Marine Le Pen intervient à l'Assemblée nationale sur l'affaire Benalla (22-23/07/2018)
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Chapitres
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Madame Le Pen.
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« Il y a au moins une chose qui est sûre à ce niveau de connaissance de l'affaire, c'est que M. Benalla n'a pas agi seul. »
- 0:13Invité politiqueFait
« Ils étaient plusieurs, plusieurs le 1er mai et plusieurs dans la chaîne manifestement de connaissance des délits qui semblent avoir été commis. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Qui leur a accordé ces passe-droits ? »
- 1:10Invité politiqueFait
« Et puis, il y a, comme ça a été rappelé, des soupçons très lourds d'activités de police parallèle, de police politique. »
- 5:06Invité politiqueFait
« Bien sûr que non, et vous le savez, Benalla a obtenu des titres indus. »
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« Vous savez qu'on a cherché à lui obtenir des fonctions indues, comme celles de sous-préfet, alors qu'il n'a même pas, et il est loin d'avoir, non seulement l'âge, mais bien évidemment les qualités éthiques et morales pour pouvoir accéder à ce poste de sous-préfet. »
- 5:26Invité politiqueFait
« Oui, vous savez que ça a des conséquences politiques, puisqu'il semblerait que M. Benalla avait dans l'esprit de modifier le fonctionnement du GSPR et qu'il souhaitait retirer le GSPR de la responsabilité de la police nationale pour la confier à la tutelle de l'Elysée. »
- 7:13Invité politiqueFait
« Cette affaire qui est effectivement en train de se transformer en affaire Macron que vous avez transformée en affaire Macron puisque l'exécutif refuse de venir s'exprimer. »
Temps de parole
- Marine Le Pen99 %
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Madame Le Pen.
Il y a au moins une chose qui est sûre à ce niveau de connaissance de l'affaire, c'est que M. Benalla n'a pas agi seul. Ils étaient plusieurs, plusieurs le 1er mai et plusieurs dans la chaîne manifestement de connaissance des délits qui semblent avoir été commis. Rien que cela mérite que la commission d'enquête puisse effectuer les auditions de la manière la plus large qui soit. Et pas seulement en se limitant au fait du 1er mai, ce qui semble être le désir de la République en marche. On les comprend, ils essayent d'éteindre ou en tout cas de circonscrire l'incendie.
Mais le meilleur moyen de souffler sur les braises et de le faire repartir, c'est précisément de donner le sentiment que vous ne souhaitez pas la vérité et la transparence dans ce dossier. Au-delà des événements du 1er mai, un certain nombre de personnes ont eu, comme j'ai eu l'occasion de le rappeler, des pouvoirs exorbitants. Qui leur a donné ? Ils ont obtenu des passe-droits. Qui leur a accordé ces passe-droits ? Ils ont obtenu une protection qui semble être de nature hiérarchique et politique. Qui leur a accordé cette protection ? Et puis, il y a, comme ça a été rappelé, des soupçons très lourds d'activités de police parallèle, de police politique. Et pas seulement le 1er mai.
A toute une série d'autres occasions où M. Benalla et peut-être d'ailleurs M. Kras également, ont tenté de se faire passer ou d'avoir l'autorité qui normalement est accordée à nos forces de l'ordre républicaine. Et c'est si vrai que les journaux sont pleins d'exemples de frictions qui ont existé entre des policiers ou des gendarmes et cette équipe qui, semble-t-il, s'accordait ses pouvoirs protégés par les uns et les autres. Alors oui, bien évidemment, il est essentiel de faire l'ensemble de la lumière sur ces agissements, qui sont des agissements qui touchent à notre État de droit, qui touchent à notre fonctionnement démocratique et à notre fonctionnement républicain.
Et il serait bon que la République En Marche arrête de faire pour le coup de l'obstruction quant à l'administration de cette vérité.
La parole est à Mme Marine Le Pen.
Il n'y a que vous, honnêtement, à la République En Marche qui ne le voyez pas. Sortez dans la rue et allez demander aux Français qu'est-ce qui les intéresse aujourd'hui. Est-ce que ce qui les intéresse, c'est l'affaire qu'ils envisagent déjà comme une affaire d'État, la Constitution ? Sérieusement. La révision de la Constitution votée par l'Assemblée nationale, ça peut attendre. Ça peut attendre septembre, ça peut attendre octobre, ça peut attendre novembre même. Tant il n'y a rien dans cette révision constitutionnelle. Rien et encore moins quelque chose d'urgent. Ce qui est très urgent, c'est ce qui va se passer lundi, quand la commission d'enquête va se réunir.
