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interviewBFMTV· 23 mars 2026 20 min

Maires LFI, municipales: l'interview de Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Je les cite. Vous avez donc fait perdre la gauche hier soir. Qu'est-ce que vous répondez à la direction du PS ?

0:04
Manuel Bompard

Le congrès du Parti Socialiste a commencé. Donc je pense qu'ils sont en train de se positionner. J'ai bien compris que l'opposition à Olivier Faure essaye sans doute de le débarquer de sa fonction. Bref, franchement, tout ça m'intéresse peu. Ce que je regarde, moi, c'est les faits. Les faits, d'abord, c'est que lors de ces élections municipales, la France Insoumise, qui a 10 ans, qui abordait pour la première fois vraiment ce scrutin, fait une percée, une progression, qui est une progression remarquable. Ça se résume à deux chiffres, vous savez. La France Insoumise dirigeait zéro commune parmi les 50 communes les plus peuplées de France.

Aujourd'hui, elle va en diriger deux, Saint-Denis et Roubaix. Il y avait à peu près 30 000 habitants qui vivaient dans une commune dirigée par la France Insoumise. Demain, il y en aura 550 000, c'est-à-dire 18 fois plus. Parce que vous êtes concentré sur des secteurs pour vous étendre dans toute la France, ce qui est vrai. Attendez, après, on pourra parler de toute la France, si vous voulez. Je vous dis juste qu'il y a 18 fois plus de citoyennes et de citoyens qui, demain, vont vivre dans une commune dirigée par la France Insoumise qu'avant. Donc ça, c'est le résultat de la France Insoumise dans ses élections municipales. Donc c'est une percée qui est une percée remarquable.

Après, quand j'entends, pardon, M. Tréa, c'est quand même hallucinant. C'est-à-dire, j'entends des socialistes qui, il y a 15 jours, disaient « plus jamais avec la France Insoumise ». Il y a une semaine, nous suppliaient de vouloir faire des fusions pour essayer de sauver leur maire qui était en très mauvaise posture. Et à 20h01 hier soir, parce que leur maire en très mauvaise posture ont perdu, viennent nous dire « non, finalement, ce n'est pas de notre faute si on a perdu, c'est de la faute des Insoumis ». Franchement, c'est ridicule.

1:35
Invité

Parce qu'ils ont regardé les cartes. Je vous montre une carte. Regardez les cartes et regardez les chiffres. Je vous montre une carte. Les grandes villes où la gauche partait unie au deuxième tour, y compris unie avec vous. Voici ce que ça a donné à la fin. Victoire à Grenoble, Lyon, Nantes, Tours. Mais défaite à Toulouse, Brest, Clermont, Tulle, Cherbourg, Limoges, Besançon. C'est cette carte qui amène le PS à vous attaquer. Mais alors regardez, prenons… En disant « on aurait dû gagner, vous nous avez fait perdre ».

1:58
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas vrai. Dans aucune de ces villes-là, dans aucune des villes que vous montrez là, où il y a eu des fusions au deuxième tour, dans aucune d'entre elles, s'il n'y avait pas eu de fusion, et si le PS était resté tout seul au deuxième tour, aucune de ces villes-là, il n'aurait gagné.

2:14
Présentateur

C'est en partie vrai, M. Bopin, mais j'ai quand même quelques remarques à vous faire. On va prendre Toulouse. Trois remarques sur Toulouse. Très intéressant. Toulouse, il y a eu un sursaut de l'électorat en faveur de M. Moudinck.

2:26
Invité

30 000 fois.

2:27
Présentateur

Qui a gagné 30 000 voix entre le premier et le deuxième tour. Attendez, ce n'est pas terminé. Dans la même ville, le nombre de bulletins blancs ou nuls, c'est-à-dire probablement, c'est une supposition, un électorat de gauche, mais qui ne veut pas voter, parce qu'il y a cette fusion, il a doublé, voire triplé selon les villes. Troisième chose, quand il y a des triangulaires, le candidat le plus faible de la triangulaire ou de la cadrangulaire, d'ailleurs, vous apercevez que son résultat, il fond comme neige au soleil.

Ça veut dire que quand même, il y a eu un réflexe anti-LFI, me semble-t-il, même si, dans les villes en question, seuls ou avec les communistes et les écologistes, il ne serait pas arrivé.

