une
proposition que les écologistes portent depuis des mois. Et bien vous voyez avec 2 milliards d'euros par an, on pourrait en rénover des écoles, des collèges et des lycées pour qu'ils aient des températures convenables l'hiver et l'été et qui sortent de l'insalubrité puisque plusieurs établissements sont insalubres avec des rats, des cafards. C'est notre jeunesse qui étudie comme ça. Monsieur de Villiers puisque vous êtes attaché comme nous à ce que les manifestations se passent bien pour qu'on parle des revendications, qu'est-ce qu'il faut des ? Est-ce qu'il faut de nouveau la présence des ? Est-ce qu'il faut de nouveau les services d'ordre de certains ? Est-ce qu'il faut de nouveau les casques blancs ou les brassards blancs comme on les a ? Ben moi je je lance un appel à tous les
parents qui nous regardent parce qu'en réalité, ils regardent vos émissions, ils regardent sûrement les réseaux sociaux, ils voient ces vidéos terribles et chaque parent de ce pays se demande s'il a raison ou pas de laisser ses enfants manifester. Et certains ont le réflexe que je peux complètement comprendre de plus laisser sortir leurs enfants en disant "Tu vas pas manifester, c'est trop dangereux." Moi, je pense qu'on pourrait faire l'inverse, c'est-à-dire de dire à vos enfants "Bien sûr que tu dois manifester, bien sûr que tes revendications sont légitimes dans un monde en guerre, en effondrement climatique où l'intelligence artificielle va remplacer vos futurs emplois ou Parcoursup est un enfer où vous n'avez pas assez de des profs assez bien payés
par rapport à la moyenne européenne dans des classes qui sont les plus chargées d'Europe, bien sûr que tout ça est légitime. Mon enfant, je serai à tes côtés en manifestation pour m'assurer que ça se passe bien." Alors là, on peut faire quelque chose. Vous savez, ce qui se joue aussi là, c'est la bataille de l'opinion en ce moment. C'est est-ce que ce mouvement, il est à bout de souffle et c'était un baroud d'honneur aujourd'hui, c'est terminé ou est-ce que c'était aujourd'hui la première étape de quelque chose de bien plus grand. Et moi, je pense que c'était la première étape de quelque chose de bien plus grand, que les luttes vont converger entre les fonctionnaires, entre les précaires, entre les travailleurs, entre les femmes, entre les mamans. Il faut
qu'on soit tous ensemble dans la rue dans les semaines qui viennent pour obtenir enfin ce que les macronistes nous ont refusé pendant 10 ans et cela jusqu'à la victoire en 2027. Et pour ça, on a besoin que de de de de se dire qu'on manifeste et qu'on est en sécurité. Donc j'appelle tous les parents à se munir de vêtements blancs, de brassards blancs, de casques blancs, à être avec leurs enfants en solidarité sur le sur les blocages, dans les manifestations. Et ce qu'on a vu à Paris aujourd'hui jusqu'à la dispersion qui est un grand classique de fin de manif où ça se passe rarement bien. Toute la manifestation s'est bien passée parce qu'on avait en première ligne il y avait les écologistes avec des casques blancs qui ont fait en sorte que les choses étaient respectées et que ça s'est bien
passé des deux côtés. Et bien, c'est comme ça qu'il faut organiser ces manifestations désormais. Donc parents, habillez-vous en blanc et soyez dans la rue avec vos enfants, c'est comme ça qu'on va pouvoir les aider et leur garantir un avenir plus vivable. Appel lancé. Merci Marine Tondelier pour votre réaction en direct sur BFM TV. Je vous remercie. Euh
Marine Tondelier