François-Xavier Bellamy : Pourquoi la liberté a-t-elle tant d'ennemis ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:33OuverteRéponse directe
Pourquoi la liberté a-t-elle tant d'ennemis en France selon vous ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Ne peut-on pas chercher quelques responsables de cette perte de goût pour la liberté ?
- 7:35OuverteRéponse directe
Comment concilier excès libertaire et excès conservateur sur la liberté ?
- 12:17OuverteRéponse directe
Comment réconcilier libéraux et conservateurs sur la liberté ?
- 15:12OuverteRéponse directe
La liberté n'est-elle pas difficile à vivre, expliquant ses ennemis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:20François-Xavier BellamyFait
« Dans les 13 jeunes profs de philo avec qui j'ai fait ma formation à l'IUFM, il y en avait 12 qui militaient dans des partis de gauche ou d'extrême gauche »
- 8:55François-Xavier BellamyFait
« il n'y a pas de liberté sans ordre et qu'il n'y a pas d'ordre véritable sans liberté »
- 10:56François-Xavier BellamyFait
« Si vous voulez faire la planification économique, vous aurez le totalitarisme aussi »
- 14:14François-Xavier BellamyFait
« Quand j'entends des politiques aujourd'hui qui continuent de confondre le risque et le danger »
- 15:55François-Xavier BellamyFait
« La liberté n'est pas immédiatement désirable »
- 16:34François-Xavier BellamyFait
« Être libre, c'est un privilège extraordinairement encombrant »
Temps de parole
- ?99 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à tous. Donc je m'appelle Bertrand Picard. Je suis comme beaucoup d'entre vous ici entrepreneur et comme beaucoup d'entre vous désespérés de de et exaspérés aussi de voir le le déclin de notre pays. Et pendant longtemps, comme la plupart des entrepreneurs, euh j'ai travaillé en attendant que d'autres euh s'impliquent en politique, que d'autres s'impliquent dans le combat des idées. Mais aujourd'hui, en fait, ce ce temps, on ne l'a plus, c'est un luxe que nous n'avons plus. Euh et le le combat qu'il faut mener aujourd'hui, ça a été dit tout à l'heure par Éric, c'est le combat de la de la liberté.
Et en plus, on est un moment extraordinaire à l'aube d'une révolution industrielle où la France a tout pour réussir. Donc on a une fenêtre qu'il faut saisir maintenant. C'est pour ça que avec Latitia Rosbonard, on a créé civilisation. Civilisation, c'est une une revue que vous retrouverez en kiosque qui sera qui sortira en septembre. Mais dès maintenant, vous pouvez vous abonner et euh et cette revue, elle va elle regroupe tous ceux qui veulent redresser le pays, t tous les genres de bonnes volontés qui qui veulent redresser le pays. Et elle a besoin de de votre soutien à travers des abonnements parce que on a ni subvention ni publicité.
Euh le le le thème de cette revue, on on le dévoile d'une certaine manière avec la discussion que que je vais maintenant laisser entre Latitia qui est notre directrice de la rédaction et puis François Xavier. qui est philosophe également, l'homme politique que vous connaissez mais également philosophe et qui est au comité de rédaction. Donc je vous laisse en parler.
[applaudissements]
Merci beaucoup Bertrand. Bonsoir. Alors comme tu viens de l'annoncer, nous avons la chance d'accueillir aujourd'hui l'un des membres du comité éditorial de civilisation pour une conversation exclusive. François Xavier Béami. François Xavier Bellami, merci d'être avec nous aujourd'hui. Vous êtes l'un des intellectuels les plus brillants de notre génération, de votre génération, philosophe, engagé en politique. Vous êtes député européen. Vous êtes l'auteur entre autres des déshérités ou l'urgence de transmettre et de demeure pour échapper à l'air du mouvement perpétuel.
Alors, vous êtes connu pour votre inlassable défense de la transmission et de l'enracinement, mais aussi de la liberté que vous considérez comme l'un des principe fondamentaux de la démocratie. Je voudrais commencer notre discussion par un constat pour le moins étrange dans les pays occidentaux et donc aussi en France, la liberté a semble-t-il beaucoup d'ennemis. Il existe chez nous beaucoup de gens et de parties à droite comme à gauche qui défendent le pouvoir immense et tutellaire d'un état très étendu, archidépensier, surrégulateur. Ces gens refusent donc aux individus et à la société civile la jouissance de leur liberté.
