J’ai interrogé Emmanuel Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 58 %Attaque 23 %Défensif 19 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:20RelanceÉludée
Pourquoi ne pas avoir mentionné les lycéens blessés dans vos déclarations ?
- 3:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites à un lycéen de 15 ans qui a perdu une main ou à sa famille ?
- 4:56RelanceRéponse partielle
Votre entourage dit que la réponse policière était trop dure et sans empathie. Pourquoi ne pas l'avoir dit publiquement avant ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Est-ce que d'autres mesures sont prévues pour éviter que ce genre de drame ne survienne à nouveau ?
- 9:10OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous qu'après les Gilets jaunes et les émeutes de 2023, l'État ait pu être pris de court le 17 octobre ?
- 14:30RelanceRéponse partielle
Sur la question des manifestations, votre déclaration sur les gens sans légitimité a beaucoup fait réagir. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06PrésentateurFait
« Le 5 octobre à Lens, un lycéen de 15 ans a perdu la main gauche après l'explosion d'une grenade policière. »
- 5:59Invité politiqueChiffre
« Il y a près de 50 enquêtes et procédures de l'inspection générale de la police qui ont été ouvertes. »
- 10:39Invité politiqueFait
« Il y a des dispositifs d'accompagnement, mais le cœur de ce qui déclenche cette crise de pouvoir d'achat, c'est la guerre en Iran, le blocage d'Hormuz, la montée des prix des carburants. »
- 23:50Invité politiqueChiffre
« En 2017, on devait être à 2 millions et demi, on est à peu près à 3 millions dans l'enseignement supérieur. »
- 24:59Invité politiqueFait
« Dans notre pays, l'université est gratuite. »
- 25:03Invité politiqueFait
« Depuis 2017, on a rendu la mutuelle étudiante gratuite. »
- 25:07Invité politiqueFait
« On a revalorisé les bourses en 2023. »
- 25:12Invité politiqueChiffre
« On a un système de bourses beaucoup plus généreux que les voisins. »
- 25:14Invité politiqueFait
« On a mis, pendant le Covid, le repas à un euro qu'on a réactivé. »
- 25:54Invité politiqueChiffre
« En dix ans, on a créé plus de 500 000 places dans l'enseignement supérieur. »
- 26:08Invité politiqueChiffre
« Depuis 2017, on aura formé 6 millions d'apprentis. »
- 31:36PrésentateurChiffre
« Un projet qui prévoit de leur retirer 1 milliard d'euros. »
- 31:39PrésentateurChiffre
« On est à 2,7 milliards d'euros de baisse sur 3 ans. »
- 35:33PrésentateurPromesse
« Vous promettiez de rénover 40 000 à 44 000 établissements en 10 ans. »
- 43:48PrésentateurFait
« Le taux de pauvreté est à son plus haut niveau depuis 1996. »
- 45:34Invité politiqueChiffre
« Si ma mémoire est bonne, c'est 2,25 pour le diesel et 1,99 pour l'essence. »
- 46:22Invité politiqueChiffre
« le coût du transport qui a flambé et qui a été multiplié par 10 baisse. »
- 48:39Invité politiqueFait
« La taxe sur les carburants, elle finance aussi notre modèle social. La taxe carburant, elle finance le budget général. »
- 55:51Invité politiqueFait
« En 2022, on augmente le salaire des enseignants, il fallait le faire parce qu'ils étaient sous la moyenne de l'OCDE en 2017. »
- 56:00Invité politiqueChiffre
« Il est vers 2 300, 2 400 euros par mois en début de carrière. »
- 1:00:00Invité politiqueChiffre
« on a près de 500 000 étudiants en plus qu'il y a dix ans. »
- 1:05:20Invité politiqueChiffre
« dont une petite fille qui a eu huit balles. »
- 1:05:34Invité politiqueFait
« le procureur national antiterroriste qui était sur les lieux, qui m'a décrit ce qui s'est passé, qui s'est saisi, sa décision, avec ses services, et qui m'a dit, c'est un acte terroriste, raciste. »
- 1:06:17Invité politiqueFait
« la vérité, c'est qu'on doit d'abord être aux côtés des familles, le dire, les réconforter, dire la nation est là et on fait bloc. »
- 1:07:06Invité politiqueFait
« les propos racistes, antisémites, entre autres, sont interdits par la loi. »
- 1:08:08Invité politiqueFait
« Quand l'ARCOM prend une décision, on fait appel au juge. C'est ça l'état de droit. »
- 1:11:08Invité politiqueFait
« quand je prends la décision de dissoudre en 2024, c'est la même chose. Je dis que je suis à mi-mandat. »
- 1:11:15Invité politiqueFait
« une majorité relative qui est beaucoup trop fragile maintenant. »
- 1:11:48Invité politiqueChiffre
« Vous choisissez au premier tour, j'ai 28% des votants qui choisissent de me soutenir au premier tour. »
- 1:11:56Invité politiqueFait
« au deuxième tour, vous avez des gens qui viennent vous soutenir et puis il y a des gens qui viennent voter pour vous pour pas que ce soit l'autre. »
- 1:19:51Invité politiqueFait
« On a une armée beaucoup plus forte qu'il y a dix ans aujourd'hui. »
- 1:20:03Invité politiqueChiffre
« On vendait 5% de véhicules électriques il y a dix ans. On en vend 40%. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron66 %
- Présentateur26 %
- ?8 %
≈ 84,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour Monsieur le Président,
merci
d'avoir accepté de répondre à mon interview,
à
mes questions aujourd'hui.
Le
pays traverse une période inédite et vous allez le découvrir, il y a beaucoup de sujets sur lesquels j'aimerais vous interroger aujourd'hui.
J
'ai préparé cette interview en faisant en sorte d'être le plus possible
à
l'écoute de toutes les questions que peuvent se poser ceux qui nous suivent. Les millions de personnes peuvent nous suivre directement sur les réseaux sociaux. On va parler notamment des manifestations en cours, on va parler des revendications des jeunes.
On
a au passage là-dessus réalisé un documentaire sur le sujet qui évoque cette question des revendications des jeunes. Donc on va en parler, on va parler aussi de ce que certains considèrent être des atteintes à la démocratie qui ont pu avoir ces derniers jours. On va parler aussi des réseaux sociaux, on va revenir aussi sur l'attentat raciste à Trappes qui a eu lieu la semaine dernière et des questions profondes aussi qu'il pose.
Beaucoup
de questions, en une heure on va essayer d'en aborder un maximum parce que ça me paraît être des sujets importants. Avant le 17 octobre, ce mouvement qu'on voit en ce moment, c'était au départ un mouvement lycéen. Et pour de nombreux lycéens, les conséquences de cette rentrée, ce seront des conséquences à vie. Le 30 septembre à Tours, Maël, 16 ans, a perdu l'usage de son œil droit. Le 5 octobre à Lens, un lycéen de 15 ans a perdu la main gauche après l'explosion d'une grenade policière. Et ce ne sont que deux cas
qui
sont parmi d'autres. Vous avez cité, et c'est bien normal, les policiers et les gendarmes qui ont été blessés, plusieurs centaines qui ont été blessés.
Mais
les lycéens qui ont été blessés depuis le début de la mobilisation,
vous
ne les avez pas mentionnés alors qu'il y
en
a plus de 248 selon le gouvernement.
Et
c'est probablement des chiffres qui sont sous-estimés puisque c'est difficile à comptabiliser.
Pas
de mention lors de votre déclaration le 16 octobre à Bruxelles, ni le 18, ni le 22 en Conseil de sécurité, ni ce lundi à Marseille. Pourquoi
?
Merci d'abord de m'accueillir. Et vous savez, je pense qu'il ne
faut
pas essayer
d
'opposer en quelque sorte les blessés ou de dire les uns les autres.
C
'est vrai que j'ai cité aussi les... Oui, bien sûr, mais j'ai condamné les violences. Et moi, je considère que
le
fait qu'on en soit arrivé là, c'est un échec collectif.
Et
je pense qu'il n
'y a
aucun lycéen qui a commencé à pousser ces revendications pour en effet avoir des conséquences si terribles.
Et
je ne connais aucun policier qui s'est engagé pour être pris aussi dans des moments si terribles et si violents.
Et
donc, je suis dans
le
soutien et la compassion à tous.
Pourquoi
ne
pas
les avoir mentionnés dans ce cas-là ? Je
les
mentionne devant vous parce que je n
'ai
pas été interrogé sur le mouvement lycéen. Quand je m'exprime le 18, je m'exprime suite à la fois aux manifestations que je sépare bien des émeutes et des pillages,
et
puis des attaques qui sont faites par des groupes ultra-violents. Et donc, je parle de la journée du 17. Je ne parle pas en effet des semaines qui ont précédé.
Et
je n
'ai
pas eu l'occasion de m'exprimer sur les semaines qui ont précédé.
Vous avez
eu l'occasion à plusieurs reprises. Mais je le fais devant vous aujourd'hui.
Je
le fais devant vous aujourd'hui. Et donc, je veux dire que depuis dix ans, je suis presque dix ans
là
où je suis parce que je crois dans notre jeunesse. Et donc, évidemment, ça me fait mal quand je vois nos adolescents, nos jeunes
qui
sont frappés, qui subissent cette conséquence
directe
dans leur chair.
Et
donc, tous les blessés que vous avez évoqués,
moi, me
font mal et on est à leur côté.
Qu'est-ce que vous dites à un lycéen de 15 ans qui
a
perdu une main ou à sa famille
?
Je pense que rien ne justifie ça. Et je pense que c'est pour ça qu'il faut aujourd'hui revenir au calme.
Et
qu'il faut revenir... C'est une des raisons qui fait qu'aussi, là où beaucoup de gens voulaient continuer d'aller dans l'affrontement après le 17, en disant que
c
'est terrible ce qui s'est passé, il faut être très dur et uniquement très dur.
Parce
que quand le 18, je m'exprime, beaucoup de gens disent que
vous
n
'êtes
pas assez dur.
Tout
de suite, je décide que l'ordre sera rétabli.
Parce
qu
'on
ne doit rien laisser aux casseurs, aux pilleurs, aux groupes d'ultra qui ont fait des choses terribles aussi. Vous savez, de la même manière, j'ai vu des policiers qui étaient blessés, de très jeunes policiers, qui avaient perdu 14 dents, d'autres qui étaient... On l'a dit, plusieurs centaines de policiers blessés. ...limés à la face. Certains qui étaient et qui ne savent pas s'ils seront en situation de pouvoir procréer. Je ne
vais
pas rentrer dans le détail, mais enfin, il y a eu des scènes terribles. Donc, moi, ma conviction, c'est qu'il faut revenir maintenant au calme des deux côtés. Et personne ne pousse des revendications
pour
arriver à cela. Donc, ce que je dis à ses parents, c'est qu
'on
est à l'écoute de ces jeunes. J'ai moi-même reçu,
vendredi
dernier, les lycéens, à la fois
une
partie des représentants de
la vie
lycéenne et des syndicats lycéens,
que
suite à cette... On a passé deux heures et demie ensemble. Suite à ça,
j
'en ai parlé avec les ministres et le Premier ministre. Ils ont été vus lundi. Il y
a
des décisions qui ont été prises. Maintenant, je veux qu
'on
revienne au calme. Et je pense que ce qui est terrible, collectivement, c'est qu'il y
a
eu en quelque sorte cette montée en tension qui est arrivée au pire. Et donc, moi, je suis extrêmement triste de ce qui s'est passé, très préoccupé, souhaitant le retour au calme et voulant tout faire pour ce retour au calme.
Et on va parler, évidemment, de tout ce qui a pu se passer, y compris le 17 octobre. Simplement, là-dessus, bien entendu, il
y
a plusieurs cas que j'ai cités ici, avec des enquêtes qui sont en cours. Votre entourage dit que vous trouviez la réponse policière trop dure et sans empathie et que vous avez toujours dit, je cite, qu'on ne fait pas rentrer les jeunes à coup de matraques. Si c'est ce que vous pensez, pourquoi ne pas l'avoir dit publiquement avant, sur toute cette période, avant même le 17 octobre, encore une fois, parce qu'avant le 17 octobre,
il
y avait déjà plus d'un mois de mobilisation de lycéens.
Il
y
a
eu un mois de mobilisation, parce que je considère que le président ne doit pas se
propulser
sur toute situation. C'est parfois ce qu'on va aussi beaucoup reprocher. Donc,
c
'est normal,
d
'abord, d'avoir laissé les ministres faire.
Et
après, vous savez,
par
rapport à ce que vous venez de dire et les mots que vous venez d'avoir, je pense qu'en général, il faut essayer toujours de garder le calme. Depuis le début, quand il y
a
des excès, quand il y
a
des situations terribles comme celles que vous avez évoquées, parfois, il y
a
des responsabilités de policiers qui sont engagées. Parfois, il n
'y en
a pas eu. Il y a eu aussi des risques qui ont été pris.
Et
ça n'enlève rien à ce que vivent ces adolescents ou ces jeunes.
À
chaque fois que des policiers ont été engagés dans des actes qui n
'étaient
pas normaux, il y a des enquêtes qui ont été ouvertes, comme vous avez dit.
Il
y a près de 50 enquêtes et procédures de l'inspection générale de
la
police qui ont été ouvertes.
Donc,
il n
'y
a pas de laxisme sur ce côté-là.
