Le Pen/Bardella : interchangeables, vraiment ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
C'est l'heure du second débat de ce sens public consacré au duo Marine Le Pen, Jordan Bardella. Officiellement, ils sont sur la même ligne politique. Ils feront campagne.
Merci de rester en place quelques cours. On y Ils feront campagne présidentielle commune. Mais quelle est la réalité ?
Le parti, le pénis peut-il devenir bardéliste ? Est-ce qu'on emploiera ce terme-là dans quelques temps avant d'en débattre ? C'est prêter au jeu des différences.
Entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette. Certains rêvent de voir des différences majeures entre Jordan et moi je crois qu'il n'y en a pas. Pourtant, s'ils se rejoignent sur les questions migratoires, ils n'ont pas le même patronyme, pas le même âge, pas le même style non plus.
Ils ne représentent pas la même chose, ils n'ont pas la même image. Marine Le Pen a travaillé longtemps sur sa communication pour se rapprocher des gens, pour être une sorte de mère de famille de la France. Elle a beaucoup travaillé sur le pouvoir d'achat et à ce côté social.
À l'inverse, Jordan Bardella, et on le voit avec les dernières unes de Paris Match, il est beaucoup plus sur un un côté bourgeois, on va dire, beaucoup plus chic et un petit peu plus lointain de ces populations-là. Et cela se ressent en matière d'économie. Fin avril, après l'annonce des bénéfices de Total Energy, Jordan Jordan-Bardella, qui se rapproche du patronat, refuse d'appeler catégoriquement à une taxe sur les super profits. semble plus pressée que Marine Le Pen Le Pen et ce que pense Jordan Bardella pour l'instant, il est plutôt bien d'avoir un jeune loup qui parle au milieu d'affaires, à la jeunesse, à la droite libérale et et d'avoir une Marine Le Pen qui continue à parler, à être visible, à être audible par les classes populaires qui représentent quand même aujourd'hui l'immense majorité des contingents de lecteurs Rassemblement national.
Mais ce double discours pourra-t-il tenir à l'approche de la présidentielle quand il faudra détailler un programme ? Des cadres du RN estiment que la ligne sera tracée le 7 juillet prochain, date de la décision en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Marine Le Pen saura alors si elle peut se présenter à la présidentielle.
Marine Le Pen, Jordan Bardella sont-ils vraiment interchangeables ? On en débat avec Hubert Coudurier, bonsoir. Vous êtes directeur de l'information du Télégramme et vous publiez Le mystère Marine Le Pen, c'est aux éditions Plon.
Lauriane Clément, bonsoir. Bienvenue, heureux de vous retrouver, vous êtes journaliste politique en charge de l'extrême droite à La Croix, Erwann Lecoeur, bonsoir et bienvenue. Vous êtes sociologue spécialiste de l'extrême droite et vous avez co-dirigé plusieurs numéros de la revue Propos consacrée à l'extrême droite, écologie ou barbarie paru au petit matin et Jonathan Boucher-Petersen est resté à mes côtés évidemment, éditorialiste politique à libération et pour sens public.
Alors il y a cette phrase-là, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Est-ce qu'elle est de moins en moins vraie pour vous cette phrase d'Hubert Codurier ? Plus on se rapproche finalement d'échéances importantes, échéances judiciaires le 7 juillet, échéances présidentielles dans 20 ans.
Je pense que pour l'instant, il est de bon ton de ne pas masquer les différences qu'il peut y avoir entre eux. C'est plutôt des différences de caractère. C'est un jeune loup, une sorte de rastignac.
Finalement, j'écris dans mon livre que c'est l'amie de ces dames. C'est quand même elles qui ont fait sa carrière et elle est plus distancée que lui parce que d'abord a la plus d'expérience elle n'est plus distancié à l'égard du groupe bolleret elle est plus distanciée à l'égard des patrons c'est une vieille briscarde de la politique et d'ailleurs la droite traditionnelle se méfie d'elle plus que de jordan bardella dont elle pense qu'elle ne fera qu'une bouchée parce qu'il ne tiendra pas une campagne présidentielle De toute façon, jusqu'au 7 juillet, il ne se passera rien. Puisqu'on parle maintenant de boîte noire depuis plusieurs mois.
C'est une manière de dire qu'ils ne veulent pas laisser transparaître une sorte de rivalité à la Chirac-Baladur. y avoir des différences effectivement comme vous l'avez souligné sur l'international lui est plus proche de rapprochement fait il favorable à un rapprochement avec georgia méloni il était favorable à marquer ses distances avec moscou il a une phrase je cite dans mon livre qu'on m'a rapporté j'en ai rien à foutre des russes je ne suis jamais allé à Moscou elle avait des amitiés anciennes d'ailleurs elle a été un peu maladroite en allant soutenir Victor Orban à la veille de son échec. Et puis, il a également...
Je ne dis pas qu'il a été pris en main par le groupe Bolloré, mais on dit parfois que Nicolas Dia, qui est une sorte d'âme d'année de Vincent Bolloré, l'a beaucoup inspirée pour ses livres, etc., et et qu'elle m'a dit, j'espère qu'il ne l'a pas trop inspiré. Elle a plus de distance.
Elle dit, Poloré, c'est mon groupe, c'est son groupe, moi, c'est la France. OK, on va pouvoir reprendre un certain nombre de ces différences que vous avez commencé à brosser. On peut dire quand même que Jordan Bardella, Lorraine Clément, c'est ce qu'il doit à Marine Le Pen.
Oui, tout à fait. En tout cas dans l affichage, il lui promet une fidélité absolue et de se ranger derrière elle si elle peut être candidate le 7 juillet. Donc ça, ça n'a jamais fait l'ombre d'un doute.
Après, effectivement, il faut quand même voir que c'est des divergences entre eux, qui sont mises en scène surtout. Ça les arrange d'avoir un côté très libéral porté par Jordan Bardella, un côté plus social porté par Marine Le Pen. Ils en jouent, mais ça peut devenir un piège pour eux le 7 juillet, si c'est Jordan Bardella qui est le candidat du RN.
Parce que ce double, ces deux jambes sociales sécuritaires libérales, elles fonctionnent s'il y a un double ticket comme ils le souhaitent. Donc Marine Le Pen, candidate pour l'Elysée et Jordan Bardella, candidat pour être Premier ministre. Mais si c'est Jordan Bardella qui se présente, c'est un flou total de ce que va devenir Marine Le Pen.
