AVOCATE DE LA FAMILLE DE SAMUEL PATY, DU 13 NOV, DE NICE : LES SECRETS INCONNUS DES ATTENTATS !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 32 %Défensif 63 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:32OuverteRéponse directe
Peux-tu nous parler de ton parcours et de ton métier d'avocat pénaliste ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Comment se complètent le droit pénal et le droit des affaires dans ton travail ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Peux-tu nous révéler des anecdotes inédites sur les prélèvements d'organes après l'attentat de Nice ?
- 6:09OuverteRéponse directe
As-tu déjà défendu un client que tu considérais comme indéfendable ?
- 7:31OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui t'a poussée à devenir avocate ?
- 11:38OuverteRéponse directe
Comment gères-tu les conflits entre avocats lors des procès ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:29non_speechFait
« Il y a aucune explication logique au prélèvement de ces organes. Aucune nécessité de l'enquête. »
- 23:17non_speechFait
« Elle me dit "Mais moi il a disparu mais je sais pas quoi." »
- 25:49non_speechFait
« Elle l'avait brûlé petit à petit dans la cheminée en petit morceau. »
- 39:43non_speechChiffre
« 78 % des Français pensent que la justice n'est pas assez sévère en France. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Virginie Lerois, une avocate pénaliste. C'est l'avocate qui s'est notamment occupé des victimes du 13 novembre et s'est occupé aussi de la famille de Samuel Patti mais aussi de l'attentat sur la prenade des anglais à Nice. Quand j'arrive, j'ai des [musique] clients qui me disent il faut qu'on parle de quelque chose. Nous, on voudrait récupérer les organes de notre fille. Et il m'explique que toutes les personnes autopsiées pour la tentat de Nice [musique] ont été entièrement vidées que les familles le savent pas. Elles ont toutes enterré des dépouilles vides.
Telle victime, femme de 40 ans, pourquoi est-ce que vous prélevez l'utérus ? Il me dit "Mais c'est pour vérifier si elle était enceinte." Ah bon ? Et ben alors et cette petite fille 6 ans alors c'est pour vérifier qu'elle était enceinte aussi. Bonjour tout le monde et bienvenue sur Légende. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Virginie Leroi. Vous allez voir, exceptionnel puisque c'est une avocate pénaliste. C'est l'avocate qui s'est notamment occupé des victimes du 13 novembre, de l'attentat en 2015, mais aussi de l'attentat sur la prenade des anglais à Nice le 14 juillet 2016.
Et s'est occupé aussi de la famille de Samuel Patti et notamment de Philippine qui a été tué dans le bois de Boulogne à l'âge de 19 ans seulement en sortant de son université. On va parler de tout ça, va nous raconter des anecdotes inédites, notamment du prélèvement d'organe qui a eu lieu euh après l'attentat justement et notamment même sur des filles de 5 ans. Elle va nous raconter des anecdotes, je ne savais pas, j'avais jamais entendu parler de ces histoires. Elle va nous raconter tout ça aujourd'hui.
Juste avant de commencer l'émission pour découvrir ce métier d'avocat pénaliste et avocat du droit des affaires pour le coup pour Virginie, on va remercier notre sponsor aujourd'hui, c'est Paris la Défense Arena qui est la plus grande salle de concert avec notamment le plus grand écran d'Europe. Il y a beaucoup de très gros événements là-bas et il y a des salons et des loges VIP. Alors, on pense toujours que c'est réservé aux entreprises et en fait tout le monde peut y aller.
Il suffit d'acheter son billet, ce qu'on appelle hospitalité et vous aurez une entrée différente avec carrément de quoi manger et boire à l'intérieur et donc vous pouvez aller prendre vos billets directement en hospitalité. Je vous mettrai un lien dessous comme ça vous pourrez voir par rapport aux événements qui arrivent prochainement. Il y a des très gros concerts. D'ailleurs, si vous prenez vos places en hospitalité, comme on dit, vous aurez accès aux meilleures places de la salle. Juste avant de commencer l'émission, je vous rappelle, on l'a annoncé il y a quelques temps qu'on part en tournée aussi avec légende. Ça va s'appeler le légende tour. Vous pouvez prendre vos places.
On va se retrouver dans les plus grosses villes de France. Voilà, c'est sur le site légende-t-our.fr. On part avec Philippe Box, médecin légiste. On part avec Julien qui est pilote d'hélicoptère tigre. On part avec d'autres invités qui se sont rajoutés, des artistes aussi qui se rajoutent à chaque date. On part sur 16 dates en octobre et en novembre 2026. On va faire les plus grosses salles de France avec vous. Un show en scène centrale où il y aura plusieurs invités qui viendront raconter chacun leur tour trois anecdotes inédites et extraordinaire puisque tout ce qui va se passer en salle restera en salle puisqu'on pourra pas filmer. Vous comprendrez pourquoi jourg.
En tout cas, vous êtes tous les bienvenus. Prenez des billets si vous voulez faire un cadeau à quelqu'un, venez en famille. Vous pouvez prendre des billets, venir avec des enfants, avec vos grands-parents, avec toute la famille au sens large. Vous pouvez faire des venir entre potes aussi. Il y aura des humoristes qui vont se rajouter sur certaines dates. Maxime Gasteuil sera avec nous à à Bordeaux. Il y aura Franck Dubos sur certaines dates. Vous verrez euh beaucoup d'artistes vont se rajouter. Donc c'est légende-t-our.fr. Vous êtes tous les bienvenus. J'ai hâte de vous rencontrer là-bas. Et c'est parti maintenant. On y va avec Virginie Leroi sur les gendantes. On y va.
Je m'appelle Virginie Leroi. Je suis avocat à Paris. Je vais vous parler d'affaires de terrorisme, d'affaires pénales, un peu de droit des affaires. Je vais vous parler de justice et puis aussi de comment on défend son client.
[musique]
Ben voilà, bienvenue Virginie. Je te reprends le clap. Bienvenue à toi. Bonjour. Avocat à Paris. Ouais, on dit avocat ou avocate ? On dit avocate. Merci en tout cas de de venir sur le plateau raconter ton parcours. Raconter donc on va parler du parcours comme on a l'habitude de faire dans l'émission pour bien comprendre les choix, les décisions de chacun mais comprendre aussi ton métier. On a fait jamais vraiment aborder le le le sujet de donc avocat en droit pénal tu es et en droit des affaires. Donc tu fais les deux. Euh c'est c'est a deux métiers qui sont différents pour le coup quand même. B c'est deux matières différentes.
Il y a plein d'avocats qui sont spécialisés mais c'est deux matières qui se complètent beaucoup. Ah bon ? Bah oui parce que c'est du contentieux. Faut défendre un client. On plete constituer un dossier. Finalement la méthodologie elle est la même. Euh et puis euh regarde une escroquerie. Tu piques de l'argent dans une société si tu connais pas le droit des affaires, tu défends pas bien au pénal. Donc tout s'entremêle. Finalement, c'est toi qui a qui qui est l'avocat de de la famille de Samuel Pati qui était prof d'histoire géographie euh qui a été tué quelques années. On va y revenir, on va parler de de tout de toutes les histoires.
Tu as contribué à élargir le terme de victime de terrorisme aussi par rapport aux deux filles qui ont été tué devant la gare Saint-Charles à Marseille.
une femme est arrivée avec un bâton et a essayé de repousser en mettant des coups à au terroristes et donc il a été victime euh voilà suite à ça même psychologiquement en va en parler tout à l'heure tu as porté plainte contre l'État on en parlera aussi mais par rapport à Samuel Pathie par rapport à fait que l'État ne l''est pas défendu c'est un vrai sujet et tu as révélé alors ça vraiment je l'ai appris en préparant l'émission sur ton sur ton sujet que il y avait eu une affaire de prélèvement d'organes sur des victimes de de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016, il y a un camion qui a foncé sur la cro des Anglais qui a tué, je crois, 86 personnes et blessé 450. Voilà.
Et il y a eu des prélèvements d'organes, même sur des petites filles de 5 ans sans aucune demande au préalable et sans aucun avertissement aux familles, sans aucune justification. Sans aucune justification parce que là, on parle de de d'organes, vous allez voir, on comprend pas trop. Enfin, quand on lit le dossier, c'est ce que tu m'as dit. Il y a aucune explication logique au prélèvement de ces organes. Aucune nécessité de l'enquête. Euh on va revenir juste quelles sont les les missions d'un avocat juste en en trois mots ? C'est plaider lors du procès, c'est-à-dire défendre ton client. Ouais. Euh parfois tu défends des gentils, mais parfois tu défends les deux. Les deux. Les méchants.
Tu acceptes les méchants. Oui. Moi, j'ai pas de Voilà, je suis avocat pour défendre un client. Donc euh ça matche avec le client, le dossier m'intéresse, je sais faire. Je suis en mesure de l'aider aussi. C'est important. Bon ben j'accepte ou je refuse le dossier mais voilà je suis pas que en défense ou que en côté victime les deux. C'est c'est tu as déjà réussi à à défendre un gars indéfendable entre guillemets ? Ouais. Euh bah s'il est indéfendable, bon ben on a plus ou moins de résultats.
Après ça m'est déjà arrivé de de refuser euh de défendre parce que parce que ça m'allait pas sur des infractions qui touchent des jeunes enfants et que la ligne surtout la ligne de défense de minimiser de trouver ça normal ne m'allait pas du tout intrassèquement quoi des donc là tu es maman. Ouais. Donc en tant que mère de famille, ça va toucher encore plus. C'est ça monde. Mais alors là vraiment évidemment évidemment tu tu projettes toujours sur sur ta famille, ton enfant évidemment. Donc toi tu vas donc plaider euh dans les procès. Donc tu vas plaider c'estàd tu vas défendre, tu vas parler à voix haute. C'est pas facile hein. Il y a beaucoup de monde et tout. C'est un sacré métier, hein.
Et mais tu vas aussi enquêter, c'estd que tu vas pouvoir payer des détectives privés pour qu'ils aillent chercher des preuves que tu avais pas pour alimenter un peu le dossier. Tu as toute cette partie là qu'on connaît moins d'avocat. Ouais, bien sûr. Et pourtant euh on la connaît moins mais elle est hyper importante. Si tu as pas euh des preuves, des éléments, des documents solides à présenté au juge, tu peux plaider 3 heures, hein. Il va pas te donner raison hein, il va regarder ton dossier. Euh voilà, lui il lui faut des preuves. Et donc c'est vrai que c'est super important d'aller chercher ses preuves à la source avec des détectifs privés, avec des experts. Voilà, c'est hyper important.
Tu voulais devenir avocate, enfin tu es devenu avocat à 25 ans, mais avant tu voulais devenir vétérinaire. Ouais. Et c'est quelqu'un qui va t'emmener voir un procès c'est mon oncle. Ouais, mon oncle il était journaliste fait d'hiver. Donc c'est les journalistes qui suivent les procès. Et un jour, j'étais en vacances chez lui et il me dit "Bon, allez viens, je t'emmène, il y a un procès d'assise." Et en fait, c'était un truc horrible. C'était deux jeunes filles qui étaient victimes de viol et d'actes de torture et barbarie. Donc, tu vois, tu as les violences et au-dessus, il y a les actes de torture et barbarie.
et l'une d'elles, elle était euh handicapée mental et en fait je la vois se lever et une victime, ça vient expliquer ce qu'on lui a fait subir, tu vois, la barre pendant l'audience. À l'époque du procès, elle avait 17 ans, donc une jeune femme, elle s'exprimait avec des mots d'enfants de de 5 ans, tu vois. Donc c'était hyper émouvant. Moi, j'avais les larmes aux yeux, vraiment les larmes aux yeux. Et il y a et c'était deux sœurs les victimes et il y a leur père et leur frères qui doivent venir témoigner parce que c'était important. Ils connaissaient ceux qui leur avaient fait du mal et ils viennent pas.
Et le président s'énerve, dit "Mais c'est pas possible, c'est quand même sa fille, ses filles qui sont là en victime, il devrait être là." Et là, chose assez rare, il dit aux gendarmes "Vous allez me le chercher en hélicoptère, je les veux là." Donc suspension d'audience, le stress qui commence à monter et puis finalement début d'après-midi, reprise d'audience et on voit deux bonhomme arrivé donc le père et son fils. Donc père et frère des victimes en s flottant, il remontent la la le grand couloir, tu vois, de qui sépare. Pas choqué, quoi. Ah mais non, mais incroyable. En si flottant, hop, il remonte le président foufourieux. Messieurs, on a dû aller vous chercher.
Euh mais enfin oui oui oui. Bon ok. Bon bah vous êtes témoin, on va vous entendre. Levez la main droite la main droite et d je le jure du témoin. Et là le père lève la main et il fait un salut nazi. C'est quoi ces gens ? Et là la salle enfin si tu veux tu entends une mouche voler quoi. Là c'est la sidération parce que c'est du mépris pour les victimes, du mépris pour sa propre fille. Il en avait rien à faire quoi. Et là, j'ai vu l'avocat se lever. Il était bourré ou il y avait un truc ? Non, non, même pas même pas même pas. Je pense que c'était vraiment, pardon, mais un bras d'honneur à l'institution judiciaire, quoi. Et un bras d'honneur à ses filles. Enfin, c'était incroyable.
Alors, c'est ces filles qui sont victimes. Ouais, ces filles qui sont victimes. Ils devraient être là à leur soutien. Enfin, tu comprends pas ce qui se passe en fait. Moi, j'étais jeune he j'étais j'avais 17 ans. Je me dis "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc de fou ? Qu'est-ce qui se passe ?" Et là, je vois un avocat se lever. Elle avait eu les mots justes et là je sais pas, je me dis mais non mais c'est ça que je veux faire, c'est ça c'était ta révélation. On a tous eu un mot. Ouais, exactement. Et en effet, j'étais en termin terminal S spécialité math vu. Et j'ai dis bah non bah tant pis.