Mais
ma conviction, en effet, c'est que
quand
on sent cette violence qui monte, il faut à la fois
tout
faire pour tenir l'ordre et réengager un dialogue. C'est ce qu'on est en train de faire. Et donc, je vois aussi des scènes terribles. Il n'y a aucune revendication qui justifie ce qu'on a eu le 17 ou ce qu'on a connu le 13, par
exemple. On va parler
du 17 dans un instant, évidemment. Simplement, sur la question du maintien de l'ordre et plus précisément ici, de
la
question
de
la façon dont ça puisse passer aux abords de certains lycées. On l
'a
dit, il
y a
des enquêtes qui sont en cours, mais concernant les décisions qui peuvent être prises pour éviter que ce genre de situation ne se reproduise alors qu'il y aura dans les prochains jours probablement d'autres blocus, d'autres manifestations de jeunes, voire de très jeunes. Est-ce que d'autres mesures sont prévues pour éviter que ce genre de drame ne survienne à nouveau
? D
'abord, là aussi, je ne
veux
pas tout mélanger.
Il
y a beaucoup de lycéens qui ont voulu porter des revendications,
qui
parfois ont bloqué leur lycée.
Il
y a des blocus qui se sont faits dans le calme.
On
a même vu des images parfois de blocus gérés quasi festifs. On a ensuite des blocus qui ont été très violents.
Je
rappelle, parce qu'il ne
faut
pas les oublier, qu'il y a plusieurs centaines, ce qui est une première dans un mouvement lycéen, il y a plusieurs centaines
de
personnels éducatifs,
d'enseignants qui
ont été blessés, parfois gravement,
par
des élèves.
Il
y
a
aujourd'hui des enseignants et des directrices et directeurs d'établissements
qui
se demandent s'ils vont reprendre leur boulot parce qu'ils ont peur de leurs élèves. Et des personnels de l'établissement
aussi ? Alors, c'est une réalité que vous déclarez, des personnels d'établissement aussi, qui se sont parfois retrouvés à devoir protéger les élèves. Et donc, ça, vous voyez bien, c
'est
aussi pour ça que je dis,
il ne faut pas
opposer les gens même dans le bilan. Non, bien sûr.
Parce
qu'il
y a
des choses inacceptables qui se sont passées.
Et
puis après, il y a des gens qui ont essayé de récupérer politiquement,
avec
des projets très extrêmes tout ça, qui sont venus chauffer les jeunes, qui les ont emmenés à faire aux abords des lycées ou en ville
des
choses qui étaient des actions très violentes. Et quand je parle du 13 octobre, moi j'ai vu des policiers blessés très gravement le 13 octobre, qui étaient
scènes
terribles.
Donc, tout
ça, qu'est-ce que j'en tire comme conséquence
? La
première,
il
y a un travail qui est en cours, et qui n
'est
pas en cours, il y a des décisions qui ont déjà été prises, sur la base des revendications d'ICM.
Il
y a des travaux qui sont en cours, donc tout ça doit, en responsabilité, ramener tout le monde au calme. Ensuite, moi je souhaite qu'à la rentrée,
après
les vacances de la Toussaint,
les
lycées puissent rouvrir, parce que quand on parle de l'avenir de notre jeunesse, il
faut
qu'elles puissent reprendre les cours.
Parce
que c'est la seule manière de préparer son avenir. Et donc moi, ce que je souhaite surtout, c'est compte tenu du fait que cette jeunesse a été entendue, qu'elles puissent reprendre le cours, que le calme revienne, et qu'on puisse rouvrir dans des bonnes conditions ces lycées. Et après, on a des
chantiers
en particulier, sur le plan des bâtiments, parce que ça a été
une
des
vraies
revendications, que les choses aussi puissent être engagées avec un vrai calendrier d'amélioration des conditions très concrètes.
On
va parler évidemment des réunions qui ont été faites en début de semaine, de la réaction aussi des syndicats, notamment des syndicats lycéens et étudiants depuis.
Et
puis, un mot tout de même avant de parler de cette question des revendications. Concernant le 17 octobre, puisque vous en avez parlé ici, il s'est passé beaucoup de choses. Et même si la grande majorité des manifestants ont défilé dans le calme, de très nombreuses villes ont connu des pillages importants, de commerces, de dégradations. On en a évidemment parlé sur la chaîne et on a suivi tout cela. Lundi à Marseille, vous avez reconnu qu'il n'y avait pas assez de force et qu
'on
n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé. En parallèle de ces pillages, plus tôt dans la journée,
il
y avait donc tout un tas de manifestations. Et de nombreux élus ont dénoncé parfois bien un dispositif de maintien de l'ordre qui était inadapté. Et du coup, des tensions aussi qui ont débuté très tôt. Donc, il
y a
un peu ces deux situations qui se sont passées. En tant que président de la République, vous avez connu les Gilets jaunes, vous avez connu les émeutes en 2023, après la mort de Naël. Vous avez connu plusieurs mouvements, parfois marqués aussi
par
ce genre de tensions.
Comment
est-ce que vous expliquez qu'après tous ces événements, l'État ait pu être pris de court de cette façon-là
? Je
vais vous dire de manière extrêmement précise ce qui s'est passé le 17.
C
'est d'abord un mouvement qui n'est pas comparable ni aux Gilets jaunes, ni à des émeutes
qu
'on a pu avoir dans les quartiers.
Il
y a une colère sociale qui s'exprime,
qui
est au fond multiforme.
Il
y
a
la crise lycéenne, certains étudiants qui s'agrègent,
et
on a une colère sur le pouvoir d'achat.
Ce qui
est assez atypique, parce que le pouvoir d'achat, c'est aussi ce que j'ai expliqué ces dernières semaines, c'est lié à des choses qui ne sont pas des décisions du gouvernement.
Le gouvernement peut quand même avoir un impact d'une façon ou d'une autre sur le pouvoir d'achat.
Oui et non, parce que c'est notre argent à tous. Il y a des dispositifs d'accompagnement, mais le cœur de ce qui déclenche cette crise de pouvoir d'achat, c'est la guerre en Iran, le blocage d'Hormuz, la montée des prix des carburants.
Et
donc, à six mois d'une présidentielle, c'est assez rare
quand
ce n
'est
pas lié. Ce n
'est
pas une augmentation d'impôts,
ce
n
'est
pas une décision,
ce
n
'est
pas une réforme des retraites qui déclenche ce mouvement social.
On est d'accord,
mais
simplement là-dessus, certains manifestants ou des élus qui soutiennent les manifestations estiment que, oui, il y a un contexte international qu'on ne va pas lier, parce que c'est une réalité, mais il y a par contre à côté la question des solutions portées par le gouvernement, s'il y en a, pour justement essayer de contrer tout cela. Donc
c'est ce que fait le gouvernement,
si vous voulez y revenir, sur la libération du carburant, sur les prix qu'on a plafonnés, etc. La colère, elle est sous-évaluée
par
les services de renseignement.
C
'est-à-dire, ce qu'on annonce, c'est plutôt 250 000 manifestants, il y
en
aura 500 000.
Donc
il y
a
déjà quelque chose, il y a
une
masse manifestants plus importante.
La
deuxième chose qui arrive le 17,
c
'est là où les black blocs,
les
forces d'ultra-gauche très violentes,
qui
viennent polluer nos manifestations trop souvent,
qu
'on a connues au moment de la réforme des retraites ou à d'autres occasions,
à
plusieurs premiers mai.
On
l'a connu aussi il
y
a 10 ans, lors des réformes
de
travail.
Ces
forces d'ultra-gauche, d'habitude, elles se mettent dans les cortèges, elles harcèlent et puis elles
font
des dégradations, des violences terribles
à
la fin des manifestations. C'est encore ce qu'on a vu, par exemple, samedi dernier. Là, le 17, elles interviennent
avant. Et
donc, elles prennent par surprise un dispositif qui est déjà sous-dimensionné,
avec
un plan qui a été assez méthodique. C'est-à
-dire,
elles attaquent la mairie de Marseille, elles vont brûler l'office du tourisme à Lyon, elles attaquent plusieurs sites parisiens.
Vous avez
la confirmation que ce soit à Marseille
ou que ce soit à Lyon, ce sont ces groupes précis, ils sont là derrière ? Oui, bien sûr, par les gens qui sont judiciarisés, par les traces qui ont été laissées. Quand il y
a
écrit « Aqab » et « Antifa », c'est assez rarement des gens qui sont venus avec d'autres motivations politiques.
Et
donc, oui, j'étais avec le maire là, j'ai vu aussi les gens de la caserne de la garde républicaine qui a été attaquée à 14 heures sur la place de la République. Donc, il y a eu ce dispositif, ça c'est très inédit.
Donc,
deuxième élément de surprise.
La
troisième chose, c'est qu'en voyant ces images,
il
y
a
eu une mobilisation
de
délinquants
qui
sont venus souvent des quartiers périphériques des centres-villes
et
qui, voyant que les choses se dégradaient, voyant que les forces de police étaient débordées,
se
sont dit
qu
'on peut y aller.
Et
vous avez eu plusieurs milliers de jeunes,
qui
sont très jeunes,
qui
sont venus plutôt des quartiers populaires,
à
Paris, à Lyon, à Marseille, ça c'est plutôt dans les grandes villes,
et
qui sont descendus et qui ont
pillé
les commerces. Et on a eu, en effet, un nombre énorme de commerces qui ont été attaqués, pillés dans les centres-villes.
Voilà, j'ai résumé, vous assumez que c
'était une situation
inédite par rapport
aux
manifestations ou aux récemment précédents. C'est une situation inédite par un défaut d'anticipation, notre faute,
par une
stratégie très inattendue de l'ultra-gauche. Donc,
j
'allais dire leur méchanceté,
ce
n
'est
pas pour être gentils sans doute, mais enfin bon, ils ont fait très mal, y compris à Limoges, parce que c'est eux qui vont former, chauffer des jeunes et des paysans pour venir sur la mairie. Et troisième chose, ce mouvement de délinquance qui vient sur la base d'images et qui, en quelque sorte,
s
'adapte et adapte sa stratégie avec des applications qu'ils utilisent et ils descendent. Donc, voilà les trois phénomènes qu'il se fait. Donc, ce que je veux dire par là, c'est que ce dispositif était inadapté. Du coup, on en tire les conséquences sur la partie ordre publique
et
je décide le 18 qu'on va à la fois ouvrir des négociations sur les revendications pour calmer le mouvement social,
mais
on va rétablir l'ordre républicain avec partout où c'est nécessaire des couvre-feux dès le 19, avec des manifestations qui vont se tenir en dehors des centres-villes pour protéger nos commerces et nos bâtiments
publics
avec plus de force et avec maintenant aussi de l'anticipation et du contrôle dans
les
profils.
Et
sur ce point précisément, sur la question des manifestations, il y a une phrase de votre part qui a beaucoup fait réagir il
y
a quelques jours, le 22 octobre, vous avez dit que les demandes de manifester faites, je cite, par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela seraient interdites par les préfets et quand ce ne sont pas des organisations syndicales partout où on le peut, on interdira. La Ligue des droits de l'homme parle d'une déclaration parfaitement illégale, Amnesty y voit, je cite, une forme d'inversion des principes du droit où le droit de manifester devient l'exception. Depuis quand est-ce qu'il y a un critère de légitimité dans la loi pour exercer un droit à manifester ? Alors,
c'est simple, ce qu'on a appliqué et c'est très clair, c'est de se dire, on regarde tous les dépôts, d'abord,
on
a regardé, parfois on a été cassé, donc il y
a
un contrôle du juge. Ensuite, il y a des gens qui veulent créer littéralement des émeutes, il y
a
des gens qui proposent des rassemblements
dont
on voit bien qu
'ils
n'ont pas d'objectif
clair
si ce
n
'est de créer le désordre ou de déclencher une situation de désordre.
Cette
question
de légitimité que vous évoquez
? Oui. Dans la
loi, il n'y a pas de... Non, mais là, on est dans
une
situation, vous le voyez bien, où l'ordre public doit être tenu. Et donc, c'est pour ça, d'ailleurs, que c'est sous le contrôle du juge.
De
manière très claire, plusieurs préfets ont parfois interdit
tout
bonnement des demandes qui étaient faites par des syndicats ou des organisations non représentatives. Il est arrivé que les décisions soient cassées. Donc, la loi est respectée dans notre pays. Alors, pourquoi ?
Ça
n
'est
pas mis en situation...
Parce
que je veux que chacun comprenne qu'après le 17 octobre, justement pour éviter les situations du pire,
parce
qu'on a des gens aujourd'hui qui ont décidé d'utiliser les manifestations
pour
faire de l'hyperviolence,
on
fait courir un risque à tout le monde.
Et
donc,
on
a préservé
le
droit de manifester. C'est une des raisons qui fait que d'ailleurs, je n
'ai
absolument pas cherché un régime d'exception, je n
'ai
pas déclaré l'état d'urgence.
Il y a quand même une exception dans le sens que vous dites, s'il
n'y
a pas de syndicat, on
ne
peut
pas... Et donc, il
y
a aussi des gens qui n'étaient pas des syndicats représentatifs qui ont pu déposer des demandes et qui ont été acceptés. Mais partout,
on
a proposé un trajet alternatif.
Pour éviter effectivement les commerces. Et
donc, c'est comme ça qu'on
a atterri et c'est comme ça qu'on a pu organiser les choses. Et je peux vous dire que cette décision,
elle
a sauvé beaucoup de centres-villes samedi dernier parce qu'elle a permis à nos forces de l'ordre d'encadrer des manifestations
qui
ont été déclarées, auxquelles on a proposé des tracés alternatifs qui se sont bien passés et
d'éviter que ceux
qui utilisent ce contexte viennent tout casser. Et je pense que c'est très important aussi parce que dans notre constitution et les droits qu'on veut défendre et je les soutiens comme vous et donc je suis attaché aux droits de manifester, je suis aussi attaché aux droits de commercer, aux droits de propriété. Et
donc
je suis attaché
à
l'ordre public sans lequel il
n'y
a pas de libère.
