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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 décembre 2021 26 min

Meetings de Jean-Luc Mélenchon et d'Éric Zemmour, réforme fiscale... Le "8h30 franceinfo" d'Adrien Quatennens

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Bonjour Adrien Katenens. Bonjour. Le futur chancelier allemand Olaf Scholz a surpris tout le monde hier en se prononçant pour la vaccination obligatoire dans son pays. Une loi va être déposée dans les jours qui viennent, probablement votée par nos voisins allemands. Est-ce qu'il faut ouvrir ce débat aujourd'hui en France ?

0:17
Jean-Luc Mélenchon

Je reste opposé à l'obligation vaccinale, pour autant que je sois hyper favorable à la promotion de la vaccination. En quelque sorte, nous restons avec Jean-Luc Mélenchon sur la ligne qui reste à cette heure, celle de l'Organisation mondiale de la santé, qui elle-même dit qu'il faut convaincre plutôt que de contraindre. Qu'est-ce qui pourrait vous faire changer d'avis ? Pas grand-chose en réalité, sauf si l'Organisation mondiale de la santé nous disait qu'il faut impérativement, parce que la situation s'est tellement dégradée qu'il faut le faire.

Et puis surtout, Marc Fauvel, voyez-vous, pas plus tard qu'hier soir, je me trouvais place de la bourse, et le lieu d'ailleurs était symbolique, pour réclamer avec de nombreuses associations, de nombreux syndicats, ce que nous réclamons depuis des mois, qui est maintenant très urgent. Et oui, la levée des brevets. Vous vous souvenez qu'on en a parlé à plusieurs reprises sur ce plateau, et d'autres d'ailleurs, et que parfois vous m'avez dit, mais est-ce que vraiment c'est la priorité ? Est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Oui, ça l'est. Pourquoi ?

Parce que tant qu'il y aura cette fracture vaccinale qui fait que la plupart des pays les plus pauvres n'accèdent pas au vaccin dans les proportions où ils le devraient, alors vous aurez de nouveau des contaminations en chaîne, de nouveaux variants qui apparaissent, et nous en subirons toujours le poids. Par définition, une pandémie est mondiale, et donc le vaccin doit être un bien commun de l'humanité. C'est d'ailleurs le président de la République lui-même qui l'avait dit, disant aussi, en d'autres termes, la santé n'a pas de prix.

Vous savez qu'aujourd'hui, les trois plus gros laboratoires qui sont intéressés au vaccin Covid, Pfizer, BioNTech, Moderna, c'est 65 000 dollars de profit par minute. D'accord ? Ça suffit. Nous avons besoin d'en sortir, nous avons besoin de lever les brevets pour rendre accessible le vaccin partout. Voyez-vous ? Plus encore que la troisième dose, qui est nécessaire, j'en conviens, et dont je ferai la promotion moi aussi. Il serait peut-être nécessaire que dans beaucoup de pays, on ait au moins accès à la première.

1:58
Présentateur

On rappelle que par l'initiative de COVAX, la France, l'Union Européenne, donne des doses aux pays pauvres. Donc il n'y a pas zéro initiative.

2:06
Jean-Luc Mélenchon

Il n'y a pas zéro initiative, mais Saïa Braclia, vous pourriez aussi, pour être exhaustive, dire... Et d'ailleurs, la France s'est opposée à l'Organisation Mondiale du Commerce, parce que c'est quand même ahurissant. C'est l'Organisation Mondiale du Commerce qui gère la question du vaccin, quand même.

2:21
Invité

Avec un argument que vous connaissez aussi, c'est que si on prive les laboratoires de l'argent qui va avec, ils n'investiront plus dans les prochains vaccins.

2:27
Jean-Luc Mélenchon

Mais Marc Fauvel, vous prenez des angles, mais vous en avez d'autres dans votre besace. Sortez-les. L'argent public qui sert à financer la recherche, vous le savez, vous, qu'on a mis énormément d'argent dans cette recherche publique. Mais en l'occurrence, ces laboratoires, ces laboratoires... Ce sont des labos privés qui ont trouvé les vaccins. Oui, mais ils ont bénéficié à plein de la formation des chercheurs, des investissements qu'on a fait ces 20 dernières années. Et puis on est un pays qui a inventé le vaccin, Pasteur, et qui, à bien des égards, à plusieurs reprises, quand des vaccins ont été trouvés, immédiatement, était bien commun de l'humanité.

Donc j'adjure vraiment, on ne s'en sortira pas si on ne permet pas l'accès au vaccin à toutes et tous, partout, à travers le monde. Et pour ça, il faut en libérer la production par la levée de cette propriété intellectuelle et la levée des brevets.