3:15
Manuel Bompard

C'est un réflexe anti-LFI. Non, attendez, c'est intéressant, c'est bien, on prend des cas concrets. Je vais vous dire une chose, M. Tréhard, vous pourrez vérifier si ce que je vais vous dire est vrai ou pas. François Picmal, à la tête de la liste de rassemblement au second tour de l'élection municipale à Toulouse, dimanche, réalise dimanche le nombre de voix le plus important qui n'a jamais été réalisé par un candidat de gauche au second tour de l'élection municipale à Toulouse. Il fait 25 000 voix de plus qu'en 2020. En 2020, on pourrait me dire que c'était le Covid, c'était particulier. Mais de l'autre côté, il fait 10 000 voix de plus qu'à l'élection municipale précédente de 2014.

Alors, si vous arrivez à m'expliquer pourquoi, alors qu'il y aurait eu un effet repoussoir, puisque c'est ça la thèse que vous développez là, il fait un record du nombre de voix réalisé par un candidat de gauche au second tour, vous voyez qu'il y a quelque chose qui tient pas là-dedans.

4:04
Invité

Mais parce que là, vous racontez la moitié de l'histoire, Manuel Bonpas. J'ai regardé aussi, les chiffres que vous donnez sont parfaitement vrais, il n'y a aucun problème. J'ai regardé l'écart entre Jean-Luc Moudinck et le candidat de gauche qui l'affronte depuis trois municipales, parce que c'est son troisième mandat aujourd'hui. Il n'a jamais été aussi confortablement élu. Il y a quasiment huit points d'écart. Donc, ça revient à ce que disait tout à l'heure Yves. – Ça ne change rien à la démonstration que je fais. – Mais ça ne change rien à la démonstration d'Yves.

C'est de dire, est-ce que finalement, alors oui, vous avez obtenu plus de voix que lors des fois précédentes, en revanche, le maire sortant, on obtient encore beaucoup plus. – C'est une élection municipale. – Ça rejoint le réflexe anti-Lafi.

4:45
Présentateur

– Ce que je vous dis à Toulouse est vrai à Brest, à Argenteuil, est vrai à Clermont, est vrai à Avignon.

4:51
Manuel Bompard

– Parce que sinon, je pense que les gens ne vont pas comprendre, M. Trayard, je voulais juste vous dire une deuxième réponse, enfin, pardon, sur un deuxième argument que vous avez avancé, qui, je trouvais, est quand même l'angle mort des commentaires politiques auxquels on assiste depuis hier soir 20h. – Pourquoi, je vais vous dire, pourquoi à Brest, le candidat socialiste fait la fusion avec la France insoumise ? Parce qu'il réalise au premier tour le pire score que le candidat socialiste n'a jamais réalisé à Brest depuis des décennies. Pourquoi à Clermont-Ferrand, le candidat socialiste fait la fusion ?

C'est parce qu'il réalise le pire score qu'il n'a jamais réalisé un candidat, un maire sortant. – Et que sans vous ? – Et qu'il a besoin de nous au deuxième tour. Mais donc, s'il a perdu au deuxième, c'est pas parce qu'il y avait la France insoumise au deuxième, c'est parce qu'au premier, il a fait le pire score qu'aucun maire socialiste n'avait jamais.

5:35
Auditeur

– Je vous ai écouté attentivement hier, M. Bompard, dans votre déclaration, vous avez dit, en gros, ils étaient tellement décrédibilisés, les socialistes, que même avec notre apport fantastique, si j'ose dire, on n'a pas pu les sauver. Donc, le prochain fois, votez pour nous plus fortement dès le premier tour. Est-ce que ce n'est pas un peu facile de dire ça ? – Non. – Finalement, vous dites, on n'a pas été repoussoirs, mais ils étaient tellement décrédibilisés qu'on n'a pas pu les sauver.

5:59
Manuel Bompard

Est-ce que vous ne réécrivez pas un peu l'histoire ? – Non, parce que je prends des exemples très concrets, je m'appuie sur des chiffres. À Brest, je le disais, le candidat socialiste perd à peu près 8 points par rapport au score qu'il avait réalisé lui-même lors de la dernière élection municipale. – Donc, si ce n'est pas repoussoir, en tout cas, ça ne permet pas de gagner l'apport de la France insoumise. – Et nous, les insoumis, à Brest, on fait un score qui est au-delà d'un score qu'on faisait nous aux élections européennes dans cette ville. – Mais ça ne suffit pas. – Ah bah oui, ça ne suffit pas.

