De la classe ouvrière au peuple du 21ᵉ siècle | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à Bonjour à toutes et à tous chers camarades. On est très heureux de vous recevoir chaque année aux Amphi et de ce matin à 10h pour cette magnifique conférence et n'ayons pas honte de le dire, c'est la meilleure conférence des amphies. Donc vous êtes là à 10h.
Applaudissez-vous et applaudissez aussi les magnifiques intervenantes et intervenants qui seront autour de moi aujourd'hui. Et c'est grâce à eux que on va surplomber les hies encore une fois avec cette magnifique conférence des classes ouvrières au peuple du 21e siècle qui aurait pu s'appeler aussi des classes ouvrières aux classes populaires et des différentes classes de cette société qui sont en constante mutation en transformation mais il y a toujours ce lien de filiation entre les générations. Nous avons Carlota bienvenue qui est maîtresse de conférence à Paris saclé en sociologie du travail et sa précision sur la transformation du travail sur les différentes classes populaires et aussi comment le travail a évolué avec sa précarisation des populations pour en faire une seule et même partie une classe populaire et malgré parfois moi je l'évoquerai euh les transformations, pas de population, mais les transformations en terme de génération ou des pères de famille, des mères de famille qui étaient ouvrières, ouvriers ou employés de service ont eu des enfants qui ont eu parfois même des diplômes mais qui sont encore restés dans cette même classe populaire parce que cette assignation à cette spécificité, ce statut n'est pas lié à un diplôme ou même parfois même à un métier. pouvez être cadre mais toujours dans une classe populaire par rapport à l'aspect même géographique et c'est aspect que le maître de conférence Johan Nouet pourra nous nous exposer au travers encore une fois de ses travaux et c'est un camarade qui vient très souvent aux amphis et on va encore l'applaudir pour sa présence encore avec nous cette année 2024 euh 2025 et Nous avons Fanny Galot avec nous, une habituée coanimatrice historienne CLBIT la BO ici également qui par cette conférence c'est un peu pas une extension mais une continuité d'un nouvel ouvrage qui vient de sortir et je vous invite à à vous procurer.
Il y a eu une signature hier et aujourd'hui aussi je pense à bibliothèque. Euh merci Johann pour ton assistance. nouveau peuple, nouvelle gauche.
J'ai eu la chance de le dire en avance avant sa sortie. Encore une fois, ILB, cet institut euh vise à donner à nos camarades cette matière grise pour alimenter voilà nos travaux sur les terrains, pour animer pour alimenter nos réflexions vers l'avenir et vers la transformation de la société, la transformation aussi que nous souhaitons. cette spécificité qui est nourrie aussi par vos réflexions et c'est à l'issue des trois interventions la mienne sera en 4e que nous aurons aussi 30 minutes de questions-réponses pour pouvoir aussi alimenter le débat et je ne serai pas plus long et je laisse maintenant madame Carlota bienvenue qui a fini son café pouvoir commencer son propos.
Merci beaucoup. [Applaudissements] Bah merci beaucoup Carlos pour cette introduction et cette présentation. Euh donc euh donc bah bonjour à toutes et à tous.
Donc, je vais être un peu brève peut-être sur le premier point queon m'a demandé d'aborder qui est le euh la question des transformations du travail à leurs effets sur euh sur euh sur les les classes laboureuses d'aujourd'hui parce que il me semble que euh disons euh les effets euh des réformes néolibérales sur le travail sont désormais assez bien connus. Euh le problème en fait qui est euh qui reste bon, je suis attaqué par une guepe. Euh le problème qui reste ouvert et euh et je pense que c'est euh précisément sur ça que le livre euh euh aide à euh chercher des pistes de réponses. plutôt la question euh des formes de récomposition possible euh dans ce contexte de fragmentation et de hétérogénéisation du travail qui euh qui euh dont il faudrait d'un côté, je pense nous on sait quand même la nouveauté mais euh mais effectivement qu'il y a les résultats aussi de ces réformes-là.
Donc euh il me semble donc que pour répondre à cette question, il faut d'abord se poser celle euh des formes actuelles, donc de la subjectivation politique. Euh ce qui sera donc mon deuxème point et qui euh correspond effectivement à la deuxième question qui m'a été posée pour préparer cette conférence qui est celle des effets euh des transformations du travail sur la conscience de classe. Donc quant aux effets du néolibéralisme sur le travail à l'émergence d'une nouvelle condition laborieuse, il me semble qu'ils sont très bien illustrés dans l'ouvrage, dans les premiers chapitres de l'ouvrage et notamment les les chapitres qui sont rédigés par Sarab de Nour et à partir notamment du cas des auto-entrepreneurs et Sophie Bernard qui écrit sur la condition des chauffeurs Uber, donc des travailleurs de plateforme.
Elle soulligne toutes les deux que cette nouvelle condition labourieuse ou ces nouveaux prolétaires, pourrait prendre l'expression de Sarah dans son ouvrage de 2012 euh est à la fois traversé par des divisions, des clivages qui sont multiples, alors notamment le long de ligne de genre et de race euh et aussi composé par des figures professionnelles très diverses. des ouvrés d'ouflu comme les travailleurs des entrepôts de logistique, mais aussi les employés des services euh plus en général, les intérimes, les auto-entrepreneurs et effectivement les nouveaux travailleurs des appliés. Et dans tous ces cas euh comme elle le décrivent très bien, on observe une même tendance qui à la fois une tendance donc à l'automatisation notamment récemment via la digitalisation euh et de l'autre côté une précarisation de l'emploi.
Les deux ayant euh pour conséquence effectivement une dégradation générale des conditions de travail. La logistique par exemple qui est le secteur sur lequel moi j'ai travaillé le plus est assez emblématique de cette condition. Euh d'abord parce que voilà les entre logistiques représentent une partie une part très importante de la main d'œuvre ouvrière en France, donc 22 % des ouvriers, mais aussi d'un point de vue qualitatif parce qu'il cristallise euh les conditions de travail typiques, donc des effets des réformes néolibérales, un travail sous forte contrainte euh un conséquence notamment du travail en flux tendu, euh une précarité massive via notamment l'usage du travail intérimaire, des politiques antisindicales très fortes de la part des des directions et du coup une implantation difficile des syndicats dans les entrepôts.
Euh un contrôle très intense sur le travail par exemple via la commande vocale, donc via des dispositifs techniques. Euh donc cela dit euh voilà si effectivement les ouvriers des entrepes peuvent être considérés comme emblématique de cette condition laborieuse contemporaine, je pense qu'il faut faire attention à ne pas les vouloir ériger entre guillemets un symbole de du travail aujourd'hui, ce qui a un peu la tendance parfois euh parce que effectivement ils ne sont pas plus justement encore une fois que les chauffeurs Uber étudiés par Sophie Bernard ou alors par exemple des femmes de chambre pour citer deux exemples de figures professionnelles qui ont aussi été au centre des mobilisations collectives ces dernières années. Or euh on a parfois tendance à chercher chez les ouvriers de la logistique une sorte de nouveau bastion ou nouvelles figures qui viendrait remplacer magiquement la classe ouvrière industrielle qui aurait disparu suite aux désindustrialisations et des localisations.
Il me semble au contraire que l'enjeu ça ça ne soit pas tellement justement de chercher quelque chose qui vienne remplacer cette classe souvère qui est aussi largement fantasmé je pense dans son unité sonité mais plutôt euh de euh comment dire dépasser cette recherche et euh et accepter en fait que le signe du travail aujourd'hui, la caractéristique du travail aujourd'hui, c'est sa fragment entation et ce notégénité. Je partage par exemple le constat que fait fait Nancy Frezer dans son un entretien croisé avec Jean-Luc Mélenchon dans la préface encore une fois de l'ouvrage quand elle dit les efforts pour homogénéiser cette diversité sont contre-productifs. Il faut chercher plutôt une manière de penser la récomposition à partir de cette diversité et de cette fragmentation, mais aussi à partir d'une autre caractéristique qui constitue elle, il me semble, un très grand potentiel politiquement qui est la très forte interconnexion de cette nouvelle condition laborieuse.