Ah ou et j'ai eu de la chance parce que mes parents l'ont compris, je me suis pas fait engueuler, j'ai eu le droit d'aller en fac de droit. Enfin tu vois parce que bon Ouais ouais ouais ouais. Et c'est là que j'ai décidé, c'est un cataclysme intérieur en fait. C'était un truc de fou. Combien de d'années d'études ? 7 7 ans. Ouais. Tu vas te retrouver à ta première plédoirie. Ouais. Euh ça va pas bien se passer. Non. C'est là on a tous des échecs, des succès. Et là c'est pas ta meilleure et tu te fais tu te fais surprendre et avoir et tu vas comprendre des choses. Ouais. Je vais comprendre que c'est un métier difficile.
C'est comprendre que malheureusement le milieu des avocats n'est pas un milieu forcément d'entraide ou voilà. En tout cas ce jour-là ça l'a pas été. Et non non, je tombe contre un confrère qui a 30 ans de plus que moi d'une suffisance et il m'affiche un mépris mais d'entrée de jeu. Je plaide mon truc, voilà et puis il plaide après moi et il s'amuse à me tapoter l'épaule en m'appelant sa petite consœur. Oh madame le président, ma petite ma petite consœur vient de vous expliquer que mais non c'est pas ça et cetera quoi. Il joue le grand frère. Ah non mais enfin c'était horrible un paternalisme suffisant. euh infantilisant. Enfin, c'était c'était vraiment inapproprié.
J'aurais pu appeler le bâtonnier et voilà ce que j'ai pas fait. Quand tu as un problème à l'audience avec un confrère, tu te fais insulter, quelqu'un respecte pas les règles, viole la déontologie, tu peux appeler le bâtonnier à l'audience pour qu' le bâtonnier, s'il est élu par les avocats, il est c'est lui qui dirige l'ordre des avocats pour faire simple et c'est un peu notre référent. Et donc tu l'appelles et il y a un de ses représentants qui vient à l'audience régler le conflit entre avocat instantanément. Il y en a toujours Ouais. Ouais. Ouais. Tu as toujours quelqu'un qui est permanent le chef des avocats. Ouais. On naime pas dire ça mais en tout cas le représentant. Voilà.
et euh et euh tu as toujours un de ces représentants qui peut venir à l'audience régler les conflits entre avocats quand ça monte vraiment dans les tours quoi. Mais moi, j'étais jeune, j'ai pas du tout eu réflexe. Et puis alors c'était pas malin de sa part parce que la présidente, elle était jeune aussi, elle l'a regardé en se disant "Mais qu'est-ce qu' fabrique ?" Et puis voilà, j'ai gagné mon dossier, tout va bien. Mais quand même, ça te montre que il y a une évolution des mentalités à dans ce métier aussi quoi, par rapport à la place des femmes et que les avocats sont pas tous amis entre eux quoi. Non plus. Ça tu l'as vu après. Oui, bien sûr. Tu as des rivalités, tu as des guerres d'Oin.
Voilà. Euh, j'ai vu une vidéo hyper choquante là il y a pas longtemps où on t'expliquait que les avocats femmes devaient absolument pas faire de pénal parce que les hommes étaient machtaux parce qu'elles ne pouvaient pas, elles n'avaient pas la capacité de se faire entendre par les juges et que leur place finalement elle devait rentrer dans une case bien spécifique. On est en 2025, c'est quand même très choquant et c'est un avocat qui t'explique ça. Tu es commis d'office parfois, c'est choisi par l'État en fait. C'est c'est des clients qui te demandent pas quoi en gros. Non, alors c'est des clients qui demandent un avocat mais qui choisissent pas et puis tu choisis pas tes clients non plus.
Donc c'est la c'est le fond. Ah donc tu peux avoir des mésaventures. Une fois on m'appelle en pleine nuit pour une garde à vue et bon bah j'y vais et c'était il y a une antenne de commissariat de police au fond de la gare de Lyon au bout desqu donc tu vas en pleine nuit. Bon c'est pas super rassurant mais enfin tu vas et puis je tombe sur un un gars qui avait qui était sans doute à moitié fou. Il avait détruit un abri de bus à main nue. Est-ce que tu vois l'épaisseur du verre des verrs d'abus à main nu ? Et la garde à vue, tu as le droit à un entretien avec l'avocat. C'est strictement confidentiel. Tu vois, tu là, tu as 10 20 minutes 20 minutes d'entretien avec ton fille aussi truc.
Bah, est-ce qu'il va bien déjà ? Parce que à l'époque voilà euh est-ce qu'il a pas été blessé ? Est-ce que ses droits sont respectés ? Qu'est-ce qu'il veut ? Il veut que je prévienne sa famille, que je prenne contact. Enfin voilà, tu as pas accès au dossier mais c'est surtout un soutien pour le client puis voir si tout est fait comme il faut. Et en fait, je vois que le gars, il a les yeux injetés de sang, que ça va pas et cetera. Et un moment, il a mais un élan où je me dis je vais m'en pren une m'en prendre une et j'ai pas le temps. On a des boutons, on a des boutons d'alerte sous les bureaux.
Voilà, c'estàdire quand tu as quelqu'un qui est agité, qui est violent, tu sais que quand tu fais l'entretien d'avocat en garde à vue, tu as un petit bouton he les qu' a pas de policier à côté là. Non, c'est interdit. C'est confidentiel, c'est ultra confidentiel et tu sais que tu as un petit truc d'alerte. Ils te disent où il est si jamais tu as un problème. Je n'ai pas eu le temps d'appuyer sur le bouton, il était déjà à moitié à quatre pattes sur la table. Il voulait me frapper. Je pense que il vraiment avoir un problème psychiatrique. Et les policiers sont entrés. Je crois qu'ils avaient très bien vu le style de gars que c'était.
Ils attendaient derrière la porte et voilà, ils sont rentrés. Heureusement Ah oui, ils ont été rapides. D'ailleurs, quand quand tu fais tes études pour devenir avocate, on te dit une phrase, on te dit ton pire ennemi, c'est ton client. Clair quoi ? Bah, en fait, on t'avertit sur le fait que ton client ne va pas toujours suivre tes conseils et puis il peut te te mettre à mal une stratégie de défense en deux temps trois, trois mouvements. Ça c'est le grand classique. Et c'est pour ça qu'on te dit le pire ennemi c'est ton client. C'est-à-dire ne prends jamais pour argent comptant non plus ce qui t''est raconté. Toujours garder de la distance. Voilà, ça c'est hyper important.
Plus tu as de distance, plus tu as les idées claires et plus tu anticipes tous les coups aussi. Parfois tu as tu as tu tu vas tu dis en en garde à vue, est-ce qu'il y a des clients qui font des erreurs en garde à vue ? Tu les préviens de pas faire certaines erreurs ? Ouais. Ouais. La règle en garde à vue c'est silence. Déjà si tu es pas sûr ou que tu sais pas ou tu sais que si tu vas parler tu vas t'autoincriminer tu sais tu sais pas quoi dire et tu dis si je réponds je vais bah silence c'est un droit on a le droit de garder le silence et puis prudence quoi. Tu donnes rien. On verra après.
Et et j'avais un client qui était voilà placé en garde à vue pour des escroqueries dans le dans le secteur des anticaires parisiens, le milieu des antiaires parisiens. Il on avait pour énormément d'argent. C'était vraiment un gros truc. Et en plus, j'avais vu moi en arrivant au commissariat ce jour-là que bah il y avait, tu sais, tu as des petits bureaux pour les gardes à vue, tout affiché complet, quoi. Donc je me suis dit, bon ben ils ont chopé tout le monde. Voilà, exactement un coup de filet. Et puis donc je briefe mon client, je lui dis bon, on en est qu'au début, j'ai pas le dossier. Silence, prudence, l'idée c'est de tenir 48 he d'aller en prison.
48 he de la garde à vue, c'est durée moyenne. Donc c'est se taire pendant 48 he non tu peux répondre mais si tu es pas sûr ou si tu ta réponse t'incrimine. Non tu réponds pas. En fait ils ont le droit de parce qu'on dit aux États-Unis vous avez le droit de garder le silence tout ce que vous direz sera ru. Ça c'est vrai c'est pareil. Ouais ouais complètement. Tu as le droit de garder le silence et on ne peut pas te reprocher d'avoir gardé le silence parce que tu pourrais te dire ah bah il garde le silence, il a des trucs à se reprocher, ça va être retenu contre lui plus tard parce qu'il a pas parlé. Non, ça c'est interdit. Le silence en garde à vue, c'est un droit fondamental. Voilà.
Et tant mieux parce que on est complètement à l'aveugle pendant la garde à vue. Tu sais pas combien de temps tu vas rester, tu sais pas ce qu'ils ont contre toi, tu sais pas ce qu'ils vont trouver. Pendant la garde à vue, généralement, on en profite pour aller perquisitionner chez toi. Sais vider tous les tiroirs, chercher des trucs, on fouille ton téléphone. Donc vraiment prudence. Et lui, je sais pas, moi je lui avais dit, on en dit le moins possible. Le tout c'est tenir 24h ou 48h si c'est prolongé. Et puis après on avise. Et il a voulu euh je sais pas faire le mariol, prouver ceci ou cela.
Il leur a dit "Allez chercher mon téléphone, je vais vous montrer des trucs." Et ben je le regarde, je fais "Ah non, quand tu as les yeux qui partent comme ça, non, surtout pas." il y va et puis il sort une conversation, il dit "Mais voilà, regardez ce que j'ai mis, ceci, cela et policier fait ah oui, OK, bah donner donner voir et puis bah il remonte le fil de message, la conversation et là en fait il tombe sur des messages que mon client avait probablement oublié qui datait 2 mois avant où tu avais le nom de un ou deux bonhommes qui étaient dans les bureaux d'à côté quoi. Donc c'était fini le lien, il était fait mais évidemment évidemment.
Alors si on peut parler de de de tes pires clients puis après on va parler des très grosses affaires si tu veux bien. Tu t'es déjà retrouvé une fois en en procès avec un un client qui fait quelque chose et qui récidive instantanément avant même d'être sorti du tribunal. Mais tu sais que je suis sorti de là désespéré euh procédure d'urgence donc tu donnes tout. tu as très peu de temps pour réunir les pièces, tu vas machin et c'est des procédures en fait où souvent les gens partent en détention après. C'est c'est comme ça. Et là euh il est condamné mais il part pas en détention, il est libre. Donc super contente. Je sors de là, lui il repart chercher ses affaires avec des gardes en fait.
Voilà. Puis je revois les gardes arrivés avec un petit sourire et me disent "Ah bravo maî, vous l'avez sorti. la sortie de je fais oui oui puis je suis un peu surprise parce que les escortes les gendarmes c'est pas eux qui vont dire que exactement les escortes du palais les policiers mais ils vont pas venir forcément de féliciter d'avoir permis que le gars soit relâché tu vois donc je me dis bon voilà et puis euh puis il dit non non mais c'est bien mais par contre on va le garder parce que en fait il était en train de diler du cheat là quand il a repris ses affaires. Donc il va repartir devant le juge dans le palais de justice. Ouais dans le palais de justice.
Il avait caché d'une boulette de cheit, il avait attendu de faire sa petite affaire devant le tribunal, complètement improbable. Et puis après il a pas perdu le nord parce qu'on a recherché ses affaires, il a repris sa petite boulette de chit qu'il était en train de vendre et il s'est fait choper. Voilà. Donc je suis pas retourné quoi. Et puis j'ai j'ai un autre client. Quand tu es pas retourné, c'est tuas dit j'arrête. Non non ben non j'arrête. J'avais plus de crédibilité. J'ai pas retourné devant le même juge pour le même mec. Non, puis je trouve que c'est pas très respectueux du boulot de l'avocat aussi. Enfin, un moment ouais, je veux bien te défendre mais enfin bon.
Tu as parler quand même à ce monsieur là. Oh, je vais jeter un regard de loin parce que je l'ai revu passer avec les menottes. Je me dis mais c'est pas possible en fait si c'est le jour sans fin tu vois, tu dis non c'est pas possible. Incroyable. Et et j'en ai un autre qu'on a retrouvé sous à l'entrée de tribunal quand je devais plaider pour lui et il m'avait dit "Non, non mais je suis malade, je suis à l'hôpital, je peux pas venir, faut que vous ayez un report d'audience." J'arrive report d'audience, madame le président, il est vraiment pas bien.
Et puis là pareil, petit sourire et puis présidente qui me dit "Maître, il va bien votre client mais par contre on va le garder parce que il est en dégrisement." [ __ ] incroyable. Il était pas à l'hôpital du tout. passe pas à l'hôpital du dans les dans les crimes que tu as vu, tu as vu des affaires quand même sordides, est-ce qu'il y a une différence entre les crimes fait enfin crime fait par les femmes fait par les hommes ?
Est-ce qu'il y a une différence de manière de de violence de euh il y a de tout dans les deux genres, mais quand même tu peux déjà les femmes, c'est très souvent lié à la famille, voilà, tu sais, à la préservation de sa sécurité personnelle, familiale, des vengeances aussi, pas mal. Euh et c'est assez sophistiqué, je veux dire. Et puis les femmes, il y a un une autre chose aussi qui qui arrive et on en parle là en ce moment euh un truc très spécifique aux femmes, c'est le syndrome de Manchonzen par procuration. C'est quand euh des mères intoxiquent leurs enfants, donc leur fil des médicaments, du poison, le rendent malade en fait pour jeter l'attention sur elle. Voilà.
Et en fait, ça se termine de manière dramatique parfois parce que les enfants meurent en fait alors que elles veulent C'est Emine il a fait deux chansons là-dessus parce que sa mère avait ce syndrome et il a été maltraité parce que sa mère l'intoxiquait et il a fait des chansons là-dessus. Ouais. Ouais. Et elle avait ce syndrome là sa mère. Ouais. Ouais. Ouais. Tout à fait. Elle a envie d'avoir la lumière sur elleou pour qu' se victimise, se plainre, qu'on s'occupe d'elle ou te félicite par exemple de t'occuper aussi bien de ses enfants qui sont malades et cetera quoi. Sauf que ça devient des emploisonneuses. C'est c'est c'est de la psychiatrie là. Ouais. Ouais. Complètement complètement.