6:23
Présentateur

– Pour vous montrer le caractère repoussoir en deux mots, à Brest, par exemple, le troisième candidat, le troisième candidat qui est un candidat, Rassemblement national, il perd 3000 voix qui se reportent sur le vainqueur.

6:37
Manuel Bompard

– Vous avez raison, et ça c'est un phénomène qu'on a observé, que j'observe, qui est un phénomène assez nouveau d'ailleurs, qui est que le Rassemblement national, d'habitude, entre les deux tours, gardait plutôt ses voix. Et là, c'est vrai que souvent, ces électrices et ces électeurs sont allés voter à droite, entre guillemets, – Pour faire barrage, pour vous faire barrage. – Non, précisément, ce que j'allais dire, vous savez, M. Tréhard, si vous êtes attentif, vous verrez que ce phénomène existe aussi dans les endroits où au deuxième tour, il n'y avait pas la France Insoumise en face, que c'était des listes du Parti Socialiste, des écologistes, etc.

Donc en fait, ça n'a rien à voir avec la France Insoumise. Donc vous voyez, je trouve qu'il faut faire attention quand même sur les analyses un peu hâtives qui sont faites. La vérité que personne ne dit, c'est que moi, je considère que le Parti Socialiste a pâti d'une vague dégagiste contre ses maires sortants, à Brest, à Clermont-Ferrand qui s'est installé depuis un certain nombre d'années, et à pâti du boulet que constitue, par exemple, son groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale qui a accompagné les politiques macronistes et que vous avez des électrices et des électeurs. – Il y a un boulet de chaque côté alors ?

– Non, non, mais je pense quand même, c'est intéressant d'observer qu'il y a des gens qui ne sont pas allés voter socialiste parce que les socialistes n'ont pas censuré les gouvernements, qu'ils ont approuvé le budget de la sécurité sociale et qu'à un moment, ça a des conséquences.

7:42
Invité

– Manuel Bompart, si tout le monde est le boulet de tout le monde, si vous êtes le boulet du PS et le PS est votre boulet à vous, je caricature les choses.

7:49
Manuel Bompard

– Il y a une semaine, vous avez remarqué que la musique n'était pas tout à fait la même. – J'entends bien, j'entends bien.

7:52
Invité

– La crédibilité des gens qui disent ça, elle est un peu plus mise en place. – Mais quelles conséquences vous en tirez ? Est-ce que, en gros, les deux s'annulent et vous dites « bon, malgré tout, on est obligés de s'entendre » et je pense évidemment à 2027, ou au contraire, vous dites « écoutez, si c'est ça, fermez le banc et ce sera le divorce ». – Je vais vous dire franchement, moi, mon intérêt,

8:06
Manuel Bompard

là j'ai répondu parce que vous m'avez posé la question, c'est que la France insoumise, elle a été créée dans un contexte qui est un contexte difficile pour la gauche, qui est au lendemain du quinquennat de François Hollande où le total de la gauche a perdu 20 points entre 2012 et 2017. Et depuis, la France insoumise, elle prend et acte de cette situation et on travaille pour essayer de récupérer des points qui ont été perdus par la gauche parce que c'est la seule solution qui permettra à la gauche de prendre le pouvoir dans ce pays demain.

8:38
Invité

– Mais est-ce que vos électeurs insoumis se retrouvent aussi ?

8:40
Manuel Bompard

– Attendez, je termine si vous voulez bien ma démonstration, après je vous laisse poser votre question. et on avance aux élections européennes, on progresse par rapport aux élections européennes précédentes, aux élections municipales, on progresse par rapport aux élections municipales précédentes. Vous savez, dans toutes les grandes communes, là, si vous regardez au premier tour, les listes d'union, PS, PCF, ELV, elles perdent 6 points en moyenne dans toutes les communes de plus de 100 000... – Enfin, elle remporte Paris, – Les listes de Montpellier, Lille, Poe, Amérique et Saint-Etienne ? – Regardez, elles perdent 6 points en moyenne.