J'ai dis ça parce que j'ai l'impression qu'on a un peu tendance à mettre énormément l'accent sur les divisions, la fragmentation encore une fois les difficultés que tout cela tout cela pose pour l'organisation politique et syndicale mais on oublie parfois et désolé je vais vite sur ce point qui mériterait je pense à lui tout seul une conférence ou un développement mais on oublie de se rappeler qu'en fait la le révers de la médaille c'est aussi une interconnexion qui est assez inédite en fait au sang même de cette main d'œuvre dispersée sur le territoire teritoire dispersé dans plan entreprise ou micro-entreprise. Alors, je vais faire un exemple qui est sans doute un peu banal, mais par exemple le le le rôle des réseaux sociaux, si vous pensez aux mobilisation des chauffeurs il y a pas un travail qui symbolise le mieux l'atomisation que le travail le travail via plateforme ouis et cetera. Et pourtant, les gens, ils s'organisent euh collectivement et ils utilisent des moyens qui sont des moyens tout à fait nouveaux et euh et ils montrent qu'ils sont en réalité pas si divisés que ça, pas si euh euh déconnecté déconnecté que ça les uns des autres.
Donc le deuxième point qui m'a été demandé d'aborder concerne les conséquences de Excusez-moi, je vais enlever ce truc comme ça va partir. Euh les conséquences euh de ces nouvelles réalités euh du travail sur l'émergence d'une conscience collective. Euh je précise qu' général, mais bon c'est pas hyper important, mais je préfère peut-être utiliser la notion de subjectivation politique à celle de conscience politique parce qu'elle permet, il me semble, de mettre davantage l'accent sur le processus, le making off pour utiliser le l'expression d'ipy Thompson.
Alors que la notion de conscience de classe, elle a été très souvent interprétée comme quelque chose qui devrait être apporté de l'extérieur, qui devrait être inculqué au classe à la classe ouvriraire ou aux classe populair depuis euh l'extérieur. Encore une fois, cela dit euh si on parle du présposé que la conscience de classe justement ce n'est pas quelque chose qui doit être apporté mais quelque chose qui se fait, qui se construit dans la lutte notamment dans le conflit euh et plus précisément grâce à la verticalisation du conflit. Il me semble que euh une des caractéristiques aujourd'hui, c'est que l'entreprise, c'est-à-dire le lieu du travail au sens strict, n'est plus le lieu exclusif et central de cette conflictualité et donc aussi de la formation d'une conscience politique.
Alors, ça c'est le résultat des transformations que j'ai évoqué rapidement plus haut, c'est-à-dire de la précarisation du travail, mais surtout de la désarticulation de la production via les délocalisations dans enfin niveau global et des externalisations d'un point de vue national. Euh son extension sur les territoires via la le développement de chaînes de sous-traitance. Mais si ces transformations ont d'un côté produit de la fragmentation et des divisions, elles permettent aussi, et je pense que c'est ça en fait l'enjeu pour moi central, une extension de la conflictualité tant dans l'espace que dans les revendications, c'est-à-dire dans le contenu.
Les formes de lutte et d'autorganisation observé par les enquêtes, observé par les militants aussi ces dernières années confirment cette double extension qui est à la fois spatiale et de contenu. On l'a vu dans les mobilisations syndicales de la logistique par exemple, je reviens à ça parce que c'est sur ça que j'ai le plus travaillé mais on pourrait dire la même chose par exemple sur les gilets jaunes. Extension spatiale de la lutte par des blocages et des piquets mobiles.
Construction de ce qu'on a parfois qualifié en pouvoir social à côté d'un pouvoir de blocage des flux via l'utilisation stratégique de réseau d'interconnaissance comme infrastructure militante ou de réseau communautaire par exemple quand il s'agit de grève ou de mobilisation de travailleurs immigrés. Ça a été observé aussi dans des formes de résistance plus informelles ou plus subtiles qui sont faites de mobilité professionnelle, de tournover mais qui sont fortement ancré elles aussi comme les mobilisations collectives dans des sociabilités populaires dans les qui sont localisés dans les territoires et dans les quartiers bien au-delà donc euh du strict lieu de travail du lieu de production de la sphère dite dans la sphère dite de la reproduction sociale. C'est le cas par exemple donc de la logistique en France qui est caractérisé par des taux de tournover, donc de rotation de la main d'œuvre très important euh et où ces mobilités professionnelles ont pu être interprétées par les sociologues comme l'expression d'une critique de l'exploitation des travailleurs.
Il s'agit de travailleur par exemple qui alterne volontairement période d'emploi et de chômage qui passent comme on dit d'un entrepôt à l'autre à la recherche de meilleures conditions de travail qui claquent la porte de l'entrepôt quand les conditions de travail ne leur conviennent plus et qui en tout cas n'inspire pas au plus à être stabilisé en CDI par exemple comme manutentionnaire dans un entrepôt dans un emploi sans perspective de carrière avec un salaire prédusmique et un contrôle hiérarchique très fort qui a par ailleurs euh intensifié aussi par les technologies digitales. Et donc ces comportements qui à première vue peuvent sembler très individuel euh ne sont pas il me semble si individuel que ça car en effet encore une fois ils dépendent de sociabilité populaire de lien et de réseau qui fournissent les informations nécessaires, l'accès à des opportunités d'emploi et cetera. Mais le problème c'est que très souvent euh on a tendance notamment les syndicats mais plus généralement à être méfiant vis-à-vis de ses comportements, à les juger sinon pas négativement à s'en méfier, les voir comme potentiellement individualistes, opportunistes, voir comme des comportements justement forgés par euh l'époque néolibérale, donc des subjectivités néolibérales euh dans une une opposition qui me semble aujourd'hui un peu simpliste entre organisation collective ou syndicale d'un côté et forme de résistance individuelle de l'autre ou en tout cas en opposition à ce qui devrait être la bonne conscience de classe.
Et pourtant historiquement, les recherches montrent que des taux de rotation de la main d'œuvre importants par exemple ont souvent annoncé annoncé des cycles de mobilisation collective. C'est le cas par exemple d'fordme. Euh et certains marxistes, disons autonomes, ont pu lire tout ça en terme de refus du travail. car en réalité ces comportements que les sociologues appellent des formes de exit euh expriment une critique des conditions de travail, exprime euh une conscience en fait du cadre de l'exploitation et euh plus disons euh abstraitement une forme de conflit entre capital et travail parfois et c'est à mon avis aussi le cas notamment dans des secteurs comme la logistique, il constituent aussi une critique non seulement de l'exploitation du cadre de l'exploitation strictens mais aussi euh de mécanismes d'assignation euh socioracial euh sur le marché du travail.
Donc pour conclure, je voudrais juste faire deux considérations. Premièrement, pour revenir à la question donc de la conscience, de la construction de la conscience de classe. Il me semble que si c'est vrai qu'elle se forge collectivement dans le conflit, c'est aussi le cas dans ce type de microconflit, dans ce comportement et ces critiques dites informelles qu'il faut en chercher les traces.
Pour le dire autrement, la conscience de classe ne se construit pas uniquement dans les moments de conflit ouvert, de grève ou de mobilisation collective. Elle se joue aussi dans des formes diffuses de contestation qu'il faut, je pense, en tant que militant, savoir observer pour anticiper à la fois les mouvements à venir et aussi pour imaginer les formes de récomposition politique euh adapté au contexte et à la conjoncture socio-économique dans laquelle on agit. Euh c'est toujours vrai, mais je pense qu'il est d'autant plus vrai dans une période comme celle d'aujourd'hui où un certain nombre de facteurs font effectivement obstacle à la construction de mobilisation syndicale sur les lieux de travail.
Deuxièmement et plus directement peut-être avec la question des transformations du travail de la production, je crois que l'enjeu principal, encore une fois, je l'ai dit au début, je le répète, pour moi est d'accepter le fait que l'entreprise, le lieu de travail, ça ne soit plus forcément le lieu central de la conflictualité et de la formation de la conscience de classe et que la sphère professionnelle au sens strict encore une fois n'est plus dans beaucoup de cas le vecteur principal d'identification et de subjectivation politique et de subjectivation en générale. De nombreux mouvements sociaux, par ailleurs en France et ailleurs l'ont bien montré. Cela ne veut pas dire que le travail n'a plus d'importance.