Et sur cette question, on vous l'avait dit effectivement samedi dernier, globalement, les manifestations se sont déroulées dans le CAM, le ministre de
l
'Intérieur aussi l
'a
déclaré. Mais ma question portait pas forcément sur le fait d'excentrer les lieux de manifestation, mais encore une fois, sur sa déclaration, le fait de parler de gens qui n'ont aucune légitimité et de dire encore une fois quand ce ne sont pas des organisations syndicales partout où on le peut, on interdira, ça ce n'est encore une fois pas quelque chose qui est inscrit dans la loi. Non,
c'est tout à fait vrai, mais c'est une indication que j'envoie, c'est-à-dire je dis maintenant il faut un retour au calme, mais je veux préserver le droit de manifester des organisations syndicales qui portent un mouvement social,
je
dis à tout le monde regardez dans quel état les pays après le 17,
on
doit revenir au
calme.
Autre question concernant... La
loi et la constitution sont respectées, tout ça se fait sous le contrôle.
Concernant le... et le Conseil d'État a réagi dans la foulée. Concernant la
question... Il n'a pas réagi
dans la foulée à ce que j'ai dit. Non,
non.
Il a agi... Suite à un recours qui a été... Et il a d'ailleurs écarté ce recours pour aller au bout du raisonnement. Donc il n'a pas réagi, il a écarté le recours des gens qui...
En disant que c'était le rôle des préfets de prendre cette
décision. Et donc les préfets ont regardé et les préfets l'ont fait sous le contrôle du tribunal administratif. Donc vous pouvez être ainsi rassurés. A la fois les gens qui ont dit ce que vous avez dit ont été déboutés devant le Conseil d'État sur mes propos et les préfets ont fait leur travail et sous le contrôle du juge administratif. Parfois ont interdit, parfois ont proposé des tracés alternatifs
et
à chaque fois que ça a été réautorisé, on fait... Il y a eu des cas où les choses ont été interdites et les gens ont manifesté comme à Bordeaux
et
ils sont poursuivis.
Le Premier ministre a écrit le 22 octobre aux opérateurs pour qu'ils se tiennent prêts à couper TikTok, Instagram et Snapchat pendant le week-end selon une information du média Blast. Matignon de son côté n'a pas démenti depuis cette information. Les opérateurs n'ont pas confirmé mais n'ont pas démenti non plus. Question très simple, avez-vous envisagé de couper les réseaux sociaux en France ?
Non, il y a eu un travail qui a été conduit sous l'autorité du Premier ministre
et
qui était nécessaire
pour
qu
'on
puisse réguler l'action de certains sur les plateformes. Et donc,
qu
'est-ce que les plateformes doivent faire ? D'abord, elles doivent souvent en regard de leurs conditions générales d'utilisation écarter beaucoup de contenu illicite, illégaux
parce
qu'elles font assez moyennement. Ensuite, au regard de nos lois européennes et en particulier de la directive sur les services numériques des DSA,
elles
doivent écarter, elles doivent retirer
les
contenus illicites. Il y avait beaucoup de contenus qu'on a vus le 17
qui
étaient des contenus à l'appel au pillage, à l'appel à la violence extrême, etc., qui n'avaient pas été enlevés.
Donc,
ce qu'on a fait après le 17, c'est qu'on a mobilisé ce qu'on appelle la plateforme Faros, qui est une équipe de signalement. Voilà. Et donc, il y
a
eu beaucoup plus de signalements.
On
a été signalés à la plateforme Faros par l'ensemble des services plusieurs milliers. Plusieurs ont été pris en compte de manière administrative. Et il y a, je crois, un peu plus de 200 signalements qui ont été faits par Faros aux plateformes. et elles ont retiré une très grande partie de ces... Ça, c
'est sur la question de la suppression.
Ça, donc.
La
deuxième chose qu'a faite le Premier ministre et l'ensemble de ses services,
c
'est de demander de bien surveiller en temps réel. Il y a eu une bonne coopération samedi dernier en temps réel. La troisième chose,
c
'est de regarder leur fonctionnalité, en particulier MAP, qui avait été utilisée par beaucoup particuliers dans la troisième phase que j'évoquais de délinquants pour se réunir sur des points. Donc, voilà exactement ce qu'a fait le gouvernement, ce qu'il continuera de faire.
À
côté de ça, le gouvernement n'a pas coupé des finiaux...
Est-ce qu'il a été
envisagé de
couper ces réseaux
sociaux
?
Écoutez,
il
y
a
eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre. Le Matignon s'est exprimé déjà sur ça, c'est-à-dire les services de M. le Premier ministre. Donc, il y a eu, en tout cas, une grande rigueur qui a été mise et la stratégie qui est développée, qui est cohérente avec ce que la France mène d'ailleurs depuis plusieurs années, c'est qu'il y ait une responsabilité...
Des plateformes
vis-à-vis des
plateformes. Parce que c'est un peu la même chose que ce qu'on dit depuis tout à l'heure.
C
'est qu'il n'y
a
pas de société humaine
où
il n
'y
a pas de liberté sans ordre public et où il n
'y a
pas de liberté sans responsabilité. Et moi, je suis, comme vous, attaché à la liberté.
Mais
quand elle est dévoyée par des gens pour des projets funestes, on doit mettre en place des systèmes de responsabilité. Et d'ailleurs, c'est dans la loi. Donc, voilà
ce
qu
'a
fait... Mais
donc, pas de question
d'interdiction des réseaux sociaux ?
Non, ce qui va leur être redemandé, c'est de retirer les contenus illicites et c'est d'être très vigilants sur l'utilisation
de
certaines de leurs fonctionnalités
pour
éviter qu'elles soient détournées
de
leurs intentions premières
par
des gens qui veulent venir soit faire des pillages ou autre.
Sur la question des revendications des jeunes, qui est forcément le point important, donc on va passer à une partie assez importante sur ce sujet avant d'en aborder d'autres après. Il y a eu tout un tas d'annonces qui ont été faites en début de semaine par le Premier ministre, par le ministre de l'Éducation nationale aussi. Le gouvernement a notamment annoncé le remplacement de Parcoursup en 2028 avec certains changements potentiellement dès 2027. Le gouvernement annonce aussi 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, dont 10 000 en BTS. Mais l'intersyndicale jeunesse, vous l'avez très sûrement vu, en demande plus
et
plus largement appelle à poursuivre la mobilisation avec d'autres manifestations qui sont prévues notamment samedi. Un des retours qu'on entend beaucoup chez certains jeunes et chez les syndicats étudiants, c'est le fait que remplacer Parcoursup, c'est un élément qui est réclamé depuis longtemps, on l'a dit, mais c'est aussi une inquiétude que ça ne règle pas le problème et que le problème derrière ce soit finalement la question de la sélection à l'université, la question du manque de place à l'université et du coup d'une sélection qui serait faite. Est-ce qu'ils ont tort sur ce point
?
D'abord sur la méthode, je pense qu'il y a eu beaucoup de réunions qui ont été faites dès les premières semaines du mouvement qui manifestement n
'ont
pas permis de purger les choses. Il
y a
une plateforme qui a été lancée qui a permis de collecter plus de 100 000 contributions
et
donc ça, plus les écoutes de l'intersyndicale mais aussi du Conseil national de la vie lycène et des conseils académiques ont permis de consolider les choses. Donc il y avait ce travail qui était nécessaire
et
il a dégagé des axes de travail. Donc moi je pense qu'à partir du moment où le gouvernement commence à dire il y
a
des choses qu
'on
fait tout de suite
et
on enclenche aussi un travail en quelques semaines
pour
pouvoir bouger les autres,
il
faut plutôt se mettre autour de la table qu'en confrontation.
Donc
je pense qu'en termes de démarche,
Premier
ministre, les ministres ont été clairs, je l'ai été dans le dialogue que j'ai eu avec eux
et
je pense que maintenant il faut plutôt avancer et travailler. Maintenant on peut revenir sur chacun de ces points, il y a aussi le bâti scolaire, il
y a le rythme
scolaire
et
autres. Mais sur la question du nombre de places à l'université,
c
'est encore une fois un des éléments qui est central.
Quand
on regarde les choses en 10 ans,
on
a
plus
de places à l'université, beaucoup plus de places à l'université.
En
2017, on devait être à 2 millions et demi,
on
est à peu près à 3 millions
dans
l'enseignement supérieur, c'est-à-dire université, école d'ingénieur, BTS, etc. Donc on en a créé.
Il
y a eu une tension sur la plaque parisienne, c'est ce qui conduit le gouvernement à créer ces 15 000 places supplémentaires
et
à adapter les choses.
Je
crois qu'il
y
a surtout une espèce de,
pas
de malentendu collectif, mais on ne voit pas assez d'où on vient et ce qu'on peut faire.
il
y a 30 ans,
il
y avait une sélection, elle était au bac, c'est-à-dire une classe d'âge, elle avait environ à 60 % le bac. Aujourd'hui, il y a 95 % d'une classe d'âge, approximativement ça, 90 et 95 % qui a le bac.
Ça
veut dire que tout le monde, quasiment dans une classe d'âge, arrive à l'université.
Est
-ce que c'est possible ? Est-ce que le but de la vie, c'est d'aller à l'université ? Non, c'est de pouvoir se préparer comme citoyen, être formé
et
être formé à un métier.
Et en même temps, si certains le souhaitent et ne peuvent pas y aller,
c
'est
vrai.
On est dans un pays, je vous le rappelle, où aussi ces dernières années, on a beaucoup amélioré les choses. Jusqu'au même, je le rappelle, parce qu'on ne le dit plus jamais dans le débat public, mais dans notre pays, l'université est gratuite. Dans notre pays, depuis 2017, on a rendu la mutuelle étudiante gratuite,
on
a amélioré les conditions, on a revalorisé les bourses en 2023, là il y
a
encore un geste qui est fait pour les
bourses, on
a un système de bourses beaucoup plus généreux que les voisins. On a mis, pendant le Covid, le repas à un euro qu'on a réactivé.
On parlera de
la question aussi à l'appel.
Je veux dire par là que
les
présidents de l'université demandent dès 2027 80 millions d'euros pour 20 000 places, c'est ce qu'ils ont évoqué, les présidents de l'université. Le
gouvernement a une copie budgétaire à tenir, il fait 15 000, mais ce que je veux vous dire,
c
'est que ces dix dernières années... Pas 15 000 à l'université. On a 15 000 dans le SUP. Ils demandent précisément 20 000 places
à
l'université. C'est normal.
Ce
n
'est
pas pareil. À l'université, c'est 1 000 places, il me semble, dans les
filières
de santé. Mais c'est normal que le gouvernement n'accède pas à toutes les demandes de tout le monde. Sinon, il y a un mois, tout le monde nous disait vous avez un problème de finances publiques. Précisément parce qu'on a beaucoup réinvesti dans la nation.
Je
vous redis, en dix ans, on a créé plus de 500 000 places dans l'enseignement supérieur.
C
'est-à-dire que la génération qui arrive, il
y
a plus de jeunes qui rentrent dans l'enseignement supérieur qu'avant. Mais il n
'y a
pas que l'université. Et donc, il y a aussi tout ce qu'on a fait sur l'apprentissage. Là, depuis 2017, on aura formé 6 millions d'apprentis. Donc, cette voie-là est aussi une voie féconde. Il y a aussi le travail et la formation continue. Donc, je veux dire, il faut qu'on sorte de l'idée qu'en quelque sorte, tu aurais un droit universel à l'université. C'est faux et ce n
'est
pas souhaitable. Mais les présidents d'universités évoquent une tension. Mais les présidents d'universités, ils défendent leur biftec. C'est normal. Donc,
ils
doivent être écoutés,
consacrés. C'est la question de
l
'éducation des
jeunes.
Mais en même temps,
ce
qui est important,
c
'est l'orientation de nos jeunes.
Et
donc,
je
crois qu'il faut être
honnête
et sincère tous.
C
'est mentir à une génération que de lui dire
ce
qu
'on
doit faire, c'est vous garantir à 100% des entrées à l'université. Ce qu'il faut faire, c'est regarder à quoi mène l'université.
C
'est pour ça que, dans Parcoursup, j'insistais d'ailleurs auprès
de
la Terre syndicale quand je l
'ai
vue vendredi dernier,
une
chose qui n'existait pas pour ma génération, qui n'existait pas non plus pour la vôtre.
C
'est la transparence
des
diplômations et des suites professionnelles.
C
'est-à-dire que quand on va s'inscrire à l'université ou dans une école d'ingénieurs, jusqu'à présent, on ne savait pas combien allait au diplôme, combien était diplômé
et
combien sortait avec un travail. Maintenant, on le sait pour une bonne partie des filières et on va continuer de l'améliorer. Ça, c'est clé. Parce que quelle est la promesse légitime qu'on doit faire
à
un jeune bachelier
? C
'est de l'aider à s'orienter peut-être vers l'université, peut-être vers des filières en effet de santé, peut-être vers un BTS, vers une école d'ingénieurs, peut-être vers le travail et d'être formé plus tard. Mais en tout cas, de lui donner la transparence quelle que soit sa formation sur
ce qu
'elle permet de déboucher. Et là, ce qui ne va pas,
c
'est qu'on fait croire à tout le monde qu'en fait, si on a 100% de place à l'université ou qu
'on
donne ce qu'on peut dire à les présidents, l'avenir sera rose. Ce n
'est
pas vrai. Je pense qu'on est responsable et il ne faut pas faire de démagogie.
On
a un système avec Parcoursup qui est bien meilleur que ce qu'il y avait avant, qui était APB.
Parce
qu
'il
n
'y a
pas de tirage au sort, parce qu'il est beaucoup plus transparent sur justement ce que donne ces filières. Ce système,
il
a été clairement, aujourd'hui,
il
crée de la défiance. Donc, on doit le refonder, le remplacer.
Et une
angoisse importante de nombreux. Et une angoisse.
Mais
cette angoisse, c'est l'angoisse de l'orientation. Donc, qu'est-ce qu'on doit faire ? Dans les chantiers qui sont ouverts, c'est quoi
?
