Pourquoi cet étalage de blancs-becs en Occident ? François Asselineau
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Mes chérons patriotes, il faut que je vous fasse un aveu qui remonte en fait à mon adolescence. Lorsque j'avais 16-17 ans, je m'étais passionné pour l'Égypte antique, l'Égypte pharaonique, au point que j'étais. J'avais étudié le Livre des Morts. J'avais étudié l'épopée de Champollion, le décryptage des hiéroglyphes. J'aurai l'occasion peut-être un jour de faire une vidéo sur le sujet. Si je vous en parle aujourd'hui et si je vous présente ici devant vous un extrait du Livre des Morts égyptien, c'est parce que j'ai une idée derrière la tête qui est la suivante.
Dans l'Égypte pharaonique, comme on le voit sur cet extrait, lorsque quelqu'un était décédé, il passait dans le monde des morts et il arrivait à une étape cruciale qui est ici représentée où on voit qu'il va être jugé au regard de l'histoire, au regard des hommes. Et vous voyez que le maître de Cérémonie, c'est Anubis avec sa tête de chacal. Et puis vous voyez ici à droite, vous voyez un dieu qui a une tête d'Ibis, en fait, et qui tient d'ailleurs une espèce de tablette où il prend des notes. Et ce dieu s'appelle Thoth dans l'Égypte ancienne. Et il prend des notes. Pourquoi ? Parce qu'il y a une balance devant lui. La balance, au centre, il y a le dieu Anubis, donc avec sa tête de chacal.
Et il y a à gauche – vous le voyez – sur un des plateaux de la balance, il y a le cœur du défunt, qui est le symbole de sa personnalité, des actes qu'il a commis dans sa vie. Et à droite, sur l'autre fléau, il y a une petite plume, qui est la plume qui représente la déesse Mahat. Mahat, c'est la déesse de vérité et de justice. Et il s'agit en fait de la pesée des âmes pour savoir ce que le défunt va devenir. Soit il va poursuivre son chemin pour atteindre les champs de Yalu, ce qu'on appellera dans l'Antiquité gréco-romaine les Champs-Élysées, c'est-à-dire le monde, une espèce de paradis post-mortem.
Ou alors sinon, son voyage dans le monde des morts va s'arrêter là, et son âme va être dévorée par la déesse Yamut, vous voyez, avec cette tête de crocodile qui attend le verdict pour pouvoir éventuellement dévorer l'âme des morts. Et le verdict va émaner de qui ? Ben justement de Ibis, de ce dieu à tête d'Ibis, le dieu Thoth, qui est en train de prendre les notes. Il prend ce qui a été bien et pas bien commis dans une vie par le défunt. Alors pourquoi je vous montre ça ? Parce que le dieu Thoth, c'est le symbole pour l'Égypte ancienne. C'est le dieu de la connaissance, le dieu de l'intelligence, le dieu du discernement.
Parce qu'à l'époque pharaonique, les Ibis, qui sont des oiseaux qu'il y a au bord d'une île, eh bien étaient censés distinguer de l'eau potable, de l'eau qui était croupie et qui n'était pas buvable. On attribuait cette qualité à l'oiseau Ibis. C'est donc au dieu... On lui attribuait la capacité de discerner le bien du mal. On lui accordait également la capacité de la sagesse, puisque c'est lui qui connaissait l'histoire. Là, il raconte... Il note l'histoire des êtres humains, la sagesse, le discernement, l'intelligence, la connaissance. C'est également lui qui a inventé notamment l'écriture hiéroglyphique, toujours selon la mythologie pharaonique. Voilà. Alors pourquoi je vous parle de ça ?
Eh bien c'est l'introduction de la vidéo que je vous présente maintenant. C'est que je vais mettre cette image en arrière-plan pour essayer d'être avec vous, si l'on peut dire, le dieu Thoth, celui qui va faire preuve de discernement, de sagesse, et d'essayer de voir le bilan des responsables politiques que nous avons. Alors ça n'est pas post-mortem. On peut déjà faire le bilan aujourd'hui. Et je voudrais attirer votre attention sur quelque chose qui me paraît tout à fait fondamental. C'est le problème de l'âge des dirigeants que nous avons. Nous devons être les dieux Thoth.
Nous devons être ceux qui faisons preuve de bon sens, de discernement, de sagesse, d'intelligence pour essayer de voir les gens qui se présentent devant nous et qui nous dirigent quels sont ceux qui méritent ou quels sont ceux qui ne méritent pas de l'être. Donc je me suis intéressé selon les cas à celui qui avait le pouvoir réel. Et alors regardez ensemble les États de l'UE, ou un peu plus largement si j'y ajoute des pays comme certains pays de l'OCDE, les pays sous domination américaine, pour lire les choses très clairement. Examinons ceci ensemble. Alors je n'ai pas tous passé en revue, parce qu'il y a quelques cas qui ne confirment pas ce que j'ai découvert.
Mais regardons quand même ensemble. Emmanuel Macron, donc je le disais, est né le 21 décembre 1977. Il a aujourd'hui 45 ans. Mais il avait 39 ans lors de sa prise de fonction. Il a reçu récemment Richie Sunak, le Premier ministre britannique, qui lui est né le 12 mai 1980 et qui donc a 42 ans. Il n'a pas encore 43 ans. Il est arrivé au pouvoir depuis quelques mois maintenant. Il est donc arrivé au pouvoir à 42 ans. En Italie, la Première ministre italienne, la présidente du Conseil italienne, Mme Giorgia Meloni, est née le 15 janvier 1977. Elle est au pouvoir depuis la fin de l'année dernière. Elle a donc 46 ans.