Bien entendu, il reste central dans la vie sociale. Mais puisque l'exploitation a largement débordé l'enceinte du lieu de travail et que la production elle-même, elle est désarticulée sur le territoire et profondément encrée dans la sphère reproductive, le confluit a lui aussi suivi la même trajectoire. Cette extension euh devrait donc à mon sens être comprise plutôt comme une opportunité et non euh pas seulement euh en terme de frein ou de limite à l'émergence d'une bonne conscience de classe comme c'est euh parfois le cas dans les réflexions et les débats militants.
Voilà. Merci beaucoup. [Applaudissements] Merci beaucoup Carlota de nous avoir parlé de cette transformation du travail et j'espère que il y aura des questions à la fin de la conférence sur cet aspect-là de manière à comprendre comment les métiers ont été transformés mais aussi l'aspect où on a très souvent et dans les médias souvent du groupe Bolloré et les médias d'extrême droite où on vient à chaque fois chercher à à opposer ou à diviser, à parler d'une classe ouvrière qui serait blanche et des classes populaires qui seraient racisées.
Alors que cette définition est très mauvaise. Je on discutait avec un un camarade qui était aux amphilles hier qui vient de cré un territoire avec des usines qui se sont pendant les tr glorieuses qui étaient présentes. m'expliquer que son père était ouvrier de l'usine et quand l'usine a fermé, ben toutes ces personnes sont restées euh à Cille, ont eu une transformation des métiers mais sont devenus plus une classe ouvrière mais une classe populaire et que à aucun moment il faut les opposer.
Ensuite, le système capitaliste, ça sera toujours à à diviser ses classes dans le travail de manière genrée ou de manière racialisée pour continuer à émerger, continuer à perdurer et continuer à casser. Et la place de la femme et la place des femmes dans ce système est très importante. ce soit dans la dimension au travail mais même dans le foyer, dans les classes ouvrières, dans les classes populaires, dans les quartiers, dans les villes, dans l'organisation de la vie de la cité.
La femme à cette place qui peut créer des interconnexions au travers du lien entre les habitants et les habitantes, au travers du lien avec les enfants du quartier, en travers des associations, des structures aussi liées au travail et c'est cet aspect que que Fanny Galot va nous exposer. Je vous remercie. Merci beaucoup Carlos.
Bonjour tout le monde. Alors, je vais m'inscrire vraiment dans la continuité de l'intervention de Carlota et de son dernier élément de conclusion, c'est-à-dire sortir de l'entreprise et envisager la sphère reproductive pour repenser la classe aujourd'hui. Euh donc ça ça va être un peu près le fil que je vais tenir.
On m'avait demandé de revenir un petit peu sur justement la place qu'occupent les femmes au sein des classes populaires aujourd'hui. quel est enfin et quelle importance dans le sujet populaire de la gauche et quelle est la revenir aussi sur la centralité des luttes féministes dans les luttes populaires. Alors, je vais aborder un peu tous ces éléments là, mais vraiment je vais essayer aussi d'ouvrir la discussion justement sur cette question de reconstruire la classe.
Qu'est-ce que ça veut dire ? repenser la classe évidemment cette idée de unifier sans uniformiser ce que disait aussi d'ailleurs Clémence Gué hier l'idée bien sûr he c'est face à cette fragmentation qu'on évoque justement comment on construit comment on reconstruit du commun pour gagner pour gagner les élections mais pour gagner aussi la construction d'une d'une autre société plus fondamentalement. Alors pour ces pour penser ces éléments-là, effectivement le livre qui vient de sortir apporte beaucoup de choses de plein de points de vue différents et je vais revenir sur certains d'entre eux, je peux pas tout aborder mais déjà je vais reprendre quand même la contribution donc de de Rachel Silvera qui revient sur la question de cette enfin sur cette idée de la centralité du travail féminin dans les classes populaires aujourd'hui qui aborde notamment la précarité donc que voilà 80 % des précarons des femmes, hein, les les temps partiels imposés, les journées qui sont fragmentées et cetera et cetera et qui aborde surtout l'enjeu de cette division sexuée du travail, hein, c'est-à-dire actualise qui actualise finalement la division sexuelle du travail, c'est-à-dire le principe de séparation et d'hérarchisation, c'est que tendantiellement les hommes et les femmes ne font pas les mêmes métiers et quand ils se situent dans les mêmes secteurs d'activité, les femmes sont au plus bas de la hiérarchie.
C'est-à-dire que plus on monte, moins on trouve de femmes. Et qui explique que cette division sexuée du travail, hein, elle se fonde sur un principe fondamental qui est toujours à l'ordre du jour en 2025 euh qui est l'idée de la naturalisation des compétences. C'est-à-dire que finalement toutes les compétences mises en œuvre sont en fait naturelles, hein, sont le prolongement du rôle de mère et du coup ne correspondent pas à une qualification et donc à une rémunération adéquate.
Donc ça ça fonctionne dans l'éducation, dans le social, dans l'aide à domicile, dans tous les métiers de de voilà qui s'occupent finalement d'autres personnes. Cette idée de la déqualification, ça fonctionne aussi d'ailleurs dans l'industrie avec l'idée de la dextérité. Vous savez, les femmes, elles ont des petits doigts.
Alors du coup, c'est beaucoup plus facile de coudre ou ce genre de choses. Donc bref, en tous les cas, cette idée que c'est le prolongement du rôle de maire, donc ça n'est pas une qualification. Euh et donc euh et donc voilà, on leur dénit le travail, hein.
Là-dessus, c'est Ma Simonet qui travaille beaucoup sur cette question, le déni. On met en avant l'idée de la vocation, on met en avant l'idée de l'amour, on met en avant l'idée de la formation. Aujourd'hui, on a des tonnes de stagiaires à peu près partout sous couvert de formations qui en réalité sont une force de travail fondamentale pour la société.
C'est cette idée, les l'idée du déni de travail qui est remplacé par euh euh par euh des valeurs hein qui euh sont mises en avant. Euh et il faut absolument nous battre en brèche l'ensemble de ces éléments. Alors bien sûr, cette division sexuelle du travail, elle s'articule à une division ethnoraciale du travail et là effectivement il y a plusieurs contributions qui qui reviennent dans l'ouvrage.
Rachel en parle aussi euh mais il y a la contribution de Sophie Bernard, la contribution de Sarap Abdel Nour que Carlota a cité également, c'est qu'on peut pas aujourd'hui envisager la division sexuelle du travail sans voir aussi comment, qui va où, hein. Quand on est par exemple une femme racisée, quand on est un homme racisé, en fait, on n'est pas forcément situé, on n'est pas forcément disposé dans les mêmes endroits de l'organisation du travail hein. On le voit par exemple dans l'éducation nationale, un exemple que je vais reprendre à plusieurs reprises où on a voilà beaucoup de femmes racisées qui sont AESH ou qui sont àsem et ce qui du coup produit aussi he une forme de enfin des rapports de pouvoir dans l'enceinte même de l'école alors même que finalement que ce soi les enseignants TE ou les ADSEM ou les AESH différemment mais ensemble elles sont victimes de cette naturalisation des compétences de ce déni qualification Alors, il s'agit de créer du commun sans nier justement les rapports de pouvoir qui peuvent qui peuvent exister par exemple dans une école dite maternelle ou dans une école primaire.
Et c'est à ces enjeux-là que nous on doit essayer de répondre. Alors bien sûr, il y a tout un tas de luttes récentes et ça c'est très important parce qu'on l'oublie souvent et donc Rachel y revient mais d'autres aussi dans le livre, c'est que beaucoup de luttes récentes d'ailleurs ont été portées par des femmes racisées et qui justement vivaient cette invisibilisation, cette déqualification, cette naturalisation de compétences, cette voilà cette ce travail à la tâche, au rendement avec une contrainte du temps très forte hein. Donc ça a été le cas par exemple dans toutes les mobilisations de femmes de chambre he dont celle de l'bis des Bignoles et et on en parle un peu.