3:07
Présentateur

Adrien Quatennens, vous êtes contre la vaccination obligatoire. Mais est-ce que vous êtes pour la vaccination des enfants ? Hier, la Haute Autorité de Santé a recommandé la vaccination des enfants fragiles et de ceux qui vivent avec des personnes immunodéprimées. Est-ce que vous l'encouragez, vous aussi ?

3:22
Jean-Luc Mélenchon

Ça n'a rien d'évident, mais je m'en remets à la parole des scientifiques. Je pense qu'il faut entendre leurs paroles et après laisser le choix. Le doute est permis, mais on a besoin, oui, et j'assume de le dire, alors que je suis très opposé au pass sanitaire, à toute forme de contrainte pour plein de raisons.

3:36
Invité

C'est étonnant ce que vous dites, parce que vous dites, surtout, je m'en remets à la parole des scientifiques, vous avez cité l'OMS il y a quelques instants. Je ne suis pas médecin, moi, Marco Bell. Sur le pass sanitaire, vous ne suivez pas le conseil scientifique ? Non, pour deux raisons. Donc, en fait, ça dépend des scientifiques.

3:48
Jean-Luc Mélenchon

Non, non, mais certains épidémiologistes alertent aussi sur le fait que, par exemple, les tests qui ont été rendus aujourd'hui payants, pas pour tous, mais payants, c'est un problème. On a le nombre de tests qui a chuté. Mais sur le pass sanitaire lui-même. Eh bien, le pass sanitaire, aujourd'hui, concrètement, quel est le problème ? Il a permis d'augmenter la couverture vaccinale. Moi, je continue de penser qu'on aurait dû le faire par la conviction. D'autres pays y sont arrivés. Mais c'est la contrainte qui a marché. Oui, mais OK, c'est la contrainte qui a marché.

4:13
Présentateur

C'est grâce au pass sanitaire qu'on est à ce niveau de vaccination aujourd'hui.

4:15
Jean-Luc Mélenchon

En attendant, vous avez des pays comme l'Espagne, par exemple, qui, sans ce niveau de contrainte, ont réussi à vacciner. Mais comment vous transformez un Français en espagnol ou en portugais ? Non, mais il n'agit pas de transformer un Français en espagnol. Il s'agit d'y aller par la conviction. Et encore une fois, sur le pass sanitaire, je vais vous dire, du point de vue sanitaire, je mets même, entre parenthèses, l'aspect liberticide. Parce que si vous voulez quand même les meilleurs arguments contre le pass sanitaire, reprenez les déclarations de M. Véran et de M. Macron eux-mêmes, avant le fameux 12 juillet où M. Macron a décidé de l'étendre. Enfin, rappelez-vous quand même que c'est M.

Véran qui a dit un pass sanitaire en France, jamais. Comment pourrait-on imaginer ? Ce sont ces mots qu'on ait à présenter des données de santé pour accéder à des lieux publics communs de tous les jours. C'est eux qui, au départ, fustigeaient le pass sanitaire. Aujourd'hui, même en dehors de ces aspects liberticides, le pass sanitaire, pour moi, à mon avis, pose un problème sanitaire. C'est que vous avez ce QR code sur votre téléphone portable qui donne une impression, une illusion d'immunité en quelque sorte. Quand on se retrouve aujourd'hui dans une salle de concert ou dans un restaurant muni de son pass sanitaire, vous le savez, on a tendance, à tort, à se croire protégé.

Vous ne pensez pas que les Français sont plus intelligents que ça ? Qu'ils ont compris que ce n'était pas un totem d'immunité ? Qu'ils ont compris qu'on peut avoir le virus ? Je ne prétends pas que les Français ne seraient plus intelligents. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. En attendant, vous savez qu'il y a quand même une logique au fait que, de manière générale, quand vous vous faites vacciner, vous savez que vous êtes immunisé.

5:35
Invité

On rappelle quasiment quotidiennement, et ici même, d'ailleurs, que d'après les derniers chiffres, puisque vous en parlez de l'Organisation mondiale de la santé, être double vacciné ou triple vacciné, c'est-à-dire les trois doses, empêche 90% des formes graves du Covid et freine la contamination de 40%.

5:53
Jean-Luc Mélenchon

Je ne vais pas m'opposer à vous sur ce sujet. J'en suis d'accord et je vais même le répéter à votre micro, parce qu'autant je fustige le pass sanitaire, autant je vais être très clair. C'est-à-dire, oui, le vaccin limite la contamination, oui, le vaccin limite drastiquement les formes graves, donc il faut se vacciner. Pour autant, je ne suis pas pour la contrainte, et j'attire votre attention sur le fait qu'on voit, y compris à l'hôpital, arriver des gens qui sont vaccinés. Ce n'est pas la majorité, mais ça existe.

