Grand entretien avec Éric Vuillard | #Amfis2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 61 %Attaque 29 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Éric, vous dites que la littérature née avec la Révolution française... Quelle a été la portée émancipatrice de ces mutations ?
- 10:00OuverteRéponse directe
La Révolution française a érigé la culture en bien commun... Comment faire face à la privatisation actuelle ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Vous mettez en scène des récits historiques... Comment traitez-vous le matériau historique par rapport aux historiens ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que le peuple selon vous ? Comment peut-il l'emporter ?
- 40:00OuverteRéponse directe
Vos récits s'intéressent aux élites politiques et économiques... Comment les mettez-vous en lumière ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Comment la littérature aide-t-elle à chercher la responsabilité des grandes causes et dans quel but ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Éric VuillardFait
« La littérature même dans son adresse en fait épouse quelque chose qui n'est pas sans rapport avec le suffrage universel au fond. »
- 13:00Paul VanierFait
« La tentative de ces milliardaires d'extrême droite, c'est le contrôle de nos imaginaires. »
- 21:00Éric VuillardFait
« Le manifeste programme dès sa première page : "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de lutte de classe." »
- 3:00Éric VuillardFait
« la littérature s'est assez largement chargée des élites par complaisance d'ailleurs au fond en partie parce que les écrivains appartenaient au fond à la bourgeoisie »
- 11:20Éric VuillardFait
« l'extrême droite française est forte, elle est forte au Parlement. Elle est forte parce qu'elle dispose de puissants relais médiatiques »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour tout le monde. Euh merci à vous toutes et vous tous d'être là. J'espère que vous avez passé des bons amis jusqu'à maintenant.
Euh je m'appelle Coline et j'ai le plaisir d'animer ce grand entretien entre Éric Villard et Paul Vanier. Alors Éric, tu es écrivain, pris concours pour l'ordre du jour et Paul Vanier, tu es député du Valdoise. Et donc, nous allons échanger ensemble pendant 1 heure puis il aura un petit temps de questions réponse avec la salle de 30 minutes.
On va essayer de vous laisser du temps pour poser toutes vos questions et je vais commencer par une question pour toi Éric. H Éric, vous dites que la littérature née avec la Révolution française, il y a dans le champ de l'écriture et la culture un avant et un après 1789. Avec le renversement de la monarchie absolue et l'abolition des privilèges, on cesse d'écrire pour les puissants.
Le rapport de l'écriture au réel et au monde social s'en trouve bouleversé. L'écriture est mise en commun au service du commun et dès lors du grand nombre. Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce qui s'est joué exactement et quelle a été la portée émancipatrice de ces mutations ?
Vous en tant qu'écrivain du 21e siècle, comment cherchez-vous à vous inscrire dans cette filiation révolutionnaire et comment cela se matérialise dans votre propre pratique de l'écriture et peut-être même dans votre propre pratique de lecteur ? Bonsoir à tous. Alors, tout d'abord, merci à Coline Bouret et Paul Vanier pour cet entretien et puis je remercie les amphi pour cette invitation.
On me permettra une note un peu personnelle. Je salue ma femme et mon fils qui sont dans la dans la salle. Alors [applaudissements] merci.
Alors donc c'est c'est une question complexe. Alors tout d'abord sur la la partition que je fais entre avant la Révolution française et après, mais pour le dire évidemment très vite, en fait ce que j'appelle et ce qu'on appelle au fond la littérature, on s'en avise peu, mais c'est ce qui s'est produit après la révolution. Avant, on parle de lettrre.
En fait, ce sont des hommes de lettrre principalement ou des femmes de lettrre qui viennent. Alors, on trouvera toujours des exceptions évidemment puisqu'il y a toujours des î ou pour des raisons sociales un peu particulières comme par exemple le poète François Villon qui dans un paris déjà assez agité parvient à faire une poésie qu'on pourrait inscrire dans la littérature. Je viendrai après la définition que j'en j'en fais que j'en propose.