Mais ce qui est important aussi à avoir en tête c'est que ces luttes elles sont elles ont été pour certaines en tout cas pas toutes mais victorieuses et ça du coup parce qu'elles ont tenu et pourquoi elles ont tenu ? Comment elles ont tenu ? C'est aussi des leçons que il faut qu'on ait un petit peu en tête he l'action des caisses de grève et cetera qui aussi nous permet de gagner et surtout de visibiliser le fait que oui, on peut gagner encore aujourd'hui même si on a on en a pas forcément l'impression.
Alors du coup, moi je vais revenir peut-être sur pas tant sur des caractéristiques sociologiques des classes populaires aujourd'hui et de de leur de ce que ça produit euh le leur féminisation, mais plutôt je vais essayer de proposer une réflexion stratégique, c'est-à-dire politique, c'est-à-dire comment est-ce que justement aujourd'hui tous ces éléments-là sociologiques, il peuvent nous aider à penser et à repenser la classe euh au 21e siècle. Euh c'est l'idée hein et c'est ce que dit Samuel Ayad dans le livre. Euh l'unité de la classe, le making off que voté qu'évoqué Carlottin hein.
Euh elle est pas donnée, elle est à réfléchir, elle est à construire, hein. L'idée entre la différence entre la classe en soi et la classe pour soi, c'est-à-dire la conscience d'appartenir à un camp qui s'oppose à un autre et qui porte aussi d'ailleurs un projet de société. Alors euh l'idée hein voilà euh historiquement effectivement on on l'a déjà dit, je vais y revenir mais euh il y a eu une tendance à considérer que la classe il y avait une classe ouvrière traditionnelle industrielle blanche fondée euh avec l'idée de l'ouvrier par exemple métallurgique le mineur la figure du mineur mise en avant après 45 et et on a aujourd'hui des organisations syndicales he qui peinent à revoir leur logiciel.
Euh donc Sophie Berou, il revient dans le livre hein sur le syndicalisme et ça produit des effets très concrets hein. Ça a produit des effets en 2023 euh au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites hein où euh il y avait cette idée que il fallait que ce soit euh les chemineaux euh qui ou les raffineurs qui allaient euh partir en reconductible et qui du coup s'ils partent en reconductible là on peut gagner. Si par contre eux ils partent pas bah on est foutu.
Et ça c'était très présent dans la discussion. Et donc ça, il faut en finir fondamentalement avec ça. Et euh si on reprend cet exemple de 2023, on avait mis le pays à l'arrêt le 7 mars, mais on s'est pas dit le 8 mars, ça sera un élargissement euh de cette contestation avec la grève féministe qui pourra entraîner davantage encore dans la bataille justement des personnes qui travaillent enfin qui réalisent du travail domestique dans leur foyer.
Et au-delà, je je vais y revenir. Alors du coup, l'idée c'est justement de redéfinir la classe à partir de la manière dont on pourrait voilà gagner et la reconstruire cette unité aujourd'hui. En partant par exemple de ce bilan hein de de 2023, les féministes ont montré que voilà au-delà justement du travail professionnel qui est effectué par exemple en entreprise, toutes les tâches domestiques qu'on effectue chez nous individuellement en fait ça représente un travail.
Elles ont redéfini euh la catégorie du travail intégrant aussi justement donc les ménagères, le travail domestique et les rapports sociaux de race dans l'analyse de la classe. Et ça c'est pas nouveau, c'est c'est déjà le cas dans les dans les années 70 mais c'est toujours resté secondaire et finalement relativement marginalisé dans l'orientation portée par le mouvement ouvrier traditionnel et y compris les organisations politiques de gauche. Alors ce que je propose aujourd'hui et c'est il y a pas que moi qui le propose he je suis aussi héritière de cette contestation féministe, c'est de réenvisager les choses à l'ône du travail reproductif.
Alors le travail reproductif c'est quoi ? Donc le travail reproductif c'est l'idée c'est c'est tout le travail en fait qui concourt aujourd'hui à la reproduction de la force de travail dans le capitalisme, c'est-à-dire tout ce qui nous permet de retourner travailler demain pour le capital et aussi de se reproduire de génération en génération. là encore pour le capital, c'est-à-dire d'élever des enfants qui ensuite iront travailler elles et eux-mêmes.
Ça donc cette idée de travail reproductif, elle est pas nouvelle, était déjà dans Marx Engels, mais voilà, là elle est réinvestie finalement par la par la contestation féministe. Elle peut permettre de repenser justement cette classe. Alors donc ce travail reproductif, c'est pas seulement le travail domestique, c'est pas mousse domestique, ça veut dire foyer, ça veut dire maison.
C'est pas seulement ça le travail le travail reproductif aujourd'hui, c'est le travail domestique qui est effectué au foyers, mais c'est aussi justement tous les tout le travail qui peut être effectué dans les services publics, type l'éducation ou dans le social, tout le travail associatif. Euh Charles Consignier, ça vous a peut-être choqué comme moi, les 25 milliards sur à sucrer sur les associations, les associations aujourd'hui elles elles jouent un rôle absolument fondamental puisque en fait s'il y a des délégations de services publics qui sont faites, c'est du travail. Enfin bon, je vois bien que ça il y a tout le monde qui hoche la tête.
Donc vous voyez très bien ce que je veux dire par le travail associatif qui est absolument fondamental. Donc de travail domestique, le travail dans les services publics, le travail associatique et le travail marchand. C'est-à-dire qu'il y a du travail reproductif qui est marchandisé aujourd'hui.
Bien sûr, on a parlé des plateformes, mais on pourrait parler de tout un tas de d'autres types de de métiers qui sont qui se situent dans le dans le secteur marchand. Alors l'idée c'est de repenser la stratégie politique à partir de ce travail reproductif entendu finalement dans son ensemble. Donc des secteurs d'activité qui sont relativement différents mais et qui sont structurellement pas organisés de la même manière dans la société mais qu'on penserait qu'on penserait ensemble et faire passer ce travail reproductif en soi sociologique enfin à la manière dont il existe dans la société. ce que je viens de décrire rapidement à un travail reproductif pour soi, c'est-à-dire justement conscient de ce qu'il représente avec l'idée justement d'être aussi d'ailleurs une force de transformation, je vais y revenir juste après.
Globalement, construire une forme de classe des travailleurs et des travailleuses de la reproduction sociale, hein. C'est un des bilans par exemple de 2023. Imaginons, on est le 7 mars, on n pas eu à la grp féministe et là on a le service public qui s'arrête, le social qui s'arrête.
Bon, le service public, on va dire, les les services associatifs, le travail domestique s'arrête, tout le travail reproductif marchant plus, j'en ai oublié un, excusez-moi euh si vous avez suivi mon raisonnement, mais c'est pas grave. euh associatif publique, marchand et domestique. Bon bref, en tout cas, si tout le monde s'arrête là à l'occasion du 8 mars 2023, et bien on élargit sacrément la contestation, hein, et on n pas besoin des 3 semaines de grève reconductive des raffineurs jusqu'à ce qu'elle y ait pénurie de carburant pour que espérer peut-être un jour peser dans le rapport de force.
Je pense à tester, avoir proposition, je sais pas. Voilà. En tous les cas, l'idée il est de repenser ça donc tout en uniformisant, pas bien sûr, mais tout en partant justement de ce commun, de ce commun qui est aussi fondé sur le travail encore une fois dans cette acception qui n'est pas uniquement santé évidemment sur l'entreprise mais qui intègre le travail domestique he la question des gilets jaunes, ça a été fondamentalement ça et c'est le cas aussi d'ailleurs dans d'autres pays du monde he l'idée de la vie chère la les mobilisations autour de la vie chère c'est des mobilisations du travail domestique c'est des mobilisations de on ne peut pas boucler les fins de mois, on a plus une tune en fait.
Et ça ça c'est c'est aussi lié à la reproduction de la force de travail. On a plus de tune. Quand Ingrid le vaur, elle dit "J'ai pas de tune pour mes gosses à Noël." Et ben en fait, elle se dit "Je peux pas reproduire la force de travail de mes enfants correctement tel que moi je considère qu'en tant que parent je dois le faire aujourd'hui." Je sais pas si vous vous souvenez d'igre le vassur c'était une des figures des gilets jaunes.