Ce qui est très important, c'est d'accepter les auditions que demande l'opposition. Je vais vous dire ce que vous devriez faire. Accepter l'intégralité de la liste des auditions. La justice a été commise alors que des faits d'usurpation d'autorité ont été commises. Tout cela, ils ont non seulement couvert un employé du président de la République, mais également un salarié d'En Marche. Alors parce que vous êtes mis en cause, vous devriez accepter l'ensemble de la liste des auditions qui vous ont été demandées par l'opposition. Que ce soit En Marche qui décide qui peut être auditionné et qui ne doit pas être auditionné.
Là, vous allez persister dans l'idée qu'en réalité, vous mettez en place un système totalitaire. Bien sûr, oui, mais oui, bien sûr, mais oui, bien sûr. Si c'est vous qui décidez de la composition, alors oui, nous ne sommes plus en démocratie. Et oui, il y aura un doute sur les résultats de cette commission d'enquête, bien évidemment. Vous dites que c'est une affaire individuelle, Madame la Ministre. Bien sûr que non, et vous le savez, Benalla a obtenu des titres indus.
Vous savez qu'on a cherché à lui obtenir des fonctions indues, comme celles de sous-préfet, alors qu'il n'a même pas, et il est loin d'avoir, non seulement l'âge, mais bien évidemment les qualités éthiques et morales pour pouvoir accéder à ce poste de sous-préfet. Oui, vous savez que ça a des conséquences politiques, puisqu'il semblerait que M.
Benalla avait dans l'esprit de modifier le fonctionnement du GSPR et qu'il souhaitait retirer le GSPR de la responsabilité de la police nationale pour la confier à la tutelle de l'Elysée, en pouvant choisir qui au GSPR pourrait intervenir, y compris d'ailleurs des gens qui ne seraient ni policiers ni gendarmes et relèveraient de ces fameuses polices privées qu'évoquaient d'ailleurs, avec beaucoup de naïveté, il faut bien le dire, Mme Gourault, sur ma propre interpellation.
Donc oui, il y a des sujets très importants qui se cachent derrière cette affaire Benalla et qui sont des sujets qui touchent à l'équilibre de nos institutions, qui touchent au fonctionnement de notre démocratie, qui touchent à la séparation des pouvoirs. Vous ne pourrez pas mettre la poussière sous le tapis aussi facilement que vous le souhaitez.
Madame Marine Le Pen.
Ça fait deux jours qu'on vous entend nous prendre pour des gamins de 4 ans et vous pour des instituteurs en disant, allez maintenant c'est fini, on reprend le travail. Vous croyez que vous pouvez siffler la fin de la récréation. Il y a juste une chose que vous n'avez pas compris, c'est que ça n'est pas une récréation. Ce qui se passe ici est quelque chose d'éminemment grave et nous travaillons, figurez-vous. Nous travaillons à défendre la démocratie. Nous travaillons à défendre l'état de droit. Ce que manifestement vous, vous ne faites pas. Nous travaillons à défendre les valeurs de la République, valeurs auxquelles nous sommes attachés.
Et qui veut que lorsque nous sommes confrontés à une situation aussi grave que cette affaire qui est effectivement en train de se transformer en affaire Macron que vous avez transformée en affaire Macron puisque l'exécutif refuse de venir s'exprimer et quand l'exécutif refuse de venir s'exprimer, c'est peut-être qu'il y a quelque chose de plus grave que ce que nous avions peut-être imaginé depuis le départ de cette affaire. Alors qu'une commission d'enquête, et vous ne cessez de le répéter, a été mise en place, les auditions qui vont être faites par cette commission d'enquête. Alors oui, c'est important d'avoir confiance. Et moi, lorsque j'en enquête, c'est la vérité.
L'évidence, madame la présidente de la commission des lois, c'est d'accepter que tout est réclamé par l'opposition. Et vous savez pourquoi ? Parce que cette commission d'enquête, elle ne porte pas sur un attentat terroriste. Elle ne porte pas sur un acte commis par un gouvernement étranger. Sur un sujet, responsabilité de la République en marche, de la présidence, de votre responsabilité. Vous ne vont être effectués par cette commission d'enquête. Commencez par dire, oui, la commission d'enquête entendra toute personne l'opposition. Et alors, peut-être le fil de la confiance se recréera.
Mais pour l'instant, permettez-moi de vous dire qu'en l'état, il est évident que le débat sur la révision constitutionnelle ne redémarrera pas.
Marine Le Pen