Un, améliorer l'orientation
en
amont.
Ça,
c'est clé. C'est une des choses que j'ai lancées depuis 2022 qu'on veut accélérer.
Mais
c'est clé pour accompagner les jeunes et leurs familles.
La
deuxième chose, il faut garder la transparence. Il faut garder un système qui vous permet de choisir entre toutes les formations.
Mais
on doit
être
beaucoup mieux,
avoir
plus de clarté sur les critères de choix.
Ce
n
'est
pas le cas aujourd'hui dans Parcoursup.
Tous
les lycéens le disent clairement. On doit ensuite avoir un retour à ces choix. Et on doit en effet dans les endroits où il y
a
le plus de tensions pouvoir réouvrir des places ce qu'on a fait chaque année. Et sur cette question précise, parce que vous
parliez de la clarté, le gouvernement envisage d'utiliser l'intelligence artificielle pour conseiller les lycéens. C'est ce qu
'il
a annoncé en tout cas à partir des admissions des années précédentes. De quoi parle-t-on exactement ? Est
-ce
qu'on a plus d'informations sur ça ? On a vu, quand on a évoqué dans nos différents formats sur YouTube ou autres les annonces du gouvernement, un des retours, une des questions qui revenait le plus,
c
'était cette question de l'IA. Que vient faire l'IA sur un Parcoursup alors qu'on sait qu'il
y a
justement cette crainte de manque de transparence sur l'algorithme, etc. Donc on sait que ce sujet était présent. Là, on voit que ce sujet de l'IA a aussi fait beaucoup peur. Est-ce qu'on a plus d'informations sur ça ?
Là, pour le coup, le chantier est lancé.
L
'engagement qui a été pris par le gouvernement, c'est de dire on y va, on ouvre.
Et
on refonde quelque chose ensemble.
Ce
que je dis juste,
moi,
je dis juste une chose.
On
a collectivement beaucoup amélioré le système depuis 10 ans,
à
la fois par rapport à APB, à la fois par rapport au SUP.
Et
je voulais revenir sur qu'est-ce que c'est l'organisation et vous dire il ne
faut
pas être démago. Maintenant, le chantier va être ouvert en transparence. Donc moi, je n
'ai
pas la réponse aujourd'hui. Est-ce qu'il faut se priver de l'IA ? Non, parce que ça sert à gérer beaucoup mieux des données en masse. Simplement, il faut que ce soit très transparent et très clair sur ce que fait l'IA et ce qu'elle dit. Mais quel est l'objectif
? C
'est que
dans
une classe d'âge, et là, on a des jeunes avec une classe d'âge qui est encore assez nombreuse,
ceux
qui sont au lycée. Après, on a moins de collégiens, ça commence à rebaisser.
Mais que
tous les jeunes aient une réponse. Et donc, d'abord, il ne
faut
pas attendre par rapport au SUP.
C
'est qu'on puisse les accompagner pour lui dire qu'est-ce que tu veux faire après, comment être honnête aussi sur les débouchés professionnels. Ensuite,
qu
'on puisse avoir des règles claires du jeu sur quels sont les critères qui sont pris par les universités et les écoles. Ça, ça ne marche pas bien. Ça, peut-être que l'IA peut aider, mais c'est surtout des rapports, je dirais, plus humains. Troisième chose, s'il y a de l'IA ou des algorithmes, il faut qu'ils soient transparents, il
faut
qu
'ils
soient expliqués. Et à la rigueur, si dans le groupe de travail, les gens disent qu
'on
n'en veut pas, qu'on préfère des connexions directes, c'est ce qu
'ils
retiendront. Et je pense que là,
il
ne
faut
pas
de
tabou. Il faut recréer la confiance en gardant l'efficacité de l'instrument, sa transparence
et
un objectif qui ait la meilleure orientation possible pour nos lycéens.
On suivra du coup les changements de cette année et le remplacement complet l'année prochaine. Autre question, et parmi les revendications qui étaient très importantes, on a entendu énormément de lycéens témoigner de leurs établissements, parfois dans des états vétustes, mal isolés, avec des conséquences très importantes, d'ailleurs que ce soit pour les élèves mais aussi pour les enseignants, pour tout le personnel qui travaille dans ce cadre-là. Pour rénover les lycées, le gouvernement a annoncé jusqu'à 4 milliards d'euros de prêts d'ici 2030, des prêts également destinés aux écoles, et aux collèges.
Mais dans le même temps, les régions, qui sont donc responsables des lycées, dénoncent le projet de budget 2027 qui a été présenté par le gouvernement. Un projet qui prévoit de leur retirer 1 milliard d'euros. On est à 2,7 milliards d'euros de baisse sur 3 ans. La crainte ici qui est annoncée, c'est que d'un côté,
il
y a non pas une subvention mais un prêt qui est accordé ou qui est proposé aux régions. Et en parallèle, ces mêmes régions, on leur demande de faire un effort financier. La crainte et le retour des régions depuis l'annonce, c'est qu'en fait, elles n'auront pas les moyens de mettre en œuvre quelconque rénovation supplémentaire dans ce cadre-là.
C
'est normal.
Ils
défendent là aussi leurs intérêts.
Depuis
10 ans, quand je regarde ce qui s'est fait par rapport aux 20 dernières années, on a beaucoup moins mis les collectivités territoriales à contribution
dans
le taux d'effort qui est fait pour les finances publiques. Or, et là aussi, c'est important pour nos jeunes,
on
doit être sérieux et donc tenir la copie à 5% de déficit. Le Premier ministre, son gouvernement ont prévu une copie budgétaire. Non, mais qui
? Beaucoup là-dessus disent qu'il y
a
évidemment le contexte du budget qu'on évoque régulièrement sur la chaîne. Toute cette question,
la
question de la dette,
la
question du déficit, ce contexte-là, il est connu. La question qui se pose, c'est la question de la priorisation, de où est-ce que l'effort doit être fait. Et ce que disent ici les régions, c'est qu
'on
ne
peut
pas d'un côté nous demander, ou nous encourager à rénover les bâtiments dans lesquels les lycéens vont aller étudier et en parallèle, nous demander de faire un effort et de faire des économies. Donc,
d'abord, l'état du bâti scolaire aujourd'hui, comme vous l'avez dit, c'est les régions pour le lycée, c'est les départements pour le collège, c'est les communes pour les écoles.
Quand
on parle du lycée et de l'État, ça n
'a
rien à voir avec le budget qui est là.
C
'est ce qui s
'est
fait toutes ces dernières années.
Il
y a beaucoup de régions qui ont d'ailleurs une politique d'investissement, qui ont fait beaucoup pour leur lycée.
Il
ne faut pas du tout être dans la simplification ou stigmatiser.
Il
y
a
des endroits où ce n
'est
pas suffisant. Là, le budget ne propose pas une baisse en net
de
ce qui va aller aux régions. On leur demande,
elles
auront un peu moins que ce qui est la trajectoire prévue. Néanmoins, leur budget, ce n'est pas que les lycées.
Donc,
elles auront des choix à faire. C'est normal, elles-mêmes. Mais il faut articuler le budget de la nation et ça, et ça, c'est ce que fera le Premier ministre et ce que feront les ministres. Elles sont reçues donc demain.
C'est
normal, ils défendent leur budget, mais dans leur budget,
ils
font beaucoup d'autres choses. Et
la situation dans leur lycée
aussi.
Ils
font leur propre fonctionnement,
ils
font leurs initiatives, ils font beaucoup d'autres dépenses que les lycées.
Donc
ça, c'est un dialogue qu'il y aura entre le gouvernement et eux.
Mais
ce dialogue ne doit pas... Là, on a une crise aiguë
par
rapport au bâti scolaire, ce que fait le gouvernement. Il dit justement, d'abord, vous aurez des moyens qui continuent sur les lycées. C'est une dépense importante pour vous. Mais justement, pour sortir de ce débat juste budgétaire annuel avec la Caisse des dépôts ministres,
et
ce qui sera d'ailleurs discuté avec plusieurs ministres et les présidents de région jeudi après-midi,
c
'est de pouvoir les accompagner pour les aider sur ce bâti scolaire sur plusieurs années.
Et
donc, je pense que c'est une réponse qui est solide. Voilà. Mais je pense que,
si
vous voulez, on ne peut pas,
à
chaque fois qu'on a une crise, dire on libère toutes les finances publiques, parce qu'après, c'est simple sinon,
on
a la situation qu'on connaissait il y
a
un mois et demi, tout le monde est amnésique. C'est-à
-dire
qu'en fait, on laisse dériver les comptes
et
puis après, on se retrouve avec une situation qui est la dette qui va justement aux générations.
Le sujet
de débat étant toujours il
y a un point de vue dans la priorisation.
Le taux d'effort n'est pas insupportable. Il y a eu des moments, moi je ne l'ai jamais fait, où on a demandé plus de 10 milliards d'euros d'effort à des collectivités territoriales. Ce n
'est
pas du tout ce qui est fait là. Je ne l'ai pas fait depuis que je suis président. Mais deux prédécesseurs l'avaient fait. Donc, je pense qu'il faut être raisonnable et savoir raison garder.
Sur ce point, simplement,
la rénovation.
Il y a plusieurs régions avec justement la Caisse des dépôts et consignations et le gouvernement sera trouvé le bon compromis avec.
Et simplement, pour être précis sur ce point-là,
alors,
bien entendu, c'est un sujet qui est actuel. C'est des investissements parfois qui peuvent prendre du temps mais c'est une réalité. Si on parle par exemple des canicules, si on parle parfois des hivers aussi qui peuvent être très très difficiles et on en a parlé d'ailleurs dans le cadre du bac forcément avec beaucoup d'épreuves parfois qui étaient faites et beaucoup de lycées en ont parlé sous 30-35 degrés dans des situations difficiles. Je vous avais interviewé en 2023 et lors de notre interview, vous promettiez de rénover 40 000 à 44 000 établissements en 10 ans pour faire face justement notamment à ces canicules. Là, on est à environ un tiers de cette échéance de 10 ans.
Combien ont déjà été rénovés
? Je
n'ai pas le chiffre donc je ne
vais
pas vous dire de bêtises. Plusieurs par le fond vert en particulier.
D
'ailleurs, vous aurez noté
que
malheureusement, plusieurs qui ont été rénovés
là
aussi compte tenu des doctrines, des critères qui ont été retenus
dans
la forte canicule n'ont pas donné des résultats satisfaisants.
C'est
-à
-dire ?
C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de exemples d'écoles, de collèges, de lycées qui venaient d'être rénovées
et
où les élèves avaient encore très chaud. C'est un problème de... Non, parce qu'en fait, il y
a
aussi eu des approches qui étaient de dire qu
'il
ne
faut
surtout pas mettre de clim, on va faire de la circulation comme ci ou comme ça ou du bâtimentaire de cette sorte. Et donc, je constate aussi que ce qui a été rénové parfois, qui a amélioré ce qu'on appelle les performances énergétiques, ne donne pas totalement satisfaction face à des moments... Là, on est en train d'en faire l'évaluation.
C
'est un problème, ça aussi, si on voit que le... Oui, c'est bien. Je vous en parle parce que c'est bien de mes problèmes.
Mais
ce que je veux vous dire, c'est qu'on a,
quand
je vous faisais cette déclaration il y a
trois ans...
2023.
On
avait le Fonds vert qui a été lancé, auquel je crois, qui est, je pense, quelque chose qu'on a inventé.
Dont
le budget a été réduit.
Oui, mais je le regrette. Parfait une majorité plus complexe. Mais il faut continuer. Ça montre l'importance de la politique qu'on mène depuis des années.
et
que j'ai assumé qui est une politique de rénovation énergétique des bâtiments, des bâtiments individuels et des bâtiments publics. Donc,
il
faut continuer cette stratégie. Il y
a
le Fonds vert. Il y a maintenant la mobilisation de la Caisse des dépôts. Donc, je vous ferai passer pour que vous puissiez avoir auprès de votre communauté le chiffre exact de là où on en est. Mais il faut poursuivre cet effort.
Est-ce que vous comprenez la piétude des lycéens qui disent qu'on sent que les épisodes caniculaires, par exemple, vont être plus intenses et plus fréquents avec le changement climatique ? On l'a vu encore cet été
qui
voient cette réalité qui, pour certains, appréhende peut-être déjà la période qui arrive.
Et
de l'autre côté, cette situation dans les régions, on en a parlé avec cet effort budgétaire qui est demandé. Ce Fonds vert que vous avez évoqué à l'instant dont le budget a été progressivement réduit chaque année. Il y a ici une inquiétude en fait que finalement ces investissements ne soient pas faits parce
que c'est un prêt d'un côté parce
que... On peut les faire. On va continuer de les faire. C'est aussi des choix de priorité
de
la nation et du gouvernement, des collectivités
locales. Et
donc, si on est tous d'accord... Moi, je n
'ai
pas attendu l'épisode de canicule de cette année pour dire que ça devait être une priorité.
Et
donc, on a engagé la nation dans cet effort. On a accompagné...
Avec
des baisses de budget pour le service. Non, on a d'abord engagé... Pardon. Quand j'avais une majorité complète, on a mis en place des dispositifs avec l'ANA, avec l'ADEME pour accompagner justement les rénovations thermiques, pour mettre en place le pass-rénof, pour accompagner les ménages,
pour
avec le fonds vert aider les communes. Le fonds vert,
il
faut représenter les choses. Ça vient en plus des budgets. Tout le monde... Là, on parle des budgets qui sont donnés
aux
collectivités locales qui ont aussi de la fiscalité, par ailleurs.
