Andréa Kotarac (RN): «Financer la baisse de la TVA» sur les carburants serait «un choix budgétaire à assumer»
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:24OuverteRéponse directe
C'est une bonne idée selon vous Andréa Cotarac ?
- 0:48OuverteRéponse directe
Vous réclamez toujours la baisse de la TVA de 20 à 5,5%. Comme nos voisins l'ont fait, ils n'ont pas, eux, les mêmes problèmes de déficit public que nous.
- 2:02FerméeRéponse partielle
Une baisse de la TVA, ça coûterait quoi ? 12, 15 milliards d'euros Obama, vous les trouvez où ?
- 3:43OuverteÉludée
Ça, ça va dans le bon sens, ces efforts-là ?
- 4:29OuverteRéponse directe
C'est une bonne idée ou pas ?
- 5:02FerméeRéponse directe
Cette baisse de la TVA que vous réclamez encore et toujours, est-ce que ce sera une ligne rouge dans le cadre de la préparation du futur budget ? Est-ce que c'est un motif de censure ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« l'État ne va pas s'engraisser sur le dos du consommateur. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Marine Le Pen avait proposé ça en octobre 2021 déjà, en pointant justement la problématique du pouvoir d'achat. »
- 1:12Invité politiqueFait
« L'Allemagne l'a fait entre-temps, l'Italie l'a fait, la Pologne, l'Espagne. »
- 1:20Invité politiqueChiffre
« En Espagne, je crois qu'on est à 1,71. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« C'est entre 9 et 13 milliards selon les projections. »
- 2:22Invité politiqueChiffre
« Baisser, par exemple, la contribution de la France à l'Union Européenne, c'est 8,7 milliards. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« Baisser l'argent vers les agences et les opérateurs, c'est 7,7 milliards dans les caisses de l'État. »
- 2:32Invité politiqueChiffre
« Baisser l'aide au développement public, c'est 2,3 milliards pour les caisses de l'État. »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« L'aide médicale d'État transformée en aide médicale d'urgence, c'est 1,3 milliard. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« On a 15 à 30 milliards de fraudes uniquement sociales, par exemple. »
- 3:54Invité politiqueFait
« je ne suis pas certain que quand on a deux des trois qui sont bloqués, quand on a un État aveugle et sourd sur la crise sociale qui arrive »
- 4:01Invité politiqueFait
« quand on aura des problèmes probablement de pénurie, de kérosène, de gaz, des problèmes de matières premières, notamment pour la santé, pour les IRM et le reste »
- 6:04Invité politiquePromesse
« Je suis certain que le gouvernement sera contraint de baisser les taxes sur le carburant, comme tous les autres pays de l'Union Européenne »
- 7:32Invité politiqueFait
« Nous n'apprécions pas des attaques, d'où qu'elles viennent d'ailleurs. »
- 7:40Invité politiqueFait
« Marine Le Pen a toujours proposé, depuis plusieurs années maintenant, une conférence pour la paix en Ukraine »
Temps de parole
- Marine Le Pen68 %
- Présentateur28 %
- ?4 %
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Bonjour Andréa
Cotarac,
bienvenue sur RFI. Il
y a
quelques heures, on vient de l'évoquer sur RFI, de l'annonce de ces nouvelles aides gouvernementales pour répondre à la crise des carburants. Parmi les pistes envisagées, une règle d'or, zéro profit pour l'État, la promesse de redistribuer aux Français l'éventuel surplus de TVA généré par la hausse des prix du carburant. C'est une bonne idée selon vous Andréa Cotarac ?
Philosophiquement, on peut penser que c'est une bonne idée parce que lorsqu'on a une crise, on peut se dire que l'État ne va pas s'engraisser sur le dos du consommateur. Mais je pense que vous avez dit l'essentiel dans votre chronique, c'est qu'avec la baisse des volumes achetés par les consommateurs, l'État ne va pas gagner plus d'argent et donc il n'aura rien à redistribuer. Je pense que c'est beaucoup de communication chez Emmanuel Macron.
Alors vous réclamez toujours la baisse de la TVA de 20 à 5,5%. Comme nos voisins l'ont fait,
les
Espagnols, les Italiens, ils n'ont pas, eux, les mêmes problèmes de déficit public que nous.