Enfin psychiatrie, elles sont pas déclarées folles, elles sont jugées pour certaines sauf s'il y a une autre pathologie. Mais en tout cas, oui, c'est assez sophistiqué parfois. Ouais. Si on peut parler d'une première affaire un peu grosse que tu as vécu, c'est celle de la veuve noire. C'est comme ça que tu l'appelles. On donnera pas plus de précision à part l'âge et cetera, mais comme ça on peut pas trop localiser la truc. Ça en France par contre, c'est française une vraie histoire qui s'est passée. C'est une dame de quel âge environ ? C'est une dame de 55 ans très chic de Paris. Attention, moi quand je la rencontre, tu vois, c'est manteaux de fourrure, le petit chignon, tout va bien.
Sur elle complètement. et euh et je la rencontre, elle est en garde à vue et elle m'explique, elle me dit "Mais je comprends pas, oui, mon mari a disparu, moi je débarque là, tu vois, je connais pas l'histoire, j'ai pas accès au dossier." Donc moi, première version, c'est elle qui me la donne. Voilà. Ils sont dans le business des diamants, dans le milieu des diamantaires. Donc lui, il fait souvent des allers-retours envers Paris. Il a aussi des contacts dans le sud. Euh c'est euh on voit que c'est une vie qui est dense où il y a de l'argent qui circule mais elle me dit "Mais moi il a disparu mais je sais pas quoi." Et te dit "Je sais pas" et te confie pas si elle est coupable ou pas.
Enfin en tout cas, elle te dit qu'elle l'est pas. Elle me dit qu'elle l'est pas très clairement. Elle me dit "Non, non, non, non." Et euh quand même, tu sais quand même que quand les policiers mettent quelqu'un en garde à vue, généralement c'est quand même qu'il y a il y a un doute en tout cas. Ouais. Voilà. Donc bon, c'est pas tu as déjà vu des gens qui av été mis en garde à vue qui n'avaient rien fait. Enfin, vraiment des erreurs. Ça peut arriver hein. Oui, oui, ça peut arriver. ou des soupçons qui sont pas confirmés. Oui. Oui. Les policiers peuvent avoir des bons motifs pour placer en garde à vue et puis bah voilà.
Euh en fait effectivement monsieur n'avait rien à voir avec complètement complètement. Donc tu es pas certaine. Donc là tu te dis bon non je suis pas certaine mais en même temps elle est sincère, elle est éduquée, tu vois. Tu dis bon quand même quoi. Et puis du coup je la défends bqu et ongle et à un moment on est convoqué pour une mise en examen. Donc ça c'est vraiment quand tu es incriminé officiellement par le juge. Et là toi tu tu es coupable quand tu es mise en examen. Tu es pas coupable, tu es pas encore jugé, c'est pendant l'enquête. Mais on te dit en fait c'est le signal d'alarme quoi.
On te dit euh on est encore pendant l'enquête mais le tribunal c'est possiblement pour toi parce qu'on a des charges concordantes solides de l'étape d'après quoi. C'est l'étape d'après dans le mauvais sens. Ouais. Et euh et là en fait se pose la question de la détention provisoire. Donc je me dis mais c'est pas possible. Et donc je vais voir la juge. Je dis mais attendez il y a pas de corps, on l'a pas retrouvé. Si ça se dit monsieur a disparu. Il est parti je me souviens lui dire ça. Il est parti avec une jeunette. Voilà et tout et bien elle me fait elle me dit doucement maître patienter vous allez voir. Et là je me dis mais mon dieu maisce qui va se passer quoi ?
Et en fait elle était sur écoute ma cliente. Elle était sur écoute et elle était sur écoute et elle papotait beaucoup trop et elle papotait surtout de ce qu'elle avait fait à son mari avec sa fille. Donc c'était son beau-père, c'était pas son père. Elle confié Ah ouais donc elle s Ouais. pas dit explicitement mais tu comprenais très bien à demi mots ce qui s'était passé et en fait elle avait effectivement tué son mari était plus heureuse.
Je crois pas que c'était un bonhomme évidemment mais enfin bon elle parce qu'il excuse évidemment le fait mais il y avait aussi beaucoup de de questions d'argent parce que c'est un milieu qui brassait quand même pas mal d'argent et elle avait découpé elle l'avait brûlé petit à petit dans la cheminée en petit morceau. Ce qui explique qu'on avait pas de corps. Voilà. Incroyable. Et là, tu la recroises ta cliente, tu lui dis euh "Ah ben à un moment, elle est mise en examen, j'ai le dossier." Je lui dis "Madame euh voilà quoi." Et elle m'a dit "Mais euh ouais, je pensais que c'était mieux pour que vous me défendiez mieux. Euh voilà." Et elle a tué son mari pour quelle raison concrètement ?
Pour l'argent, vraiment que pour l'argent. Alors, en fait, je pense qu'elle ne s'attendait pas du tout à être mise en examen. Enfin, elle est tu vois, elle a quand même tombé pour elle, son truc était complètement rodé et puis elle s'était dit "Pas de corps, pas de corps, pas d'affaire, ce qui est faux." Maintenant, enfin, on voit le dossier jubilard par exemple. Bah si, ouais. Euh, c'est pas parce qu'il y a pas de corps qu'il y a pas d'infraction, qu'il y a pas de procès et cetera. Tu disais sa fille donc c'est que sa fille était au courant par téléphone que son père a été tué. Ouais, fille. Ouais, c'était pas son père, c'était son beau-père. Voilà. Un nouveau mariage. Ouais.
Mais en fait, elle s'était je crois que ça allait soulager toutes les deux. Elle s'était accordée toutes les deux. En tout cas, la fille n'était pas complice. Elle avait pas aidé la mère à le tuer, mais elle avait été mise au commit. Ah oui, c'est pas une chose. Non, c'est pas la même chose. Complicité, tu aides. Tu vas chercher une arme, tu aides carrément à tuer. Enfin voilà, ne pas le dire, c'est de la non dénonciation de crime. J'allais te dire, est-ce que ça c'est illégal si par exemple ton meilleur ami te dit écoute voilà, je suis un peu voilà, je sais pas, j'ai j'ai tué quelqu'un qui m'a sauté dessus mais bon, c'est une bagarre qui a mal tourné. J'en sais rien.
Et que tu le dénonces pas à la police, est-ce que tu es coupable ? Ouais, c'est obligé de le dénoncer. Tu dois dénoncer les crimes dont tu as connaissance. Voilà. Sauf ta famille, ton enfant fait une grosse connerie, euh tue quelqu'un, tu es pas obligé de le dénoncer. Il y a une ce qu'on appelle l'immunité familiale parce que c'est horrible. Tu peux pas dénoncer ton enfant, quoi. Voilà. Donc ça, on l'exige pas. Tu as une de tes clientes qui s'est suicidé beaucoup de beaucoup d'histoire. C'est c'est une c'est une fille qui a porté plainte à à 27 ans euh donc plutôt jeune. Tu tu vas rencontrer. Qu'est-ce qui se passe ? Elle m'a beaucoup touché cette cliente. J'y pense souvent. Toujours ?
Ouais. Ouais. Je je pense très régulièrement à elle. Déjà on avait le même âge quasiment à un an près. Et puis elle vient me voir et elle me dit "Bah voilà, j'ai été vitée par mon père pendant des années. Je sais parce qu'elle s'était renseignée, elle était euh dit "Je sais que c'est bientôt prescrit, j'ai pas de preuve. Mais surtout le des preuves matérielles, tu as toujours des sous-vêtements, des draps, des choses comme ça. Là, ben évidemment 10 ans plus tard, que dalle. Et puis elle me dit "Mais voilà, je le fais pour mon fils, je il a 1 an et demi, en fait, je peux pas me regarder dans la glace si j'y vais pas quoi lui apprendre à mon fils si j'y vais pas donc on y va." Donc on y va.
Évidemment, c'est classé sans suite. Il disent, "Bah non, on n pas de preuve. C'était il y a 10 ans. Tant pis. Donc quand on a une plainte qui est classée sans suite en France victime, on peut passer outre en demandant la saisine directement d'un juge insuprition. Ce qu'on fait, on une enquête et puis on finit par avoir une décision d'un juge qui dit "Non, non, il y a des charges contre monsieur donc son père, je le renvoie en cours d'assise." L'audience est horrible parce qu'elle a toute sa famille contre elle, mais vraiment toute sa famille.
Euh, elle est courageuse, elle est super courageuse, elle tient bien le coup et puis on arrache une condamnation, elle fait condamner son père pour tous les violes et il y en a eu beaucoup qui lui a fait subir de ses 12 ans à ses 18 ans et à 18 ans, elle quitte la maison et elle s'en va. Il fait appel, on recommence en appel et je pense que c'est ça qui l'a c'était trop dur quoi déjà de faire condamner son père, c'est dur. Et là, il prend il prend plus, il prend 3 ans de plus, je crois, 15 ans. Hop !
Et puis on se quitte à la fin de l'audience et moi je suis contente, elle aussi soulagée, on se sert dans les bras et je lui dis, je m'en souviens parce que tous les matins, fallait arriver au milieu de cette famille qui était liguée contre elle, la vilaine petite menteuse quoi. Et et quand quand on a eu le dernier délibéré, je lui dis "Ben venez, on va on va traverser la salle et je vous je vous veux la tête haute." Je lui dis ça, je voilà, on sort de là la tête haute. Et elle me dit "Ah ouais ! Ouais, ça fait du bien. Hop ! Et puis une dizaine d'années plus tard, je Ouais, même pas une dizaine. Bref, je suis dans la même salle de cours d'assise pour un autre dossier et j'ai un coup de fil.
Et là, on m'apprend qu'elle sessu on s'écrivait hein, on avait une petite correspondance et j'ai l'impression qu'on le Ouais. Le sol se dérobait sous moi quoi. Elle avait pas supporté en fait toute la pression de de de mettre son père en prison. C'était trop dur et euh et voilà et c'est ça m'a rendu extrêmement triste et euh et je prends souvent à son petit garçon parce qu'elle elle a fait ça pour son petit garçon puis finalement elle a laissé son petit garçon et ouais ou il a pas laissé de l'être après ? Non non. C'est qui qui t'a prévenu ? C'est un confrère qui m'a prévenu. Ouais.
C'est un confrère qui la connaissait aussi et qui m'a voilà qui m'a passé ce coup de fil et et Ouais ouais ouais. J'ai eu un moment de Ouais, j'étais sonné. Tu as une histoire aussi ? Tu tu parles quand on prépare l'émission d'un homme obsédé sans empathie. Ouais. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Cette histoire, c'est celle d'un homme qui est absolument obsédé par sa voisine, qui est ma cliente, qu'il va suivre et il lui met des des cassettes porte dans sa boîte aux lette. Il l'aide avec sa fille. Donc il il l'enre et en fait elle refuse ses avances et un jour il l'attend dans un parc.
Elle elle vient de déposer sa fille à l'école et il a l'arde de coup de couteau mais vraiment vraiment plusieurs dizaines de coups de couteau. Elle est sauvée elle est sauvé inextrémiste par les jardiniers qui sont là qui lui sauvent la vie. Ils le font fuir, ils appellent les secours. Elle a ce qu'on appelle une toracotomie de ressuscitation. Quand le cœur est touché tellement gravement, des fois il faut ouvrir la cage thoristique pour pouvoir recoudre directement le cœur pour arrêter l'hémorragie. C'est ce qui lui arrive. C'est une survivante. Et en fait recoudre le cœur. Ouais. Directement. Et ce gars-là, il avait un vrai problème avec les femmes.
Il avait également essayé de tuer l'autre voisine de l'immeuble en laissant pour morte. Il l'avait poignardé avec un un pied de chaise et en fait, elle est à terre et elle a elle peut juste lancer le pied de chaise par la fenêtre et c'est un passant qui va voir ce pied de chaise plein de sang qui va se dire "Mince, il y a un problème !" Et elle a été sauvée comme ça parce qu'il l'avait enfermé chez elle. Et ce gars-là au procès euh Ouais. zéro empathie, la froideur, le regard noir quoi. Il a pas donné d'explication, il a rien dit, il les a regardé tout le procès comme ça et et tu voyais dans ses yeux qu'en fait il y avait rien à en tirer quoi. Il était pas allé au bout de ses trucs.
Cétait vivante mauvaise âme. Mais c'était quoi le profil du gars ? Est-ce que c'est un marginal ? Est-ce que c'est un gars qui travaille, qui a pété les plombs pendant 48 he ? Est-ce que c'est quand même un gars qui est récupérable et tu le voyais d'avance ? C'est un gars qui est pas fou parce que attention euh le gars a très bien compris ce qu'il faisait. Il a voulu ce qu'il c'est un gars euh qui je pense a nourri une haine profonde des femmes et surtout des femmes qui se refusaient à lui en fait.
Voilà, il avait un peu euh cette idée que bah une femme si elle lui demandait d'avoir un rapport sexuel avec lui, ben il fallait qu'elle l' et il a nourri cette haine et il est passé à l'acte parce qu'il devait les éliminer. Et au procès, il s'est montré Ouais. d'une d'une noirceur, d'une froideur glaçant. [ __ ] on va parler des expertises psychiatriques. Ben non, si tu veux bien. Il y a il y a des exper des expertises psychologiques dans certains cas. C'est quoi ? C'est que quand il y a quelqu'un qui meurt qui a un décès ou c'est à partir de quel niveau qu'on fait une expertise psychologique ? Alors, l'expertise, elle est obligatoire en matière criminelle.