Mais le
fonds vert, ça vient en plus. Donc, pendant plusieurs années, ils ont eu de l'argent en plus par ce fonds pour faire ces rénovations. Donc, quand vous regardez à l'échelle des 10 ans qui viennent de s'écouler, nous avons mis beaucoup plus d'argent sur l'investissement, en particulier dans les bâtiments, dans nos hôpitaux, dans nos écoles, dans nos bâtiments publics, pour aller vers la rénovation.
Est
-ce que tout est parfait ? Regret des réductions. Mais néanmoins, par rapport à la situation d'il y a 10 ans,
il
y a eu une augmentation parce qu'il n'y
avait
rien. Il n'existait pas le fonds vert.
Il y avait
cette
urgence sur les canicules.
C'est les dispositifs. Mais on n'a pas attendu l'urgence de 2026. Donc, je veux juste avoir l'honnêteté de rappeler d'où on part et où on va.
On
part d'une situation où ces choses-là n'existaient pas. Depuis 2017, on les a créées.
Le
pass rénov',
les
politiques de l'ANA, de l'ADEME pour accompagner le fonds vert.
Il
y
a
eu ensuite des difficultés budgétaires et des majorités plus complexes qui ont baissé un peu celui-ci ces dernières années. Mais il est venu en plus des budgets des collectivités locales ou pour les autres pour accompagner les ménages. Donc, cette stratégie,
elle
est enclenchée sur ces 10 dernières années. On a même engagé toutes les professions de bâtiments en France à prendre ces qualifications à y aller. Et donc, c'est important qu'on continue de donner de la visibilité pour les 6 mois qui viennent avec ce que déclenche le gouvernement mais aussi dans notre débat politique pour les présidentielles. parce qu'il faut absolument que, vous avez raison, ça va prendre des années mais il faut le poursuivre parce que le dérèglement climatique ne va pas s'arrêter. Donc, je partage moi cette inquiétude. Ce que je note et vous l'avez souvent dit dans vos reportages, c'est que surtout,
il
y a certains établissements et à Créteil qui est
un
des endroits où ça part, ce n'est même pas de la rénovation et ce n
'est
pas lié à la canicule.
Quand
vous avez des toilettes qui ne sont
pas
ouvertes, quand vous avez des situations de délabrement très graves, là, on doit réagir vite. Ou des manques d'enseignants. On va prioriser sur le bâtiment scolaire.
Et sur une autre question mais qui me paraît importante, on entend souvent que le mouvement est parti de Paris et notamment de Créteil. Il y a aussi, évidemment, la question des Outre-mer. Avant même, d'ailleurs, ils sont partis, effectivement, d'abord des Outre-mer. Le 31 août, par exemple, à Mayotte, des lycéens bloquaient un lycée qui était initialement prévu pour 900 élèves et qui en accueille aujourd'hui 2300. C'est une situation difficile à Mayotte, c'est une situation difficile en Guyane. On a fait un reportage là-bas, en Guadeloupe, en Martinique, pour ne citer que, donc pour en citer beaucoup d'autres.
Une tribune dans le journal Le Monde le résume ainsi qui est faite par des associations étudiantes. Les lycéens d'Outre-mer ont été les premiers à se lever et les derniers à être entendus.
Si
ces situations, comme à Mayotte, par exemple, s'étaient déroulées dans les Hauts
-de
-Seine ou à Paris, est-ce qu'on aurait attendu aussi longtemps
?
Je ne ferai pas honnêtement de discrimination et je pense que de toute façon, on n'a pas été assez rapide collectivement dans la réponse.
Je vais
être honnête avec vous. Moi, je
pense
qu'on aurait
dû
aller plus vite, sans doute moi le premier. Après, les situations que vous évoquez sont très différentes. Mayotte,
ce
n
'est
pas nouveau, malheureusement,
c
'est la pression migratoire. Mayotte est un département chéri de la France qui a cette pression migratoire terrible
qui
vient
du
continent africain de la région des Grands Lacs et
des
Comores et on essaie d'améliorer les coopérations et d'améliorer la lutte contre l'immigration clandestine.
Et
la République, parce qu'on ne le dit pas, tout ça c'est dit à quoi ? C'est que nous, nous avons un système où la République, même quand vous êtes en situation irrégulière, elle accueille les
enfants. Et
c'est ça ce qu'on vit à Mayotte.
C
'est une pression migratoire extrême
qui
vient peser sur nos services publics
et
qui fait qu'en effet tout ça explose. Donc là,
la
réponse, elle est
dans
l'effort qu'on doit faire de court terme pour aider à enseigner dans les meilleures conditions et c'est ce qu'on est en train de faire avec
l
'Université des Outre-mer et l'Éducation nationale mais aussi de continuer le travail pour lutter contre l'immigration clandestine
parce
qu
'on
ne peut pas,
non,
ce n
'est
pas soutenable, on a des services publics qui explosent. Ensuite, sur les autres Outre-mer, c'est des situations très différentes.
On
a des problèmes de bâtisse scolaire dans certaines mais la situation par exemple démographique dans les Antilles françaises est presque un inverse. On a plutôt une déprise démographique. Donc à chaque fois il
y a
une réponse qui est adaptée, la situation mahoraise elle est terrible
et
on sera à la hauteur de celle-ci. Mais je veux dire ici que nos Outre-mer, on ne les oublie pas et ça fait partie des discussions d'ailleurs et des travaux qu'on a avec le Premier ministre.
C
'est important de mon côté de poser cette question sur les
Outre-mer.
Vous avez
raison mais je dois dire que quand j'ai reçu les lycéens vendredi dernier, ils avaient cette demande. Je tiens à le dire, ils demandaient que leurs collègues d'Outre-mer soient autour de la table
et
qu'il
y ait
une réponse aussi. Donc ils sont extrêmement là-dessus justes et à raison.
Sur la colère actuelle avec ces manifestations en ce moment, chaque samedi, c'est parti, on l'a dit, des lycées. Ça s'est ouvert au plus et à mesure aux universités. On a parlé des universités tout à l'heure.
Ça
s'est ouvert aussi à beaucoup plus de monde. Pour les personnes qui viennent soutenir ces jeunes, ce
sont
des personnes qui descendent dans la rue parce qu'ils sont en colère sur la situation du pays, parce qu'ils sont en colère potentiellement sur des mesures mises en place ou l'absence de mesures mises en place par le gouvernement. Un des sujets évidemment central, c'est la question sociale, c'est la question du pouvoir d'achat, on en parlait tout à l'heure. Et plus largement, en préparant cette interview, j'ai regardé certains chiffres.
Aujourd
'hui, en France, il y a 1,2 million de pauvres de plus qu'en 2017 avec concrètement 9,8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté selon les chiffres de l'INSEE. Là,
c
'est des chiffres d'ailleurs sans les autres mers, on pourra compiler l'intégralité. Le taux de pauvreté est à son plus haut niveau depuis 1996. Là, c'est là aussi les chiffres de l'INSEE. Selon une récente étude menée à partir des données des Restos du Coeur, le nombre de personnes accueillies par l'association a bondi de 37% entre 2018 et 2025 et près d'une personne sur dix en France pourrait avoir besoin d'aide alimentaire dans les dix prochaines années. Pourquoi est-ce que votre politique n'a pas fait reculer
la pauvreté
? Alors,
on l'a d'abord maintenu et fait reculer
pendant
toutes les premières années, pendant le Covid et juste après le Covid.
Quand
on regarde les choses depuis 2017, il y
a
eu une politique d'abord
qui
a permis de faire face à tout ça. Et ensuite, on a maintenant depuis, je dirais, deux, trois ans
des
grandes difficultés. Alors,
c
'est des taux de pauvreté qui sont toujours pris par rapport au salaire médian.
Je
dis ça parce qu'il
y
a plusieurs définitions de la pauvreté. Il y
a
la définition
de la pauvreté relative. C
'est
basé sur celle de l'INSEE.
Donc, c'est celle de l'INSEE qui prend par rapport au salaire médian et qui n
'est
pas la pauvreté absolue, qui est un autre critère qui est aussi,
je
dirais, qui est moins relatif à ce salaire et cette évolution.
La
grande difficulté qu'on a, c'est la montée des prix
et
en particulier des prix de l'énergie. C'est ça qui est quelque chose qui nous bouscule
et
qui vient nous poser problème. On ne va pas ensuite assez vite sur la montée des salaires les plus faibles et je pense que c'est les deux axes d'effort qu'on doit continuer d'avoir.
Et
donc, c'est pour ça que là,
on
a une première politique qui consiste à dire comment on peut baisser les prix. C
'est
ce qu'on a été faire pour sécuriser des volumes, pour libérer
les
volumes sur le marché mondial, pour demander à nos distributeurs de les baisser. À partir du 1er novembre, ils vont commencer à baisser.
À l'heure de
grandeur
? Écoutez, d'abord, on a cette chance d'avoir ce plafond qui a été mis par Total. Si ma mémoire est bonne, c'est 2,25 pour le diesel et 1,99 pour l'essence.
Et
il va faire une restourne supplémentaire grâce à ce qu'on libère.
Et
les autres distributeurs vont aussi y aller.
Le
stock en question, c'est sur le gaz.
C
'est sur le gaz.
C
'est
sur le gaz. Ce n'était pas sur tous les carburants.
Non, mais c'est le gaz qui est le plus cher aujourd'hui.
Mais il
y a
une augmentation sur tous les carburants.
De toute façon, il y
a
une augmentation partout, mais c'est là qu'il
y a
l'augmentation la plus forte.
Il
va garder son plafond à 1,99
pour
l'essence et à 2,25 pour le gaz. Mais il va baisser. Et les autres distributeurs vont venir dans cet effort. Donc ça, c'est la première réponse. Ensuite, il y a les aides gros rouleurs. Il y
a
tout ce qu'a fait le gouvernement, ce qui a été fait aussi pour nos paysans, nos pêcheurs. Ça, c'est l'effort sur l'énergie. Est-ce qu
'il
y
a
d'autres mesures
à mettre en place sur cette question de l'énergie au-delà
de la sécurisation ? Moi, j'essaie de faire l'effort pour qu'on rouvre et que les prix s'apaisent et que, en particulier, le coût du transport qui a flambé et qui a été multiplié par 10 baisse.
C
'est une des raisons encore des échanges qu'on a eus dans le Golfe et tout le travail qu'on mène.
Ça,
c
'est votre rôle en tant que chef d'État. Mais
en fait, c'est un tout parce qu'on a... Les actions
du gouvernement et les mesures à mettre en place sont en parallèle à tout
cela. En vérité, c'est une inflation importée ce qu'on vit sur le carburant. Donc, il
y
a un travail en amont. Il y
a
ce que je dis sur la libération des volumes et les prix qu'on cap.
Il
y a ensuite l'accompagnement parce que
c'est ce
que fait le gouvernement. Et il a plutôt ciblé cette aide à juste titre sur les gros rouleurs et sur certains secteurs exposés. Et ça, on va continuer. Et ça, on va suivre en fonction de l'évolution. Si ça continue de baisser, à la normale, sinon, on va devoir continuer d'engager.
Et c'est la deuxième... Sur cette question précise, sur la question du... Si je regarde le paysage politique aujourd'hui, il
y a
différentes propositions à l'approche de la présidence. On a certains politiques qui portent une idée de baisse des taxes sur le carburant, portées par plusieurs parties. On a d'autres parties, et on détaillera tout ça en description, qui sont davantage sur une question de plafonnement des prix de l'essence. Que ce soit sur l'une comme sur l'autre, pourquoi ne pas mettre en place l'une de ces deux mesures
? Alors,
le plafonnement, c'est de fait un peu
par
l'engagement avec Total qu'on a obtenu,
et
maintenant, les autres distributeurs. C'est que Total
?
Non, mais les autres distributeurs, ils viennent et vont répercuter. Donc, vous allez avoir une baisse des prix par cet engagement mutuel. Donc, c'est une forme de plafonnement.
On
ne
va
pas administrer les prix, parce qu'en fait, si vous plafonnez sans faire cette négociation, c'est le budget qui paye tout ce qu'il
y a
au-dessus.
Donc,
c
'est
l'État qui vient, en quelque sorte, garantir au-dessus du plafond, ce qui serait un peu fou, parce qu
'on
serait amené dans ces cas-là, si on mettait un plafond administratif, à donner de
l
'argent à Total ou aux distributeurs. Vous me direz, vous êtes
fou.
Certains diront aussi à augmenter le pouvoir d'achat et les moyens qui
ont besoin.
On
paierait
les gens qui distribuent qui
ont
déjà beaucoup d'argent pour qu'on rétablir le pouvoir d'achat. Ce
n'est pas
une bonne option. Avec moi, vous en conviendrez. Ceux qui disent qu
'il
faut baisser les taxes,
si
on baxe les taxes sur le carburant, elles sont plus élevées en France que dans d'autres pays, mais parce qu'en France,
on
n'a plus de dépenses sociales et publiques. Si j'enlevais ma taxe sur les carburants, par rapport à ce qu'on se disait tout à l'heure, j'enlève du budget pour les régions.
Vous
serez le premier à me dire, si vous baissez les taxes sur les carburants, de l'autre côté, vous me dites que les régions doivent faire plus de lycées, vous êtes un drôle.
C
'est vrai.
C'est
pour
ça
que je ne le fais pas. La taxe sur les carburants, elle finance aussi notre modèle social. La taxe carburant, elle finance le budget général. Et surtout, si on baisse la taxe sur le carburant, on baisse la taxe pour tout le monde. C'est-à-dire que les personnes qui ont les moyens
et
qui ont leur SUV, qui ont les moyens, qui ont l'envie et qui vont à la pompe, je vais leur baisser leur TVA aussi ou leur taxe sur le carburant. Donc, c
'est
pour ça que vous voyez que c'est
plus juste. La question des taxations, par exemple, de super profit,
c
'est une question aussi qui revient souvent, notamment sur ces acteurs pétroliers. C'est
sur les pétroliers. En vrai,
c
'est simple.