En Espagne, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est né le 29 février 1972. Donc ça lui donne un peu plus âgé. Il a 51 ans aujourd'hui. Oui, mais il est arrivé au pouvoir. Il avait 48 ans à sa prise de fonction, puisque ça fait 3 ans qu'il est Premier ministre. Donc 48 ans pour être le chef du gouvernement espagnol. C'est quand même vraiment jeune également. En Belgique, le Premier ministre s'appelle Alexander de Croo. Je ne sais pas si j'espère bien prononcer son nom. Il est Premier ministre belge. Et il est né le 3 novembre 1975. Il a aujourd'hui 47 ans. Mais lors de sa prise de fonction, eh bien il avait 44 ans. Aux Pays-Bas, le Premier ministre actuel s'appelle Mark Rutte.
Il commence à être un petit peu connu, parce que ça fait très longtemps qu'il est en fonction. Ça fait 13 ans qu'il est Premier ministre. Alors aujourd'hui, il a 56 ans. Il est né le 14 février 1967. Il vient d'avoir 56 ans. Mais il est au pouvoir depuis 13 ans. Donc il avait 43 ans à sa prise de fonction comme Premier ministre néerlandais. Juste à côté, au Luxembourg, le Premier ministre du Luxembourg, M. Xavier Bettel, est né le 3 mars 1973. Donc il vient d'avoir 50 ans. Mais ça fait 10 ans qu'il est Premier ministre du Luxembourg.
Donc il est arrivé au pouvoir à 40 ans comme Premier ministre du Grand-Duché de Luxembourg, qui est un petit pays, certes, mais qui est un État membre de l'UE et qui donc a un droit de veto sur tous les grands sujets ou qui doivent être pris à l'unanimité. En Irlande, le Premier ministre s'appelle M. Léo Varadkar. C'est un métis d'origine indienne. Il est Premier ministre de l'Irlande. Il a aujourd'hui 44 ans, puisqu'il est né le 18 janvier 1979. 44 ans, c'est très jeune. Mais ça fait longtemps qu'il est Premier ministre de l'Irlande, puisqu'il avait 38 ans à sa première prise de fonction. Il a perdu le poids. Puis il est revenu 38 ans comme Premier ministre. Au Danemark...
Au Danemark, c'est une femme, Mme Mette Fredriksen. Elle est née le 19 novembre 1977. Elle a 45 ans. En Finlande, la Première ministre actuelle s'appelle Mme Sana Marin. Elle est née le 16 novembre 1985. Elle a aujourd'hui 37 ans. Et elle est devenue Première ministre de la Finlande à 34 ans lors de sa prise de fonction. En Estonie, le pays balte qui est à côté, la Première ministre s'appelle Mme Kaja Kalas. Elle est d'ailleurs la fille de son père, donc Sim Kalas, son père, qui avait été un ponte du temps de l'URSS, puis ensuite avait été commissaire européen de l'Estonie. Il avait été entre-temps à la tête de la Banque centrale estonienne.
D'ailleurs, sous son autorité, il y avait 10 millions de dollars qui s'étaient évaporés. Et donc on suppose qu'il a été mêlé à tout simplement de la corruption et du détournement d'argent public. En attendant, c'est lui qui est le père de l'actuel Premier ministre, Mme Kalas. Elle est arrivée au pouvoir donc en Estonie, capitale Tallinn, le 18 juin 1977. Elle a aujourd'hui 45 ans. En Lituanie, la Lituanie, autre pays balte, le Premier ministre actuel est également une femme, Mme Ingrida Simonite. Elle est née le 15 novembre 1974. Elle a aujourd'hui 48 ans. En Slovaquie, capitale Bratislava, la présidente de la République, s'appelle Mme Zuzana Tchapoutova.
J'espère que je n'écorche pas trop son nom. Elle est née le 21 juin 1973. Elle a 49 ans. À Chypre, le président de la République de Chypre s'appelle Nikos Christo Doulidis. Là aussi, j'espère que je n'écorche pas son nom. Il est né le 6 décembre 1973. Il a également 49 ans. À Malte, le Premier ministre de Malte, qui est un des 27 États membres de l'UE et qui, comme le Luxembourg ou Chypre, a un droit de veto et peut bloquer une décision qui doit être prise à l'unanimité, le Premier ministre s'appelle M. Robert Abella. Il est né le 7 décembre 1977. Et donc il a 45 ans. Il avait donc 42 ans à sa prise de fonction. Alors je n'ai pas cité tous les États membres de l'UE.
Il y en a quelques-uns qui n'entrent pas dans ce schéma. Par exemple, en République tchèque, au Portugal ou en Grèce, on a des dirigeants qui sont d'un âge plus classique, de l'ordre de 55, 60, 65 ans. Mais vous voyez que c'est quand même très impressionnant de voir ça. On a un cas particulier pour la Hongrie, puisque la Hongrie, M. Viktor Orban, a été renouvelé à 4 reprises. Il en est à son 4e mandat, avec d'ailleurs, je crois, une interruption pendant l'un d'entre eux. Donc il a été très jeune catapulté Premier ministre. Il avait la quarantaine également. Aujourd'hui, il a un âge plus canonique. Ce qui est intéressant, c'est de savoir qu'au tout début de sa carrière, M.
Viktor Orban était tout à fait dans la main des États-Unis, d'ailleurs, puisqu'il avait été justement pris en charge par des services américains pour aller en faire des voyages d'études aux États-Unis, et qu'il était tout à fait anti-russe au départ. Il avait été comme par miracle, d'ailleurs, catapulté très rapidement à la tête du gouvernement hongrois. Et puis alors si on élargit un peu par rapport à l'UE, si on va voir d'autres pays assujettis à la domination américaine, on a évidemment l'exemple du Canada avec Justin Trudeau, qui est né le 25 décembre 1971, ce qui lui fait aujourd'hui 51 ans. Mais il est arrivé depuis déjà un certain nombre d'années au pouvoir à Ottawa.