6:15
Invité

Mais par exemple, Adria Catenin, si vous dites que je ne veux pas du pass sanitaire, ça veut dire que vous, au pouvoir aujourd'hui, vous diriez que les non-vaccinés peuvent aller au restaurant, aller au cinéma, se balader sans masque, exactement comme les vaccinés. Oui. Oui, surtout. Et là, vous ne pensez pas que ça accélérerait l'épidémie ?

6:32
Jean-Luc Mélenchon

Non, parce qu'à côté, nous mènerions des politiques drastiques pour convaincre de la nécessité de se faire vacciner. Il faut parler avec les gens qui ont des doutes encore aujourd'hui. Ça représente plus grand monde, en réalité, dans ce pays, mais il faut discuter avec eux, il faut les convaincre. Ça fait 6-8 mois, Adria Catenin, parce qu'il y a une politique d'incitation. Oui, oui, bien sûr, mais encore une fois, l'Organisation Mondiale de la Santé, vous avez le droit, vous, de vous y opposer comme journaliste ? On ne s'oppose à rien du tout. Écoutez, si, vous avez l'air d'être hyper favorable à l'obligation. C'est la règle de l'interview.

Vous venez avec vos convictions, on essaye avec des contradictions. Moi, je viens avec mes réponses, et la première d'entre elles, c'est de dire que je considère que l'Organisation Mondiale de la Santé a procédé à de bonnes revendications depuis le début de cette épidémie, y compris, on voit des épidémiologistes maintenant qui réinterrogent la question de la gratuité des tests, je la remets sur la table, mais clairement, l'Organisation Mondiale de la Santé n'est pas pour l'obligation vaccinale aujourd'hui. Et les frontières, on les ferme ou pas ? Clairement, il faut contrôler nos frontières et le faire, et à mon avis... Alors l'OMS dit que ça ne sert à rien.

Bah écoutez, on se souvient lors de la première vague... L'OMS dit ne le faites pas. Oui, non, mais on se souvient lors de la première vague que ça nous a été ensuite reproché en disant qu'on aurait pu contenir les choses. Moi, je crois que c'est pas nécessaire...

7:36
Invité

L'OMS, hier encore, Adrien Quatennin s'a dit ne fermez pas les frontières.

7:39
Jean-Luc Mélenchon

Je crois que c'est pas nécessaire de le faire aujourd'hui parce que, compte tenu de ce qu'est la couverture vaccinale en France, je ne crois pas qu'il faille en passer par ces mesures drastiques à 7 heures. En revanche, et je le dis aussi, en plus des tests gratuits, en plus de la levée des brevets, de la conviction pour le vaccin, du fait que le pass sanitaire, de mon point de vue, est un danger du fait qu'il confère cette illusion d'immunité. Souvenez-vous qu'au mois de novembre de l'année dernière, on avait fait une série de propositions au gouvernement pour dire il va falloir organiser la société parce qu'on va être confronté à cette épidémie.

8:10
Présentateur

Société par roulement, mais là, c'est plus le cas puisqu'on a le vaccin.

8:12
Jean-Luc Mélenchon

Vous voyez bien que c'est toujours le cas. C'est toujours le cas, c'est toujours nécessaire et nous, nous reposons ces propositions sur la table. M. Véran, il y a quelques mois, nous avait dit dans l'hémicycle, vacciner, fin du Covid. Aujourd'hui, vous-même comme journaliste, vous devez constater que non, ça n'est pas vrai. Malheureusement, on peut le déplorer tous ensemble. Mais entre le début de la campagne de vaccination, il y a un entoupil, quasiment. Et aujourd'hui, Adrien Cadillac, tu savais ce qu'il s'est passé. Bien sûr, mais vous avez vu le nombre de contaminations encore qu'on a.

Donc, ça prouve bien une chose, c'est que même avec le vaccin, même avec le rappel, on va avoir cette épidémie dans la durée. Et donc, oui, je le redis, je demande de nouveau ce matin à ce qu'on considère, les propositions qui ont été formulées, nombreuses, pas pour faire de la littérature, mais parce que nous les croyons utiles qu'a formulée la France Insoumise au mois de novembre dernier, notamment d'organiser la société avec des rotations, de réquisitionner des locaux et d'organiser les choses. Il y a une urgence absolue.

Sur les lieux de travail, par exemple, il faut des comités de travailleurs qui décident entre eux, compte tenu de la particularité de leur process de production, de comment on organise les choses pour limiter la contagion au sein des entreprises. Voilà. C'est pas le boulot des partenaires sociaux, ça. Comment ? C'est pas le boulot des partenaires sociaux. Vous savez, vous n'avez peut-être pas oublié qu'il y a eu les ordonnances de M. Macron au début du quinquennat et qu'on a notamment les comités d'hygiène et de sécurité qui ont été supprimés.