Le comble est que cet état dans le même temps, échoue largement à remplir ses missions régaliennes. Les partis et courants dont je vous parle ne sont pas minoritaire. Ils sont puissants et reçoivent un soutien important de la population dans l'opinion et dans les urnes. Or, et c'est là le paradoxe, la liberté est censée faire partie des valeurs fondamentales de tous les pays occidentaux. Que la liberté des ennemis dans les pays dont les régimes sont autoritaires, soit mais qu'elle en est autant chez nous, a de quoi étonner, choquer même. Alors, je vous pose la question. Pourquoi selon vous la liberté a-t-elle autant d'ennemis chez nous ?
Merci beaucoup d'abord pour votre invitation et merci pour ces mots beaucoup trop bienveillants. La vérité, c'est que je sens un grand sentiment d'illégitimité parce que Latitia serait beaucoup plus qualifié que moi pour répondre aux questions qu'elle va me poser maintenant. Mais c'est une joie de pouvoir échanger et une joie de pouvoir aussi marquer à cette occasion la naissance de civilisation qui est un projet magnifique et peut-être la réponse ou une réponse à la question que nous sommes en train de nous poser. Pourquoi en France en particulier la liberté a-t-elle autant d'adversaires et peut-être même parfois aussi peu de porte-voie ?
Et bien sans doute parce que je le crois profondément, il n'y a pas de liberté sans culture qui permett d'en comprendre la signification profonde. Peut-être pour aller même plus loin encore que la question que vous posiez, peut-être est-ceitaires que les populations ont le plus le goût, le sens de la valeur de la liberté précisément parce qu'elle leur est retirée ? Dans des pays qui en jouissent, on perd le goût de la liberté parce qu'on la prend pour une forme d'évidence. Et je crois qu'en particulier, nous qui défendons la liberté, nous devons regarder en face malheureusement le résultat d'une forme d'erreur collective.
Nous avons déserté le monde de la culture, le monde de la transmission, le monde de l'éducation. Je vois ici des grands combattants de la liberté, des capitaines d'entreprise exceptionnels. Je vois Pierre, Arnaud, Benjamin, Sophie et et de fait, il a fallu des combattants de la liberté pour faire vivre dans le monde économique cette flamme de la liberté envers et contre tout ce qui pouvait la décourager. Mais n'oublions jamais que une société perd le sens de la liberté quand ce sens ne se transmet. Et je vous partage une petite expérience personnelle. Quand j'étais lycéen puis ensuite étudiant, j'ai eu un coup de foudre avec la philo.
Quand j'ai dit que je voulais devenir prof de philo, ceux qui ont tenté de m'en dissuader, c'était tous ceux qui autour de moi se sont demandés d'un seul coup si j'étais pas devenu de gauche. Enfin, voyez, je caricature un peu, mais c'est quand même la vérité. Dans les 13 jeunes profs de philo avec qui j'ai fait ma formation à l'IUFM, il y en avait 12 qui militaient dans des partis de gauche ou d'extrême gauche. Le plus à droite était au Parti socialiste ou vota socialiste. Et il y avait moi, j'étais un peu une exception. Et je dis pas ça pour les blâmer. La gauche a investi les lieux de la transmission.
Elle a été enseignée, elle a fait des films, elle a publié des romans, elle a investi dans l'édition, elle a été dans les médias. Je parlais encore à une étudiante en journalisme tout à l'heure qui me disait que dans sa propre fac, elle se sentait elle qui se sentait ce goût de la liberté extrêmement isolé désormais. Et donc le vrai combat pour la liberté, évidemment c'est un combat économique, évidemment c'est un combat politique, mais le vrai combat pour la liberté c'est d'abord le combat culturel et il commence dans les salles de classe. Et je dis pas ça parce qu'il faudrait que demain on confise que l'école au profit d'une idéologie.
Je dis ça au contraire pour que l'école redevienne le lieu qui forme à la liberté nos élèves, nos étudiants pour que le monde académique, le monde universitaire redevienne un lieu de liberté pour les générations qui viennent. Et c'est pour ça que je voudrais rendre un immense hommage à Bertrand parce qu'en lançant civilisation, il lance aussi une partie de ce travail fondamental pour que nous réinvestissions de manière déterminée les lieux de la transmission qui sont ceux où se décidera l'avenir de nos démocraties.
[applaudissements]
Alors, je vois vous vous faites très attention à ne blâmer personne en particulier et c'est vraiment tout à votre honneur. Mais tout de même, ne peut-on pas chercher quelques responsables ? Euh, personnellement, je m'intéresse toujours sur deux excès contraires finalement dans l'attitude qu'on peut avoir vis-à-vis de la liberté. Le premier excès, c'est l'excès libertaire. C'est de penser que la liberté revient et bien simplement à s'émanciper de tout. n'avoir aucun compte à rendre, n'être qu'une une monade finalement et n'être plus que qu'un ensemble de droits sans aucun devoir.
