Macron, saison 2
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 27 %Attaque 36 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:09OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'on imagine d'une entrée à l'intérieur d'un gouvernement ?
- 4:50OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a des noms qui tournent pour un profil de gauche ?
- 5:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça veut dire, muraille de Chine ?
- 6:16OuverteRéponse partielle
Est-ce que le futur Premier ministre peut venir de la gauche ?
- 7:09OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça veut dire, gouverner autrement ?
- 8:18OuverteRéponse partielle
Est-ce que la France se découpe en grandes villes Macron et petites villes Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29PrésentateurChiffre
« Parce que le score du Rassemblement National n'a jamais été aussi haut. »
- 0:32PrésentateurChiffre
« Parce que le taux d'abstention n'a jamais été aussi haut. »
- 4:19InvitéFait
« Il écoute, il écoute, il écoute énormément, mais il ne donne pas d'indices. »
- 4:39InvitéFait
« Il a bénéficié plus largement que Marine Le Pen de la part des électeurs de Mélenchon hier. »
- 4:54InvitéFait
« Elisabeth Guigou, François Rebsamen, ce genre de profil déjà expérimenté. »
- 5:20InvitéFait
« On est dans l'expectative nous-mêmes. »
- 7:17InvitéFait
« Il a dit, pour l'instant, je ne sais pas moi-même. Je vais devoir inventer... »
- 7:30InvitéFait
« Emmanuel Macron a été très frappé, en allant à Belfort, c'était il y a un mois, un mois et demi. »
- 8:43InvitéChiffre
« Il y a plus de 18 000 communes au second tour qui ont mis en tête Marine Le Pen. »
- 8:49InvitéChiffre
« C'est 28 départements aussi qui ont mis en tête Marine Le Pen. »
- 10:41InvitéFait
« C'est la question de la proportionnelle à l'Assemblée. »
- 13:51InvitéChiffre
« Un tout petit peu en dessous de 289, on est à 275, quelque chose comme ça. »
Temps de parole
- Invité25 %
- Présentateur21 %
- Invité 220 %
- Invité 311 %
- Invité 49 %
- Présentateur 25 %
- Auditeur4 %
- Invité 52 %
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France Inter, le 18-20, Fabienne Sainte-Est. Victoire sans enthousiasme, victoire sans gloire, réélection sans triomphe. Eh ben dis donc, depuis hier soir, le champagne est tiède et les petits fours tout mous. Les mots qui viennent parlent de pays fracturés, de fragilité. On en parlait il y a une heure dans cette émission. C'est fou comme on a parfois le sentiment que les étrangers sont plus contents que nous de l'issue de ce rendez-vous électoral. Parce que le score du Rassemblement National n'a jamais été aussi haut. Parce que le taux d'abstention n'a jamais été aussi haut. Tout cela est vrai.
Et aussi parce que ce qui monte, c'est la petite musique du président mal élu, du gagnant, qui est en fait le perdant. Et inversement, jamais on n'a autant parlé de troisième tour législatif aussi vite et aussi clairement de la part des deux extrêmes quand les partis traditionnels sont plutôt en ce moment occupés à leur survie. Comme si cette fois, avec une France en plusieurs morceaux, on pouvait faire mentir cette loi disant que les Français donnent toujours une majorité pour gouverner à un président fraîchement élu même pour la deuxième fois. Tout ça nous parle d'un président qui n'aura pas ses 100 jours et qui le sait.
C'est peut-être ce que contient la phrase « Le vote m'oblige pour les années à venir ». Macron 2 a dit qu'il gouvernerait autrement. Il sait que la vie sera plus compliquée que lorsqu'il n'était que Macron. On en parle ce soir. C'est le téléphone sonne. Soyez les bienvenus. Et le premier, c'est vous, Guy. Bonsoir et bienvenue, Guy.
Bonsoir. Merci de prendre mon appel et félicitations à votre émission, à tous les journalistes et à la technice. Voilà mon état d'esprit. J'ai voté Macron ensuite, effectivement, pour barrer l'arrivée d'un Le Pen qui monte, qui monte, qui monte. De plus en plus, l'écart se restreint. Les villes rurales, où je suis dans une petite commune rurale, 56 %, il n'y a pas de problème. Et je ne comprends pas pourquoi ça monte. Bref, il va falloir que maintenant Macron 2 prenne d'autres chaussures que Macron 1 et intervienne pour, disons, il a une tâche énorme, énorme et très dangereuse si elle ne réussit pas, c'est de, disons, de réunir la France.
Parce que Chirac avait bien signalé la fracture, mais il n'a rien fait. Bon, Hollande, je ne dis pas. Macron 1, je ne dis pas non plus. Il n'a pas, disons, fait des promesses. Alors, je voudrais savoir si le gouvernement qui va être nommé après la démission de M. Castex, d'abord, est-ce que ce sera un homme de son harem LREF qui va décider, effectivement, du choix de ministre ? Est-ce qu'ils peuvent, est-ce qu'on peut envisager un choix de ministre de, moi, pour ma part, de gauche, j'entends ? Bien sûr, est-ce qu'on va trouver un ministre de gauche, Macron, compatible, qui ferait beaucoup de bien ?
Oui, moralement, d'être écouté, d'être entendu et d'avoir quelqu'un qui pense un peu à ses classes moyennes, ses petites classes, plutôt qu'aux classes hautes.
Ben, écoutez, les volontaires, levez-vous, ceux qui entendent, Guy, au moment où on se parle, merci beaucoup pour votre question et pour cette entrée en matière, pour discuter ensemble jusqu'à 20h, la quasi-totalité du service politique de France Inter. Et là, donc, vous l'aurez, votre réponse, Guy, Yael Goz, Elodie Forest, vous aviez suivi le Front National, Maxence Lambrecq, et là aussi, Simon Le Baron, vous vous suiviez, Emmanuel Macron, et Yael Goz, évidemment, vous, c'est vous le patron ?
