La question de 6h20 du vendredi 30 octobre 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
La COP17 biodiversité qui s'achève ce soir à Erevan aboutira-t-elle à un accord ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Quelles sont les avancées notables ? Quels seront les motifs de satisfaction ce soir et les déceptions ?
- 0:56OuverteRéponse directe
Vous êtes en direct d'Erevan, vous avez assisté à cette COP17. Est-ce que ce soir, selon vous, les représentants applaudiront ou l'heure sera plutôt à la soupe à la grimace ?
- 1:14ComplaisanteRéponse directe
Ce qu'on a vu au cours des deux dernières semaines, c'est beaucoup de travaux, beaucoup de discussions. Donc, moi, je suis optimiste.
- 2:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous retournez au fond de ces discussions ? Quels sont les motifs de réjouissance ou du moins d'espoir ?
- 4:54FerméeRéponse directe
La France soutient l'idée de ces subventions néfastes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20InvitéFait
« protéger 30% des espaces maritimes et terrestres »
- 0:26InvitéChiffre
« diminuer de 500 milliards de dollars par an les subventions néfastes à la biodiversité »
- 0:31InvitéChiffre
« obtenir 30 milliards de dollars par an en provenance des pays développés pour financer la préservation du vivant »
- 2:50PrésentateurFait
« tous les pays se sont mis en marche pour mieux intégrer la biodiversité au niveau national »
- 4:17PrésentateurFait
« une aide à la pompe pour pouvoir acheter son carburant, le carburant contribue au changement climatique et à la perte de biodiversité »
- 5:20PrésentateurPromesse
« la France a publié une stratégie des subventions qu'elle se propose de réformer d'ici à 2030 »
- 5:28PrésentateurChiffre
« C'est 2 milliards qui sont visés sur 10 milliards identifiés »
- 7:22PrésentateurChiffre
« on attend 30 milliards des pays développés »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Invité24 %
- ?3 %
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Et
à 6h20, il est temps de se poser la question de la matinale. La COP17 biodiversité qui s'achève ce soir à Erevan aboutira-t-elle à un accord ? Un accord aussi historique qu'il y a 4 ans quand 23 cibles étaient déterminées, à savoir des objectifs à atteindre d'ici 2030 comme protéger 30% des espaces maritimes et terrestres, diminuer de 500 milliards de dollars par an les subventions néfastes à la biodiversité ou encore obtenir 30 milliards de dollars par an en provenance des pays développés pour financer la préservation du vivant. Après deux semaines de discussion, de négociations dans la capitale arménienne, quelles sont les avancées notables ?
Quels seront les motifs de satisfaction ce soir et les déceptions ? Question que nous posons à notre invitée, directrice du programme biodiversité de l'IDRI, Institut du développement durable et des relations internationales. Bonjour Agnès Allosseri.
Bonjour.
Vous êtes en direct d'Erevan, vous avez assisté à cette COP17. Je le rappelais, il
y
a 4 ans,
on
parlait d'un accord historique au lendemain de la COP15 à Montréal. Est-ce que ce soir, selon vous, les représentants des quelques 200 États participants applaudiront ou l'heure sera plutôt à la soupe à la grimace
?
Alors, c'est difficile d'avoir la boule de cristal, puisque, comme vous l'avez signalé, la plénière finale, ça va être aujourd'hui. Ce qu'on a vu quand même se passer au cours des deux dernières semaines, c'est beaucoup de travaux, beaucoup de discussions. Donc, moi, je suis optimiste. Je pense qu'il y aura effectivement des applaudissements. L'accord historique auquel vous faites référence, il s'agissait de se fixer des cibles qui vont jusqu'à 2030. Donc là, on va dire qu'on n'est pas en train d'essayer de se mettre d'accord sur des objectifs communs qui ont forcément un côté un petit peu entraînant.
On est à mi-chemin, en fait.
C'est tout aussi historique, parce que je tiens à signaler que c'est la première fois qu'en fait, on regarde la mi-parcours où on en est. Ça n'existait pas avant dans le cadre de cette convention sur la diversité biologique, ce qui fait que parfois, au bout de dix ans, on arrivait à terme des échéances qu'on s'était fixées. Puis on se disait, ah ben, on
n
'y est pas, on recommence. Et là, c'est historique parce que l'élément auquel les États se sont attachés, c'est de se dire, où est-ce qu'on en est ?
On
n'en est pas encore à l'atteinte des cibles. On n'est même plutôt pas sur la bonne trajectoire. Donc ce sur quoi on doit se mettre d'accord aujourd'hui, c'est comment on corrige le tir pour essayer d'atteindre ces cibles à 2030.
Vous qui avez assisté à cette COP17 pendant les deux semaines, qu'est-ce que vous retournez au fond de ces discussions ? Quels sont les motifs de réjouissance ou du moins d'espoir dans un premier temps
? Alors
la première chose qui a un motif d'espoir, c'est les résultats de ce bilan à mi-parcours. Depuis qu'on a adopté nos 23 cibles pour la biodiversité en 2022,
tous
les pays se sont mis en marche pour mieux intégrer la biodiversité au niveau national. Et ça, c'est la première fois depuis, la Convention existe depuis 1992. Jusqu'ici, on avait rarement réussi à mettre autant de gens autour de la table. Je vous dis les gens parce que finalement, il y a beaucoup de choses qui doivent être faites par les États. Mais le cadre qui a été adopté en 2022 montre aussi qu'en fait, ce n
'est
pas une seule administration qui peut y arriver. Ce seront les entreprises, ce seront les peuples autochtones et les communautés locales, ce seront les associations de protection de l'environnement, ce seront les collectivités territoriales, les villes, les régions, les États fédéraux, dans certains contextes politiques. Et donc toute cette communauté avance. Donc ça, c'est une matière de réjouissance. L'autre élément, c'est un peu la thématique qu'il y a eu à l'honneur de cette COP. C'est la question de la réforme des incitations dommageables à la biodiversité. Vous l'avez évoqué. C'est un gros mot, un petit peu.