Elle a déjà dit, pour l'instant, elle maintient un flou total là-dessus. Donc ce côté social libéral, que va-t-il advenir ? Ça peut être un piège pour eux.
Erwann Lecœur, est-ce que vous voyez des différences idéologiques ? Oui, bien sûr. Comme il y en a toujours eu dans cette galaxie de l'extrême droite qui est plurielle, on compte environ 15 tendances à l'extrême droite avec des gens extrêmement différents, des monarchistes, des catholiques, traditionnalistes, des néo-païens, des révolutionnaires, des conservateurs, etc.
Donc au moins 15 tendances à l'extrême droite. Jean-Marie Le Pen avait réussi dans les années 80 à rassembler tous ces gens ou presque tous ces gens sous une seule chapelle qui était le Front National et il les tenait notamment grâce à un service d'ordre extrêmement professionnel et fort et réputé comme mettant à mal tout de personnes qui mettrait à mal Jean-Marie Le Pen, qui était la seule personne qui parlait. Vous noterez que ça a fortement changé, c'est-à-dire qu'aujourd'hui il y a plein de gens qui parlent au Front National, au Rassemblement National puisqu'ils ont changé de non.
Il y a Jordan Bardella, Marine Le Pen, bien sûr, mais il y a aussi 10 porte-parole, il y a aussi des maires, plein de gens qui parlent. On a changé d'époque et l'époque du Front national qui rassemblait toutes ces galaxies, toute cette galaxie et ces chapelles très diverses, les identitaires et les cathotradis par exemple, qui longtemps ont été très affrontés, il y a même eu des morts dans l'histoire de l'extrême droite. Et donc Marine Le Pen incarne vraiment, je dirais, la tendance populiste, ni droite ni gauche français d'abord, Samuel Maréchal, les années 90, début et milieu des années 90.
Et Jordan Bardella ? Et Jordan Bardella incarne beaucoup le maigretisme mis au goût du jour d'aujourd'hui, c'est-à-dire la stratégie de l'alliance des droites pour tuer la droite traditionnelle, faire une alliance des droites à l'extrême droite, pas trop sur le populisme, mais plutôt sur une ligne ultralibérale qui était celle de Jean-Marie Le Le Pen au tout début, il était régagnant, qui était celle de Bruno Maigret ensuite. Je dis cela parce que Marine Le Pen était la chef de la fronde anti-Maigret en 1998 et Bruno Maigret a été celui qui s'est fait éjecté au fil du temps.
Aujourd'hui, on retrouve, bon an, mal an, ces deux tendances qui ne sont pas les mêmes. Marine Le Pen, c'est bel et bien la tendance populiste, sociale, même si elle est millionnaire par héritage comme son père. Et lui est clairement sur une tendance droite rassemblée, donc extrême droite.
Et il a comme formation des gens qui sont très à l'extrême droite, plus qu'elle finalement. Est-ce que vous êtes d'accord ? Est-ce que Jordan Barder, est plus à droite ou à l'extrême droite que Marine Le Pen ?
Je suis d'accord sur le récit de l'histoire et de la manière dont, effectivement, il y a eu la tendance maigrée, etc. Mais il faut dire qu'elle a quand même dépoussiéré le parti. Elle l'a Il faut voir aussi qui s'expriment aujourd'hui.
Ceux qui s'expriment, ce sont des gens qui ne sont pas du UFN ou du canal historique. Ce sont des gens comme Jean-Philippe Tanguy qui vient de Demain la France. C'est Sébastien Chenu qui vient de l'UMP.
C'est un certain nombre d'inspirateurs, comme François Durvy, maintenant, qui est passé de l'autre côté, qui est sorti de l'ombre. Et derrière tout ça, vous voyez, c'était quand même un parti attrape-tout. Donc le discours n'a pas beaucoup d'importance.
En réalité, ils s'adapteront. Leur objectif, c'est de conquérir le pouvoir. Ça fait tellement longtemps qu'ils l'attendent.
Alors je ne sais pas si ce sera possible cette fois-ci. Et la gauche commence à se monter en puissance pour effectivement empêcher les 10 % de la droite traditionnelle qui hésitent encore, qui ont des réflexes un peu pavloviens à l'égard de l'extrême droite. Mais je pense que le discours aujourd'hui n'est pas l'essentiel.
L'essentiel, c'est d d'abord de conquérir le pouvoir et ensuite, si jamais il le conquiert, on risque de voir un phénomène comme Mitterrand en 81 ou Chirac en 95. C'est-à-dire qu'on contourne par la gauche. Mitterrand avait fait une campagne très à gauche, le programme commun.
Chirac a contourner Baladur et le cercle de la raison en étant...
Il avait dit d'ailleurs, je vous surprendrai par ma démagogie. Et puis à l'arrivée, Helmut Kohl lui a dit, enfin Jacques, vous voulez faire l'Europe, oui ou non ? Et on a eu dans un premier cas le cas le cap de la rigueur.
Et dans le cas de Chirac, là aussi, le plan de Juppé qui d'ailleurs lui a fait perdre les émissions en 1996. On va rester sur le Rassemblement national et ce duo Le Pen-Bardella. Jonathan voulait intervenir une première – Je pense quand même qu'il y a des différences qui sont importantes.
Et d'ailleurs, Jordan Bardella, il a beaucoup évolué au fil des années. C'est-à-dire qu'avant, c'était plutôt le marqueur extrémiste, c'était celui qui n'hésitait pas en campagne pour protéger la candidate, à tenir un discours très identitaire à embrasser cette question du grand remplacement envoyé un certain nombre de clins d'oeil dans les franges les plus les plus dures du parti pendant que marine le pen un peu bonne mère de famille sociale essayer de développer autre chose je pense que la configuration sera évidemment beaucoup plus compliquée pour savoir quel rôle potentiellement pour Marine Le Pen, si Jordan Bardella devait être en première ligne. Est-ce que c'est celle de l'encombrante régente ?
Est-ce que c'est celle de la marraine bienveillante qui laisse les rênes quand même aux jeunes premiers Je pense qu'ils se sont construits depuis des années dans l'idée que c'était elle qui devait être en tête de pont et que lui ferait le travail quotidien de mise en œuvre du programme depuis Matignon. Je ne suis pas sûr que la mue soit complètement accomplie du côté de Jordan Bardella. Après, il y a évidemment la façon dont les adversaires les regardent.