Et il avait 43 ans à sa prise de fonction. Et puis je terminerai ce tour d'horizon avec Mme Jacinda Ardern, Première ministre de Nouvelle-Zélande. Elle est née le 26 juillet 1980, ce qui lui fait aujourd'hui 42 ans. Mais elle a annoncé sa démission. Mais elle est au pouvoir depuis maintenant 5 ans. C'est-à-dire qu'elle est arrivée à la tête du gouvernement néo-zélandais. Elle avait 37 ans. Voilà. Alors qu'est-ce que je veux dire par là ? Je veux dire que l'histoire du XIXe, l'histoire du XXe siècle montre qu'en règle générale, les dirigeants n'arrivent pas au pouvoir suprême à des âges aussi jeunes.
Les gens que je vous ai présentés, vous voyez que tous, toutes les personnes dont je vous ai parlé, sont arrivées au pouvoir suprême avant 50 ans, la plupart d'ailleurs avant 45 ans, et même un certain nombre d'entre eux avant 40 ans, et même certains en dessous de 35 ans. C'est une bizarrerie. C'est même une anomalie. Et ça donne à penser qu'il y a quelque chose qui ne va pas, puisque c'est une espèce d'épidémie que l'on trouve dans tous les pays sous domination américaine. Alors je voudrais mettre ceci en regard d'une autre liste de personnalités, ce que j'appellerais des représentants... Pas tous. Il y en a beaucoup plus.
Mais des représentants les plus connus de l'oligarchie euro-atlantiste qui... Vous connaissez mes analyses. Il n'y a pas que moi qui le dit. En fait, tire les ficelles du monde occidental. Et parce qu'elle possède les médias, promeut ses candidats. Alors regardons les âges de ces personnes qui, dans le monde occidental, tiennent en réalité le véritable pouvoir. Alors à tout seigneur, tout honneur, je commence par Klaus Schwab, le fameux dirigeant du Forum économique mondial de Davos, celui-là même qui s'est vanté récemment d'avoir infiltré tous les gouvernements. Donc c'est pas du... Je ne vaticine pas. Je ne fais qu'écouter ce que les gens disent.
Klaus Schwab, dans une émission ou en public, s'est vanté d'avoir placé ces gens dans un grand nombre de gouvernements du monde occidental. Bon. Donc ça nécessite de s'y pencher d'un peu plus près. Or Klaus Schwab, il a aujourd'hui 84 ans. Il n'en a pas 35 ni 40. Il en a 84. Larry Fink, le président de BlackRock. BlackRock, qui est ce fonds de pension américain qui gère des milliards de dollars, notamment des retraités à travers le monde, celui qui lorgne notamment sur les retraites du peuple français. BlackRock, qui a quasiment mis la main, au passage, sur l'Ukraine de Zelensky.
On pourrait d'ailleurs signaler que Zelensky lui-même est un homme très jeune, puisqu'il a 45 ans, mais qui est arrivé au pouvoir à Kiev. Il avait 41 ans. Donc Zelensky confirme lui aussi le fait de cette intuition, qui est qu'on a affaire à des gens qui sont placés par des gens beaucoup plus âgés. Donc Larry Fink. Larry Fink, lui, il est à la tête de BlackRock. BlackRock, qui donc n'a négocié la mise à disposition de l'Ukraine à ce fonds de pension qui va participer notamment à la reconstruction. Eh bien Larry Fink, lui, il est né le 2 novembre 1952. Il a 70 ans. Donc c'est un homme de 70 ans qui a négocié avec M. Zelensky l'année dernière. Il en avait 44.
Zelensky pourrait être le fils de Larry Fink. Bill Gates. Je vous présente pas Bill Gates. Bill Gates, il est né le 28 octobre 1955. Il a 67 ans. Ça n'est pas un poussin de la veille. Georges Soros. Georges Soros, qui est à la tête de l'Open Society. Georges Soros, qui a par l'intermédiaire de ces réseaux infiltrés, notamment la Cour européenne des droits de l'homme. Ça n'est pas moi qui l'invente. Ça a été sorti dans la presse par des rapports, notamment un article du Figaro que vous voyez ici. Eh bien Georges Soros, qui est d'une certaine façon, d'ailleurs, la bête noire de quelqu'un comme Viktor Orban en Hongrie.
Georges Soros, qui est à la manœuvre derrière les opérations de migrants en Méditerranée parmi beaucoup d'autres choses. Georges Soros, il est né le 12 août 1930. Et donc ça lui fait quand même 92 ans. On a la tête de l'Open Society. On n'a pas des gens de 39 ans. Le Goldman Sachs, qui est la plus importante banque d'affaires mondiale, la référence, celle qui place ses pions. On sait que des gens comme par exemple Mario Draghi, qui a été président de la Banque centrale européenne, est un ancien de Goldman Sachs. Il était vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs.
Eh bien le président directeur général de Goldman Sachs, c'est depuis quelque temps récemment, c'est David Solomon, qui est né en 1962, qui a 61 ans. À la tête, d'ailleurs, des grands groupes internationaux, des grands groupes financiers, en règle générale, les présidents ont toujours plus de 55, 60 ans, et parfois 65, 70, 75. Si l'on s'intéresse maintenant aux services de renseignement, à l'État profond américain... Alors je ne parle pas de Joe Biden, qui a 80 ans, mais qui, lui, pose un problème de... Voilà, il est très âgé, il est trop âgé. Mais enfin c'est quand même le président des États-Unis.
Mais l'État profond qui, en fait, pilote l'affaire, vous avez William Burns, le directeur de la CIA, qui est né le 4 avril 1956. Ça lui fait 66 ans. Les Américains n'ont pas nommé à la tête de la CIA quelqu'un qui a 34 ans, comme Mme Jacinda Ardern, à son arrivée au gouvernement de la Nouvelle-Zélande, ou bien à 39 ans, comme le président de la République française, Macron en 2017. Non, non, on met des gens ayant de l'expérience. Pareil, d'ailleurs, pour le directeur de la NSA, le général Paul Nakassone. Donc c'est un peu l'équivalent de la CIA dans la communauté du renseignement américain. Paul Nakassone, il est né le 19 novembre 1963. Il a 59 ans.
