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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 28 novembre 2020 80 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsSécuritéSolidarités & familleEurope & international

Meeting pour les libertés publiques en réalité augmentée

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 64 %Attaque 26 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Nous avons besoin de nous retrouver pour être à la hauteur du moment historique que nous vivons »
  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Pourquoi nous avons un gouvernement qui a préféré commander des gaz lacrymogènes ou des munitions, plutôt que des masques pour protéger sa population »
  • 7:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 80 % des médicaments que nous consommons dorénavant sont importés, il y a à peine 20 ans c'était le contraire »
  • 17:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « L'augmentation des dépenses pour l'armée sera multipliée par deux à partir de 2022 »
  • 0:15Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 32 éborgnements. C'est le sommet qui a laissé faire, 90 perquisitions chez les personnes qui ont décroché le portrait du Président de la République dans les mairies. »
  • 0:45Jean-Luc MélenchonFait
    « une loi avec 57 articles et plus de 500 alinéas, qui prétend une nouvelle fois… une nouvelle fois, avec un emballage de bonnes intentions, et de clins d’œil appuyés au pire qui existe dans ce pays : montrer du doigt les musulmans. »
  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La République ne se mêle pas de religion, elle n'organise pas les religions, elle n'a pas d'avis sur la religion. »
  • 3:30Jean-Luc MélenchonFait
    « nul ne doit être molesté pour cela et si nous nous en tenons fermement à nos principes, alors pour le monde entier la laïcité sera ressentie comme une liberté désirable par tous »
  • 5:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « le djihadisme terroriste doit être combattu et éradiqué, et il faut le faire avec des moyens humains plus nombreux, capables d'infiltration, de contrôle, de surveillance »
  • 7:00Jean-Luc MélenchonFait
    « la liberté de conscience et l'attachement à la protection de l'opinion et du droit à une opinion individuelle, sont les biens les plus précieux dont nous disposons »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue pour ce 1er meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon, alors aujourd'hui en France il y a eu des manifestations massives, des "Marches pour la Liberté", qui ont fait retrouver à notre pays le goût et le bonheur d'être ensemble, nous sommes très heureux de vous retrouver et de nous retrouver, toutes et tous, pour une 1ère mondiale qui est le 1er meeting politique qui va se faire en réalité augmentée. Alors là je suis actuellement en régie, avec toutes celles et ceux qui s'occupent du son, de la lumière, des images, et je vais vous montrer juste ici, quelque chose… Ici vous trouvez donc la traduction en langue des signes, parce que nous avons décidé que chacun de nos événements de campagne seraient accessibles au plus grand nombre, et donc vous pouvez trouver sur un second direct sur YouTube, cette traduction en langue des signes, pour là-aussi, plus d'accessibilité.

Donc un grand merci à toutes celles et ceux qui contribuent à faire ce meeting en direct. Alors pourquoi fait-on un meeting numérique en "réalité augmentée" ? Pas du tout pour faire un gadget de communication, mais parce que nous avons besoin de nous retrouver pour être à la hauteur du moment historique que nous vivons, parce que nous vivons un moment extrêmement politique.

À l'inverse d'un gouvernement qui préfère faire l'autruche sur tous les problèmes, qui déraisonne sur tout, et qui nous mène dans une impasse, applaudi, et sous les applaudissements du RN, nous disons que jamais la politique n'a été aussi importante. Alors la politique, pas comme les magouilles politiciennes, mais la politique comme la manière dont nous organisons notre vie collective. Et des questions politiques il s'en pose beaucoup dans le pays.

Sur la santé déjà, on se pose des questions pour savoir pourquoi nous n'avons pas assez de lits, de soignants, pour faire face à cette pandémie. On se demande aussi pourquoi nous avons un gouvernement qui a préféré commander des gaz lacrymogènes ou des munitions, plutôt que des masques pour protéger sa population. Sur l'écologie aussi, comment allons-nous atténuer et nous adapter à cette crise écologique qui s'aggrave sans cesse, et qui avance.

Ou encore sur, notamment les violences policières, c'est ce que nous dénoncions aujourd'hui très très très nombreux, et nombreuses dans la rue, mais qui pose une question politique fondamentale de savoir quelle police nous voulons dans ce pays, ou encore dans des questions politiques qui se posent de manière très forte. Pourquoi, dans un pays aussi riche que le nôtre, nous laissons encore 10 millions de personnes vivre dans la pauvreté, 7 millions de personnes privées d'emploi, et 300 000 personnes dormir à la rue ? Ce sont toutes ces questions politiques qui s'opposent de manière intense aujourd'hui, et face au chaos et au désordre, dans des périodes troubles, notre plus grande force c'est l'intelligence collective.

L'intelligence collective, n'est pas la réponse de ce gouvernement qui est une réponse très autoritaire, notamment d'un président qui veut décider tout seul, ou alors avec un Conseil de Défense qui est couvert par le "secret-défense", ou par des "comités Théodule". Ni la réponse ne peut être la peur, puisque la peur, c'est leur nouveau moyen de maintenir, vaille que vaille, un système qui est à bout de souffle. La peur c'est le nouveau lien social que proposent les macronistes aujourd'hui, et nous leur répondons que nous ne voulons plus avoir peur.

Alors oui, nous sommes très heureux de vous retrouver ce soir pour ce meeting numérique qui va nous permettre de penser collectivement, comment sortir d'une des plus grandes crises de notre histoire. On dit souvent de la France Insoumise, que nous sommes les premiers opposants à Emmanuel Macron. Oui nous sommes les premiers opposants, mais nous sommes surtout les 1ers proposants d'un projet de rupture, autour de "l'Avenir en commun", et notre tâche historique c'est d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire, d'incarner un espoir, et c'est tout le sens de la candidature de Jean-Luc Mélenchon autour du programme "l'Avenir en commun".

Je vous invite d'ailleurs si vous ne l'avez pas encore fait, et si vous le souhaitez, à aller soutenir cette démarche, sur le site "noussommespour.fr". Nous sommes déjà 185 000, même plus de 185 000 citoyens et citoyennes, à l'avoir fait.

Alors peut-être pour finir, je trouve que c'est un beau symbole qu'aujourd'hui nous tenions un meeting numérique en "réalité augmentée", à l'heure où ce gouvernement préfère utiliser les technologies contre le peuple, à nous surveiller, à nous fliquer, à grand renfort de drones, à grand renfort de caméras embarquées. Nous, nous pensons que les technologies doivent être utilisées dans l'intérêt du peuple, pour diffuser massivement des idées, pour discuter ce dont nous avons fortement besoin aujourd'hui, et surtout pour inventer collectivement un autre avenir, et un avenir commun. Peut-être pour terminer, une citation d'un poète turc que j'aime beaucoup, Nâzım Hikmet qui disait : "Les plus beaux de nos jours sont ceux que nous n'avons pas encore vécus".

Et je vous assure qu'avec cette campagne, nous allons vivre de très beaux jours, avec cette campagne qui porte en elle, "Les Jours Heureux", je vais vous laisser maintenant regarder une vidéo qui résume le début de cette campagne présidentielle, qui nous lance pour 18 mois de campagne, et ensuite place à Jean-Luc Mélenchon, merci à vous. – Je suis prêt, et je propose ma candidature, mais il y a un "mais" ! Je demande une investiture populaire, par conséquent je serai candidat définitivement si, et seulement si, j'ai recueilli 150 000 signatures de parrainage.

Et bien sûr ce n'est pas un homme qu'on investit seulement, ça n'aurait pas de sens. C'est un programme, c'est "L'avenir en Commun", tout le monde le connaît, je ne vais pas le résumer maintenant, je peux vous dire sa philosophie : l'harmonie entre les êtres humains, et avec la nature . [Musique] – À l'heure où je vous parle on est à plus de 46 000, on approche donc tranquillement des 50 000. – Une investiture populaire, il sera candidat si, et seulement si, il obtient 150 000 parrainages de citoyens.

Le compteur voilà… qui s'approche, qui approche la barre en ce moment des 100 000. – À l'heure où nous parlons, en 24h, déjà plus de 100 000 personnes… – Oui, c'est plié ? … non, ça démontre qu'il y a une dynamique, je me souviens, je vais parler de 2016 où en 24h, on avait eu 20 000, Là, cette fois-ci, 5 fois plus.

On avait mis plus de 2 mois pour avoir plus de 100 000. – Moi, il me semble que la candidature de Jean-Luc Mélenchon, non seulement est un fait politique, mais elle a de la légitimité, Jean-Luc Mélenchon a des atouts et il ne vous a pas échappé qu'il était en tête des candidats de gauche dans toutes les enquêtes d'opinion. Et, à mon sens, ce serait une folie que de ne pas se saisir de cette candidature. – Vous avez dépassé il y a quelques minutes, les 150 000 signatures de sympathisants.

C'était LA condition pour que vous soyez candidat, ce soir ça y est, vous êtes donc officiellement candidat à l'élection présidentielle de 2022 ? – Je m'y étais engagé, je le fais, là il s'agit si vous voulez, d'une campagne qui commence d'entrée de jeu comme une campagne qui veut servir à quelque chose, qui veut être utile. Une proposition de loi sera déposée pour que les citoyens eux-mêmes, puissent parrainer une candidature à l'élection présidentielle, alors qu'aujourd'hui, ce droit est réservé à 500 élus.

