Nathalie Arthaud - « Je milite pour renverser ce système » - INTERVIEW POLITIQUE
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeÉludée
C'est quoi le cryomédia ?
- 0:49OuverteRéponse directe
Quel est le rôle de la femme politique selon vous ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Vous militez pour changer le système par l'extérieur plutôt que par l'entrisme ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quel est votre idéal ou valeur pour une nouvelle société ?
- 9:11OuverteRéponse directe
La gauche marxiste a-t-elle une place aujourd'hui face aux droits des minorités ?
- 11:12OuverteRéponse directe
Les autres divisions sociales sont-elles moins importantes pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 16:22Invité politiqueChiffre
« Il y a eu 700 000 salariés qui ont vu leur contrat s'arrêter du jour au lendemain en mars-avril. »
- 16:49Invité politiqueChiffre
« On sait qu'il y a un million de plus de pauvres supplémentaires. »
- 16:52Invité politiqueChiffre
« On sait qu'il y a un million de gens qui ont perdu leur travail. »
- 17:12Invité politiqueFait
« Les ouvriers, ça n'existe plus. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud77 %
- Locuteur non identifié22 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Moi je crois qu'effectivement, ces médias, ils sont dans les mains de ceux qui tiennent la société, de ceux qui détiennent le pouvoir, des grandes familles capitalistes, bourgeoises, et de toute façon, ces médias relaient leur idéologie.
Attends, pause. C'est quoi le cryomédia ? On est une équipe qui vous propose du contenu vidéo respectant trois piliers. Le débat, l'ouverture d'esprit et la pluralité des opinions. Notre but, faire réfléchir et permettre la libre circulation des idées. Bonne vidéo.
Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir. Bonjour à tous, nous revoilà pour un nouvel épisode de cette série consacrée au rôle de l'homme ou de la femme politique, avec madame Nathalie Arthaud. Nathalie Arthaud, bonjour. Bonjour. Merci de nous recevoir aujourd'hui. Vous êtes enseignante d'économie-gestion en lycée. Vous êtes porte-parole du parti Loutes Ouvrières depuis 2008, et vous avez accompagné déjà auparavant Arlette Laguillet dans son engagement politique. Vous avez également été conseillère municipale dans la région lyonnaise. Quel est, selon vous, le rôle de la femme politique ou du représentant politique ?
Alors, d'abord, je ne peux pas répondre de façon générale à cette question. C'est un problème d'engagement. Moi, je suis communiste révolutionnaire. Je suis communiste révolutionnaire et je pense qu'il ne s'agit pas de chercher à prendre la tête de ce système. Moi, je milite pour le renverser. Je milite pour le supprimer. Et je pense qu'il faut absolument viser à ça, parce que le système capitaliste dans lequel nous sommes aujourd'hui, il est injuste, il est inégalitaire. C'est une maison de fou, parce qu'il y a à la fois des richesses énormes à un pôle, à l'autre, le chômage, la misère, les guerres commerciales, les ravages sur la planète qui sont perpétrés au nom du profit. Enfin, voilà.
Donc, c'est un système qu'il faut changer, qu'il faut renverser. Et je pense que ça se fera de façon révolutionnaire. J'en suis convaincue. Donc, moi, mon rôle, je ne le vois pas comme une femme politique qui doit prendre des responsabilités dans le cadre de ce système. Mon rôle, je le vois comme une militante, une militante révolutionnaire qui va pousser à faire naître, à généraliser cette conscience.
Donc, contrairement à d'autres courants marxistes, notamment qui étaient représentés par le Parti Ouvrier International, qui pratiquaient l'entrisme dans d'autres partis, c'est-à-dire le fait d'intégrer des partis et d'essayer d'échanger le système par l'intérieur, vous, vous considérez qu'il faut le changer plutôt par l'extérieur ?