C'est un exemple que se donne mais il y en a plein d'autres comme ça. Là on est sur la reproduction de la force de travail qui ne se qui ne peut plus se faire du fait de ce qu'on appelle la crise de la reproduction sociale. C'est-à-dire que voilà, cette reproduction aujourd'hui, elle est limitée justement par le néolibéralisme et le fait que voilà, on on peut plus élever nos enfants correctement.
Et ça c'est des mobilisations qui ont un lien avec euh le travail. Et alors j'insiste sur le travail parce que je pense que par rapport à l'idée de peuple par exemple, je pense que c'est vraiment fondamental de ne pas lâcher euh cette question du travail parce que c'est une un enjeu matériel et c'est pas seulement le le l'idée du peuple évidemment ça a aussi un c'est une question politique importante. Mais l'idée de de du travail permet de penser d'un point de vue matériel le commun que que nous avons les uns les unes avec les autres. aujourd'hui mais aussi demain.
C'est-à-dire qu'en fait euh en gros on est capable aujourd'hui par notre travail de la reproduction sociale de faire fonctionner la société et on n'a pas envie que de le faire pour le capital, on veut le faire pour une société démocratique et cetera et cetera. Alors évidemment, qu'est-ce que ça implique ? J'ai même j'ai pas encore tout à fait fini mais je peux évidemment qu'est-ce que ça implique concrètement ça et vous avez déjà sans doute un peu compris ce que je voulais dire mais ça implique de repenser ce qui est un dit secteur stratégique.
Je l'ai un peu dit quand je parlais de de 2023 mais là encore la grève féministe, elle nous apprend beaucoup ce que je disais tout à l'heure hein. pas moi qui l'ai inventé, c'est une théoricienne et chercheuse d'Argentine qui s'appelle Veronica Gago qui était en France d'ailleurs et qui était intervenue à un des événements de de l'IB, c'est que seul une greffe féministe peut être générale parce que en fait sinon ça veut dire qu'il y a tout un tas de pans du travail qui ne sont pas concernés par cette dite grève générale le travail domestique en Argentine le travail informel et on pourrait aussi ajouter par exemple d'ailleurs euh le travail des indépendants et cetera et cetera. Mais en tous les cas, il faut vraiment avoir en tête que les féministes, elles ont repensé le travail en parlant du travail domestique, elles ont repensé la grève avec la grève féministe justement avec l'idée de de constituer un élargissement.
Alors cette grève féministe, repenser les secteurs stratégiques et envisager la grève féministe non pas comme un truc minorisant qui ne concerne pas grand monde, juste les femmes et les minorisés de genre, mais comme un truc qui élargit pourquoi en fait ça peut aussi fonctionner aujourd'hui et en quoi il y a du commun ? Qu'est-ce qu'il y a comme commun ces métiers que j'ai éévoqué tout à l'heure, qui soient marchand, qui soit associatif, qui soit service public et cetera et cetera. Et ben en fait euh ils ont comme point commun d'être effectivement largement féminisés, d'être dévalorisé, déqualifié, ce que je disait.
Euh ils ont comme point commun aussi d'être impossible à délocaliser, hein. Je vois pas comment on peut délocaliser les bébés par exemple ou délocaliser les élèves. Enfin, on peut pas délocaliser l'école, les écoles, on peut pas délocaliser les hôpitaux, on peut pas délocaliser les crèches et cetera et cetera.
Ils ont aussi une forte utilité sociale et ça on en a parlé 12 milliards de fois hein, les essentiels et cetera et cetera, même si évidemment la Macronie n'en a strictement rien fait et ils ont commun en commun un truc qui nous pèse sacrément à nous militanteux. Ils ont en commun le fait que quand on s'arrête de travailler et ben on culpabilise. On se dit "Ah là là, je vais laisser les gosses, je vais laisser les malades, je vais laisser les personnes âgées, je vais laisser je vais je peux pas les laisser, je peux pas les laisser. comment je vais faire en fait.
Et ben l'enjeu c'est justement de penser aussi ensemble dans ces différents secteurs là la manière dont on réagit. Alors la grève c'est l'arrêt de travail mais ça peut être aussi le fait de organiser autrement le travail hein. Par exemple là on est en 2025 he c'est les 30 ans du du puissant mouvement de novembre 295.
Euh et bien en novembre- décembre 95 dans un hôpital psychiatrique à Rouan, il y a une grève reconductible pendant 2 mois dans laquelle les soignanteux ont élaboré un planning alternatif. En fait hein, l'idée c'est de créer une autre organisation du travail, suspendre celle qu'on nous impose à l'hôpital, ne pas remonter les actes qui font la tune de l'hôpital, hein, alors qu'il est privatisé, mais suspendre celle l'organisation qu'on nous impose pour justement créer une autre organisation. ce qui nous permet pas ce qui nous ce qui ce qui ne signifie pas du coup lâcher les gens et les laisser les laisser dans la merde.
Moi, j'étais impliqué l'année dernière de manière importante en dans le 93 dans la mobilisation contre le choc des savoirs. L'idée c'est ça aussi, c'est-à-dire d'ailleurs faire le lien avec ça, je vais y revenir après, faire le lien avec par exemple les parents pour construire des écoles alternatives pour permettre aux enseignantes eux de se mettre en grève contre le choc des savoirs par exemple hein. Et ça c'est un autre point important, c'est que ce secteur là, si on le prend dans son ensemble, il a un du coup un point commun fort, c'est que il y a des usagers, des usagères.
Il y a des malades, il y a des élèves, il y a des parents. Bon, l'autoorganisation des bébés, c'est sans doute pas encore hyper évident, mais en tous les cas, il y a l'idée justement de créer des alliances avec ces usagers et ces usagères. Donc en réalité ça offre une potentialité finalement de lutte assez énorme sur la base de ce qu'on fait déjà.
Et c'est ça que sur quoi vraiment je voulais conclure, c'est cette idée que en réalité ça ouvre aussi ça offre aussi un projet de société, un projet féministe écocialiste parce que bien sûr ce que je suis en train de dire là, alors là j'ai pas du tout le temps de développer mais ça a un lien très fort avec tous les enjeux écologistes du moment hein puisque donc ce travail reproductif il permet d'articuler, je l'ai déjà dit, les luttes de classe antiraciste et féministe, mais il peut aussi euh intégrer évidemment les luttes écologistes hein puisque l'idée c'est de reproduire et de mettre centralement l'enjeu de la reproduction au cœur de notre projet de société et donc de secondariser tout ce qui se rapporte aux enjeux de production de productivisme. Et donc du coup, ça permet du même coup effectivement de penser à un autre projet de société qui fera que peut-être du coup on ne sera plus là pour reproduire la force de travail pour le capital, mais peut-être juste reproduire la vie, l'habitabilité. Alors là, c'est gnorg et tout parce que en plus je le dis en 2 secondes mais en gros c'est cette idée- là hein qui peut y avoir derrière le fait de se centrer enfin de réfléchir à partir du travail reproductif.
Voilà, je m'arrête là. Merci beaucoup Fanny. Euh encore une fois, j'espère que les questions que nous aurons à la fin de la conférence pourront revenir sur les points importants qui ont été soulevés et qui et qui manquent de temps.
En tout cas, c'était très riche. Merci beaucoup. Et maintenant, nousons passer à à un sujet euh encore une fois, j'ai parlé d'opposition et euh souvent il est exposé euh opposer les classes populaires urbaines et les classes populaires rurales dans les médias. et un récit politico-médiatique qui est nourri ensuite par différentes idées et par des billets racistes.
Et là, je laisse Johan nous exposer sa vision. Merci beaucoup. Merci Carlos.
Merci à toutes et à tous d'être ici. Alors effectivement, je vais parler de la division politique des classes populaires selon l'axe urbain rural et la difficulté c'est que c'est à la fois un mythe et il y a des éléments de réalité derrière. Et donc je vais essayer de réfléchir un peu à tout ça en m'inspirant notamment du du marxiste italien Antonio Gramchi sur lequel j'ai j'ai écrit il y a quelques années ce ce livre et qui permet bien qu'on soit 100 ans après les années où il a écrit quand même je pense d'éclairer un peu notre notre situation si on enrichit ces analyses de celle de travaux de sciences sociales.