Aujourd'hui, même s'il est un tout petit peu devant dans les intentions de vote, effectivement, il y a une grande partie des gens qui se disent que l'argument, il est trop vert, il est trop expérimenté, il n'est pas assez diplômé, il n'a pas d'expérience, il n'est pas prêt. Évidemment, c'est plus facile que quelqu'un qui arrive pour la quatrième fois à une candidature. Plus la campagne avancera, plus ses arguments, peut-être, prendront du poids.
Ce qui est sûr, c'est que pour l'instant, Marine Le Pen se place toujours dans une perspective ou dans une affirmation d'un binôme, d'un duo qui fonctionne. Tiens, c'était une prise de parole lors d'un déplacement à la Foire de Sens. On est quelques jours après ce couac-là avec Jordan Bardella sur, vous souvenez-vous, la taxation des super profits pétroliers.
Marine Le Pen, qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle rappelle leur proximité lors des campagnes électorales. On a fait une campagne il y a 5 ans, on l'a faite avec Jordan, on a fait le programme avec avec Jordan, on a fait des législatives entre-temps.
On a fait le programme avec Jordan, on l'a défendu avec Jordan. On est en train de travailler sur le programme des présidentielles. Je reprends l'hypothèse.
On va se placer dans cette hypothèse. Peut-être que ça n'arrivera pas. On rappellera le calendrier judiciaire dans un instant.
Mais hypothèse où c'est Jordan Bardella qui est candidat ? Effectivement, on se pose la question du rôle de Marine Le Pen, Erwann Lecoeur. Vous la voyez faire campagne à à fond derrière Bardella ou alors quand même digérer la déception de ne pas y aller ?
Il me semble que, et ça a été un peu évoqué, il y a une configuration qui a changé. Si Jordan Bardella s'impose parce que Marine Le Pen ne peut pas être candidate. Alors Marine Le Pen, d'une certaine façon, qu'elle le veuille ou pas, va petit à petit très rapidement disparaître parce que Jordan Bardella est entouré de gens qui ne veulent plus voir Marine Le Pen.
Et ça, on le calcule mal de l l'extérieur. Ces gens sont très affrontés en interne. Ils se détestent régulièrement.
Ils se détestent, alors pas forcément elle et lui. Ça ressort pas publiquement ? Les entourages, traditionnellement, les identitaires qui sont proches de Bardella pour le dire rapidement que Marine Le Pen avait mis dehors avec Louis Alliot, Louis Lapurge dans les années 2010-2020 Louis Lapurge, il a purgé le parti de tous les cathos traditionnalistes et de tous les identitaires c'était son boulot C'était le compagnon de Marine Le Pen et c'était son travail.
Entre 2011, à peu près quand elle prend le pouvoir, et 2020, il a vidé le parti des identitaires qui en veulent énormément à Marine Le Pen. Eux et les quatre autres a dit. – Ils reviennent avec Jean-Dane Bardem Et ils reviennent par le biais de Jordan Bardella, bien entendu.
Parce que d'abord, Jordan Bardella fait partie d'une génération, la génération identitaire. Ce n'est pas juste un mot. Il y a une génération dont Sarah Knafo, dont un certain nombre d'autres, font partie autour de Zemmour, autour de Jordan Bardella, il a son équipe à lui qui ne sont pas les mêmes que ceux dont on parlait les vieux barons de la droite traditionnelle c'est deux équipes assez différentes de ce point de vue.
Donc elle si jamais Jordan Bardella s'impose d'une certaine façon elle n'aura pas tellement de choix et les grands patrons qui espèrent en effet que Jordan Bardella sera très malléable pour mettre en place un programme ultra-libéral et l'entourage de Jordan Bardella et les patrons de presse et tous les gens qui vont soutenir Jordan Bardella et qui le soutiennent déjà vont vouloir qu'elle s'efface et d'une certaine façon elle n'aura pas grand chose à faire valoir pour ne pas s'effacer. C'est l'inverse qui serait plus intéressant. On y reviendra, on sera aussi dans cette hypothèse.
Lauriane Clément, est-ce que c'est encore un tabou quand même l'hypothèse où Marine Le Pen ne peut pas y aller ? Au sein du RN. C'est ça qui a énormément changé.
Il y a un an, au lendemain de la condamnation, Bardella, c'était à peine un plan B. Oui, c'était un plan B parmi d'autres, mais personne n'était vraiment penché sur ce scénario. En un an, la place qu'il a prise au sein des troupes frontistes est incroyable.
Aujourd'hui, plus personne va dire non mais quand même, il est trop jeune. Il n'y a personne pour émettre des doutes ni des critiques sur lui depuis plusieurs mois. En interne ?
En interne, plus personne ne le critique alors qu'avant on pouvait quand même réussir à avoir quelques petites informations là c'est fini. Donc là et il y en a même certains qui effectivement pensent que Jordan Bardella est la meilleure option pour permettre d'élargir à droite, il a une image plus lisse, il ne porte pas le nom Le Pen qui est quand même un problème. Sur le terrain moi je pose toujours la question aux électeurs ou en tout cas aux militants qui viennent au meeting, vous préférez Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?
Je suis frappée de voir que de plus en plus dans tous les âges des gens me répondent Jordan Bardella en me disant « Marine Le Pen, elle s'est présentée trois fois, elle n'y a jamais arrivé. allez, on change. Comme ces électeurs sont dans la perspective d'un changement appel à un changement, ça va aussi pour le Rassemblement national.
Ils veulent un changement, ils veulent Jordan Bardi là et pas seulement les jeunes, comme on l'entend souvent. On va faire campagne Il ne sait pas rien, quand même, parce que c'est la grande différence entre les deux. C'est quand même le cuir épais qu'elle a, la capacité à tenir un discours.
Lui, dans la campagne législative, entre le boulevard annoncé avant que la campagne commence et la campagne telle qu'elle s'est construite, c'était lui qui était censé être à l'origine en tant que patron du parti de la chasse aux brebis galeuses, du fait d'être capable, on l'a vu encore au municipal, d'être capable partout, au moins d'afficher en premier rideau des gens qui ne posaient pas ce Ce travail-là, honnêtement, et puis le fait de tout simplement est-ce qu'il travaille tant que ça, Jordan Bardella, au-delà d'avoir des coachs, au-delà d'avoir l'ancien patron du fond de ce terrain comme conseiller spécial, on sent quand même toujours cette espèce de petite inquiétude sur de qui est -il la marionnette. On y reviendra un peu plus tard sur cette question, mais Hubert Coudrier, vous racontez dans votre livre que Marine Le Pen a souvent été confrontée à des ruptures. Je ne sais pas si elle aime les ruptures, mais est-ce qu'on peut imaginer une rupture ?