Je pense qu'on peut aussi parler du Parti communiste français qui se prétend toujours marxiste aujourd'hui, y compris communiste aujourd'hui, et qui a été un parti, et qui est toujours d'ailleurs, qui aspire en tout cas, à redevenir un parti de gouvernement. Aujourd'hui, c'est la politique du Parti communiste, celle de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon, c'est de remplacer Macron en fin de compte. Moi, je le dis, ce n'est absolument pas ma perspective, parce que je pense que ceux qui sont à la tête du gouvernement, ils ne détiennent pas le pouvoir, en fait. Ils ne détiennent pas le véritable pouvoir.
Le pouvoir, c'est celui du capital, du grand capital, ceux qui, aujourd'hui, dominent l'économie. Ce sont les grands groupes, les multinationales, qui imposent, finalement, leurs lois, leurs lois en décidant, en décidant de ce qu'ils vont produire ou pas produire, là où ils vont investir ou pas, et en décidant de, y compris, fabriquer le chômage de masse, au nom de leurs profits, au nom de leurs dividendes, de leurs cours boursiers. Donc, c'est ça, le véritable pouvoir. Et c'est un pouvoir auquel se heurtent, finalement, tous ceux qui gouvernent. Alors, certains, de toute façon, je pense à Macron, par exemple, je pense aussi à Le Pen, ça ne leur pose aucun problème.
Ils le justifient, ils estiment que c'est, de toute façon, la seule façon de fonctionner. Bon, Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise ou le Parti communiste ont, quand même, les velléités de faire en sorte que les classes populaires, que le monde du travail soient mieux reconnues. Ils ont cette ambition-là, mais je le dis, y compris s'ils arrivaient à nouveau à la tête du gouvernement. En fait, ils céderaient, ils céderaient une fois de plus aux forces de ce grand capital. Et ils décevraient et ils trahiraient, finalement, les intérêts des travailleurs, comme Hollande, comme Jospin, comme Mitterrand.
On s'entend, c'est peut-être loin pour vous, mais ça a été une grande expérience pour le mouvement ouvrier, qui a d'ailleurs, je crois, beaucoup, qui est responsable aujourd'hui d'une grande partie de la désorientation que l'on perçoit dans le monde ouvrier.
Donc, selon vous, le rôle, au final, de l'engagement politique, c'est d'aller plus loin que la création du VIe République, c'est d'aller plus loin que de critiquer peut-être la faillite de l'État et du système, c'est de faire table rase, comme on dit dans la chanson.
C'est, disons que c'est une formule, faire table rase. Mais oui, c'est exactement ça. C'est-à-dire que moi, je pense qu'il faut changer de fond en comble le fonctionnement de l'économie et de la société. Il faut aller vers une organisation collective de la production. Il faut supprimer la propriété privée des moyens de production. Il ne faut pas accepter que ce soit la loi du profit, de la rentabilité qui guide l'économie. Il faut que l'économie, que les moyens de production soient mis au service de nos besoins, dont besoin véritable, produire ni trop, ni trop peu, répondre aux besoins vitaux de la société. Donc oui, une organisation communiste, collective, des moyens de production.
Et je pense que c'est pour moi une évidence. Il faut que ce soit ceux qui font tourner cette économie, cette société. Le monde du travail, de l'ouvrier jusqu'aux plus qualifiés, jusqu'aux pilotes d'avion, tous ceux qui travaillent, doivent aussi et doivent surtout prendre les décisions. Prendre les décisions, contribuer à contrôler ce qui est produit, comment c'est produit, comment on s'organise pour répondre à la fois aux besoins de tous et pour aussi que le travail ne soit plus un travail exploité, un travail aliéné, comme aujourd'hui on le vit dans la grande majorité des cas.
Quel est alors votre idéal ? Quelle est votre valeur ? Sur quelle valeur souhaiteriez-vous bâtir la nouvelle société ? Au-delà de l'abolition de la propriété privée des moyens de production, quel serait l'idéal ou les valeurs sur lesquelles vous bâtiriez la nouvelle société ?
