Aller au contenu
Tous les transcripts
Discours / meetingYaël Braun-Pivet· 21 octobre 2025 19 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

80e Anniversaire de l'élection des premières femmes députés - Yaël Braun-Pivet - Assemblée nationale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:26Invité politiqueFait
    « Si la France fut à l'avant-garde des droits de la femme avec Olympe de Gouge et sa célèbre déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, il fallut attendre l'ordonnance du 21 avril 1944 pour que le suffrage féminin soit enfin instauré. »
  • 2:53Invité politiqueChiffre
    « En avril et mai 1945, les femmes votent pour la première fois au municipal. Près de 12000 d'entre elles sont élus conseillères municipales, près de 3 % au total. »
  • 3:38Invité politiqueChiffre
    « 310 femmes sont candidates, 33 sont élus, 33 premières, 33 pionnières. »
  • 12:23Invité politiqueFait
    « Elle devient la première femme ministre de plein exercice de l'histoire de France, la seule avant Simone Veille. »
  • 14:33Invité politiqueChiffre
    « 208 femmes élues députés en 2024, le taux de féminisation plafonne ainsi à 36 %. presque deux hommes pour une femme. »
  • 16:46Invité politiqueFait
    « le Parlement a voté cette année pour instaurer le scrutin de liste par aux élections municipales dans les communes de moins de 1000 habitants, soit 25000 communes de France. »
  • 17:10Invité politiquePromesse
    « la Loiriain qui impose 40 % de femmes au poste de direction dans les grandes entreprise d'ici 2030 »
  • 17:20Invité politiqueChiffre
    « seul quatre entreprises du CAC 40 sont dirigées par des femmes 4/ 40. »

Temps de parole

  • Yaël Braun-Pivet100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Yaël Braun-Pivet

Madame la ministre, délégué chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, chè Aurore Berger, madame la présidente de la délégation au droits des femmes, chère Véronique Roton, mesdames et messieurs les membres du bureau, mesdames et messieurs les parlementaires, madame la vice madame mesdames les vice-présidentes, messieurs les vice-présidents, madame la première question, madame la secrétaire, mesdames et messieurs les membres des familles de Mathilde, de Gabri, Germaine Perol et Germaine Poinceau Chapui.

Cherine Frot, mesdames et messieurs, les murs de cet hémicycle se souviennent ils se souviennent de cette première séance de l'Assemblée constituante il y a 80 ans. Lorsqu'à 15h, le président d'âge Paul Cutoli prend place au perchoir et prononce ses mots. Permettez-moi aujourd'hui de saluer l'assemblée sans doute la plus hautement représentative de la communauté française qui a jamais existé puisque les femmes françaises y sont justement représenté mais qu'il fut tortueux et sinueux ce chemin vers l'égalité. Notre histoire est en effet pétrie de ce paradoxe.

Si la France fut à l'avant-garde des droits de la femme avec Olympe de Gouge et sa célèbre déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, il fallut attendre l'ordonnance du 21 avril 1944 pour que le suffrage féminin soit enfin instauré. 10 ans après la Turquie, 26 ans après le Royaume-Uni. Alors, pourquoi ce retard ? Ce ne fut certes pas du fait de l'Assemblée nationale. Six fois entre 1919 et 1936, la chambre vota pour le suffrage féminin à une très large majorité voire à l'unanimité. Mais six fois, elle se au Sénat. Écoutons ainsi ce sénateur radical Alexandre Briard justifiant son vote en 1919.

Plus que manier le bulletin de vote, assura-t-il, les mains de femmes sont faites pour être baisé. La féministe Louise We s' y répliquera avec une ironie mordante en offrant au sénateur des chaussettes brodées de ce message. Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées. Il faudra donc la résistance, il faudra le sans verser pour que les visances s'imposent. En avril et mai 1945, les femmes votent pour la première fois au municipal. Près de 12000 d'entre elles sont élus conseillères municipales, près de 3 % au total. Le 21 octobre 1945, elle vote ensuite pour la première fois des élections nationales pour élire la nouvelle assemblée constituante.