Donc, c'est à vous que je vais poser d'abord la question, en tout cas, c'est vous qui allez essayer de répondre à la question de Guy, qu'est-ce qu'on imagine d'une entrée à l'intérieur d'un gouvernement ?
Il faut que Guy Vache, qu'on se pose exactement la même question que lui, en ce moment, et que tout le gouvernement actuel, gouvernement sortant, qui s'apprête à être démissionné, effectivement, dans les jours qui viennent, on parle de lundi 2 mai, ou plutôt vendredi, mais plutôt la semaine prochaine, ben, c'est la question que se posent les ministres eux-mêmes, ceux qui ne sont pas sûrs d'être reconduits, ceux qui espèrent l'être, parce qu'effectivement, Emmanuel Macron, c'est le sphinx, en ce moment, c'est lui qui sait comment il va composer sa partition, ou qu'il ne le sait pas encore, d'ailleurs. Il écoute, il écoute, il écoute énormément, mais il ne donne pas d'indices.
Et quand vous voyez des informations, parfois sourcées, élisées, proches élisées, est-ce que c'est Emmanuel Macron lui-même ? Pas toujours. Donc prudence sur la tonalité, on sera peut-être surpris de ce que veut faire Emmanuel Macron. En tout cas, il a laissé entendre, effectivement, qu'il devait tenir compte, dès l'entre-deux-tours, discours de Marseille au pharao, d'un virage écologique à prendre, tenir compte du vote gauche, vote utile qui a eu lieu au premier tour pour Jean-Luc Mélenchon, et donc ensuite le report des votes dont il a bénéficié plus largement que Marine Le Pen de la part des électeurs de Mélenchon hier, dimanche. Quel profil à gauche ? On a des noms. Ah oui ? Allez-y.
Non, mais il y a des noms qui tournent. Tous les noms qu'on va donner ne sont pas choisis. Ne sont pas choisis. Elisabeth Guigou, François Rebsamen, ce genre de profil déjà expérimenté.
C'est méchant, ce n'est pas la jeune gare.
Mais voilà, mais vous avez la bonne réponse, Fabienne. Donc comment fait Emmanuel Macron ? Qui va-t-il chercher ? Du côté des écologistes ? Est-ce qu'il faut décrocher un Yannick Jadot ? Mais Yannick Jadot se laissera-t-il piéger dans ce nouveau gouvernement ? Rien n'est moins sûr. Un Pascal Canfin ? Mais ça, c'est déjà un écologiste de la Macronie qui siège actuellement à Strasbourg, au Parlement européen. Donc voilà, on est dans l'expectative nous-mêmes. Maxence ? Non, c'est possible qu'une figure de gauche l'emporte et arrive à Matignon.
Mais tous nos regards sont tournés vers la rue de Varennes, alors qu'il faut continuer à regarder la rue du Faubourg-Saint-Honoré et le bureau attenant au président. Le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Collère, on le dit parfois, muraille de Chine, et il est vraiment au cœur de la présidence Macron.
Ça veut dire quoi, muraille de Chine ? Excusez-moi.
Ça veut dire qu'il bloque pas mal de tout ce qu'il refuse. C'est-à-dire qu'il est l'interface entre le gouvernement...
Vous voulez dire qu'il y a beaucoup de choses qui n'arrivent pas jusqu'au bureau du président ?
Il y a des choses en tout cas qui sont filtrées. C'est la tour de contrôle numéro 1. Et si Alexis Collère reste en place pendant le deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron, pour beaucoup de ministres, ça voudrait dire qu'il ne changera pas de méthode, il ne changera pas de logiciel. Il gardera cet homme de confiance avec lui, et il aura beau mettre quelqu'un d'autre à Matignon, le secrétaire général de l'Elysée gardera la main sur beaucoup de dossiers. Simon Lebaron ? Juste pour répondre à la question de Guy, il avait envie de savoir si le ou la future Premier ou Première ministre pouvait venir de la gauche. Ça avait l'air de l'intéresser, Guy.
Nous, on nous dit, oui, idéalement, vu la configuration du premier tour de l'élection présidentielle, et la tonalité qu'a donnée Emmanuel Macron à son entre-deux-tours, pour parler aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, pour parler aux électeurs de Yannick Jadot, idéalement, il faudrait quelqu'un qui vienne de la gauche. Mais il y a tellement de qualités à réunir que, finalement, si cette personne, ce futur chef du gouvernement, vient de la droite, et qu'il y a un équilibre dans son équipe, avec des personnalités identifiées, qui parlent aux électeurs de gauche, ce ne sera pas un critère indispensable.
Mais il y a cette phrase qu'on a déjà tournée toute la soirée d'hier, et qu'on va probablement retourner encore, d'ailleurs, jusqu'à la désignation d'un gouvernement. Oui, alors, le vote m'oblige et gouverner autrement. Qu'est-ce que ça veut dire, vous qui avez un logiciel Macron, peut-être ?
On a posé la question à Emmanuel Macron, directement. Il a dit, pour l'instant, je ne sais pas moi-même. Je vais devoir inventer... Oui, à propos du grand débat permanent. Le grand débat permanent. Il ne le sait pas encore. C'est cette méthode horizontale. La confidence qu'on peut faire à Guy, ce soir, par rapport au logiciel macronien, c'est qu'Emmanuel Macron a été très frappé, en allant à Belfort, c'était il y a un mois, un mois et demi, je parle sous contrôle de Maxence Lambret, Oui, j'y étais, mais c'était peut-être un peu plus que ça. Pour relancer la filière nucléaire. Dans son avion, il y avait Jean-Pierre Chevènement, qui va lui-même lancer un nouveau parti, après-demain, mercredi.
Il y avait Barbara Pompili, issue, elle, des écologistes, ministre de l'écologie, et puis Bruno Le Maire. Et Emmanuel Macron était très fier d'avoir mis ces trois personnes, qui se combattaient à mort politiquement avant, dans le même avion. Donc l'esprit qui va être celui d'Emmanuel Macron pour après, c'est un maximum d'union nationale. Mais jusqu'où ? That is the question.