Donc ça c'est un excès il me semble qui est présent chez certains, chez certains libéraux même parfois et qui ne sert pas la cause de la liberté. Et puis il y a un excès euh inverse, il me semble, qui est plutôt euh cette fois-ci chez des chez les conservateurs euh qui sont très hostiles vis-à-vis de la liberté individuelle parce qu'ils considèrent que la société passe avant l'individu. Euh ce qui est une notion euh qui est quand même pour le moins euh critiquable, il me semble. Tout l'enjeu de la vraie liberté, c'est de trouver le bon équilibre entre l'individu et la société. Alors, que pensez-vous de de cette proposition ?
Il me semble que pour le dire de manière très brève, il faudrait beaucoup de temps pour approfondir une question si importante, mais il me semble que ces deux excès se se nourrissent l'un l'autre. D'un côté, vous avez raison de le dire, il y a une version libertaire de la liberté qui a consisté à dire que c'était dans la déconstruction que se trouvait l'émancipation de l'individu et que cette déconstruction devait s'accompagner nécessairement d'une forme de chaos volontairement organisé. Et puis de l'autre côté, il y a cette défiance à l'égard de la liberté qui est née dans un une tradition conservatrice.
On n' pas de véritable tradition conservatrice assumée en France, mais on voit bien qu'il y a, je le vois par exemple dans des partis aujourd'hui à droite, y compris parfois dans celui où je suis engagé aujourd'hui, toujours cette inquiétude de la liberté, l'idée de se dire il faut bien que l'État mette de l'ordre parce que sinon ça va être ça va être le le le chaos généralisé. Moi, je crois l'inverse et je pense, je fais un postulat qui mériterait d'être étayé avec un peu plus de temps pour ça, mais je pense qu'en fait il n'y a pas de liberté sans ordre et qu'il n'y a pas d'ordre véritable sans liberté.
Et ce paris-là, on peut le faire avec la tradition conservatrice qui est illustrée par exemple par un AEK. Aïec dans droit, législation, liberté dit qu'en fait derrière le mot d'ordre, il y a plusieurs réalités qui sont extrêmement différentes. En fait, il y a ce que les Grecs appelaient taxis qui est l'ordre établi par une autorité centralisée, un ordre qui s'impose d'en haut et qui est le produit d'une décision lucidement pensée. L'ordre de taxis, par exemple, c'est l'ordre d'une armée qui marche au pas. Le 14 juillet, vous regarderez l'armée défilée et l'armée, il aura fallu qu'elle s'entraîne, qu'elle s'exerce pour que le pas de chacun soit exactement au même rythme.
Et pour ça, il faut que la musique vienne soutenir le rythme et que chacun sache exactement à quel moment il doit poser son pied. Ça, c'est l'ordre établi. Mais la vérité, c'est que la plupart des choses que nous voyons être en ordre dans une société sont en ordre sans que personne ne les ait organisé. Imaginons que vous allez pendant les vacances qui arrivent marcher avec des amis, vous commencez pas votre marche en vous disant attention une 2, on y va et vous vous dites pas on va faire attention de bien fixer le rythme pour qu'on soit sûr d'arriver en même temps.
La chose magnifique qui se produit quand vous marchez avec des amis, c'est que naturellement vous allez marcher du même pas, que les interactions humaines finissent par produire cet équilibre que vous évoquez à l'instant. Il n'y a pas d'ordre sans liberté. Aujourd'hui, nous sommes dans le centre de Paris et quoi que Paris ne soit pas spécialement une ville qui incarne le libéralisme, malgré tout, il nous reste quelques éléments de la libre économie et donc vous pouvez avoir la certitude quand vous sortez de cette salle qu'à moins de 10 minutes de marche à pied, il y a une boulangerie ouverte.
C'est pas parce que la mairie de Paris dans sa grande bénévolence a décidé d'organiser un plan des boulangeries de Paris en décidant de leurs heures d'ouverture. C'est parce que s'il y avait pas de boulangerie ouverte à moins de 10 minutes d'ici, quelqu'un en ouvrirait une parce que quelqu'un y aurait un intérêt. Et donc le libéralisme nous dit en fait, le libéralisme classique, que si vous laissez la liberté faire son œuvre, alors vous aurez le maximum de l'ordre, le maximum de l'organisation et d'une organisation tellement sophistiquée que aucun être humain dans une centralisation planificatrice n'aurait pu la réussir.
