Macron - Sarkozy : à quoi jouent-ils ? #cdanslair 15.08.2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 34 %Attaque 40 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:41OuverteRéponse directe
À quoi joue Emmanuel Macron en mettant en scène sa complicité avec Nicolas Sarkozy ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Nicolas Sarkozy donne-t-il des conseils à Emmanuel Macron ?
- 9:41OuverteRéponse directe
Quelles attentions Emmanuel Macron a-t-il multipliées envers Nicolas Sarkozy ?
- 10:10FerméeRéponse partielle
Qu'a fait Emmanuel Macron lors du décès de la mère de Nicolas Sarkozy ?
- 22:20OuverteRéponse directe
Pourquoi François Hollande a-t-il boudé la commémoration du débarquement de Provence ?
- 24:01OuverteRéponse directe
Pourquoi Macron a-t-il reconnu la colonisation comme un crime contre l'humanité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:41InvitéChiffre
« Sur 100 sympathisants de La République En Marche d'aujourd'hui, 39% étaient des sympathisants LR en 2016. »
- 6:47Invité politiqueFait
« Un dîner pendant la crise des Gilets jaunes en décembre 2017, où il fallait lâcher du pouvoir d'achat. »
- 38:55Invité politiqueFait
« il a quand même ses affaires judiciaires, vous le rappeliez, avec des mises en examen »
- 39:12Invité politiqueFait
« souvenez-vous pendant l'affaire Fillon où on était à la recherche d'un plan B »
- 39:24Invité politiqueFait
« l'autre plan B qui s'était présenté auquel on avait pensé était plutôt François Baroin »
- 42:16InvitéFait
« c'est moi mais en mieux »
- 42:44InvitéFait
« l'ISF la droite n'avait pas osé sur la fiscalité »
- 42:50InvitéFait
« sur la libéralisation du rail »
- 42:51InvitéFait
« sur la casse du code du travail »
- 47:14InvitéFait
« la CGT appelle d'ores et déjà dans la semaine du 20 au 27 septembre à plusieurs temps forts de mobilisation »
- 47:29InvitéFait
« nous voulons conjuguer urgence sociale et urgence climatique »
- 49:09InvitéFait
« une manifestation est prévue le 6 octobre à Paris »
- 55:14PrésentateurFait
« les français apprécient dans ce qu'ils ont compris la réforme de retraite l'idée d'équité »
- 1:01:20PrésentateurFait
« la plupart des maires sortants sont de droite parce que ça avait été une vague bleue en 2014 »
- 1:04:50Invité politiqueChiffre
« 67 ans »
- 1:04:50Invité politiqueChiffre
« 68 »
- 1:05:40Invité politiqueFait
« Ils risquent de se représenter en 2022 au nom des Insoumis, ça me paraît à peu près acquis »
Temps de parole
- Présentateur48 %
- Emmanuel Macron22 %
- Invité13 %
- Invité 26 %
- ?5 %
≈ 24,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à toutes et à tous. En ce 15 août, c'est déjà la rentrée pour Emmanuel Macron et son agenda est chargé. Les commémorations du débarquement dès ce matin, un rendez-vous avec Vladimir Poutine lundi, puis le premier conseil des ministres mercredi et le G7 de Biarritz, sans parler évidemment des réformes à venir. Le président ne va donc pas chômer. Mais ce qui a frappé ce matin, c'est sa complicité avec Nicolas Sarkozy, qui était le seul de ses prédécesseurs présents aux cérémonies. Les deux hommes ne cachent pas qu'il s'apprécie. Mais jusqu'à quel point ? C'est la question qu'on avait envie de se poser. Une des questions.
Emmanuel Macron peut-il compter sur l'ancien président pour cette rentrée délicate ? Qu'est-ce qu'il joue exactement ? Faut-il parler d'ailleurs de rentrée à haut risque ? Et quid de la droite qui, dans le même temps, se cherche un chef
?
Macron Sarkozy, à quoi joue-t-il ? C'est le titre de l'émission de ce soir. On attend évidemment vos questions, vos réactions par le SMS de l'émission, sur les réseaux sociaux ou sur Internet, pour alimenter nos discussions. Et on va en parler avec le politologue Roland Kérol, directeur du Centre d'études et d'analyse. Le CETAN, votre dernier livre, Le Président sur la corde raide, les enjeux du macronisme, est publié chez Calman Lévy. Brice Tinturier, vous êtes directeur général de l'institut de sondage Ipsos. Jannick Halimi, journaliste politique aux Parisiens Aujourd'hui en France.
Vous avez fait la une dimanche dernier avec votre enquête sur les Macron à Brégançon, sous le titre « L'Élysée sur mer ». Et Maud Verniole, vous êtes responsable du service politique de l'humanité. Votre rentrée à vous, ce sera à la fête de l'UMA, évidemment, comme toujours, les 13 et 15 septembre prochains. Question toute simple, à quoi joue Emmanuel Macron quand il met en scène, comme ce matin, sa complicité avec Nicolas Sarkozy ? Il joue à montrer qu'étant président,
il
est un président ouvert et qui joue le jeu avec ceux qui ont été ses prédécesseurs. Enfin, ses prédécesseurs. Surtout l'un.
Parce
que tout de même, il n'insiste pas beaucoup pour avoir les deux autres présidents aujourd'hui en vie et qui pourraient être invités. Il y en a un qui l'a été, semble-t-il, qui n
'a
pas répondu, et l'autre qui a peut-être oublié de répondre. – On
s'est à
François Hollande qui
a oublié de répondre. – On s'est à François Hollande. – Ils sont trois, en fait. – Ils sont trois, et c'est ça, ils
sont
trois.
– Jacques Chirac, on sait qu'il ne peut pas se déplacer. Bon, il se trouve que, donc, et je pense qu'il n'est pas mécontent de ses refus, parce que celui qu'il a envie de montrer avec lui, c'est en effet Nicolas Sarkozy. Pourquoi ? Parce que,
d
'abord, je crois qu
'il
y
a
un intérêt de l'un pour l'autre.
Ce
sont deux présidents particuliers dans notre histoire, deux présidents qui sont arrivés assez jeunes, là encore plus que l'autre, mais assez jeunes, qui ont beaucoup bouleversé les mœurs politiques du moment, qui ont essayé d'incarner la possibilité de faire de l'ouverture au camp d'en face, l'un et l'autre. Là aussi, l'un plus que l'autre. Voilà, on a essayé de faire croire même à la presse, à un moment, qu'il y avait quasi une certaine amitié entre ces deux-là.
Je
crois que c'est une fable. Il n
'y
a évidemment pas d'amitié entre ces deux monstres de la politique que tout oppose par ailleurs. – Mais il y a des intérêts bien conclus.
– Mais il y a des intérêts communs,
il y a des intérêts communs. C'est bien pour Macron de montrer qu'il est ouvert, et ouvert à un point tel qu'il manifeste des signes d'amitié envers Nicolas Sarkozy. Et pour Nicolas Sarkozy, qui, comme tous les présidents, pense que dans son camp, il est le seul bon,
que
les autres sont des nains, il le rappelle en étant là à un moment où la droite se vautre dans des querelles secondaires pourrait lire un second couteau, lui, il veut faire président, il montre qu'il est toujours là, que lui aussi il est ouvert au dialogue. Voilà, et je crois que c'est bon pour l'un et l'autre. Macron, pour la suite de son quinquennat, à un moment où il s'agit d'aller conquérir un peu plus d'électeurs de droite
pour
les municipales, et donc aussi pour les sénatoriales, donc montrer son entente avec Sarkozy, c'est bon pour ces électeurs-là. Et pour Nicolas Sarkozy, qui lui, officiellement, n'est plus candidat à rien, mais qui se désole de la situation de son camp, c'est une manière de se rappeler à son camp, persuadé que si par hasard, il y a une possibilité de repasser par un trou de souris pour revenir
sur
le devant de la scène politique, pourquoi pas ? Il est toujours là. C'est ça la nature réelle de leur relation ? Oui, c'est de l'intérêt, bien compris. D'abord, ce sont des commémorations, et Emmanuel Macron a intérêt à se poser en président, qui rassemble, en tous les cas, qui ouvre. Ensuite, il faut aussi rappeler la très forte popularité de Nicolas Sarkozy. Il est beaucoup remonté dans l'opinion depuis ces derniers mois. Il est à la 7e, 6e, 7e place dans notre baromètre de points. Chez les sympathisants LR, il est à plus de 80% de jugements favorables.
Comment vous l
'expliquez, cette remontée ? Mais parce qu'il y a une droite qui, aujourd'hui, est orpheline d'un leader, et le seul leader récent qui a amené la droite au pouvoir, c'est Nicolas Sarkozy, qui a cette légitimité, cette autorité, aux yeux de ce qui reste des sympathisants LR, qui ont beaucoup réduit en nombre et dont la structure a évolué. Donc, il incarne cette autorité de chef de l'État. Et puis, il faut aussi avoir en tête quelle est la structure des sympathisants LRM aujourd'hui. On a, vous le savez, un panel avec le CEVIPOV qui nous permet de suivre les itinéraires. C'est tout à fait passionnant.