Il faut des comités ad hoc liés à la situation du Covid pour que les salariés entre eux puissent discuter de la meilleure manière de s'organiser pour limiter la contamination au sein des lieux de travail.

9:36
Invité

Adrien Catenins, coordinateur de la France Insoumise, député insoumis du département du Nord, et notre invité, on est terriblement en retard sur le fil info, il y a 8h presque 43 minutes, c'est presque un record. Ainsi, Mélanie Delaunay. La indemnisation des chômeurs se durcisse aujourd'hui avec deux nouvelles mesures de la réforme contestée par les syndicats. Pour être indemnisé, il faudra désormais avoir travaillé 6 mois pendant les 2 ans passés. Pour les cadres, la décrécivité des allocations intervient plus rapidement. Le camp d'Éric Zemmour assure avoir 250 à 300 promesses de parrainage sur les 500 nécessaires pour l'élection présidentielle.

Désormais candidat, il tiendra son premier meeting dimanche. Il dénonce une escroquerie intellectuelle, une interview de procureur après son passage à la télévision hier soir. Depuis le premier confinement, le retard n'a pas été rattrapé dans le dépistage du VIH en cette journée mondiale de lutte contre le SIDA. La patronne du SIDAction s'inquiète sur France Info de la baisse des tests. 14% de moins l'an dernier. Plus de 20 000 personnes, dit-elle, sont séropositives sans le savoir. La France prolonge jusqu'à samedi la suspension des vols en provenance d'Afrique du Sud et de 6 autres pays d'Afrique australe à cause du nouveau variant du Covid.

Les restrictions de voyage n'empêchent pas sa propagation, prévient l'Organisation mondiale de la santé. France Info

10:55
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Bonjour à qu'Adrien Katenins, coordinateur de la France Insoumise et député du Nord. Ça y est, Éric Zemmour est désormais officiellement candidat à l'élection présidentielle. Pour vous, c'est un candidat comme les autres ?

11:11
Jean-Luc Mélenchon

Non, je ne le crois pas. Ce n'est pas un candidat comme les autres, dans la mesure où cet homme a déjà été condamné pour des faits de racisme. Mais bon, il y a une ambiguïté qui est levée maintenant. Tout le monde avait compris que M. Zemmour serait candidat. D'ailleurs, les médias quand même l'y ont bien aidé, il faut le dire. 230 articles par jour, je crois 13 000 depuis l'été, c'est absolument énorme. Et aujourd'hui, il sort de l'ambiguïté en présentant sa candidature. Je ne sais pas si vous avez l'occasion de regarder ce clip incroyable de lancement de campagne.

Si vous retirez la septième de Beethoven qui donne une ambiance chaotique aux propos qui est donnée, très franchement, si vous retirez cette musique, soit que vous laissiez le silence ou que vous en mettiez une autre, il y a de quoi rire, quoi. C'est une grosse, grosse caricature par des effets de loupe et de zoom. J'ai envie de dire à celles et ceux qui auraient été pris de saisie d'effroi en regardant ce clip, bon, ouvrez les fenêtres, respirez, mettez un air de musique peut-être un peu plus léger. La France de M. Zemmour n'existe pas. Voilà, il faut le dire.

Et avoir une parole claire, c'est-à-dire qu'on est dans un moment compliqué où les gens vivent le déclassement, vivent toutes les difficultés sociales qui s'accumulent et cherchent des réponses, à la fois un diagnostic et des réponses. Et vous avez un homme qui arrive, qui en quelque sorte pousse le curseur plus loin de ce qu'étaient déjà les sujets de prédilection de Mme Le Pen, qui a des allures de modérée dans la période, ce qui est assez hallucinant aussi, et qui trouve, voilà, une question, comme il dit, incoupable. C'est-à-dire, en gros, il y aurait ce risque de basculement dans une autre civilisation.

12:35
Présentateur

Tout ce que dit Éric Zemmour, tout ce qu'il dit dans son clip est faux ?

12:38
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, considérer qu'il y aurait un grand remplacement en cours en France, c'est absolument ridicule, y compris du point de vue des chiffres. Enfin, on peut traiter de la question de l'immigration avec raison, sans avoir besoin de dire des choses aussi ahurissantes que celle-ci. Et puis surtout, faire de la question de l'identité ou de l'immigration le cœur de tous les maux de notre pays, c'est une opération de diversion absolue.