C'est ça, une société sans exploitation. Une société, il n'y aurait pas l'oppression de l'homme par l'homme. Une société qui ne serait pas guidée, encore une fois, par l'argent, par l'appât du gain, mais une société qui s'organiserait pour répondre aux besoins de tous. Et quand je parle des besoins de tous, je résonne à l'échelle de la planète parce que ma révolte, mon ambition, c'est de changer encore une fois toute la société pour l'humanité tout entière. Et de ce point de vue-là, moi je suis profondément internationaliste. C'est-à-dire que, voilà, internationaliste de cœur, parce que pour moi le sort d'un être humain, où que ce soit sur la planète, me concerne, me touche.
Et puis internationaliste de raison, parce que je pense qu'aujourd'hui, le système productif, de toute façon, il est international. Et on a besoin de toute cette chaîne de production qui, souvent, met en marche, en fonctionnement, plusieurs continents, plusieurs pays, des usines aux quatre coins de la planète. Et on a besoin de ces échanges-là pour fonctionner. Donc, il faut réorganiser l'économie, y compris à l'échelle de la planète. Moi, je pense qu'il faudrait bien sûr planifier quels sont les besoins essentiels auxquels on veut répondre et que ce soit exprimé de façon démocratique. Et en face de ces besoins essentiels, eh bien, on planifie les moyens. Combien nous faut-il ?
Quels investissements faut-il dans tel ou tel secteur, dans tel ou tel domaine ? Où est-ce qu'il faut mettre la force de travail ? Ça devrait être des choix collectifs, des choix collectifs, réfléchis. Et je crois que sans cela, sans prendre le contrôle véritablement des moyens de production, je pense qu'on ne résoudra aucun des problèmes auxquels on est confronté.
La gauche marxiste, la gauche anticapitaliste, a encore aujourd'hui une place au sein d'une gauche qui semble plutôt préoccupée d'un autre type d'oppresseur, que certains appellent d'ailleurs HSBC pour hommes, straights, donc hétérosexuels, blancs, cisgenres. Est-ce qu'une gauche qui est plutôt orientée vers des droits de minorité ethnique, de minorité sexuelle, c'est quelque chose qui vous parle ? Est-ce que le logiciel de pensée que vous défendez, le logiciel marxiste, est-il pertinent pour interpréter aujourd'hui les mouvements sociaux, pour interpréter, je dirais, les revendications de minorités qui sont autres ? Que pensez-vous de l'état de cette gauche aujourd'hui ?
Alors d'abord, c'est vrai que nous, nous ne nous revendiquons pas de la gauche, et sûrement pas de la gauche gouvernementale, encore une fois, pour les raisons que j'ai expliquées. Pour nous, la société capitaliste est à renverser. Le pouvoir économique et politique de la bourgeoisie est à renverser. Donc ça fait, voilà, nous ne sommes pas dans une continuité, comment dire, l'aile extrême de la gauche gouvernementale. On a un autre projet, d'autres perspectives, qu'on défend auprès du monde du travail. Et ce n'est pas seulement, comment dire, une... On n'a pas sorti cette perspective-là de notre petite tête. C'est aussi, c'est une réalité sociale.
C'est qu'aujourd'hui, la société, elle est divisée en classes sociales. Elle est divisée en classes sociales. Et pour nous, la première division de la société, elle est sociale. Elle est sociale. Il y a d'un côté ceux qui doivent travailler pour vivre, pour gagner leur vie, qui doivent aller vendre leurs forces de travail, qui n'ont pas de capitaux.
Est-ce que les autres divisions...
Qui sont dépendants et les autres.
Vous pensez que les autres divisions, vous pensez qu'elles existent ? Ou vous pensez qu'elles sont inférieures, moins intéressantes ou moins importantes ?
Elles existent. Elles existent. Elles sont y compris amplifiées par un grand nombre de discriminations. Parce qu'on est dans une société de concurrence qui met en permanence les gens en opposition les uns avec les autres. C'est le divisé pour régner. Donc, c'est la raison pour laquelle les femmes sont systématiquement moins bien payées, moins bien reconnues dans leur travail. Et on utilise toutes les différences, les couleurs de peau, les origines, la carte d'identité, la nationalité, etc. Mais toutes ces différences-là, elles existent.