Moi,
je préfère que vous payiez moins à la pompe
plutôt
que d'aller les taxer dans six mois. Donc, on a
dit...
Est-ce que l'un empêche l'autre ? Non, mais en fait,
il
faut être pragmatique dans la vie. Aujourd'hui, mon problème, c'est que vous payez trop à la pompe.
Donc,
on a vu Total, on a dit, bon, très bien. Si on sécurise des volumes, on en libère,
on
a le choix. Soit on vous
taxe
pour les revenus qui ont été faits, mais la taxation, elle se fera dans six mois. Ça ne va pas vous arranger vos affaires à vous. Soit, vous vous engagez de manière patriotique
et
vous baissez. En quelque sorte,
vous
ne faites pas de profit chez nous. Et vous dites aujourd'hui que... Aujourd'hui, c'est ça ce qui se passe. Ils ont baissé les prix. On va essayer de les chercher le plus proche de la marque. Ils font beaucoup d'argent. Ils font beaucoup d'argent partout dans le reste du monde. Mais chez nous, on essaie de les ramener pour qu'en fait, ils puissent baisser au maximum le prix pour nos compatriotes. Je trouve que c'est plus efficace
que
d'aller dire on va les taxer dans six mois.
Une question là-dessus qui n'est pas claire. Vous dites d'un côté, on ne
peut
pas plafonner parce qu'autrement, en fait, c'est nous qui allons payer ces compagnies pétrolières. Et de l'autre côté, on dit, par contre, les groupes pétroliers de leur côté, ils peuvent plafonner
et
là, à ce moment-là,
ça
fonctionne. C'est un peu vrai.
Même,
d'une certaine façon. Non.
C'est la différence entre une décision administrative qui s'impose et une négociation qui aboutit.
Aujourd
'hui, les groupes pétroliers, ils vont acheter du pétrole
dans
le monde entier.
Ils
le distribuent chez nous.
Et
d'ailleurs, ils ne le raffinent plus totalement chez nous. Parce que, par une
décision
aussi environnementale, il faut bien dire qu'on a prise, on a supprimé certaines de ses capacités.
Donc
aujourd'hui, venez à peu près la moitié du diesel que vous consommez en France et l'autre moitié,
vous
l'importez. Donc ça, c'est leur politique.
Si
vous décidez administrativement de dire que vous n'avez pas le droit de le vendre en France au-dessus de 100,
ça
veut dire que tout ce qui est au-dessus de 100, ils vont se retourner vers vous et ils vont vous faire payer ou alors ils ne
vont
plus approvisionner. Donc vous avez des risques soit
de
non-approvisionnement parce qu
'ils
diront que
moi,
je ne peux pas.
Vous imaginez aujourd'hui Total Energy déjà je n
'ai
pas approvisionné. C
'est parce que j'ai décidé il n
'y
a quasiment pas de pays qui ont pris cette décision parce que tel que le marché de l'énergie fonctionne, ça ne marche pas. Et plusieurs pays ont fait des baisses de taxes. Alors, certains pays ont fait des baisses de taxes parce que, un, ils ont des taxes qui, ils ont une situation de finances publiques différente des d'autres et ils ont décidé ça mais elle est beaucoup plus indifférenciée. Donc moi, je vous dis, le plafonnement administratif, ça ne marche pas. Et très peu de pays, d'ailleurs, l'ont fait. Deux, nous,
on
a la chance d'avoir un acteur mondial de l'énergie. On a négocié un plafond et ça marche.
Et
au 1er novembre, vous allez encore avoir vos prix qui baissent.
Et
trois, c'est beaucoup plus intelligent de faire une aide aux gros rouleurs et des taxes sectorielles que de baisser les taxes pour tout le monde parce que sinon, ça va taper les régions, ça va taper les sociales et surtout, vous allez aider encore plus les gros rouleurs qui ont les moyens que ceux qui n'ont pas de moyens.
Ce n
'est
pas juste. On a parlé ici de la question des revendications. Très juste.
Parce que vous m'avez, on est arrivé par là, par la pauvreté, il y
a
un autre volet qui est le salaire.
Et
je pense que dans les choses qu'il faut essayer de relancer,
là
à court terme qui est du dialogue social,
il
y a quand même toutes les négociations dans les branches qui ont encore des revenus qui sont sous le SMIC légal.
Et
dans les critères de pauvreté, il y a ça, il y a l'insertion dans la vie professionnelle, on a beaucoup fait, mais il y a aussi des salaires et en particulier la combinaison salaire et temps partiel subi. Et donc ça, on a quand même un gros travail de dialogue social dans les branches à faire. Et ça, je pense que ça fait partie des axes d'effort.
Sur ce point, vous le voyez plus, après on va avancer sur autre chose, mais vous le voyez plus sur la question d'un dialogue à l'échelle de chaque branche plutôt qu'une question, par exemple, d'augmentation du SMIC comme c'est proposé par plusieurs candidats.
Il y a un
dialogue au cours, je ne
suis
pas à la place du Premier ministre qu'il faudrait
augmenter le SMIC ou il faudrait...
Je
pense que peut-être qu
'ils
feront ça et je ne veux pas préempter leur disque.
Quel est
votre
regard sur cette question de l'augmentation du SMIC ? Je pense que la clé, pardon, elle est plus
aujourd
'hui sur certaines branches qui ont
un
niveau de rémunération qui est en dessous du SMIC. Et donc,
quand
on regarde les choses par rapport à la pauvreté, c'est les branches qui sont en dessous du SMIC.
C
'est ça la clé.
Et
je le dis en particulier dans des branches qui emploient aujourd'hui beaucoup de mamans solos.
Parce
que c'est aussi là qu'il y a beaucoup de pauvreté.
Vous
savez, la pauvreté, elle se compare par rapport au salaire médian, comme je le disais. Elle se calcule comme ça et par rapport à votre situation. Et donc, qu'est-ce qui fait qu'il
y a
plus de pauvreté ?
Le
prix de l'énergie,
on
vient d'en parler longuement.
Le
logement, qui continue d'augmenter
et
sur lequel il faut accompagner.
Le
fait qu'on a de plus en plus d'écohabitations des couples et donc de mamans solos et elles ont des tas de dépenses contraintes pour leurs enfants. Et donc,
c
'est pour ça que dans ce qu'on peut faire, il y a tout l'effort sur le logement, mais ça prend du temps. Il y
a
l'effort sur l'énergie, on en a parlé, mais il
y
a l'effort sur les salaires dans les branches où le salaire minimum est en dessous du SINIC. Et ça, c'est, je pense, l'effort le plus important. Et
après, il faut continuer.
Non,
non,
peut-être qu'elle sera prise par le gouvernement. Je ne
veux
simplement pas me substituer à eux. Et par contre, il y a tout ce dialogue social, c'est aussi comment on a une meilleure dynamique salariale. Parce que l'autre problème de notre pays,
c
'est que
la
progression que vous avez dans votre carrière entre le salaire minimum et le salaire
médian, elle
est très lente et elle est très faible.
Donc,
il y
a
un écrasement de la courbe des salaires.
Ce
qui fait que même quand vous vous formez tout au long de votre carrière, vous augmentez l'évolution de salaire. Elle est beaucoup plus lente que chez les voisins. Et ça, c'est un vrai problème.
Je voudrais qu'on revienne un petit peu sur la question des manifestations parce que là, c'était important pour moi de faire prendre un petit temps au vu des questions de ceux qui nous suivent sur les revendications. pour avoir parlé dans le cadre notamment du documentaire qu'on a tourné, beaucoup de jeunes, parler à beaucoup de jeunes qui étaient mobilisés. Beaucoup ont parlé justement des classes à 35, de profs absents, de toute cette situation qu'on a pu évoquer un petit peu aujourd'hui, d'angoisse pour leur avenir.
Et le ressenti de beaucoup de jeunes, c'est qu'en face, dans la parole du gouvernement et votre parole aussi, il y avait surtout une volonté de chercher qui tirait, on va dire, les ficelles, les supposées ficelles derrière ce mouvement. On a eu plusieurs déclarations. Votre Premier ministre, Sébastien Le Cormuc, qui parle d'un mouvement instrumentalisé. De votre côté, vous disiez que leurs angoisses étaient exploitées politiquement.
On
a déjà parlé de la question effectivement de la dimension politique, mais est
-ce
que vous comprenez ce ressenti que le gouvernement s
'est
d'abord porté sur la question de cette soi-disant instrumentalisation plutôt que la question du fond
?
Non, je vais vous dire. D'abord, le ressenti, il a toujours sa légitimité, donc je le respecte. Maintenant, ce qu'a dit le Premier ministre est vrai, ça s'est passé. D'ailleurs, ça a conduit à des montées de violences. Mais moi, ce que je veux vous dire, est-ce qu'il y
a
la réalité derrière
et
ce que ces lycéens ont pu ressentir
? S
'ils ont ressenti que ce n'était pas entendu ou respecté,
je
vais vous dire, je n
'ai
même pas attendu pour le coup ce mouvement
pour que
ce soit le cas
parce
que
ce
qu'ils disent et ce que vous venez de rappeler,
c
'est le cœur de mon engagement de 2022.
En
2022, on augmente le salaire des enseignants, il fallait le faire parce qu'ils étaient sous la moyenne de l'OCDE en 2017. On a augmenté. En 2017, quand j'ai été élu, le salaire devait être à 1 700 euros par mois. Il est vers 2 300, 2 400 euros par mois en début de carrière. Donc, il a été augmenté. On pouvait en plus faire quasiment un 13e mois avec ce qu'on appelle le pacte. Et le pacte, c'était fait pour quoi
?
Non-remplacement.
Cœur
du combat, je crois qu'il
n'y a
jamais un président de la République qui s'était engagé sur les non-remplacements.
La
machine l
'a
un peu mangé. Je veux dire, ça n
'a
pas si bien marché que ça. Mais leurs revendications sont justes. Vous dites que c'est instrumentalisé,
vous
dites que c'est instrumentalisé. Non,
mais
je vais au fond. Non, mais c'est très bien. Il
y a
des députés qui sont allés en sortie des lycées pour dire ceci, cela. Pas pour régler leurs problèmes, pour dire, vous avez droit à tout, pour leur faire croire des choses et les envoyer dans le mur. Donc, moi, je pense que maintenant, on n
'en
est plus là. Maintenant, là, il y
a
une discussion qui a été amorcée. Des groupes de travail, il faut avancer. Mais ce que je veux vous dire, ce que je veux vous dire, attendez, parce
que
c'est... Il y
a
le bâti scolaire. Il y
a
été publié le 19 octobre. Mediapart cite un commissaire du renseignement territorial qui affirme, je cite, on nous demande texto d'écrire que c'est la France insoumise qui est derrière le mouvement. Alors, votre ministre de l'Intérieur a démenti toutes consignes de ce type.
Je
vais vous dire ça. Question très simple. Est-ce que vous avez demandé des vérifications pour savoir si des pressions ou si des consignes de cet ordre avaient été données au service de renseignement ? Non, ça, c'est n'importe
quoi.
Non, je veux vous dire...
L'information de Mediapart est fausse.
Écoutez, en tout cas, les choses qu
'ils
disent... J'ai vu quelqu'un qui m'a dit que quelqu'un avait dit ceci, cela. C'est
une
personne, un commissaire d'enseignement qui
a témoigné à Mediapart. Oui, d'accord, c'est
super. Il a témoigné. Vous avez son compte rendu haute. C'est un peu facile. Il y
a
le secret des sources. D'accord, mais donc moi, je vais dire, j'ai quelqu'un dans votre équipe qui m
'a
dit ceci, cela sur vous. Vous pouvez me dire le contraire. C'est l'heure du soupçon permanente. Ce n
'est
pas sérieux. C'est une enquête de Mediapart ?
Non,
ce n
'est
pas sérieux. On a dit que... Je vous dis, ce n
'est
pas sérieux. Les services de... On ne demande pas... Est-ce que... Je vais même prendre
les
choses à l'envers.
Est
-ce qu
'il
y a une note des services de renseignement qui a été mise
et
utilisée devant les médias
? Non.
Non,
mais
dans le discours. Non. Donc, s'il y avait eu ça, vous pourriez m'invoquer cet argument.
Mais
ça n
'a
pas été le cas. Donc, on démontre quelque chose qui n'existe pas. Quel est l'intérêt d'un gouvernement de faire la pression sur ces services de renseignement ? Mon problème, c'est plutôt d'avoir des services de renseignement qui voient bien les menaces qui anticipent bien. Mais on ne leur demande pas d'écrire des choses puisqu'il y a un secret défense dans ce qu'ils écrivent. Donc, on ne l'utilise pas.
Et
à la rigueur... D'abord, on l'a vu, ce que le Premier ministre a dit. C'est-à
-dire
que vous avez filmé, les journaux télévisés ont filmé des députés de la France insoumise. Il y
a
eu même des élus de la France insoumise qui ont justifié la violence. Ce qui est inacceptable en République.
Et
vous devriez
autant...
Justifier la violence dans laquelle... Non,
mais
vous devriez autant vous en émouvoir que ce que vous m'avez interrogé sur mes propos tout à l'heure. Moi, je pense que quand on est élu de la République, surtout dans un moment de la vie de notre nation,
où
les élus de la République subissent eux-mêmes des violences et des menaces,
on
n'a pas le droit de justifier quelque violence que ce soit. Quelque violence que ce soit.
Il
n'y a aucune revendication qui justifie une violence, qu'elle soit verbale ou qu'elle soit physique.
Et
ça, je serais intraitable. Donc, si j'en reviens maintenant au fond qui m'intéresse davantage, moi, je n
'ai
pas attendu ces mouvements
pour
être d'accord avec eux.
Et
donc, te dire que nous avons en effet des remplacements qui ne sont pas au bon niveau.