Comment on lit, quand même, parce qu'il y a un certain nombre de choses qu'on a pointées depuis hier soir, et qu'on voit de manière extrêmement claire. C'est vers vous que j'ai envie de me tourner, Elodie Foré, notamment sur ce découpage qui a l'air assez simple, peut-être trop simpliste, qui dit les grandes villes à Emmanuel Macron, les petites villes à Marine Le Pen. Donc voilà comment, aujourd'hui, la France se découpe. Donc voilà quelle est la lecture qu'il va devoir faire de la France au moment de faire ses choix.
Est-ce que c'est aussi simple que ça, ou pas ? Alors je ne sais pas si c'est aussi simple que ça, mais après il y a des chiffres. Ça veut dire qu'il y a plus de 18 000 communes au second tour qui ont mis en tête Marine Le Pen. C'est 28 départements aussi qui ont mis en tête Marine Le Pen. Donc je ne sais pas si c'est aussi simpliste dans le sens où on ne peut pas forcément résumer un vote en disant...
Du coup, ça veut dire qu'il y a 73 départements qui sont... De fait, il y a 73 départements qui sont sous bannière Macron. De fait, il y a 17 000 communes qui sont sous bannière Macron. S'il y en a 17 000, 18 000 qui sont sous bannière Marine Le Pen.
Ce qui est sûr, c'est que ça augmente par rapport à 2017. Ce qui est sûr, c'est qu'elle gagne du terrain. Et le ressort... Alors j'entendais Guy qui disait, je ne comprends pas parce que par exemple, dans sa commune, il n'y a pas d'insécurité. Et pourtant, je crois qu'il a dit qu'elle avait fait 56% si j'ai bien entendu au second tour. Sur cette campagne-là, je ne suis pas sûre, moi en ayant fait du terrain pendant 7 mois, que ce soit effectivement le sentiment d'insécurité qui est fait voter pour Marine Le Pen, mais plus un sentiment d'abandon. Le pouvoir d'achat sur lequel elle a beaucoup joué pendant 7 mois, c'est ça qu'on a entendu, nous, dans nos déplacements, sur les marchés.
C'est qu'on ne s'en sort pas, on a du mal à joindre les deux bouts, l'essence, ça coûte trop cher. Quand je vais au travail, limite, je vais arrêter de travailler parce que je n'arrive pas en fait à assumer les frais d'essence, etc. Et je pense que ça a été plus ça, le moteur sur cette campagne-là que ce sentiment d'insécurité qui a pu être le moteur peut-être sur des campagnes précédentes. Simon est avec nous. Bonsoir Simon.
Pas vous Simon. Oui. Allez-y, on vous écoute.
Bonsoir Simon. Oui, bonsoir. Bonsoir. Voilà, ma question, en fait, elle est toute simple. C'est plutôt une idée. Je pense qu'il y a une manière... Alors, moi, je suis un abstentionniste du second tour. Je pense qu'Emmanuel Macron a la possibilité de mettre tout le monde d'accord assez rapidement, d'ailleurs, de manière très objective et très simple. C'est qu'il y a une idée. Tous les observateurs sont d'accord pour dire que ça doit être un peu la priorité. C'est d'ailleurs une idée qui se retrouvait à la fois dans le programme de Marine Le Pen et dans le programme de Jean-Luc Mélenchon. C'est la question de la proportionnelle à l'Assemblée.
On a des élections législatives dans quelques semaines. Je pense que si Macron fait en sorte qu'il y ait une dose de proportionnelle à l'Assemblée lors des prochaines législatives, il aura montré qu'il a pris en compte tout le monde et que l'important, au final, c'est que tout le monde se sente, à un moment donné, représenté.
Merci Simon, sauf que dans un mois, c'est très très court, Yael Gauze.
Et là, Simon, on est obligé de vous dire que ça sera pour 2027 au mieux parce que la proportionnelle aux législatives, on ne peut pas changer les règles si près de l'élection. Le 12 juin, 19 juin, c'est demain. Le processus est déjà lancé. Le 20 mai, 18h, c'est la deadline, le dernier moment pour pouvoir être candidat aux législatives. Et donc, ça ne se change pas comme ça un mode de scrutin si près de l'élection. Il aurait fallu le faire avant. C'est l'un des ratés du quinquennat qui s'est achevé puisqu'en 2018, la grande réforme des institutions a été avortée. On se souvient, pour cause d'affaires Benalla et de blocage au Sénat. Donc, tout ça est resté lettre morte.
Et c'est le chantier, un des chantiers prioritaires. Évidemment, le renouveau démocratique, la méthode nouvelle de gouvernement plus concertée. Le risque du mois de juin, on verra, le rééquilibrage peut se faire dans les urnes. Le risque aujourd'hui, ce qu'on dit dans la majorité et chez Emmanuel Macron, c'est d'avoir une assemblée qui ne représente pas la photo qu'on a eue hier dimanche de la France, de la France politique, coupée un peu en deux, on l'a dit, ou en bloc, mais qu'on ait une surreprésentation liée au mode de scrutin, majoritaire à deux tours, une surreprésentation des forces d'Emmanuel Macron.
Et ça, j'ai envie de dire, Simon le Baron, c'est une réalité. C'est lié effectivement au mode de scrutin, donc la réponse est même oui. Il n'y aura pas une représentation équivalente à ce qu'on a vu au premier et au deuxième tour à l'Assemblée, ça c'est sûr.
Ça paraît sûr. Alors, traditionnellement, depuis le quinquennat et la concomitance de l'élection présidentielle et de l'élection législative, il y a toujours cet effet de souffle pour le président élu, qui obtient une large majorité à l'Assemblée nationale. On se souvient qu'en 2017, on n'attendait pas une majorité aussi importante pour Emmanuel Macron. Ça avait été finalement un raz-de-marée en marche. Est-ce que ce sera le cas ?