C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on peut clairement regarder les Français droit dans les yeux, y compris celles et ceux qui subissent le plus les conséquences sociales de la situation qu'on a sous les yeux, et leur dire, mais attendez, ce ne sont pas les migrants qui ont fermé les usines dans ce pays et fait que les choses se sont délocalisées. Ce ne sont pas les migrants qui font que la répartition de la richesse produite est scalée sous nos yeux. Bref, il y a une opération de diversion. D'ailleurs, le clip de M. Zemmour est intégralement consacré à ces questions qui sont presque de caractère obsessionnel chez lui.

13:31
Invité

Alors, pas tout à fait. Vous avez sans doute vu, Adrien Cadence, il y a une petite parenthèse à un moment où Éric Zemmour dénonce l'immobilisme de toute la classe politique. Et on voit les photos d'Anne Hidalgo, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse. Il en manque deux des photos. C'est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi il l'épargne ?

13:48
Jean-Luc Mélenchon

Je ne sais pas. Posez-lui la question. Je crois qu'il n'a pas de raison de l'épargner. C'est parce qu'il a débattu avec lui il y a quelques semaines. Quand ils ont croisé le frère ensemble, je pense qu'on a clairement eu deux visions de la France qui se posaient. Non, ce que je voulais dire et plus important, si vous me le permettez, ce que je voulais vous dire, c'est qu'une fois que vous extrayez du discours de M. Zemmour toutes ses obsessions, et d'ailleurs, je me permets de vous dire que sur ce plateau, vous avez contribué à le faire. C'est-à-dire qu'une fois que vous sortez M. Zemmour de sa zone de confort, tout s'évapore, il ne reste plus rien.

C'est-à-dire que sur les questions économiques, c'est-à-dire que quand vous regardez son clip, par exemple, pourquoi M. Zemmour ne dit pas aux Français qu'il a l'intention de les faire travailler toujours plus longtemps ? Et moi, je vous explique en quelques arguments pourquoi c'est injustifié. Pourquoi M. Zemmour ne dit pas que son projet, c'est de ne pas partager davantage les richesses ? Lui-même dit qu'il veut être aussi le candidat de la grande bourgeoisie. Bref, quand vous retirez à M. Zemmour ces thèmes de prédilection, vous avez franchement quelque chose de très libéral.

14:37
Présentateur

Il dit que ces propositions, il va les faire plus tard.

14:39
Jean-Luc Mélenchon

Oui, bien sûr, plus tard. Sauf que, pardon de vous dire qu'on est juste à 3 mois et demi, 4 mois d'une élection présidentielle, et que pour se présenter comme candidat, il vaut mieux avoir un programme, en fait. C'est mieux. Il vaut mieux l'avoir avant l'élection, le programme.

14:50
Présentateur

Il doit pouvoir avoir ses 500 parrainages, Éric Zemmour ?

14:53
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, cette question des parrainages, c'est difficile pour tout le monde. Sans doute que certains vont tenter de barrer la route à des candidats. Et d'ailleurs, nous, on n'est même pas protégés de ce point de vue. Je vous le dis, c'est compliqué pour tout le monde d'obtenir les 500 parrainages. Nous, on est à un peu plus de la moitié. Comme lui. Et ça reste extrêmement compliqué. Non, alors, j'entends, y compris le sujet.

Il y a une résolution qui est proposée à l'Assemblée, qui, en quelque sorte, demande au gouvernement de demander au procureur d'être plus sévère sur les questions de peine d'inégibilité lorsque des personnes sont candidates alors qu'elles ont été condamnées, par exemple, pour fait de racisme. Bon, en l'occurrence, il y a un juge qui s'est prononcé pour M. Zemmour. Il a été condamné pour des faits de racisme. Et cette peine d'inégibilité, elle existe par ailleurs. Et le juge n'a pas jugé utile. Donc, moi, je pense que, contrairement à cela, M. Zemmour, il doit être combattu sur le fond. Voilà. Et c'est ce que Jean-Luc Mélenchon a fait dès le premier jour avec ce débat.

Et c'est ce que nous allons continuer à faire. Et d'ailleurs, je vous le dis, ce dimanche 5 décembre, nous allons faire à Paris un grand meeting avec Jean-Luc Mélenchon. C'est volontaire que ce soit au même moment ? Alors, je vais vous dire franchement, je vais vous dire le fin mot de l'histoire. Notre idée de départ, c'était que, vous savez que ce week-end, la droite choisit son candidat. Nous, on voit depuis un mois maintenant qu'on a le droit des débats télé de la droite tous les jours, qu'il n'y en a aucun dans le lot, outre le fait qu'il n'y a pas de leader qui s'impose très franchement.