D'abord, je pense qu'on nous a dit pendant des années que ce n'était pas possible. Je vous rappelle que Marine Le Pen avait proposé ça en octobre 2021 déjà, en pointant justement la problématique du pouvoir d'achat. L'Allemagne l'a fait entre-temps, l'Italie l'a fait, la Pologne, l'Espagne. Et manifestement, ce qui change, c'est que le prix à la pompe est nettement plus bas. En Espagne, je crois qu'on est à 1,71. Donc vous voyez, ça change. Les Français
vont faire leur plan en Espagne pour les
frontaliers.
Pour les frontaliers, évidemment. Mais c'est un vrai problème parce que des pans entiers de notre économie dépendent de ça. Vous l'avez dit, il n'y a qu'un actif sur deux qui aura peut-être droit à d'éventuelles aides du gouvernement dont on attend toujours du concret. On pense que c'est une mesure d'urgence parce qu'il y a effectivement des causes exogènes sur lesquelles on n'a vraiment pas la main, il faut se le dire. Détroit-Dormouz, Babel-Mandeb. Mais on a la main sur le prix et sur l'urgence. Il faut baisser la TVA
de 20 à 5,5 sur le carburant, sur l'énergie, sur le
fuel et sur l'électricité.
Une baisse de la TVA, ça coûterait quoi ? 12, 15 milliards d'euros Obama, vous les trouvez où
?
Écoutez, oui, ça coûte cher. C'est entre 9 et 13 milliards selon les projections. Mais beaucoup de choses coûtent cher. Nous, quand on propose ça, on propose d'autres choses en face. Je vous prends l'exemple de notre contre-budget l'année dernière. Baisser, par exemple, la contribution de la France à l'Union Européenne, c'est 8,7 milliards. Baisser l'argent vers les agences et les opérateurs, c'est 7,7 milliards dans les caisses de l'État. Baisser l'aide au développement public, c'est 2,3 milliards pour les caisses de l'État. L'aide médicale d'État transformée en aide médicale d'urgence, c'est 1,3 milliard. La lutte contre les fraudes sociales, fiscales.
On a aussi des plans et la Cour des comptes est très claire. On a 15 à 30 milliards de fraudes uniquement sociales, par exemple. Donc, on peut faire la politique. Ce sont des choix budgétaires. Nous assumons ce choix budgétaire de donner de l'oxygène aux Français sur le carburant. Mais j'ai lu tout à l'heure avant d'arriver qu'y compris sur les assurances, habitations, automobiles, on aura probablement des explosions de plus 7% des tarifs pour les Français. C'est
-à
-dire bien au-delà de l'inflation qu'on a aujourd'hui. Donc, vous voyez, il
faut
des choix politiques. On les assume.
Parallèlement
aux efforts du Premier ministre, le Président Macron multiplie également les initiatives diplomatiques en marge de l'AG des Nations Unies.
Il
a vu le Président Trump hier pour oeuvrer à la sécurisation du détroit d'Hormuz. Il y a également, on l'évoquait sur cette antenne, le coup de fil à Ursula von der Leyen pour assouplir les règles au niveau européen, introduire par exemple du biogazole pour les moteurs diesel. Ça, ça va dans le bon sens, ces efforts-là
? Écoutez,
à mon avis, vu que moi, je suis d'habitude assez optimiste quand je viens chez vous, je suis objectivement très alarmiste sur la situation internationale. Et je ne
suis
pas certain que quand on a deux des trois qui sont bloqués, quand on a un État aveugle et sourd sur la crise sociale qui arrive, quand on aura des problèmes probablement de pénurie, de kérosène, de gaz, des problèmes de matières premières, notamment pour la santé, pour les IRM et le reste, je ne
suis
pas certain qu'assouplir, ou en tout cas demander à Mme von der Leyen d'assouplir sur les biocarburants, etc., je ne suis pas sûr que ce soit à la hauteur de la crise et
à la hauteur de
ce qu
'on
vit aujourd'hui.
C
'est une bonne idée ou pas ?
Il faudra
peut-être le faire dans l'avenir.
Il
faudra peut-être le faire dans l
'avenir,
mais je
pense qu'aujourd
'hui, il faut des mesures d'urgence, parce que vous l'avez dit tout à l'heure, la baisse de 20 à 5,5 sur la TVA, ça coûte de l'argent, effectivement, j'ai expliqué comment on pouvait le financer, mais la question qu'il faut se poser,
c
'est si on ne fait rien, combien ça va coûter à l'État ? Combien ça va coûter aux infirmières libérales qui ne pourront plus rouler, aux pêcheurs, aux agriculteurs, et à des pans entiers de notre société ? Donc oui, il faut des mesures d'urgence et ce n
'est
pas le biocarburant qui va changer
les choses.