C'est-à-dire une Marine Le Pen qui, ne pouvant pas se présenter, finalement, casse. Elle a dit à un de ses amis qu'on ira ouvrir une jardinerie ou un élevage de champs. On se demande d d'ailleurs, est-ce qu'elle en veut vraiment du pouvoir ?
Elle est un peu comme son père, finalement. Parce que, d'ailleurs, en mettant en selle Jordan Bardella, est-ce qu'elle n'a pas fait une grave erreur ? Est-ce qu'elle aurait fait nommer Louis Alliot à la présidence ?
Je ne suis pas sûr qu'il l'aurait qui pourrait exploser de la même manière. Ce n'était pas un phénomène générationnel. Elle le protège énormément.
Dès qu'il se prend un oeuf sur la tête, il se sent humilié et elle ensuite prend sa défense, outrageusement alors qu'en réalité il manque d'expérience elle a été elle mène son groupe à la trique elle a été très dur avec tous ceux qui l'ont précédé les avirés les uns après les autres là elle s'est débarrassée de de florian philippo etc lui elle le protège à une relation maternante avec lui mais je ne pense pas qu'il pourra se débarrasser d'elle du jour au lendemain on parle plus d'elle comme premier ministre on dit maintenant ministre des affaires étrangères on peut faire la comparaison avec marie france garot elle a du métier il lui vous le voyez en débat face à jean-luc pélenchon qu'il accepte bon donc je pense que de toute façon tout le monde l'a enterré aujourd'hui alors c'est une icône, on dit finalement Marine Le Pen, on lui doit beaucoup mais passons à la suite passons à Jordan Bardella mais en même temps le temps est un peu suspendu parce qu'ils veulent faire attention à ne pas trop on choisit le bon cheval. – On ne sait jamais, et puis surtout la décision judiciaire n'est pas encore prise, attendons le 7 juillet. Jonathan, vous vouliez évoquer un peu les trajectoires personnelles, les trajectoires inverses de Marine Le Pen et Jordan Bardella – Oui, on l'a déjà dit un petit peu, mais c'est un fait que socialement, en tout cas Le Pen et Bardella ne sont pas nés dans le même milieu.
Ce n'est pas non plus amicalement vôtre, pour ceux qui connaissent la série. – C'est sympa, tu viens de référence qui parle à ma génération. – Qui englobe Non, mais en tout cas, ce parcours, en tout cas, cette origine, ça influe évidemment sur leur identité politique.
Donc bien sûr, il y a aussi des considérations stratégiques, mais c'est pas un hasard si la fille de bourgeois, rejetée par leur milieu social, pestiférée, Et même, on se souvient que la famille Le Pen qui vivait certes dans le château de Montretout à Saint-Cloud, mais qui restait quand même des infréquentables de la vie politique, continue de se méfier de la bourgeoisie. Ça c'est ce que partagent le père et la fille. Ça a nourri son credo populiste, anti système et sa façon de se définir ni de droite ni de gauche, credo qu'elle a encore réaffirmé récemment.
Le fait que son fief politique aussi ce soit autour des d'un beau monde, dans le Pas-de-Calais, dans le bassin minier, dans cette France des oubliés dont elle affirme être le porte-voix, même si rappelons elle a hérité d'à peu près tout. Ça, évidemment aussi, ça a joué un rôle dans la façon de se définir. Et donc vous lui dites que c'est différent pour Jordan Bardella ?
Oui, c'est même exactement l'inverse. Son dauphin, qui n'est pas non plus né dans le ruisseau, il faut faire attention au storytelling, mais qui vient de la classe moyenne, qui a été élevé en Seine-Saint-Denis assez indéniable, est sûr, c'est que ça lui plaît et qu'il est accueilli d'une façon que Marine Le Pen n'aurait jamais imaginé, qu'elle n'a jamais vécu. En fait, pour décrire ces deux trajectoires, un élu RN parle de revanche de classe croisée.
D'un côté la défiance à l'égard de la bourgeoisie qui l'a toujours méprisé et qui était déjà celle de Jean-Marie Le Pen, et de l'autre Bardella qui se comporte davantage comme un parvenu qui oeuvre pour être adoubé par cette même bourgeoisie. Sa relation avec une princesse dont on a beaucoup parlé. Et à ce titre, un accomplissement personnel, un accomplissement ultime.
Il ne s'est pas prié d'ailleurs aujourd'hui pour l'évoquer et le mettre en scène. En fait, on est loin de l'anti-système de sa patronne, mais le côté compte-de-faits sur papier glacé, ça peut plaire un peu à toutes les sortes d'électorats du FM, du plus populaire au plus bourgeois. Et puis si on parle un peu de stratégie politique, ils n'ont pas tout à fait la même lecture de ce que serait un deuxième tour, un second tour idéal en 2027.
Oui, Marine Le Pen, dans un souci de clarté et de crédibilité, d'enterrement du macronisme, elle veut affronter Edouard Philippe, elle l'a dit dans une logique anti-système et populiste, ça restera son crédo, et en partant du principe qu'une partie du vote insoumi ne se reportera pas sur l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, le fameux défenseur de la retraite à 67 ans. De l'autre côté, Jordan Bardella, c'est un autre pari, donc un discours, on l'a dit, beaucoup moins étatiste, même très libéral, pro-business, un discours qui plaît au patronat qu'il considère comme potentiellement malléable. Il faut noter qu'il entretient des liens assez singuliers avec deux enfants de Bernard Arnault.
Ce n'était pas exactement le cas de Marine Le Pen, lui préférerait affronter Jean-Luc Mélenchon dans un duel plus confortable avec l'objectif de rallier la droite bourgeoise en jouant sur la peur du gauchiste. Enfin, tout ça, ça ne doit quand même pas faire oublier l'essentiel. C'est-à-dire qu'il y a des nuances, il y a des Il y a des caractères, il y a des parcours, il y a des générations.
Mais les deux défendent le même programme. Un programme dont la préférence nationale et la stigmatisation xdénophobe des immigrés restent l'ADN. Alors je vais jouer ma carte people si vous voulez bien.