Là, je regarde sur les scores de premier tour, d'accord ? Les listes insoumises, elles gagnent 9 points en moyenne. Donc, qu'est-ce que ça dit ? Ça dit qu'il y a la gauche traditionnelle qui baisse, qui perd de l'influence. Et à la gauche de rupture, dirigée par la France insoumise... Vous partiez de plus loin, donc vous avez une progression plus nette. Et là, il y a la gauche de rupture, dirigée par la France insoumise, qui progresse. Et qui progresse davantage et qui fait augmenter le total gauche. Mais aujourd'hui, je le reconnais, c'est insuffisant pour gagner à Toulouse. C'est insuffisant pour gagner à Limoges. Eh bien, il faut continuer notre travail.

Et donc, pour les prochaines élections présidentielles, je dis, la force est de notre côté. Donc, je dis aux gens qui nous écoutent, venez nous aider pour faire ce travail. C'est un travail compliqué, c'est un travail... On gratte la montagne de la résignation avec nos doigts. Bah, c'est pas facile de le faire. Mais il faut qu'on soit plus nombreux à le faire. Marie ?

9:44
Invité

Oui, sur votre stratégie et le fait que, ou pas, vos électeurs s'y retrouvent. Moi, j'ai une image, on est au début de la saison dernière, les universités d'été de votre parti. D'une salle pleine à craquer, qui hurle, tout le monde, tout le monde déteste le PS. Vous ironisiez sur ce qu'a été le parcours du Parti Socialiste ces dernières semaines. A raison de jamais, et puis peut-être, et puis oui, concluons. Vous êtes aussi, finalement, un peu dans la même stratégie. C'est-à-dire que vous n'avez cessé de hurler à l'encontre des dirigeants du Parti Socialiste pour leur toper dans la main sur ces accords locaux.

10:20
Manuel Bompard

Mais, madame, moi, je vous dis, nous, on a toujours dit précisément et de manière transparente les choses qu'on allait faire, y compris avant le premier tour. On a produit plusieurs déclarations de la France insoumise. Je réponds à votre question, il n'y a pas de difficulté, où on a dit les choses de manière très claire. Là où il y a un risque de droite et d'extrême droite, nous, on appelle toujours à voter à gauche, quelle que soit l'ampleur, par ailleurs, de nos désaccords. Et ils sont majeurs, importants, avec ce qu'a été la stratégie délétère, de mon point de vue, pour la gauche du Parti Socialiste ces derniers mois. Donc, nous, on est très clair sur ce sujet.

Et d'ailleurs, c'est ce qu'on a mis en œuvre entre les deux tours. On a eu une stratégie nationale, nous, on n'a pas dit que c'était les accords locaux. Notre stratégie nationale, c'était partout, il y a risque de droite et d'extrême droite, on propose le rassemblement.

10:57
Invité

Pas pour Sophia Chiquirou à Paris ?

10:58
Manuel Bompard

Parce que, si on l'a proposé, mais parce que M. Grégoire a décidé qu'il n'avait pas besoin de nous. Pourquoi on l'aurait fait ? On est rentré en force au Conseil de Paris, on aurait pu faire plus, et la preuve, ce n'est pas notre maintien qui a fait perdre la ville ou qui a fait gagner la droite. Donc, il n'y avait pas de raison de se faire.

11:16
Présentateur

Votre objectif, là, maintenant, c'est de partir à la conquête du Sénat ?

11:19
Manuel Bompard

Partir à la conquête du Sénat, M. Théard, vous connaissez bien les choses, je serais un peu... Il est ambitieux pour... Il est plus ambitieux que vous.

11:26
Présentateur

Non, mais attendez, vous n'avez aucun représentant au Sénat. C'est vrai. Là, vous aviez très peu d'élus locaux. C'est une des raisons pour lesquelles vous n'aviez personne. Et maintenant, vous avez... On va dire faire notre entrée au Sénat. Voilà. Partir à la conquête, c'est... Oui, on n'y est pas tout dit.

11:39
Manuel Bompard

C'est un objectif.