310 femmes sont candidates, 33 sont élus, 33 premières, 33 pionnières. Elles sont ouvrières, avocates, enseignantes, employées, infirmière. La Benjamine Denise Bastide a 29 ans. La plus âgée Marie Texier Laou 56. Elles viennent du gare pour Gilbert Roca, de la Guadeloupe pour Eugénie Boué. Elles sont 17 communistes, six socialistes, neuf du mouvement républicain populaire et une du parti républicain de la liberté. Au-delà de leur clivage, un point commun les unit. Forgé dans le fer et le feu, la résistance. Sur les 33 élus, 27 combattirent dans l'armée des ombres, h furent déportés.

C'est à leur vaillance, à leur intrépidité que notre exposition résistante et combattante rend un hommage vibrant et nécessaire. Mesdames et messieurs, aujourd'hui parmi ces 33 pionnières, nous en aurons aurons trois. Trois résistantes, trois vice-présidentes de l'Assemblée nationale. Je commencerai par Mathilde Gabriel Perry. Son histoire est celle de la plus absolue des résiliences. fille d'ouvrier agricole, ouvrière elle-même, militante communiste. Elle apparaît forcément suspecte aux yeux des autorités françaises en pleine débacle à l'heure où la France réclame des bouqu émissaires.

C'est donc derrière les barbelets du camp de Riocro en Lauser qu'elle apprend le 15 décembre 1941, l'insoutenable. Son époux, le héros communiste de la résistance, Gabriel Perry, a été fusillé par les nazis au montérien. Cependant, d'une force d'âme incroyable et malgré la maladie, elle s'échappe pour gagner le maqui du vert corps. à la Libération, membre de l'Assemblée consultative provisoire, puis élue le 21 octobre 1945 à l'Assemblée constituante. Elle devient la voix des s voix, famille de fusiller, veuve, orphelin. Elle dépose pour eux près de 25 textes de loi. Cette fille du peuple su se faire un prénom à l'Assemblée nationale.

Elle engravie les échelons jusqu'à la vice-présidence où elle fut élue en 1950 et réélue en 1951. Elle présida 59 séances dans cet hémicycle et c'est elle que le général de Gaul choisit pour prononcer un des quatre discours de la victoire en mai 1945. Ce jour, elle proclame l'avènement d'une femme nouvelle. Ce texte historique et magnifique, nous allons l'entendre tout à l'heure, porté par la voix de Catherine Frot que je me remercie chaleureusement. Mathilde Gabriel Perry s'éteigner le 16 décembre 1981, très exactement 40 ans et un jour après le martyre de Gabriel Perry.

Leur cher André Torinha, vous qui êtes la petite fille de Mathilde, de Gabriel Perry, je sais la petite nièce, excusez-moi, je sais combien ce destin familial vous tient à cœur. En juillet 2024, en ouverture de cette 17e législature, l'ordre alphabétique vous plaça sur le siège de Gabriel P. Aujourd'hui, vous êtes juste à côté de celui de Mathilde. Ce n'est plus un hasard, c'est un hommage. En ce 21 octobre, Mathilde et Gabriel Perry se retrouvent désormais réunis par-delà la mort, consacré par ses deux plaques honorant ce couple poste de la République. Mesdames et messieurs, la deuxième femme que nous honorons est Germaine Perol.

Née dans une famille de réfusarde, elle avait l'habitude d'être une pionnière car elle fut l'une des toutes premières femmes à s'inscrire au barreau de Paris. Avocate de conviction, défenseur de l'état de droit, c'est sans hésiter qu'elle rejoint la résistance. Elle mène des actions de sabotage et créa un réseau d'évasion pour les aviateurs alliés, hébergeant un officier du Special Operation Executive Britannique. Quand son mari George, lui aussi féministe, avocat et résistant, est arrêté, elle se rend au siège de la guestapo et par sa seule audace convainc un officier SS de son innocence.

Aéolé de gloire et décoré de la médaille de la résistance, elle poursuit après la guerre son engagement au centre-droit. Élu député MRP de Séwise, elle fut aussi élu vice-présidente de l'Assemblée nationale à quatre reprises en 1946, 1947, 1948 et 1951. Première femme vice-présidente de l'Assemblée nationale sous la 4e République et la 2e de notre histoire parlementaire après Madeleine Bron. Elle présida pas moins de 111 séances et elle devint vite célèbre pour ses rappels à l'ordre, ferme et autoritaire à l'encontre de députés indisciplinés. Son fils, l'écrivain Gilles Perot, a raconté la condescendance de ces hommes et de leur petit sourire en coin. Certains allaient jusqu'à lui lancer.