Par conséquent les 150 000 premières personnes qui ont signé, sont les défricheurs d'un droit nouveau que nous allons essayer de construire dans ce pays. Je veux vous rassurer sur un point, le compteur n'est pas bloqué, et j'invite ceux qui m'écoutent à cet instant, à m'aider à mettre la deuxième couche, c'est à dire les 150 000 suivants. [Musique] Bonsoir, bienvenue et merci d'avoir accepté ce rendez-vous, dans cette "réalité augmentée", dans laquelle nous allons passer un moment, cette soirée.

Alors bon la réalité augmentée, on peut dire que toute réalité est toujours augmentée par l'idée qu'on s'en fait, et aussi par les sentiments qu'elle provoque en nous. Il est évident que quand on craint le futur, le présent est souvent déjà un cauchemar, et quand au contraire, on espère le futur, parce qu'on pense qu'il va être meilleur, alors le présent, est une joie commencée. Bon ce soir ça va être plus simple, cette réalité augmentée, et je vais vous en donner un petit exemple, en vous promettant que je n'abuserai pas des tours de magie, qui désormais sont à ma portée.

Alors, voyez plutôt ! …Bon alors ceux qui ont aimé "Matrix", j'imagine, ont adoré cette séquence, et ceux qui ont aimé "Alice au pays des merveilles", également. Mais on n'ira pas toute la soirée, vous saouler avec des effets de cette nature, d'abord parce que moi je n'y suis pas prêt, je ne maîtrise pas encore cette technique assez bien, pour pouvoir en jouer de manière utile, et puis vous non plus, vous n'êtes pas habitués à participer à cette sorte de démonstration, il faut donc qu'on s'habitue et qu'on domestique les uns et les autres cet outil.

Bon, on va faire quelque chose de plus raisonnable, c'est-à-dire installer un décor plus tranquille et un peu plus conventionnel, quoiqu'il ne soit pas réel… …Voilà, j'espère que ça vous plaît ! Allons-y donc : commence le 1er meeting de la campagne présidentielle de 2022, de notre campagne bien sûr, mais peut-être aussi du pays qui s'y intéresse et qui doit s'y intéresser. On m'a souvent dit que ce n'était pas le bon moment et qu'on partait tôt, alors je m'amuse toujours quand des gens qui ne m'aiment guère disent que ce n'est pas le bon moment.

Je crois que ça ne sera jamais le bon moment pour eux. Par contre pour nous, compte tenu de ce que nous avons à faire, oui c'est le bon moment, que de démarrer 18 mois avant la date, c'est-à-dire environ 14 mois réels si on enlève tous les jours de congés qu'on a comptés. Il s'agit de faire une campagne utile.

À l'instant je crois, vous avez vu dans la vidéo, ce que ce concept entraînait, c'est-à-dire qu'à chaque moment de la campagne, il faut que ce qu'on fait serve à quelque chose, du point de vue des idées que nous défendons. Le fait d'annoncer ma candidature, je l'ai fait dans des conditions telles que nous préparons une autre étape, qui sera un événement politique, dès le mois de mai prochain. Comme vous le savez aujourd'hui, seuls 500 grands élus, je ne sais pas pourquoi on dit qu'ils sont grands, les autres ne sont pas petits. 500 grands élus peuvent parrainer une candidature à l'élection présidentielle.

Nous voulons défendre l'idée que les citoyens puissent le faire, comme c'est le cas dans un certain nombre de pays dans le monde, dans une proportion qui est la même que celle que serait 150 000 citoyens français, par rapport au nombre d'électeurs de notre pays. En mai prochain, le texte de loi sera présenté à l'Assemblée nationale et celle-ci devra voter. C'est la raison pour laquelle, dès ce soir, je m'adresse à tous les présidents de groupes de l'Assemblée nationale et je leur pose la question : est-ce que vous voterez cette loi reconnaissant le droit du parrainage des candidats à l'élection présidentielle, par les citoyens, ou bien comptez-vous en réserver encore le privilège à quelques-uns seulement ?

Mais ce n'est pas la seule raison qui nous fait démarrer tôt, il faut démarrer tôt pour enraciner ce que nous faisons, car une candidature ce n'est pas une personne, son col roulé ou sa cravate, la forme de sa veste. Une candidature comme la nôtre c'est d'abord et avant tout un programme. Il est indispensable que nous puissions l'enraciner, c'est-à-dire que les gens comprennent de quoi nous parlons, pourquoi nous le faisons, ce qui va se faire, et pour qu'ils puissent s'impliquer dans la mise en route de ce programme lorsqu'il viendra à s'appliquer comme ce sera le cas, si c'est nous l'emportons.

Et si j'y insiste autant, c'est parce que j'ai l'expérience qui me permet de savoir comment, dans les campagnes électorales, l'émotionnel peut tuer le rationnel. Non je n'ai pas oublié comment en 2002, alors qu'il y avait déjà une pulsion à l'abstention extrêmement forte, la plus forte qu'on ait jamais vue dans une campagne présidentielle, alors qu'il y avait un nombre important de candidats c'est à dire 16. On a, à partir du vendredi, monté un fait divers en épingle, c'est l'affaire de celui qu'on appelait "Papy Voise" je crois, si je me souviens bien, qui était un homme qui avait été battu et son appartement brûlé, et on l'a vu pendant 48 heures, pendant le déroulement du 1er tour, on a vu et revu sans cesse ces images, et on connaît la suite.

Le thème de la sécurité est arrivé d'une manière absolument incontrôlée, sur la scène publique et l'Histoire de France a basculé, puisque, hélas, mille fois hélas, Lionel Jospin a été éliminé du 2ème tour de l'élection présidentielle et, pour la 1ère fois, M. Le Pen y accédait. En 2012 ce fut l'abominable assassinat par monsieur Merah, dans un crime antisémite abominable, tuant de jeunes enfants et leur professeur, mais aussi des militaires désarmés, au nom d'Al-Qaïda.

Et puis en 2017 ce fut de nouveau un attentat sur les Champs Élysées, si vous vous en souvenez, avec 1 mort, cette fois-ci ce fut au nom de Daech. Et puis ce fut aussi l'affaire des costumes de monsieur Fillon qui rendit impossible toute discussion politique pendant pratiquement 4 semaines, où nous avons été sans cesse enjoints d'avoir une opinion sur cette affaire. Bref, ça ne marchera pour nous que si nous arrivons à bien faire comprendre où nous en sommes, où nous allons, ce que nous voulons faire, et à quoi nous voulons appeler le peuple français.

Je fais une petite pause pour faire observer aux techniciens, que ce qui serait bien, c'est que le chronomètre marche, parce que ça va m'aider à rythmer ma parole, là, il est marqué que je n'ai pas parlé du tout. Alors ceci posé, est-ce que c'est trop tôt ? Je viens de vous dire pourquoi la méthode s'oppose à cette critique, mais je vais entrer un peu plus dans la réalité.

En 2022, le pays sera dévasté, c'est-à-dire ce que vous voyez aujourd'hui en germe, sera en plein développement : quoi ? Les destructions d'emplois, il y en a déjà. Il y à déjà 1 million de chômeurs de plus qu'il n'y avait au début de la crise du COVID.

Nous serons, à ce moment-là dans un paroxysme. Peut-être y aura-t-il encore 1 million de chômeurs supplémentaires, si l'on en croit les annonces qui nous sont faites. Dans le même temps l'État aura été dévasté.

Et maintenant vous savez tous ce que ça veut dire. En 2017, quand je parlais de "crash sanitaire", eh bien, bien des gens disaient : "Ah il y a une tentation marseillaise chez M. Mélenchon", qui en effet s'est réalisée puisque dorénavant, je suis député de la population de Marseille, mais on pensait que j'exagérais.

Maintenant vous savez ce que ça veut dire qu'un état effondré, des services publics effondrés. C'est ce que nous avons vécu, un manque de place à l'hôpital, qui oblige à confiner toute la population pour éviter d'être submergé. Mais on pourrait dire aussi c'est le manque de médicaments, c'est le manque d'équipements.

Le manque de médicaments, 80 % des médicaments que nous consommons dorénavant sont importés, il y a à peine 20 ans c'était le contraire, on produisait 80% des médicaments qu'on utilisait. Je prends ces exemples pour vous dire : le même projet de dévastation est à l’œuvre pour le service public de l'énergie. Le même projet de dévastation est à l’œuvre pour le transport à la SNCF.

Et rien, ni la pandémie ni rien, ne semble arrêter cette volonté, cette politique telle que la met en œuvre M. Macron. Tout cela il faudra traiter avec, et le pays aura été labouré, déchiré par les vagues de pauvreté qui déferlent sur lui. 10 millions de pauvres déjà, mais la pauvreté ce n'est pas qu'un thème de discussion, ce n'est pas qu'un chapitre dans un programme.

La pauvreté, cela signifie : des gens qui, du fait de leurs conditions matérielles, se trouvent entièrement bouleversés et pour ainsi dire reformatés par ce qu'ils vivent . La pauvreté c'est un mot qui englobe des réalités terribles. C'est 100 000 personnes qui n'ont plus d'eau à la maison parce que bien sûr, c'est interdit de leur couper l'eau, mais elle ne coule qu'au goutte à goutte.

