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InterviewC à vous (sur YouTube)· 6 mars 2023 8 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSolidarités & familleSécurité

Féminicides : les annonces d’Élisabeth Borne - Le 5/5 - C à Vous - 06/03/2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Qu'attendez-vous pour que des multirécidivistes ne soient pas en capacité de tuer ?

  • 4:26RelanceRéponse directe

    Sans contradictoire, c'est-à-dire ?

  • 5:43FerméeRéponse directe

    L'argent, combien vous allez mettre sur la table pour ces juridictions spécialisées ?

  • 6:19RelanceRéponse directe

    Ça veut dire que le gouvernement a changé d'avis ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Un dernier chiffre à vous soumettre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:20InvitéFait
    « On a encore du progrès à faire pour que les juges aux affaires familiales se rendent compte qu'il faut être beaucoup plus systématique dans l'attribution des ordonnances de protection. »
  • 1:25InvitéChiffre
    « il en faudrait 30 000 si on voulait être à peu près au même niveau que l'Espagne. »
  • 1:34InvitéChiffre
    « On était quand même avant 2019 à quasiment 7 mois de moyenne pour répondre. »
  • 1:59PrésentateurChiffre
    « 26 féminicides cette année. »
  • 3:18InvitéChiffre
    « 27 féminicides depuis le début de l'année, c'est insoutenable, c'est insupportable. »
  • 4:08InvitéChiffre
    « on a raccourci les délais, grosso modo c'est une semaine aujourd'hui »
  • 4:16InvitéChiffre
    « c'est de pouvoir avoir une ordonnance de protection immédiate en 24 heures »
  • 5:18InvitéPromesse
    « on va mettre en place des pôles spécialisés dans chacune des juridictions »
  • 6:56PrésentateurChiffre
    « 31% de femmes de 18 à 50 ans. »
  • 7:20InvitéPromesse
    « nous allons mettre en place un remboursement par la Sécurité sociale des protections périodiques réutilisables à partir de l'an prochain. »

Temps de parole

  • Invité44 %
  • Présentateur30 %
  • Invité 210 %
  • Élisabeth Borne8 %
  • Invité 34 %
  • Présentateur 24 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Mathieu, le week-end a été marqué par trois féministes. Oui, trois femmes retrouvées mortes, poignardées, trois femmes en l'espace de deux jours. A chaque fois, il s'est agi du compagnon ou ancien compagnon de la victime. A chaque fois, l'auteur des faits a tenté de mettre fin à ses jours ensuite et à chaque fois, ses femmes avaient déposé plainte. Jeudi soir, une femme a été poignardée en Seine-et-Marne. Vendredi, une deuxième poignardée également par son ancien compagnon dont elle était séparée depuis janvier en Gironde cette fois. Il était sans suivi depuis sa sortie de prison en 2017. Il avait purgé une peine pour tentative d'assassinat sur une autre femme.

Et puis enfin, une autre femme retrouvée morte vendredi également, poignardée par un ancien compagnon sur un parking de la ville d'Amiens. Lui avait interdiction d'entrer en contact avec elle, mais il a continué de la harceler.

0:42
Invité

La semaine dernière, j'ai trouvé lui lundi, cagoulé. Il a envoyé des messages à sa mère. Il a menacé Fatiha pour sa soeur et ses neveux. Il a dit « Je connais l'école de tes neveux, fais attention ». Il est sorti avec interdiction d'approche. Ils n'ont pas mis ni bracelet pour lui, ni un téléphone pour elle. Elle n'a pas eu rien. Rien. Pourquoi ?

1:02
Présentateur

Des femmes qui portent plainte et qui se trouvent en danger quand même. Pour Anne-Cécile Maïfer, présidente de la Fondation des femmes, il y a un vrai travail de prise de conscience à faire au niveau des magistrats.

1:12
Invité

On a encore du progrès à faire pour que les juges aux affaires familiales se rendent compte qu'il faut être beaucoup plus systématique dans l'attribution des ordonnances de protection. Même si les chiffres ont augmenté, je crois qu'on est à peu près à un peu plus de 4000 aujourd'hui, il en faudrait 30 000 si on voulait être à peu près au même niveau que l'Espagne. En fait, il faudrait que les femmes soient bien formées, que les juges l'obtrent de manière plus systématique et puis surtout de manière plus rapide encore. On était quand même avant 2019 à quasiment 7 mois de moyenne pour répondre. Donc vous vous imaginez que pendant 7 mois, on a le temps qu'il se passe beaucoup de choses.

Et il faudrait que ce soit en 48 heures en réalité. Il faudrait que ce soit vraiment très rapide. Les femmes, elles savent mieux que personne ce qu'elles sont en train de vivre. Et donc si elles se sentent en danger, il faut vraiment les croire. Il faut le prendre toujours au sérieux. Une femme qui se dit en danger, il faut la prendre au sérieux.

1:56
Présentateur

Ces trois féminicides viennent s'ajouter à une liste déjà trop longue. 26 féminicides cette année. En 2023, 26 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint déjà. Et comme à chaque fois le macabre des comptes, accompagné de marches blanches ou de manifestations, comme à Dozulé hier dans le Calvados, où près de 700 personnes ont rendu hommage à Laure. Jeune femme de 28 ans retrouvée morte, tuée à l'arme blanche, elle aussi, le 14 février dernier. Un hommage à Laure qu'ont filmé Anaïs Recouli, Corentin Préa, mais aussi une marche pour exprimer de la colère. Elisabeth Borne, écoutez, la maire de Dozulé vous adresse une question ce soir.