11:40
Invité

Vous m'avez compris. Mais je vois que vous avez des objectifs importants pour la France insoumise, M. Théard, et je vous en remercie. Mais il y a une autre carte que je voulais vous montrer. Quand même, vous parliez de Percé tout à l'heure. Ce sont les villes où vous l'emportez. Roubaix, Saint-Fonce, Vénitieux, Creil, Saint-Denis, Le Tampon à la Réunion. Vous le disiez, il n'y a jamais eu autant de villes insoumises. Voilà cette carte, évidemment. Pour vous, est-ce que ça valide votre stratégie et toute votre stratégie ? C'est-à-dire le bruit et la fureur de Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire la Nouvelle-France. Tout ça, c'est validé. Et vous ne reviendrez sur rien, jamais rien ?

12:12
Manuel Bompard

Ben, revenir sur rien, jamais rien. Comme tout le monde, je suis un être humain. Vous aussi, ça peut vous arriver de faire des erreurs. Moi aussi, pas vous dire, je ne reviendrai jamais sur rien. Mais là, en l'occurrence, au second tour de l'élection municipale, ce que j'observe, c'est que, M. Tréard le disait, on est parti, on n'avait quasi pas d'élus, pas de maires, et qu'on a progressé, que c'est plutôt une confirmation de cette stratégie. D'ailleurs, j'observe, ça devrait vous intéresser, que toutes les communes qui ont été gagnées par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.

Parce que souvent, on entendait dire que, finalement, les personnes qui sont dans les situations les plus difficiles ne votaient pas pour la France insoumise. Ben là, c'est exactement le résultat inverse.

12:52
Présentateur

D'aller chercher des abstentionnistes.

12:54
Manuel Bompard

Elle a porté aussi ses fruits, et moi j'en suis content, parce que je pense que pour gagner, y compris la prochaine élection présidentielle, pour nous, c'est clair, pour y parvenir, il faut faire en sorte que des gens qui se sont désintéressés de la politique, qui ont été dégoûtés, qui étaient oubliés, qui n'étaient pas représentés politiquement, le soient demain. Moi, je suis très fier de voir que parmi nos maires, il y a des enfants de nos quartiers populaires qui, jusque-là, n'avaient pas leur place dans les institutions, et qui rentrent dans ces conseils municipaux.

Et vous allez voir, vous allez avoir de belles révélations, comme Balibagoyouko en a déjà fait la démonstration à Saint-Denis.

13:24
Auditeur

Vous dites que la France Insoumise, c'est le pôle central, si j'ose dire, à gauche, rejoignez-nous, c'est ce que vous dites aux Français. Est-ce que vous dites aussi aux autres candidats de gauche, ne nous affaiblissez pas au premier tour, et, si j'ose dire, il faut quasiment un candidat unique de la gauche, dès le premier tour, pour le vote utile ?

13:38
Manuel Bompard

Écoutez, chacun fera ce qu'il veut, et vous imaginez bien que ce n'est pas parce que je vais dire ça que les autres décideraient de ne pas...

13:45
Auditeur

Non, mais il y en a certains, dont Jean-Luc Mélenchon, qui ont manqué le second tour à pas grand-chose.

13:48
Manuel Bompard

Vous avez raison, je pense qu'il faudrait qu'il y ait... En tout cas, nous, notre proposition, elle a toujours été d'avoir un candidat le plus commun possible à d'autres. Et donc, si d'autres veulent faire candidature commune avec nous dans cette élection présidentielle, on y est évidemment... Derrière vous ? Mais, enfin, je veux dire, aujourd'hui, nous, on aura notre candidature, on aura un programme. Si d'autres veulent la faire avec nous, on est évidemment prêts à la faire avec d'autres.

14:09
Invité

Quand aurez-vous votre candidature ?

14:12
Manuel Bompard

Attendez, je vais vous répondre, mais je vais vous dire franchement les choses. Je pense que, surtout, ce que j'ai comme message à passer aux autres à gauche, c'est arrêtez de nous taper dessus, arrêtez de passer votre temps à essayer de nous empêcher ou de nous bloquer, parce que notre dynamique, elle est là. Occupez-vous de votre travail, faites votre travail, arrêtez de mettre des murs, parce que vous voyez la conséquence.

Quand vous passez toute une campagne des élections municipales à faire haro sur la France insoumise, à publier, comme l'a fait le Parti Socialiste, un communiqué qui dit « la France insoumise est infréquentable », évidemment, vous passez pour des imbéciles au soir du premier tour quand vous avez besoin de la France insoumise pour essayer de dénier vos villes.

14:46
Invité

– À vous entendre, ça vous réussit ?