Je voudrais qu'on discute un Un peu, merci Jonathan, de cette romance entre Jordan Bardella et la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux Siciles. Lauriane Clément, je commence avec vous parce que vous rencontrez souvent, vous nous l'avez décrit, les militants, les sympathisants du Rassemblement national. Cette histoire, elle fait rêver, elle agace, ça dépend des...
Comment ils réagissent ? Je me suis vraiment posé cette question quand j'ai appris cet idylle et je me suis dit que c'est à double tranchant quand même parce que c'est difficile de parler aux bases, de parler de leurs problèmes de la vie de tous les jours pour les classes populaires en sortant avec une princesse fortunée. Et d'un autre côté, effectivement, ça peut faire rêver.
Alors pour l'instant, les seuls retours que j'ai sur le terrain, c'est sa vie privée. On s'en mêle pas. Il fait ce qu'il veut.
On en a marre que sa vie soit jetée en pâture comme ça, le pauvre. Voilà, c'est ça que j'ai comme retour. Donc je ne peux pas vous répondre pour l'instant.
Les gens ne veulent pas, en tout cas, en parler. Je n'ai pas l'impression que ça leur pose un grand problème finalement. Erwann Lecœur, il joue Jordan Bardella effectivement de son enfance dans les cités.
Alors peut-être que...
Alors c'est vrai qu'il a été élevé par sa mère, c'est vrai que c'était en Seine-Saint-Denis, mais son père, il était chef d'entreprise si je ne me trompe le tableau est un peu plus un peu plus nuancé quoi oui son père est clairement un commerçant donc c'est le monde de la boutique et Jordan Bardella a une voiture pour ses 18 ans et il a fait 3 semaines de stage je Je crois en tout et pour tout, et il n'a jamais poursuivi tellement ses études à aucun moment. Là où il a un peu brillé, c'est la nuit sur les réseaux sociaux, et plus précisément sur les jeux vidéo. Il était un fanatique de jeux vidéo, comme beaucoup de gens.
A l'extrême droite, d'ailleurs, on en parlera peut-être un autre jour et on fera peut-être une analyse de en quoi les jeux vidéo ont permis non seulement de former des gens à la guerre mais aussi à l'extrême droite potentiellement. Et ça fait longtemps que ça dure. Jordan Bardella, il a brillé d'abord comme cela et puis il a eu des pseudos sur internet.
Donc oui, il y a une espèce d'idylle un peu étonnante. Moi j'irai jusqu'à dire évidemment que ce soit moi ou nous sur le plateau je pense que quand on a vu ça on s'est dit non mais enfin c'est absurde. C'est absurde cette histoire avec une princesse.
Qu'est-ce qu'il est en train de faire ? Ça va casser son image d'homme du peuple et puis je me suis repris et j'ai réfléchi en termes de stratégie de communication politique. Il est peut-être juste amoureux et tombé amoureux d'une princesse.
Ce n'est pas seulement de la stratégie politique. Peut-être. C'est une hypothèse.
Je préfère...
Alors là, pour le coup, je n'ai rien à en dire. L'autre hypothèse qui est que stratégiquement et en termes politiques, la mère de cette jeune fille, elle cherche clairement à placer sa fille au plus haut sommet puisqu'elle même s'est placée au plus haut sommet avec un prince et que sa propre mère avait épousé un très riche industriel. Ce n'est pas exactement ce que j'appelle une lignée qui s'épouse par amour sans intérêt du tout.
Donc il y a clairement une stratégie du côté et de la famille Bourbon, de Parme, etc. Et pour Jordan Bardella c'est à mon avis une stratégie qui est potentiellement gagnante si tant est que comme dans l'affaire des assistants parlementaires, comme dans l'affaire plus, donc tête haute et main propre c'est exactement l'inverse. Le Front National et le Rassemblement National sont en nombre d'élus les plus condamnés.
Et bien là c'est un peu la même chose j'ai envie de dire cette affaire pour Jordan Bardella c'est quelque part le comte du prince, alors c'est l'inverse du prince charmant, c'est la princesse charmante qui vient sortir non pas le crapaud mais l'enfant de la rue puisque c'est un peu l'idée qu'il en...
Oui c'est l'histoire qui est racontée. Voilà et c il sort de la rue, il y a une princesse, comme il est beau, personne ne peut le contester, il est très beau, il est sur TikTok, il est adoré de plein plein plein plein plein de jeunes et de...
Bon vous lui dites plutôt que ça peut faire rêver quoi. Je dis qu'en termes de stratégie, de communication politique c'est extrêmement fort et ça peut même rappeler à la France que nous sommes quelque part une forme de république qui veut toujours un peu retrouver son monarque. Je rajoute qu'il y a quand même une ligne de crête parce que effectivement elle peut paraître un petit peu bling bling comme Carla Sarkozy.
Elle peut paraître, jusqu'à un certain point. Elle risque effectivement d'énerver les électeurs si elle va trop dans cette stratégie de publier sur les réseaux sociaux des images d'elle avec des marques, des sacs de luxe, etc. C'est ce qu'elle faisait.
Donc au sein du RN, il s'inquiète un petit peu de ça en disant attention, il va falloir faire vraiment attention à ses publications sur la réseau. Il y a une stratégie marketing à mettre en place de l'autre côté du couple également. – Hubert Coudurier, vous racontez dans votre livre que le choix de Marine Le Pen de proposer la présidence du RN à Jordan Bardella en 2022, ça a eu aussi ou en tout cas ça a coïncidé avec une période personnelle un peu particulière avec ça a joué dans la...
Je ne sais pas si ça correspondait à la période ou si la conséquence a été leur rupture mais moi l'image qui m'amuse c'est effectivement d'un côté la paparazza de Bardella et de l'autre côté cette cette image où elle danse avec Bruno Bildt, son conseiller, qui vit avec Steve Riwa, le maire d'Enin-Beaumont, et qui est un fidèle parmi les fidèles. Il danse dans un Ehpad, etc. C'est deux styles vraiment de toute façon, on n'est pas dans la tête des juges qui vont décider.
Et de ce point de vue-là, aujourd'hui, elle doit s'abandonner à son destin, même si c'est quelqu'un qui a eu beaucoup de barakas dans sa vie, à commencer par cet quand elle avait 8 ans, dans la ville à Poirier. Au final, effectivement, maintenant elle commence à être un peu détachée. D'ailleurs, certains lui disent de temps en temps, notamment Sébastien Chenu, « tu en fais trop c'est-à-dire que quelque part, elle a l'air de finalement...