C'est 600 000 personnes à qui on retire l'accès à la lumière et au chauffage, etc. C'est la faim qui dorénavant obsède un nombre croissant de familles puisque, comme vous le savez, jamais comme à présent, il n'y a autant de monde qui vient dans les restaurants du cœur et dans toutes les structures de solidarité. En 2022 tout cela sera amplifié dans des conditions qu'aucun d'entre nous ne peut prévoir, mais dont tout le monde est certain que ce sera la réalité que nous aurons à traiter, si nous gagnons, quasi instantanément.

Mais ce n'est pas tout : 2022, des décisions essentielles sont à prendre, c'est pourquoi maintenant il faut que les Français y réfléchissent. C'est pas à la dernière minute, bien sûr il y en a qui le feront, ou certains ont déjà des idées très arrêtées sur la situation. Mais en tout cas il faudra qu'ils-y aient réfléchi à temps pour que les événements émotionnels qui viendront, n'en doutons pas en 2022, n'effacent pas de leur esprit, les réalités auxquelles ils devront avoir à faire face quelques mois plus tard, lesquelles ?

D'abord le fait que l'actuel gouvernement reporte à après 2022, toutes sortes de dépenses, par exemple l'augmentation des dépenses pour l'armée sera multipliée par deux, à partir de 2022. C'est ça qu'a décidé M. Macron, on se demande pourquoi il ne le fait pas avant, mais ça sera à partir de 2022.

Le budget de la recherche : les dépenses devront être multipliées par 2 à partir de 2022, et même si ça ne fait pas des sommes très importantes, il n'empêche qu'il va falloir les trouver. Je ne prends que ces exemples parmi bien d'autres, et pour ne pas abuser ce soir de chiffres et d'énumérations. Mais tout de même, en 2022, au mois de juin, c'est-à-dire à peine 2 mois après qu'on ait changé de présidence, il faudra faire face au fait qu'arriveront à terme les emprunts garantis par l'État, pour le petit commerce et les petites entreprises, il y en a pour 132 milliards.

Tout le monde sait que cette dette est irremboursable par les 90% de ceux qui là doivent. Il faudra prendre des mesures extraordinaires, pour éviter que tout me s'effondre d'un coup, à peine aura-t-on changé de pouvoir, car évidemment, quand un commerce, quand une petite entreprise s'effondre, s'effondrent avec, ses fournisseurs et ses prestataires de services. C'est donc une situation d'une extrême tension qui succédera immédiatement à l'élection présidentielle, mais ce n'est pas tout encore !

C'est en 2022 que l'Europe décide pour finir, ce qu'elle doit décider à propos des glyphosates, et de l'interdiction ou non de ces pesticides sur le territoire du continent européen. De la même manière le pouvoir actuel a prévu que c'est en 2022 qu'on devra décider du calendrier de fermeture ou non, des centrales nucléaires. Et puis enfin, et surtout, et peut-être avant tout pour nous, qui aurons à prendre le cas échéant les décisions politiques, en Janvier 2022 commence pour l'Europe, la Présidence française.

Ce qui signifie qu'à partir du mois de janvier, certainement le président Macron aura tous les avantages de communication, qui seront liées à la présidence de l'Union Européenne. Mais si nous le battons, et si nous le remplaçons, et bien cela signifie qu'à partir du mois d'Avril, et jusqu'au mois de Juillet, il faudra présider l'Union. C'est une chance extraordinaire pour pouvoir prendre des initiatives, notamment en vue de la sortie des traités qui aujourd'hui, étranglent toute l'Europe sociale, et rendent impossible toute coopération et fraternité entre les peuples qui sont poussés les uns contre les autres par des règlements absurdes de compétition.

Voilà pourquoi cette année 2022 doit être préparée avec soin, méthode et discipline par nous, bien avant que les dates n'arrivent. Il faut être prêt à temps, et c'est la raison pour laquelle, le programme que nous avons préparé a une telle importance. Je vois que certains narguent, disant : "Vous avez un programme, il est à prendre ou à laisser".

Non ! On a dit de toutes les manières possibles, que ce programme était remis en discussion. Il est remis en discussion pour le compléter, mais il existe.

Il a sa force, et si personne ne veut discuter, eh bien il existera. Il sera affiné, et il s'appliquera, si nous sommes élus. C'est la raison pour laquelle, j'invite tous ceux qui m'entendent, à accepter d'ouvrir avec nous la discussion, non pas en vue de je ne sais quel fumeuse coalition de dernière minute, mais en vue de la majorité parlementaire qu'il s'agira de constituer après l'élection présidentielle, si nous la gagnons, et nous nous battons pour la gagner.

C'est donc ce programme-là des législatives, le programme de la majorité parlementaire, qu'il faut venir discuter avec nous. Parce que nous devrons, dès le mois de juillet, présenter la 1ère épure d'un projet de budget, parce que c'est à cette date que l'on doit présenter son projet, alors c'est pas… Pour nous c'est une tâche colossale car il s'agit d'inverser le sens de tout ce qui a été fait dans toutes les directions, et donc en particulier, de proposer quasi immédiatement un plan de relance écologique et sociale de l'économie du pays, s'appuyant sur les besoins, sur la demande immédiate en matière écologique, mais aussi en matière sociale. Car comme vous le savez, le 50 % de l'activité de notre pays, dépend de la consommation populaire.

Il est clair que chaque euro qui est donné à quelqu'un, qui est dans une situation de restriction budgétaire personnelle terrible, va immédiatement dans l'activité. La relance de l'activité passera donc par ces mesures que nous aurons à prendre dès notre arrivée à la direction de ce pays. Voilà pourquoi, avec sérieux, avec gravité, je répète ce que je ne cesse de dire, au nom de mes amis Insoumis, aussi bien le groupe parlementaire à l'Assemblée nationale avec ses 17 députés, aussi bien pour la délégation au Parlement européen avec ses 6 députés, si les uns et les autres ont fait pendant trois ans, et pour les autres depuis un an, des propositions qui continuellement ont enrichi en rendant plus concret ce programme, je dis à tous ceux qui nous entendent, et qui parfois nous font la leçon : il ne peut pas être question d'attendre que vous en ayez fini avec vos désignations intérieures pour qu'on commence à discuter d'un programme.

C'est à dire, si j'ai bien compris, aussi bien les propositions du Parti Socialiste que celles d'Europe Écologie-Les Verts, au mois de septembre de l'année prochaine. C'est à dire à peine six mois avant l'élection ! Eh bien ils feront bien comme ils voudront, mais nous, notre devoir, étant ceux qui marchent devant aujourd'hui, même si ça n'est pas très loin devant, mais c'est en tout cas, assez loin devant, pour que nous assumions la responsabilité de la situation, les yeux ouverts, de manière maîtrisée, de manière disciplinée, à nous préparer à la victoire à laquelle nous travaillons par notre campagne électorale.

Nous serons prêts à temps, et vous aurez dans le cours de la campagne, une soirée de chiffrage, qui vous permettra à chacun, de vous faire votre avis. Françaises, Français, ne recommencez pas à faire confiance à l'aveuglette à des gens qui se contentent de vous dire de voter contre Pierre, Paul ou Jacques et dont vous ne savez rien de ce qu'ils comptent faire réellement. Nous ne ferons pas une coalition de "contre" !

Nous voulons bâtir une majorité d'adhésion ! Françaises, Français, ne vous laissez pas intimider, impressionner par ceux qui sortent de leur chapeau, 2 mois avant l'élection présidentielle un programme comme l'a fait monsieur Macron la dernière fois. Car alors vous voyez, qu'il vous faut ensuite pleurer du sang et des larmes, quand les programmes qui n'étaient pas annoncés s'appliquent.

Ou quand ils s'appliquent parce que vous les avez approuvés par distraction, sans avoir totalement mesuré la signification de ce qui était proposé, parce qu'on n'a pas pu en débattre. Parce que l'émotion a submergé la raison, parce qu'aucune des conditions d'un échange rationnel, n'a été réunie pendant la campagne des élections présidentielles. Voilà tout ce que j'avais à vous dire pour cette date.

Pour cette façon de faire et pour la responsabilité que nous prenons devant l'histoire, et devant la patrie. Les jours que nous venons de vivre doivent être à présent discutés, pourquoi ? C'est le meilleur moment pour le faire.

Il y à des sujets que nous n'aurions pas pu introduire dans la discussion, sans les événements qui viennent de marquer les esprits, alors bien sûr, ce soir j'aurais préféré commencer la campagne présidentielle, en évoquant les questions de la planification écologique, ou de la relance sociale, ou de l'exigence que nous ferons aux grandes entreprises dorénavant, dès qu'elles touchent un euro, d'avoir des contreparties à fournir aux travailleurs. Mais je dois partir de ce qui est puisque c'est le moment où chacun y fait attention. Il est vrai que la France a subi un franchissement de seuil, avec les événements qui ont marqué la place de la République, à propos d'un groupe d'exilés qui avait trouvé là refuge sur la suggestion d'une association de solidarité, et qui ont été d'abord chassés de l'endroit où ils se trouvaient sans qu'on leur propose aucune solution, alors qu'ils ont froid, alors qu'ils ont faim, alors qu'ils sont dans l'obscurité.