Et sur 100 sympathisants de La République En Marche d'aujourd'hui, 39% étaient des sympathisants LR en 2016, avant que LRM fasse irruption dans le système politique. 39% étaient LR, 26% PS, et puis il y avait d'autres formations. Donc, Emmanuel Macron a aussi intérêt, vis-à-vis de son propre électorat d'aujourd'hui, à jouer une carte avec Nicolas Sarkozy,
qui est
une carte.
Il partage un
socle politique,
finalement. Mais bien
sûr. Et ce socle,
c
'est encore plus, au cours de l'année dernière,
c
'est encore plus décalé vers la droite et vers les LR. Il n
'y
avait, par exemple, que 33%, c'était déjà beaucoup, mais d'ex-sympathisants LR, qui étaient maintenant des sympathisants de
La
République En Marche, ils sont 39%. Donc, c'est aussi l'intérêt bien compris d'Emmanuel Macron que de caliner, on va dire, Nicolas Sarkozy. Mais ils ont l'air de bien s'entendre, quand même, Jeanne et Calimi. Ils se parlent, ils se téléphonent au cours de l'année ?
Oui, on l'a déjà dit, ils se parlent, ils se téléphonent. Et Nicolas Sarkozy n'hésite pas à donner des conseils à Emmanuel Macron, et Emmanuel Macron à les entendre, à les écouter.
Par exemple
?
On le dit, on le répète, notamment pendant la crise des Gilets jaunes, il y
a
un dîner qui devait être confidentiel, et qui, bien sûr, est immédiatement arrivé à débouler sur la place publique. Un dîner pendant la crise des Gilets jaunes en décembre 2017, où il fallait lâcher du pouvoir d'achat, puisque c'était quand même la première des sollicitations d'une grande partie de ces Gilets jaunes.
Et ça a été, bien sûr, la remise en marche, sur le tapis, sur le métier de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui a été un élément très fort dans la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, et dans les premières mesures qu'il a prises, notamment pendant l'autre crise qu'a eu à traverser la République, qui a été la crise financière de 2008-2009, et mesures, puisqu'on parle de Nicolas Sarkozy, et en creux, beaucoup en creux, de François Hollande, cette mesure de défiscalisation des heures supplémentaires a été retirée, abandonnée par François Hollande pendant son quinquennat. Donc oui, ces deux personnalités...
On peut
aller jusqu'à dire que c
'est
Nicolas Sarkozy qui a suggéré à Emmanuel Macron de lâcher du l'Est ?
Quand
on dit du l'Est, on parle des
10-12 milliards, ensuite annoncés par Emmanuel
Macron. Écoutez, je
pense que sur le principe même de lâcher du l'Est sur le pouvoir d'achat, sur revenir sur la fameuse taxe carbone, je pense que Emmanuel Macron n'avait pas besoin qu'on lui chuchote ça à l'oreille. En revanche, sur le fait d'appuyer sur cette défiscalisation des heures supplémentaires, peut-être que Nicolas Sarkozy lui a... Emmanuel Macron devait l'avoir en tête. Nicolas Sarkozy a peut-être appuyé sur l'effet, au-delà de l'effet économique, de l'effet politique que ça représentait, parce que pour lui, l'incarnation de cette droite bonapartiste et également cette droite sociale. Nicolas Sarkozy,
c
'est ça quand même. Au sein de ces trois droites,
vous
savez, cher René Raymond, droite libérale incarnée pendant la primaire par Alain Juppé, droite bonapartiste et sociale incarnée par Nicolas Sarkozy et droite plus radicale incarnée par François Fillon, Nicolas Sarkozy, c'est cette droite-là, cette droite du pouvoir d'achat.
Et au regard, pour le coup, de la stratégie politique dont on parlait tout à l'heure, et de l'intérêt bien compris des deux présidents, pour Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy représente un double atout, un atout positif, parce qu'effectivement, maintenant qu'Emmanuel Macron a capté avec Édouard Philippe la droite libérale, avec Nicolas Sarkozy symboliquement et même concrètement avec la mesure dont on parle, il tente de capter cet électorat de droite plus bonapartiste et plus social. Et également, pardonnez-moi, c'est un atout aussi en creux, parce qu'il neutralise aussi une voix de l'opposition.
Imaginez que Nicolas Sarkozy, qu'on a très peu entendu, c'est un euphémisme, pendant la crise des gilets jaunes et même depuis le début du quinquennat, se mettent également à portée de la voix contre Emmanuel Macron. On ne
l
'a pas entendu. Mais là, en neutralisant et en se mettant aux côtés, officiellement pratiquement, visiblement, de Nicolas Sarkozy, bien évidemment, il neutralise une opposition potentielle.
On
dit qu'il le fait aussi en multipliant les petites attentions. C'est vrai
?
Oui, en tout cas, visiblement, c'est ce qui est décrit dans le livre de Nicolas Sarkozy et qui fait
des... C'est ce qu'est
écrit Nicolas Sarkozy, c
'est ça ? Oui,
dans son livre et qui fait des gros titres depuis plusieurs semaines. Vraisemblablement, effectivement, Emmanuel Macron a multiplié les attentions envers Nicolas Sarkozy, notamment lors du décès de sa mère. C'est ce qu'il décrit dans son ouvrage. Mais
au
-delà des liens personnels qui peuvent exister entre
ces deux hommes... Alors, juste pour
préciser, qu'est-ce qu'il a fait lors du décès de la
mère de Nicolas Sarkozy ? Emmanuel Macron aurait envoyé des voitures... Des motards
?
Voilà, des motards de la République pour accompagner...
Pour ouvrir
le chemin. Et Nicolas Sarkozy est sensible à ça
?
Visiblement, c'est dit ému de cette chose-là. Je voulais simplement dire quelque chose sur les intérêts des deux personnages, quand même. Ce n
'est
pas si flatteur que ça pour Emmanuel Macron, même si cette photo, elle montre aussi l'habileté politique du chef de l'État. L'intérêt d'Emmanuel Macron, et vous l'avez développé, c'est effectivement un peu de marquer à la culotte l'électorat de droite et peut-être d'assumer même une certaine filiation politique avec Nicolas Sarkozy, puisqu'on voit qu'au bout de deux ans de quinquennat, il a réussi à faire passer des réformes que la droite sarkoziste, des fois, avait renoncé à faire au vu du rafforce politique de l'époque. Du côté de Nicolas Sarkozy, ça, on l'entend moins, mais je pense que certains ont raison quand même d'avoir des doutes sur la sincérité de ses rapports et de son
espèce de
paternalisme. Pourquoi
alors ?
Quel est l
'arrière-pensée ? Parce que
Nicolas Sarkozy, son nom est quand même cité, c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République, un ancien président, est cité dans 11 affaires différentes, qu'il est quand même mis en examen, qu'il y a cette espèce de couperet au-dessus de la tête, et que j'imagine qu'au vu de son parcours, il doit estimer que des rapports assez étroits avec l'Elysée pourraient, si ce n'est,
faciliter le travail. Il me semble qu'il y avait Jacques Chirac
dans ce cas-là, il me semble, sur les emplois de la mairie de Paris qui étaient également mis en examen pendant qu'il était président de la République.
Enfin,
à
ce
niveau-là, après...
Donc intérêts, bien compris de part et d'autre, et multiples de ce que vous nous décrivez. En tout cas, ce qu'on a vu ce matin, ce sont deux présidents, l'actuel et l'ancien, l'un des anciens, très amicaux l'un vis-à-vis de l'autre lors des commémorations du débarquement de Provence. Ils ont ensuite d'ailleurs déjeuné ensemble. C'était la première sortie officielle d'Emmanuel Macron après trois semaines de vacances marquées par la discrétion. Paul-Rémy Barjavel avec Michel Bouillet.
Une
poignée de mains rapides, mais des sourires appuyés. Nicolas Sarkozy a répondu présent à l'invitation d'Emmanuel Macron pour commémorer les 75 ans du débarquement en Provence. Les deux hommes ont d'ailleurs pris l'habitude de s'afficher côte à côte. Eux qui ne cachent pas leur complicité.
Je
suis là pour participer à une belle cérémonie. C'était une bonne idée, une belle cérémonie.
J
'ai une maison sur le lieu du débarquement et
j
'aurais dû dire « Excusez
-moi, je vais faire du vélo ce matin, je ne viens pas. » Non, ce n
'est
pas ma conception des choses.
A
leur côté, les chefs d'État guinéens et ivoiriens.
Pour
la première sortie officielle du président de la République depuis trois semaines, l'hommage a été rendu aux 450 000 soldats en partie africains qui ont participé au débarquement.
Je
veux vous dire
la
reconnaissance de la nation.
Vous
avez redonné à notre pays sa liberté et sa dignité.
Vous
avez redonné
ses
couleurs à notre drapeau
et
sa devise
à
notre peuple.
Votre
engagement suprême
est
notre héritage.
Il
nous revient de le préserver,
de
le transmettre,
de
le faire fructifier. Contre tous les obscurantismes,
contre l'ignorance, contre l'oubli aussi.
Emmanuel Macron a profité de l'occasion pour s'offrir un petit bain de foule durant lequel quelques messages lui ont été adressés.
Merci. Bonjour le référentiel. Et pensez aux hôpitaux en France.
En ce moment, il y a des réelles
difficultés.
Je
le
sais.