Alors, toujours est-il que on sait que depuis la présidentielle de 2017, il y a une tendance à la tripartition de l'espace électoral entre le bloc macroniste ou bourgeois, le bloc d'extrême droite et le bloc de gauche. Les votes des classes populaires se divisent pour l'essentiel entre le bloc d'extrême droite et le bloc de gauche. Et on constate une régularité, c'est que plus la taille de l'agglomération baisse, plus l'extrême droite monte et plus la gauche baisse.
La gauche réunit, c'est une autre manière de le dire, la gauche réunit un vote plus urbain tandis que l'extrême droite attire plus les voies des classes populaires des villages et des bourgs. Mais une fois qu'on a dit ça, il reste à expliquer le phénomène et à voir comment ce qu'il faut en faire politiquement. Et la difficulté, c'est qu'il faut tenir deux choses ensemble.
D part il faut pas absolutiser la différence entre une France des métropoles et une France périphérique comme le fait par exemple le chercheur médiatique Christophe Guiloui parce que expliquer la force du RN dans les zones rurales et pays urbaines simplement par le fait que la France périphérique aurait été perdante de la mondialisation et aurait été abandonnée par l'État contrairement aux métropoles et au banlieu en fait ça crée une opposition caricaturale que le RN peut facilement reprendre à son compte et qui le sert. Bien, mais d'autre part, il faut quand même comprendre la force de l'extrême droite en ruralité pour mieux la combattre parce que c'est un terrain qu'on ne peut pas laisser évidemment à l'extrême droite parce que certes, il est évidemment décisif à court terme de mobiliser le ce qu'on appelle parfois le 4e bloc, savoir les catégories sociales fortement abstentionnistes mais potentiellement plus proches de la gauche radicale comme par exemple les jeunes, les racisés ou les habitants des quartiers populaires. Et je pense qu'il est également indispensable de lutter dès maintenant pour gagner l'hégémonie sur les classes populaires rurales.
Gagner les gémonies terme de Gramchi qui veut dire simplement entraîner dans des luttes émancipatrices parce que comme le dirait Gramchi donc ce n'est que par une lutte hégémonique parvenant à unifier les subalternes par-delà tout leur clivage en particulier entre ruraux et urbain que peut se réaliser leur émancipation intégrale. Alors premier moment donc l'idée que je veux défendre c'est que on peut pas rigidifier l'opposition entre classe populaire et urbane et rurale et cela pour au moins trois raisons. Alors d'abord pardon d'abord les première raison c'est que les territoires ruraux et pérurumains sont très divers.
On peut penser aux différentes analyses faites par des sociologues de l'extrême droite. Il y a par exemple Benoît Coca qui a analysé les campagnes en déclin des territoires désindustrialisés dans le Grand Est. notamment euh bah à l'inverse de ça, on a des campagnes prospères attirant touristes, néoruraux, résidences secondaires comme dans le sud-est analysé par un autre sociologue de l'extrême droite savoir félicien for et on peut encore diversifier avec un pays urbain avec une industrie qui est encore vivante comme dans l'un en périphérie de l'agglomération lyonnaise étudiée par Violen Girard.
Par ailleurs, il y a des zones rurales avec une forte tradition de gauche, notamment le limousin, ou d'autres avec une forte tradition démocrate chrétienne et agricole ayant longtemps favorisé un vote modéré comme dans l'Ouest et en Bretagne. Même si en passant, pour le dire en passant, le l'Imousin et la Bretagne connaissent maintenant des très forts scores RN également. Toujours est-il que lorsqu'on parle de ruralité au singulier, il faut considérer cela comme ce que les sociologues appellent un idéal type, une abstraction qui du coup varie selon les spécificités sociales et locales.
La deuxième raison pour laquelle on peut pas absolutiser l'opposition rurale urbain, c'est que bah la corrélation euh entre ruralité et vote RN, c'est une tendance et en plus on peut en dégager des facteurs explicatifs généraux. Or, qui sont les suivants, en fait, on constate que euh si les euh classes populaires rurales tentent à voter plus à l'extrême droite que les classes populaires urbaines, ça s'explique pas en premier lieu par le fait qu'elles habitent dans des communes plus petites ou peu denses. En fait, ça s'explique dans une large mesure comme le montre notamment le géographe Olivier Booba Holar par un effet de composition sociale, c'està-dire par les caractéristiques sociales de la population.
On retombe ainsi en fait sur des facteurs explicatifs sociaux du vote RN. comme euh la proportion de diplômé dans la population puisque en général plus le niveau de diplôme augmente plus le vote RN baisse. Euh second facteur l'âge puisque les jeunes moins présents dans les zones rurales sont tendantiellement plus à gauche. 3è facteur encore la proportion d'immigrer et de raciser qui est plus fort dans les quartiers populaires que dans les zones rurales et périurbaines.
Même si à nouveau c'est quelque chose qu'il faut nuancer parce que il y a une tendance à l'invisibilisation de la présence d'immigré et de raciser dans les zones rurale et péurbaine. Troisème raison pour laquelle on peut pas absolutiser la division, c'est que du point de vue des conditions d'existence et de vie, il y a une très forte proximité en fait entre quartier populaire urbain et territoires ruraux ou péri urbain délaissé. Alors ça c'est quelque chose qui est très bien développé dans un article de du livre de l'Ilb de Clara Deville et euh Pierre Gilbert qui mont enfin donc qui montre que euh cette communauté de conditions d'existence et qui préfère du coup plus parler de d'espace du populaire euh en général donc rassemblant à la fois quartier populaire et territoires ruraux et périurbains délaissés puisque les deux se caractérisent par des euh le fait d'être majoritairement habité habité par des classes populaires exploitées notamment ouvriers et employés par le fait d'être à distance de l'état social des services publics et des administrations.
Euh encore par le fait de par les contraintes qui pèsent sur les habitants en ce qui concerne le logement ou le transport ou encore par des des activités de débrouille, d'entraide ou de travail informel auquel les habitants bah doivent se livrer pour améliorer leurs conditions d'existence. Bien. Alors, tout cela étant dit, il n reste pas moins nécessaire de se demander comment on peut contrearrer du coup la force de l'extrême droite dans les classes populaires rurales.
AL je voudrais évoquer rapidement quatre points qui sont ça vous intéresse plus développer dans un article de la revue en ligne contre-temps. Premièrement, ce qu'on vient de dire là sur les conditions d'existence, on peut en tirer un certain nombre de mesures autour desquelles pourrai se réaliser l'unité populaire des subalteres au premier rangquel la défense de l'état social. Les services publics et les droits sociaux en fait sont vu qu'ils sont censés être universels peuvent répondre autant aux intérêts et aux besoins des classes populairire urbaine comme rurale racisé comme non racisé.
Et en ce sens-là c'est ce que Gramchi appellerait des classes des revendications pardon potentiellement hégémoniques. C'est-à-dire elle dépasse les intérêts particuliers corporatistes de tel ou tel groupe social. Alors la difficulté ici c'est un discours seul de défense des services publics.
Ça parviendra difficilement à convaincre les fractions de des classes populaires déjà gagné à l'extrême droite et c'est en réalité plutôt une défense réelle une fois arrivée au pouvoir qui pourrait être efficace pour cela. Et par ailleurs, il va de soi que actuellement les gouvernements libéraux ont fait exactement l'inverse puisqu'ils ont au contraire organisé la pénurie et mis en concurrence les populations pour l'accès au service public comme pour l'emploi d'ailleurs. Ce qui évidemment facilite énormément la stratégie AN de répondre à cela par l'idée de préférence nationale sans remettre en cause la le fond de la logique néolibérale.
Alors deè deuxème point, c'est l'idée que il faut également chercher à répondre à des préoccupation spécifique des classes pré populaires rurales qui concernent en particulier le logement et les transports. Il s'agit évidemment pas de renoncer à la défense du logement social, à la défense des transports en commun ou à la planification écologique, mais il est euh, je pense, nécessaire de faire droit à l'importance de la propriété privée du logement et de la voiture individuelle pour les classes populaires rurales. Et c'est notamment une des choses que je pense que le mouvement des gilets jaunes a montré.