Si la personne a commis un crime, quel que soit le crime, euh, il y a une expertise et elle est aussi obligatoire. pour les délits. Donc c'est les infractions un peu moins moins graves. Bah pour les pour les infractions de nature sexuelle forcément tu en a qui arrive à se faire passer pour des fois alors qu'elles le sont pas. En fait la justice elle a des parades et puis elle a surtout des experts et puis tu peux demander une contrexertise si tu es pas d'accord. Donc on va se faire passer pour fou alors qu'on les pas c'est compliqué très très compliqué. qui avait quelqu'un qui les avait fait qui leur fait du mal.
Je pense on s'en fiche au sens large et qui ont pas pu finalement les méchants ont pas pu être jugés parce que ils ont réussi à se faire passer pour c'est quand même on peut avoir les psychologues en fait. Oui. Mais c'est quand même compliqué et puis surtout quand une victime elle veut son procès. C'est super douloureux hein pour la victime quand tu lui dis bah non désolé il est malade il est pas responsable, vous n'aurez pas de procès. Parce que c'est ça l'enjeu au bout. Donc tu demandes des contrexpertises, tu le fais passer à la moulinette. Tu parlais tout à l'heure de détective privé, tu disais tiens euh tu as même eu des histoire un peu dangereuse.
On va en parler mais c'est à quel moment est-ce que tu peux nous raconter une histoire ? Je crois que tu tu vas suivre la la il va suivre la mauvaise personne. Il va tromper le détectif. Je m'ate un détectif parce que euh je représentais une compagnie d'assurance sur un accident mais qui avait avec des gros enjeux financiers où vraiment le préjudice était important. C'est après je dis c'est quelqu'un s'est fait mal qui a demandé à l'assurance de l'argent. Exement, il va demander de l'argent pour compenser un tas un tas de préjudices qui puisse plus aller travailler et puis aller travailler. Il est immobilisé, il a voilà et moi je sens qu'il y a un truc dans le dossier.
Je me dis quand même c'est bizarre, je le sens pas. On parle de quelle somme parfois on préjudice quand on a un accident comme ça ? C'est très gros. Ouais, ça peut être très gros. Moi, j'ai eu des dossiers par exemple où accident de moton finitque alors que le gars était jeune vingtaine d'années parce que plus tu es jeune, plus ça vaut cher parce que tu as toute ta vie normalement devant toi. Des années pas consommées quoi. Exactement. Tu peux monter euh à plusieurs millions d'euros hein sur voilà parce que tu as un tas de préjudices qui se cumulent. Tu peux plus faire d'études alors que c'est sûr tu aurais été ingénieur, tu aurais gagné 30000 € par mois. Tout ça va être indemnisé.
[ __ ] tu peux plus marcher. Attends, mais qui décide combien c'est ? Bah le juge, il y a des barês précis, donc tel poste de préjudice professionnel, préjudice sexuel, préjudice d'établissement, c'est quand tu allais faire ta vie, tu allais te marier et puis ta fiancée, elle te plaque. Ah ouais, tu deviens paralysé. Bon ben ça, ça c'est un prix. Ouais. Attends, mais il est où ce barême ? Ah bah, ça s'appelle le barem d'intiac et tu as tous les postes de préjudice que tu peux indemniser. J'ai jamais entendu parler. Et c'est des experts médecins qui vont examiner et dire "Ah bah oui, en effet, ah bah monsieur pourra plus jamais repasser, remarcher un doigt en moins ça coûte de l'argent.
Un doit en moins, ça coûte de l'argent. Deux doigts, ça coûte deux fois un doigt. Non mais c'est vraiment comme ça. Mais ouais, bien sûr, bien sûr. Des troupes de la mémoire, des troupes du sommeil, une dépression. Tu as un accident qui te traumatise, tu as une dépression, t'en sors pas. Tout ça, c'est indemnisé. Tu prends un coup sur la cerise l'autre. Là, il y a il y a un lampadaire qui est tombé dans Paris sur un homme. Ouais. Miraculeusement, il n'est que blessé légèrement. Ça lui tape sur le truc mais à rat. Et donc du coup, bon bah il est tombé par terre, il y a eu des photos dans Paris il y a quelques temps. Le pauvre.
Si jamais il avait été, je sais pas un peu abîmé là la mairie, hop, il attaque et c'est l'assurance va dire tiens, c'est la mairie de Paris qui doit payer parce qu'ils ont pas sécurisé. Ouais. la mairie de Paris ou n'importe qui. Donc si dit "Je suis devenu amnésique où j'ai perdu on a fait une émission sur le sujet j'ai perdu ça claque j'ai perdu euh je peux plus travailler". Il sera vu par un expert médecin qui va déterminer exactement les préjudices qu'il a. Donc moi je suis mandaté, je suis l'avocat d'une compagnie d'assurance, il y a un accident de voiture et une jeune femme qui est qui est accidentée qui a 18 19 ans et euh voilà elle fait état d'un tas de préjudices.
Elle peut plus aller à la fac, elle peut plus apprendre ses cours parce qu'elle arrive plus à mémoriser et cetera et cetera. Et je sais plus pourquoi, mais je me dis mince, c'est bizarre, je le sens pas. Hop, je ma cliente, écoutez, on va faire une surveillance d'une semaine juste pour s'assurer qu'elle va à la fac, que ceci, que machin, tout ça, pas de problème. Je mandate mon détective privé. Voilà madame machin truc n il revient avec un rapport d'expertise. Il me dit "Mais super, elle va à la fac tous les jours, elle mange au restoyu avec ses copines, elle sort même avec ses copines le soir et tout." Super, je balance mon rapport de détective privé.
Un avocat quand il veut défendre devant un tribunal, il fait des conclusions, tu sais. On on écrit notre argumentaire, conclusion tout. Je me dis là, tu dis "C'est bon, je les ai dit Ah bah oui là je me dis mais attendez c'est une fraude à l'assurance c'est affreux. Je me prends une plainte pénale c'est-à-dire qu'on dépose plainte contre moi pour escroquer au jugement et en fait grave ouais ce qui est super grave et en fait le détective s'était trompé il avait suivi la jumelle parce qu'il avait une sœur jumelle donc il s'était complètement trompé de cible et donc voilà la plainte. Alors, j'ai pu démontrer que j'étais de bonne foi et ça a pas donné grand-chose.
Mais il faut faire attention quand on mandate nous des experts, faut vraiment faire attention. C'est c'est c'est c'est des emmerdes les détectives privés quand quand ils se trompent comme ça. Mais tu as tu as une autre histoire aussi avec des victimes qui disent "Je peux plus rien faire." Tuas tu prends un détective privé qui a pris des photos où elle en fait finalement elle a la salle de sport alors qu'elle disait qu'elle pouvait plus rien faire et cetera. Et donc parfois c'était des là c'était des pour toi mais sinon c'est très utile en privé. Ouais. Ouais. Mais toutes sortes d'experts c'est utile en fait parce que ce que tu veux c'est de la preuve.
Ce que tu veux c'est démontrer au tribunal que ton client il a raison. Ce que tu veux c'est éviter des condamnations. Donc tu dois avoir de la preuve. Là, en effet, pareil, accident de voiture et puis vraiment non, je peux plus rien faire, je peux plus sortir de chez moi et puis en fait, on a des magnifiques vidéos, salle de sport, courses, tout va bien quoi. Et ça, bah évidemment c'est incontestable. On va parler de l'attentat du 13 novembre et de et de Nice. C'est toi qui étais sur le sujet. Tu défendais les les victimes. Donc, tu disais c'était 100 victimes à Nice environ. C'est ça. Tu as travaillé pour pour ça.
Il y a un sondage qui qui sondage de l'Institut Verriant qui qui date un petit peu mais de octobre 2024. Mais c'est pour avoir une idée, c'est important de prendre des chiffres. 78 % des Français pensent que la justice n'est pas assez sévère en France. Donc c'est quand même 8 français sur 10 he 78 % c'est beaucoup. C'est quand même un truc global. Quel est ton avis toi qui bosse depuis 23 ans tant qu'avocat ? Est-ce que tu trouves qu'effectivement c'est pas assez sévère ou est-ce que tu trouves que c'est un mauvais jugement de la part de 78 % des Français ? Si s'il y a un ressenti comme ça, c'est quelque part il doit y avoir quelque chose à faire parce que le pourcentage 80 % c'est énorme.
C'est énorme. Ça veut dire qu'il y a une perception de la justice en tout cas qui est pas adéquate. Ça veut dire que la justice pour 80 % des Français n'est pas rendu correctement. Donc là il y a une remise en cause à faire forcément. Euh la sévérité, moi je l'ai vu hein parce que sur des gros dossiers quand même quand tu as des sur les attentats des des peine de perpétuité incompressive, bon c'est c'est le max qu'on puisse faire. C'est tout à fait mérité. Donc la sévérité, je le vois mais je peux comprendre que le ressenti soit pas euh Toi, tu as déjà vu des condamnations beaucoup trop légères sans les citer où tu t'es dit franchement s foutait de gueule. Ouais, je l'ai vu. Ouais. Oui. Oui.
Oui. Oui. Mais souvent dans les justices d'urgence, je sais où c'est à la chaîne et là Ouais. des fois tu le tu le vois quand on préparait l'émission, tu parlais souvent de la justice américaine. Tu il y a une vraie différence. C'est quoi la différence ? Beaucoup plus sévère là-bas. Bah déjà c'est ben voilà euh le le [rires] au bout du bout là-bas les peines sont euh cumulables si pas de bêtise. En fait déjà un tuas la peine donc tu prends 20 ans plus 10 ans plus 30 ans plus 50 ans plus 60 et donc du coup tu as 200 ans de prison. Un tu as la peine de mort déjà bon l'enjeu il est maximum et puis en effet il cumule les peines de prison mais ça n'a plus de sens.
Quelqu'un qui prend 300 ans de prison, enfin ça a pas de sens. Ici c'est on prend la plus la plus élevée, on applique la plus élevé, là-bas, on additionne. Voilà. Et puis elle a des mesures sur les dommages à intérêt. Ça n'a absolument rien à voir. Comme quoi, bah nous les dommages à intérêt, tu répares un préjudice et on dit sans perte ni profit. Faut pas que tu es perdu de l'argent mais faut pas que tu en a gagné. On doit juste réparer. Donc un café qui fait parce qu'il y a eu des exemples comme ça aux États-Unis avec Starbucks, je je crois. Oui oui.
Qui qui ont fait tomber un café qui est tombé voilà sur une cuisse de quelqu'un qui a été brûlé pour le coup vraiment 50 millions de dollars voilà 50 millions de dollars [rires] 50 millions de dollars pour une bé on a tous envie d'arriver chez Starbucky bien sûr tout tout le monde va chez Starbucks dans le weekend 50 millions ouais c'était pas sur le visage en plus si je dis pas de bêtises non c'est sur les cuisses sur une cuiss donc il y a quelques mois il y a eu une vidéo virale je sais pas si tu l'as v porte vitrée mais comme nous on peut s'en prendre voilà bon une fenêtre trop propre et tu te la prends dans la gueule, tu as une bosse, tu t'en vas et puis voilà 120 millions de dollars.
Mais parce qu'aux États-Unis les dommages et intérêts, c'est pas seulement pour indemniser la victime, c'est aussi pour punir l'auteur. Et c'est pour ça que ça grimpe. Ça s'appelle les punitif d'amades. Et en fait, donc je vais te condamner, je sais pas moi, à 200 € ou 1000 € parce que bah madame, elle a besoin de 1000 € pour réparer ses préjudices. Voilà, sa paire de lunettes qu'elle a cassé. qu'elle a cassé son pantalon qui est abîmé par le café brûlant. C'est un beau pantalon. Hop.
Mais en plus parce que tu es Starbuck, que tu vends des millions de cafés dans le monde et que vraiment tu deviens un danger public si tu brûles beaucoup de gens, je te condamne à 100 millions de dollars en plus. C'est ça en fait un peu le le système. C'est pas du tout chez nous ça. Tu tu as travaillé sur on disait donc sur sur les dossiers. Comment tu te retrouves à défendre les victimes de de des attentats par exemple du 13 novembre ? Commencer par celui-là. Alors, ça c'était la première fois que j'étais appelée pour du terrorisme.
Euh bah, un jour, j'ai un coup de fil d'une d'une dame qui connaissait en fait une amie à moi tout simplement et qui m'appelle en disant voilà, j'ai j'étais j'étais au Bataclan, est-ce que vous accepteriez de me défendre ? Et je commence comme ça et puis ben voilà, de fil en aiguille, j'en défends plusieurs. C'est c'est quoi ton rôle en tant que avocat des victimes lors d'un procès où il y a quelques survivants en terroristes, mais finalement c'est quoi ? C'est aussi pour aller réclamer auprès de l'État. Euh c'est à la fois de de dire à l'État, vous avez pas fait votre travail de de précaution, de voilà de sécurisation de des gens qui étaient dedans.
C'est aussi de pour évidemment pour s'occuper des terroristes. Est-ce qu'il y a d'autres tu vois choses qu'on ne connaît pas dans ton travail à toi ? Ouais, il y a beaucoup de choses. C'est d'abord euh bah savoir ce qu'elle veut. Oublie pas, moi je suis là pour défendre une un client. Qu'est-ce que vous attendez de ce procès ? C'est quoi ? Et là, tu vas avoir des réponses totalement différentes. Je veux une peine exemplaire. Je veux comprendre. Moi j'ai ça. Il y a des gens he clan. Bah voilà. Moi en fait à partir du moment où j'ai entendu le premier tir de cala jusqu'à l'arrivée de la BRI, je me souviens de rien. J'en ai une cliente comme ça. Allez-y. Ouais.
Je veux reconstituer mes souvenirs. Je veux que vous me trouviez tout ce qu'il y a dans les 450 tomes du dossier pour que je puisse recouvrir ma mémoire. En fait, elle il y a que ça qui l'intéressait et elle est restée les 10 mois au procès pour essayer euh de de retrouver sa mémoire petit bout par petit bout. Il y en a d'autres qui vont te dire "Moi, j'en ai rien à faire du procès, je viendrai pas." Et vous m'envoyez surtout rien vous m'envoyez pas les comptes rendu d'audience, les machins, je veux rien. Donc c'est très variable d'un client à l'entre. Donc tu vas Ouais pour soutenir l'accusation, pour essayer avoir une grosse peine. Tu vas pour avoir des dommages et intérêt aussi.