Les femmes, pas vous, Germaine bien sûr, mais dans les campagnes, elles sont dans la main du curé. Mais Germaine Perol n'était pas une femme à se laisser intimider. défenseur de la liberté du travail face aux adversaires communistes, elle porta aussi une haute vision de l'intégrité parlementaire et proposa avec d'autres de remédier aux failles de la 4e République en supprimant la double investiture. N'oubliant jamais où les affres du nationalisme avaient plongé l'Europe, elle fut enfin une fervante partisane du fédéralisme. Elle prit ainsi la parole au grand congrès de l'Europe à la en 1948 sous la présidence de Winston Churchill et lança cet avertissement en 1951.

Il y a un choix à faire ou bien un monde concentrationnaire dont Moscou et le cerveau et le moteur ou bien un monde libre qui n'est unique que par la notion d'un péril commun. Pour ne pas avoir à faire l'enjeu de cette option, il faut faire l'Europe. C'est une nécessité vitale. Pionnière, Germaine Perol savait donc également être visionnaire. Mesdames et messieurs, nous honorons enfin Germainsochapui. Enfant surdoué, major de sa promotion à la faculté de droit. Elle s'inscrit au barreau de Marseille en 1921. Elles ne sont alors que trois avocates face à 200 hommes.

Et quelle émotion de voir, cher Marie-Dominique Poinceau Portal que vous êtes aujourd'hui un siècle après la bâtonnière du barreau de Marseille. Dans la cité faocéenne, votre grand-mère, vite surnommée l'asse du barreau se fait l'avocate de tous mais en particulier des femmes. En étant toujours guidé par cette devise sœur pour le meilleur. La naissance de son fils Maurice, atteint d'un handicap et à qui nous pensons fera d'elle une avocate infatigable des enfants et en particulier des plus vulnérables. Puis vient la guerre, les tranches défites, l'armistice pour Germaine. Poin chapui. Nulle hésitation.

Aucun d'entre nous en famille, dit-elle n'avait pu accepter les discours sinistres de Pétin. Sa fiche de police vichiste mentionnera qu'elle pense mal et depuis longtemps. Elle cache des juifs, s'occupe d'orphelin, planifie l'évasion de résistants. Elle vole même le tampon d'un juge pour fabriquer de fausses ordonnances de non lieu. Son héroïsme lui value à la fois la médaille de la résistance et la reconnaissance des Marseillais qui l'élureent en mai 1945 au conseil municipal puis l'apportèrent à la députation.

À l'Assemblée, membre de la commission de la justice puis de la famille et de la santé publique, elle s'investit contre le fléau de l'alcoolisme et pour améliorer la santé des enfants. C'est aussi en cette année 1945 si symbolique qu'elle vous donne naissance, cher Jean-Marie Poinceau, en 1947, l'histoire frappe à la porte de votre mère. Réveillé à 1 heure du matin par le président du conseil Robert Schuman, elle apprend sa nomination comme ministre de la santé et de la population et sa première réaction ensommeillée entre dans les anales. La belle affaire, ce n'était pas la peine de me réveiller pour ça.

Puis elle réalise, elle réalise qu'elle devient la première femme ministre de plein exercice de l'histoire de France, la seule avant Simone Veille. Au ministère, tirant en profit de son intelligence et de sa force inouie de travail, elle sera surnommée la patronne. Elle dépose 13 projets de loi sur la vaccination obligatoire, le statut des infirmiers ou la protection de l'enfance. Et elle affronte tous les fléaux sous-alimentation, mortalité infantile, pauvreté notamment des femmes, alcoolisme. Ce dernier point lui vaudra d'ailleurs la haine tenace d'un autre Marseillais, un certain Paul Ricard. Dans cette salle des séances, sa préestance et son caractère impressionnent.