Un des grands lobbies du monde de l'oligarchie euro-atlantiste. C'est l'Atlantic Council, le Conseil transatlantique. J'aurais pu prendre le Conseil for Foreign Relations. J'aurais pu prendre des tas d'autres choses. J'en prends un, par exemple. C'est le président de l'Atlantic Council, qui a été ambassadeur des États-Unis en Russie, d'ailleurs. Il s'appelle John Ernstman Jr. Il est né le 26 mars 1960. Il a 62 ans. Une des principales mécènes de l'Atlantic Council, une femme que personne, le grand public, ne connaît pas, alors qu'elle a énormément d'argent et qu'elle contribue largement au fonctionnement d'un certain nombre de ses institutions mondialisatrices. Elle s'appelle Adrienne Ernst.
C'est celle qui donne le plus d'argent chaque année à l'Atlantic Council. Elle est milliardaire. Elle est née le 4 février 1942, ce qui fait que cette personne, cette dame, a un âge quand même vénérable de 81 ans. En France, d'ailleurs, quelles sont les plus grosses fortunes de France ? Bernard Arnault, né le 5 mars 1949. Il a 74 ans. François Pinault, né le 21 août 1936. Il a 86 ans. Vincent Bolloré, né le 1er avril 1952. Il a 70 ans. Le président du groupe de Bilderberg est actuellement un Français, Henri de la Croix de Castres, qui est né le 15 août 1954. Il a 68 ans. Bon, je ne veux pas non plus vous asséner trop de chiffres. J'en ai déjà donné beaucoup. Je veux faire ressortir quoi ?
Vous l'avez compris. Il y a un gouffre extraordinaire entre l'âge moyen des dirigeants que l'on met à la tête des États d'Europe occidentale ou des pays de l'OCDE sous domination américaine, où on a l'impression que l'âge idoine, c'est entre 35 et 45 ans. Et par ailleurs, les gens qui tirent les ficelles, dont les plus jeunes ont 58-59, et les plus âgés comme Soros, 92 ans, avec un âge moyen qui tournent aux alentours de 70 à 75 ou 80 ans. Alors qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que nous avons des petits jeunes sans expérience qui sont catapultés au pouvoir par des gens qui tablent et qui misent de façon extraordinairement cynique sur l'ambition de jeunes rastignacs, comme on dit, des ambitieux, qui sont prêts à tuer père et mère et évidemment abasarder les intérêts nationaux de leur propre pays, rien que pour qu'on parle d'eux dans la presse mondiale comme étant des phénomènes politiques extraordinaires. Toutes les personnes de l'oligarchie dont je viens de parler jouent d'une façon machiavélique sur la vanité humaine. C'est exactement ce qui se passe en Occident.
D'ailleurs, Macron, comme Suna, comme Ardère, comme Trudeau, Macron est la quintessence de ce genre de dirigeant sans aucune foi ni loi et sans compétences, en fait, parce que le monde est tellement compliqué de nos jours. Les choses sont tellement beaucoup plus compliquées en 2023 qu'elles ne pouvaient l'être au XVe siècle. Les sujets sont multiples. Les économies sont très compliquées, très imbriquées. La connaissance qu'il faut avoir du monde est beaucoup plus large qu'auparavant. Il y a maintenant... Il a fallu... Je crois que le monde a franchi 1 milliard d'habitants à environ 1610 au moment de l'assassinat d'Henri IV. On en est à plus de 7 milliards d'habitants.
Donc le monde est beaucoup plus riche, beaucoup plus compliqué. Il faut donc... Et accessoirement, la durée de vie humaine s'est considérablement allongée. Donc le fait qu'il ait pu y avoir des dirigeants qui étaient jeunes au XIVe ou XVe siècle, c'est assez naturel compte tenu de la pyramide des âges. Et au passage, certains de nos grands rois n'étaient pas les plus jeunes. Au contraire, ceux dont la mémoire collective a gardé le souvenir, c'est souvent parmi les plus âgés. Je pense par exemple à Henri IV ou je pense encore plus à Louis XIV, qui est le plus long règne de l'histoire française et même le plus long règne de l'histoire du monde, depuis l'âge de 5 ans jusqu'à sa mort en 1715.
Eh bien en revanche, de nos jours, on voit que l'on a des dirigeants beaucoup trop jeunes. Je prendrais l'exemple de Macron. Quand il est arrivé au pouvoir, donc à 39 ans, il avait dû... Il a fait l'ENA. Il est sorti à l'Inspection générale des finances. Donc il a fait... J'en sais quelque chose puisque j'ai suivi le même parcours. Il est sorti au bout de 4 ans de tournée. Et donc très rapidement, je crois qu'il est allé à la banque Rothschild. Mais ça veut dire qu'il est sorti de l'administration... Enfin de ses études. Parce qu'on peut dire que les 4 ans de tournée à la sortie de l'ENA, c'est quasiment une espèce de 3e cycle. On peut dire que c'est pas encore tout à fait la vie active.
C'est plutôt une espèce de formation professionnelle pendant 4 ans. On peut dire que M. Macron est entré dans la vie active aux alentours de 28 ans. Voilà. Ça veut donc dire qu'il a comme expérience professionnelle avant de devenir président pas n'importe laquelle, puisqu'il l'a passé à la banque Rothschild, notamment. Donc dans un milieu richissime, extrêmement préservé. M. Macron ne s'est pas frotté à la vie quotidienne des millions de Français, notamment des gens des catégories modestes, des catégories les plus modestes, des catégories populaires. Il ne sait pas ce que c'est que de regarder constamment son budget et d'avoir des difficultés en fin de mois. Il ne le sait pas.