Et le salaire des soignants, malheureusement,
il faut vraiment faire quelque chose.
Et ne négligez ni les actifs salariés de la classe moyenne qui oeuvrent pour cette France qu'ils aiment, ni ne négligez pas les retraités.
L
'anniversaire du débarquement, comme une pré-rentrée pour Emmanuel Macron, alors qu'il était resté discret depuis son arrivée le 25 juillet au fort de Brégançon, pour des vacances présentées comme studieuses par l'Elysée.
Sur
le plan international d'abord, Emmanuel Macron a joué les entremetteurs dans le dossier iranien. Le président de la République s'est entretenu au téléphone avec Hassan Rouhani, ce qui n'a pas forcément plu au président américain Donald Trump.
Je
sais qu'Emmanuel veut bien faire comme tous les autres, mais personne ne parle pour les États-Unis à part les États-Unis eux-mêmes.
Dans
sa résidence d'été, Emmanuel Macron garde un œil sur l'actualité, réagissant sur les réseaux sociaux.
Il
félicite Francky Zapata pour sa traversée de la Manche en flyboard
ou
rend hommage au pilote de bombardier d'eau décédé au début du mois d'août.
Lors
des obsèques de Jean-Mathieu Michel, le maire de Cygne, il confie à la ministre de la Cohésion des Territoires le soin de lire une lettre.
«
Je veillerai personnellement à ce que face aux incivilités et à la désagrégation chez certains du sens de l'État et de la nation, la réponse soit toujours ferme, exemplaire et sans complaisance.
Nous
le devons à M. Michel et à tous les élus de France.
»
Pendant les vacances du président, ce sont les ministres qui sont en première ligne. Emmanuel Macron, lui, prépare la rentrée et tente de renouer avec les Français.
Car
le président de la République le reconnaît lui-même lors d'un bain de foule à Bormes-les-Mimosas. La crise sociale est encore là.
« Je
ne
crois
pas du tout que ce qui a à un moment créé la colère sincère d'une partie de la population soit derrière nous.
Je
pense qu'il y
a
une partie à laquelle nous avons su répondre, il y a une partie à laquelle nous n'avons pas encore répondu parce que ça prend du temps. Il y
a
aussi une colère à laquelle il
n
'y
a
pas forcément de réponse immédiate. Et moi, je continue à être à la tâche et vigilant parce que je ne pense pas du tout que
ce
qui sera derrière nous. » Emmanuel Macron reçoit lundi prochain Vladimir Poutine à Brégançon, deux jours avant le Conseil des ministres de rentrée.
Le
président de la République doit ensuite se rendre à Biarritz où il accueille les dirigeants du G7.
« J
'ajoute à cette magnifique carte postale de vacances une des photos que vous avez sans doute découvertes dans la presse. D'ailleurs, à la une du Parisien aussi, du président en maillot, torse nu, vous la voyez à l'écran, avec ses dossiers sous le bras. Finalement, est-ce que c'est ça la photo politique de l'été ? Nicolas Sarkozy a envoyé des cartes postales l'été. Est-ce qu'Emmanuel Macron n
'a
pas repris sa méthode ?
–
Si, certainement. Sauf que Nicolas Sarkozy, quand il envoyait des cartes postales, c'est qu'il était quand même éloigné de la scène politique. C'est pas franchement, quand il était à l'Elysée, c'est plutôt après, lorsqu'il tentait de revenir dans la course. Là, Emmanuel Macron envoie, certes, des cartes postales, mais c'est des cartes postales domestiques. J'allais dire, comme vous le rappeliez,
notre
fait du jour, ce week-end, c'était Brégançon, l'Elysée sur mer.
–
L
'Elysée sur mer, oui. – L
'Elysée sur mer,
c'est
ça. Pardonnez-moi, même si c'est de la communication, mais il n'y a pas que ça. Emmanuel Macron n'a pas d'étoilé pendant les vacances. Ça, tout le monde vous le dira, et on dira, c'est bien normal de la part d'un chef d'État, surtout après les péripéties, entre guillemets, que la France a
traversées. – Quand vous dites pas des
clés, ça veut dire quoi, concrètement ?
– Qu'il était, comme la photo le montre, mais encore une fois, on peut dire que ce n'est que de la communication, mais ce n'est pas seulement que ça.
–
Le message, c'est choublot,
quoi, j'ai beau être en vacances, choublot.
– Absolument, et on peut vous dire que tous les journalistes politiques qui ont appelé les cabinets, qui eux se trouvaient les permanents à Paris, vous expliquent que les dossiers leur revenaient avec des annotations du président de la République, parce que d'abord, il doit l'être, ce n'est plus les vacances de deux ou trois semaines du temps des anciens présidents où il n
'y
avait pas Internet, où le contexte politique était différent, où il pouvait partir et couper toute relation. Depuis Nicolas Sarkozy, vous avez raison, un président de la République est toujours à la tâche, et qu'en plus, le contexte fait qu'il n'y a pratiquement pas eu d'arrêt dans la vie politique française, on le rappellera peut-être, avec l'été qui a été plus qu'abrasif, avec les affaires Steve, avec le vandalisme et les violences contre les permanences des élus, avec les grèves dans les urgences, voilà, donc il n'y
a
pas eu de sortie, encore une fois, et donc Emmanuel Macron va faire une pseudo-rentrée, puisqu'il n'est pas franchement sorti.
Il y
a
un message aux Français ? Oui, je crois que d'abord, il y
a
une jurisprudence de l'été 2012. Souvenez-vous, quand François Hollande était parti en vacances, il travaillait à Brégançon, mais il avait affiché plutôt des images de vacances, ça lui avait été extrêmement reproché. Donc là, on a un président qui travaille, comme tous les présidents,
en
réalité, au moment de l'été, mais qui affiche, qui met en scène le fait que justement il travaille. Et puis, il
y
a ce que vous avez cité également, des phrases d'Emmanuel Macron, et qui je crois être très important, c'est qu'il est intimement convaincu que la crise sociale n'est effectivement pas derrière lui, et qu
'il
ne peut pas se permettre de faire comme si les problèmes étaient résolus, et il a raison. Sa popularité a remonté, mais elle s'établit quand même aux alentours 31-32%, donc c'est un socle qui reste relativement faible, malgré tout. Ça veut bien dire qu'il y a 68-70% de Français qui
n'y a pas. On parle avec Nicolas Sarkozy,
à peu près la même
période
de son quinquennat
?
Oui, alors c'est mieux déjà que François Hollande, c'est beaucoup mieux que François Hollande, et c'est à peu près le niveau de Nicolas Sarkozy. Mais malgré tout, il faut qu'il tienne compte de cette situation, et le pays est toujours dans un état extrêmement électrique. On le voit à travers une série d'événements, ça va effectivement des permanences qui sont taguées ou détruites, mais il y a une colère qui est toujours présente. On n'est pas au climax, évidemment, des Gilets jaunes, mais ça n'a pas disparu.
Les réformes vont être nombreuses à la rentrée, les Français ne sont pas d'accord, on le verra avec beaucoup de ces réformes, donc le Président ne peut pas s'afficher comme si tout allait bien, et être au soleil sans prendre au sérieux en réalité tous les dossiers et la situation du pays. On va revenir sur le fond de ces dossiers tout à l'heure. Roland Carole. Oui, il y a évidemment le message, le Président est au travail. On l'a fait dire aux journalistes pendant tout l'été, on l'a entendu sur toutes les chaînes et toutes les stations,
à chaque
butin. Non, mais on a bien insisté là-dessus, j'ai cru comprendre. Il manquait une image pour symboliser ça, et vous l'avez montré. Et j'ai cru comprendre que c'était une image venant d'une agence proche d'Emmanuel Macron, qui travaille avec lui. Ah, vous voulez dire que ce n
'est
pas une image de paparadis ? Non, c'est ce que je voulais dire, exactement. C'est une image voulue par l'Elysée. Mais il fallait en effet une image qui reste à coller à ce récit. Le Président est sans cesse au travail. Quoi de mieux qu'être en maillot avec les dossiers à la main, le symbole est parfait. Il y a évidemment... On ne
sait
pas qu'il descend à la plage en maillot, dossier à la main, par le Président de
la
République. Et je ne
sais
pas s'il emmène les dossiers dans la piscine. Il a bien le droit d'aller dans la piscine. Non, c'est en effet, pas seulement parce que cette jurisprudence existe, que les présidents sont évidemment au service de la République, et que ça ne s'arrête pas pendant l'été,
c
'est que ça a quand même branlé dans le manche terriblement pendant la crise des Gilets jaunes, du grand débat national.
Et
que Macron a entendu, a super entendu, je dirais, ce message. Vous ne vous occupez pas de nous et vous vivez avec vos privilèges. Alors ça suffit.
Et
je crois qu'il a extrêmement peur que lui ou qui que ce soit dans le pouvoir exécutif puisse encore donner éventuellement des possibilités aux gens de râler sur ces deux points, s'occuper de nous et les privilèges. Donc voilà, modestie et travail. Je crois que ça fait désormais partie de la panoplie encore plus normale. Rappelez-vous, quand il a dit à sa façon « Bonnes vacances
»
à ses ministres, il leur a dit « Partez la peur au ventre ». C'est une façon de souhaiter
« Bonnes vacances
».