Cette baisse de la TVA que vous réclamez encore et toujours, est-ce que ce sera une ligne rouge
dans
le cadre de la préparation du futur budget ? Est-ce que c'est un motif de censure
?
On attend d'abord la réelle copie du gouvernement, de ce qu'il compte faire, parce qu'on a aujourd'hui simplement quelques idées qui sont envoyées dans la presse, alors j'ai vu qu'ils nous écoutaient concernant la contribution de la France à l'Union Européenne, ils ont expliqué que peut-être... Il y a des mains tendues, hein ? Peut-être qu'ils baisseront,
mais
c'est des mains tendues, effectivement, au
RN... Parce que vous êtes
les seuls à ne pas dire d'entrée que vous allez voter la censure.
Ou plutôt au bon sens, finalement.
On vous
cajole un peu, vous avez le sentiment
? Ce n
'est
pas ça, c'est qu'on est responsable.
On
souhaite avoir une France qui, encore, sort la tête de l'eau pour les prochaines années et manifestement, nous qui comptons prendre le pouvoir dès mai prochain, on regarde avec une grande attention la situation financière et budgétaire après 10 années de macronisme. Donc, effectivement, on ne fera pas des choix à l'emporte-pièce.
Donc, même si la TVA n'était pas baissée dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, comme vous le demandez, ce n'est pas une condition nécessaire de la future.
Je vais vous
faire une confidence. Je suis certain que le gouvernement sera contraint de baisser les taxes sur le carburant, comme tous les autres pays de l'Union Européenne, parce que, manifestement, la situation internationale n
'est
pas prête d'évoluer. Donc, ils baisseront les taxes, quoi qu'il arrive.
Vous allez être
possible... J'en prends le pari.
Si le RN ne censure pas le gouvernement, vous seriez, en quelque sorte, le sauveur de ce gouvernement, le cornu
? Non,
mais d'abord, on n'a pas encore commencé les débats budgétaires. Il nous a expliqué qu'effectivement, la contribution de la France à l'Union Européenne était extrêmement forte par rapport à nos pays voisins, qui la baissent. C'est ce qu'on avait proposé. Il nous explique que distribuer des prestations sociales non contributives aux primo-arrivants sans délai de carence, effectivement, c'était une idée du Rassemblement National, comme le font nos voisins européens, et qu'il a entendu le message. Maintenant, on attend réellement la copie budgétaire d'ordre général. Quel cap il compte mener pour l'année à venir ? Et nous sommes attentifs et ouverts au débat, comme nous l'avons toujours été.
Un dernier mot, Andréa Kotorak, sur le récent désamour de Moscou à votre endroit. L'ex-président Medvedev, hier, voit désormais, eh bien, le RN, comme un parti russophobe, soutient au nazi de Kiev, c'est ce qu'il a dit, après que vous ayez condamné, eh bien, la guerre hybride menée par Poutine contre l'Europe, ça vous chagrine, ce désamour ?
Non, mais le RN ne peut pas rester muet quand les intérêts de la France sont attaqués. Donc, nous n'apprécions pas des attaques, d'où qu'elles viennent d'ailleurs. Maintenant, je ne suis ni pro-russe, ni pro-américain, je suis pro-français. Et Marine Le Pen a toujours proposé, depuis plusieurs années maintenant, une conférence pour la paix en Ukraine,
parce qu'il en
va...
Pardon
?
C'est un peu un changement de cap, quand même. Le
RN
a toujours été, quand même, a eu sa proximité avec Moscou.
Le RN a toujours été
pour la paix
sur le continent. Ce n'est pas
être poutinophile que de vouloir la paix. Vous savez, le général de Gaulle parlait avec Staline pour la paix et la stabilité sur le continent européen. Deux grandes puissances nucléaires responsables. Je ne suis pas sûr que M. de Gaulle était stalinien ou que Staline était gaulliste. Pourtant, on avait deux chefs d'État responsables pour la paix et la sécurité. C'est ce que souhaite entreprend Marine Le Pen.
Merci, Andréa Cotorac. Merci d'être venu à RFI. Bonne journée.
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