Il y a des gens que c'est normal aussi bien sûr ou pour avoir une espèce de vérité mais qui sera jamais parfaite forcément. Qu'est-ce qui t'a marqué toi qu'on a pas trop entendu dans les médias où tu t'es dit puttin ça c'est une scène on a sur les attentats de Paris sur Oui. sur ce procès là. Ouais le le début le début était dingue parce que c'est la première fois qu'on avait un grand procès dans une énorme salle d'audience de 600 places. C'est on imagine pas. Et en fait quand on est arrivé, c'était tellement sécurisé, il y avait double portique de d'aéroport. Donc déjà nous, on n'est pas habitué, on rentre au palais, on a notre carte professionnelle, on rentre comme dans un moulin.
Donc même les avocats étaient à ça. Et puis ben tout le monde attendait les les terroristes, tu vois, les les 14 à venir, c'était impressionnant quand même hein. Enfin, le le à l'époque les les ça avait secoué la France entière, Paris particulièrement. Ça a duré 10 mois d'affilé. 10 mois de Toi, tu es allé pendant 10 mois là-bas ? On traille à temps plein pendant quasiment une année quoi. Ouais, 10 mois. Ouais, ouais, ouais. Et euh c'est de l'endurance, faut tenir le coup jusque 10 mois. Et puis la première journée d'audience, elle est dingue parce que bah tout le monde voulait voir Salab d'Eslam évidemment forcément.
Et en fait, le président il a été tout de suite, il voulait pas et il avait raison que il soit un peu sacralisé, tu vois, qu'on attende trop de laab d'eslam. Et au début d'un procès d'assise, les accuser levez-vous nom, prénom, professione. Donc le président P lui dit "Bon ben monsieur Abdesslam déclinaz nom, prénom profession et il dit Abdesslam Salah, je suis combattant de l'État islamique." Et là le président le regarde et lui dit "Ah bon ? Parce que moi sur mes filles, j'ai rimè et là il y a tu sais a un bruissement de rire dans la salle et ça y est démarrer le procès et lui il était désacralisé.
En fait c'était une manière de lui dire non non c'est la justice française démocratique donc tu es pas combattant de l'État islamique hein. Tu réponds à nos questions et sur ma fiche tu es intérimaire. Donc molo. On a fait une émission pour les 10 ans à l'occasion des 10 ans de l'attentat. On avait plusieurs victimes qui sont venues parler. On a eu aussi le le patron, l'ancien patron à l'époque du raid et cetera et notamment le médecin du raid qui sont venus nous raconter leur version, leur vision de cette journée par leur prisme à eux. Et il y avait Stéphanie qui était là, qui était une victime et qui a eu l'envie et euh qui nous a raconté ça.
Voilà, sur les gens dont on écoute absolument tous les points de vue et tous les avis sans les juger en essayant de comprendre tout le monde. Et donc elle, elle a eu envie et besoin d'aller parler à sa d'islam. Elle disait, elle en a parlé à son avocat qui lui a laissé se confronter quelques instants et elle a été un peu touchée. Apparemment, lui aussi se serait fait des coucous pendant le le procès. Ça a beaucoup pétonné cet extrait. Ça a beaucoup tourné. J'ai vu un peu partout. Est-ce que toi tu as vu des choses comme ça un peu euh surprenantes ?
Ouais, mais ça je m'en souviens très bien parce que même pendant le procès, on l'avait su et ça divisait des gens dans dans le public, c'estàd Ouais. Ouais. Tout à fait. dans le public des gens qui assaient au procès. Ouais. Ouais. Après euh il y a souvent ce besoin, moi je l'ai eu d'une d'une maman qui avait perdu sa fille, qui avait été tuée et qui voulait absolument aller voir l'assassin de sa fille qu'elle connaissait pas. C'était pas un meurtre au sein de la famille ou quoi que ce soit, mais elle voulait absolument aller le voir en prison et lui ne voulait pas il voulait pas se confronter à à la mère ah à bah à la mère de sa victime. Non non, c'était trop dur.
Mais elle n'en démordait pas. Donc oui, il y a il y a ce besoin par moment. Ouais. Toi, tu as compris ça justement en voyant Stéphanie ou d'autres avoir envie de Oui. Bah après, ça s'appelle la justice. Alors, il il y a un nom, je sais pas comment on appelle ça mais ça s'appelle la justice restaurative. Ouais. Apparemment donc c'est 10 ans après les attendants, on en parle là, mais c'est sur ça date de quelques années. Le procéd en 2022. Euh, apparemment, il aurait proposé euh de participer à la justice restaurative de son propre chef Saf d'islam en disant tiens, je je veux bien rencontrer des victimes pour passer un moment et parler avec eux, si je dis pas de bêtises.
Est-ce que tu as entendu parler de ça ? Oui. Oui, j'ai entendu parler parler de ça et ça m'a beaucoup choqué. Moi, moi j'y crois pas très sincèrement. Euh faut quand même se remettre Salabdislam comme je te le disais, il est arrivé à son procès, je suis combattant de l'État islamique, il a gardé le silence quasiment toute l'audience et du coup ça instauré une forme de chantage parce que les victimes, nous avocat la cour, on voulait savoir ce qui s'était passé, pourquoi il a pas déclenché sa ceinture, enfin comment sont préparés les attentats.
on était là pour des réponses et on était un peu ouais au tage de son bon vouloir je parle je parle pas et cetera et puis il a essayé il a pendant le procès beaucoup minimisé sa responsabilité et venir 10 ans plus tard dire coucou je voudrais une justice restaurative je trouve que c'est facile. Et la justice restaurative ça ne marche que si on reconnaît les faits. Alors là, il reconnaît pas et en plus comme vous le savez, on l'a vu, il y a quand même de la propagande djihadiste, de lei d'Al-Qaïda qui a été trouvé dans sa cellule des clés USB. Donc j'y crois pas. Je pense que c'est euh c'est une manipulation tout simplement.
C'est déjà c'est déjà arrivé de la justice restaurative suite à un procès terroriste, suite à un attentat terroriste. Est-ce qu'il y a déjà eu ça ? Non, il y a jamais eu. Il y en a eu en Italie. Il y en a eu en Italie. Euh et je crois que ça fonctionne mais encore une fois suppose que l'auteur face un mand honorable qui reconnaisse les faits et qui soit déradicalisé. Je suis pas certaine que Salah Abdesslam soit déradicalisé. Il y a eu un attentat en octobre 2017 à la gare Saint-Charles à Marseille. Un homme a tué deux filles en les égorgeant. Je crois qu'il arrivait par derrière. Assis sur un banc.
Euh toi, tu as tu n'as pas travaillé sur ce dossier à proprement parler, mais tu tu as fait quelque chose. Est-ce que tu peux raconter ce que tu as fait là ? Ouais, moi je je défendait en fait les deux jeunes filles sont euh sur le parvis de la gare et ma cliente, elle est assise à côté. Elle revient d'un séminaire bouddhiste, donc elle est euh vraiment en plénitude de paix, euh de bonheur et cetera. Elle est pas en orange. On imagine c'est c'est on imagine elle a un bâton avec un drapeau avec un mantra de paix quoi. Elle revient de son séminaire. Elle est détendue.
Elle est détendue, elle est heureuse et elle s'installe à côté de ses deux jeunes filles sur un banc du cou sur un banc sur le parvis de la gare et euh le terroriste surgit et il poignarde et il égorge les deux jeunes filles. Et en fait, elle voit ça, elle se lève et elle essaie en fait d'interrompre de l'interrompre et avec son bâton qui a un mantra de paix, c'est quand même fou, elle tape sur le terrorisme pour qu'il s'arrête. Et puis très vite les militaires arrivent, sentinelles, il l'écart, il neutralise le terroriste. Tu vois la vidéo de ça en caméra de surveillance ?
Après, il y a des camion dossier, il y a des caméras, tu vois de loin mais tu vois pas euh tu vois la scène, ça se passe hyper vite. Et elle se fait pas attaquer par le terroriste. Non non, elle se fait pas attaquer. Ils ont un échange de regard, ça c'est elle qui me le raconte. Un échange de regard, elle d'incompréhension et lui de regard noir quoi. Videè pas d'humanité. d'humanité, il crie à la wak. Voilà, il est là pour ça et puis très très vite sentinelle arrive. Donc les militaires, les militaires, il le neutralise et elle vient me voir et elle me dit "Ben moi, je je veux voilà, je elle a eu très très peur. Enfin, on imagine de de voir deux jeunes filles se faire égorger à côté de soi.
Elle a eu le courage de pas, elle a eu un courage infini. Coup de bâton, c'est là, c'est vraiment l'instinct qui parle. On se lève, on tape. Voilà. Et mais quand même et puis elle avait beaucoup de considération pour ces deux jeunes filles qu'elle a vu mourir et donc elle voilà c'était aussi une forme dommage pour elle dire mais moi je veux participer à ce procès, je veux être là. Et en fait et ben la justice a considéré dans un premier temps comme elle était pas visée par le terroriste, elle était pas victime alors qu'elle était traumatisée hein. Enfin, on peut pas nier à cette femme le fait qu'elle soit traumatisée.
Et puis bon, on s'est je me suis battu et puis on a fini par la faire reconnaître victime. Mais les procès sont très longs en France. procédures sont très longues et quand on l'a fait reconnaître en fait c'était la fin de l'enquête et puis ben lui le terroriste, il avait été tué par Sentinelle et les gens autour qu'on avait arrêté ses frères finalement n'ont pas été reconnus comme complice. Donc le dossier s'est arrêté là. Ouais. Euh tu tu as travaillé sur l'attentat de de Nice. On va en parler mais là on parlait de la gare Saint-Charles. Je demandais s'il y avait des des images. C'est toi pour le procès en tout cas tu tu vois pour bien comprendre pour pouvoir plaider précisément.
Tu as dû voir des choses quand même très désoléables dans ta dans ta carrière. Tu vois des photos ? Est-ce que tu as des trucs de d'autopsie ? Des trucs comme ça quand tu bosses sur des sujet de meurtre, tu vois visuellement toi ? On a tout au dossier. Un dossier ? Ouais. Ouais. En tant qu'avocat, on a accès à tout le dossier euh et un dossier d'enquête, c'est bah des écoutes, on en a parlé, c'est évidemment la scène de crime. Et la scène de crime, elle est vraiment détaillée en petite en séquence. Donc tu as tous les détails avec les photos, avec des vidéos s'il y en a. Donc tu as en effet tout le détail de la scène de crime et les autopsies s'il y a des autopsies.
Et psychologiquement tu tiens quand Oui, je je moi je m'est arrivé d'être très ému, hein, très très ému. Euh de voir des horreurs et puis de côtoyer les vivants aussi qui vivent avec ces horreurs, ça fait quelque chose. Et je pense qu'il faut pas hésiter non plus à évacuer. Et puis faut pas le rejeter non plus parce que finalement ces émotions quand tu es ému par des clients par des scènes de crime ça forge ta détermination aussi. Tu vas avoir des filles ou pas ? Est-ce que tu te soignes toi ? Je demande ça aux militaires. Je demande ça à tous ceux qui viennent qui vivent des trucs si non mais ça m'est arrivé Ouais pour après la tentanie j'ai fait de l'EMDR.
Le MDR, c'est on te fait travailler la rétine de l'œil, sorte d'hypnose, quoi. Ouais. Euh et qui va faire travailler des zones de ton cerveau pour effacer le traumatisme. Et j'en ai fait pour évacuer les images de la promenade des anglais avec les dépouilles dessus. Ouais. Qui qui sont très difficiles. C'était 14 juillet 2016. L'attentat de de Nice, on prenait des Anglais. 86 personnes ont décédé. Il y a eu 450 blessés à peu près. De bêtises. Euh toi, tu as défendu. Donc du coup ces personnes, il y a eu des scandales. Moi, je n'avais jamais entendu parler. Tu m'as raconté juste avant l'émission en partie, je savais pas qu'il y avait eu on va y venir.
Mais qu'est-ce qui se passe à ce moment-là toi ? Qu'est-ce que quand tu arrives sur le procès ? Qu'est-ce que tu apprends ? Qu'est-ce que tu découvres au fur et à mesure ? Moi quand j'arrive euh j'ai des clients qui me disent euh il faut qu'on parle de quelque chose et puis personne veut s'en occuper. Enfin, ils sont assez en colère vraiment. Et euh je dis "Bah oui euh quoi ? Ben voilà, nous on voudrait récupérer les organes de notre fille." Et là, bon, je dis "Mais qu'est-ce qui se passe ?" Et il m'explique qu'en fait on leur a rendu une dépouille vide que quand ils ont voilà, ils ont enterré leur fille. Mais fille de quel âge ?
12 ans et du coup je commence à m'intéresser à ce qui se passe et je me rends compte en reprenant tous les rapports d'autopsie du dossier que toutes les personnes autopsiées pour l'attentat de Nice ont été entièrement vidé que les familles le savent pas et qu'elles ont toutes enterré des dépouilles vides. Alors, il y en a qui euh me disaient "Bon bah, de toute façon euh décédé et décédé et puis d'autres ben selon euh pas envie, voilà." Bah selon les rites, les religions, enfin c'est la vie privée, c'est le respect de la dépouille. Voilà qui était demandé mais on leur a pas demandé. Alors on n'a pas leur demandé une autopsie. Tu personne va te demander l'autorisation d'autopser un proche.
C'est un acte d'enquête. En revanche, tu dois en être informé et notamment s'il y a des prélèvements, ce qui avait pas été le cas. Et il y a des victimes qui ont découvert à l'audience que leurs proches avaient été enterrés tout vide. En fait, il prenait quoi de le cœur ? Enfin tous les organes, tout là en l'occurrence tout était pris, le cœur, les poumons, les reins, tout tout sans aucune sans aucune nécessité d'enquête en fait. Et c'est ça qui est choquant, c'est que tu peux prélever des petits échantillons.