Ce
sont
les bons, la
peur au ventre. La peur au ventre. C'est quand même inouï. Mais ça veut dire en effet qu'on a cette analyse de la situation. Le feu couvre toujours sous la braise. Attention. Question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice qui nous regarde en ce moment. Pourquoi Hollande a-t-il boudé la commémoration du débarquement de Provence
? L
'a-t-il boudé d'ailleurs ? Est
-ce
qu
'il
faut penser qu'il l'a boudé
?
Oui. Oui, parce que ses raisons officielles, c'est de dire d'abord qu'il n'y a pas de tradition dans ce domaine. Les chefs d'État n'ont pas obligatoirement à être présents. Et il a avancé des arguments d'agenda personnel.
Personnel ? Enfin personnel. C'est
parce qu'il n'était pas là,
quoi.
C'est
quand même intéressant. Parce qu'on n'a jamais eu une telle mise en scène d'un anniversaire de ce débarquement-là en Provence.
Qui
est un moment extrêmement important de la guerre mondiale. Qui est beaucoup moins montré, évidemment, que le débarquement en Normandie. Parce que le débarquement en Normandie, il est d'abord anglo-saxon. Et qu'il a donc une résonance mondiale beaucoup plus forte. Mais pour la suite des opérations, pour ce qui concerne la France, ce que vont faire les gens qui débarquent en Provence est décisif et fondamental.
Ils
vont retraverser la France, rejoindre l'armée de Delattre, aller jusqu'au Nid d'Aigle de Berchtesgaden. C'est une épopée qui a rarement été comptée. Et c'était important de le faire. Et que François Hollande, dans ses conditions, dise « moi j'ai autre chose à faire
», je
trouve ça un tout petit peu bizarre. Il ne veut pas simplement se prêter à cette mise en scène permanente. Sarko, Macron, d'autant qu'il sait très bien qu'on aurait insisté sur les sourires incessants entre Macron et Sarkozy et sur le fait que c'était beaucoup plus coincé entre Macron et Hollande. On peut le comprendre, mais c'est un tout petit peu dommage pour cette image qu'il semble donner de quelqu'un qui bout dans son coin. Allez-y. Et puis sur le fond, ce qu'a dit Emmanuel Macron aujourd'hui, je voudrais vous entendre dessus. Mais il n'y a pas du tout le même système d'intérêt entre François Hollande et Emmanuel Macron que celui de Nicolas Sarkozy et d'Emmanuel Macron.
Pour François Hollande, qui est très critique vis-à-vis de la politique menée par Emmanuel Macron, beaucoup plus critique que Nicolas Sarkozy, se retrouver dans une telle situation, c'est plutôt se faire instrumentaliser. Parce que vous ne pouvez évidemment pas, à un moment pareil, exprimer vos critiques. Donc vous êtes là plutôt en faire valoir d'un président de la République en exercice avec lequel vous n'êtes pas d'accord. Alors, à l'inverse, pour Nicolas Sarkozy, il peut y avoir des bénéfices, on les a évoqués, à participer à une telle cérémonie.
Donc on comprend, même si on peut juger cela négativement, mais on comprend pourquoi en termes d'intérêt strict, un François Hollande n'a aucun intérêt et préfère ne pas se prêter à ce type de présence, de cérémonie.
Un
mot du discours, un peu plus évidemment, du discours d'Emmanuel Macron. La France a une part d'Afrique en elle. Ça va loin, non
? On avait déjà vu un chef de l'État aller aussi
loin que ça ? Oui, oui, c'est déjà arrivé. Après, il faut reconnaître qu'Emmanuel Macron, sur les enjeux mémoriels, est plutôt plus courageux que ses prédécesseurs. Déjà pour une simple et bonne raison qu'il n'a pas sur le dos ni les nostalgiques de l'Algérie française à droite, ni l'héritage un peu compromettant mitterrandien. Et donc,
c
'est vrai qu'il affronte plus
clairement, notamment
sur la guerre d'Algérie. Et donc, on se souvient, l'année dernière, quasiment jour pour jour, c'était en septembre, il a reconnu le crime d'État commis sur Maurice Audin, par exemple. Et donc, la
pratique
de la torture pendant la guerre d'Algérie, ce qu'aucun de ses prédécesseurs avait eu le courage de faire, c'est un geste historique très fort, qui a eu d'ailleurs beaucoup de portée au-delà de la Méditerranée et en Algérie. Et c'est vrai qu'il a eu une histoire plus saine avec l'histoire coloniale qui, pour le coup, il regarde en face. Et ce matin,
c
'était un peu dans la continuité de ce qu'il a fait il y
a
un an avec cette reconnaissance du crime d'État sur Maurice Audin. Je ne
sais
plus quels étaient ses mots. C'est ces combattants africains qui n'ont pas eu la gloire et l'estiment que la bravoure justifiée. Et je trouve que là où c'est intéressant et qu
'il
va un petit peu plus loin, c'est qu'au-delà du discours, par exemple, il invite les maires, en plus dans un territoire où c'est un petit peu compliqué, où on a plutôt l'habitude d'ériger des stèles pour
l
'OAS, il les invite, au contraire, à rendre hommage à ces combattants africains qui ont trop longtemps été sous-estimés dans leur rôle pour la libération de la France. Et c'est vrai que, voilà, sur cet aspect mémoriel, je trouve que Macron a été, par exemple, beaucoup plus courageux que Hollande n'a été sur la question.
Donc c'est une vraie rentrée politique de ce point de vue-là ?
Oui, c'est une rentrée politique. Il faut quand même rendre César ce qui appartient à César. Avant lui,
il
y
a
eu Nicolas Sarkozy, François Hollande et également Jacques Chirac, lors des différentes commémorations tous les cinq ans de ce débarquement, qui, peut-être pas dans les mêmes termes aussi lyriques et aussi engageants, avaient quand même, quand même, j'ai les discours sous les yeux, avaient bien évidemment rendu hommage à ce débarquement et aux troupes africaines, à leur courage, à leur héroïsme. Mais il est, voilà, il faut quand même le rappeler
pour la vérité. Mais sans aller aussi loin dans
les mots, c'est ce que vous
semblez convenir. Il faut reconnaître, comme
le disait Maud, qu'Emmanuel Macron, pour toutes les raisons que Maud vient d'évoquer, a effectivement allé très très loin dans ce domaine, de par ses convictions, de par sa jeunesse, de par son itinéraire personnel. Souvenez-vous, pendant la campagne, nous en parlions, je crois, tout à l'heure, c'est Emmanuel Macron qui, en soulevant d'ailleurs toute une polémique, avait reconnu la colonisation française en Algérie, et l'avoir dit en Algérie d'ailleurs, comme étant un crime contre l'humanité.
Et deuxièmement, de façon plus politique, ce qui n'enlève rien à la sincérité des propos d'Emmanuel Macron aujourd'hui, d'un point de vue plus politique, depuis sa campagne, Emmanuel Macron n'a de cesse de tendre des mains, et plus que ça, aux communautés maghrébines, dans leur entier, aux harkis, et puis également à ces gens, à ces générations dans les banlieues, vers lesquelles il essaie également de construire une politique avec des résultats plus ou moins flagrants. Mais en tout cas...
Quand on dit la France
a une part d'Afrique en elle, ça va s'acquire. C'est là où je pense qu'il va malgré tout un peu plus loin que ses prédécesseurs, qui rendaient hommage au rôle des combattants pendant la guerre, mais ce qu
'a
Emmanuel Macron en tête, c'est la cohésion du pays. C'est l'idée que ce pays est quand même extraordinairement fragile, et qu'il est nécessaire justement, sur les questions de colonisation, à l'occasion de commémorations de ce type, de rappeler à tous ceux dont les ascendants peuvent être africains, maghrébins, etc., qu'ils sont une partie entière, intime de la France. Et ce type de message, je crois, est lié à l'époque à des situations extrêmement aiguës, au délitement, à la montée des communautarismes, et il est sincèrement convaincu qu'il faut rassembler et unir, et que les fils sont extrêmement fragiles. Donc de ce point de vue, il me semble quand même qu'il va un
peu plus loin que ce qui est nécessaire. D'autant que
ça s'accompagne aussi
au
geste matériel précis, le paiement des retraites non payées, notamment des retraites militaires. Il y a la volonté de montrer concrètement combien la France est redevable à cette partie d'elle-même. Alors après ce discours, Emmanuel Macron est parti déjeuner avec, on l'a dit, les deux présidents africains présents, et notamment le président Alpha Condé et Alassane Ouattara, et Nicolas Sarkozy.
Intéressons-nous maintenant aux vacances de l'ancien président, qui lui aussi habite pas loin, si j'ose dire, parce qu'il passe ses vacances en partie au Cap-Negg, mais il a aussi passé une partie de ses vacances à faire la prévention de son dernier livre, Passion, qui marche d'ailleurs très bien, parce qu'il est vendu à plus de 200 000 exemplaires. Nos équipes l'ont retrouvé en Corse, et ont eu, vous allez l'entendre d'ailleurs, bien du mal à lui faire parler politique au moment où les Républicains se cherchent un chef. Reportage signé Juliette Perrault, Thomas Buyer, et Christophe Roquet à Ajection.