Là, normalement, effectivement, ce calendrier électoral joue en faveur très largement du président élu, mais il y a une recomposition politique qui fait qu'on est dans un tripartisme quasiment désormais, avec ces trois pôles qu'on a vus effectivement incarnés par Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Sans doute, Emmanuel Macron aura-t-il une majorité, en tout cas on peut l'imaginer, mais ça risque d'être quand même beaucoup plus compliqué pour lui.
C'est vrai qu'il y a cette inquiétude presque qui est paradoxale en Macronie de se dire « peut-être qu'on aura une majorité trop importante, comme le disait Yael, avec des oppositions qui n'existent pas ou plus, et ce n'est pas non plus une bonne nouvelle démocratique, même si Emmanuel Macron lui a tout fait pour tuer, et on le sait, les oppositions républicaines, de gauche et de droite modérées, mais avec cette nouvelle donne politique, finalement peut-être que l'enjeu et ce qui va sortir des urnes en juin sera un peu plus compliqué que prévu pour lui.
Est-ce qu'on peut faire un compte ? Combien il y a de députés La République En Marche en ce moment dans l'hémicycle ?
Un tout petit peu en dessous de 289, on est à 275, quelque chose comme ça. Il y en a 55 députés Modem, donc ils ont clairement Modem et En Marche la majorité. Il n'y a plus que 6 députés RN, il y en avait 7 au début, et ils peuvent ne pas avoir de groupe. Le RN peut ne pas avoir de groupe à l'issue des législations.
C'est la question que j'allais vous poser, parce qu'on est là en train de parler de totale recomposition. Mais est-ce qu'on parle vraiment de recomposition sur ces députés La République En Marche ? Il y en a un certain nombre qui étaient des néo-députés et qui probablement vont revenir à leur vie d'avant. Il y en a sûrement un certain nombre.
Une petite minorité, une trentaine, la plupart veulent poursuivre l'aventure.
Alors voilà, donc s'il y en a seulement une trentaine, après mathématiquement, le nombre qu'Emmanuel Macron a besoin d'avoir, le nombre de députés qu'il a besoin d'avoir, n'est pas si gigantesque qu'on a l'air de le penser quand on entend la petite musique de cette fin de deuxième tour.
La difficulté, il l'a dit hier dans son discours au Champ de Mars, c'est que ce seront des années difficiles. Ce ne sera pas un quinquennat tranquille. Donc, il va falloir pour lui une stabilité à l'Assemblée pour pouvoir gouverner, faire les réformes prévues. La difficulté pour lui, c'est qu'aujourd'hui, la majorité était gérée. Christophe Castaner, l'homme fort au Parlement, le Modem à côté, Patrick Mignola. Et tout ça fonctionnait en majorité absolue avec ces deux groupes, LREM et Modem. Le plus probable dans les jours qui viennent, c'est qu'il y ait fusion de ces deux partis politiques pour en créer un nouveau, tout en gardant aussi les autres forces autour en satellite.
Horizon d'Edouard Philippe, Agir de Franck Riester, tous ces partis dont on parle assez... pas très connus en réalité. Territoire de progrès, qui est un club d'anciens socialistes autour d'Emmanuel Macron. En commun, qui est le mouvement de Barbara Pompili. Enfin, tout ça, ce sont des petits satellites autour du pôle majoritaire. La question, c'est, est-ce qu'il faut qu'Emmanuel Macron ait la majorité absolue avec LREM et Modem, encore comme 2017-2022, le quinquennat qui s'achève, ou est-ce qu'il faut partager les forces avec toutes ces chapelles ?
Le danger de toutes ces chapelles, c'est que ça ralentira forcément l'action gouvernementale d'Emmanuel Macron, parce que ça laisse plus de temps, d'autonomie pour des sous-groupes.
Mais ce que ça veut dire aussi, c'est qu'il n'y a pas besoin d'un nouveau raz-de-marée, c'est qu'il n'y a pas besoin de refaire tout le travail qui a été fait en 2017. Lorsqu'on entend parler à la fois du côté des Mélenchonistes, mais aussi du côté du Front National, on a l'impression que chacun va pouvoir arriver avec son énorme bloc et que tout changera. En réalité, on part quand même sur un acquis dans cette Assemblée Nationale qui reste un acquis favorable au président Sorton, quel que soit le mode de calcul, non ?
Oui, et c'est surtout lié à la participation, l'enjeu pour nos auditeurs. 12 et 19 juin, moins il y aura de participants, et en général c'est le camp des perdants qui se démobilise à la présidentielle, moins d'un électeur sur deux aux urnes il y a 5 ans, en l'illiciative. Mais du coup, ça favorise le camp du gagnant qui mathématiquement rafle la mise. La moitié des électeurs. The winner takes all. C'est sûr que ça c'est un danger pour le RN, c'est que les classes populaires qui votent en masse pour le parti à la présidentielle se mobilisent généralement beaucoup moins pour les législatives.
Donc c'est vraiment un danger pour eux, parce qu'effectivement, et Maxence le disait très bien tout à l'heure, c'est l'objectif là, c'est vraiment d'avoir un groupe cette année, il faut 15 députés, c'est pas du tout joué qu'il les ait. Est-ce qu'il... Pardon, allez-y Maxence. Non, Simon, notre auditeur, nous parlait de la proportionnelle intégrale. La proportionnelle intégrale aujourd'hui, si on l'applique, c'est sans doute un gouvernement impossible, parce que c'est trois gros tiers très forts, et il y aurait à ce moment-là 150 députés RN, 150 députés insoumis, 200 députés en marche, et ça, ça ne fait pas une majorité, et ça ne fait pas un gouvernement.