Il n'y en a aucun dans le lot qui, finalement, reprend le flambeau en quelque sorte de Jacques Chirac vis-à-vis, en tout cas, de sa position particulière quant à l'extrême droite. C'est-à-dire que, quoi qu'on pense de Jacques Chirac, pour lui, c'était clair, il y avait un fossé entre lui et l'extrême droite, et si le fossé se rebouchait, il fallait recreuser. Là, on a plutôt une course à l'échelle. Au début, on avait placé ce meeting en se disant, c'est le lendemain de la mêche sur la droite, et donc nous, on dira, il y a autre chose dans ce pays, et on est là. C'était le sens de notre proposition.

Et d'ailleurs, je vais même vous dire, pour la petite histoire, je ne suis pas sûr que ça ait déjà été dit sur un plateau, comme on cherchait une salle à Paris, on a contacté le Zénith. Mais il y a déjà quelques semaines de cela. Et on nous a dit que le Zénith n'est pas disponible, on ne savait pas pourquoi. On sait maintenant pourquoi, et on l'a appris plus tard, c'est que le même jour, en effet, Éric Zemmour sera lui aussi en meeting.

Donc, ce dimanche, j'appelle toutes celles et ceux qui sont convaincus par la nécessité de faire France de tout bois pour relever les défis communs à venir à la défense avec Jean-Luc Mélenchon et le Parlement de l'Union Populaire, des personnalités qui vont rejoindre la campagne ce week-end, qui ne sont pas membres de la France Insoumise, à venir nombreuses et nombreux, parce que, oui, en effet, dimanche, à Paris, il y aura deux visions de la France, une nouvelle fois.

17:19
Invité

Et est-ce que vous soutenez aussi, ce sera la dernière question sur Éric Zemmour, ceux qui vont aller manifester contre lui, devant la salle du meeting ? Écoutez, je le comprends, je le comprends, et c'est la démocratie aussi de manifester. Maintenant, moi... C'est compris, comme lorsqu'à Marseille, le week-end dernier, on l'empêche de faire campagne.

17:36
Jean-Luc Mélenchon

Mais écoutez... La démocratie, c'est aussi ça ? Ça va jusque-là ou pas ? Monsieur Zemmour porte, en quelque sorte, incarne une vision qui correspond au choc des civilisations. Donc, c'est en quelque sorte une vision de guerre civile. Donc, partout où il passe, il y a effectivement des tensions. La démocratie ne doit pas être au-dessus de ça. Non, mais c'est lui qui sème le bazar. Vous voyez, hier, il était en train de déclarer sa candidature sur le plateau de vos concurrents de TF1 à quelques pas d'ici. Il y avait, je crois, une dizaine de cars de police, de gendarmerie devant TF1.

Ça veut dire qu'y compris le simple fait que cet homme présente sa candidature nous coûte déjà assez cher, quoi. Partout où il va, visiblement, c'est la pagaille, parce que c'est ce qu'il porte, c'est ce qu'il incarne. Donc, ce dimanche, vous avez en effet deux choses. D'un côté, une France fantasmée, qui d'ailleurs, en fait, n'a jamais vraiment existé, de M. Zemmour qui divise et qui fait diversion sur les grands sujets, de l'autre, avec Jean-Luc Mélenchon, nous disons, les vrais problèmes aujourd'hui, la pente des événements, c'est nécessairement faire France de tout bois pour relever les grands défis communs, le changement climatique, l'éradication de la pauvreté.

Voilà ce que nous avons à faire. Je crois que c'est plus enthousiasmant que le clip de campagne sur la 7ème de Beethoven, quoi.

18:41
Invité

Vous revenez dans un instant, rien qu'à Ténin, c'est le temps du fil Info, 8h51. Mélanie Delonnet. La droite choisit depuis ce matin son candidat à l'élection présidentielle. 140 000 adhérents LR peuvent maintenant voter sur Internet pour dépasser les 5 prétendants à la vestiture. Résultat du premier tour demain après-midi, du second tour samedi. C'est un fléau qui touche jusqu'à 1 million d'élèves. En France, le harcèlement scolaire arrive en débat à l'Assemblée nationale avec l'examen d'une proposition de loi pour en faire un délit spécifique, puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.

En Martinique, le ministre des Outre-mer se dit prêt à discuter de l'application de l'obligation vaccinale. Elle est repoussée au 31 décembre aux Antilles, toujours des barrages sur l'île. Tandis qu'en Guadeloupe, il y a eu une tentative d'incendie à la mairie de Bastère. Des petites boutiques de quartier, des grandes enseignes, des commerces en ligne. 1,5 million d'entreprises sont représentées en tout aux assises du commerce qui commencent aujourd'hui. 3 semaines pour trouver des solutions à leurs difficultés et imaginer l'avenir. France Info

19:47
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Toujours avec Adrien Catenin, c'est député de la France Insoumise du Nord. Justement, en parlant des idées, des propositions que vous faites, si Jean-Luc Mélenchon arrive au pouvoir, il promet de faire la révolution fiscale. Ça veut dire quoi ? Qui va payer plus ? Qui va payer moins d'impôts ?