Trois ans après son retrait de la vie politique, il déchaîne toujours autant les Passions. Nicolas Sarkozy, un ancien président, et un livre qui bat des records de vente, plus de 200 000 exemplaires, écoulés en quelques semaines. Mais dans la file d'attente, ce n'est pas tant le livre qui intéresse, que l'homme.
Une
véritable icône pour ses sympathisants, le dernier à avoir porté la droite au pouvoir. Une droite, aujourd'hui en lambeaux.
Qu
'est
-ce
qui représente pour vous, si vous voulez Sarkozy ?
Une
belle époque.
Une
belle époque.
Une
époque s'évolue ? Je crains que oui. M. Sarkozy, il a donné la chair de poule à tous ceux qui l'ont suivi, quand il y avait les primaires, vous savez, quand il a refait surface, quand il a restauré le parti, l'UMEP qui était par terre, etc. Je l'ai suivi partout et chaque fois qu'on l'entendait, il donnait la chair de poule et il parlait juste, il parlait juste au français. Moi, je vais lui dire qu'il revienne tout de suite parce qu'il
y
en a marre de tous les traîtres que nous avons.
Un ancien président qui ne cache pas son plaisir.
Merci, M. Sarkozy. Je suis de vous aussi, mais vous êtes un grand, vous avez été un grand président. Eh bien,
merci.
Dominique. Mais qui se montre peu locasse quand on l'interroge sur l'état du parti.
Quel
regard bien porté sur votre avis politique
?
Je n
'ai
pas de regard
apporté.
On
fait ce qu'il peut.
Qu'est-ce que je
veux dire ? Je ne veux pas parler politique.
C
'est derrière moi. Je ne veux pas en parler. D'abord parce que si c'est pour critiquer, ce n
'est
pas bien malin car c'est très facile de critiquer.
Et
si c'est pour soutenir, ça me remet dans le jeu politique.
Non,
ce n
'est
pas ma place.
On
y est, on n'y est pas.
Un
jeu politique qui, pendant ce temps-là, se poursuit, avec une nouvelle échéance, l'élection du président des Républicains, en octobre. En lice pour succéder à Laurent Wauquiez, Christian Jacob favori, Guillaume Larivé et Julien Aubert.
Un
scrutin qui pourrait s'avérer essentiel pour l'avenir du parti car dans certaines fédérations, rien ne va plus. En Corse du Sud, le nombre d'adhérents est en chute libre moins de 400 contre 1500 sous Nicolas Sarkozy. Nous sommes en turbulence. Turbulence du fait que ça ne
vient
pas au niveau de nos adhérents. Ça vient plutôt sur des problèmes qu'on a eus au niveau national.
l
'affaire d'abord Fillon. Avant Fillon, c'était Copé.
Et
Copé, quand même, il nous a plombés avec l'affaire Big Bayo. On a trop de gens de haut niveau qui briguent les premières places ou la tête du parti. Donc ça, c'est quand même un problème que nous avons actuellement au sein du parti républicain.
Des
militants désabusés
et
des élus qui claquent la porte comme le maire d'Ajaccio. Son objectif, conserver une base LR mais aussi élargir ses soutiens pour mettre toutes les chances de son côté en 2020. Une décision assumée, d'autant plus qu'aujourd'hui, il ne trouve plus sa place au sein du parti.
Qu
'est-ce que ça veut dire être de cette famille politique ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c'est avoir
une
conception libérale de l'économie ou moins libérale ? Est-ce que c'est avoir une conception d'intégration républicaine ou une autre ? Aujourd'hui, j'ai l'impression que ça tâtonne là-dessus et que lorsque les choix ont été faits, notamment sous la précédente présidente de LR, celle de Laurent Wauquiez, on était sur un rétrécissement de la base avec une radicalisation de la ligne idéologique du mouvement qui m'a amené avec d'autres puisque je ne suis pas solide dans ce cas à m'en aller. Une stratégie payante.
Un
an à peine après son lancement, son mouvement compte déjà deux fois plus d'adhérents au niveau local que les républicains. Une défection de plus. Selon le journal Le Monde, en trois ans, un tiers des cadres se seraient désengagés du parti.
Question de Sandra qui nous regarde depuis la Belgique ce soir, comment réagissent les élus, les républicains face au couple Macron-Sarkozy
?
Je crois qu'il y a deux sensibilités,
qu
'il
y
a deux tendances. Il
y
a ceux qui apprécient qu'Emmanuel Macron prenne en considération Nicolas Sarkozy et qui finalement se disent c'est très bien, ça refait exister notre leader, le leader historique dont on a vu qu'il reste très populaire. Et puis il
y
en a qui s'agacent de ça et qui ne comprennent pas. Qui ne comprennent pas parce que la ligne des LR aujourd'hui, en tous les cas de ceux qui continuent à se considérer comme des LR n'est absolument pas une ligne pro-Macron. Si vous êtes pro-Macron, vous êtes déjà parti du côté de Macron. Et cela du coup s'interroge sur mais quel est ce jeu et jusqu'où va-t-il aller ?
Maintenant ce qu'il faut bien avoir en tête c'est que pour les élus, le vrai rendez-vous c'est le rendez-vous évidemment des municipales et que comme vous l'avez montré à propos de cet élu Corse mais ça vaut pour beaucoup d'autres élus, l'enjeu ça va être d'élargir et de se présenter non pas avec une étiquette LR qui aujourd'hui a pesé quand même 8,5% aux européennes mais avec une volonté de rassemblement d'unité et d'élargissement. Donc ça c'est leur souci prioritaire et entre aujourd'hui la rentrée et le mois de mars vous allez voir que tous les élus LR ne vont être obsédés que par cela.
On aura l'épisode évidemment de l'élection du nouveau président des LR mais ce n'est pas ça l'enjeu majeur pour les élus locaux. Il a renoncé Nicolas Sarkozy comme il le dit ? Non, ce n
'est
pas possible d'imaginer que Sarkozy renonce. Il a la politique qui coule dans ses veines. Il adore ça. Vous avez remarqué qu'il fait des sourires entendus à ceux qui disent que soit qu'ils sont de gauche soit qu'ils sont ceci et qu'il l'apprécie. Voilà. On sent qu'il est dans son monde. C'est une rockstar bien sûr mais c'est aussi il est devenu rockstar par la politique. Moi je ne sais pas si vous avez assisté à des meetings de Sarkozy mais cette incroyable espèce d'électrification qui se prenait dans la salle lorsque c'était lui qui était à la tribune et qui l'en rajoutait. Voilà. Il a ce type de relation ça ne se râille pas comme ça d'un trait de plume. Il sait que normalement c'est fini.
Il le sait parfaitement. Il le sait que sur le papier c'est même impossible. Quand il dit on y est ou on n'y est pas il est conscient du
fait qu'il n'y est pas.
Aujourd'hui il n'y est pas et il sait que dans les mois qui viennent il n'y sera pas non plus. Mais les mois ça va jusqu'à quand ? Ça va jusqu'à ce que vous avez dit tout à l'heure les républicains sont en train de se choisir un leader. Non. Ils vont désigner un président et la condition pour être président c'était de déclarer qu'on ne serait pas candidat à la présidentielle. Nous savons tous que le prochain leader de cette famille ça ne sera pas M. Jacob et encore moins ses deux compétiteurs. Ça sera celui qui sera candidat à la présidentielle. Ce qui gardera les républicains
qui
c'est ? C'est-à-dire ?
Ça
peut être qui ? Aujourd
'hui dans le paysage ?
Valérie
Pécret Laurent
Wauquiez
qui n'a pas entendu Je pense que ce sera Xavier Merber Je pense que
ce sera plutôt Xavier Merber et qu'à ce moment-là ce ne sera pas le problème du parti. Il aura une structure qu'il mettra en place pour sa présidentielle. Donc Sarkozy il sait parfaitement tout ça.