2:30
Élisabeth Borne

Madame la Première Ministre, qu'attendez-vous pour que des multirécidivistes ne soient pas aujourd'hui en capacité à pouvoir être des bourreaux et à continuer à tuer des victimes ? Donc quelles mesures allez-vous prendre pour qu'on en finisse avec l'absence de suivi de ceux qui sont déjà condamnés pour des violences conjugales ? Comment allez-vous démultiplier aujourd'hui les bracelets anti-rapprochement ? Et qu'attendez-vous pour que la France soit au rendez-vous de cette cause nationale ? Il faut une juridiction spécialisée, il faut des moyens, il est temps d'agir.

3:02
Présentateur

La maire de Dozulé évoque la récidive et le suivi des cas les plus violents, mais surtout, on vient de l'entendre réclamer la création d'une juridiction spécialisée avec plus de moyens.

3:12
Invité

Alors, on ne peut qu'être révolté quand on voit des drames comme ceux que vous avez cités, et vous l'avez dit, 27 féminicides depuis le début de l'année, c'est insoutenable, c'est insupportable. On a agi ces dernières années face à ce drame des féminicides, en formant tous les policiers et les gendarmes, en s'assurant que les plaintes sont prises. On voit qu'il y a malheureusement encore des failles dans les dispositifs auxquels on doit s'efforcer de répondre.

Sur la question particulière des juridictions spécialisées, vous savez que moi j'avais demandé, j'avais nommé deux parlementaires en mission pour nous faire des propositions sur la façon d'aller plus loin, et moi je retiens deux choses dans les propositions qu'elles nous ont faites. D'une part, sur les ordonnances de protection, Anne-Cécile Malfer l'évoquait, on a raccourci les délais, grosso modo c'est une semaine aujourd'hui, mais une proposition des parlementaires que je prends à mon compte, c'est de pouvoir avoir une ordonnance de protection immédiate en 24 heures, sans contradictoire... Une décision en 24 heures ?

Une décision en 24 heures si on pense qu'une femme est réellement en danger.

4:26
Présentateur

Sans contradictoire, c'est-à-dire ?

4:28
Invité

C'est-à-dire sans avoir, c'est la décision du juge, sans avoir besoin de prendre les quelques jours qui peuvent être de trop quand on a une femme qui est en danger grave, pouvoir prendre cette ordonnance de protection immédiatement.

Et la deuxième chose, et je pense que ça répond effectivement à ce que disait aussi Anne-Cécile Malfer, on va mettre en place des pôles spécialisés dans chaque tribunal pour pouvoir mieux traiter ces violences conjugales, pour pouvoir aussi répondre globalement aux difficultés que rencontrent les femmes victimes de violences, ça peut être à la fois des sujets qui relèvent du pénal, ça peut être aussi des sujets qui relèvent du droit civil, pour pouvoir quitter son époux ou son conjoint violent, et donc on va mettre en place des pôles spécialisés dans chacune des juridictions pour mieux répondre à ces situations dramatiques.

5:25
Présentateur

– On a aussi entendu Anne-Cécile Malfer de la Fondation des femmes évoquer les ordonnances de protection, on en prononce beaucoup moins que nos voisins espagnols, parfois bien trop tard, l'Espagne qui est devenue affaire de lance européenne en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, avec là aussi des outils police-justice spécialisés, de l'argent investi, et ça c'est ce qui revient très régulièrement du côté des associations. L'argent, combien vous allez mettre sur la table, sur ces juridictions spécialisées ?

5:47
Invité

– Il y aura les moyens, vous savez, on a un plan de renforcement du ministère de la Justice, et donc parmi les magistrats qui vont être recrutés, les moyens supplémentaires pourront être consacrés effectivement à ces pôles spécialisés. L'objectif, c'est vraiment d'avoir une réponse complète pour ces femmes victimes de violences.

6:08
Présentateur

– C'était une proposition LR1, qui avait sur la fameuse création d'une juridiction spécialisée aux violences intrafamiliales à l'époque. L'an dernier, Eric Dupond-Moretti dénonçait un texte dangereux car il désorganise les juridictions. Ça veut dire que le gouvernement a changé d'avis ?

6:21
Invité

– Non, ça veut dire que ça n'est pas la même proposition. Là, il s'agit de mettre en place des pôles spécialisés dans chacune des juridictions, parce qu'il s'agit d'une justice de proximité. On voit bien qu'on n'est pas sur le parquet national ou sur des pôles nationaux, il faut être en proximité dans chaque tribunal judiciaire pour pouvoir répondre en proximité aux difficultés de ces femmes.

6:45
Présentateur

– Un dernier chiffre à vous soumettre ? – Oui, ce soir, dans C'est à vous, les conclusions d'une étude Opinion Way réalisée par l'association Règles Élémentaires. On apprend que 4 millions de femmes sont confrontées à ce qu'on appelle la précarité menstruelle. 31% de femmes de 18 à 50 ans. Des chiffres en hausse, des femmes particulièrement jeunes, les mamans célibataires aussi, parfois obligées de choisir entre de l'alimentaire et des protections hygiéniques. On ne se soucie pas de ce sujet ?

7:07
Invité

– Alors, je m'en soucie et je trouve que c'est impensable que des femmes ne puissent pas avoir les protections dont elles ont besoin et qu'elles souhaitent. Donc moi, je vous annonce que nous allons mettre en place un remboursement par la Sécurité sociale des protections périodiques réutilisables à partir de l'an prochain. – Réutilisables. – Réutilisables.

Féminicides : les annonces d’Élisabeth Borne - Le 5/5 - C à Vous - 06/03/2023 — Élisabeth Borne · Pourquijevote