Alors il y a une petite musique en ce moment dans Paris, ils commencent à lire, mais si, elle pourrait quand même, elle a une petite chance. – Alors tiens, je vous interromps parce que la petite chance, le miracle, c'est le thème de la chronique de Quentin Calmet tout de suite. On va s'intéresser à ce calendrier judiciaire.
Rebonsoir Quentin. Qu'est-ce qui peut empêcher Marine Le Pen d'être candidate l'an prochain ? Déjà, il y a l inéligibilité.
La cour d'appel peut prononcer une peine qui empêche Marine Le Pen d'être candidate l'année prochaine. Pour rappel, en première instance, elle avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, 100 000 euros d'amende et surtout cinq ans d inéligibilité avec exécution provisoire. Marine Le Pen qui n'attendra pas un éventuel retour en cassation.
Non, elle l'a dit à l'automne. Elle a expliqué sa décision au journal Causeur en novembre 2025. Le journaliste lui demande et si votre inéligibilité est confirmée en appel cet été, pourrez-vous vous présenter ?
Elle répond évidemment pas. Raison pour laquelle j'ai indiqué dès le départ que je prendrais ma décision de me présenter ou non lors du rendu de l'arrêt de la cour d'appel. Sans attendre une éventuelle décision de la cassation, relance Causeur.
Non, car on ne sait pas quand une telle décision serait rendue. On ne peut pas se lancer dans une campagne présidentielle au dernier moment, dit-elle. J'annoncerai donc ma décision cet été pour ne pas hypothéquer la candidature de Jordan Bardella dans le cas où il devrait y aller.
Donc là, on est en novembre 2025. Depuis cette interview, les proches de Marine Le Pen sont quoi ? Un peu moins catégoriques ?
Exactement. Déjà, il continue à dire qu'il pourrait y avoir une relaxe et il continue d'évoquer un désaccord administratif avec le Parlement européen, pas un délit pénal. Autre possibilité, une condamnation avec une iligibilité de deux ans ou moins.
Si l'inéligibilité est inférieure à deux ans, elle pourra être juridiquement se présenter à l'élection présidentielle. C'est ce que nous dit le constitutionnaliste Benjamin Morel dans cet article de Public Sénat. Car la date à partir de laquelle court la condamnation, c'est le 31 mars 2025.
Un tel choix supposerait toutefois que la cour d'appel s s'éloigne sensiblement des réquisitions du parquet général qu'a demandé en appel 5 ans d'inigibilité. Ce n'est pas impossible, mais ce serait étonnant, nous a dit Benjamin Morel. Il y a un autre cas de figure.
Elle n'est pas inéligible, mais elle est quand même condamnée avec une peine aménagée et un bracelet électronique. Oui, c'est aussi une théorie, une thèse qui circule dans les troupes de Marine Le Pen. Elle l'a évoquée elle-même.
C'est un autre motif qui qui justifierait de ne pas être candidate. On ne peut pas faire campagne dans ces conditions, a-t-elle dit ? C'était le 25 février dernier.
C'est dans un entretien avec BFM, Thomas. Et on rappelle que ce jugement du procès, ça aura lieu le 7 juillet prochain. Voilà, et on avait vu beaucoup de tensions au dernier jour du procès, ces images du 11 février au moment où la Cour a annoncé qu'elle rendrait sa décision au mois de juillet.
L'un des avocats de Marine Le Pen a même prévenu la Cour d'appel de Marine Le Pen est à l'orée d'une élection primordiale pour le pays. Cette élection présidentielle rend l'arrêt que vous aurez à rendre vertigineux, avait-il dit. Effectivement, c'est assez vertigineux.
Merci beaucoup Quentin. Lauriane Clément, est-ce qu'elle y croit encore Marine Le Pen à ses hypothèses, il y a quelques hypothèses, je ne sais pas, la théorie du trou de souris qui lui permettrait d'être quand même candidate. Oui, je crois qu'elle y croira jusqu'au bout.
Après, c'est vrai que j'ai été étonnée par le fait qu'elle se bloque tout de suite sur cette stratégie, enfin sur le bracelet électronique de dire tout de suite non, je n'irai pas. Est-ce que c'est un moyen de faire pression sur les juges à leur pression ? En tout cas de leur rappeler les enjeux derrière tout ça.
Au sein de ces troupes, beaucoup de députés aimeraient qu'elle y – Bracelet électronique ou pas. Eux, ils croient vraiment au double ticket Bardella-Le Pen, ils pensent que c'est vraiment ces deux-là, cet alliage qu'ils défendent. – C'est ce binôme avec elle candidate et lui éventuel futur Premier ministre qui est le plus solide pour les troupes du Rassemblement national ?
Pour eux, c'est plus solide parce que justement, on rebondit sur notre sujet. Ça leur permet d'avoir ces deux jambes. – Ce dont vous parliez tout à l'heure. – Voilà, exactement. – Votre avis, Erwin Lecoeur, sur cette hypothèse finalement d'une Marine Le Pen qui serait quand même candidate et puis derrière là, parce que vous n'avez pas une boule de cristal judiciaire mais derrière ça est-ce qu'effectivement ce cas de figure vous semble plus solide pour le rassemblement national.
Alors, il l'est de moins en moins parce que comme ça a été bien expliqué, Jordan Bardella a pris la lumière, il a pris la place. Beaucoup de gens comptent sur lui désormais et donc si jamais ce cas de figure Marine Le Marine Le Pen revient dans le jeu, alors il y aurait beaucoup d'eau dans le gaz. Et dans ces milieux-là, quand il y a de l'eau dans le gaz, les écuries de l'un et de l'autre, de l'une et de l'autre en l'occurrence.
Donc les députés plutôt du côté de Marine Le Pen et les députés européens et l'équipe de Jordan Bardella et pas mal d'autres, notamment dans les électeurs du sud du côté de Jordan Bardella et puis tous les nouveaux venus, les jeunes. Jordan Bardella attire beaucoup les jeunes. Là, il y aurait beaucoup de déceptions et il y aurait sans doute une forme de guerre larvée interne inévitable entre ces deux compétitions, ces deux groupes qui aujourd'hui sont...