Il
a lui-même changé le parti il a changé d'étiquette il a changé d'équipe dirigeante plusieurs fois mais il se dit je pense je ne lis pas dans le mar de café et il ne m'en a pas parlé donc je parle purement en termes hypothétiques je pense qu'il se dit laissons passer
ce
problème des municipales des sénatoriales et peut-être même des régionales et puis après on va bien voir comment ça se passe et s'il y a une place pour y aller et s'ils sont vraiment trop nuls mes anciens copains et bien pourquoi pas ? Je
suis
d'accord que le démon de la politique et plus que ça du pouvoir n'a pas du tout abandonné ou l'ange d'ailleurs n'a pas du tout abandonné pardonnez-moi Nicolas Sarkozy comme il n'a pas abandonné non plus François Hollande qui lui aussi intervient au moment qu'il choisit c'est sûr mais tout de même Nicolas Sarkozy est aussi un homme politique qui est un homme d'État qui connaît le terrain qui connaît les élections et il sait qu'il n
'y
a pas si longtemps que ça il a perdu les primaires ouvertes au sein de son parti mais voilà sauf à se présenter en dehors de son parti ça devient quand même très compliqué donc il les a perdues en 2016 il a quand même ses affaires judiciaires vous le rappeliez avec des mises en examen c'est quand même compliqué de se présenter au suffrage universel et puis alors l'instant T est différent de l'instant T plus 5 mais s'il avait voulu reprendre le pouvoir entre guillemets se représenter à une élection souvenez-vous pendant l'affaire Fillon où on était à la recherche d'un plan B qui aurait pu être Alain Juppé qui finalement n'en a pas voulu finalement l'autre plan B qui s'était présenté auquel on avait pensé était plutôt François Baroin qui était l'âme d'année c'est un peu péjoratif mais tout de même enfin le
comment
dire le le le le le le le le le le le le le le le Sarkozyste en chef mais Nicolas Sarkozy lui-même n'y est pas allé et dernier point s'il devait y aller effectivement faute de de leader incontesté et potentiellement éligible au nom des républicains dans trois ans le fait de se coller comme ça à Emmanuel Macron et sauf si bien sûr les choses s'engent en trois ans a assumé quand même une partie bien sûr une partie du quinquennat d'Emmanuel Macron en partie bien évidemment ça va être compliqué pour lui si Emmanuel Macron se représente dans trois ans dans trois mois dans trois ans de se différencier d'Emmanuel Macron donc ça fait quand même beaucoup d'éléments compliqués qui n'empêchent rien au fait que le pouvoir d'influence le pouvoir médiatique
de
Nicolas Sarkozy il l'a toujours le pouvoir c'est le pouvoir quel qu'il soit
sur le
devant de la scène en haut de l'échelle ou dans la coulisse
c'est intéressant vous avez parlé de filleule c'est un parrain aujourd'hui Nicolas Sarkozy à droite c'est un passage obligé par
exemple
on déjeune avec lui son
carnet de balai
plein c'est une référence il est véritablement la figure qui incarne le plus le mieux la droite dans ce pays après les désirances et l'explosion de la droite depuis le premier tour de
l
'élection présidentielle
donc le fait qu'il vende
des livres peut lui redonner oui je crois surtout qu'il a totalement intégré quelque chose qui est qu'il ne faut jamais quitter totalement la scène vous en avez deux deux personnalités politiques majeures qui ont quitté la scène qui ont voulu revenir et qui parce qu'elle l'avait quitté n'ont jamais pu revenir Valéry Giscard d'Estaing qui avait dit au revoir et bien ensuite il y
a
eu Raymond Barre qui a pris la place et puis Lionel Jospin qui lui aussi a tenté après avoir dit j'arrête la politique de revenir mais il avait quitté la scène et ce que fait Nicolas Sarkozy depuis le début c'est justement de toujours rester malgré tout sur la scène donc oui il y a des affaires il y a beaucoup de choses mais il est sur la scène probablement parce qu'il
y
a des gratifications personnelles aussi goûter sa popularité après avoir été aussi impopulaire c'est pas rien mais également politiquement parce qu'on reste malgré tout sur l'estrade quelque
part donc ce livre passion il sert à
ça aussi mais bien sûr quand vous écrivez un livre politique c'est pas simplement pour le plaisir d'aller ensuite faire des signatures
c'est un acte politique qui a
été le général de Gaulle qui a quitté la scène en
sont campéen
de mémoire pour y revenir dans des conditions
exceptionnelles mais dans des conditions
quand même historiques exceptionnelles
exceptionnelles il explique que c'est un président légitime et d'ailleurs il avait eu cette formule qui lui était attribuée sur Macron c'est moi mais en mieux et ça dit tout de ce qu'est le macronisme de cette imposture et de droite et de gauche puisqu'aujourd'hui l'imposture a été levée je veux dire Emmanuel Macron va même plus loin dans l'ultralibéralisme que ce qu'avait espéré pouvoir faire la droite
sarkozyme qu'Emmanuel Macron est
une prolongation
des réformes de Nicolas Sarkozy bien sûr
il s'inscrit sur tous ses aspects dans le droit fil et il va même plus loin je veux dire l'ISF la droite n'avait pas osé sur la fiscalité sur la libéralisation du rail sur la casse du code du travail il a assouvi tous les rêves de la droite sarkozyme alors il se distingue sur certains aspects et d'ailleurs il n
'y
a que les journalistes qui se posent encore la question vous l'avez très bien montré les électeurs de droite s'y retrouvent et les élections européennes ont confirmé ça aujourd'hui vous êtes un bourgeois parisien vous votez pour vos intérêts de classe et bien vous votez pour Emmanuel Macron vous ne votez pas effectivement pour M. Benhamy c'est aussi simple que
ça il y
a un os pour votre thèse c'est qu'il y a un certain nombre d'électeurs qui viennent de la gauche et qui n'ont pas
la
même analyse et qu'ils continuent
ils
n'ont plus voté pour lui en tout cas ils ont
arrêté de voter pour lui aux européennes ils n'ont pas tous arrêté de voter pour lui
Brice vous a donné des chiffres tout à l'heure qui montrait en effet que dans la balance est gauche et droite il était parti plus
la droite que la gauche il est parti à l'élection
présidentielle à égalité il a fait 24 points 12 venant de la gauche et de la gauche et 12 venant de la droite et du centre il aurait voulu le faire exprès il n'aurait pas fait mieux alors les plateaux de la balance se sont écartés il y a plus aujourd'hui d'électeurs de droite et Brice a donné les chiffres mais la gauche n
'est
pas remontée ce que vous appelleriez la vraie gauche elle n
'est
pas pour
autant remontée dans les élections et on voit bien qu'il y a toujours une bonne partie
des électeurs sociodémocrates d'origine de Macron qui continuent quand même à y croire donc c'est compliqué de faire de présenter votre analyse comme si elle allait
de soi elle ne
va pas de soi pour beaucoup
de
gens tel qu'il l'a instauré sur le duel un peu mortifère c'est moi ou le Front National oui effectivement il y
a
eu cet aspect de vote utile mais je pense qu'aujourd'hui on ne peut plus dire que même
le coeur de l'électorat social-démocrate
n'est plus emballé par le projet Macron
on ne va pas vous mettre d'accord là
-dessus tout de suite mais ce n
'est
pas grave c
'est très
intéressant
oui
exactement et de toute façon les élections trancheront le débat que vous avez amorcé mais parlons des réformes qu'on évoquait à l'instant elles sont à l'agenda de cette rentrée 2019 de nouvelles réformes la réforme des retraites par exemple celle aussi qui va ouvrir qui veut ouvrir la procréation médicalement assistée à toutes les femmes ça ça ne fait pas par exemple l'unanimité à droite pas facile donc pour l'exécutif dans un climat déjà explosif on l'a vu cet été avec les dégradations notamment des permanences des députés en marche ou la colère des agriculteurs contre le CETA Laura Radeau avec Benoît
Thébault Bonjour
madame Bonjour madame
On
est venu mettre un peu de désordre C'est pas
grave Il occupe le terrain depuis le début de l'été
Vous connaissez monsieur
le ministre de l'intérieur ? Bonjour
Et
madame
la députée
? Oui il y a tout
le monde
Le gouvernement est en vacances depuis plusieurs jours mais le premier ministre ce jour là joue les prolongations
Tout
va bien Ne nous pressons pas Vous voulez que je la fasse ? Oui
Edouard Philippe vient à la rescousse de son ministre de l'intérieur sous le feu des critiques depuis la mort de Steve Canissot à Nantes
Je
peux vous dire que le premier ministre que je suis apporte évidemment tout son soutien à Christophe Castaner que j'ai pleinement confiance en lui et que nous sommes mobilisés
à
la tâche
Edouard Philippe mobilisé aussi aux côtés d'Agnès Buzyn en pleine canicule Le premier ministre s'affiche sur tous les fronts
face
aux caméras mais aussi en coulisses
C
'est à Matignon qu
'ont
défilé en juillet élus de droite et de gauche pour discuter stratégie en vue des municipales Edouard Philippe a visiblement pris au sérieux le mot d'ordre sévère d'Emmanuel Macron lors du dernier Conseil des ministres
Vous
devez partir en vacances la peur au ventre Résultat c'est tout un gouvernement sur le qui-vive Il y a d'abord ceux qui multiplient les sorties comme Brune Poirson ici à la Seine-sur-Mer sur le thème des déchets plastiques Ou Christophe
Castaner venu soutenir les soldats du feu endeuillés dans le Gard Et
puis il y a ceux qui préparent la rentrée Bruno Le Maire cherche encore 3 milliards pour boucler le budget 2020 Autre dossier chaud
la
réforme des retraites et son nouveau système à points
Le
haut commissaire Jean-Paul Delevoye doit mener la suite des concertations
avec
des syndicats déjà en ordre de bataille
La
retraite ça concerne tout le
monde et
donc il y a besoin de se mobiliser c'est pourquoi la CGT appelle d'ores et déjà dans la semaine du 20 au 27 septembre à plusieurs temps forts de mobilisation puisque nous voulons conjuguer urgence sociale et urgence climatique nous serons présents aux côtés de la jeunesse les 20 et 27 septembre et nous avons d'ores et déjà une journée d'action
prévue le 24 septembre autour des retraites mais au-delà autour de l'ensemble des problèmes qui concernent le monde du travail
L
'objectif est assumé regrouper les mécontentements retraite, assurance chômage hausse de la fiscalité sur le gazole tous ces dossiers inquiètent la majorité
car
ils pourraient facilement se transformer en étincelles
L