Donc est-ce qu'Emmanuel Macron va prendre ce pari, ce risque, d'aller jusqu'à la proportionnelle intégrale ? Il s'y est montré favorable à Pau face à François Bayrou, forcément. Face à celui qui l'attend depuis toute sa vie. Mais va-t-il prendre ce risque ? Va-t-il aussi imposer des mythes termes, s'il a évoqué cette idée, au milieu d'un septennat, à peu près, au bout de trois ans et demi, des élections législatives pour remettre... Mais tout ça, c'est pour un futur, un septennat, 2027 minimum. Bien sûr.
Avec une... On l'entendait hier pendant les discussions après le premier tour, on n'est pas des Allemands, je trouvais que cette remarque était intéressante, on n'est pas un pays qui sait jouer du compromis négocié à l'intérieur de l'Assemblée nationale, mais j'ai quand même envie de vous poser la question, dans l'état, aujourd'hui, des récompositions politiques, est-ce que ce n'est pas exactement ce qu'on doit apprendre, en fait ? Est-ce qu'on n'est pas contraint d'apprendre ça ? Les négociations, les compromis ?
Encore une fois, Emmanuel Macron, dans l'entre-deux-tours, a clairement ouvert la porte à, effectivement, cette proportionnelle intégrale, à un gouvernement d'unité nationale, peut-être pas de coalition, il dit, je ne suis pas favorable au gouvernement de coalition, parce qu'on n'est pas, à proprement parler, en France, dans un système parlementaire, on est dans un système présidentiel, donc c'est le président élu qui doit pouvoir diriger l'État, et fixer la conduite de l'État. Mais il a quand même laissé la porte ouverte à, voilà, une autre façon de gouverner.
Là où il est habile, et il fait ça sur tous les sujets, Emmanuel Macron, en réalité, c'est qu'il ouvre des portes, quand il voit que ça peut lui être favorable électoralement, qu'il y a un mouvement dans la société, mais qu'il n'a pas de réponse immédiate, il l'a fait au lendemain du premier tour sur les retraites, parce qu'il y avait une demande de l'électorat de gauche, et une opposition à ce projet, il l'a fait sur l'écologie, mais il ouvre des portes, comme ça, et il répond après. Donc pour l'instant, sur le renouveau démocratique, il laisse le sujet en suspens, on attend de savoir comment ça va retomber.
Il y a l'enjeu des coalitions, effectivement, c'est la démocratie parlementaire allemande. Ce n'est pas du tout notre modèle, évidemment.
Pour expliquer aux gens qui nous écoutent, ça veut dire qu'on rentre en conclave pendant un mois, deux mois, trois mois, le temps de trouver, effectivement, quelque chose qui satisfasse à peu près tout le monde.
Et c'est contre ce système-là que la Vème République a été créée, justement, parce que c'était devenu impossible de gouverner. Oui. Et donc la question, par exemple, des LR, on sait qu'il y a une crise énorme au sein du groupe Les Républicains, en ce moment, pour savoir qui va rester fidèle au LR, qui va aller chez Emmanuel Macron, éventuellement qui irait voir, pour l'instant on ne voit pas trop de signaux, vers l'extrême droite. Mais donc, est-ce que le groupe Macron Compatible, qui va émerger à un moment donné, 20, 30 députés, on ne sait pas combien, à l'issue des législatives, entrera dans une coalition de gouvernement avec Emmanuel Macron ?
Ça, par exemple, c'est un débat qui n'est pas tranché du tout au sein de l'exécutif. Est-ce qu'il faut les absorber dans le mouvement unique, et donc ne pas laisser la place ? Ça, c'est typiquement la cinquième. On ne crée pas une coalition, on ne partage pas le pouvoir avec des alliés qui pourraient faire défection à un moment donné, et donc fragiliser Emmanuel Macron ? Ou est-ce qu'au contraire, on laisse respirer, et on crée ces alliés provisoires, temporaires, qui vont, qui viennent, qui vont aider Emmanuel Macron dans sa coalition ? Il y a débat en ce moment. C'est de savoir si on fait l'UMP ou l'UDF aussi.
Et Emmanuel Macron a bien en tête qu'il ne pourra pas être candidat à sa succession en 2027, et que sa succession va entraîner forcément des compétiteurs, des écuries. Il a aussi très peur d'une assemblée qui se transforme en petites écuries, une écurie de gauche, une écurie de droite, avec Édouard Philippe, etc. Donc il a aussi ce danger-là face à lui. Il sait très bien que les 5 ans vont être aussi une longue course vers l'Elysée. Et ce parti unique, il fait quand même partie des discussions. On est entre la révolution culturelle d'une nouvelle méthode pleine de concertation et l'envie d'un parti unique.
Retour au standard où nous attend Joël.
Bonsoir Joël. Bonsoir. On vous écoute. Merci de prendre mon appel. Écoutez, moi j'ai une réflexion à faire, ça ne va pas changer la face du monde, mais quand même je crois qu'il s'est fait. On ne sait jamais Joël. Je ne sais pas. Je trouve les Français extrêmement, extrêmement ingrats de ne pas féliciter Emmanuel Macron aujourd'hui de tout ce qu'il a fait, de tout ce qu'il a accompli, du travail qu'il a fait terrible sur ces quelques mois et sur ces quelques années également. Et que quand même, il faut être conscient à un moment s'en réjouir et s'asseoir. Il a sauvé, il a sauvé, la France pour quelque temps, l'Europe aussi.
La planète nous regarde et nous admire et les Français font la gueule. Et moi, je n'aime pas.
Alors, c'est ce que je disais en introduction. Effectivement, c'est vrai qu'il y a des journaux étrangers qui sont, merci Joël, qui sont nettement plus dithérambiques que nous le sommes nous, y compris d'ailleurs dans...
Et Joël parle comme le papa d'Emmanuel Macron, qui dit que les Français sont en gras avec son fils.
Voilà, enlevez votre masque Joël, vous avez retenu.