14:48
Manuel Bompard

– Pourquoi ? – Qu'on vous tape dessus ?

14:49
Invité

– Parce que vous dites que les résultats sont là. – Je pense qu'il y a une... – Non mais ça fait partie de la stratégie aussi, quand je disais tout à l'heure « vous ne regrettez rien, vous ne changerez rien ».

14:55
Manuel Bompard

– Non mais attendez, je distingue deux choses, je distingue ce qui est de l'ordre de la cabale médiatique, etc., et je distingue aussi ce qui est de l'ordre des attaques du Parti Socialiste, par exemple, contre la France insoumise, parce qu'après, vous n'étonnez pas que... Écoutez, des électrices et des électeurs, à qui vous avez dit pendant toute la campagne du premier tour, les insoumis, ils sont méchants, ils ne sont pas sympas, etc., quand au soir du premier tour, vous dites « finalement, on fait fusion avec eux », ne vous étonnez pas qu'il y ait certains électeurs qui s'attrapent un peu des boussouillés.

15:18
Présentateur

– Il n'y a pas que le Parti Socialiste qui a la dent dure avec vous, il y a M. Ruffin, un de vos anciens camarades, et qui, lui, veut participer à une primaire, d'ailleurs, qui devrait avoir lieu au mois d'octobre avec d'autres, et qui a les mots les plus durs aujourd'hui contre vous.

15:32
Manuel Bompard

– L'enthousiasme de Manuel Bompard à l'idée de cette primaire. – Non, mais ce n'est pas juste l'enthousiasme. Le problème, ce n'est pas tout à fait l'enthousiasme de Manuel Bompard, c'est que je crois qu'elle est plus que jamais compromise.

15:44
Auditeur

– Marine Tournelier, Clémentine Autain, François Ruffin… – Ce sont des traîtres ?

15:48
Manuel Bompard

– Non, mais pourquoi vous voulez ? Moi, vous voyez, je n'ai jamais eu de mots… – Non, mais eux sont prêts à participer à une telle… – Oui, mais je n'ai pas l'impression qu'au Parti Socialiste, cette idée, aujourd'hui, fasse l'unanimité, ça ne vous a pas échappé. Et donc, je disais tout à l'heure, un peu en plaisantant au début, à la toute première question, le congrès du Parti Socialiste a commencé. C'est sans doute ce à quoi on va assister, là, au lendemain de l'élection municipale. Et je pense que ces guerres intestines à l'intérieur du Parti Socialiste, elles dégoûtent tout le monde. Donc moi, je n'ai pas l'intention de m'en mêler. – Et concernant la présidentielle…

– Moi, je fais mon travail politique, j'essaye de convaincre des électrices et des électeurs, et je leur dis, vous allez voir, là, avec les maires insoumis, votez pour des maires insoumis, c'est voter pour la cuisine gratuite, pour des nouveaux droits pour les citoyens. Et vous allez voir, ça va changer concrètement vos vies. Je trouve ça plus intéressant que de commenter les dernières sorties de François Riffin, de M. Hollande, ou je ne sais pas qui.

16:32
Invité

– Et sur la présidentielle, vous l'avez mentionné à de nombreuses reprises durant le début de cette interview, quand ? Quand Jean-Luc Mélenchon décidera-t-il ?

16:41
Manuel Bompard

– Je ne sais pas de ça, mais je ne vous la dirai pas. – Vous avez une idée précise ?

16:45
Invité

– Précise. – Allez, dites-le-nous. – Le calendrier s'affine.

16:47
Manuel Bompard

– Par principe, vous imaginez bien qu'il faut maîtriser le rythme, il faut maîtriser le calendrier, si je vous dis là, voilà ce qu'il faut.

16:55
Invité

– Lors de la dernière présidentielle, ça avait été très tôt.

16:57
Manuel Bompard

– Ça avait été, pour être tout à fait honnête avec vous, je pense que ça avait été au mois de novembre, c'était 18 mois avant… – Donc ça serait avant la fin de l'année, alors ? – Ben non, on est déjà en retard, mais il n'y avait pas des élections municipales qui avaient lieu un an avant l'élection présidentielle. – Ça veut dire que c'est imminent ? – Non, pas forcément, ça veut dire que laissez petit à petit les choses se faire. – Mais qu'il faut accélérer aussi. – Laissez-nous un peu d'art de la réalisation, si on vous dit tout avant.