'autre foyer ce sont les routiers les routiers vont être touchés par la taxation des contrats courts par la nouvelle réglementation sur les contrats courts ils vont être également touchés par une nouvelle mesure fiscale concernant les carburants et donc tout ça ça fait qu'un enchaînement de mesures peut créer la colère
La
colère qui pourrait venir d'un autre texte le projet de loi sur la bioéthique et son volet sur la PMA pour toutes
cette
réforme portée par Agnès Buzyn divise au sein même des partis politiques l'un des candidats à la tête des républicains Guillaume Larivé a déjà choisi son camp
Je ne
veux
pas que dans quelques années on se réveille à gare dans un monde transhumaniste où l'on créerait des bébés
sur mesure en méconnaissant au fond la nature même de l'humanité c'est une inquiétude vraiment qui m'habite et qui me conduira en conscience je vous l'annonce ce matin à l'automne à voter contre les articles de cette loi autorisant la PMA sans père Plusieurs mouvements comme la manif pour tous fourbissent leurs armes depuis un certain temps Une manifestation est prévue le 6 octobre à Paris Le texte arrive lui à l'Assemblée à partir du 23 septembre
Question
d'une téléspectatrice ou d'un téléspectateur toute réforme venant d'Emmanuel Macron n'est-elle pas condamnée à soulever désormais le mécontentement de la rue
? Peut
-être
Peut
-être qu'en effet parce que non seulement il y
a
eu le mécontentement additionné sur déjà beaucoup de réformes mais il y a une chez beaucoup de gens on enregistre une
opposition
ferme à sa personne
on
le hait quoi on le déteste il y a une vraie détestation macronienne
qu
'on a vue sur les ronds-points c'était le nombre d'échafauds de choses promettant à lui et à son épouse les pires gémonies et on ressent une acrimonie très forte donc
je
pense qu'il le sait on voit bien qu'il essaye de corriger sa façon d'être et de parler d'agir avec les corps intermédiaires alors
je
ne sais pas parce que si ça n'est pas réversible vous êtes en train de me dire que le mandat en gros en
termes de réformes est terminé je ne sais
pas c'est plus difficile au pouvoir Sarkozy a été haï à peu près dans les mêmes conditions et on voit qu'aujourd'hui la haine anti-sarkoziste elle a largement disparu donc ça peut ça reviendrait probablement s'il revenait aux affaires mais voilà je ne sais pas mais ça colore forcément des positions hostiles cela dit il y a peut-être aussi des textes qui peuvent passer plus facilement qu'on ne croit moi je suis de ceux qui pensent que maintenant la PMA pour toutes ça ne pose plus beaucoup de problèmes à la société française je ne vois pas à nouveau la société s'embraser comme elle avait pu le faire au moment du mariage pour tous donc il y
a
peut-être des endroits où on attend des difficultés des obstacles
et
où mon hypothèse c
'est
que ça sera le cas pour la PMA ça n'en sera guerre 1 moi je crois que le danger le plus grand parce que c'est la mère de toutes les batailles comme ça a été la mère de toutes les revendications c'est la retraite la retraite ça concerne tout le monde
tout
le monde à un moment va être retraité
on
a beaucoup d'enquêtes par sondage qui montrent que beaucoup de
ce
qui est de l'architecture du projet de réforme de la retraite passe plutôt bien auprès de la majorité des français
et
moi je crois que ça ne veut encore rien dire parce que tant que nous ne savons pas quelle sera la valeur du point de retraite ça restera très abstrait on peut être d'accord sur des principes mais combien je vais toucher
combien
je vais devoir travailler d'années en plus
est
-ce que je vais gagner moins en retraite que ce que j'avais prévu jusqu'à maintenant voilà à partir du moment où il y
a
une intériorisation de la problématique de la retraite et où elle est bien exploitée par des gens qui sont hostiles là il peut y avoir des manifestations
considérables
inflammables et
puis
il
y a
des choses sur lesquelles il n'y
a
pas de texte de réforme et sur lesquelles la situation est déjà enflammable je pense que l'hôpital est un de ses foyers
allez
-y
je pense qu'effectivement la situation est inflammable comme vous dites je pense qu'il y a des réformes qui pourront passer en tout cas de toute façon l'opposition sera éclatée là-dessus les réformes sociétales comme la PMA ou même Emmanuel Macron ont parlé de la droite et de la gauche va avoir une grosse partie du parti socialiste et des insoumis et du parti communiste à l'Assemblée et au Sénat qui vont voter en faveur de la PMA ça c'est une chose il est vrai et aussi qu'il y a énormément de conflits catégoriels comme on dit qui se multiplient à la rentrée avec des journées de grève ou d'action qui ont été déposées et il est vrai également que la réforme des retraites est extrêmement explosive pour toutes les raisons que vous venez d'évoquer avec en plus au-delà de la valeur du poids ce fameux âge qui n'est pas légal qui peuvent être pivots mais qui dans l'esprit des français pourrait passer de 62 aujourd'hui à 64 demain
ou après demain pour partir à
taux plein
il
faudra avoir travaillé jusqu'à 64
voilà on
peut partir avant mais avec
une décote en revanche je vous assure de savoir
ce que veut dire taux plein
en
revanche là où les choses ne pourraient pas être aussi exposives que ça sur ces dossiers bien répertoriés c'est le fait que pour le moment et en tout cas depuis deux ans il n'y a pas eu de cette fameuse conjonction des luttes qui là peut effectivement mettre une réforme en danger vous avez on a entendu parler le patron de monsieur Martinez le patron de la CGT qui fait qui organise donc des journées d'action sur la retraite force ouvrière également mais pour le moment pas en même temps la CFDT qui a beaucoup de critiques à émettre sur le projet tel qu'il est est plutôt favorable sur son principe la réforme a déjà été reportée les consultations avec monsieur Delvoix le haut commissaire à la retraite continuent et se poursuivent en revanche et je termine comme les gilets jaunes le danger mais pour pour tous les présidents mais notamment pour celui-là qui effectivement génère beaucoup d'antipathie et c'est un euphémisme dans l'opinion publique en général surtout à gauche ou chez les gilets jaunes c'est le déclenchement l'insolite qui vient d'on ne sait où d'on ne sait où pardon avec un climat de violence dont on est témoin depuis neuf mois et encore pendant cet été qui là effectivement est entre guillemets ingouvernable et imprévisible
Brice Tintori face à ce qui est décrit là est-ce qu'il a ses bataillons Emmanuel Macron ? D'abord je crois qu'il faut vraiment partir du préalable que toute réforme économique et sociale difficile ne peut pas générer un soutien de 50% de 55% de 60% c'est plutôt l'inverse aujourd'hui vous avez une conjonction des
oppositions c'est ça que vous êtes en train de dire il faut passer
en force c'est que si vous avez 40% par exemple de soutien c'est déjà pas si mal que ça 40-42% vous pouvez passer si vous êtes en dessous ça veut dire aussi élargir les soutiens au delà de sa propre popularité si en revanche la réforme est rejetée à hauteur de 70% alors là ça devient extrêmement compliqué sur la réforme de retraite ce qu'on a aujourd'hui c'est un cocktail qui est assez complexe puisque les français apprécient dans ce qu'ils ont compris la réforme de retraite l'idée d'équité à travers le sentiment que s'il n'y a plus de régime spéciaux c'est quelque chose de plus équitable ça ça leur paraît à tort ou à raison une bonne chose ils apprécient aussi le côté plus a priori transparent lisible d'une retraite à point même si en réalité il y a beaucoup d'enjeux sur comment le point va être calculé en revanche ils se résignent en partie mais en partie seulement à l'idée de devoir partir à 64 ans et non pas à 62 ans pour pouvoir toucher une retraite à taux plein c'est
-à-dire
qu
'ils
ont quand même bien compris que oui on ne touche pas à l'âge légal de départ à la retraite mais que cette idée d'un âge pivot fait que dans les faits comme ils ne veulent pas partir avec une retraite plus faible il faudra probablement travailler jusqu'à 64 ans alors ça ne
veut
pas dire que ça va immédiatement déclencher une opposition et des foules dans la rue parce qu'il y
a
aussi une forme de résignation des français qui ont intégré l'idée que de toute façon il faudra travailler plus mais on a dans cette réforme donc des aspects positifs des aspects négatifs et ce n
'est
pas encore décompté le point le plus inflammable pour vous avant de revenir aux questions des téléspectateurs et des téléspectatrices
les
urgences je pense que les urgences justement ce n
'est
pas une lutte catégorielle ça touche à la santé publique c'est extrêmement symbolique on voit que les médecins vont rejoindre les grévistes c'est inédit ce qui se passe c'est plus de 200 mouvements de grève à travers la France moi je crois assez aussi à ce que vous disiez sur le caractère inflammable il faut quand même se souvenir que très vite Macron il sort quand même d'une année horribiliste et que le mouvement des gilets jaunes au mois de décembre il a fait trembler l'Elysée ils n
'en
ont pas parlé beaucoup mais des membres de la majorité ont commencé un peu à se confier en janvier et février en disant mais on a eu peur on ne savait plus ce qui se passait on a cru qu'on allait nous guillotiner il y
a
eu une réelle peur le pouvoir a été quand même ébranlé et ce terreau là bien sûr il y
a
eu de l'habileté politique bien sûr il y
a
un problème c'est que les gilets jaunes il n
'y a
pas de traduction politique et que l'opposition de gauche elle n'est pas à la hauteur mais ce terreau de colère là il est toujours aussi présent on n'en parle plus mais les gilets jaunes n'ont pas disparu il faut voir il faut envoyer les journalistes dans les rédactions voir comment ils se structurent localement et ce qui est très intéressant c'est que ce qu'on a voulu un peu décrire trop rapidement comme des jacqueries un peu bouge à dos au contraire et en train de se politiser et de se politiser plutôt dans le sens du progrès et je pense que dans ce climat là là où vous avez raison c'est que c'est toujours un peu il y
a
toujours un caractère imprévisible c'est le propre de ces moments révolutionnaires et souvent depuis le début du quinquennat c
'est
souvent Emmanuel Macron qui les provoque avec sa morgue de classe et vu qu'il n'a pas pu s'empêcher depuis le début du quinquennat d'avoir des propos comme ça ça peut aussi être l'élément qui met le feu aux poudres
prochainement
on revient à vos questions comme promis
les
agriculteurs vont-ils se joindre aux gilets jaunes à la rentrée
?