Moi, je me suis fait rabrouer pour avoir dit quelque chose sur les réseaux sociaux. J'ai eu le droit à quelques insultes, mais c'est classique dans ce rôle-là. Parce que je me suis embarqué dans une réflexion sur Churchill. Et je ne me suis peut-être pas bien fait comprendre. La fameuse phrase. En 1945, Churchill est un héros de guerre. Un héros de guerre et qui est balayé par les travaillistes aux élections législatives en Grande-Bretagne. Beaucoup de macronistes ont eu très peur, après les gilets jaunes, après le Covid, qu'Emmanuel Macron soit l'incarnation des mauvaises années, des années de crise dont on ne veut pas se souvenir, dont on veut se débarrasser.
Et qu'il soit balayé à son tour, alors qu'il aura tenu la gestion de crise pendant toutes ces années, qu'il soit balayé par le côté il incarne donc les mauvaises années et il faut changer. Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Donc l'exploit politique d'Emmanuel Macron, c'est d'avoir été réélu hors cohabitation, ça on l'a dit, mais surtout en ayant eu, en ayant incarné la crise, trois crises, y compris le Covid, y compris l'Ukraine aujourd'hui. Donc quelque part, l'exploit politique, il est quand même là.
Dans un contexte où il se bat contre le Rassemblement National, ce qui fait que la donne est de toute façon toujours une donne différente en fait, Simon.
Juste deux choses sur ce que vient de dire Joël. D'abord, quand elle dit il a sauvé la France, c'est la deuxième fois en effet qu'il bat le Rassemblement National au second tour de l'élection présidentielle. Mais souvenez-vous, en 2017, Emmanuel Macron, au lendemain de sa victoire, avait dit mon défi, c'est que dans cinq ans, plus un Français n'ait aucune raison de glisser un bulletin pour les extrêmes dans l'urne. En effet, il a échoué manifestement. Tout le monde le reconnaît d'ailleurs autour de lui. Les militants avec qui j'ai discuté hier sur le champ de Mars, aussi heureux était-il de cette victoire, reconnaissent que ça a été un échec.
L'extrême droite est au plus haut historique dans notre pays. Et Emmanuel Macron, certes, ne peut pas être tenu pour seul responsable de cette situation, mais dans son habileté politique, il a su jouer aussi, on l'a suffisamment dit, suffisamment commenté, il a su jouer de cette opposition avec les extrêmes. Et deuxième chose, sur, voilà, les Français sont des ingrats, il faut aussi savoir se réjouir de cette victoire, c'est justement la question qui existe aujourd'hui au sein même de la République en marche et parmi les plus proches d'Emmanuel Macron. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on fait de cette victoire ? Comment on en parle ? Quels enseignements on en tire ?
Il y a ceux qui se sont réjouis au goût de certains, un peu trop ostensiblement de la victoire hier sur les plateaux, sur les réseaux, en disant, c'est un vote d'adhésion, il ne faut pas en avoir un, il faut être heureux. Oui, Horvère Berger, la députée également, vice-présidente du groupe à l'Assemblée. Et puis, il y en a d'autres qui disent, non, non, attendez, il faut jouer l'humilité, il faut écouter les abstentionnistes, ceux qui ont voté pour faire barrage à l'extrême droite et même l'électorat de Marine Le Pen. Et ça, d'ailleurs, c'est plutôt le discours d'Emmanuel Macron de l'ingratitude.
C'est compliqué parce qu'on sent qu'il y a vraiment une fracture avec, alors on disait tout à l'heure, deux Frances qui peuvent se faire, qui se font face à face, qui se font face à face, pardon, je perds un peu mes mots, qui se font face. La nuit était courte, non ? Oui, la nuit était un peu courte. Il y a une réalité, d'ailleurs, ça se terre qu'il y a des gens, moi, que j'ai vus sur le terrain qui se sont sentis humiliés par ce quinquennat Macron et on ne peut pas les taxer forcément d'ingratitude aujourd'hui parce qu'il a géré le Covid, parce qu'il gère la crise en Ukraine.
Ils ont des problèmes du quotidien qui n'ont pas trouvé de réponse pendant ces cinq ans et surtout, ils ne se reconnaissent pas dans le monde, dans ce qu'incarne Emmanuel Macron. Je pense que c'est quelque chose de très fort et de très fondamental. C'est tous ces gens, moi, qui m'ont dit qu'on va voter Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, vu que je n'ai pas suivi Jean-Luc Mélenchon, je peux moins le dire, mais on va voter Marine Le Pen parce que finalement, elle nous ressemble. Et ça, ce sentiment-là, ce n'est pas de l'ingratitude, c'est quelque chose de profond. C'est ce qui nous renvoie
avec ce que vous nous disiez au début, Elodie, sur le fait que ce n'est pas effectivement, contrairement à d'habitude, les thèmes d'insécurité ou de sécurité qui ont poussé vers le vote Marine Le Pen.
En partie,
certainement. En tout cas, beaucoup moins peut-être que les fois précédentes et en tout cas, ce que vous dites a beaucoup joué.
C'est le schisme, raison contre ressenti. On est en plein dedans. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, même si Emmanuel Macron veut rationaliser, vous vous souvenez, tous ces tableaux excellent pour dire que le pouvoir d'achat avait bien augmenté durant son quinquennat à la virgule près ou pourcentage près et le ressenti n'était pas là. Pierre-Rosan Vallon, le sociologue, a théorisé cette nouvelle manière de faire de la politique aujourd'hui et de l'ambiance en France. Le ressenti l'emporte sur la raison. Et une fois, tant qu'on n'a pas intégré cette nouvelle donne, on ne peut pas comprendre la flambée du vote RNA.
Et je le dis au passage, Pierre-Rosan Vallon, c'est l'invité de Laura Adler tout à l'heure à 20h. Donc la conversation pourra se poursuivre. Vous vouliez dire quelque chose avant qu'on retourne au standard, Maxence ?
Non, si hier à 20h, l'ambiance n'était pas à la fête, c'est aussi que les oppositions ont très bien joué leur coup. Marine Le Pen a pris la parole à quelle heure ? 20h10.