20:07
Jean-Luc Mélenchon

Ça veut dire une chose toute simple, c'est qu'aujourd'hui, en proportion de leurs revenus, pas en valeur, mais en proportion de leurs revenus, les plus riches payent le moins. Voilà, c'est très clair. Les riches, les très riches, payent moins d'impôts que la classe moyenne qui porte l'essentiel de l'effort fiscal. C'est qui les riches ?

20:21
Présentateur

À partir de combien on est riches ?

20:22
Jean-Luc Mélenchon

Écoutez, par exemple, juste les 500 familles les plus riches qui ont doublé leur patrimoine en un quinquennat, qui ont disposé à plein régime des effets de l'ISF, de la flat tax de M. Macron. Et vous voyez par exemple que la suppression de l'ISF et la flat tax a surtout augmenté des sommes considérables dans les mains, des 0,1% les plus riches. Donc les plus riches paieraient plus, mais à partir de quel seuil environ vous estimez ? Je vais faire simple pour tous les auditeurs qui nous écoutent à cette heure. Entendez-moi, si vous gagnez jusque 4 000 euros par mois, si vous gagnez moins de 4 000 euros par mois, avec Jean-Luc Mélenchon, vous paierez moins d'impôts. Par personne ou par foyer ?

Par foyer. Par foyer ? Bien sûr. Donc 2 000 euros par personne ? Non, pardon, 4 000 euros, 4 000 euros par personne. 4 000 euros de revenus par personne, vous paierez moins d'impôts. Parce que ce que nous souhaitons faire, c'est passer d'un système qui aujourd'hui a 5 tranches d'impôts, qui concentre tout l'effort sur la classe moyenne, à 14 tranches, c'est-à-dire de beaucoup mieux lisser, répartir l'effort entre tous.

21:17
Invité

Aujourd'hui, le taux marginal d'imposition, c'est-à-dire le taux qui touche ceux qui gagnent le plus sur les derniers euros qu'ils gagnent pendant l'année, c'est 41%. On ne peut pas être taxé à plus de 41% sur une partie de ses revenus. Vous, ce taux maximum de l'impôt sur le revenu, vous le mettez à combien ?

21:33
Jean-Luc Mélenchon

Il y a une limite à l'accumulation, c'est-à-dire qu'à un moment donné, ou sur une tranche très supérieure, il faut dire ce qu'on dit, on prend tout. C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, il y a une limite à l'accumulation, on avait dit 400 000 euros. Au-delà de ça, il faut qu'il y ait une limite à l'accumulation. Au-delà de 400 000 euros de revenus annuels, vous prenez tout, l'État prend tout. Sur la tranche supérieure. Mais le message qui est le plus important pour moi, c'est de dire, oui, si vous gagnez moins de 4 000, et je crois que c'est la très grande majorité des gens qui nous écoutent, vous paierez moins d'impôts avec Jean-Luc Mélenchon.

Ensuite, il n'y a pas que la question des tranches d'impôts, il y a aussi la question de l'impôt universel que nous voulons instaurer. Vous savez qu'aujourd'hui, récemment d'ailleurs, je trouve qu'il y a eu assez peu d'écho à cela, on a appris qu'à l'échelle de la planète, il y avait 11 300 milliards d'évasion et de fraude fiscale. C'est-à-dire 42 fois ce qu'il nous faudrait pour stopper la fin dans le monde. Aujourd'hui, il faut qu'on dise une chose, c'est qu'en France, il y a à peu près 80 à 100 milliards d'évasion fiscale, et qu'avec Jean-Luc Mélenchon, nous voulons instaurer un impôt universel.

C'est-à-dire, peu importe où les gens s'en vont pour des raisons fiscales, ils paieront la différence entre ce qu'ils payent là où ils sont atterris et ce qu'ils auraient dû payer s'ils étaient restés en France. Ce qui veut dire une chose d'abord et avant tout, c'est que peu importe où vous allez, vous paierez la même somme, donc il n'y a plus d'intérêt à partir pour des raisons fiscales. Les Américains font ça, par exemple, avec une forme d'impôt universel. Donc les 14 tranches, l'impôt universel, et aussi le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune, qui n'aurait pas dû être supprimé. On nous avait dit d'ailleurs que ça allait relancer l'activité et l'emploi.

En réalité, ça n'a eu que pour effet l'accroissement des richesses entre quelques mains.