Le président du conseil, Paul Ramadier, lui lance même un jour : "Madame, vous êtes le seul homme de cette assemblée." Elle fut pourtant sacrifiée par son propre parti qui publia au printemps 1948, sans la prévenir, un décret qui portait son nom et qui promouvait l'école libre. Abassourdi et la mort dans l'âme, elle quitte le gouvernement. mais pas l'Assemblée nationale car comme vice-présidente entre 1949 et 1950, elle poursuit une activité parlementaire soutenue. Elle préside 68 séances, dépose pas moins de 37 propositions de loi sur la protection de l'enfance et la santé publique. Alors mesdames et messieurs, en 1945, elles étaient 33. En 1958, elle n'était plus que 8.

En 1993, elle n'était encore que 35. Cela nous prouve que l'égalité n'est pas un long fleuve tranquille. Elle subit de violents refus et de ressac. L'actualité nous le démontre chaque jour avec cette terrible régression, notamment aux États-Unis, en Iran, en Afghanistan. Et en France à l'Assemblée nationale. Sommes-nous vraiment et totalement exemplaires ? Certes, d'immenses avancées ont pu être ont pu être obtenu en 30 ans, mais la parité est encore loin d'être une réalité aujourd'hui. Puisque 208 femmes élues députés en 2024, le taux de féminisation plafonne ainsi à 36 %. presque deux hommes pour une femme.

Alors dès lors, il nous il nous faut continuer à agir sans relâche pour que la parité ne soit plus une exigence mais devienne une évidence. Et pour cela, il faut comme nous le faisons aujourd'hui, rendre visible les femmes. Inscrire leur nom dans la pierre, c'est un acte éminemment politique. C'est offrir aux jeunes filles des rôles modèles dont la science sociale a montré toute l'utilité. Et c'est pourquoi Simon Veille a enfin son buste dans nos jardins et au lampe de Gouge un bâtiment à son nom. Et c'est pourquoi nous avons inauguré il y a un an de cela les 10 statuts de femmes en or dans la cour d'honneur de l'Assemblée nationale.

Et c'est pourquoi aujourd'hui 80 ans, jour pour jour après leur élection, trois nouvelles plaques sont apposées en l'honneur de Germaine Poin Chapui, Germaine Perol et Mathilde Gabriel Perry.

En trois ans, nous aurons ainsi plus que doublé le nombre de plaats que nous rendez femmes après celle posé en l'honneur de Rachel l'empereur, Marie Madeleine Dienèche, Marie-Claude Voyon Couturier et Madeleine Brunne, afin que les filles qui visitent cet hémicycle envoyant ses noms se disent "Oui, c'est possible, elles l'ont fait, je le ferai aussi." Mesdames et messieurs, ce combat pour la parité et pour l'égalité 80 ans après, nous devons continuer à le mener et notamment dans nos territoires alors que seulement deux mères sur 10 sont des femmes.

Et c'est pour cela que le Parlement a voté cette année pour instaurer le scrutin de liste par aux élections municipales dans les communes de moins de 1000 habitants, soit 25000 communes de France. Car oui, cette lutte est une lutte politique, mais c'est aussi une lutte économique. Dans 3 jours, nous célébrerons justement un autre anniversaire, les 50 ans de la grève générale des femmes en Islande qui arracha l'adoption de loi fondatrice pour l'égalité, notamment salariale.

Ce combat nous le menons aussi en France avec par exemple la Loiriain qui impose 40 % de femmes au poste de direction dans les grandes entreprise d'ici 2030 et en la matière, nous avons encore beaucoup de retard car seul quatre entreprises du CAC 40 sont dirigées par des femmes 4/ 40. Alors voilà pourquoi ce 21 octobre doit raisonner non seulement comme un appel à nous souvenir mais aussi comme un appel à agir, à s'engager, à se présenter aux élections. Mesdames et messieurs, je vais laisser le dernier mot à l'une de ces 33 pionnières, Germaine Perol, qui s'exprima depuis cet hémicycle sur le vote des femmes en ces termes.

Il arrive bien souvent dans l'histoire des peuples un moment auquel le recul du temps donnera l'importance d'un événement décisif. J'ai la conviction que c'est un de ces moments-là que nous sommes en train de vivre. Ce moment 80 ans après, c'est le nôtre. Continuons à nous en saisir pour nous souvenir et pour agir. Je vous remercie.