Il le sait de façon en l'ivresse. Il l'a lu. Mais il ne l'a pas vécu de la même façon qu'il n'a pas vécu ce que représentent des échecs dans la vie. L'expérience montre qu'au cours d'une vie, progressivement, on perd ses illusions de jeunesse, les illusions sur la facilité, les illusions sur la toute-puissance. Plus on vieillit et plus on se confronte à d'autres, on découvre la complexité des situations. Et on devient plus prudent, plus réfléchi. Et surtout, on emmagasine de l'expérience. On connaît mieux par exemple la complexité du monde. On ne traite pas des pays étrangers, des chefs d'État étrangers comme on blaguerait avec des copains.
Lorsque Macron a plaisanté par exemple sur le président du Burkina Faso en disant « Il est parti réparer la clim », en fait, c'est une blague de potache. Macron n'était pas président de la République dans sa tête. D'ailleurs, je crois qu'il l'est toujours pas. En fait, il faisait une blague comme on fait entre copains. Voilà. Sauf que justement, un chef d'État, c'est plus un copain. Un chef d'État ou un chef de gouvernement, normalement, c'est quelqu'un qui doit avoir compris par une longue expérience l'extrême exigence de ce qu'est le fait d'être à la tête d'un État, le fait qu'on doit défendre, bec et ongle, les intérêts de sa population, de ses concitoyens. On est là pour ça.
On n'est pas là pour se faire plaisir. On n'est pas là pour se pavaner dans des médias « people ». On n'est pas là pour faire du jet-ski. Normalement, on doit un adulte de façon générale. Un chef d'État en particulier, c'est quelqu'un qui se contraint, qui s'interdit des choses. C'est d'ailleurs ce qu'avait dit Albert Camus, qui avait dit – une citation – un homme ou une femme. Mais ça veut dire un homme mûr, un adulte. C'est quelqu'un qui s'empêche. C'est quelqu'un qui s'empêche dans sa vie professionnelle, dans sa vie publique de faire des choses qu'il ne doit pas faire. Lorsque Macron, par exemple, au Congo, va picoler des bières comme ça dans une boîte de nuit, ça n'est pas bien.
Ça n'est pas normal. Ça veut dire qu'il n'a pas compris ce que c'est que la fonction. Il n'a pas compris qu'il n'est pas le roi du monde ni le roi de France. Il n'est pas quelqu'un... Il n'est pas l'enfant impérieux qui fait valoir toutes ses exigences à sa maman. Un chef de l'État, c'est quelqu'un qui, à tout instinct, est un chef de gouvernement, doit se dire que tous les regards des médias sont braqués sur lui et qu'en lui, des millions de gens portent l'espoir d'être défendus, protégés. Macron n'a aucun sens de ces responsabilités-là. Et à la limite, si ça concernait que Macron et la France, ce serait grave pour nous.
Mais tout ce que je viens de dire là, ce portrait psychologique, on peut le dire grosso modo pour tous les jeunes dirigeants dont j'ai parlé tout à l'heure, qui en fait sont donc dans la main des gens qui les ont fait élire à l'élection présidentielle ou à des élections législatives, qui nous les ont catapultées à la tête des États ou des gouvernements. Alors ce que je viens de dire là est confirmé par le fait que dans les États qui résistent à l'impérialisme américain, eh bien nous n'avons justement pas le même phénomène. Regardez par exemple les dirigeants, les plus grands dirigeants dont on parle dans le monde aujourd'hui. Qu'on les aime ou qu'on les aime pas, c'est autre chose.
Mais ce sont des dirigeants qui sont à la tête d'État et qui savent dire non à la volonté de domination mondiale des États-Unis. Je citerai bien entendu en premier Vladimir Poutine. Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie, né le 7 octobre 1952. Il a 70 ans. Il a un parcours un peu particulier, parce qu'il est arrivé assez jeune à la tête de la Russie, mais dans un contexte de déliquescence pendant la période Yeltsin. La première fois qu'il a été élu président de la Fédération de Russie, il avait 47 ans à sa première prise de fonction. Mais au bout de 6 ans, comme vous le savez, il avait laissé la place à Medvedev. Il est revenu ensuite au pouvoir.
Donc le gros de la carrière de Vladimir Poutine. En gros, on peut dire que c'est aux alentours de la soixantaine, de la dernière décennie 60, 70 ans. Le président chinois Xi Jinping est né le 15 juin 1953. Il a 69 ans. À la tête de la République populaire de Chine, comme à la tête de la Fédération de Russie, les systèmes en place ne mettent pas des personnes de 35 ans, ni de 39, ni de 40, ni de 45.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, qui fait partie donc des BRICS et qui a montré un rapprochement géostratégique de plus en plus important avec la Russie et la Chine pour lutter contre l'impérialisme américain qui veut s'étendre au monde entier sous l'intitulé trompeur de nouvel ordre mondial. Eh bien il est né le 17 septembre 1950. Il a 72 ans. Le président iranien Ibrahim Raisi est né le 14 décembre 1960. Il a 62 ans. Je ne parle même pas du gardien de la révolution Khamenei, qui doit avoir loin de 90 ans. Le Mexique. Le Mexique, qui a un président de gauche, qui est un des présidents les plus extraordinaires. On n'en parle pas beaucoup dans les médias français, bien entendu.
Mais c'est un homme qui a une immense popularité au Mexique. Il s'appelle Andrés Manuel López Obrador. C'est un homme... Un universitaire d'origine, un homme de gauche, qui tient tête aux États-Unis, mais qui s'est aussi composé, puisque selon ce proverbe mexicain bien connu ou cubain... Il est attribué à l'un ou à l'autre, qui dit que si loin de Dieu et si proche des États-Unis... Eh bien le président Obrador, qui restera dans l'histoire comme l'un des présidents les plus populaires du Mexique, de toute son histoire. Il est né le 13 novembre 1953. Il a 69 ans. En Turquie, Racheb Tayyip Erdogan, qui est le président de la Turquie. Il est né le 26 février 1954. Il a 69 ans.
