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interviewyoutube.com· 25 mai 2026 5 min

SIA 2026 : Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle — entretien Gil Rivière-Wekstein

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Bruno. Bonjour à vous. Vous avez exposé le fait que la crise agricole, ce n'est pas le fruit du hasard. Est-ce qu'on peut revenir un peu plus en détail sur quelles sont les causes de cette crise agricole ?

0:10
Bruno Retailleau

D'abord, cette crise, elle est profonde parce qu'on voit bien que nos agriculteurs peinent à vivre des fruits de leur travail et surtout on voit la balance commerciale qui est désormais négative alors qu'on était à la première puissance européenne et désormais on est relégué plusieurs ans après la première place. Les raisons, elles sont de trois ordres. D'abord, c'est l'effondrement de la compétitivité. Il y a trop de normes, des normes toujours plus dures que celles qu'on impose à nos voisins. Une agriculture finalement administrée, ce que j'ai appelé pour l'économie en général le social-étatisme. Donc finalement, des semelles de plomb pour nos agriculteurs. Ça, c'est la première raison.

La deuxième raison, c'est aussi la gré-vachille. C'est non seulement un discours, mais c'est une sorte de guerre méthodique livrée à nos agriculteurs par tous les moyens juridiques, parfois avec la violence, parfois avec des associations militantes qui ont profondément découragé nos agriculteurs. Et puis enfin, la montée en gamme, qui n'est pas mauvaise en elle-même, mais on a oublié en réalité de produire aussi pour le quotidien des Français à un prix abordable. Et on a fait cette montée en gamme au moment où les Français s'appauvrissaient. Ce sont les trois grandes raisons, il semble-t-il, qui sont structurelles pour expliquer la crise agricole actuelle.

1:25
Présentateur

Il y a eu en France un projet pour la désindustrialisation de la France. Est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a eu de la même manière une sorte de projet politique porté par la classe politique pour la désagriculturisation de la France ?

1:36
Bruno Retailleau

Exactement. J'ai vécu il y a plus d'une trentaine d'années un discours politique qui était très handicapant vis-à-vis de l'industrie en disant finalement que l'avenir de la France, c'est le tertiaire, c'est le quaternaire, ce sont des activités nobles, l'industrie c'est sale et en réalité, c'est ce qui explique qu'aujourd'hui, on est un des pays les plus désindustrialisés d'Europe. Pour l'agriculture, c'est exactement la même chose.

Ça a été un discours où on a contraint la production, où on a pointé du doigt, culpabilisé nos agriculteurs et en fait, on a perdu des parts de marché avec finalement cette attitude stupide qui consiste à importer des produits de plus en plus qui n'ont pas du tout la même qualité, y compris environnementale, que nos propres standards de production.

2:19
Présentateur

Mais est-ce que, si je peux me permettre de vous titiller un petit peu, est-ce que le Grenelle de l'environnement n'a pas eu sa place justement dans le fait qu'on a privilégié de plus en plus l'environnement au détriment de l'acte de production ?

2:30
Bruno Retailleau

Le problème, c'est de trouver à chaque fois un bon équilibre. Souvent, et c'est souvent le problème de la politique, de la communication, et peut-être du tempérament français, c'est qu'on procède par des embardés. Bien sûr qu'il faut protéger l'environnement. Et il y a des pratiques aujourd'hui qu'on ne supporterait pas. Il est hors de question d'y revenir. Simplement, ce que moi je veux, c'est que ce qu'on autorise partout en Europe, on puisse autoriser en France. Voilà, c'est les mêmes conditions. On fait partie, justement, les 27 pays européens d'un grand marché intérieur. Au nom de quoi, on interdirait des molécules ou des pratiques qu'on autorise ailleurs ?

Alors que, du coup, les produits viendront en France. Ça n'a pas de sens. C'est ce qui désespère nos agriculteurs.

3:10
Présentateur

Je voudrais aller un tout petit peu plus loin dans la réflexion. 70% de la production agricole est achetée par les transformateurs français, en fait, dans le marché. Et la France, Annie Gennevard l'a dit, la France est devenue une sorte de producteur de matières premières. Est-ce que, dans votre programme, vous avez une réflexion sur comment apporter de la valeur ajoutée grâce à la transformation ? Parce que finalement, les gens achètent de plus en plus des produits qui sont transformés. Et on exporte même de la matière première qui nous revient en forme de produits transformés. Quelle est là-dessus votre position ?

3:43
Bruno Retailleau

Écoutez, il y a quand même un problème. J'étais l'autre jour, il y a quelques jours, dans un moulin, dans une entreprise de taille intermédiaire agroalimentaire qui fabrique de la farine. Il y a 15 ans, on était exportateur net. Aujourd'hui, on est importateur net alors qu'on a la plus grande surface céréalière des 27 pays européens. Moi, je pense qu'il y a plusieurs marchés. Il ne faut pas opposer les agricultures les unes vis-à-vis des autres. Il y a des agricultures. Il y a une agriculture biologique. Il y a une agriculture de niche. Il y a la montée en gamme. Mais il faut aussi produire la matière première, y compris pour nos flons.

agro-industriels, y compris, c'est le cas dans l'Ouest, où on a beaucoup d'entreprises de taille intermédiaire, les fleurs et michons, mais aussi les saudes et beaux, etc., qui ont besoin d'avoir justement cette matière première. Simplement, c'est toute l'économie française, et pas seulement l'agriculture, qui faut rendre plus compétitive. Très bien. Merci beaucoup. Merci.

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