Contrairement à ce qu'il dit, Jordan Bardella ne jouerait pas si bien le jeu d'une campagne de Marine Le Pen. Moi, je suis aujourd'hui convaincu que Jordan Bardella ne s'appartient plus tout à fait. Et donc, si Marine Le Pen revenait dans le jeu, ce serait dramatique pour tout un tas de gens parce qu'ils perdraient leur atout qui était Jordan Bardella, dont ils considèrent qu'ils vont le manipuler comme ils le veulent.
Et donc, il y aurait une guerre fratricide potentielle. Oui, oui, bien sûr. Et de la même façon que les députés estiment qu'il faut que Marine Le Pen soit élue pour qu'eux, députés proches de Marine Le Pen, restent dans le jeu et qu'ils ne soient pas remplacés par des députés venus de LR, de chez Ciotti ou d'ailleurs, voire chez Zemmour, de la même façon du côté de Jordan Bardella.
Ils savent très bien que si c'est Marine Le Pen, leur compte est bon, qu'ils n'auront pas les bonnes places qu'ils espéraient au départ. Je vous le rappelle, ces gens-là ne sont pas des amis en interne. C'est comme si vous parliez de la gauche.
Allez-y, Lauriane et ensuite je vous donne la parole. Il faut rappeler qu'ils se sentent très proches du pouvoir. Et ça, ça calme même les plus endurcis, on va dire.
Oui, la perspective de devenir éventuellement ministre. Je vous voyais assez dubitatif, Hubert. Ah oui, je ne crois pas du tout.
Je pense que le temps de la séparation entre eux n'est pas venu. D'abord parce qu'il n'est pas prêt, ensuite parce que les enjeux sont énormes, enjeux économiques, enjeux financiers. Si les politiques ne sont pas capables dans les années qui viennent de prendre les bonnes décisions, c'est la Banque Centrale européenne et le FMI qui les prendra à leur place.
Ensuite, elle a un véritable clivage en elle, si vous voulez. C'est pour ça d'ailleurs que parfois on a l'impression qu'elle s'en détache, qu'elle a une certaine grandeur en disant après tout, si c'est pas moi, tant pis, j'aurais mis en place mon dauphin. Puis il y a un moment où ensuite elle se reprend en disant j'ai quand même pas fait tout ça pour ça.
Et elle mène son groupe à la trique et en même temps, elle a de l'empathie aussi pour les gens. Lui est beaucoup plus cynique et beaucoup plus distancié. Il se lâche jamais en privé finalement.
Mais je pense qu'elle a changé de stratégie parce qu'au départ, quand elle a été condamnée, ils s'y attendaient pas du tout. Et en première instance. Et et ensuite, elle a eu une attitude beaucoup plus pleine d'humilité.
Ils ont reconnu que finalement, ils ne pouvaient pas faire du trumpisme. D'ailleurs, la manifestation qu'ils avaient organisée à Place Vauban a été un peu décevante. Et puis, on est dans un système électoral, si vous voulez, où il faut quand même, à un moment donné, se rapprocher du centre.
Donc, ils ont un discours sur les juges qui est beaucoup plus modéré qu'il ne l'a été. Et c'est pour ça que je pense que, de toute façon, il ne se passera pas grand Le côté, le roman, le narratif que nous on aime bien les journalistes sur Les Amis de 30 ans, qui nous a beaucoup nourris sur Chirac-Baladur, c'est trop tôt. C'est quelqu'un qui a tout gagné en très peu de temps et qui n'a absolument pas intérêt à se séparer d'elle parce qu'elle garde encore.
Puis il faut dire, vous parlez des identitaires, mais lui, il a quand même assez peu de monde en termes de capacité, de réflexion autour de lui. C'est assez à part Alexandre Vous ne décrivez pas la même situation politique ? Je parle des gens qui sont prêts à gouverner.
Je ne parle pas de tous ceux qui grenouillent autour. Marine Le Pen en est beaucoup plus. Ça a souvent été son problème, justement, assez mal entouré.
Je suis d'accord, mais c'est un parti qui s'est quand même professionnalisée, et puis elle travaille. C'était quand même une bande de zozos un peu foutraques, etc. On n'a pas eu le sentiment d'avoir une machine de guerre intellectuelle.
Non, mais parce qu'elle a été blousée par la virtuosité intellectuelle de Macron, ça c'est évident. Elle n'est pas brillante, mais elle est résiliente. Et elle travaille beaucoup plus qu'avant.
Et je pense que les équipes se structurent et sont encore plus dépendantes qu'elles. Sur la dimension...
C'est amusant. Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen vivent un peu la même chose en parallèle. Nicolas Sarkozy dans l'affaire libyenne, Marine Le Pen sur l'affaire des assistants et les deux entre la première instance et l'appel.
Il y a cette espèce de prise de conscience en disant j'ai peut-être un peu poussé le bouchon dans la mise en cause de la justice et des juges. Et donc ils auraient changé. Je pense qu'on est juste et La seule stratégie qui a changé, c'est dans la façon de s'adresser, dans la façon de dire si j'ai fait une faute, c'est quasiment à l'insu de mon plein gré.
Il n'empêche qu'un dossier judiciaire se juge d'abord sur les pièces et il reste quand elle était à la tête du groupe des députés européens en 2014, une réunion documentée qui ne fait aucun doute pour les juges, dans laquelle la mise en place d'un système dont non seulement elle était au courant, mais en plus elle était à l'initiative, et tout le reste des Donc il peut y avoir un habillage dans la façon de parler du procès, mais les faits restent les mêmes. – Tiens je vous propose, on va terminer là-dessus, il nous reste quelques minutes, un extrait de sondage Ipsos BVA pour la tribune dimanche, il date un peu, il date de février, mais Les deux leaders, ils testent les deux leaders du RN sur un certain nombre d'items de questions avec des résultats qui sont quasi identiques, très proches, sauf sur deux éléments. La stature présidentielle.
Ce candidat a-t-il la stature pour être président de la République ? Marine Le Pen en tête, 42 %, Jordan Bardella à 38, 4 points d'écart. Et puis ce candidat est-il solide sur les enjeux internationaux ?
Là l'écart il est un petit peu plus important de 6 points, Marine Le Pen à 37 % et Jordan Bardella à 31 Lauriane Clément, est-ce qu'il y a quand même une partie des cadres du RN qui craignent que Jordan de Mardella soit trop tendre ? C'est ce que disait Jonathan tout à l'heure. Pour une campagne présidentielle, ce sera sa première campagne et il faut avoir le cuir C'est sûr qu'on sait ce que Marine Le Pen va donner en campagne.