20h10. 20h10. Et Jean-Luc Mélenchon derrière.
Et Jean-Luc Mélenchon a même pris la parole avant le résultat du second tour puisque dès mardi, il appelait au troisième tour des législatives. Et donc le contexte était assez particulier. Éric Zemmour a même fait une conférence de presse hier soir, ce qui n'arrive jamais. Il a perdu de loin. Et donc l'ambiance était déjà à la contestation et au troisième tour qui s'installe dans le débat politique. Macron a été trollé. C'est l'expression qui a été utilisée par Stanislas Ghani. Un troll comme sur internet. Un troll, c'est-à-dire vous venez perturber l'événement qui est censé s'imposer dans les médias.
Xavier est avec nous. Bonsoir Xavier.
Oui, bonsoir.
On vous écoute. Je voulais venir faire partie du scope, enfin de l'électorat donc d'Emmanuel Macron. Et cette année, j'ai vraiment, vraiment hésité jusqu'encore 24 heures avant le deuxième tour. Je ne sais pas pour qui voter. Enfin, je ne voulais pas voter Macron. Et voilà. Mais finalement, bon ben voilà, la raison, c'est que j'ai mis un bulletin pour Emmanuel Macron. Et je suis assez quand même estomaqué. Enfin, j'ai été très déçu en entendant les commentaires, les réactions des uns et des autres hier soir. Ok, on entend qu'on prend en compte le fait que c'est un vote, enfin le vote, pardon, voilà, utile pour faire barrage au Fonds national. Mais voilà, ce n'est pas un vote d'adhésion.
Et moi, ce que je disais à votre standardiste, c'est que je ne suis pas quelqu'un qui se fait habitué à manifester, etc. Mais demain, c'est sûr que demain, je me mobiliserai. Parce que moi, je ne me reconnais pas du tout, du tout, dans la France, dans le modèle que proposent Emmanuel Macron et son ministre. McKinsey, enfin, cette gestion de la France, cette approche. Moi, je suis désolé, mais un de vos invités disait l'inventaire de la gestion de la crise Covid n'a pas été fait. alors, peut-être qu'on peut reprocher ça auprès des autres partis politiques qui n'ont peut-être pas mis suffisamment le sujet sur la table ou peut-être aussi une partie des journalistes, peut-être.
Mais toujours est-il que voilà, moi, je ne m'estime pas représenté. Et hier, franchement, de plus en plus, je commence à me dire, moi, quand j'entends Mélenchon, je me dis, ben oui, je n'aurais jamais dit ça il y a quelques années, mais oui, je commence à, ça fait écho, en tout cas, ça fait écho à ce que moi, je peux penser de la situation. Merci, Xavier, on vous a entendu, merci beaucoup. Il y a beaucoup de Xavier, enfin, c'est compliqué, en fait, d'évaluer, non, mais évidemment, c'est compliqué d'évaluer les Xavier qui disent ça aux élections législatives avec leur vote, ceux qui iront le dire dans la rue aussi, probablement assez vite, non ? Dimanche,
1er mai, 1er mai, oui, déjà, et on est en plein dans ce que dit Xavier, dans l'inquiétude, mais qui est celle d'Emmanuel Macron et de ses partisans depuis plusieurs semaines, l'inquiétude, en cas de réélection, maintenant c'est fait, d'un début de quinquennat terrible sur le plan social et qui empêche, finalement, de mener les réformes, c'est-à-dire qui pourrissent, si je puis me permettre, l'intégralité du quinquennat. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron en a pris conscience après être rentré en campagne avec des mesures très identifiées à droite. Après, il a dit, on m'a mal compris, je vais l'expliquer, sur les 65 ans, sur les contreparties pour le RSA, etc.
En réalité, c'était bien sûr pensé avant le premier tour pour séduire l'électorat de droite qui aurait pu se porter sur Valérie Pécresse. Et ça a marché d'ailleurs. Mais derrière, il a très vite pris conscience que s'il ne redressait pas la barre, et il l'a fait dans l'entre-deux-tours à gauche, il y avait ce risque, effectivement, il y a toujours ce risque aujourd'hui, à entendre Xavier, d'un début de quinquennat qui soit très tendu sur le plan social. Et Emmanuel Macron dit aujourd'hui, dans les premiers mois, je vous promets, je vais être très précautionneux. Le pays est très sensible. C'est pour ça que le séquençage est très important.
Et c'est pour ça qu'il dit la réforme des retraites par exemple, ce ne sera pas tout de suite. Avant l'automne maintenant,
alors qu'au départ c'était la priorité des priorités, il faudra le faire tout de suite, dès l'été. Maintenant on n'en est plus du tout là. Et c'est vrai que nous, service politique, on aura peut-être un été assez calme parce qu'il n'y aura pas d'ordonnance, il n'y aura sans doute pas de grandes réformes durant l'été, rien en tout cas avant le 19 juin, avant les législatives. Il y a 65% des électeurs de Yannick Jadot qui ont voté Emmanuel Macron, il y a 42% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui ont voté Macron hier, selon notre enquête
et il y a aussi quand même, nos auditeurs l'ont remarqué, on disait il faut calmer le jeu effectivement à temps de l'automne, on a quand même la petite phrase de Bruno Le Maire sur le 49.3 au cas où. Alors je ne sais pas... Il est mal passé. Mais c'est ça.
Il a dit, si je puis me permettre, ses collaborateurs à Bercy étaient fous furieux parce que ce qu'on a retenu de cette déclaration, c'est on n'exclut pas le 49.3 donc évidemment, quand on connaît le caractère inflammable de cet outil, s'est parti très vite mais derrière il dit je ne le souhaite pas à titre personnel et d'ailleurs peut-être que dans une semaine je ne serai plus ministre de l'économie. Très bonne question de Marc Fauvel, notre confrère rendant hommage à l'étage de France Info qui a piégé quelque part Bruno Le Maire parce que poser le 49.3 déjà c'est remettre une pièce dans le risque.