C'est ce que Ayek dit magnifiquement dans la route de la servitude et je crois qu'il faut relire aujourd'hui et relire tous les jours la route de la servitude. C'est le meilleur antidote à ce qu'il y a de dangereux dans l'esprit français aujourd'hui. Dans la route de la servitude, AEc dit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, "Si vous voulez faire la planification économique, vous aurez le totalitarisme aussi. Vous pouvez pas faire l'un sans l'autre." Et au fond, la route de la servitude, elle commence toujours quand on renonce à l'idée que la meilleure manière de parvenir à l'ordre, c'est toujours la liberté.
Et je dis ça pour lutter contre les tentations qui nous guettent, pas seulement celles de la gauche ou celle que la gauche a voulu nous imposer, mais celle qu'on trouve aujourd'hui à droite. Et je le dis bien humblement et bien simplement, je vois Arnaud ici qui mène un le même travail que moi aujourd'hui sur le le projet sur lequel nous travaillons ensemble, Martin qui est là également.
Je je crois qu'aujourd'hui nous avons le devoir de rappeler à temps et à cont-temps que la meilleure manière de parvenir à l'ordre à la meilleure organisation, au meilleur équilibre, à la plus grande sécurité, à la plus grande prévisibilité pour l'avenir de nos sociétés, le sommet de l'harmonie, c'est ce que AYek appelle cosmos par opposition à taxis, c'est l'ordre spontané et pas l'ordre établi.
[applaudissements]
Vous parlez d'or. Euh mais alors comment concrètement réconcilier aujourd'hui les libéraux et les conservateurs ? Parce que ils ont ils ont des points communs mais sur ce sujet notamment la liberté, ils continuent d'y diverger. Alors comment faire ? Et puis si je peux me permettre de vous poser cette question, est-ce que vous vous avez changé d'avis sur le sujet de la liberté ? Est-ce que j'ai changé d'avis sur le sujet de la liberté ? En fait, la liberté c'est c'est ça n'est pas d'abord un concept et je pense que c'est le plus important. La liberté, c'est d'abord une expérience.
Et en ce sens, la liberté n'est pas quelque chose qu'on pourrait avoir pensé une bonne fois pour toute et dont on aurait une définition bien rangée dans un manuel. C'est quelque chose qu'on vit tous les jours. La liberté, c'est l'expérience d'une aventure, c'est le fait de de de vivre la réalité d'un choix. Et de ce point de vue-là, j'ai le sentiment d'avoir, y compris très récemment appris encore beaucoup sur la liberté. beaucoup de choses que après euh très modestement les années d'étude de philosophie que nous avons tous les deux vécues que que je je n'avais pas compris euh et et et par exemple encore une fois dans la relation de la liberté avec l'expérience du choix et avec le risque.
Je crois que cette relation entre la liberté et le risque là encore c'est quelque chose que nous avons le devoir pas seulement d'expliquer de nouveau à la société mais le devoir de vivre à nouveau dans notre société aujourd'hui. Le drame de l'économie, on le sait très bien, c'est François Aselin qui le dit d'une manière magnifique. Il était patron de la CPME et il disait toujours et j'ai beaucoup d'admiration pour le combat qu'il a mené, le grand drame de l'économie en France, c'est que ce sont tous les jours des risques tout qui sont contrôlés, paralysés, inhibés, empêchés par des risques rien et et je pense que c'est la vérité de la situation que nous vivons.
Mais c'est une [applaudissements] mais c'est une vérité parce que reconnaissonsle humblement et encore une fois ce serait tellement facile de dire tout ça c'est de la faute de la gauche, tout ça c'est de la faute de l'administration, tout ça c'est de la faute des fonctionnaires. La vérité c'est que notre société est totalement traversée aujourd'hui par cette aversion au risque que nous connaissons. Voyez quand j'entends je vais pas faire de politique ici, c'est pas mon sujet. Vous aurez tout à l'heure un panel politique et ce sera l'occasion de le faire. Mais mais je me suis battu pendant des années au Parlement européen pour défendre le nucléaire.
Quand j'entends des politiques aujourd'hui qui continuent de confondre le risque et le danger, un risque ça ça se gère, ça s'assume, ça s'affronte. Bien sûr que le nucléaire est risqué, c'est pas pour autant que c'est dangereux, c'est pas du tout la même chose. Et des gens qui continuent de prendre tout risque pour un danger. Je me dis qu'effectivement, on a toujours un immense travail à faire et quand en plus ces politiques prétendent représenter quelque chose comme le camp de la liberté. Je me dis qu'on a un immense travail, un immense combat culturel encore une fois à mener pour nous apprendre chacun d'entre nous dans nos vies à redécouvrir le goût de la liberté, la saveur de la liberté.