17:24
Présentateur

– Les Français auront le temps de partir en vacances ?

17:26
Manuel Bompard

– J'espère que les Français vont pouvoir partir en vacances et prendre de très belles vacances, monsieur le frère.

17:31
Invité

– Un mot encore, Manuel Bompard, puisqu'on a appris aujourd'hui la mort de Lionel Jospin, ancien Premier ministre. La gauche plurielle, la gauche unie, c'était lui. Est-ce que ça, une union totale à gauche, les gens de gauche qui nous regardent ce soir, peuvent-ils espérer, peuvent l'espérer d'ici un an ?

17:46
Manuel Bompard

– D'abord, j'ai réagi comme d'autres. Je pense qu'il y a eu de l'émotion avec le décès de Lionel Jospin. Moi, vous savez, je suis né en 1986 et je fais partie d'une génération pour qui, sans doute, même si je pouvais avoir des désaccords, mais Lionel Jospin, c'était un petit peu le dernier gouvernement vraiment de gauche au pouvoir dans ce pays. Je pense qu'il faisait des vraies conquêtes sociales. On se rappelle des 35 heures, tout ça.

Et ce qui me paraît important de souligner, c'est que ce qui avait permis l'union à gauche la dernière fois, c'était ce programme, même s'il était sans doute insatisfaisant sur certains aspects, que peut-être qu'il y a des gens qui n'étaient pas satisfaits de tout, moi le premier. Mais pour autant, ce qui avait permis le rassemblement de tout le monde, c'était un programme qui était un programme de conquête, de rupture.

Et aujourd'hui, pardon, je ne veux récupérer rien, mais je pense, en tout cas, nous, on essaye de s'inscrire dans cette lignée, c'est-à-dire d'une gauche qui transforme réellement la vie des gens, pas une gauche du renoncement, pas une gauche qui décourt derrière les macronistes, pas une gauche qui laisse passer ou qui se contente de « Ah, la facture est moins grave que celle qu'elle aurait été si on n'avait pas… » Voilà, une gauche qui redonne des perspectives de transformation de la société, qui permet aux gens de vivre mieux, qui s'attaque aux grands défis d'aujourd'hui, qui permet de rétablir la parole de la fonction internationale.

18:57
Invité

– Mais le bruit et la fureur de Jean-Luc Mélenchon, ce n'était pas sa tasse dotée.

19:00
Manuel Bompard

– Mais bon, en fait, là, vous caricaturez la position qu'est la position de Jean-Luc Mélenchon. Le bruit et la fureur, excusez-moi, on a fait campagne… Non, ce n'est pas tout à fait ces mots, c'était, je crois, les mots de Shakespeare. – Ah oui, la fureur de Jean-Luc Mélenchon avait repris à son compte. – Non, ça, on est d'accord. – Mais en l'occurrence, écoutez, dans cette campagne des élections municipales, nos candidats, nos candidates, ils ont fait partout campagne sur un programme qui transforme la vie des gens. Notre programme, c'est un programme qui transforme la vie des gens.

Et il ne faut pas se focaliser en permanence sur des aspects de forme, il faut aussi regarder qu'est-ce qui va permettre de transformer concrètement. Je pense que quand les gens votent, ils cherchent à voter pour des programmes qui apportent des réponses aux besoins, aux difficultés qu'ils rencontrent au quotidien. Je leur dis, regardez notre programme et regardez un peu moins les polémiques et les caricatures médiatiques. Et vous allez voir, c'est un programme qui, s'il devait arriver au pouvoir demain, vous permettra de vivre mieux dans ce pays.

19:50
Invité

– Et rendez-vous avant les grandes vacances pour la déclaration de candidat. – On verra, on verra.

19:53
Manuel Bompard

Ne me tirez pas les vers du nez, ça ne marchera pas.

19:55
Invité

– On ne saura pas plus ce soir.

19:56
Manuel Bompard

– Ça ne marchera pas.

19:56
Invité

– On aura essayé. – Merci Manuette Bonpart. – Je vous souhaite une belle soirée. – Merci à vous d'avoir été avec nous ce soir en direct dans cette édition spéciale sur BFM TV. – Merci à vous d'avoir été avec nous ce soir en direct dans cette édition spéciale sur BFM TV.