Il a le même âge que Xi Jinping, le même âge que Poutine, le même âge qu'Obrador. Il est depuis un certain temps en fonction. Mais il avait 60 ans à sa première prise de fonction. Alors voilà des chefs d'État. Je ne dis pas que c'est forcément des modèles. C'est pas plus d'ailleurs des modèles que n'est un modèle Justin Trudeau, Macron... Voilà. Je bannis les réflexions politiques de cette affaire. Je dis simplement que nous avons des chefs d'État qui ont aux alentours de 70 ans et qui, eux, se battent becs et ongles pour l'intérêt supérieur de leurs pays respectifs.
Et comme le conseillait Charles de Gaulle, ils savent regarder les États-Unis droits dans les yeux parce qu'ils finissent par s'y faire. Alors puisque, justement, je parle de Charles de Gaulle, eh bien je voudrais rappeler que les grands personnages historiques, dès du siècle écoulé, ceux qui ont changé l'histoire du monde et qui ont changé l'histoire de leur pays en bien, étaient très généralement des personnages âgés. Je citerai par exemple le Mahatma Gandhi, le père de l'indépendance indienne, celui qui a mis en valeur ce que l'on appelle en Indie la himsa, c'est-à-dire la non-violence.
Le Mahatma Gandhi était né dans le Gujarat, qui est une province au nord-ouest du sous-continent indien. Il était né le 2 octobre 1869. Il avait donc 77 ans lors de l'indépendance de l'Inde en 1947. Et c'était l'indépendance de l'Inde. C'est lui qui l'a porté, si j'ose dire, à bout de bras par son exemple extraordinaire, qui a donné un exemple planétaire. Il avait 77 ans lorsqu'il a vu le triomphe du combat de sa vie. Winston Churchill. Il était né le 30 novembre 1874. Il avait donc entre 65 et 70 ans pendant la Seconde Guerre mondiale. Winston Churchill, qui restera l'âme même de la résistance des démocraties face au nazisme.
Le seul pays au monde qui a tenu tête à Hitler tout seul entre la débâcle française de 1940 et l'entrée en guerre de l'Allemagne hitlérienne contre l'Union soviétique avec l'opération Barbarossa en juin 1941. Donc pendant un an, de juin 1940 à juin 1941, il n'y avait qu'un seul pays au monde qui était en guerre avec l'Allemagne hitlérienne. C'était le Royaume-Uni. Je rappelle que les États-Unis, à l'époque, s'étaient renfermés sur eux-mêmes, avec un très fort mouvement de soutien aux nazis. Je rappelle aussi que ce sont les Américains qui ont largement contribué à l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler. N'en déplaise à la propagande constante qui nous est infligée.
Charles de Gaulle lui-même... Charles de Gaulle était né le 22 novembre 1890. Ça veut dire qu'au moment de l'appel du 18 juin 1940, il avait 49 ans. Et ça veut dire surtout qu'au moment où il a relevé une deuxième fois le pays en 1958, alors que la France était en train de partir dans la guerre civile avec les événements d'Algérie, la guerre d'indépendance algérienne... Eh bien vous savez qu'il est arrivé au pouvoir en 1958. Il avait 67 ans... 67-68 ans lors de la création de la Vème République. D'ailleurs, rappelez-vous ce passage célèbre où, au moment où il crée la Vème République, dans les événements un trouble de mai 1958, des journalistes lui demandent s'il va instaurer une dictature.
Rappelez-vous ce passage célèbre qu'on va regarder, où voilà ce que de Gaulle leur répond avec humour. Et 1958, de Gaulle tient une conférence de presse au Palais d'Orsay à Paris, la première depuis trois ans.
Est-ce que vous garantiriez les libertés publiques fondamentales ? Est-ce que j'ai jamais attenté aux libertés publiques fondamentales ? Je les ai rétabits. Ayais-je une seconde à tenter jamais ? Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?
Et puis il n'y a pas que de Gaulle. Parlons de Deng Xiaoping. Deng Xiaoping, il était né le 22 août 1904. Il avait 74 ans lorsqu'il a pu triompher de la ligne maoïste après la mort de Mao Zedong, qui est mort en 1976.
Il avait 74 ans, en 78, lorsqu'il a imposé son pouvoir contre la ligne maoïste et qu'il a mené avec des vicissitudes – qu'il faudrait que je vous raconte une autre fois – – à l'adoption de la ligne de modernisation qui a fait que la Chine, qui était l'un des pays les plus pauvres du monde en 1976, est aujourd'hui en 2023 la première puissance économique mondiale en parité de pouvoir d'achat et en passe de devenir l'une des toutes premières puissances militaires du monde, après devenue déjà l'une des premières puissances industrielles et scientifiques du monde.
Et puis je terminerai ce florilège par Nelson Mandela, qui était l'arme de la résistance sud-africaine, des Noirs sud-africains, contre le régime d'apartheid des Blancs d'Afrique du Sud. Nelson Mandela, qui a passé plus de 23 ans, je crois, à Robben Island, qui est une île qui est au large de la ville du Cap, où il y a un pénitencier. Nelson Mandela, qui est un homme qui avait une aura assez extraordinaire. J'ai eu la chance dans ma carrière de déjeuner avec lui lorsque j'étais au Quai d'Orsay. Il était accompagné d'une délégation entre lui et Johnny Clegg, le chanteur.