Ils avaient été pourchassés comme on ne le fait peut-être même pas avec des animaux pour qu'on ne les voit plus. Et dès lors on les avait ramenés Place de la République, pour que les pouvoirs soient obligés d'apporter une réponse humaine, conforme à la tradition qui doit être celle, non pas de la France en particulier, mais de tout être humain à l'égard d'un autre qui se trouve démuni de tout ! Et puis ensuite ce fut la scène odieuse, ce tabassage de ce malheureux réalisateur par un groupe de barbares en uniforme, comme a dit monsieur Fauvergue qui est député LREM et ancien commandant du RAID, qui est justement l'auteur initial de la loi sur la sécurité globale, et qui a utilisé cette expression qui, vous vous en souvenez, m'avait valu tant de commentaires dont je suis certain maintenant que ceux qui les avaient prononcés, doivent les regretter amèrement.

Car, la situation à laquelle nous sommes confrontés, ne vient pas de surgir d'aujourd'hui. C'est en profondeur que la police nationale a été progressivement poussée au pire, par ses éléments les plus lamentables, pour la raison que tout le monde connaît quand il a un peu d'expérience de l'autorité et du commandement. C'est que lorsqu'une troupe est déployée et qu'elle assume des fonctions d'autorité, et parfois de violence légitime, c'est aux chefs qu'il faut demander des comptes, car c'est eux qui sont les gardiens de la proportion de l'usage de la force.

On ne doit pas aller chercher chez le lampiste, chez celui qui est sur le terrain, la responsabilité de l'exécution d'un ordre qui a été donné. Le préfet Lallement a progressivement aggravé tout ce qui est déjà pitoyable à l'intérieur de cette institution. Cet homme a été choisi de propos délibéré, par monsieur Castaner, avec l'approbation de monsieur Macron, précisément parce que nous avions dénoncé son comportement et sa violence à Bordeaux, et en particulier le fait qu'il ait félicité des policiers, après que ceux-ci aient tabassé le député Insoumis Loïc Prud'homme.

Dès lors qu'un tel chef était nommé, on a tout de suite vu qu'il appartenait à cette catégorie de personnages psychologiquement perturbés, pour qui l'autorité est une façon de compenser des mésaventures personnelles peut-être, ou des manques qu'il compense par des miasmes de violences. On l'a vu dire à une femme qu'il croisait : "Nous ne sommes pas dans le même camp", oubliant le devoir républicain élémentaire. Non il n'y a pas 2 camps dans ce pays, il n'y en a qu'un seul, c'est le peuple qui est souverain, et à qui toutes les institutions doivent obéir, et à qui toutes les institutions doivent le respect, comme elles le doivent à ceux qui sont ses représentants, les députés, dont depuis 494 avant notre ère, la personne est sacrée.

Voilà pourquoi, ainsi travaillé par le sentiment que tout leur était permis, les pires éléments qui se sentaient couverts, ont "pressionné" les autres et exercé sur eux, une influence psychologique désastreuse qui fait que, à la suite les uns des autres, ils ont fini par cautionner des actes pour lesquels, ils n'avaient pas demandé à devenir policiers. Non je ne crois pas qu'on demande à devenir policier pour assister au tabassage, à 15 sans dire un mot, d'un malheureux sans armes qu'on frappe à terre. Je ne crois pas non plus qu'on devienne policier pour se taire ensuite, lorsque 32 coups sont tirés en pleine figure, éborgnent quelqu'un, ni pour que 5 personnes y perdent la main, ni pour que 2 personnes y perdent la vie, dont madame Zined Redouane, tuée au 4ème étage de son immeuble, par un tir parti de la rue, non je ne le crois pas.

Je crois qu'on devient policier parce qu'on veut être Gardien de la Paix, parce qu'on veut être officier de police judiciaire, parce qu'on veut lutter pour le bien, contre le vol, le crime, et le mal, et non pas pour commettre soi-même le crime, et commettre soi-même le mal. Il faut donc, puisque maintenant un grand nombre d'observateurs en conviennent, puisque tant de gens l'ont enfin compris, que nous n'avons pas sonné le tocsin d'alerte parce que nous serions des "exagérés", que le mot barbare n'était pas un mot exagéré. Il est temps que maintenant tout le monde comprenne, qu'il faudra refondre la Police Nationale, "de la cave au grenier", l'expurger de ses éléments racistes, homophobes, violents, et permettre à la Police Républicaine, à ceux qui ont envie de bien faire, d'occuper le devant.

Que des hommes comme Alexandre Langlois, qui a dû donner sa démission de la police, soient plutôt dans le sommet de la hiérarchie de la police, que poussés dehors, parce qu'il ne peut plus y vivre, et qu'il y est continuellement réprimé. Si je vous dis tout cela, c'est parce qu'évidemment maintenant, tout le monde le comprend, et il faut donc prendre les mesures, qui vont avec ce que je suis en train de vous dire, mais il faut le faire en connaissance de cause. La loi de sécurité globale, est une loi elle-même globale, et elle est mauvaise dans tous ses aspects, et pas seulement, ceux de la possibilité ou non de filmer les policiers.

Filmer des policiers, même LREM était d'accord, puisque ses députés au Parlement européen, ont voté un texte qui dit qu'en toutes circonstances, tous les citoyens doivent pouvoir filmer. Mais quand ils reviennent à Paris, ils ne sont plus du tout du même avis semble-t-il. Mais dans tous les pays du monde, tout le monde sait, et en particulier nous autres Français, qui sommes nés dans le moule de la République de 1789, que l'autorité qui est déléguée à la force publique, est déléguée par le souverain.

Le souverain c'est le peuple qui à tout moment, doit pouvoir le contrôler. La manière dont est utilisée la violence légitime de l'État, doit se dérouler sous le contrôle des citoyens si ils estiment nécessaire de l'exercer. Ce sont des grands principes, mais ce sont les grands principes qui nous tiennent dans la République, et c'est le mépris de ces principes, qui nous en expulse, et nous fait vivre la situation que nous vivons aujourd'hui.

Cela veut dire très concrètement qu'on doit pouvoir filmer librement, et que, si vous laissez passer la 1ère marche de votre déchéance, en acceptant qu'on vous prive d'un droit fondamental parce qu'on vous dit : "Mais comme vous n'avez rien à craindre, vous n'avez aucune raison de filmer". Et bien si, nous avons à craindre de tout pouvoir, quel qu'il soit, y compris le jour où c'est nous qui l'exerceront, il faudra qu'il soit placé sous le contrôle permanent du peuple, parce que c'est la règle républicaine. Mais il faut que vous vous rendiez compte, que dans cette loi, on augmente d'une manière disproportionnée le recours à l'usage des drones qui peuvent surveiller des populations entières et faire de la reconnaissance faciale.

Que les caméras piétons des policiers seront connectées avec les drones, et les autres instruments de surveillance, tels que les caméras dans la rue, celles dans les parkings souterrains, et même celles qui sont dans les halls d'immeubles. C'est-à-dire que nous aurons une interconnexion généralisée, de tous les moyens de suivi et de contrôle, sans aucune autorisation judiciaire préalable. C'est tout à fait inadmissible car bien sûr, on peut pour les besoins d'une enquête, avoir besoin de consulter la réserve d'images de ceci, la réserve d'images de cela, mais c'est le juge qui le décide et qui en donne l'autorisation à la police judiciaire qui, elle, connaît son métier, connaît ses limites, et connait ses droits.

Par conséquent c'est toute la loi qui doit être retirée parce qu'elle est le symbole d'un objectif de contrôle généralisé de la population avec lequel nous sommes en désaccord complet. Et ça suffit maintenant ! Le pouvoir en place a instauré une sorte de grand fichier sanitaire avec, bien sûr, les meilleures intentions du monde, mais ce grand fichier sanitaire, qui outre qu'il a été confié à une entreprise nord américaine bien connue, une multinationale, permet des connexions et qui permet de savoir tout sur tout le monde, à tout moment.

On nous dit : "mais non mais non c'est un fichier qui est sûr". Eh bien nous, nous pensons que la seule chose qui soit sûre, c'est qu'il n'est pas sûr, parce que tous les recoupements sont possibles qui permettent l'identification des gens, au demeurant il y avait déjà un autre fichier qui s'appelle GendNotes, c'est les gendarmes qui l'établissent, et dedans il y a toutes sortes d'informations sur vos préférences politiques et même les autres et ainsi de suite. Ça suffit, ce n'est pas comme ça qu'on garantit la paix et la sécurité.

C'est une illusion technocratique de croire qu'en contrôlant tout le monde, on augmente la sécurité, et la première des sécurités c'est la liberté du peuple, sa capacité à s'auto-discipliner et à accepter, quand c'est nécessaire, les mesures d'autorité qui s'imposent. Le peuple français aime bien l'autorité, mais il déteste l'autoritarisme et il a raison, et ce que nous voyons, c'est un régime d'autoritarisme qui se met en place. Dès lors, comment s'étonner que monsieur Macron, qui pourtant avait sollicité des suffrages pour empêcher que, disait-il, madame Le Pen vienne faire souffrir au pays toutes sortes d'horreurs.