Mais nous, en tout cas, nous militons pour faire naître cette conscience de classe qui fait qu'à 5h du matin, on se retrouve tous dans le métro pour aller bosser. Parce qu'on n'a pas le choix. Et que quand la sonnerie du boulot retentit, on y va. Et tous avec la même... On a tous le même sentiment. Et à la fin de la journée de boulot, on en a plein les pattes. Et ça, c'est quelque chose qu'on partage, qu'on a en commun. Et on a en commun les problèmes de fin de mois. On a en commun cette incertitude face à l'avenir. Est-ce qu'on va garder son boulot ? Est-ce qu'on aura assez d'argent pour les mois qui viennent ? Est-ce qu'on pourra payer des études à ses enfants, etc.
Et on est dans cette même situation, finalement, de dépendance. C'est-à-dire, notre sort, notre sort, l'avenir de notre famille, il ne dépend pas de nous. Il va dépendre de tel ou tel patron. Il va dépendre de celui qui a le pouvoir ou pas de prolonger son contrat. Donc, cette conscience-là, pour nous, nous, on est des militants de cette conscience-là, de cette conscience de classe. Ça ne veut pas dire qu'on estime qu'il n'y a pas de discrimination et qu'il n'y a pas d'autres divisions dans la société. Il y en a, bien sûr, d'autres, encore une fois. Et je peux vous dire que, d'ailleurs, quand il n'y en a pas, de toute façon, ceux qui règnent cherchent à en inventer des divisions.
Donc, oui, bien sûr, il y a toutes ces divisions. Mais nous, lutte ouvrière, communiste révolutionnaire, on milite pour que, dans le monde du travail, il y ait cette conscience-là d'avenir commun, de combat commun à mener.
On parle de plus en plus de représentations dans les médias, effectivement, de minorités, pour faire un peu le lien avec la question précédente. Il y a un autre sujet qui est la représentation du monde ouvrier, des travailleurs, y compris dans des médias qui sont censés être dédiés, y compris à la représentation de la France dans son entièreté, comme France Inter. On remarque, et ça sort souvent dans les médias en ce moment, que c'est, au final, beaucoup de profils très qualifiés, de profils d'intellectuels qui passent dans les médias.
On l'a vu aussi avec l'émoi qu'a provoqué le documentaire de François Ruffin, Merci Patron, qui montre une autre France, une autre des personnes qui peuplent, évidemment, le territoire, mais qu'on voit trop peu souvent, peut-être, dans les médias. Quelle est votre position par rapport à ça ? Est-ce qu'on peut quand même améliorer les choses, même dans le système, sur la représentation qu'on fait du monde ouvrier, de la majorité de la population française ? Est-ce qu'il y a peut-être un besoin d'inviter plus de gilets jaunes sur les plateaux télés, de travailleurs, au final ?
Je crois qu'effectivement, ces médias, ils sont dans les mains de ceux qui tiennent la société, de ceux qui détiennent le pouvoir, des grandes familles capitalistes, bourgeoises, et de toute façon, ces médias relaient leur point de vue, relaient effectivement leur idéologie. Moi, je suis frappée de voir, par exemple, comment aujourd'hui, tous les jours, tous les jours, c'est des reportages sur les petits commerçants. Alors, effectivement, les petits commerçants, ils souffrent énormément dans cette crise, c'est vrai. Et quand on les entend dire leur désespoir de ne pas pouvoir exercer leur métier, gagner leur vie, même être utile, faire ce qu'ils savent faire, etc., ça me touche.
Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'on n'a jamais eu autant, on n'a jamais eu cette antenne-là pour les ouvriers, par exemple, qui sont licenciés. Et pourtant, c'est la même désespérance. Et c'est le même gâchis pour eux. Et c'est le même sentiment d'injustice quand on est mis à la porte pour des raisons... Il y a toujours des bonnes raisons. Il faut voir la future compétitivité. Il faut voir... Bon, c'est quasiment pour votre bien que vous êtes mis à la porte, toujours. Mais c'est exactement le même sentiment, la même colère, la même révolte, cette même frustration, et cette même descente aux enfers.
Et elle est trop peu mise en avant dans les médias.
Mais quasiment jamais. Et même encore aujourd'hui. Moi, je suis frappée. C'est tous les jours, tous les jours, qu'on a le témoignage, effectivement, de commerçants. Mais dans cette crise, il y a eu 700 000 salariés qui ont vu leur contrat s'arrêter du jour au lendemain, en mars-avril. Alors, ça n'a pas été des licenciements, parce que de toute façon, c'était des contrats précaires. Il n'y a même plus besoin de licencier, maintenant, pour mettre les gens dehors. Donc, voilà. Et puis, il y a eu cette flambée de suppression d'emplois, de plans sociaux, de licenciements qui ont suivi. Donc, on sait qu'il y a un million de plus, de pauvres supplémentaires.
On sait qu'il y a un million de gens qui ont perdu leur travail, leurs moyens de gagner leur vie. Mais, effectivement, c'est les grands oubliés. Vous savez, nous nous appelons lutte ouvrière. Pendant des années et des années, et je pense que ça va continuer, on nous a expliqué, mais enfin, pourquoi lutte ouvrière ? Les ouvriers, ça n'existe plus. Ça n'existe plus. Vous êtes restés bloqués au 19e siècle. Mais on les a vus. Ceux qui étaient indispensables au moment, en mars-avril, quand tout le pays était confiné, qui continuait de faire fonctionner la société ? Ce n'est pas seulement les hôpitaux qui ont continué de fonctionner. C'est aussi les supermarchés.
C'est aussi les usines d'agroalimentaires. Parce qu'il ne fallait pas seulement aller dans les rayons, prendre son... C'est aussi ceux qui... Voilà, les abattoirs, c'est aussi... Toutes les usines, elles ont continué. Donc, les ouvriers, bien sûr qu'ils sont là. Il y en a besoin. Ils sont à la base de tout, en réalité. Ils sont à la base de tout. Alors, voilà, en mars-avril, c'était tellement voyant. C'était tellement visible, puisqu'il n'y avait plus qu'eux qui étaient dehors. Il n'y avait plus qu'eux qui étaient en activité. C'était tellement voyant qu'on avait ému.
Emmanuel Macron qui s'en était ému en disant « Eh oui, ceux que l'on reconnaît si mal et que l'on paye si mal, il va falloir les augmenter demain, mieux les reconnaître, etc. » Bon, enfin, tout ça, c'est oublié. Aujourd'hui, ça n'existe plus. Aujourd'hui, voilà, tout est reparti comme avant. Bon, moi, j'espère qu'y compris réfléchir à ce qui s'est passé, c'est aussi réfléchir à ça, le rôle, justement, aujourd'hui, du monde du travail dans la société. L'Assemblée nationale, elle a pu s'arrêter. Il n'y a pas de problème. Les collectivités locales, elles sont très peu réunies. Enfin, il y a eu, voilà. Mais par contre, ramasser les ordures, ça ne s'est jamais arrêté.
Les hôpitaux ne sont jamais arrêtés. Les usines qui nous fournissent tout ce dont on a besoin pour vivre, ça ne s'est jamais arrêté. Et les travailleurs, ils ont pris leurs risques. Et ils ont été responsables pour eux, pour deux, pour eux, pour mille. Y compris pour le gouvernement, ils ont été responsables. Parce que eux, bon, ils ont risqué leur peau, il faut le dire, dans une situation où il n'y avait rien pour se protéger. Et ils y sont allés au charbon. Ils ont pris des initiatives. Ils n'ont pas attendu que les consignes tombent d'en haut, heureusement d'ailleurs. Alors, moi, c'est tout ça que je remarque et qui me conforte dans mon engagement.