Mais au fond, c'est ce que vous dites. C'est-à-dire que les hommes de l'être ou les femmes de l'être soit appartiennent au milieu les plus privilégiés, soit sont prébandés au service des puissants. On trouve d'ailleurs souvent, on y est habitué, c'est une pratique qui va durer un peu au long du 19e.
On se cherche des protecteurs d'ailleurs, c'est souvent une dédicace, vous savez, au compte de machin qui me fait la joie d'aimer G gn et l'honneur d'apprécier mes livres. Donc ça veut dire qu'on est dans dans un monde où la protection est nécessaire et où du coup l'écriture est en partie d'une certaine manière encadrée. Alors ça se traduit de de plein de manières.
Ça se traduit dans l'adresse tout d'abord puisque l'idée souvent un peu ingénue mais naturelle qu'on peut s'en faire et que d'ailleurs pas mal d'écrivains se font spontanément de leur activité, c'est de penser que quand on écrit, on écrit pour soi, on dit "J'écris pour moi, ce qui est une manière de dire "J'écris pas au service des autres". Mais en fait, c'est pas du tout ça justement la littérature. Ça c'est l'attitude du duc de Saint-Simon.
C'est l'attitude de la Roche Fouco, c'est-à-dire au fond, j'écris soit pour moi euh mes mémoires euh dans ma petite cage à lapin à Versailles luxueuse, mais enfin voilà euh comme le duc de Saint-Simon. Soit au fond, j'écris pour très peu de monde dans un petit milieu où d'autres écrivent aussi puisque les idées des Maximes sont venues dans le salon de Madame de Sablé qui elle-même a produit des maximes. Donc on voit que ça n'a rien à voir avec la diffusion beaucoup plus grande que la littérature atteint aussitôt après la Révolution française.
Ça veut dire que l'adresse de la littérature, une de ses caractéristiques, c'est l'universel. C'est pour tout le monde et pour personne. Alors que précisément les hommes de l'ide, c'est pour quelques-uns uniquement.
C'est resserré. Donc on le voit, la littérature même dans son adresse en fait épouse quelque chose qui n'est pas sans rapport avec le suffrage universel au fond. Donc ça c'est le le le premier point.
L'autre euh c'est aussi la question de ce qu'on appelle le style ou l'écriture. Nous on parle beaucoup plus volontiers aujourd'hui d'écriture que de style. Le style appartient aux hommes de l'être.
Le style c'est quelque chose qui dans sa définition est à la fois précis en quelque manière neutre et délicat. Ça ressemble à une activité curiale, à une activité d'homme de cours. Voyez, ça doit être poli, ça doit être précis, en quelque sorte plus ou moins transparent, c'est-à-dire ne pas ne pas trahir une subjectivité trop forte, voyez ce genre de choses.
Alors qu'à l'inverse, ce qu'on appelle l'écriture, c'est le noage d'une subjectivité avec le langage. C'est ce qu'on voit chez Balzac. Vous voyez ce que précisément le le classicisme, les hommes de lettres auraient jugé être des écarts de langage insupportables, voyez, des description vulgaire, ce genre de de choses.
Et puis du coup, c'est une affaire de contenu aussi de ce dont on parle. C'est-à-dire que la littérature, quels que soi au fond les opinions d'ailleurs politiques de ceux qui la pratiquent, elle lève le tabou des grandes inégalités. Elle parle au premier chef de ça.
C'est le courant général. On distingue souvent de manière tout à fait abusive la littérature engagée du reste ou alors on s'étrit pour savoir si Balzac était légitimiste avait au fond d'autres types d'opinions. Si on doit diviser l'homme de l'être et l'homme réel.
Au fond, ça n'est pas ça le problème, c'est que l'écriture elle-même, cette pratique très très particulière de la description qui va être inaugurée au fond par Balzac et les hommes de lait du début du 19e siècle est une pratique qui en soi est subversive. Vous voyez, si vous vous mettez à décrire un homme d'état, vous faites tomber l'intimidation standard au fond du rapport qu'on a au pouvoir et puis surtout la satire s'en mêle aussitôt. Donc il y ait un rapport très étroit entre, on pourrait dire une sorte d'histoire de l'ironie au fond et l'histoire de la littérature.
