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Discours / meetingLe Média (sur YouTube)· 18 août 2020 10 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesJustice

MARÉE NOIRE À l'ÎLE MAURICE : UNE CATASTROPHE QUI NE FAIT QUE COMMENCER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Fait
    « On parle de dégâts qui pourraient se faire ressentir pendant des décennies. »
  • 1:00Fait
    « Ce type de produit peut causer des cancers. »
  • 1:30Fait
    « Sur certaines plages de sable aujourd’hui, en enlevant les couches de pétrole, on se rend compte que l’eau qui remonte en-dessous est contaminée. »
  • 5:00Fait
    « Il est temps qu’à Maurice même au niveau du gouvernement, il commence à assumer sa responsabilité. »
  • 5:30Promesse
    « J’ai déjà lancé des procédures judiciaires, au pénal et au civil, pour tous les acteurs de ce chaos. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On parle de dégâts qui pourraient se faire ressentir pendant des décennies. On ne peut pas rester insensibles à ça parce que c’est un crime contre l’environnement. C’est un gros, gros mal mais moi je reste positive en me disant qu’enfin on va réagir.

On va arrêter de se laisser faire et ensemble travailler à un avenir meilleur pour notre île. Il faut savoir que ce naufrage est arrivé dans la zone la plus sensible au niveau de Maurice, au niveau de la biodiversité marine avec la parc marin de Blue Bay, l’île aux Aigrettes et le site Ramsar de la zone humide de Pointe d’Esny. Donc, on parle de dégâts qui pourraient se faire ressentir pendant des décennies par rapport à ce déversement donc, quelque chose de très difficile à vivre au niveau de l’environnement.

Beaucoup de chagrin dans le coeur des Mauriciens, beaucoup de tristesse par rapport à cet événement. Il y a l’effet immédiat qui est de voir effectivement des poissons qui meurent, des murènes qui meurent, le pétrole qui s’accumule dans les racines des mangroves. Il est clair que ce type de produit pétrolier qu’on appelle "bunker oil" en anglais ou fioul, fioul lourd en français, ce type de carburant a des effet très toxiques sur la biodiversité marine, modifiant le système endocrinien, créant des irritations et la mort de pas mal d’espèces.

Si on veut commencer par une composante importante pour moi, la santé humaine, il faut savoir que quand j’étais sur place au moment du déversement, l’odeur est vraiment insoutenable et sachant que ce type de produit peut causer des cancers, je crois qu’il faut impérativement mettre en place un système de veille sanitaire. Non seulement par rapport aux populations côtières, puisque les habitations sont situées directement au bord de l’eau, on va dire. Donc, tous ces gens qui ont respiré, toutes ces familles qui ont respiré ces vapeurs toxiques, cancérogènes, donc il y aura certainement l’apparition de cancers dans ces régions dans les années à venir.

Il y a certains éléments du produit, des produits pétroliers qui sont toxiques. Comme des métaux lourds et comme certaines toxines qui vont se dissiper dans la colonne d’eau et qui vont venir se déposer dans le fond de la mer, affectant les coraux, le sable et tous les organismes qu’ils contiennent. Il faut aussi savoir que sur certaines plages de sable aujourd’hui, en enlevant les couches de pétrole, on se rend compte que l’eau qui remonte en-dessous est contaminée.

Ça veut dire que la nappe souterraine, donc l’aquifère, et donc tous les organismes qui sont contenus dans le sable, donc les vers, les crabes, etc… peuvent être aussi contaminés. Donc, je crois que ce sont des effets qui sont là pour durer. Ce sont des effets qui sont là dans le long terme.

C’est une catastrophe qui ne fait que commencer, qui ne fait que se développer et dont on verra les différents visages au fur et à mesure que le temps va passer. Une fois ces grandes chaussettes remplies, voilà une bouée, qui va être transportée dans le Sud et déposée dans la mer. On est venus toute une bande de citoyens aider à fabriquer des boudins, des boudins flottants dans lesquels on met de la paille de canne à sucre pour aspirer l’huile qui se dépose sur l’eau dans le lagon.

Tout a dégringolé et une course contre la montre s’est installée et on a compris qu’on allait devoir s’entraider entre nous, et il y a pas mal de groupes privés qui se sont lancés dans cette confection de bouées et dès le lendemain on était très, très nombreux à apporter notre aide. Ce qui est très encourageant à voir, c’est qu’en quelques jours il y a une expertise qui s’est installée. Ils ont reçu des conseils d’experts en la matière.