Ces horreurs sont dorénavant en place et de son fait à lui, et il ne faut pas s'étonner que madame Le Pen ait voté, ainsi que tous les membres de l'extrême droite, la loi sécurité globale comme la majorité de la République en marche et la main dans la main après que madame Le Pen ait félicité monsieur Darmanin pour ses bonnes initiatives, après que madame Marion Maréchal Le Pen ait félicité le ministre de l'Éducation nationale, qui lui de son côté veut contrôler les études que font les sociologues parce qu'il estime que certaines constituent une ligne politique dangereuse. On n'a jamais vu un tel manifeste d'obscurantisme dans notre pays depuis je ne sais combien de siècles. Personne n'a jamais parlé comme ça d'études de sociologie.

On retrouve, vous savez, cette mentalité pourrie qui était celle de Manuel Valls quand il disait : "comprendre et expliquer, c'est déjà excuser". Ces gens sont des brutes et pensent que l'intelligence est toujours de trop et on sait comment ce genre de tentation termine. Pour notre part ce que nous voulons, c'est avant tout décriminaliser l'action collective, ce n'est pas normal qu'on ait peur d'être un militant syndical en public, ce n'est pas normal qu'on n'ose plus aller à une manifestation avec ses enfants à la main, ni soi même parce qu'on pense qu'on ne court plus assez vite pour pouvoir y aller, ou qu'on ne supportera pas ce qui va s'y passer.

Il faut libérer le peuple français de la peur de la violence policière, du racisme et des agissements de cette nature. Qu'on ne me dise pas que j'exagère et c'est pourquoi je vois que maintenant tout le monde est d'accord pour parler de refonte de la police. Qu'on ne me dise pas que j'exagère, je m'accuse pendant trop longtemps de ne pas avoir compris à quel point la situation avait dégénéré et il aura fallu que ce soit mon ami Younous Omarjee qui est le président de la Commission des régions au Parlement européen, qui me dise un jour : "chaque fois que je passe Gare du Nord pour aller à Bruxelles, chaque fois, parce que je suis noir, je suis contrôlé alors que tous les autres autour de moi ne le sont pas".

Les contrôles au faciès sont odieux, insupportables, inacceptables parce qu'ils créent les pires des habitudes, je vous demande d'y réfléchir, vous autres qui m'écoutez, certaines pratiques ne sont pas seulement dégradantes pour notre pays, elles sont dégradantes pour ceux qui les commettent ou à qui on demande de les commettre. C'est la raison pour laquelle, quand par exemple dans les mesures concrètes et immédiates, nous demandons que l'on dissolve le bataillon de motocyclistes voltigeurs, nous le faisons parce que c'est le recours à une arme extrêmement dangereuse c'est-à-dire deux hommes sur une moto dont un frappe les gens en passant à toute vitesse avec la moto. Nous les avons vus à l’œuvre place de la République, mais les plus anciens se souviennent que ce peloton existait autrefois, et que c'est monsieur Pasqua, qui n'avait pas la réputation d'être un tendre, qui les avait dissoutes après la mort de monsieur Malik Oussékine qui avait reçu un coup de matraque de trop, dans ces conditions-là, il faut donc dissoudre ce bataillon.

De la même manière il faut dissoudre le lieu par lequel la confiance populaire dans la police s'est effondrée, c'est l'inspection générale de la police nationale. Une sorte de monstruosité, composée de policiers, recevant des plaintes de policiers, et ne rendant de compte qu'à des policiers. Dont les éléments qui la constituent sont tenues dans leur déroulement de carrière, comme les autres, par les interventions du syndicat sur leur carrière.

L'IGPN doit être dissoute parce qu'à force de fermer les yeux, à force de donner le sentiment que, quoi qu'il se passe, jamais personne n'est puni dans la police, eh bien elle a ruiné la qualité du rapport de confiance. Nous avons tous besoin en démocratie d'un rapport de confiance. Je ne suis pas en train de vous dire que nous rêverions ou que… rêver on peut, mais que nous instaurerons une société où il n'y aura plus de police, ce n'est pas vrai et ceux qui disent ça vous raconteraient des histoires.

Nous avons besoin d'une police fiable, honnête, en qui on a confiance et comme on sait que l'erreur est humaine et que les penchants mauvais peuvent exister partout, eh bien il faut un instrument qui permette quand on se plaint, que la plainte soit entendue. Si la plainte n'est plus entendue, on sait que la confiance s'effondre et que la tentation de se faire justice s'accroît, ce dont nous ne voulons pas. Eh bien qu'on remplace l'IGPN par un organisme composé, bien sûr de policiers qui savent comment se déroule l'action policière, mais majoritairement de gens qui ne le sont pas, c'est-à-dire de sociologues, d'autorités intellectuelles qui sont capables de juger et d'apprécier ce qu'est le recours à la force et l'application du Droit.

Il faut changer de fond en comble la doctrine d'emploi de la police. Vous voyez c'est un sujet dont on n'aurait pas pu parler, il y a seulement trois mois, on aurait dit "mais qu'est ce qui leur prend ? Ils sont devenus anti-flics", d'ailleurs les autres le répètent du matin au soir.

Non, nous ne sommes pas anti-flics, nous sommes contre ces flics-là, oui ça c'est sûr, les flics qui tabassent, les flics racistes, oui nous sommes contre et nous sommes pour leur expulsion de la police nationale. Et nous sommes pour que les bons éléments aient les meilleures places dans la police nationale, tandis que les mauvais et les violents doivent être expulsés de ce corps. Bon il faut changer la doctrine d'emploi, ça veut dire qu'il faut en terminer avec les méthodes de monsieur Lallement, c'est à dire en particulier ces nassages.

Maintenant tout le monde a appris ce qu'était une nasse, alors on vous enferme tous dans un endroit, et on ne vous laisse plus sortir, et au bout d'un moment, dès que ça se passe mal à un endroit où un autre, boum, ça y va, les tirs de lacrymo, les tirs de grenades de désencerclement, et commencent les éborgnements, les mains arrachées et le reste. De la même manière nous voulons que l'on remplace la BAC dont l'intervention dans les manifestations a tout gâché alors que les CRS et les gardes mobiles faisaient preuve de beaucoup plus de retenue et de savoir-faire, parce que c'est un métier de garantir la tranquillité d'une manifestation, dès lors que surgissaient ces cowboys, dont nous n'avons pas besoin. Nous avons besoin d'une police de proximité qui vive en osmose avec la population et soit capable sur le terrain-même de savoir comment parler, que dire, que faire pour apaiser ici une tension, là démasquer ceux qui doivent l'être.

Ils savent le faire, la police de proximité a existé et elle a bien fonctionné, c'est celle-là dont nous avons besoin et peut-être faudrait-il qu'elle soit davantage renforcée par des jeunes gens qui seraient des conscrits et qui seraient là un temps de leur vie, comme autrefois on était à l'armée. Parmi les tâches qui seraient celles d'une nouvelle conscription générale des jeunes hommes et des jeunes femmes dans ce pays, car là où est le peuple, tout change. Et je voudrais rappeler que si le putsch de la guerre d'Algérie a échoué, c'est parce que le contingent a refusé de s'y associer.

Eh bien, dès lors que les enfants du peuple participeraient aux tâches de garantie de la paix et de la tranquillité publique, je suis sûr que chacun réfléchirait à deux fois avant de mal se comporter devant quelqu'un qui pourrait être son propre gosse ou le copain de ses propres gosses. Il nous faut enfin pour solder cette période épouvantable, une "Commission Vérité et Justice" qui fasse le bilan de toutes ces histoires restées impunies et sans suite, sans que l'on sache pourquoi. Je veux qu'on retrouve les trente deux personnes qui ont tiré dans la figure des 32 éborgnés et ainsi de suite, de manière à ce que tout le pays sache que dorénavant c'est fini, la page est tournée, les fautifs sont sanctionnés à proportion de leurs responsabilités, et qu'on peut enfin passer à autre chose, c'est-à-dire à des relations plus normales, et évidemment il faut reprendre de fond en comble la formation des policiers, qui aujourd'hui a été trop réduite.

Voilà ce que j'avais à dire pour dire en quoi consiste dans l'immédiat, la refonte de la police républicaine, pour avoir enfin une police qui soit à la hauteur de ce que la France peut attendre d'elle. Mais je ne veux pas finir ce passage de mon discours sans vous dire, que je suis parfaitement conscient, et d'ailleurs informé par des policiers. Car il y à des policiers insoumis, il y a des commissaires de police insoumis, il n'y a pas que des commissaires de police qui font des crocs en jambe, et se comportent comme des voyous dans la rue.

Il y a des commissaires qui ont une très haute idée de leur fonction, et certains parmi eux, je ne dis pas tous, parce que je ne vais pas vous raconter que c'est là qu'il y a le plus d'insoumis, mais parmi eux, certains nous aident de leurs conseils, de leur manière de voir, et le moment venu nous aideront à remettre de l'ordre dans tout ça. Et eux nous disent la souffrance qui existe aujourd'hui dans la police. Et je vous demande à vous tous qui venez de m'entendre parler, à vous tous qui savez que je viens de faire la part des choses, que je n'ai pas eu peur de montrer où étaient les problèmes, et qui était responsable.