Nelson Mandela, qui était un talent très très grand, avait une prestance, une allure, honnêtement, qui forçait l'admiration par son sérieux, quelque chose d'extraordinairement serein et paisible en lui, alors même qu'il avait subi des souffrances quand même tout à fait considérables. Et vous savez que son titre de gloire, c'est qu'il a réussi, avec l'aide des États-Unis, du Royaume-Uni, avec l'aide de beaucoup de pays du monde, il a réussi à mettre fin au régime d'apartheid progressivement. Il est devenu le président de la République d'Afrique du Sud de nouvelle manière, en dehors du régime d'apartheid. Il avait 75 ans à la fin du régime d'apartheid. Il est devenu président en 1994.
Bon, il a eu une fin de carrière plus controversée, comme on dit. Mais c'est quand même quelqu'un qui avait 75 ans lorsqu'il a vu la victoire de sa vie. En d'autres termes, toutes ces grandes figures de l'histoire de l'humanité qui ont changé le monde en bien et leur pays en bien étaient des hommes qui avaient une très grande expérience, qui avaient beaucoup souffert. Deng Xiaoping avait souffert pendant la révolution culturelle. Il était tombé dans un cul de basse fosse du Laogai. De Gaulle a souffert pendant la Seconde Guerre mondiale. Je rappelle qu'il a été condamné à mort à deux reprises par le régime de Vichy. Nelson Mandela, il a souffert – je l'ai dit – pendant 23 ans en prison.
Winston Churchill, ça n'a pas été une vallée de roses, son passage au pouvoir. Le Mahatma Gandhi a souffert pendant une grande partie de sa vie. C'est-à-dire que les échecs, la souffrance, la volonté tenace d'arriver à un idéal pour sa patrie, c'est ça qui forge les grands personnages de l'histoire. Ce ne sont pas des gens qui ont 35, 40, 42 ans, 38 ans, 25 ans. On les prend maintenant, semble-t-il, au berceau. Et à contrario de ce que je viens de vous dire, je voudrais aussi attirer votre attention sur les plus grands criminels de l'histoire du XXe siècle, ceux qui ont transformé leur pays et le monde en enfer. Eh bien en voici quelques-uns. Joseph Giugashvili dit Staline.
Il était né le 18 décembre 1878. Il avait 43 ans. En 1922, à son accession au pouvoir suprême en URSS, jusqu'après la mort de Lénine, il a très rapidement évincé ses concurrents pour imposer son pouvoir personnel. Il est arrivé au pouvoir. Il avait 43 ans. Il avait d'ailleurs – je le rappelle – changé dans les années 1920 le nom de la ville de Tsaritsine en Stalingrad, dans les années 1928, je crois, 1930. Ça montre un peu ce fameux Stalingrad qui a donné cette fameuse bataille.
En 1942, on oublie simplement que ça porte le nom du chef de l'État à l'époque, enfin du secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, pour être précis, et qui était donc et qui n'avait même pas 50 ans. Adolf Hitler. Adolf Hitler était né le 20 avril 1889. Il avait 43 ans à son accession à la chancellerie du Reich le 30 janvier 1933. C'était un homme très jeune, comme Staline à la tête du PCU de l'URSS. D'ailleurs, on oublie de soudainer à quel point les dirigeants nazis étaient des gens extraordinairement jeunes. J'en prendrai deux exemples. Heinrich Himmler, qui était né en 1900, en décembre 1900, je crois.
Il était devenu à la tête de la SS, de ce groupe, de ce corps d'élite, qui était chargé de protéger Adolf Hitler et qui est devenu le symbole même de la barbarie nazie. Heinrich Himmler était devenu chef de la SS en janvier 1929. Ça veut dire qu'il avait 28 ans. Et un deuxième exemple, c'est Reinhard Heydrich, qui était né en 1904. Reinhard Heydrich était devenu, en 1934, le chef suprême de la Gestapo. Il avait 30 ans, la Staatspolizei, la police secrète d'État. L'horrible Gestapo. À sa tête, un homme de 30 ans. Et Reinhard Heydrich a participé à la fameuse conférence de Wannsee le 20 janvier 1942. Il en a même été le concepteur.
Reinhard Heydrich, sous les instructions d'Adolf Hitler, fixe le principe de l'anéantissement et du génocide des Juifs d'Europe. La conférence de Wannsee a lieu le 20 janvier 1942. Lui était né le 7 mars 1904. Ça veut donc dire qu'il avait 37 ans. Et puis la liste continue. Je prendrai l'exemple d'un dictateur qui s'était rendu mondialement célèbre dans les années 70. C'était un militaire qui avait pris le pouvoir en République d'Ouganda. Il s'appelait Idi Amin Dada. Il était né en 1925. Et il avait 35 ans, 35-36 ans, à son accession à la présidence de la République de l'Ouganda en 1971.
Son passage à la tête de l'État, à Kampala, a été une succession de décisions plus délirantes les unes que les autres, mais aussi de crimes, d'assassinats massifs, de folie, en fait, qui ont émaillé l'histoire de l'Ouganda jusqu'à ce qu'il soit contraint, finalement, à s'enfuir et à se réfugier dans un pays étranger. Et puis je citerai également Salotsar. Salotsar dit Pol Pot, un Khmer. Lui, il était né le 19 mai 1925. Il s'était fait appeler Pol Pot. Et Pol Pot, c'était son nom lorsqu'il avait pris le maquis au Cambodge. Il était devenu à la tête des Khmer rouges. Et il arrive au pouvoir suprême à Phnom Penh lors de la chute de Phnom Penh le 17 avril 1975. Il avait 49 ans.
Il instaure le régime incroyable, invraisemblable d'autogénocide du Kampuchea démocratique. Vous savez que de 1975 jusqu'à l'intervention militaire vietnamienne en 1979, pendant 4 ans, les Cambodgiens ont vécu un enfer sur terre avec des délirants qui avaient envoyé tous les habitants des villes à la campagne, toutes personnes qui parlaient une langue étrangère, qui avaient un diplôme d'études supérieures, qui portaient des lunettes, etc., étaient assassinées sans séance tenante. Il y a eu peut-être 1,5 à 2 millions de morts tués par ce régime sur une population de 8 millions d'habitants.