On l'a déjà vu trois fois. Jordan Bardella, il y a quand même des risques qui se crachent à un moment donné. C'est très dur une campagne présidentielle.
Il n'a jamais vécu une campagne comme celle-ci. Il a eu des campagnes européenne, législative. Mais à ce point-là...
Et celle-ci promet d'être particulièrement difficile, cette campagne 2027. Donc évidemment que c'est une crainte. On ne sait pas ce que ça va donner avec une vous l'avez un tout petit peu évoqué mais je veux bien qu'on enchaîne là dessus sur les atouts ou les faiblesses de genre vous voulez juste un truc pour réagir par rapport à ça de marine le pen m'a dit mais il tient pas il est il se fatigue très vite il manque de résistance ok on verra on jugera sur pièce Céline qui nous écrit de Maubeuge sur le nom Le Pen c'est intéressant ça aussi n'est-ce pas le nom Le Pen qui porte préjudice au Rassemblement National Jordan Bardella permet de faire une transition de nom votre avis à Juan Le Kerr c'est ce que disait Bruno Maigret c'est ce que beaucoup beaucoup ont dit tous les tous ceux qui ont essayé de prendre le pouvoir des mains des Le Pen on dit que le nom Le Pen était un problème depuis le départ et que Marine n'y arriverait pas plus que son père parce qu'il y avait ce nom Le Pen et que ça a été une explication et donc beaucoup de gens aujourd'hui ont basculé en effet dans le bardélisme et d'une certaine façon j'ai envie de dire la droite notamment les électeurs de droite sont beaucoup plus plus attirée par Jordan Bardella, évidemment, que par Marine Le Pen.
Parce que c'est aussi psychologiquement une façon de ne pas se renier quand on a fait de l'antilopénisme pendant 20 ou 30 ans, dire que c'est plus pareil avec Bardella, c'est quand même plus simple pour un certain nombre de gens à droite, dont M. Ciotti et quelques autres. C'est vrai qu'à l'époque, Bruno Maigret n'était pas très charismatique.
C'était un type qui avait organisé le parti, qui était totalement désorganisé, mais il n'était pas du tout charismatique. D'ailleurs, c'est lui qui a mis un peu le pied -l'étrier à Jordan Bardella, si je ne me trompe, Bruno Maigret ? Je ne crois pas à Bruno Maigret.
Jordan Bardella, c'est l'homme de ces dames, comme ça a été très bien expliqué. Il a d'abord été avec la fille de Frédéric Chatillon, puis avec la fille de Philippe Olivier. Donc il a deux mentors Beaux-pères, entre guillemets Qui ne sont pas l'un venant du GUD L'autre proche conseiller de Maigret Puis de Marine Le Pen quand ils se sont reconciliés Sur le tard Non non, les maigrettistes C'était un proche conseiller de – Certains conseillers de Maigret, c'était ça que j'avais hanté. – Certains conseillers de Maigret, le principal est... – Il a été coaché par Jean-Lalacapel, Jean-Lalacapel. – Tout à fait, Jean-Lalacapel. – Et Rochdy, le directeur du FN Jeunesse. – Voilà, non, en ce sens, je dis que Jordan Bardella ressemble à un maigret en plus jeune, plus beau et qui aurait beaucoup travaillé le storytelling et la manière de se présenter devant les médias et TikTok, etc.
Par contre, il n'a absolument pas le cerveau d'un Bruno Maigret. Et ça, tout le monde le reconnaît et c'est sa difficulté. C'est qu'en fait, Jordan Bardella est quelque part vécu par beaucoup de monde comme une coquille à moitié vide, mais une très belle coquille, mais à moitié vide, qu'il faut remplir.
Pour nous, nous sommes des analystes et qui décortiquent. En réalité, il a une capacité de séduction qui est assez exceptionnelle. Il prend, ce n'est pas un hasard si c'est la personnalité politique préférée des Français depuis plusieurs mois sur son aspect libéral.
Parce qu'en politique en France, ce n'est pas forcément un atout de s'afficher libérale. Est-ce qu'il l'est vraiment, Lauriane ? – Oui, c'est une question de génération aussi, il est né dans cette génération qui met plus en avant la liberté d'en reprendre, etc.
Il incarne toute une génération et oui, il le pense, il est très sincère là-dessus. – Il est même presque jusqu'à des presque des refrains libertariens, c'est-à-dire qu'il n'est vraiment pas dans la tradition étatiste telle que Marine Le Pen depuis 2011. – C'est une vraie différence entre eux ça. – C'est une très grande différence, c'est aussi assez raccord avec l'époque, la remise en cause de la puissance publique, est-ce que la puissance publique protège ou est-ce qu'elle empêche ?
Lui, il est clairement sur ce credo de dire « faut faire confiance aux gens, faut leur laisser la possibilité de s'accomplir ». Il y a aussi quelqu'un qui lui a donné d'une certaine manière un saut de respectabilité ou en tout cas qui brouille les frontières entre droite et extrême droite, c'est Nicolas Sarkozy évidemment. Quand il le reçoit à rue de Miroménil et qu'il dit « j'ai l'impression de rencontrer le jeune Chirac » qu'il n'a pas connu, on rappelle quand même.
Il y a quelque chose en tout cas dans le syncrétisme ou dans le confusionnisme qui sert évidemment Jordan Il y a une volonté de radicalisme, de dégagement quand même qui s'exprime, qui va s'exprimer dans cette campagne et qui l'incarne. Merci à tous d'avoir participé à ce débat. Je rappelle le titre de votre livre qui vient de paraître, Hubert Coudurier, Le mystère.
Marine Le Pen, c'est aux éditions Plon, Lauriane Clément évidemment. On vous lit dans les colonnes de La Croix et puis Erwann Lecoeur, je rappelle ces revues parues au petit matin consacrées à l'extrême droite intitulée écologie ou Barbarie. Merci à tous d'avoir participé à ce débat, je vous dis à bientôt sur Public Sénat.
Vous pouvez retrouver nos débats et retrouver l'excellent travail de la rédaction numérique de Public Sénat sur notre plateforme, nous réécouter en podcast et notez que demain, dans la matina, Lauriane Mancini reçoit le médecin infectiologue Benjamin Rossi. Belle soirée. Merci.
Jordan Bardella