Je vous demande d'entendre, que depuis 2017, 150 policiers se sont suicidés. Ce qui signifie que pour des raisons sans doute très diverses, mais dans lesquelles je crois que joue un certain rôle, la pression et l'omerta, qui s'exercent à l'intérieur. Des gens sont arrivés au bout de leur vie et n'ont plus eu envie de la continuer.

Bien sûr le suicide dépend de bien des raisons, vous le savez, on ne va pas le réduire à une seule question. Mais enfin quand même 150 suicides dont certains motivés pour des raisons professionnelles explicites, c'est beaucoup. Il est donc temps, qu'on en revienne aussi dans les relations avec le personnel de la police, avec les fonctionnaires, à des relations plus détendues, moins coercitives, moins violentes, dans l'usage des emplois du temps, des temps de repos et des affectations, qui ne doivent pas être laissés à la seule appréciation des factieux, qui ont menacé des juges, qui ont menacé un siège de télévision, et qui sont venus nous assaillir et nous encercler, si vous vous en souvenez, au siège des Insoumis, après que j'ai dit, mais ce n'était pas une déclaration publique, c'était une conversation privée qui avait été volée, que c'était des barbares, que ceux qui éborgnaient les autres.

Oui ils ont organisé une manifestation devant le siège des Insoumis. Et quelle en a été la conséquence, rien ! La hiérarchie n'a absolument rien dit, c'est tout juste si elle n'a pas applaudi.

Alors cette situation dans la police elle-même, intervient dans un contexte que je veux aborder maintenant. C'est celui d'une dérive autoritaire du régime. Mais là encore, il faut la mettre dans son contexte.

Ce régime n'a commis aucun acte illégal, aucun acte anticonstitutionnel. Il n'a pu dériver de cette manière, que parce que la Constitution de la Vème République rend possible ces pratiques-là. Rend possible ces méthodes autoritaires, parce que la monarchie présidentielle, a dans la Constitution de la Vème République, des droits incroyables qui permettent à celui qui en est le dépositaire, de penser qu'il peut encore aller plus loin.

Et c'est ainsi que, peut-être parce qu'ils ont pris peur des citations qui avaient été faites devant la Cour de Justice de la République, le Président de la République dorénavant, convoque à intervalles réguliers un Conseil de Défense. Autrefois, ce Conseil de Défense, dont le nom dit assez de quoi il s'occupe : de la défense ! Et ma foi c'est une occupation assez prenante, pour qu'on n'aille pas y ajouter d'autres tâches.

Et très normalement, pour un Conseil de Défense, il est composé essentiellement de militaires, qui sont performants dans leur domaine, leur domaine étant l'armée et la défense nationale ! Pas la lutte contre les crises sanitaires, ni les questions écologiques. Pourtant le Président de la République convoque le Conseil de défense, pour évaluer les propositions de la Convention Citoyenne, pour décider des principales mesures de la politique sanitaire en période d'épidémie.

C'est à un point de ridicule, que mes camarades Mathilde Panot et Adrien Quatennens, l'une comme présidente de notre groupe de députés à l'Assemblée nationale, l'autre comme coordinateur des Insoumis, quand ils ont rencontré le Premier Ministre, la veille du jour où le Président allait parler, monsieur Castex, qui est un homme assez débonnaire, leur a dit : "de toute façon, moi je ne sais pas ce qu'il va dire, et je ne peux donc pas vous en parler." Nous étions 24 heures avant ! S'est-il réuni dans l'intervalle, avec le gouvernement pour traiter des questions extrêmement importantes, qui allait y être décidées le lendemain, c'est-à-dire le 2ème confinement ?

Non même pas ! C'est le Conseil de Défense qui s'est réuni ! Le Conseil de Défense, suivant le principe de spécialité, n'a pas le droit, ne devrait pas traiter d'autres chose, que de défense.

Mais il a un avantage pour le Président de la République, c'est qu'il délibère sous le sceau du secret. Alors il paraît qu'ils se réunit dans le "PC Jupiter" ! Ça s'appelle comme ça c'est un lieu insonorisé et bien protégé de toutes les écoutes, qui se trouve sous le Palais de l'Élysée.

Ils sont là, une dizaine, une quinzaine, serrés comme des sardines dans une boîte, pour décider si vous allez prendre des cachets d'aspirine ou pas, et si oui ou non, on va prendre des décisions écologiques dans ce pays. J'ironise pour souligner le caractère, normalement, rationnellement ridicule, de cette démarche. Mais vous comprenez qu'elle a un sens politique, c'est accroître la capacité du pouvoir exécutif, de se soustraire à tout contrôle, puisque vous ne savez pas, qui a proposé quoi, et qui a décidé quoi.

À la fin, de manière formelle, le gouvernement valide ce qui a été décidé par le Conseil de Défense. C'est une dérive considérable, je l'ai pointé le premier, j'en suis assez fier, parce que, je me suis rendu compte à ce moment-là, que peut-être que moi aussi, comme d'autres, on finit par s'habituer à tout et à n'importe quoi. Si bien qu'on ne réagit plus, on voit passer les informations, et ce jour-là, je me suis dit : "mais je ne comprends pas comment ce Conseil de Défense s'occupe de crise sanitaire", et moi ce qui me choquait c'est qu'on parle de guerre !

Voyez-vous la guerre est une chose sérieuse, il ne faut pas galvauder le mot. Dans une crise sanitaire, on ne s'occupe pas de faire mourir les gens ! On s'occupe, au contraire d'essayer de les faire vivre, c'est donc le contraire.

Et les guerriers n'ont pas de vocation à être médecins. Voilà comment et pourquoi j'ai réagi, mais la suite a montré que la pente commençait à être dévalée. La pente dévalée, ça signifie que, quand on a une 1ère fois, pris ses aises, avec les règles ordinaires et les principes de la République, eh ben il est plus facile la fois d'après, d'aggraver son cas.

Et c'est ainsi qu'on est passé, du Conseil de Défense, qui nie le gouvernement, à un "Comité Théodule", inventé par monsieur Castex, pour régler le problème de l'article 24, de la loi de sécurité globale. D'abord n'y a pas que cet article qui est en cause, et puis deuxièmement, c'est invraisemblable, cette loi est paraît-il d'origine parlementaire, naturellement ce n'est pas vrai. Elle était d'origine parlementaire et le gouvernement y a rajouté des articles.

Et monsieur Castex s'est donc présenté en disant : "puisque je suis dans la mouise jusqu'au cou, je vais faire comme le Président, j'invente à un "Comité Tartempion qui va réécrire la loi". Eh bien messieurs-dames, peut-être que dans une "Start-Up", ça se passe comme ça, que le PDG convoque un ou deux de ses amis, et un ou deux passants dans la rue, pour leur demander ce qu'ils pensent de la couleur du logo, mais dans une République, non. Ça ne se passe pas comme ça, il y a des institutions, l'initiative de la loi, est au gouvernement ou aux parlementaires, et le vote de la loi, c'est-à-dire son amendement, et son travail revient aux parlementaires, et à personne d'autre.

Par conséquent, la décision qui a été prise par monsieur Castex, est une décision aberrante, tellement aberrante, tellement inouïe, qu'il s'est produit quelque chose d’inouï. Pas que La Rem et ses députés, continuent à partir en petits morceaux, ça c'est maintenant banal. Le président de l'Assemblée nationale, qui croyez-moi n'est pas un gauchiste c'est un des dirigeants de La Rem, et le Président du Sénat, qui lui non plus n'est pas un gauchiste, puisque il est membre des Républicains, c'est le Président du Sénat.

C'est-à-dire les 2 principaux personnages de l'État, après le Président de la République, dans l'ordre protocolaire, et dans l'ordre des Institutions. Tous les 2 sont intervenus pour dire : "maintenant ça suffit, arrêtez ! " Alors ils le disent dans leur vocabulaire, plus ou moins piquant et aigu.

Mais ils le disent tous les deux. c'est du ja-mais-vu ! Personne n'a jamais vu dans l'histoire de la République, une telle démarche avoir lieu.

C'est dire à quel point nous sommes dorénavant rendus, dans le grand n'importe quoi ! Les Comités de citoyens à la place de l'Assemblée nationale, désignés comment ? On n'en sait rien !

D'ailleurs, quand par hasard, on en fait un qui ait l'air de quelque chose, c'est la Convention citoyenne, avec des gens tirés au sort. Le gouvernement s'est ensuite mordu les doigts d'avoir inventé ça. Parce que les gens qui se trouvaient là, ils étaient 150 tirés au sort, nous ne les connaissions pas, mais 90% des choses qu'ils ont décidées, sont dans le programme "l'Avenir en Commun" !

Imaginez-vous la tête de monsieur Macron, de monsieur Castex et des autres, en découvrant qu'ils s'étaient donné tout ce mal, pour arriver comme résultat principal, de devoir appliquer la politique des Insoumis, évidemment ils ont immédiatement mis tout ça sous le tapis, il n'en est plus question. Et de sang froid, ils ont décidé que tout ça ne s'appliquerait pas. Par conséquent, ils ont eux-mêmes trahi la méthode qu'ils avaient mise en place.