Exemple, tu reçois une balle dans le cœur, on va te prélever tout partie du cœur pour la trajectoire de la balle et cetera parce que c'est une preuve qui est intéressante et qui est importante. Mais là, en l'occurrence, ça n'avait aucune utilité. Et et tu as appris un truc encore plus choquant h sur une plus jeune victime, en fait, tu as tu as systématiquement procès d'assise, le médecin légis qui vient déposer, il vient d'écrire ce qu'il a fait. Voilà. en tant qu'expert.
Et euh donc moi je l'interroge sur ses prélèvements d'organe en lu disant "Mais alors pourquoi vous avez prélevé et cetera" et il me dit "Non non mais c'est normal, il y a absolument pas de problème, c'est le protocole, c'est le protocole, c'est le protocole." Je sais très bien que c'est pas le protocole. Exemple quelques peu de temps avant le les attentats de Paris, on a prélevé que des échantillons, mais pas tout enlevé et il n'en démor pas.
Et du coup, je lui dis "Bah voilà, euh telle victime, femme de 40 ans, euh pourquoi est-ce que vous prélevez l'utérus ?" Il me dit "Mais c'est pour vérifier si elle était enceinte." "Ah bon ?" Il me dit "Oui, oui, oui, c'est important pour la famille de savoir." Je OK, très bien. Et ben alors, et cette petite fille 6 ans alors c'est pour vérifier qu'elle était enceinte aussi. Elle a un silence dans la salle. Évidemment, il peut pas me répondre. Il d'ailleurs il ne répond pas. Et là, il prouve que en réalité il a fait ça. Alors, il a jamais expliqué pourquoi ils avaient fait ça. Ils ont prévé un utérus une fille de 6 ans. Bah, ils ont prévé tous les organes dont l'utérus en fait.
Et faut se rendre compte que quand l'attentat de Nice arrive, on est sur une zone de guerre. Mais moi ça, je je sais. Et en fait, il aurait suffi qu'il l'explique. On a été débordé, on a voulu aller vite, on a voulu trop bien faire ou que sais-je ? Mais il n'a pas voulu admettre. Et c'est ça qui coûte aux victimes, c'est qu'en fait il a pas voulu admettre qu'il avait fait une erreur. Et c'est ça qui a crispé beaucoup à l'audience d'ailleurs. À tel point que l'avocat général à la fin de l'audience a présenté des excuses aux familles. C'est pas tous les jours. Et le parquet général antiterroriste en fin d'audience dans son réquisitoire a présenté des excuses officielles aux familiers.
Ah oui, au nom de l'État. Au nom de l'État. Ouais. L'État a été condamné. Alors c'est en cours. Moi, j'ai engagé la responsabilité de de l'État. J'ai fait une procédure à part pour qu'il y ait une indemnisation pour ces familles qui finalement n'ont en plus n'ont jamais pu enterrer vraiment leur défunt. Elles ont récupéré les organes pour celles qui le souhaitait mais très abîmé 6 ans après et devoir refaire un deuxième enterrement après un choc pareil. et la tantanisme c'est c'est voilà c'est un cataclysme. Bah c'est compliqué un préjudice sû sur un enfant de 5 ans et il demande pas du coup les parents sont décédés aussi là en l'occurrence il y Non.
Et et pourquoi ils ont pas demandé au aux parents c'estes parents qui décident quand même non si on enlève un Ah non non non. Dans le casre d'une autopsie sur une enquête criminelle c'est le parquet qui décide. Tu as pas ton mot à dire l'autopsie, il décide de l'autopie sur le cor de leur fille façon on sait que c'est le camion là qui je suis complètement d'accord avec toi et c'est d'ailleurs un des arguments que j'avais fait valoir c'est que les circonstances du décès on les connaît on les connaît donc il y a pas besoin d'aller à ce point-là investiguer dans les dépouilles des victimes.
Je suis complètement d'accord et les les les familles ont vu qu'il y avait eu quelque chose qui allait pas quand ils ont rendu lecteur parce que on préserve beaucoup les dépouilles. Elles sont voilà les dépouilles qui sont abîmées en plus. Donc certains n'ont pas pu voir leur défunt parce qu'elles étaient trop abîmées. Donc n'ont pas forcément puis tu peux pas savoir ce qui a été prélevé à l'intérieur. Donc tout ça est passé inaperçu pendant des années et des années. Ça il y a qu'à l'audience que ça a été révélé. Il y a un moment dont tu te rappelles qui t'a marqué dans ce procès, tu t'es dit puttin ça c'est un truc humain, tu vois, humainement déchirant. Tu t'es dis ou c'est quand même dur.
Ouais ouais. parce que il y a un grand-père qui a perdu sa petite fille qui est venue déposer et et à un moment il a fait part d'une colère mais d'une colère viscérale et je pense qu'on était tous enfin il y avait plus un mot dans la salle d'audience en fait. Cette colère là tu peux que la respecter. Tu te tais tu te tais. Voilà. Et il était très énervé contre les accusés qui donnaient pas vraiment d'explication. Il trouvait que l'audience était pas voilà et puis il voulait des grosses peines et il le disait quoi. Il disait moi je veux absolument qu'il soit puni le plus possible. Et c'était une colère sourde, froide, intense et ça a cloué tout le monde et ça te prend les trips.
En fait, l'attentat aurait pu être évité ou pas sur ce que vous avez vu comme Ouais. Euh moi c'est mon moi c'est ma conviction en tout cas éviter, j'en sais rien. Mais en tout cas, il n'y avait pas de mesure de sécurité euh du tout ce soir-là. Et ça ça a choqué un tas de gens à l'audience sa toutes les parties civiles qui viennent déposer et elles ont toutes dit mais attendez nous on s'est retrouvé au milieu de la foule le 14 juillet on n'a pas croisé un flic euh il y avait pas de barrière de sécurité et il y en a même qui disent mais je me suis fait la réflexion s'il y a quelqu'un sans parler même d'un attentat qui perd le contrôle de sa voiture il fait un carnage.
Et il y en a beaucoup et même des policiers pendant le procès qui sont venus déposer des policiers et qui ont dit bah ouais en fait avec les collègues on s'est regardé on s'est dit oh là là là là mon dieu on espère qu'il va rien se passer et et ben malheureusement il s'est passé quelque chose. Il y a il y a un homme je sais pas comment il s'appelle s'il a été s'il a parlé après dans les médias ou pas je sais pas jeai jamais vu en tout cas il y a un monsieur avec un scooter qui a rattrapé le qui a eu du courage d'y aller de s'accrocher au au camion et tout çaou on a eu des nouvelles. Tu l' tu entends bien sûr. Il est venu déposer au procès. Il a expliqué qu'il a essayé Ouais.
pour arrêter le camion parce que en fait il y a des gens qui l'ont vu passer. Alors des victimes évidemment mais qui l'ont vu passer qui sont dit au début alors il y en a qu' on eu cette conviction que c'était un attentat. D'autres qui se sont dit bon ben, il a perdu le contrôle de son véhicule. Enfin tu peux tout imaginer quand tu as un camion qui arrive comme ça. Et lui avec son scooter, il s'est dit "Mais il faut absolument que j'arrive à monter dans le camion pour l'arrêter." Et il ouais ouais ouais. Il est impressionnant cet homme. Ah c'est vrai ? Ah oui ! Bah oui parce que c'est les héros anonymes, tu vois. C'est le mec il risque sa vie comme ça.
Euh euh il passe une soirée comme tout le monde, c'est le 14 juillet et puis bim, il risque sa vie pour pour sauver des gens sans savoir qu'il a affire à un terroriste. C'est c'est quand même incroyable. Ouais. Est-ce qu'il y a des parents qui ont euh qui sont énervés, qui ont pété les plombs sur les médecins ? Tu parles du médecin égal utérus et une fille de 5 ans. Est-ce que tu as des parents qui se lèvent et qui qui qui invectivent le le le le médecin qui s'énerve quoi invective ? Non parce que le président est là pour faire la police et puis voilà. Mais oui oui oui, il y a une colère sur cette histoire d'organe prélevé.
Il y a une colère mais que je comprends hein enfin qu'on comprend tous. Et euh il y a euh moi j'ai un client euh bah c'est lui le premier d'ailleurs hein qui m'a dit euh ben tiens, il y a un problème et qui est euh par ailleurs écrivain et qui sait euh pendant tout le procès euh il sortait euh des espèces de poèmes en rime mais sur la journée du procès mais alors euh caustique et sur le médecin légiste, le médecin légiste n'a pas été épargné quoi. Donc oui, il y a des vraies colères avec oui des noms d'oiseaux hein, ça c'est sûr. Ils en font quoi des des organes quand ils prélèvent un organ une fille de 5 ans, c'est quoi ? C'est pour aller sur d'autres enfants. Ah non, pas du tout.
Non non non non non non. C'est pas du tout des prélèvements d'organes pour médicaux. Non non, ils sont prélevés comme pièce à conviction et ils sont mis dans des sauts de formol de conservation et ils sont stockés. C'est c'est le statut du scellé. Tu vois, tu as un braquage, on chope une arme, c'est placé sous scellé. C'est une preuve. C'est une pièce à conviction. Et je pensais que c'était pour aider un enfant malade par exemple et que ça sauve quelqu'un même pas. Mais c'est ça qui est très choquant aussi, c'est que c'est sans aucune utilité. ça ne sert à rien. Et en fait le jour du procès, on savait qu'il y avait des sauts entiers à l'institut médicaux légal avec tous les organes.
Et le président a d'ailleurs demandé à des policiers à Nice d'aller vérifier quand il a vu le truc arriver, le scandale et puis la colère qui montait, qu'il y avait des des organes étaient bien entreposés et qu'ils étaient toujours là parce qu'il y a eu un bruit, une rumeur pendant le procès que l'institut médico légal avait jeté les organes. Donc imagine alors que nous on a profité de cette audience pour les récupérer. Donc c'est c'est c'était incroyable. C'était incroyable. Le 21 septembre 2024 donc c'est vraiment récent, beaucoup plus récent. Philippine le noir de de Carlan. Donc c'est une étudiante qui avait 19 ans. Euh a été retrouvée assassinée dans le bois de Bologne.
Elle était étudiante à à Dafine donc qui est une une juste vraiment juste à côté du bois de Bologne littéralement à je sais pas 60 70 m quoi. Vraiment juste en face du du périphérique. Tu as travaillé, c'est la famille qui t'a appelé, qui t'a contacté. Qu'est-ce que tu apprends sur l'affaire ? Je sais que tu vas aller carrément sur les lieux. tu vas essayer de comprendre ou pour comprendre ce qui s'est passé pour voir si la version officielle est est réelle et cetera. Euh je suis appelé et puis euh bah cette famille elle me touche beaucoup parce que en fait c'est eux qui ont découvert Philippines. C'est eux qui ont fait Ouais ouais.
Et il y a il y a on parlait de colère là il y a une vraie colère et moi je la comprends hein. C'est que Philippine elle donne plus de nouvell le vendredi alors qu'elle rentre elle rentre chez elle. Enfin voilà, il y a pas à discuter. Elle rentre, elle habite à Paris. Alors, elle est étudiante à Paris mais ses parents habitent une trentaine de kilomètres de Paris. Euh et quand un papa ou une maman te dit "Bah non, mais ma fille, elle devrait être rentrée, elle est pas rentrée. Et si je vous dis qu'elle devait être rentrée, c'est qu'elle doit être rentrée." Voilà. Et ils font plusieurs commissariats et évidemment Philippine, elle va avoir 20 ans, donc elle est majeure.
Et bon bah voilà et s'inquiète tellement qu'ils organisent dès le lendemain une battue avec des amis, avec la famille. Même le lendemain, la police se réveille pas. Enfin, il y a personne, ça commence à se réveiller, mais enfin bon, c'est un petit peu long. C'est un petit peu long. Et euh et en fait, c'est au cours de cette battue qu'ils vont euh retrouver Philippines décédé. Donc l'histoire est glaçante, elle est incroyable et puis et puis il y a une injustice. Ça c'est le 1000 feuille d'injustice quoi. Déjà tu perds ton enfant qui est qui est assassiné, qui est vié mais en plus il faut aller la retrouver soit y aller au bois de Boulogne avec ses frères, avec ses sœurs.
Enfin c'est incroyable. C'est c'est c'est ses proches vraiment qui ont c'est vraiment ses proches. C'est son papa, sa maman euh et ses frères et sœurs et puis des amis de la famille et puis ils ont fait un plan où ils ont quadrillé le bois de Boulogne vraiment pour s'organiser parce que ils avaient l'intime conviction qu'elle était là, qu' avait un problème. Elle ils savent qu'elle est partie de la fac à telle heure, ils savent qu'elle n'est pas revenue dans son studio d'étudiante avant de revenir. Donc il y a pas 36 endroits, ils en ont la conviction profonde. Et puis la maman, elle a une conviction profonde qu'il est arrivé quelque chose à son enfant. Elle le sait, elle le sent.
Donc il s'organise quoi. Et puis bah ils ont eu raison. Ils ont eu complètement raison. Qu'est-ce qui Qu'est-ce qui s'est passé ? Je sais que tu as tu es allé physiquement ? Oui, moi j'y suis allé parce que je comprenais pas trop euh le ça se passe un vendredi après-midi aux alentours de 14h 13h30 14h. Il fait beau, c'est fin septembre, il fait super beau. On est juste à côté de la fac et tu te dis mais comment ça peut arriver ? Comment une jeune fille peut être attrapée dans un bois, tué pas au vu et au suus de tous mais quasiment en fait à Paris, il y a du monde, il y a du passage, il y a il y a il y a deux types de personnes dans le bois de Boulogne. Il y a le jour et la nuit hein.