Mais en gros, ça veut dire qu'avec de l'argent public, on va subventionner des pratiques qui, in fine, vont conduire à la perte de biodiversité. Des subventions
néfastes, c'est l'expression qu'on
utilise.
C
'est ça, incitations dommageables aux subventions néfastes. Ça dépend pour la traduction. Et ça, c'est un sujet très, très compliqué, puisque ces subventions, elles sont là. En général, c'est pour aider des gens qui en ont besoin, des agriculteurs, des pêcheurs, les citoyens. Quand on a une aide à la pompe pour pouvoir acheter son carburant, le carburant contribue au changement climatique et à la perte de biodiversité. Mais aujourd'hui, pour des raisons sociales, il y a ces discussions. Donc, réformer les subventions néfastes, ça veut aussi dire quand même changer fondamentalement la manière dont on produit, dont on consomme. Et finalement, très peu de gens, très peu de pays s
'étaient
retroussés les manches pour travailler sur ce sujet.
Et
donc là, il y a eu un nouvel élan donné avec un ensemble de pays qui s'est promis de s'atteler mieux à la tâche pour 2030.
D'ailleurs, la France soutient l'idée de ces subventions néfastes
? Oui,
tout à fait. Elle fait partie de, justement, cette coalition. On les appelle les Amis de la Cible 18 parce que c'est cette Cible 18 du cadre mondial qui parle de la réforme des subventions néfastes. C'est une coalition emmenée par la Finlande et la Colombie. Dedans, on a aussi la France et un ensemble d'autres pays. Et à cette occasion, la France a publié une stratégie des subventions qu'elle se propose de réformer d'ici à 2030. Alors, je dois dire que c'est un petit montant. C'est 2 milliards qui sont visés sur 10 milliards identifiés. C
'est un premier pas, c'est ça ? C
'est un premier pas, exactement, parce qu'on n'avait jamais réussi à aborder cette question d'un point de vue politique jusqu'ici.
Alors, on a beaucoup parlé des problèmes de financement, notamment plusieurs États qui refusent de passer au statut de contributeurs pour aider les pays dits en développement. Qui sont les pays, finalement, qui bloquent et pour quelles raisons, principalement
? Alors,
les pays qui bloquent, c'est ceux qui, depuis la signature de la Convention en 1992, ont vu leur situation financière
largement s
'améliorer. Voilà, je peux penser aux pays du Golfe, mais aussi aux pays qu'on dit émergents, par exemple, le Brésil, la Chine, ce sont des pays qui, de facto, contribuent déjà à la protection de la biodiversité, souvent par de l'aide bilatérale. La Chine, elle a beaucoup de projets de soutien en Afrique, les pays du Golfe aussi. Il y
a
une coopération régionale au Brésil. Donc, en fait, ce sont des pays qui ont déjà des financements pour la biodiversité,
y
compris hors de leurs frontières. Mais ce qu'ils ne veulent pas, c'est être inscrits sur une liste où on leur demanderait des comptes, ils seraient obligés, finalement, de contribuer à la Convention, ce qui est déjà le cas des pays dits développés.
Mais alors, pendant qu'on parle d'argent, et je sais qu'il en a été beaucoup question pendant ces deux semaines de la COP17, quand on parle d'argent et de difficultés de financement, pendant ce temps-là, la biodiversité, elle continue de s'effondrer. Est-ce que ça veut dire que dans tous les cas, entre guillemets, on a perdu qu'en 2030, les objectifs financiers ne seront pas atteints, notamment à cause de ces pays qui ne veulent pas être contributeurs
? Alors,
il y a une petite subtile idée parce que les objectifs qu
'on
s'est fixés, c'était sur la base des contributeurs actuels. D'accord. Donc, là, finalement, les 30 milliards d'aides internationales au développement que les pays développés doivent payer, et bien, la communauté internationale est très claire. Ce n
'est
pas parce qu'on ouvrirait la base des contributeurs, donc qu'il y
ait
plus de pays qui mettent au pot commun, que ce serait moins de contributions pour
tout le monde.
Ça veut dire que là, on attend 30 milliards des pays développés. Si on étend cette base des contributeurs, ça veut dire qu'on attendra plus de la finance internationale. Après, il ne
faut
pas se dire que les cibles ne dépendent que de la mobilisation de ces moyens-là. Il y a beaucoup de choses qui dépendent de l'organisation de nos sociétés, je l'ai dit. En fait, cet argent public, il est facile, on va dire, à suivre parce qu'il y a du reporting, il
y
a l'OCDE qui suit ces flux-là. La manière dont les entreprises investissent dans des chaînes de valeur plus durables et plus respectueuses de la biodiversité, ça, c'est des choses qu'on arrive très, très difficilement à chiffrer, en tout cas au niveau international, et qui va être finalement une part significative du financement de la biodiversité.
Et
donc, ça, au-delà des financements, c'est la question de la répartition de la décision aussi. Vraiment pouvoir associer les communautés, tous les activistes environnementaux, je pense dans certains contextes en Amazonie, etc., qui sont aujourd'hui réprimés, alors que s'ils avaient une voix au chapitre, ils pourraient aussi proposer des plans de développement favorables à la biodiversité, ça participe aussi au succès de ce cadre mondial.
Donc, on va continuer à suivre, en fait, les conséquences de cette COP17. Merci infiniment, Agnès Alloceri, d'avoir été avec nous ce matin, depuis Ereva, de vous participer à cette COP17 en tant que directrice du programme Biodiversité de l'IDRI. Merci.