Et aujourd’hui, c’est pas simplement des bouées qui sont en train d’être faites, mais plusieurs ateliers. Chacun sait ce qu’il doit faire pour confectionner ces bouées. Avec différents sacs, on va remplir avec de la paille de canne à sucre et des bouteilles bien fermées pour que ces boudins puissent flotter.

On enfilera ces différents sacs dans les gros boudins et chacun à son rôle à jouer. C’est-à-dire que moi par exemple, ce matin j’étais en train de tirer les premiers boudins. Il y a en d’autres qui vérifiaient que toutes les bouteilles étaient bien fermées pour qu’elles puissent flotter ensuite.

Il y en a qui sont en train de remplir des sacs avec la paille, il y en a qui sont en train de vérifier que le travail est bien fait. Il y en a qui sont en train de fermer les différents boudins et ce qui est top c’est que l’on s’écoute et qu’on fait confiance à l’autre pour vérifier que le travail est bien fait et puis ça monte, ça monte comme ça. Et je trouve que c’est super beau à voir parce qu’on ne reste pas les bras croisés dans des moments difficiles et comme ça on réagit pour pouvoir s'adapter au changement qui se passe.

Le naufrage est quelque chose de tragique mais je pense que c’est aussi une super opportunité pour mieux avancer à l’avenir et pour arrêter d'accepter des choses qui ne sont peut être pas faites pour le bien de tous, de notre environnement et puis nous, les habitants de l’île Maurice. C’est un gros, gros mal mais moi je reste positive en me disant qu’enfin on va réagir. On va arrêter de se laisser faire et ensemble travailler à un avenir meilleur pour notre île.

Quand le bateau est rentré, la bateau est resté sur le banc de sable, ok, pendant plus de 14 jours, c’est à partir du 11ème jour qu’ils ont commencé à réagir. Donc, à partir du 14ème jour, c’est là qu’ils ont commencé à aller sur le bateau. Et vous savez quand un bateau se pose sur un banc, dans les trois jours à venir soit vous enlevez l’eau, soit vous essayez de sortir du récif.

Parce que sinon, avec le talonnement, c’est automatique il va s’ouvrir. Logiquement ce qu’il se passe quand un bateau comme ça fait naufrage, tout de suite c’est le “director shipping” qui prend les commandes. Il doit réagir.

Parce que, ce qui s’est passé, un bateau est rentré, on n’a pas eu la communication. Le capitaine n’a pas répondu, personne n’est allé voir ce qui se passe, ni les garde-côtes, ni les unités spécialisées. Donc, on ne peut attendre alors qu’un bateau est échoué.

On attend, on attend, on attend. Donc, il y a une un manquement à la sécurité intérieure. Il y a eu un manquement dès le départ.

Parce que je suis descendu tout de suite sur les lieux. Il y a des amis plongeurs qui sont partis essayer de mettre des bouées autour, pour essayer de contenir l’huile mais malheureusement on fait avec les moyens du bord. Mais encore une fois, c’était l’absence des garde-côtes.

Ce sont les volontaires qui sont allés mettre les bouées en premier et pas les garde-côtes. Il y a des gens qui sont venus des quatre coins du pays, pour venir aider. C’était la solidarité mauricienne.

Ils ont fait des bouées artisanales, c’est la débrouillardise mauricienne qui a aidé à contenir ce problème-là et non les autorités. Maintenant il faut gérer ça, il faut voir aussi l’après marée noire, ce qui va se passer. Qu’est ce qu’il va y avoir comme accompagnement surtout au niveau des personnes qui sont là, des petits commerces, des pêcheurs, des plaisanciers, des plongeurs, des surfeurs, ceux qui gagnent leur pain avec les activités de la mer.

Et maintenant aussi, il y a d’autres personnes, comme ceux qui préparent les casiers. Comme toujours il y a les deux côtés, ça va avoir un effet important sur les économies. Là, il va falloir prévoir un service d’accompagnement.

C’est la tristesse et la colère qui règne parmi la société civile, quand on regarde de quelle façon ils sont inertes, avec quelle légèreté ils ont traité ce sujet-là. Il est temps qu’à Maurice même au niveau du gouvernement, il commence à assumer sa responsabilité. S’il faut qu’il aille en taule, il faut qu’il aille en taule, pour négligence.

J’ai déjà lancé des procédures judiciaires, au pénal et au civil, pour tous les acteurs de ce chaos. J’ai déjà une plainte contre le Ministre de l’Environnement, le ministre de la Pêche. Hier, j’étais contre le capitaine du bateau et la semaine prochaine je vais venir avec des poursuites au civil.

Et des poursuites privées. On ne peut pas rester insensible à ça parce que c’est un crime contre l’environnement.