Euh à nouveau, on peut faire un parallèle à ce que disait Gramchi. Pour lui, en fait, une force socio-politique ne peut construire son hégémonie euh sur d'autres groupes sociaux, ne peut les entraîner dans sa lutte émancipatrice que si elle est capable de faire droit à leurs intérêts propres. Et son exemple classique, c'était lorsque le mouvement ouvrier en Russie après la révolution de 1917, a su défendre le droit et la redistribution de la terre au paysans, ce que lui-même a, en tant que dirigeant du parti communiste italien a proposé dans l'Italie des années 20.
Alors 3è point, l'idée c'est qu'il faut prendre acte du fait que l'une des causes première de la division des classes populaires, c'est tout simplement, c'est essentiel de le rappeler, le racisme structurel et que le vote à l'extrême droite repose fondamentalement sur une politisation du racisme. Le Renn promet aux classes populaires blanche, qu'elle soit rurale ou non par ailleurs, que leur position sociale sera sécurisée au dépend des classe populaire racisé, notamment donc déjà évoqué avec l'idée de préférence nationale. En ce sens-là, l'extrême droit de métaprofit, ce que le sociologue Olivier Schwartz a appelé la structure triangulaire de la conscience sociale des classes populaires. structure triangulaire car il s'agit pas seulement de se différencier de d'une de ce d'en haut mais également de se différencier de ce d'en bas ce qui est notamment vrai dans le cas des classes populaires qui ont quelque chose à perdre par exemple un emploi stable ou la propriété d'un logement euh et en ce sens-là les classes populaires blanches rurales vont tendantiellement se différencier d'une part des décideurs, des privilégiés urbains notamment parisiens et d'autre part de ceux d'en bas, les précaires vu comme cassos, les assistés, les délinquants et cetera.
Et évidemment ceux d'en bas sont fréquemment assimilés au racisés, ce que va renforcer le discours de l'extrême droite, mais aussi les politiques étatiques racistes et islamophobes. Et en ce sens-là, dénoncer et combattre le racisme comme discours et comme réalité, c'est absolument indispensable pour affaiblir les logiques sociales qui favorisent la politisation à l'extrême droite des classes populaires blanches, rurales ou non. et croire qu'on pourrait unifier les classes populaires en se taisant sur la question du racisme, c'est parfaitement illusoire.
Cela cela étant cela étant dit un discours antiraciste à mon sens ne peut pas suffire pas plus qu'un bon programme ne peut suffire pour combattre l'extrême droite et regagner des classes traction des classes populaires qui y sont actuellement gagné ce qui ce qui va m'amener au 4e point que je vais le plus développer c'est la nécessité je pense pour mener la lutte hégémonique envers les classes populaires rurales d'avoir des relais ou des leaders d'opinion locaux. On peut prendre le cas des campagnes en déclin dans le grand test qui ont été étudié par Benoît Cocar sont à l'œuvre, je pense le plus nettement et directement des logiques sociales néanmoins plus générales. Dans ces territoires, la gauche est très faible.
Je cite Cocar. Les groupes sociaux qui portent typiquement le vote à gauche sont soit absents de ces villages et bourg populaire du fait notamment du départ des jeunes diplômé ne trouvant pas de déboucher sur le marché de l'emploi local notamment du coup à cause de la destruction des services publics et c'est ces groupes sociaux sinon sont soit dans un entoit ignoré des classes populaires locales. Alors par ailleurs, Cocar relève de nettes affinités transclasses entre les classes populaires rurales et la petite bourgeoisie locale.
Il montre qu'il y a une proximité dans les modes de vie, les sociabilités et les visions du monde entre eux d'une part les petits patrons, les commerçants, les les artisans et d'autre part les salariés de l'artisanat et des petites entreprises. Le salarié peut ainsi être l'ami et même prendre pour modèle l'artisan à son compte, le président du club de chasse, le cafettier, le petit patron du coin et même souvent son propre petit patron. En ce sens-là, ces figures locales jouent le rôle de leader ou de relais d'opinion qui vont influencer politiquement les classes populaires rurales, les tirer à droite et très souvent les tirer à l'extrême droite qui peut un certain nombre de territoires devenir ainsi la norme.
On peut dire que ces figures locales jouent le rôle de ce que Gramchi appelle des intellectuels organiques et cela sans avoir besoin d'être des militants Ren encartés. Euh les intellectuels organiques pour Gramchi, ce ne sont pas forcément des gens qui sont spécialisés dans une activité intellectuelle. Ce sont des gens qui se définissent par le fait de diffuser certaines idées et visions du monde et ainsi d'organiser leur milieu social.
Et c'est précisément ce que font les d'après lui les militants politiques, mais c'est aussi ce que font les leaders d'opinion dont je viens de parler. Même si par ailleurs ces gens peuvent être paradoxalement hostile aux intellectuels au sens strict. Alors, en raison des affinité translasses et des influences politiques diffuses, il y a une logique qui va lier les classes populaires rurales à l'extrême droite par l'intermédiaire de cette petite bourgeoisie locale qui joue en ce sens-là donc objectivement un rôle d'intellectuel organique.
Alors cette configuration là, je propose de l'appeler bloc rural. Alors, c'est une expression qui est forgée par analogie avec celle de bloc agraire chez Gramchi. Chez Gramchi, il montre que dans l'Italie du Sud, il y a une logique qui fait que la masse des paysans pauvres va être liée socio-politiquement aux grands propriétaires fonciers par l'intermédiaire de la petite bourgeoisie intellectuelle composée de prêtres, de notaires, de médecins et cetera. tout un petite bourgeoisie intellectuelle qui renforce tout un conformisme social et tout cela maintenait les paysans très pauvres dans une désorganisation et une passivité politique euh bah qui les affaiblissait et qui par ailleurs les séparait des autres subalternes comme les ouvriers du nord.
Alors, tu reviens aujourd'hui. L'idée c'est que le bloc rural va impliquer une politisation diffuse et informelle à l'extrême droite. Et en ce sens-là, l'une des tages des militants de gauche anti anti antifasciste me semble être de devoir briser ce bloc rural.
Et pour cela, donc le discours ne peut pas suffire. Le problème c'est aussi d'avoir de notre côté des relais d'opinion. nos propres intellectuels organiques locaux de gauche, qu'ils soient liés formellement ou non à des organisations politiques, syndicales ou associatives.
Euh en Italie, en 1945, le Parti communiste avait lancé le mot d'ordre une cellule du parti pour chaque clocher. Euh l'idée c'était de contrer l'influence réactionnaire de l'ise catholique sur tous les territoires. Évidemment, aujourd'hui, on est très loin de cette configuration là, mais on pourrait imaginer quelque chose, un objectif du moins analogue.
Alors, je vais conclure là-dessus avec trois pistes qui pourraient peut-être nous permettre de s'approcher de cet objectif. Alors, premièrement, je pense que ça demanderait non simpulement enfin pas simplement un mouvement à Forceori un mouvement gazeux pour prendre une formule qui a été extrêmement commentée, mais ça demanderait je pense un véritable parti de masse structuré et organisé nationalement et enraciné dans les territoires, dans toute leur diversité. Parce que la forme partie à mon sens ça permet particulièrement favorable à la circulation des informations, des expériences et et des initiatives réussies entre les comités locaux et entre eux et avec le niveau national notamment par exemple lors des congrès et la forme partie favorise je pense la formation des militants à même de structurer l'activité sur le long terme et de rendre le discours audible localement.
Et on remarque d'ailleurs que c'estah des organisations politiques structurées sur cette forme du parti de masse qui ont favorisé historiquement le développement d'un communisme rural en France comme dans le Midi rouge, le Limousin, la Dordogne ou l'Allié. Cela étant dit, le maillage territorial visé là une cellule du parti, enfin une cellule des intellectuels organiques de gauche dans chaque localité, ça peut pas être réalisé par une seule organisation. Ça demande un front uni de parties, de syndicats, d'associations, de collectifs et cetera.
Le NFP y a ressemblé mais bon, on le sait tous, ça a duré le temps d'une élection. À court terme, on pourrait souhaiter que de tels fronts unis se reformment à des niveaux locaux, par exemple lors des élections municipales, notamment dans les localités où il y a un fort danger d'extrême droite. Euh toujours est-il que on peut noter que il y a déjà nombreuses organisations, réseaux militants déjà présents sur lesquels on peut s'appuyer.