C'est pour
ça que c'est ce qu'on a voulu mettre avec le pacte. C'est ce qu'on fait là en organisant mieux le système.
On
doit beaucoup mieux mobiliser le temps de nos enseignants
pour
qu'ils soient devant les élèves
et
qu'ils puissent permettre les remplacements courts quand tel ou tel prof n
'est
pas là et pas à avoir des trous dans la raquette. Ça, c'est notre devoir. Et ça, c'est fait au plus près du terrain. Mais on a mis en place ces instruments. Et là, le ministre a pris des décisions pour justement relibérer des places. La deuxième chose, c'est que
nous
avons
pris
une décision, le gouvernement a pris une décision,
qui
me semble bonne,
c
'est qu'il est revenu sur les suppressions de postes au lycée
qui
étaient prévues dans le prochain budget.
On
a parlé cette semaine.
Et qu'il a même créé des postes supplémentaires
pour
diminuer les élèves par classe.
Et
ça, il faut comprendre en fait la démographie dans laquelle on est. C'est que durant ces dix dernières années, on a eu de plus en plus d'élèves.
En
fait, il
y
a eu beaucoup de natalité après 2000. Il y
a
eu une bulle.
Et
donc, on a eu de plus en plus d'élèves. C'est pour ça que d'ailleurs, on a près de 500 000 étudiants en plus qu'il
y a
dix ans. C
'est pour
ça qu'on a eu plus de collégiens, de lycéens. Aujourd'hui, au moment où je vous parle, on a moins d'élèves en primaire.
On
a moins d'élèves en collège.
On
a encore des élèves en lycée en nombre important parce que c'est là. C'est la fin de cette bulle. Donc, c'est assez juste. C'est légitime de revenir sur les suppressions de postes et d'ancrés pour réduire le nombre d'élèves par classe.
Et
donc, dans ce qu'engage le gouvernement, là, il
y
a la baisse du nombre d'élèves par
classe.
J'avais l'occasion d'interviewer le ministre de l'éducation nationale il y a quelques jours sur ce sujet. Autre question que je voulais vous poser concernant la mobilisation ces derniers jours. Je voulais vous montrer ces images-là, des images qui ont été publiées par Mediapart qui se sont passées à Nancy.
J
'avais vu ces images-là. Je pense que je vais donner un petit peu de contexte là-dessus. Mediapart a révélé cette vidéo de militants d'ultra-droite, militants fascistes ou néofascistes qui lancent des projectiles à quelques mètres d'un escadron de gendarmes sans réaction de leur part. Vous le voyez sur ces images avant qu'ils se retrouvent après derrière les forces de l'ordre sans aucune interpellation ou autre. Ces images de groupes fascistes, on les a vues dans plusieurs villes. On les a vues ici à Nancy, on les a vues à Rouen, on les a vues à Montpellier, dans d'autres villes avec beaucoup de témoignages de journalistes qui étaient sur le terrain et qui ont pu voir tout ça.
Comment expliquer que ces agressions aient pu se produire sous les yeux de policiers et parfois impunément
?
Moi, je ne me l'explique pas. D'ailleurs,
je
crois que cet après-midi même, le ministre de l'Intérieur au Sénat a répondu aussi à une question sur ce sujet. Il y
a
eu plusieurs villes où on a été signalé à Montpellier et à Nice.
Des maires
qui
ont
témoigné.
Et donc
ça, il faut absolument que la clarté soit faite. Mais je l'ai dit le plus clairement du monde, aucune violence. Aucune violence. Et pour moi, que ce soit de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite, quand il y a des gens
qui
sont violents à l'égard des biens ou des personnes,
ils
doivent être interpellés parce que l'ordre public prévaut. Donc aucune violence, aucune faiblesse.
Et sur la question de l'ultra-gauche, vous en avez parlé au début de notre entretien. Le gouvernement, évidemment, en parle à plusieurs reprises. Le ministre de l'Intérieur a déclaré notamment notre mission était d'éviter les pillages et de mettre un terme aux exactions de la mouvance d'extrême-gauche. Il parle aussi d'ultra-gauche beaucoup dans ses discours. On a parlé de cette mouvance d'ultra-gauche. Mais dans le cas ici, encore une fois, de ces groupes fascistes, il n
'y a
pas eu de déclaration du ministère de l'Intérieur visant à les... Je crois qu'il y
en
a eu une cet après-midi, justement. C'est peut-être pendant qu'on enregistre.
Oui, oui.
Parce que j'ai tenu ce matin, donc ça s'est passé samedi,
de
défense et de sécurité nationale. La question a été évoquée.
On
a été extrêmement clair sur, évidemment, la position qui est celle de la République et ce qui doit être celle des forces. Et donc, le ministre a dit exactement ça. Donc, il a été très clair cet après-midi. Et moi, je le suis aussi avec vous. Il n'y a aucune... La mission de la police, c'est l'ordre public.
Et
donc, c'est que la rue soit
sécure
pour tout le monde,
que
les gens puissent manifester s'ils le veulent et porter leurs revendications, que d'autres gens aussi puissent se promener. Ça peut exister. Que d'autres gens aillent faire les courses, ce serait formidable parce qu'on a des commerces de centre-ville qui souffrent. Et c'est beaucoup de familles aussi, vous savez, qui sont en train de tomber dans le grand désarroi à cause de tout ce qui est en train de se passer. On n'en parle pas du tout.
Et
je ne voudrais pas que ce soit les absents... On a parlé sur la chaîne...
On
parle après des difficultés. C'est l'État qui doit toujours donner de l'argent pour compenser. Mais les commerçants,
ils
ne veulent pas de l'argent de l'État. Les commerçants, ils veulent pouvoir ouvrir leur commerce, qu
'ils
ne soient pas pillés, qu
'ils
ne soient pas dégradés et que les gens aient confiance et reviennent dans les centres-villes. Donc c'est ça ce que je veux. Avec 2500 commerces qui ont été touchés. Et donc vraiment, ce qui est important, c'est que les forces publiques soient forces de sécurité intérieure mobilisées pour ça. C'est leur mission et rien que leur mission. Et je les en remercie parce que vous savez,
je
ne connais aucun policier, aucun gendarme qui s'engage pour subir les violences qu'ils ont subies, en particulier le 17.
Concernant
la situation la semaine dernière et ce qu'il s'est passé, vendredi 23 octobre, attrape Pengo Bossio Gangui, 26 ans,
a
été tué dans un attentat terroriste raciste. Vous vous êtes rapidement rendu sur place.
Vous
avez déclaré sur place, suite à cette attaque, qu'un racisme s'est installé
dans
le discours public.
Qui
a installé ce discours, selon vous
? Je
crois qu'il y a des mouvements politiques qui ont laissé s'installer cela à l'extrême. droite. Lesquelles ?
On
connaît
le
Rassemblement national, ceux qui leur sont proches,
et
qui a une forme de désinhibition des propos.
Il y a
un racisme d'atmosphère.
Et
on voit sur les plateaux,
dans
les propos, des choses qui faisaient réagir avant beaucoup plus.
Et
donc, je trouve qu'il y
a
une désinhibition des violences.
Je
trouve qu'on a eu, j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'en parler, on a eu une désinhibition d'un antisémitisme chez certains et une désinhibition du racisme chez les autres. Et en vérité, le combat de la République, c'est un combat universaliste. Il n
'y
a deux places pour
aucune
de ces haines.
Et
donc, je pense que ce qui s'est passé à Trappes, c'est pour ça que j'y suis allé, que j'ai eu ces mots,
c
'est très grave.
C
'est très grave parce qu'un de nos compatriotes est mort, parce qu'il
y a
une petite fille, il y a eu six victimes. Donc, il
y a
cinq personnes qui sont encore très gravement blessées pour certaines, dont une petite fille qui a eu huit
balles.
Et
il
a été clairement établi, ce n
'est
pas une qualification politique que j'ai faite, c'est le procureur national antiterroriste qui était sur les lieux, qui m'a décrit ce qui s'est passé, qui s'est saisi, sa décision,
avec
ses services,
et
qui m'a dit, c'est un acte terroriste, raciste.
Et
donc, c'est extrêmement important que là-dessus,
on
ait tous ce sursaut. Et moi, ce qui m'a frappé, je vais vous dire, d'abord,
c
'est la gravité de ça, d'entendre ça,
mais
c'est aussi de voir
le
manque de compassion.
Le
manque de compassion.
C
'est-à-dire qu
'on
est quand même pour beaucoup passé à autre chose,
pour
beaucoup, il y
a
des polémiques secondaires. Or, la clé, c'était ça. Quand on a un de nos enfants qui tombe sur
un
acte terroriste,
qu
'il soit antisémite,
qu
'il soit antichrétien, qu'il soit raciste, la vérité, c'est qu'on doit d'abord être aux côtés des familles, le dire, les réconforter, dire la nation est là et on fait bloc. Et donc, c'est vital.
Et sur ce point et sur cet attentat raciste, vous l'avez évoqué,
il
y a eu d'autres attentats racistes dans le passé, d'autres crimes commis pour antisémitisme, pour racisme dans le passé et en France. On a évidemment parlé beaucoup sur la chaîne.
Vous
avez parlé à l'instant de la question des plateaux, ce qui peut être dit aussi sur des plateaux. Beaucoup, et on l'a vu après l'annonce de cette terrible nouvelle la semaine dernière, pointent du doigt aussi la responsabilité de certains médias.
Est
-ce que vous les rejoignez ?
De
là où je suis, je ne
suis
pas pour pointer des responsabilités. Je dis juste, il y a une parole qui s'est désinhibée. Elle est aussi sur les réseaux sociaux. Quand les gens s'expriment, disent des choses qui sont... C'est pour ça que je suis très attaché à ce qui est interdit par la loi. Parce que les propos racistes, antisémites, entre autres, sont interdits par la loi. Il y
a
une responsabilité. Vous ne pouvez pas écrire dans un journal n'importe quoi là-dessus.
Dans
les réseaux, oui. Parce qu'on ne
va
pas chercher leur responsabilité au titre du DSA. Et après, ils viennent sur certains plateaux. Là,
on
a, vous savez, c'est une bonne chose. On a une approche dans notre pays qui est attachée au pluralisme.
Et
surtout, quand on est président de la République, on n'est pas le juge des élégances.
On
n'est pas en charge de cet ordre public, si je puis dire.
Il y a l'ARCOM qui le fait. Il y
a
la question de l'élégance, il y a aussi la question du racisme. Non, mais voilà.
Je suis dans mon rôle quand je vous dis ce que j'ai dit sur le racisme et sur la concorde nationale. Je ne serais pas dans mon rôle si je pointais du doigt tel ou tel média.
Ce n'est
pas le rôle du président de la République ou de
l
'exécutif.
C
'est pour ça que la loi
a
prévu une autorité indépendante qui peut justement rappeler à l'ordre des chaînes si elle ne le respecte pas ses cahiers des charges ou si elle dérive. Vous vous
estimer
que certains ne l'ont pas respecté ? Et ce n
'est
pas à moi, je vous le dis.
Non, mais
sans citer deux chaînes, mais est-ce que vous estimez
que certains des
médias ne
seraient
pas
à l
'ordre de le faire sous le contrôle du juge d'ailleurs parce qu'il
y a
un recours. Quand l'ARCOM prend une décision, on fait appel au juge. C'est ça l'état de droit.
Et
vous savez, au moment où tout se confond, surtout dans le discours des uns et des autres,
la
République, ce n
'est
pas moi. L'état de droit, ce n
'est
pas moi.
C
'est un système dont je suis le garant. Et c'est bien comme ça. Et donc, je pense que mon rôle, c'est de dire les choses, c'est de tout faire pour
rappeler
à l'unité de la nation, pour évidemment être intraitable sur le racisme, mais quand il s'agit
ou
de partis ou de chaînes, eh bien, la loi doit être respectée et la Constitution aussi. Ce n
'est
pas le président de la République qui doit se mettre à dire ceci est interdit, ceci est autorisé.
On l'a dit, on est à quelques mois d'une élection présidentielle.
Le
soir de votre réélection en 2022, vous avez reconnu que beaucoup avaient voté pour vous, je cite, pour faire barrage, selon l'expression, faire barrage à l'extrême droite. Et vous avez dit à l'époque, je cite,
«
Ce vote m'oblige pour les années à venir. Quatre années plus tard, le Rassemblement national est en tête de tous les sondages. » Je mets beaucoup de précautions sur la question des sondages. Nous-mêmes, sur notre média, on a eu le choix de quasiment jamais, voire jamais communiquer sur la question des sondages. Mais le fait est que le Rassemblement national semble aujourd'hui aux portes du pouvoir. Qu'est-ce que vous avez fait de ce vote, de ce vote utile de beaucoup de personnes
? D
'abord, j'ai considéré cette montée des... Je
précise, vote utile, qui était le terme qui était aussi beaucoup utilisé.
Cette montée des extrêmes, elle est partout en Europe.
En particulier
de
l
'extrême droite, elle est partout en Europe. Donc,
il
faut qu
'on
soit humble
face
à ce mouvement qui
n
'est pas français uniquement.
Moi,
je n'ai eu de cesse depuis ma réélection en 2022 d'essayer de bâtir des passerelles
et
de rénover notre manière de faire de la démocratie. C'est comme ça que j'ai tiré les leçons de
ce
vote. Et donc, dès 2022 et l'été, j'ai reçu les formations politiques, y compris celles qui s'étaient opposées à moi fortement après les législatives pour leur proposer de faire une grande coalition, ce qu
'on
n'avait jamais fait. Je n
'ai
pas réussi.
Je
crois que c
'est
le 21 juin 2022, plusieurs sortent en disant « Non, on n'ira pas
». Elles
n
'ont
pas voulu. Bon.
Peut
-être ma part de responsabilité, j'ai essayé.