en tout cas ils ont opéré comme les gilets jaunes pas à la mesure des gilets jaunes puisque même le gouvernement faisait la différence je parle du vandalisme contre les permanences des élus notamment la république en marche cet été ce sont les FNSEA et les jeunes agriculteurs mais qui se sont eux limités puisque même le gouvernement fait la différence et la discrimination entre ce type de violence entre les feux dont une des permanences a été l'objet et qui n'était pas le fait des agriculteurs et puis les actions qu'on appelle maintenant traditionnelles de versement de purins et de tags qui là semblent être tolérées moi je dirais que ça dépend un peu aussi de l'action interne des organisations professionnelles FNSEA et jeunes agriculteurs vis-à-vis de leurs propres mandants
que
pense Édouard Philippe de Nicolas Sarkozy joker
non je ne sais pas il le dit il n'y a pas il le répète surtout il n'y a pas jusqu'à présent une feuille de cigarette entre les deux ça suffit au titre de l'action
par de Nicolas Sarkozy pas d'Emmanuel Macron ah pardon j'ai compris Emmanuel Macron il peut aussi n
'y avoir pas une feuille de papier à cigarette
pour Nicolas Sarkozy et Édouard Philippe mais comme il vient
du
camp d'Alain Juté
joker
aussi joker aussi
très bien habiter avec Nicolas Sarkozy ne risque-t-elle pas d'Emmanuel Macron donc ne risque-t-elle pas de renforcer l'image de président des riches de monsieur Macron vous demande Dimitri qui est étudiant dans l'ISER incontestablement oui c'est possible par rapport au positionnement qu'on évoquait tout à l'heure et à cette image justement d'un président qui serait plus de droite que de gauche si vous prenez sans sympathisant la REM et que vous leur demandez de se positionner sur une échelle gauche-droite 13% se situent à gauche 61% à droite et le reste au centre donc très clairement il y a un alignement des sympathisants la REM plutôt du côté de la droite et il y a le sentiment aussi que Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron pour une grande majorité de français ont tous les deux été taxés de président des riches en tous les cas qui menaient une politique davantage en faveur des catégories puisque
lui aussi il envoie des cartes postales et bon apparemment il prépare son retour mais au regard de 2022 il
n'a
pas renoncé absolument
Macron
Sarkozy c'est ça le nouveau monde prévu par le président de la République l'ironise Robert de sa voix
il
a raison d'ironiser c'est quand même
assez
navrant comme image je trouve que ça renvoie sur la démocratie c'est une bonne question je partage l'ironie de sa question
il
y avait
eu une image cet hiver
entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon à Marseille où les deux hommes aussi en tout cas Emmanuel Macron si si vous vous souvenez Emmanuel Macron avait salué fort cordialement Jean-Luc
Mélenchon Jean-Luc Mélenchon
n'a pas encore été président de la République
avec Sarkozy Macron ne cherche-t-il pas à séduire et attirer les maires de droite en vue des municipales pour asseoir sa popularité en milieu rural oui ça fait partie de tout ce qu'on a dit tout à l'heure sur une stratégie de récupération des électeurs et des élus de la droite modérée oui on est dans une phase comme celle-là
un
peu plus compliqué sans doute à gérer qu'il ne l'avait pensé par Emmanuel Macron parce qu'on s'aperçoit qu'il y
a
des villes dans lesquelles il semblait inscrit
que
le maire de droite sortant vous savez la plupart des maires sortants sont de droite parce que ça avait été une vague bleue en 2014 et donc comme il n
'y
a pas d'élus locaux il n'y
a
pas beaucoup de tissu local de la République en marche l'idée était souvent dans beaucoup de villes moyennes voire grandes que le maire sortant étant maire de droite modéré ayant fait une politique municipale sans doute pas très loin de ce que ferait à leur place un autre il serait adoubé moyennant quoi il prendrait des membres de la République en marche sur sa
liste
moyennant quoi par ailleurs ça ferait pour nous tous une vraie difficulté à faire le compte politique des résultats le soir des municipales puisqu'il y
aurait
un mélange d'étiquettes qui serait difficile à analyser c'est un peu plus difficile parce qu'il y a sur le terrain des gens de la République en marche qui ne veulent pas laisser partir le maire de droite sortant et qui sont en train d'essayer d'imposer qui ont même fait désigner par la commission nationale d'investiture de la République en marche des candidats qui vont se présenter contre le cas le plus symbolique c'est Bordeaux on pensait que le successeur de Juppé serait tranquille avec la République en marche et ses amis d'origine tac Thomas Cazenave qui est en plus très proche de Macron s'est fait désigner comme candidat alternatif contre le maire de Bordeaux avec le modem en plus qui soutient le maire sortant et la République en marche qui soutient l'autre il y
a
donc des cas extrêmement compliqués mais on voit bien que le jeu le plus mouvant possible c'est dans cette
plage
politique qui va de la droite au centre centre centre et là comme c'est souvent très flou que les étiquettes
ne
se portent pas comme un étendard qu'on peut éventuellement y renoncer là il va y avoir beaucoup de jeux d'influences de promesses des uns aux autres et le fait d'avoir Sarkozy sur ces images c'est plutôt mieux que pas bien
Macron
dans son discours aujourd'hui évoque une dette de mémoire que veut-il dire
?
C'est vis-à-vis donc des combattants africains et puis du continent africain et des colonies françaises des colonies françaises donc de la métropole vis-à-vis des colonies on revient sur ce qu'on avait dit auparavant c'est qu'il y a cette volonté d'union nationale au sens très large enfin de pardonnez-moi de prise en charge de la mémoire et de l'histoire française dans toutes ses facettes aussi bien les plus brillantes que les plus sombres même si la colonisation française avait également des bons côtés et continue à avoir des soutiens au moins
On
peut avoir des accords
là-dessus mais c'est pas un débat qu'on va avoir aujourd'hui
en tout cas certains estiment qu'elle a été moins pire que d'autres bon je vais pas rentrer dans ce débat pour ne pas être manichéenne non plus d'un côté ou d'un autre mais bon ça participe de ça avec encore une fois pardonnez-moi cet effet sur la politique intérieure d'aujourd'hui encore une fois qui est ce regard cette parole portée aux communautés importantes et qui sont également des électeurs mais qui sont également des français ici en France aussi bien africaines que maghrébines
Nicolas Sarkozy est-il toujours est l'air ?
Il
a toujours sa carte ou pas
? Oui je
crois
Et vous pensez que oui ? Oui c'est Alain Joupé qui ne l'a
plus prise qui ne l'a pas prise mais Nicolas Sarkozy sur le fait qu'il n'aurait plus
Quel
âge aura Nicolas Sarkozy en 2022
?
68
-9 il
est né début 67-8 67
ans me
souffle ton alors
on peut se
présenter à 67 ans
? Ah
il y a même un jour un président un futur président de la république qui nous dit qu'on ne vient pas dictateur on ne devient pas dictateur à 67 ans mais on peut très bien devenir candidat à la présidentielle même dans le nouveau monde Claudius de Mortemoselle ne pensez-vous pas que s'attaquer aux retraites donc au privilège de certains c'est aller au devant de nombreux ennuis ? Gouverneur c'est
aller
au devant des ennuis La réforme sera de toute façon difficile mais toutes les réformes des retraites ont conduit à des mécontentements plus ou moins massifs avec des descentes dans la rue importantes Jean-Luc Mélenchon est-il mort politiquement Patrice de la Drôme ? Je vous demande 15 secondes pour y répondre ce qui n
'est
pas forcément facile Vous voulez tenter
le coup ? Il
est dans une mauvaise passe mais je ne pense pas qu
'il
soit mort politiquement On le saura la semaine prochaine lors des universités d'été de la France Insoumise
Ils
risquent de se représenter en 2022 au nom des Insoumis ça me paraît à peu près acquis
Merci
beaucoup c'est la fin de cette émission elle sera rediffusée à 22h35 elle est évidemment disponible en podcast et on se retrouve demain pour une nouvelle émission une très belle soirée à vous sur France 5
Emmanuel Macron