Donc il y a toujours des syndicats actifs en milieu rural ou pays urbain, en particulier avec les unions locales. Il y a également la Confédération paysane qui, je pense, peut jouer un rôle décisif en raison de la force symbolique euh du monde agricole, même si démog démographiquement, il est euh minoritaire, largement minoritaire, même en milieu rural. Ou encore autres relais déjà existants sur lesquels s'appuyer, il y a tout un mariage territorial déjà existant de collectifs de lutte écologique comme les soulèvements de la terre ou terre de lutte.
Euh d'ailleurs sur cette idée de Front Unii, on peut noter que un front uni entre parti non seulement ça travaille ça favorise le travail politique mais ça favorise aussi le travail entre les partis et d'autres types d'organisations. C'est beaucoup plus facile pour des syndicats ou des collectifs ou des associations de travailler avec des parties de gauche radicales qui qui forme un front uni que avec un seul d'entre eux parce que comme ça il y a pas à choisir, ça évite les distensions internes et cetera. Alors 3è et dernièrement euh troisièmement et dernièrement pardon l'idée c'est que là tout ce que je viens de dire ça relève de ce que Gramchi appelle la guerre d'opposition c'està-dire un effort de longue haleine d'implantation organisationnelle et de lutte idéologique.
Et évidemment, il faut aussi savoir saisir les moments de ce qu'il appelle la guerre de mouvement, les occasions, enfin les les moments de mise en activité, de lutte directe ouverte des classes populaires qui fissure d'elle-même le bloc rural. Alors, évidemment, on peut penser à tout un ensemble de luttes syndicales, écologiques, locale, mais le cas le plus paradigmatique, ça a été le mouvement des gilets jaunes. En ce sens-là, à cette occasion, on peut rappeler que bah les directions des organisations syndicales, à l'exception sans doute de celle de Solidaire, n'ont pas soutenu le mouvement, ont manqué une occasion historique.
On verra si le mouvement du 10 septembre va constituer une mobilisation de masse des classes populaires rurales d'une même ampleur que celle des gilets jaunes. Mais dans tous les cas, je pense que les militants politiques et syndicaux de gauche devraient dans la mesure du possible y prendre part. Mais non pas pour tenir un discours hors sol ou afficher leurs couleurs, mais euh pour euh renforcer cette mobilisation grâce à leurs expériences et pour en accentuer de l'intérieur l'organisation progressiste.
Et c'est ça en quelque sorte ce que signifie euh aussi être des intellectuels organiques. Voilà, je vous remercie. Je vais m'arrêter là. [Applaudissements] Merci beaucoup Johann.
Et euh de toutes ces interventions, il faut trouver une débouchée politique qui va être notre ligne pour nous ramener euh à cette victoire de pouvoir emmener les masses avec nous. Tu l'as rappelé dans cette opposition entre classe populaire urbaine et et classe populaire rurale, moi à chaque fois je pense au Shibani, à ceux qui sont venus dans tous les territoires de France qui n'étaient pas encore urbanisés dans la ruralité et qui ont été des ouvriers de l'après-gerre après Seconde Guerre mondiale qui se sont tués dans les mines des travailleurs silencieux. qui ont fondé des familles, ils sont jamais revenus au final.
C'était euh ces personnes qui ont pu construire cette France, cette Nouvelle France. C'est quand on regarde, je prends l'exemple des gilets jaunes où beaucoup de journalistes éditorialistes ét devant leur télé à attribuer les bons petits points en disant "Ah ben chez les gilets jaunes, il y a pas les classes populaires, il y a pas les racis. à chaque fois, on a ce système néolibéral où les capitalistes qui ne participent pas aux manifestations mais qui vont juger l'organisation et les présences dans ces mobilisations pour encore une fois diviser, imposer, classifier de manière raciale et de manière genrée.
Familie l'a rappelé ce qui va nous rassembler dans tous les territoires. Tu l'as dit Johann, l'aspect générationnel où dans la ruralité, parfois les jeunes se déplacent vers les centre-ville et les grandes métropoles. Ils vont quitter les bourgs pour aller dans les métropoles, en métropole, on va voir davantage un vote de gauche et de gauche de rupture.
Et ça aussi c'est un signal important parce que la la gauche qui accompagne la social-démocratie a trahi. Il n'y a pas et dans le bouquin, il est évoqué ce 4e bloc les abstentionnistes, les racisés qui vont voter de facto pour la gauche. Non, ça n'existe plus.
Il y a cette proposition politique. Les abstentionnistes aussi ont des idées politiques. Ce n'est pas je frappe une porte là-bas l'abstention, du coup ils vont voter à gauche.
Non, ce n'est pas automatique. Ça l'a été pendant des années. Ces personnes ont besoin d'une ligne de rupture, d'axes défendus et la discrimination, la lutte contre le racisme a une place importante dans cette nouvelle gauche, en ce nouveau peuple qui doit se soulever, dans cette nouvelle classe populaire et au-delà des territoires.
J'ai eu à faire des réunions publiques en Dordogne, dans des territoires ruraux où les usines ont fermé et quand on rentre dans les sujets profonds de ce système qui a tué l'industrie par le système néolibéralisme, quand on discute avec ces personnes de ce territoire où tout ferme, tout rien ouvre, il n'y a même plus de train qui passe, la gare est fermée, ces personnes comprennent que la division qui est organisée est là juste pour classifier les populations et ne pas permettre l'émancipation d'un peuple. Et cette division encore une fois Fanny l'a rappelé, c'est dans ces personnes dans les métiers essentiels qu'on ne peut pas délocaliser mais qui ne seront jamais valorisé. La place des femmes dans l'ensemble des luttes sociales est importante.
Qu'elle soit dans le milieu du travail ou dans les quartiers, dans cette organisation de la société, dans les structures associatives. Tu l'as rappelé, les structures associatives que Charles Consigni a décrié hier sont très importantes. là où l'État est défaillant, là où il n'y a plus de service public, il y a des bénévoles dans des structures associatives qui viennent tenir l'État à bout de bras.
Et il est de notre responsabilité, nous actrices et acteurs du monde politique, vous conférencier, nous militants et militantes, de tenir à bout de bras cette révolution populaire. Et cette victoire ne passera uniquement par la mobilisation pour aller convaincre chaque personne devant les portes, devant les quartiers, dans la ruralité, là où vous êtes. Et le 10 septembre sera le début de quelque chose.
Nous ne connaissons pas la forme que ça prendra peu importe les territoires, mais depuis de nombreuses semaines, tout le monde s'organise, des assemblées citoyennes, peu importe les villes et peu importe les départements, peu importe les quartiers pour être prêt pour cette première date. Nous en tant que militant insoumis et insoumise, nous avons cette responsabilité d'être dans les rues à participer collectivement à ces organisations parce que nous avons jamais failli. Les personnes que nous avons retrouvé dans les rues, c'est les mêmes personnes que nous avons accompagné dans chaque mobilisation.
Tu l'as rappelé sur mobilisation par rapport au choc des savoirs, mais quand il y a des AOS qui s'organisent devant des écoles, il y a des militants et des militantes insoumis qui sont avec ses camarades sur place accompagnés avec des caisses de grève. Tu as rappelé la victoire c'est lesbis Bigol. À chaque mobilisation, nous sommes présents et présentes.
Nous devons continuer dans cette lignée là parce que c'est les mêmes profils qui se retrouvent. Il faut cette convergence des luttes qui permettra de renverser cette tr établi qui est là uniquement pour diviser parce que dès l'heure où cette convergence existe, dès lors où les abstentionnistes sont convaincus, dès lors à ce moment nous pouvons gagner. tu l'as rappelé avec le NFP et c'est cette Concorde parti politique d'association de syndicat qui a permis d'avoir ce brassage énorme et de permettre d'avoir une masse populaire pour pouvoir dire non à l'extrême droite.
Là où 27 institut de sondage donner l'extrême droite à Matignon, la mobilisation citoyenne en à peine 3 semaines approuver le contraire. Nous pouvons le faire, nous devons le faire et nous allons gagner. Et je vous remercie pour votre présence. [Applaudissements]
Carlos Martens Bilongo