Eh bien Pol Pot et les gens qui étaient auprès de lui, comme Kyushan Pan, Yang Sari, étaient des gens qui avaient 45 ans. Je citerai enfin l'exemple de Mao, Mao Tse-tung. Il était né le 26 décembre 1893. Et il accède à la tête du Parti communiste clandestin. Le 20 mars 1943, il avait 49 ans. Et à partir du moment où il met la main sur le Parti communiste chinois clandestin, il va mener ce Parti communiste à la victoire en 1949 avec la proclamation de la République populaire de Chine. Et je rappelle que le passage de Mao Tse-tung dans l'histoire de la Chine est une succession épouvantable de catastrophes, même s'il y a eu...
Évidemment, il y a toujours des décisions qui sont prises qui ne sont pas forcément les plus mauvaises, lorsqu'il a par exemple interdit un certain nombre de pratiques qui remontaient à la Chine impériale, à la Chine ancestrale.
Mais fondamentalement, son passage s'est traduit par des dizaines de millions de morts, des décisions épouvantables, la création d'une espèce de goulag local, le Laogai, la création de la campagne des sans-fleurs qui a fait des centaines de milliers de morts, le grand bois en avant de la fin des années 50, qui a provoqué peut-être – on estime – 50 millions de morts, la grande révolution culturelle prolétarienne de 1966 qui a provoqué encore des centaines de milliers de morts.
Et donc tout ceci explique qu'aujourd'hui, le régime chinois, même si Mao Tse-tung est toujours momifié dans un mausolée sur la place Tiananmen, de même que le corps de Lenin est toujours momifié sur la place Rouge à Moscou, les régimes qui ont succédé sont revenus, même si ce ne sont pas des régimes idéaux, bien entendu, pour nous ou pour des Français habitués à toute autre chose. Mais les régimes actuels en Russie ou en Chil reviennent de loin, si j'ose dire, après les dictatures de Staline ou de Mao Tse-tung. Voilà. Alors j'arrête ici mon panorama général. Bien sûr, on va pouvoir critiquer ce que je dis. C'est normal. C'est fait pour lancer le débat.
Bien sûr, on pourra me trouver probablement des dirigeants âgés qui ont commis des crimes épouvantables. Bien entendu. Je suis tout à fait d'accord. On pourra peut-être me trouver des dirigeants jeunes qui ont fait des choses admirables. Mais quand même, tous les exemples que je viens de vous montrer doivent donner à réfléchir. Il y a une logique profonde de la vie humaine qui est que pour accéder aux plus hautes fonctions d'un État, il faut avoir une longue expérience. Je disais tout à l'heure qu'Emmanuel Macron est arrivé à la tête de l'État. Il a une dizaine d'années d'expérience et limité dans le cadre extrêmement feutré des milliardaires tournant autour de la banque Rothschild. Voilà.
Comparer ceci à Poutine, à Xi Jinping, à Narendra Modi, par exemple, ou à Cyril Ramaphosa, le président actuel de l'Afrique du Sud, ces pays regroupés dans les BRICS, ou même le président Lula da Silva au Brésil. Ce sont des personnalités qui ont 40 ans d'expérience professionnelle. Ce sont des personnes qui ont été dans les allées du pouvoir pendant des décennies, qui ont pu comprendre la complexité du monde, qui ont pu comprendre les spécificités des pays étrangers, qui ont pu comprendre l'extrême nécessité qui est-elle à l'heure de défendre leur peuple et leur nation dans le monde entier, dans ce concert des nations. Je vous dis tout ça pourquoi ?
Mais pour que vous le méditiez pour la prochaine élection présidentielle. Parce que les médias occidentaux, tenus par des septuagénaires ou des nonagénaires, comme je le disais tout à l'heure, sont déjà à la manœuvre pour essayer de vous promouvoir des gens sans expérience. Voilà. Parce qu'ils auraient le look ou parce qu'ils seraient très jeunes. Déjà, quand on promeut M. Édouard Philippe, on laisse entendre qu'il est presque déjà trop âgé. Je vois ici ou là des ambitions qui se pointent du col. On parle de M. Gabriel Attal, qui doit avoir 34 ans, Jordan Bardella, qui est en train de savonner la planche de Mme Le Pen.
Parce que Mme Le Pen, elle a quand même 54 ans, je crois, quelque chose comme ça. Donc dans le monde nouveau que l'on veut nous vendre... Eh bien M. Bardella, avec 28 ans, c'est bien. Peut-être en 2027, il annoncera sa candidature. Qui sait ? Il paraît que c'est pas au beau fixe entre Mme Le Pen et M. Bardella, de ce que je crois lire dans les gazettes. Bon. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il faut que les Français comprennent absolument, mais vraiment, absolument, que l'une des façons d'asservir la France et d'asservir les pays occidentaux, c'est de faire en sorte que les peuples se choisissent des dirigeants beaucoup, beaucoup, beaucoup trop jeunes pour faire le travail fondamental et historique qu'ils sont en droit d'attendre de leurs dirigeants. Je terminerai par cette fameuse citation tirée de la Bible qu'il faut que vous lisiez si ça vous intéresse. Vous y trouverez cette citation extraordinaire dans l'Ecclésiaste. « Malheureux à toi, pays dont le roi est un enfant ». Eh bien voilà.
La France et les pays sous domination américaine, sous domination d'une oligarchie septuagénaire ou octogénaire, sont dirigés par des rois qui sont des enfants. Et ils sont tous en train de sombrer dans le malheur. Vive la République et vive la France !
François Asselineau