Ceux qui font tourner la société au jour le jour, oui, ils sont responsables. Et moi, c'est en eux que je fais confiance. Et je pense que ce qu'il faut, c'est aller vers une société où ce soit eux qui ont... et aussi le contrôle des décisions, des décisions, des décisions fondamentales. Où est-ce qu'on investit ? Qu'est-ce qu'on produit ? Comment on organise le travail ? C'est normal que le travail soit concentré sur de moins en moins de salariés et puis qu'il y ait des centaines de milliers de femmes et d'hommes qui crèvent au chômage. Il faut qu'on se répartisse le travail, qu'on organise les choses bien... enfin, mieux.
Est-ce que l'entreprise peut être meilleure qu'elle l'est aujourd'hui ? Est-ce qu'avec la tendance qu'on observe d'entreprises plus vertueuses, non seulement dans ce qu'elles produisent, mais y compris dans leur politique salariale, dans leur politique d'emploi de personnes, je pense à une tendance qu'on appelle l'impact aujourd'hui, c'est quelque chose qui peut vous parler ? Ou est-ce que, de toute façon, l'entreprise, en tout cela qu'elle est capitalistique, est capitaliste et problématique ?
Ce n'est pas seulement l'entreprise. C'est le monde entier, c'est les lois du marché, c'est les lois de la concurrence, qui sont de toute façon capitalistes. Une entreprise, mais y compris une coopérative, elle est prise dans ces contraintes de marché, dans cette concurrence et dans cette nécessité d'être compétitive. Mais je dirais même, ce qu'est l'État lui-même, quand il a, lui aussi, des entreprises publiques, mais lui aussi, il est tenu par ces lois du marché, de toute façon, par cette rentabilité. Donc, moi, je pense qu'effectivement, on peut très bien faire tourner une économie sans avoir ce diktat-là, ce diktat de la rentabilité, ce diktat de la compétitivité, ce diktat du profit.
Voilà. Et qu'il y a un tas d'activités qu'on doit réaliser sans qu'elles soient rentables. Sans qu'elles soient rentables. Mais ça, ça voudrait dire, effectivement, prendre le pouvoir et enlever cette propriété privée, parce qu'on n'y arrivera pas sans ça.
Pour aller vers la fin, nous avons pour habitude de poser deux questions en conclusion à nos invités. D'abord, qui est-ce que vous souhaiteriez voir assis à votre place dans cette interview du rôle de l'homme ou de la femme politique ? On ne vous riez peut-être ?
Exactement.
Exactement.
Exactement. Exactement. Parce qu'en fait, vous êtes entourés de femmes et d'hommes au travail. Parfois, on ne les connaît pas. Parfois, vous ne vous adressez jamais à eux. Vous ne demandez pas, vous ne leur demandez pas qu'ils vous racontent leur vie. Eh bien, je pense que c'est ça qui est important, justement.
Et la dernière question, qui est la question signature du crayon. Que signifie pour vous la phrase « trace tes contours » ? Qu'est-ce qu'elle vous évoque ?
Trace tes contours. D'abord, il y a une chose qui me gêne. Trace tes contours. D'abord, ça me fait penser un peu à « trace ton chemin ». Enfin bon, voilà. Et moi, tracer mon chemin, je ne le vois tellement pas seul. Je le vois tellement de façon collective. pour moi, il n'y a pas de solution à l'échelle individuelle. Et le problème, c'est dans quelle direction nous allons ensemble, forcément. Et ça, il faut le choisir ensemble.
Vous diriez plutôt de tracer vos contours ? Tracons nos contours. Merci, Mme Arthaud.
Merci.
N'hésitez pas à nous dire si cette vidéo vous a plu en commentaire, à liker, à partager cette vidéo, à vous abonner à la chaîne. Et puis à bientôt pour un futur épisode de cette série consacrée au rôle de l'homme politique ou de la femme politique. Ciao.
Nathalie Arthaud