Il est donc temps, après qu'on en ait un peu souri, parce qu'il vaut mieux aussi sourire, et pas tout prendre à la tragédie, j'ai dit qu'il s'agissait d'un régime autoritaire. Je demande qu'on respecte mes mots, j'ai dit autoritaire, je n'ai pas dit totalitaire. Je sais la différence entre autoritaire et totalitaire.

Si nous étions dans un régime totalitaire, je ne serais pas là en train de vous parler, ni vous, en train de m'écouter, je serais vraisemblablement en prison, et peut-être que pas mal d'entre-vous aussi. Nous sommes dans un régime autoritaire. Je m'expose à de nombreux ennuis comme vous le savez, y compris judiciaires quand je résiste aux abus de pouvoir de ce régime autoritaire… …Qui m'a fait l'honneur de me condamner, à l'âge de 67 ans, à un titre que je porte comme une décoration, je suis un rebelle officiel.

Là-aussi je le dis avec le sourire, pour oublier la blessure que laisse en moi, et l'amertume que laisse l'idée, que dorénavant, un régime autoritaire est capable de faire ça dans un pays comme la France. Un régime autoritaire, il faut donc démonter tous les mécanismes qui l'ont conduit à ces abus. Et le moment venu, c'est-à-dire dès lors que nous aurons gagné les élections, il nous faudra convoquer une Assemblée Constituante, pour définir la nouvelle règle du jeu qui organisera les pouvoirs Publics, et les pouvoirs de l’Exécutif et du Législatif, et des autres autorités qui existent et qui fonctionnent dans la République.

Il faut que ce soit le peuple lui-même qui le décide, pourquoi ? Parce que ce peuple a changé, depuis la Constitution de 1958, elle a été réformée 23 fois et seulement deux fois, on a demandé son avis au peuple français. Depuis s'est achevé l'exode rural, qui pour les plus jeunes de ceux qui m'écoutent n'a aucune réalité, mais qui a signifié que des millions de personnes, qui vivaient à la campagne et qui étaient des paysans, sont devenus des citadins et des urbains.

Parce que les vagues successives de l'immigration ont enrichi et fécondé notre peuple, d'une diversité et d'une créolisation extraordinaire et magique, qui nous donnent une plus grande force. Mais il est temps que tout ceux-là se rassemblent et se jurent les uns aux autres, fidélité à une loi commune. C'est-à-dire qu'en quelque sorte, après avoir refondé la police, ce soit surtout la France elle-même qu'on refonde, par et avec son peuple.

Pas en sortant de sa poche un projet de Constitution, et en disant c'est oui, ou c'est non. C'est une Assemblée qui doit le faire, même si bien sûr, il faudra lui faire des propositions. Au fond mes chers amis, qu'est ce qui est en cause dans tout ça ?

C'est l'unité de la France. La France ne saurait être mise au pas et domestiquée, par des barbares en uniforme. Il faut la libérer de cette peur-là, il faut la libérer de la honte, que représentent aux yeux du monde, les pratiques de ces gens.

Je ne sais pas si vous savez, que nous avons été condamnés par la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU, pour les abus de pouvoir qui se sont commis en France, dans la répression des manifestations. Nous avons été condamnés par le Parlement européen. Nous avons été condamnés par la Commission européenne, à qui d'habitude, les pouvoirs politiques en France, sont si dévoués et si obéissants !

Que n'obéissent-ils cette-fois-ci ? La-dite Commission se réservant de savoir, elle qui déjà décide de ce qu'on a le droit ou pas, de mettre dans notre budget, de savoir si ces lois sont conformes à l'idée qu'elle se fait, et à la Déclaration des Droits de l'Homme qui s'applique en Europe, autrement dit, dans l'esprit des observateurs de toute l'Europe, monsieur Macron est au fond, sur le même banc, que le Président de la République de Pologne, ou que le Président de la République de Hongrie. La France doit donc vivre cette honte, d'être dans cette situation.

Nous n'avons pas mérité d'être traités comme ça. Nous sommes innocents des reproches que l'on peut faire, au pouvoir autoritaire, qui s'exerce sur nous. Alors évidemment quand je vous dis les mots comme je suis en train de le faire, les choses peuvent vous paraître dures à entendre.

Mais je voudrais que vous vous rappeliez, que sans certaines images, beaucoup d'entre vous n'auraient jamais cru à ce qui s'est passé. Et en vous prévenant que ces images peuvent être violentes, trop violentes pour la sensibilité de nombre d'entre vous, je veux vous montrer, pour que vous en preniez toute la mesure, de quoi nous parlons, de quels excès et débordements honteux nous sommes les victimes. Et ce sera le moment de procéder à un moment de réalité augmentée. [Cris d'indignation, slogans] [Bruits de manifs… ] [Une manifestante hurle : "ARRÊTEZ !

ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ ! "] [Un témoin hurle : "Oh, ils le tabassent, putain, mais ils le tabassent ! "] [Cris des blessés] [Un policier : "Voilà une classe qui se tient sage"] [ Cris de la foule] [Musique… au rythme des coups] – Le pouvoir ne pouvait pas ignorer tout ça !

Je vous l'ai dit en commençant mon intervention, rien de tout ça n'est arrivé subitement, rien de tout ça, n'est le fait de deux ou trois personnes. Progressivement le mal s'est répandu, mais le mal est parti du sommet, c'est le sommet qui a laissé faire, 32 éborgnements. C'est le sommet qui a laissé faire 90 perquisitions chez les personnes qui ont décroché le portrait du Président de la République dans les mairies. 90 perquisitions à domicile devant votre famille comme si vous étiez un criminel.

C'est le même pouvoir qui a fait évacuer de force, et avec quelle force, les militants qui s'opposent à la poubelle nucléaire de Bures. C'est le même pouvoir qui a laissé le matériel d'un avocat être saisi, alors qu'il savait que c'est formellement interdit. C'est le même pouvoir qui a laissé confisquer des fichiers de nos organisations, alors qu'il savait que c'était un abus de pouvoir, et ainsi de suite.

Nous ne sommes donc pas simplement des gens exagérés dans leurs réponses, c'est notre amour de ce pays, et des valeurs et des principes qui le constituent, qui nous motivent. C'est ce que nous croyons nécessaire des relations entre-nous, qui est en cause. C'est pourquoi, le programme que nous avons est résumé en une phrase, en disant que nous nous battons pour l'harmonie des êtres humains entre-eux, et avec la nature.

Cette simple et modeste phrase, englobe aussi bien l'insupportabilité de ce type de comportements, que la volonté de bien faire, de réduire les inégalités pour qu'on puisse vivre ensemble, de diminuer la dose de violence qui existe dans la société, de partager, pour que chacun puisse vivre dignement, c'est-à-dire pas comme un milliardaire, cela ne sert à rien ! Mais comme quelqu'un qui réunit les éléments de son bonheur personnel, qui sont souvent moins exigeants qu'on le croit, ou que peuvent le croire certains qui ont besoin de temps de moyens, pour réaliser ce bonheur. La France, et nous en particulier, doit être viscéralement attachée à son unité et son indivisibilité.

Oh, c'est encore des grands mots, allez-vous dire ! Non, c'est l'unité et l'indivisibilité des droits de chacun. C'est l'unité et l'indivisibilité de l'application de la Loi.

C'est pourquoi je ne saurais aller vers ma conclusion, sans vous dire que, puisqu'au mois de Décembre qui arrive, va être présentée au Conseil des Ministres, une loi dont le nom a changé à plusieurs reprises, tantôt baptisée "Loi contre le séparatisme", puis "Loi de renforcement de la laïcité", qui nous convenait tout-à-fait, et maintenant je ne sais plus comment ça s'appelle, une loi avec 57 articles et plus de 500 alinéas, qui prétend une nouvelle fois… …une nouvelle fois, avec un emballage de bonnes intentions, et de clins d’œil appuyés au pire qui existe dans ce pays : montrer du doigt les musulmans. Nous devons être attachés à une conviction philosophique personnelle laïque, c'est-à-dire, la République ne se mêle pas de religion, elle n'organise pas les religions, elle n'a pas d'avis sur la religion. Le fait que l'État tienne à distance les religions, et les religions tiennent à distance l'État, est la garantie de la liberté du culte, qui doit pouvoir s'exercer comme l'entendent les croyants, du moment que la loi est respectée.

Et deuxièmement, que dans le pays, personne ne peut imposer aux autres, les règles singulières et particulières, de sa propre religion. Il ne peut se les imposer qu'à lui-même, et pas aux autres ! Et dès lors, c'est ce mariage intelligent, de la liberté et de la responsabilité individuelle, qui fonde la liberté de conscience.

Autrement-dit, nous défendons par exemple, bec et ongles, le droit des femmes à disposer entièrement et complètement de leur corps, si bien que nous défendons par exemple, la liberté de l'avortement. Cela ne signifie pas que nous nous prononçons "Pour" ou "Contre" l'avortement, mais pour la liberté qu'il puisse avoir lieu quand c'est décidé, que cet exemple, qui est désormais familier à beaucoup d'entre-vous est clair, ce que signifie l'indifférence de l'État, à la religion. Après, chacun peut à titre personnel, décider que quoi que cette liberté existe, on ne se l'appliquera pas.