23:01
Présentateur

Adrien Quatennens, vous publiez « Génération Mélenchon » aux éditions du Seuil. On l'a lu et vous écrivez, page 233, « Ceux qui pensaient que derrière Mélenchon, rien ne tenait debout et qu'après lui, ce serait terminé, ont de quoi changer d'avis. » Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la succession se prépare aujourd'hui ?

23:17
Jean-Luc Mélenchon

Vous savez, moi, je réponds à cette question en vous disant que l'après, c'est trop tard pour moi. C'est-à-dire que vraiment, mon bouquin n'a pas pour but de parler de l'après. Oui. Évidemment que « Génération Mélenchon », c'est la génération qui incarne la rupture, qui est dépositaire d'un programme, un programme qui est disponible d'ailleurs lui aussi en librairie, je le dis, mais c'est important parce qu'il y a trois mois d'une élection, ça a son importance. Mais aussi, oui, de ces femmes et ces hommes que Jean-Luc Mélenchon a entraînés au combat et que vous voyez aujourd'hui occuper des fonctions politiques importantes.

23:44
Présentateur

Mais qu'est-ce qui se passe s'il perd la présidentielle ?

23:45
Jean-Luc Mélenchon

Non mais attendez, permettez-moi de vous dire une chose. C'est que je sais qu'à gauche, c'est peut-être la mode de considérer que les élections sont perdues et que d'ailleurs certains candidatent et préparent déjà en quelque sorte, oui, vous l'avez dit, l'après ou les législatives ou que sais-je. Non, pardon de vous dire que les sondages qui sont publiés aujourd'hui, c'est 50 à 60% de participation et que la clé, c'est l'augmentation de la participation populaire. Si par exemple, on avait des sondages à 80% de participation, ça n'est plus la même élection présidentielle et M. Macron n'est pas à 24%.

24:12
Invité

Quand Jean-Luc Mélenchon dit que c'est la troisième campagne électorale,

24:15
Jean-Luc Mélenchon

Adrien Quatennin, ce sera la dernière, est-ce que vous le croyez ? Évidemment, je le crois. Et je vais même vous dire, c'est pour ceux-là aussi que je dis que cette occasion ne doit pas être coupée.

24:22
Invité

Donc c'est l'Élysée ou la retraite politique, si je m'exemple.

24:25
Jean-Luc Mélenchon

La retraite politique, je ne sais pas, il dit déjà qu'il ne sera plus candidat à l'élection présidentielle. Et moi, j'alerte. Je sais que dans certains secteurs, il y a des gens qui s'en réjouissent, qui attendent ça patiemment. Pardon de vous dire qu'aujourd'hui, si Jean-Luc Mélenchon n'avait pas rompu avec le Parti Socialiste en 2008 et n'avait pas rompu avec certains conforts de situation pour ses idées, aujourd'hui, dans ce pays, il n'y aurait plus de gauche de rupture qui tienne la mer du tout. D'accord ? C'est-à-dire que face à M. Zébourg, ce n'est pas vrai, par exemple, que les pions sont interchangeables et que tout se vaut. Non, ce n'est pas vrai.

Et moi, je continue de penser, nous sommes persuadés, que puisqu'il y a une majorité d'adhésion pour des idées, quand on interroge les gens sur les mesures les plus structurantes de ce programme, un sondage l'a fait, il y a des taux d'adhésion qui sont massifs. Et pourtant, vous faites 10 à 80% à la présidentielle, à la dernière, en 2017. Eh bien, du coup, c'est bien là, ce que nous avons à faire, c'est précisément...

25:09
Invité

Comment vous expliquez ? 80% d'adhésion au programme, 19% à Jean-Luc Mélenchon.

25:13
Jean-Luc Mélenchon

Je vous l'explique très concrètement. C'est qu'aujourd'hui, on le voit, les secteurs populaires, les jeunes, les employés, les ouvriers s'abstiennent beaucoup. Et pendant qu'on est là à se dire, et que certains s'aiment le désespoir en disant « c'est déjà perdu, et puis si on n'est pas uni, ça ne va pas aller », vous avez plein de secteurs populaires où plus personne ne va, où les militants de l'Union Populaire, de la France Insoumise sont partout sur le terrain, qui n'attendent qu'une chose, c'est des réponses concrètes.

Et dans ce programme, il y a 694 mesures qui apportent des réponses concrètes au quotidien des Français, en plus de viser un but philosophique que je vous résume pour terminer, c'est l'harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. Et franchement, c'est autre chose que ce qui nous est servi trop souvent, à mon avis, à longueur d'antenne ou de clips ingénieux comme celui qu'on a pu voir hier. Donc rendez-vous ce 5 décembre à Paris, avec Jean-Luc Mélenchon et l'Union Populaire. Merci, bonne journée à vous. Merci de m'avoir invité.