C'est encore une fois, c'est pas seulement un concept, c'est quelque chose qui mérite d'être pleinement vécu et dans cette expérience de vie qui ne peut que continuer d'être toujours redécouvert. Alors, à vous attendre,
[applaudissements]
à vous entendre, la liberté semble difficile au fond. Est-ce que ce n'est pas la vraie raison qui explique pourquoi et bien elle attend d'ennemis ? Mais oui, mais je pense ça c'est le sujet fondamental en réalité. C'est-à-dire que l'erreur peut-être de certains penseurs ou de certains politiques libéraux ou qui se décrivent comme tel dans le débat politique, c'est de croire parfois que la liberté est immédiatement désirable. Mais moi, je pense ça n'est pas le cas.
Et si on a besoin de ce combat culturel, c'est justement pour faire en sorte que chaque personne dans la société dans laquelle nous vivons puisse vraiment redécouvrir à quel point la liberté est la condition d'une vie pleinement vécue. Mais ça n'a rien d'immédiat. La liberté n'est pas immédiatement désirable. À l'origine, spontanément, la première réaction que nous éprouvons quand nous sentons que nous sommes libres, c'est celle d'éprouver la peur que suscite la liberté. C'est terriblement angoissant d'être libre. Regardez, j'ai été prof de terminale comme les professeurs de philosophie ont le privilège de l'être.
Donc j'ai vu des générations d'élèves puis d'étudiants passer devant le sujet délicat de leur orientation. Le moment où vous devez cliquer pour dire que c'est ce choix d'étude que vous allez faire. Ce moment-là, il est terrifiant. Et dans ces moments-là, vous préféreriez 1000 fois ne pas être libre et que quelqu'un décide à votre place pour vous, que votre vie soit écrite d'avance, vous préféreriez avoir une boule de cristal et pouvoir lire à l'avance. Être libre, c'est un privilège extraordinairement encombrant. La contrepartie de la liberté, c'est ce que Kirkegarde décrivait sous dans le le concept de l'angoisse. L'angoisse, c'est le vertige de la liberté, dit Kirkegarde.
Et c'est il faut l'affronter, il faut l'assumer. Être libre, c'est angoissant. Ça veut pas dire que ça doiv être le dernier mot. Il faut passer par-dessus cette angoisse. Mais si la liberté est toujours combattue, et c'était la question que nous partageions aujourd'hui, si la liberté est est toujours et sera toujours combattue, c'est d'abord parce que en nous-même, il y a toujours la tentation de se défaire de sa propre liberté. C'est Emmanuel Kent dans qu'est-ce que les lumières commence ? C'est la première phrase de qu'est-ce que les lumières ?
La paresse et la lâcheté sont les grandes causes qui fait que tant d'hommes après avoir été depuis si longtemps affranchis de la tutelle de la nature restent pourtant mineur toute leur vie. Il est si facile d'être mineur. J'ai un médecin qui me dit ce que je dois manger. J'ai un état qui me dit ce que je dois faire. J'ai un directeur qui me dit ce que je dois penser. Pourquoi devrais-je prendre la peine de penser pourvu que je puisse payer ? Extraordinaire. La paresse, c'est la lâcheté. Et c'est ces tentations là, elles sont encore une fois en chaque homme, elles sont en chacun d'entre nous.
Et si nous voulons rendre la liberté désirable, alors il faut mener ce combat pour montrer que aller au-delà de l'angoisse, aller au-delà de cette expérience du vertige de la liberté, c'est la condition pour vivre une vie pleinement vécue. La liberté n'est pas immédiatement désirable. Ça veut pas dire qu'elle n'est pas bonne. Elle est bonne, mais il faut pour qu'on la défende pour ce qu'elle est qu'on accepte d'assumer ce qu'elle signifie aussi. Si la liberté a de la valeur, c'est parce qu'elle a du prix. Si la liberté est un bien, il faut assumer que ce bien coûte et qu'on n'est pas libre si on n'accepte pas l'effort qu'implique la liberté.
Et bien voilà, une magnifique conclusion à cette discussion. Merci beaucoup François Xavier Bam d'être venu [applaudissements] discuter avec civilisation de la liberté. Merci à vous. Merci encore.
[applaudissements]