C'est une sacrée pièce dans la machine.
Ça rappelle Edouard Philippe le 49.3 inachevé pour cause de Covid tout s'est arrêté à ce moment-là pour la réforme des retraites. Ça rappelle, effectivement, ça devient un argument pour Jean-Luc Mélenchon qui dit si vous ne voulez pas de 49.3 mettez un bulletin anti-49.3 dans l'urne les 12 et 19 juin.
Donc est-ce que ça veut dire en tout cas quoi qu'il arrive qu'on va à partir de la semaine prochaine parce que ça commence très très vite entrer dans une campagne législative telle qu'on a rarement vu une campagne législative au Rassemblement National Elodie par exemple est-ce qu'on est prêt ? Est-ce qu'il y a un candidat à mettre dans chacune des circonscriptions ? Est-ce que déjà l'ordre de bataille est là ou est-ce qu'il va falloir travailler sur cet ordre de bataille ? On est presque prêt.
Non, non, là ils vont finir les pré-investitures ils vont se laisser un petit peu de champ quand même parce qu'il faut voir ce qui se passe dans les prochains jours prochaines semaines vous l'avez peut-être vu hier soir Éric Zemmour qui certes a mis une baffe pour commencer son discours à Marine Le Pen en disant que ça faisait huit fois que le nom Le Pen était frappé de la défaite donc ça c'était pas très sympa et puis après c'est en mode il faut faire une coalition pour essayer que les patriotes Sauf que lui a fait 7% donc on peut comprendre
aussi qu'il a envoyé quelques appels du pied pour l'instant personne n'a répondu parce qu'il semble être de bonne guerre
Ça répond pas et pour l'instant de toute façon c'est un rapport de force néanmoins il y a un moment il va peut-être falloir dans certains endroits négocier peut-être que le RN soutiendra des gens de reconquête qui auront été clairs pendant l'entrée de tour qui auront soutenu Marine Le Pen c'est le cas par exemple d'un Stanislas Rigaud qui a tout de suite dit qu'il voterait Le Pen ça fait partie des gens qui pourraient très bien rejoindre une espèce de bannière en tout cas ça c'est le rêve de Marine Le Pen et puis voilà Et en 2017 ils avaient trouvé les 577 quasiment ils vont les trouver après l'idée aussi c'est d'imposer une nouvelle génération RN c'est ça le grand défi aujourd'hui c'est d'avoir des nouveaux visages aussi qui peuvent constituer ce groupe Simon Vous demandiez à Elodie est-ce qu'il y aura un candidat RN ou de cette coalition dite nationale dans chacune des circonscriptions du côté d'Emmanuel Macron c'est est-ce qu'il y aura seulement un candidat c'est ça la vraie question Il faut gérer les trois pleins parce qu'en fait il y en a trop il y a Edouard Philippe qui va vouloir avoir le maximum de députés possible ça rejoint ce que disait Maxence tout à l'heure François Bayrou et le Modem qui diront non non nous on lâche pas nos circonscriptions La République En Marche qui voudra reconduire tous ses sortants tous les nouveaux ralliés tous les ralliés que Nicolas Sarkozy a décomplexé à qui il faudra trouver une place ça va être plutôt un casse-tête et à mon avis un bras de fer on se souvient et ça avait été dit et on le sait depuis qu'en 2017 François Bayrou et Richard Ferrand avaient failli en venir aux mains là ils seront encore plus nombreux autour de la table ça risque d'être très très tendu il reste 7 semaines c'est un délai inhabituellement long qui peut faire retomber c'est la crainte autour d'Emmanuel Macron le souffle de la victoire ça peut aussi attiser beaucoup beaucoup de tensions
Il y aura évidemment donc il y a elle un Premier ministre et même un gouvernement évidemment avant cette date là
Bien sûr a priori en début de semaine prochaine
Est-ce qu'on peut imaginer que le choix du Premier ministre on a commencé avec ça donc on va pouvoir finir avec aussi est-ce qu'on peut imaginer que le choix du Premier ministre coupe l'herbe sous le pied des stratégies de troisième tour que ce soit celle de Mélenchon ou celle de Marine Le Pen si le choix est judicieux est-ce que ça peut couper l'herbe sous le pied On a connu
Édouard Philippe a servi à couper d'entrée de jeu l'herbe sous le pied du centre droit et de la droite qui était parti en guerre contre Emmanuel Macron lui avait déjà réussi l'opération Donc là c'est l'herbe sous le pied de la gauche couper c'est plus compliqué C'est-à-dire que voilà il faut trouver cette personnalité qui embarrasserait au plus haut point le camp Mélenchon pour l'instant on ne la voit pas ou alors c'est une ouverture qu'on n'a pas encore nous-mêmes imaginée dont Emmanuel Macron a peut-être la clé
Est-ce qu'on peut avoir une idée du calendrier donc cette semaine rien puisque mercredi il y a le dernier Conseil des ministres
Proclamation officialisation des résultats par le Conseil constitutionnel après-demain mercredi à partir de là tout est possible démission du gouvernement nomination d'un Premier ministre mais il nous a été dit à l'Elysée que ça devrait attendre le début de semaine prochaine
On avait l'impression que Jean Castex y compris d'ailleurs ici sur France Inter était assez pressé de rentrer chez lui de donner sa démission
Demain soir il a prévu un pot avec ses ministres et en fait il a décalé son pot d'adieu parce qu'apparemment il va encore rester quelques jours donc le pot d'adieu à Matignon ce sera plutôt en fin de semaine
Ben écoutez nous en tout cas on se retrouve demain les uns les autres on va parler des alliances avant les fameuses élections législatives évidemment on n'a pas fini de parler politique au téléphone c'est tant mieux merci à tous merci pour vos très nombreuses questions portez-vous bien merci à tous
merci à tous