C'est une affaire intime, morale, personnelle, qui n'a rien à voir, avec la décision que prendrait l'État. l'État n'a donc pas à organiser les religions, et nous autres, nous autres les laïcs, les républicains de toujours, pas les laïcs de la semaine dernière, ni les laïcs de service pour habiller de laïcité, la haine des musulmans, nous qui avons toujours été fermes dans nos principes, c'est toujours la position que nous avons tenue, et nous savons que nous aussi, nos anciens ont pu commettre des excès, notamment dans la Grande Révolution de 1789, quand on décida, soit-dit par parenthèses, ce n'était pas si stupide que ça, d'ordonner aux prêtres fidélité à la Constitution, l'Église s'est rebellée en disant : "ce n'est pas possible", eh bien nous avons eu droit à une guerre civile ! Alors que les leçons de l'histoire nous instruisent, sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire, tous autant que nous sommes.

Les juifs ont été persécutés en France pendant plus de mille ans ! Ça n'avait pas l'air de trop déranger les autres. Et c'est au point qu'on a même baptisé Saint-Louis, un homme qui avait décidé de faire porter aux juifs, un insigne caractéristiques : l'étoile jaune de l'époque.

Et sa statue est dans le Sénat, dans l'hémicycle lui-même. Ensuite ce fut la persécution des protestants pendant 250 ans, dans des conditions épouvantables. Nous savons toutes les erreurs que nous sommes capables de faire, à quoi conduit le fanatisme, à quoi conduit l'intolérance, à quoi conduit le fait que l'État veuille se mêler de religion.

La France doit donner un signal positif de la laïcité c'est pourquoi je vous le dis : la laïcité n'est pas un athéisme d'état, chacun a le droit de croire ou de ne pas croire et nul ne doit être molesté pour cela et si nous nous en tenons fermement à nos principes, alors pour le monde entier la laïcité sera ressentie comme une liberté désirable par tous et non pas comme un acte d'affrontement avec les autres. La France doit montrer l'exemple puisque c'est elle qui a inventé cette idée dans la Grande Révolution de 1789 et pour la première fois dans la Commune de Paris, et ensuite la loi de 1905, que ceux d'entre vous qui ont du temps à y consacrer aillent regarder les débats et vous verrez qu'on a parlé de tout à cette occasion. Certains voulaient même empêcher les cornettes des bonnes sœurs et les soutanes dans les rues, chaque point a été discuté et évalué avec intelligence, des fois avec excès, mais non, le plus souvent avec intelligence.

Retenons la leçon de l'histoire : il faut faire France par l'unité du peuple et nous autres qui, si souvent comptons sur l'action syndicale, sur l'action associative, bref sur l'intervention des corps intermédiaires qui participent à la vie publique, nous devons savoir que si on introduit la question religieuse comme un critère d'évaluation de tout et en toutes circonstances, alors nous rendons impossible l'unité syndicale dans l'action, nous rendons impossible l'unité d'action par exemple dans les grandes causes écologistes, etc. C'est pourquoi notre famille politique plus qu'une autre doit être attentive et faire rempart d'elle-même quand est menacée l'unité du Peuple français parce qu'on veut trier dans ses rangs d'après la religion. Alors, bien sûr, je dois répéter sinon ils vont glapir en cadence blatérer, dindonner oui, le djihadisme terroriste doit être combattu et éradiqué, et il faut le faire avec des moyens humains plus nombreux, capables d'infiltration, de contrôle, de surveillance, parlant plusieurs langues, de manière à bien comprendre qui mettrait les doigts chez nous pour venir décider de ceci ou de cela ou provoquer des crimes.

C'est donc une autre manière de combattre qui doit être mise en œuvre, mais nous, ne donnons jamais le point à l'ennemi. Est ce que vous n'avez pas compris ce que veut à tout prix obtenir cette branche politisée du djihadisme ? Elle veut avoir le monopole de la représentation des musulmans, et voici que des dizaines de commentateurs la leur cèdent en faisant un amalgame insupportable, ils veulent diviser les Français et voilà que certains leur facilitent le travail, en étalant les divisions en exigeant des uns des autres des choses qu'ils ne s'appliquent pas à eux mêmes.

Vous avez remarqué comment à juste titre, nous avons défendu le droit de faire des caricatures, défendre le droit de faire des caricatures ça ne veut pas dire qu'on est d'accord avec la caricature, soit dit par parenthèse. J'ai moi quelques caricatures de moi qui ne me font pas plaisir du tout et que je trouve très injustes, mais c'est pas le sujet moi, ni vous, le sujet c'est le droit à cette liberté, mais j'observe que si tout le monde pousse des grands cris quand est remise en cause (et pousse des grands cris à juste titre) la liberté de faire des caricatures, par contre quand la liberté de faire un sketch humoristique contre une émission de télévision est fait, là on peut renvoyer celui qui s'est rendu coupable de ça, comme ça sur un claquement de doigts, sans qu'il n'y ait aucune conséquence et sans que grand monde proteste. Oui, nous sommes entrés dans un moment triste de notre vie collective, j'ai lu tout à l'heure, parce que je n'avais pas pu le faire en début de journée, la déclaration incroyable des principaux dirigeants des journaux politiques des moyens audiovisuels, qui protestent contre le fait que le service d'information de la police nationale leur demande dorénavant de valider toute projection qui se ferait sur les réseaux de ces médias concernant et impliquant la police.

Eh bien c'est en France que ceci a été rendu possible, il est temps de tourner cette page. Dans le moment que nous allons vivre, vous autres qui, avec moi, marchez de ce côté-ci, c'est-à-dire du côté de l'unité du Peuple français et du peuple en France, vous devrez faire preuve de beaucoup de sang-froid, de beaucoup de retenue, de beaucoup d'argumentation pour faire comprendre, chaque fois que des gens passent leur temps à crier ou à faire des invectives faites retomber la température pour faire comprendre pour expliquer pourquoi il n'y a pas de solution dans l'intolérance religieuse qui conduit nécessairement, toujours, partout, à la violence. Convainquez mes amis, expliquez, prenez le temps de le faire quand bien même cela vous paraît évident, prenez le temps d'expliquer, car je peux vous dire, j'ai l'expérience de la vie de ce pays et d'autres pays.

Il y a des pâtes qui, quand elles sortent du tube, ne peuvent plus jamais y être remises, quand la haine s'installe dans un peuple, d'une fraction contre une autre, y ramener la paix est une tâche disproportionnée qui vous fait regretter tous les mots de fraternité et d'amour que vous n'avez pas prononcés auparavant. Ne laissez pas la France rouler sur cette pente, rappelez-vous que la liberté de conscience et l'attachement à la protection de l'opinion et du droit à une opinion individuelle, sont les biens les plus précieux dont nous disposons et qui fondent la nécessité de la république la république n'est pas un régime neutre la république est un régime qui porte un enseignement et une ligne ça s'appelle égalité jusqu'au bout, liberté jusqu'au bout, fraternité tout le temps, et c'est pourquoi appuyés sur cette doctrine nous pourrons faire valoir la Loi qui nous importe dans les temps terribles que nous allons affronter avec le dérèglement climatique et la perturbation de tout ce que nous avons connu. C'est-à-dire la loi de l’entraide, quand arrive l'heure de l'entraide dans la vallée de la Roya ou ailleurs, on se serre les coudes, on s'entraide, on ne s'occupe pas de la couleur de peau du voisin, on ne s'occupe pas de son genre, on ne s'occupe pas de sa religion, on se porte secours parce qu'on l'a toujours fait et que c'est comme ça que fonctionne l'espèce humaine sauf quand elle est dénaturée par des relations économiques et sociales brutales et violentes qui éduquent à la violence et à l'égoïsme sociale.

Voilà, je vais finir et je vais finir avec une ode à la liberté je l'ai empruntée à un jeune homme, il s'appelle La Boétie, il écrit son texte il y a cinq siècles, alors évidemment le contexte était différent c'était la Renaissance, oui, mais c'était aussi, donc le début de l'humanisme mais c'était aussi les guerres de religion et c'est dans ce contexte qu'il fait ce plaidoyer pour la liberté et vous invite tous à ne pas accepter d'être asservis et d'y consentir. Il fait un petit traité qui s'appelle "De notre Servitude volontaire" mais le vrai titre de départ c'était le "Contre Un", autrement dit déjà à l'époque il y avait surtout des problèmes avec "un" et que les problèmes de celui-là rayonnaient sur tout le reste de la société. En tout cas voici le morceau que j'ai décidé de vous lire avant de vous quitter. "À vrai dire il est bien inutile de se demander si la liberté est naturelle, puisqu'on ne peut tenir quelqu'un en servitude sans lui faire tort, il n'y a rien au monde de plus contraire à la nature que l'injustice.

La liberté est donc naturelle." C'est pourquoi, vous autres qui avez manifesté aujourd'hui par milliers et par milliers et qui avez fait honneur à ce pays, c'est pourquoi dit La Boétie à mon avis : "Nous ne sommes pas seulement nés avec la liberté mais aussi avec la passion de la défendre". Voilà ce qui conclura cette soirée, une réalité triste, celle de la vie de la patrie aujourd'hui, a été augmentée de la force de nos inspirations, de nos rêves et de notre espérance pour demain.

Vive la République, vive la France. [Musique : La Marseillaise]