Oui, complètement personnes. Mais là, on est le jour et du coup, je veux j'explique si vous nous écoutez, vous habitez dans même dans un pays étranger, vous êtes nombreux de nous écouter. Po de Bologne, c'est un bois qui est à l'ouest de Paris et dans lequel il y a des joggers la journée, des gens qui vont se promener, des personnes âgées qui proment leurs chiens, des gens qui font du cheval, enfin, il y a vraiment de tout. Et la nuit, il y a a sur le long de la route, il y a des prostituées de de tout style. Euh et voilà et donc qui travaillent au bord de la route et parfois ils font des feux le soir.
Il y a des guirlandes, il y a des camionnette mais aussi les gens je sais pas comment ils fonctionnent mais je crois qu'il y a des bâches on les voit parfois bleus et donc ça ça donc c'est un peu plus glot que la nuit. Mais ce qui est incroyable c'est que en septembre ça a fait un an que Philippine a été assassiné. Il y a des journalistes qui sont allés faire des reportages sur les les lieux et ils ont assisté les les journalistes de BFM qui ont filmé en direct une agression d'un gars tout nul. Donc en pleine journée hein. Donc oui au bois de Boulogne. Le bois de Boulogne non. Voilà.
Et donc oui, moi je suis allée sur les lieux parce que je voulais comprendre un petit peu déjà la configuration des lieux, pourquoi euh personne n'avait pu lui venir en aide ou n'avait capté quelque chose. Et puis en fait, j'ai très vite compris que c'est juste aux abords du périf et que le bois de Boulogne à cet endroit-là, tu as tu as des sentiers qui sont très très bien dessiné mais très vite c'est pas entretenu et il y avait plein de ronds et voilà ce qui explique elle a pu être agressée et mise à de côté. Et faisait quoi dans le bois de Bologne ? Et elle rentrait chez elle Non non, elle marchait, elle était à pied, elle avait ses écouteurs.
Euh, elle était à pied et elle rentrait chez elle pour partir en weekend chez ses parents. Ouais. Et et le l'agresseur, le tueur, c'était euh quelqu'un qui était au QTF, je crois, qui essay de repartir après. Non, il y a pas eu une histoire de caméra dans le métro. Ouais. Alors, c'est quelqu'un qui a déjà été condamné pour qui sortait juste de prison après avoir purgé sa peine. Combien de temps ? Euh 8 ans. Il sort de prison et recommence. Ouais.
Bah, il sort de prison en juin, il est directement placé en centre de rétention puisque il a une obligation de quitter le territoire et en fait il va y avoir des quac dans la mise en œuvre de cette obligation de quitter le territoire à tel point que les autorités françaises en fait le font avec retard. Elle déclenche sa il faut demander à l'autre pays de reprendre son ressortissant. C'est comme ça que ça marche. Elles le font avec retard, ils se trompent d'autorités compétentes et puis bah finalement c'est trop long. Ils ont pas encore le go du Maroc puisque ce l'auteur est est marocain et en fait ils sont obligés de le relâcher et il le relâche.
Il le relâche le 4 septembre et il tue Philippine le 20. Donc le gars est quand même voilà complètement et puis il s'enfuit. Il s'enfuit après il part en Suisse. Donc c'est les autorités suisses finalement qui vont le remettre aux autorités françaises. Arrêé rapidement quand même non ? Ouais, rapidement. Mais enfin, quand tu attends euh enfin, c'est tout tout est rapidement et pas rapidement parce qu'au début, il a dit qu'il voulait pas être extradé et puis ensuite euh il a accepté d'être estadé. Mais euh ça pose beaucoup de questions parce que euh c'est une question de moyen de la justice, hein, tout simplement.
C'est que le gars est remis dans la nature lorsque on est obligé de le remettre dehors, mais normalement il doit être suivi. C'est quand même quelqu'un de dangereux. Euh et il a pas du tout été suivi. Pas du tout. C'est fou. Euh il a pris combien ? Ah bah là il a pas encore été jugé. Le le l'enquête est toujours en cours. La famille de Philippine en veut à l'état typiquement de ce genre de la famille de Philippine pas les petits quak. Ouais. La la famille de Philippine, elle est elle est déjà très choquée que voyez qu'on a pas pris en compte son appel au secours le vendredi soir quand Philippine disparaît et que ça n'ait pas été pris au sérieux. En fait, c'est ça qui l'a choqué.
Et puis elle est aussi choquée parce que quand on découvre Philippine dans le bois de Boulogne mais évidemment ils appellent la police et puis il se retrouve parqué dans le bois de Boulogne parce que l'enquête bah tout de suite prend le bas de combat et puis c'est l'enquête qui se met en œuvre et eux on les écarte et on leur dit pas tout de suite que c'est Philippines et ça ça a été extrêmement dur et ça allait encore maintenant de se dire mais attendez ils avaient pas ils avaient vu qu'il y avait un corps mais ils pas eu bah ils avaient vu qu'il y avait quelque chose que c'était probablement un corps mais tu sais il faut une confirmation Quoi ?
Une confirmation officielle, c'est hyper important. Et tant que tu as pas la confirmation officielle, tu as toujours le doute. C'est insupportable. Et ce temps-là, il a été douloureux, il a été long et ça, ils en veulent beaucoup. Et moi, je les comprends, hein. C'est enfin quand même pas oublier de traiter les gens avec humanité quoi et respect. Et vous avez eu des des détails heure par heure parce que tu disais que il s'était pris très tardivement, enfin la police avait pris conscience très tardivement. Euh, tu tu as eu des détails sur l'heure à laquelle ça s'est passé ? Sur euh euh est-ce qu'il a parlé l'homme ? Non. Alors, c'est quelqu'un qui reste mutique pour l'instant.
Euh après, euh voilà, on sait que euh Philippine a été vue la dernière fois à 13h30 et puis bah l'enquête se poursuit. Pour l'instant, c'est encore en enquête, donc il y a le secret de l'instruction. Donc, je peux pas en dire plus mais l'enquête se poursuit. Et puis la volonté vraiment des parents de Philippines, c'est d'avoir Ouais. la vérité avec exactement ce qui s'est passé au bois de Boulogne ce jour-là et ce qui est arrivé à leur enfant. Bien sûr, il a toujours pas parlé aujourd'hui du tournage. Non, ça a énervé encore plus les parents d'ailleurs. Bah bien sûr, c'est insupportable parce que il y a rien de pire que l'incertitude. Voilà.
Euh et puis euh enfin c'est légitime, ils ont le droit d'avoir des réponses, ils doivent s'expliquer, il doit expliquer ses actes. Enfin, c'est ce qu'on attend hein et c'est ce qu'on attendra au procès de toute façon. Il y en a beaucoup des histoires comme ça où des gens sont relâchés par erreur, par lenteur de la justice, par euh des gardes en fait. Euh ça arrive, ça arrive. Alors, je dis pas que c'est hyper courant, mais enfin oui, ça peut arriver. Et puis surtout ça montre à quel point le les moyens de la justice sont pas suffisants en réalité parce que c'est ça hein.
Si on suit pas le bonhomme qui a été condamné pour vi euh alors qu'il était mineur, d'accord, qui doit être conduit à la frontière. Euh si on le suit pas, si on prend pas les mesures de précaution pour le sortir, pour le faire, qu'il n'agresse plus personne, c'est bien qu'il y a un manque de moyens. C'est ça que ça dit. Et tu es le le 16 octobre 2020, Samuel Pati, donc c'est un professeur d'histoire géo euh dans un collège à à Conflanc Saint-Honorine va être assassiné devant son collège. Il va être tué par un un homme au couteau, il va le décapiter carrément. Euh tu vas être l'avocate de de de la famille, c'est toi qui va être tu vas être contacté.
On se demande toujours comment est-ce que vous êtes contacté ? Comment est-ce que quand il se passe un drame comme ça, comment est-ce que la famille choisit Virginie le roi ou un autre avocat ? Comment est-ce qu'il a vos coordonnées ? Comment est-ce que ça se passe déjà pour comprendre la situation ? Beaucoup de bouches à oreille sur pour nous hein, notre métier c'est beaucoup de bouches à oreille et puis bah de l'exposition médiatique aussi hein. Moi je sortais de 13 novembre, Marseille, Nice, en Marseille, il y a pas eu de procès mais enfin on en a parlé. Nice, j'avais m'étais aussi occupé de Barcelone, l'attentat de Barcelone, je sais pas si tu te souviens le le camion sur la la rambla.
Bon voilà et puis il m'appelle et et moi tout de suite je vais aller les voir. En fait, ils sont pas à Paris, ils sont en province en fait. Tu prends pas des dossiers comme ça sans voir les gens, les rencontrer vraiment. Donc je vais voir les parents et puis la sœur de de Samuel et puis avant qu'il me mandate, moi je veux qu'on se rencontre. Je veux pas être désigné par téléphone et on est en plein Covid et le j'ai un laisser passer de la préfecture pour pouvoir me déplacer pour aller les voir parce qu'on a pas le droit à l'époque ni de prendre l'avion le train. Enfin bon, c'est compliqué. Donc c'est comme ça que je vais les voir. Et qu'est-ce qui va se passer ?
tu vas tu vas sortir le dossier, tu vas dire je je vous accompagne. Ouais, bien sûr, bien sûr. Je les rencontre et puis on discute et puis eux, ils sont évidemment, on est en novembre hein, c'est très peu de temps après, c'est un mois après. Et et ils veulent savoir, ils ont jamais eu à faire un avocat de leur vie, ni connaître comment ça va se passer. C'est c'est quoi les prochains états une fois qu'on voilà. Euh, je sais pas si tu te souviens, elle avait l'hommage national à la Sorbonne. Enfin, ça faisait beaucoup hein. C'était eux, il c'était compliqué.
Et donc ben on s'est posé, je pense qu'on est resté ensemble 3 4 heures, quelque chose comme ça pour voilà tout dérouler, leur expliquer au maximum. Moi j'ai pas encore le dossier parce que je suis pas encore dedans. Puis l'enquête démarre à peine. C'est ça aussi, c'est vraiment tout au début. Donc là, faut donner une feuille de route la plus large possible et puis bah après, c'est étape par étape. Voilà. Tu veux tu vas pareil tu tu te montres tu es obligé d'avoir de comprendre aussi l'environnement familial pour bien défendre. Euh tu tu vas parler à à d'autres membres de la famille, comment ça se passe le travail, tu vois, ton travail à toi ?
Non, mon travail à moi, c'est euh de parler déjà à mes clients, ceux qui m'ont désigné savoir ce qu'ils veulent, leur expliquer un maximum de choses. Voilà, là il y a un jus d'instruction, il sert à quoi ? Voilà ce qu'il va faire, vous allez être entendu. Voilà comment ça se passe une audition devant un juge d'inspe Tu vas porter plainre contre l'État français. Ouais. Ne pas avoir protégé suffisamment Samuel Pathie. Ouais. Est-ce que tu peux expliquer ?
Ouais, parce que très vite quand je suis désignée, l'attentat, il se passe en octobre, 16 octobre, mi-décembre, il y a l'éducation nationale qui sort un rapport un rapport d'inspection pour décrypter ce qui s'est passé dans le collège et pourquoi il y a eu cette rumeur. Je sais pas si tu te souviens, Samuel Patti, il est accusé d'être islamophobe, de montrer les caricatures, de se moquer du prophète. Ça part de là par une élève. Et ce rapport, il te dit qu'ils ont tout bien fait. L'élève, elle elle la rumeur, c'est 15 jours avant son assassinat. C'est long 15 jours, c'est hyper long.
Tu as le temps de faire plein de trucs en 15 jours, de protéger des gens, de les éloigner du collège, enfin de faire ou de mettre des policiers en de mettre des policiers, de dire au professeur non vous venez plus bosser, c'est bientôt les vacances, on verra après. Plein de trucs. Et ils sortent ce rapport pour dire qu'en fait eux ils ont tout bien fait. Alors déjà euh si peu de temps après, tu vois, euh d'avoir le recul, l'analyse, je trouve ça louche.
Et puis euh du coup, j'écris à au ministre, à monsieur Blanquaire et je lui écris et je lui demande les annexes parce que son rapport, tu vois, il il te dit euh bah par mail du machin, la rectrice, ça a dit que enfin plein plein d'autres choses. Et du coup, j'ai dis bah écoutez moi je veux les annexes, hein, rapport à des annexes, filez-moi vos annexes, je veux voir vraiment ce qui s'est passé. Il me répond pas. Deuxème courrier, il me répond pas. 3è courrier, il me répond pas. Et puis j'ai vend que il va dans la ville où habitent les parents de de Samuel pour lui remettre la palme académique postume. C'est une distinction pour les professeurs. Je me dis bon ben ni une ni de la fête.
Donc je mets mon réveil, je m'en souviendrai toute ma vie. 3h du matin, 4h je suis prête, 4h30 je suis dans ma voiture. Il y avait à peu près 3h30 4h de route 9h pétante. Je suis là. Donc il y a le directeur de cabinet de de Blanquaire qui me voit qui vient me voir. Il me dit "Maître, vous êtes là ?" Je Bah ouais, je suis là. Il me dit "Ah au fait, on vous a donné tout ce que vous avez demandé." Je suis "Bah non, je c'est bien pour ça que je suis là." La semaine d'après, il était à mon cabinet avec des documents. J'en ai réclamé d'autres.
Et en fait, quand j'ai analysé ces documents, je me rends compte que 8 jours avant l'assassinat de Samuel Patti, les renseignements territoriaux avait identifié trois personnes qui étaient dans les personnes mises en examen dans le dossier. Un qui était fiché S et l'autre qui avait des liens particuliers avec la mouvance islamiste puisque elle était mariée à un terroriste qui était en prison et elle était proche de la mère d'un des kamikas du Bataclan. Donc c'est pas rien. Donc une semaine avant qu'il soit assassiné, en fait, ils avaient déjà identifié trois des personnes qui étaient dans le dossier. Donc ils auraient pu le prévenir.