Ça
ne s'était jamais fait.
Mais
beaucoup voulaient réécrire l'histoire en disant « Ce n
'est
pas vrai, il
n'a
pas fait de temps ». J'ai reçu à l'Élysée. Ils ont dit « Non, non, on ne fera pas parce qu
'on
s'est opposé à lui. » Non, pas voulu. Ensuite, j'ai essayé de
faire
des choses inédites,
ce
qu'on a appelé les rencontres de Saint-Denis, c'est-à
-dire
de voir toutes les formations politiques pour les ramener dans le commun, sans relâche, sur les questions intérieures, extérieures, pour bâtir du compromis, du consensus.
C'est parce
que j'étais conscient de ça. J'ai lancé des exercices inédits comme la Convention citoyenne,
ce
qu'on a fait, qui a abouti à la loi votée puis promulguée sur la fin de vie à la fin de l'été. Je crois que c
'est
un sujet grave. Il y a des accords, il y
a
du dissensus toujours.
Il y a
des gens qui ne sont pas d'accord avec cette loi, qui ont été blessés, mais on l
'a
fait avec respect en prenant le temps.
Voilà
ce que j'ai fait avec toutes les formations politiques.
Et
quand je prends la décision de dissoudre en 2024, c'est la même chose. Je dis que
je
suis à mi-mandat.
Je
dis que
je
suis avec une majorité relative qui est beaucoup trop fragile maintenant.
On
a été passés à deux doigts de reprise d'une motion de censure.
Les
forces politiques, y compris dans le champ républicain, exprimées partout on va le censurer son gouvernement en septembre, ils vont tomber.
Et
on expliquait, les sondages, les mêmes disaient 70% faux dissous. C'est la question de
l
'extrême droite. Mais c
'est
la question de
l
'extrême droite, tout ça. Parce que ce qui m'oblige, c'était que tous les gens
qui
sont venus voter pour moi soient respectés, même s'ils n'adhéraient pas à toutes mes idées. Ce qui d'ailleurs, par parenthèse,
a
toujours été le cas pour un deuxième tour. Vous choisissez au premier tour, j'ai 28% des votants qui choisissent de me soutenir au premier tour.
Et
après, au deuxième tour, vous avez des gens qui viennent vous soutenir et puis il
y a
des gens qui viennent voter pour vous pour pas que ce soit l'autre.
Et
ça a été vrai de tous les présidents élus de la Ve République. On a voulu créer ça. Et ce sera pareil la prochaine fois. Et donc, ce que j'ai voulu dire, ce que je veux vous dire là, c'est que durant ces quatre années et demie qui viennent de s'écouler,
nous
avons eu des décisions, des gestes
et
des innovations démocratiques inédites pour essayer de rassembler les forces politiques du champ républicain pour éviter les extrêmes.
Et sur cette question-là précise, sur la question de la montée de l'extrême droite, quel regard est-ce que vous portez aussi sur l'influence potentielle de votre discours ou du discours du gouvernement sur la montée de l'extrême droite ? Gérald Darmanin, quand il était ministre de l'Intérieur, parlait d'ensauvagement d'une certaine partie de la société en 2020 en Figaro. Le 9 septembre dernier, Aurore Berger, qui est actuellement ministre déléguée, notamment en charge des discriminations. La ministre chargée de la lutte contre les discriminations refuse de qualifier de raciste la théorie du grand remplacement
avant,
un peu plus tard, de la qualifier de fausse. François Bayrou, à l'époque, quand il était Premier ministre, utilisait le terme début 2025 de sentiment de submersion migratoire sur LCI. De nombreux chercheurs qui travaillent sur la question du discours de l'extrême droite estiment que vos gouvernements successifs ont contribué à banaliser certains aspects de ce discours. Est-ce qu'ils ont tort ?
Je
ne
suis
pas là pour dire si un chercheur a raison ou a tort.
Je
suis là puisque vous avez cité trois responsables politiques, membres, anciens membres du gouvernement pour dire que les connaissons tous les trois, il n'y
a
aucune ambiguïté chez eux sur ce
sujet. C'est
la question du choix des mots.
Non, mais il n
'y
a aucune ambiguïté chez eux sur ce sujet.
Et
donc, on a envie de faire d'enfermer les gens dans des cases et de leur mettre une étiquette. François Bayrou
a
passé sa vie
à
combattre les extrêmes et à se battre pour la dignité humaine. Sa vie.
La
question peut se poser à ce moment-là de la façon de le combattre. La
question peut
se
poser et moi, j'ai le
droit de défendre les gens aussi parce que sinon,
on
va tous les mettre au pilori. François Bayrou, il a passé sa vie
à
défendre l'unité d'une inspiration de valeur philosophique. Gérald Darmanin, il est élu d'une commune populaire extrême et
il
s'est battu
dans
ses fonctions successives
pour
que la République soit plus forte. Et Mme Berger, elle se bat contre les discriminations, contre toutes les formes d'intolérance sans relâche. Voilà pour répondre de chacune de leurs interviews.
Mais
je dis ne les mettez pas sur un poisson. Pardon, si vous avez un problème avec les idées d'extrême droite,
moi
j'en ai un aussi, ne venez pas aller chercher dans le gouvernement. Allez les chercher, ils sont suffisamment forts à l'extrême droite. Je veux dire, vous ne pouvez pas, soyez,
si
vous voulez gagner, si vous voulez gagner, mais allez combattre démocratiquement, respectueusement,
mais
allez porter des messages, allez pas pointer du doigt des gens de manière complètement loufoque en vous appuyant sur tel ou tel chercheur pour dire celui-là en est, celui-là en est, celui-là en est. Parce qu'à ce moment-là, je vous explique la
fin de l
'histoire. Mais moi, ça fait dix ans que j'entends des gens expliquer que je suis un fasciste. Donc après... Ce n
'est
pas la question que je vous ai posée. Mais c'est la même chose dans l'autre sens. Je déteste ça. Je n
'ai
jamais mis d'étiquette
sur
les gens en fonction d'une phrase. Je combats des idées. Ce qui m'intéresse, c'est de combats des idées et de changer de réel. Précisément là-dessus. Ce qui est précisément là-dessus, ce que je dis, c'est qu'il
y a
des
idées. Il y a des
idées.
Il
y
a des idées. Il
y
a des
inhibitions. Mais je peux vous dire que je ne visais pas ces trois responsables politiques qui n'ont jamais eu un discours désinhibition.
Mais précisément là-dessus, les chercheurs dont on parle ici, on mettra des liens en description, ne disent pas que telle ou telle personnalité est d'extraînement. Ce n'est pas ce qu'ils disent. Ce qu'ils disent et leur inquiétude qu'ils formulent ici, c'est le fait que certains éléments de langage, certains vocabulaires se retrouvent repris alors qu'ils n'avaient pas été repris avant.
Ce n'est pas
les contextes dans lesquels ils les reprennent, ce qui est aussi souvent, parce que je me méfie beaucoup pour avoir...
C'est la
fenêtre d'Overton, etc.
Non,
mais c'est la décontextualisation. Après, il n'y
a
pas besoin de ça quand on parle de la fenêtre d'Overton. Aller chercher plutôt sur les réseaux sociaux, aller chercher sur des plateaux des gens qui ne sont même pas des responsables politiques,
mais
qui sont des gens qui, de manière désinhibée, toutes les heures du jour et de la nuit, disent
des
horreurs.
Dissent
des horreurs.
C
'est tout.
On parlait
de
la question des plateformes tout à
l
'heure. C'est plutôt ça qu'il faut
aller
combattre pour ramener tout le monde à la décence.
Une question peut-être pour terminer.
On
l'a dit, les manifestations se poursuivent. En tout cas, il
y
a un appel à manifester samedi. On verra l'ampleur de la mobilisation et à quoi tout ça ressemblera. Question très simple pour terminer cet échange.
Si
vous aviez 17 ans aujourd'hui, est-ce que vous seriez dans la rue
? C
'est très dur à dire.
Parce
que vous savez, c'est des choses très intimes. Est-ce que votre copain y va ? C'est des tas de choses.
Qu
'est-ce qui vous a fait réagir ?
C'est des revendications aussi, oui.
Non, mais on a tous 17 ans.
Il y
a
des
revendications d'ailleurs. Ce n'est pas
uniquement
parce
que les amis y vont.
Ce
n
'est
pas ce que j'ai dit. Pardon, ne me caricaturez pas.
Ce n'est
pas ce que j'ai dit. On parle depuis tout à l'heure des revendications. Mais le choix que vous faites, vous pouvez être en désaccord sans aller dans la rue. Mais je pense que cette génération-là,
qui
est au lycée aujourd'hui, elle est à accompagner avec beaucoup de
respect, d
'ambition
et
de bienveillance.
D
'abord parce que, pour ma part, ça fait presque dix ans
que
je
l
'accompagne
et
donc je me sens responsable. Ensuite, elle a vécu, je l'ai rappelé l'autre jour, mais je pense que
c
'est important de se le dire. C'est une génération qui a vécu les attentats terroristes
quand
elle était à l'école maternelle ou au début du primaire. Donc, elle a vécu ce choc. On a tous quand même le Bataclan,
mais
tous les attentats terroristes. Donc, elle a vécu une France qui était quand même blessée
de
meurtries dans sa chair, qui avait peur.
c
'est ensuite ce sont des lycéens qui, à la fin du primaire, au début du collège,
ont
eu le Covid. Donc, on leur a dit, il faut faire tous les sacrifices pour protéger les plus fragiles et les plus âgés.
Et
ils ont connu la fin des copains, les contraintes, là aussi, un monde que leurs parents ne comprenaient pas, le stress de tout le monde.
On
se souvient.
Ils
ont ensuite connu le retour de la guerre
en
Europe, ce que nos générations n'avaient pas connu à cet âge-là. Mais juste en sortant de Covid, un an après, boum, l'Ukraine, avec la peur, la peur parfois, parce qu'il y avait des bêtises qui étaient écrites, de dire, on va être envoyé à la guerre et de voir ces scènes aussi très dures. Ils ont vécu Gaza.
Ils
ont vécu le 7 octobre 2023, l'attaque du Hamas,
la
peur, cette scène sidérante, terrible. Et puis derrière, ces mois et ces mois
de
guerre terrible, et là aussi, c'est s'il vient de toucher à Gaza. Donc, des scènes de guerre qu'ils ont vues dans leur portable dans l'intimité.
Et
puis là, il y
a
la peur technologique. Il y a la peur climatique, l'angoisse climatique
et
la peur technologique qui, quand même, s'est beaucoup accélérée ces derniers mois et qui frappe cette génération. Moi, ça m'a beaucoup marqué dans des reportages que vous avez vous-même fait, qu'on voit dans les médias, qu'on lit, qu'ils ont pu me dire ou que me disent certains.
C
'est de se dire, au fond, même quand on se travaille bien, on a l'impression que
vous
n'allez pas nous former à d'après John parce qu
'on
va être remplacés.
On
aurait pu parler longuement de ce sujet-là. Et
donc, je pense que tout ça, ça crée en tout cas une grande inquiétude.
Et
donc, notre responsabilité, c'est que cette grande inquiétude ne soit pas le grand désordre permanent parce que ce n
'est
pas comme ça qu'on la réglera. Ou le grand ressentiment
ou
le grand chaos.
C
'est que ce soit d'abord le respect, le travail et le
réparer
ce qu
'on
doit réparer là à court terme.
C
'est de pouvoir reprendre justement les cours dans le calme pour préparer cet avenir. Et nous, c
'est
d'apporter les bonnes réponses. Et pour moi, d'ailleurs, dans cette campagne qui est devant nous présidentielle et ce débat qui est très important et qui est un débat démocratique extrêmement important pour le printemps 2027,
c
'est de se dire comment on va apporter des réponses à cela. Et il y en a.
Et
moi, je voudrais peut-être terminer du coup mon propos par ça.
Le
pays doit continuer de se préparer à l'avenir.
Mais
on n'est pas en train de le décliner. Enfin, n'écoutez pas ce qu
'on
vous dit là-dessus.
On
a une armée beaucoup plus forte qu'il
y a
dix ans aujourd'hui. Beaucoup plus forte. Plus indépendante. Avec une vraie dissuasion plus forte en Europe. Il y a dix ans, on ne produisait pas de véhicules électriques dans notre pays. On en produit. On produit des gigafactories de véhicules électriques. On vendait 5% de véhicules électriques il
y a
dix ans. On en vend 40%. Et on en produit.
On
a investi sur notre avenir, sur les biotechnologies. Et l'IA, c'est aussi ça. Et donc, l'IA ne le voyait pas que comme une source d'angoisse. Parce que la France, elle est armée pour ça. Contrairement à beaucoup d'autres pays. On a de
l
'énergie pas chère parce qu'on a réinvesti dans le nucléaire.
Et
on surproduit de l'énergie. Donc, on peut faire des data centers chez nous. On forme des talents à l'IA. On a Mistral.
Il y a
une inquiétude effectivement sur l'IA. On va parler d'un sujet mais c
'est
la question de...
Non mais ce
que je
veux
dire
par là, c'est qu'on a plein de domaines quand on regarde nos armées, quand on regarde notre technologie, quand on regarde la réindustrialisation, quand on regarde les véhicules électriques, quand on regarde l'IA. La France a un formidable avenir. C'est à nous d'être bons, d'investir, d'y croire, de nous mobiliser, de nous serrer les coudes.
Mais
je veux que notre jeunesse, elle se dise
je
vais réussir à saisir ce cap. Et nous, on va l'aider, on doit l'aider.
On
suivra l'évolution de la situation, que ce soit avec les manifestations et l'élection présidentielle dans quelques mois. Merci beaucoup, Monsieur le Président.
Merci beaucoup. Merci d
'avoir
accueilli.
Merci.
Emmanuel Macron