Deux avaient déjà des contacts directs avec celui qui allait assassiner euh Samuel Patti. Et c'est pour ça que ouais, j'ai analysé tout ça et je me suis dit "Mais en fait c'est quoi le boulot de prévention qu'ils ont fait ? Il y aurait eu moyen en fait au moins de l'écarter pour le protéger." Et c'est pour ça que j'ai déposé plainte pour euh non assistance à personne en péril. Euh donc ça ça commence 15 jours avant. Et est-ce que les donc il y a des gens qui vont être condamnés ? Le procès, il est pas euh c'est pas juste la la personne qui l'a tué, c'est aussi ceux qui ont lancé euh Non, exactement des complices. Donc ça c'est des ses amis euh complices.
Euh qu'est-ce qu'ils ont fait les complices ? Ben les complices 2 jours avant, ils l'ont accompagné cherché le couteau. Euh, ils l'ont conforté aussi dans son idée parce que bah voilà, ils visionnent du contenu euh radical ensemble. Euh ils vont l'accompagner aussi. Quoi ? Les contenu radicals ? Du contenu radical, c'est des vidéos de propagande de l'État islamique, par exemple. Euh du contenu religieux très très dur, euh notamment sur le blasphème, sur les caricatures, sur la place de la fin, enfin toute la propagande djihadiste radicale que tu peux avoir. Et ça, il le visionne ensemble. Donc c'est ce sont des gens qui sont acquis à cette cause-là. Tu peux en déduire ça.
Et puis les moyens, c'est-à-dire les couteaux, des airsofts. Ils vont chercher des airsofts. On retrouvera une balle d'airsoft fichée dans le de menton de Samuel. Et surtout, il y en a un qui va le conduire au collège le jour des faits. C'est-à-dire que il va le chercher et puis il le dépose devant le collège. Et là, lui, il attend, il est déposé devant le collège vers 13h et il tuera Samuel à 17h. Donc, il va patienter tout ce temps-là, se faire Ouais. se faire demander à des collégiens contre de l'argent de lui montrer Samuel Patti parce que c'est ça qui s'est passé quand même. Des collégiens impliqués dans cet assassinat terroriste qui ont été au procès aussi.
Alors qui ont eu leur procès à part puisque les mineurs on les juge à huit clos et ils ont eu leur procès à part à huit clos. C'est c'est c'est certains ont dénoncé ça pas dit ah b ils l'ont désigné. Il y avait 300 € à la clé. Le terroriste leur a proposé 300 € et contre ces 300 € ils ont attendu avec lui qu'il sorte du collège. Ils lui ont dit bah voilà c'est monsieur Patti qui sort. Et là lui il a tracé et on sait ce qui s'est passé. Tu disais il avait un airsoft c'est un pistolet à bille. Ouais tout à fait. C'était pourquoi pour quoi faire ? Bah, il avait pris des armes avec lui, mais des armes que tu peux acheter rapidement sans autorisation.
Fictif, quoi, parce que c'est ça, tu tues pas quelqu'un avec un airsoft. Non, tu tues pas quelqu'un avec un airsoft mais enfin on en a quand même retrouvé dans des billes dans dans la dépouille et euh et surtout c'est une arme pour faire peur. Et d'ailleurs quand il va être interpellé parce que lui il est interpellé tout de suite hein, le il les flics les les policiers qui sont qui vont intervenir vont le voir justement avec une arme et vont la battre. C'est c'est Ah oui oui, c'est plus pour Et du coup, c'est vrai qu'une des manières de se faire abattre par la police, c'est de brandir une arme que les policiers vont prendre pour réel ou chose mais se faire tuer sur place.
Pour eux, c'est un signe qu'ils ont bien accompli leur mission. Tu tu quand tu attaques l'état parce que donc tu penses qu'ils ont caché d'autres erreurs, il y a eu d'autres choses. C'est mal Baptiste savait qu'il était en danger lui hein. Ouais, c'est ça. C'est qu'en fait je je tu sais à un moment tu te poses et puis tu tu analyses toujours ton dossier tu dis mais c'est pas possible en fait on a eu 15 jours pour réagir et pendant 15 jours il y a rien qui s'est passé. Comment on en arrive là ? Comment faut se rappeler qu'à l'époque de Samuel Patti c'est très très chaud en France.
Il y a le procès Charlie Hebdo, il y a la républication des caricatures, on est menacé, on a des menaces d'Al-Qaïda et de l'État islamique. Donc on doit être vigilant. Et moi, je me dis déjà un euh c'est pas possible de en effet qu'il y ait les renseignements, qui euh voit qu'il y a des gens qui font des vidéos qui sont qui menacent et cetera et qui ne réagissent pas. Et puis surtout, il y a des appels téléphoniques au collège où il y a des menaces de s'en prendre physiquement à lui, hein. On va on va s'occuper de votre professeur et cetera. La principale, elle est complètement apeurée. Elle arrive à 7h tous les matins. Elle a elle a vraiment peur et elle le dit.
Et puis lui, il l'écrit à ses collègues. Il dit qu'il est menacé par des islamistes. Il le dit. Il y a un mail de lui du dimanche et il est assassiné le vendredi d'après où il dit "Je suis menacé par les islamistes." Donc la menace, elle est palpable, elle est réelle. Ils en ont tous conscience. Il y a des professeurs qui sont venus témoigner à l'audience et qui ont dit "Mais nous on mon mari m'a dit "Mais attends, tu as peur, ne ve ne va pas bosser si j'y suis allé." Bah mais pas des talons mais des baskets si tu dois courir, tu se rends compte ?
Donc les profs qui vont bosser en se disant vous avez la notion de il Ouais les profs qui vont bosser en se disant je vais mettre des baskets, si je dois me sauver, ben je courrais plus vite, je me casserai pas la figure quoi. Donc tout le monde en avait conscience mais personne n'a rien fait. C'est c'est c'est sa famille est comment aujourd'hui là ? Sa famille, elle attend le procès en appel. Voilà. Euh on a eu le procès en première instance qui a duré 4 mois l'année dernière et puis à partir de février sera le procès d'appel. C'est été condamné à quoi en pr alors ? Ils ont été condamnés à 16 ans pour les complices et deux pour Tu parles de ferme là ? Ouais, je parle de ferme.
16 ans de de réclusion criminelle de prison. Et il y avait une sa fille, c'est ça ? une fille de Oui. Bah c'est sa fille qui a dit que Samuel Patti en fait avait montré le prophète tout nu, avait insulté le prophète et cetera et c'est de là dans ces partis. C'est de là faux ce qui était complètement faux. Il a montré des caricatures mais on est en démocratie, on est en France, un pays libre et on peut montrer encore des dessins à des élèves. Quand tu es sur des affaires comme ça qui sont très médiatisées, est-ce que toi tu reçois des menaces ? Ça m'est arrivé sur sur le dossier PTI. Ça m'est arrivé. Bon, c'est des mêles mécréantes, coufarde, voilà.
Bon, et puis il y a un individu qui s'amusait un moment à m'envoyer la la tête décapité de de Samuel tous les matins. Voilà, il me l'envoyait par message. Donc bon, j'ai fait j'ai fait arrêter tout ça et et voilà, faut pas se laisser impressionner non plus. Moi, c'estd quoi faire arrêter tout ça ? Tu faire arrêter, tu le signales, tu bloques. Enfin, voilà, faut pas se laisser atteindre aussi parce il est arrêté celui qui t'a envoyé des photos. Non, non, non, non, non. Tu as jamais eu peur pour ta vie dans ton métier ? Non non, tu peux de toute façon si tu as un doute, c'est très simple hein, faut tout de suite aller le signaler et puis voilà.
Mais euh mais généralement euh c'est quand même plus de de l'intimidation de bas étage en fait. Tu vois, tu as tu as le droit d'être avocate d'un d'un proche. Tu as le droit. Il y a rien qui te l'interdit. En revanche euh Ouais, c'est pas conseillé parce que si tu as pas de distance, tu défends mal, tu vois. Faut quand même garder la tête froide, être objectif dans ton analyse et cetera. Si c'est vraiment un trop proche. C'est compliqué hein. Tu es déjà devenu ami avec des clients ? Ouais. Cliente client ? Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. Je suis devenu ami euh avec certains clients et notamment une cliente et je suis la marine de sa fille, tu vois.
lui arriva des trucs vraiment pas drôles et après ça été mieux et j'étais très touchée d'ailleurs. Je m'y attendais pas et elle m'a dit bah si enfin le renouveau là. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ? J'adore gratter gratter pour trouver la petite preuve qui va bien, tu sais, le truc caché. Voilà, c'est ça que j'aime. Tout analyser, décrypter. La preuve, la preuve c'est la vie chez nous. Si tu as pas de preuve, tu vas nulle part. tu ne fais rien dans les dossiers. Donc aller chercher ce qui est caché, décrypter, se faire remettre des documents, tu vois, révéler ce qui est caché, ça c'est hyper intéressant.
C'est quoi la plus belle chose que tu as réussi à à trouver dans une affaire où tu t'es dit là j'ai bien fait mon boulot. Il y a tous des échecs, il y a des succès. C'est quoi ton plus beau succès ? Tu vraiment là, j'ai j'ai bien joué. J'avais un client qui était vraiment dans dans la panade. Il avait une boîte et avec un super gros contrat avec des des Américains. Sauf que les Américains respectaient pas vraiment le contrat.
Et il vient me voir et il me dit "Écoutez, voilà, moi je commence à vraiment c'est tendu là, le business s'étendu, je fais plus rentrée d'argent, il me paye plus, je sais pas pourquoi, machin truc bil, tu vois, OK, filez-moi votre contrat." Je écoutez, ça va être compliqué parce que mais bon, on va essayer. Et en fait, je j'obtiens l'autorisation d'un juge d'aller saisir la documentation de cette boîte-là parce que il fallait procéder à des calculs et cetera. Je te passe les détails mais voilà. Et en fait, ça c'est super dur à obtenir parce que tu vas chez ton adversaire chercher les preuves qui t'intéresse. Sauf que toi tu es jamais obligé de donner des choses qui t'incriminent, tu vois.
C'est c'est pas possible. et je l'ai eu, on a saisi tous les fichiers. Comment ? Parce que par un huissier en fait, c'est la c'est un juge qui va dire "OK, j'autorise, je désigne telissier et je vous autorise à aller à l'improviste dans telle société et vous avez le droit de saisir." Alors, il te met une liste très précise de documents, mais toutes les factures depuis 2023, je te donne un exemple, le listing client, euh les mouvements de compte, les choses comme ça. Tac tac tac. Et et Luisier, il y va. Ding don, "Bonjour, c'est Luisier." Oui, c'était pas prévu mais je suis là. Et il saisit tout.
Et ça c'était un gros coup parce qu'on aurait jamais eu les preuves des sommes qui étaient d du business qu'ils avaient fait sans ça. Il les auraient jamais donné et c'est comme ça qu'on a pu récupérer ce qui était dû au client. Tu as fait combien d'affaires en tout dans ta car en 23 ans ? Parce que là on parle on a parlé des grosses médiatisées pour une partie, d'autres un peu moins au début. Mais tu en as fait des quoi ? C'est les centaines. Oh c'est je pense qu'on a passé les 1000. Les 1000 ? Oui, je pense. Oui, oui, oui, oui, oui, oui. Sûr. Qu'est-ce que tu veux faire d'autre pour la suite ? Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
Bah, de continuer continuer avec des beaux succès, des clients intéressants puis faire avancer les lignes aussi. Ça c'est important. Tu vois, on parle, on a parlé de beaucoup de choses, des organes, des méthodes de police quient parfois et je trouve que il y a des procès qui font avancer les choses, qui font bouger les lois. Et c'est ça qui est intéressant en fait, c'est que la justice, elle soit au plus proche de la société et des besoins de la société qu'on a. C'est ça qui est important. Merci Virginie d'être venu d'avoir raconté, je te check de loin, nous avoir raconté ton ton quotidien de à la fois donc avocate en en droit pénal et et en droit des affaires. Voilà les les deux.
Euh merci beaucoup. Tu es tu es à Paris si jamais vous avez besoin de de Virginie, je mettrai les coordonnées de ton cabinet, on dira ça ton cabinet. Vous êtes plusieurs dans ton cabinet qu'on Ouais, j'ai un associé et d'autres avocats collaborateurs qui travaillent avec nous. Bon bah si vous avez besoin, je vous mettrai toutes les cordées dans la description directement.
C pas prévu, on avait pas parlé mais voilà, tu es pas venu pour ça, he, tu es venu vraiment par gentillesse pour raconter un peu ton parcours et si vous nous écoutez en podcast audio, merci de faire de les gens de premier podcast de France, Spotify, dieser, Apple podcast, Amazon Podcast, faites de les gens de premier podcast de France sur toutes ces plateformes. Donc merci beaucoup à vous d'être si nombreux. Vous pouvez aller dans la description si vous nous écoutez. Puis il y aura aussi les coordonnées directement voilà de de de Virginie le roi avec un y si vous la cherchez sur internet.
Et puis voilà, dans la description directement de la vidéo YouTube, vous êtes 150000 200000 à vous abonner chaque mois sur notre chaîne YouTube. Continuez de le faire. Hésitez pas à commenter l'émission, à nous dire ce que vous en avez pensé aussi. C'est des remarques. Est-ce que tu vas aller voir les commentaires sur la vidéo ? Je sais pas. Ouais. Ça te stresse un peu non ? Ou non ? Pas vraiment. C'est sympa d'avoir curiosité évidemment que j'irai. Moi je regarde à chaque fois dès dès qu'on met une vidéo sur plusieurs soirs. Je vais regarder un petit peu vos avis, ce que vous en avez pensé. Hésitez pas à nous dire en tout cas ce que vous avez pensé. Je mettrai la petite cloche aussi.
Euh vous pouvez cliquer sur la petite cloche pour être au courant des prochaines sorties tous les mercredis, vendredi et dimanche. On met trois interviews documentaires. Merci à toute l'équipe d'avoir bosser et préparer l'émission avec moi. Je vous embrasse de toute façon puis on se retrouve très vite pour une prochaine vidéo sur les gens. Ciao tout le monde.