Et c'est ce qui fait que Balzac, tout légitimiste qui l' effectivement appelle son œuvre entière la comédie humaine. La dimension de comédie et de satire est donc primordiale et on sait qu'ensuite dans l'aventure de littéraire du 19e siècle, beaucoup d'œuvres vont être condamnées pour cette raison, c'est-à-dire pour leur réalisme et pour la façon dont elle s'attaque à des institutions. Pour en donner des exemples célèbres, bon quand Madame Bovari est attaquée, ça n'est pas parce que Flobert aurait raconté des sornettes.
Ça n'est pas du tout parce qu'il aurait imaginé un monde et qu'il aurait trahi le monde réel. C'est pas ça qui lui reprochait. C'est un procès en indicence.
Et l'indessence, c'est quoi ? c'est précisément de montrer des choses qu'on devrait cacher, dissimuler. C'est ce qu'on fait, vous savez, avec les enfants quand à table, ils disent quelque chose qu'on a dit en aparté avant le repas devant les invités, qu'on leur dit "Mais enfin, tais-toi." Voilà, ce c'est pas qu'ils sont en train de dire un mensonge, c'est que précisément ils commettent une sorte de de de de faute qui consiste précisément à faire sortir ce qui était sous la coulisse et à le mettre sur la scène.
Et c'est au fond ce que ce que pratique la littérature. Et pour terminer, je c'est un point important, c'est que que j'ai évoqué, c'est qu'au fond, la partition entre fiction et réalité n'est pas celle que l'on croit, en tout cas à mon sens. C'est-à-dire très fréquemment, la littérature se présente comme étant du côté de la fiction, de de l'imagination.
Je crois qu'en fait, que ce soit du le roman, le récit, peu importe, c'est au contraire une inflexion réaliste qui caractérise la littérature. La fiction, elle est du côté du pouvoir. Pour en donner une illustration qu'on a tous les jours sous les yeux, euh un grand nombre d'hommes politiques s'habillent de la même manière.
Vous saz les costumes bleus un peu foncés qu'on voit en circulation sur tous les plateaux de télévision. C'est curieux tout de même de s'habiller tous de la même façon. Voyez dans la salle, nous sommes tous habillés de manière plus ou moins différente.
Chacun est même le gardien de sa propre subjectivité à travers ça, même si c'est largement artificiel puisqu'on les achète à peu près tous dans les mêmes boutiques. Bon mais malgré tout, c'est un panachage, voyez. Bon sur quand on voit une réunion du G20 ou du G8, tout le monde est habillé pareil à part les femmes, mais les hommes sont tous habillés pareils.
Ce qui signifie qu'ils sont pas habillés par eux-mêmes, ils sont habillés par d'autres, des communiquants et cetera. Et bien, c'est ça une fiction, c'est une structure théâtrale. Ce sont des costumes en réalité.
De la même manière, une grande partie de leur discours, alors on peut écrire un discours en équipe évidemment, mais sont écrits par des gens qui sont prébandés, fait pour ça. Or, une des caractères caractéristiques du théâtre, c'est de dire le texte d'un autre justement. Alors, la c'est vrai qu'il existe une différence entre le texte de William Shakespeare et celui d'un étudiant science Poau qui écrit pour François Fillon, par exemple.
Mais voyez bien que à l'inverse donc de ce qu'on croit, la fiction est de ce côté-là. la littérature au contraire pour rester sur ses exemples célèbres ou pour en prendre d'autres quand Joyce euh écrit dans une liste d'écrit une journée euh de deux individus tout à fait ordinaires, il aurait pu choisir n'importe quelle journée, n'importe quel individu. C'est il décrit la vie sociale réelle quand à la fin dans le célèbre monologue de la femme de Bloom Molly, elle mélange à la fois ses souvenirs d'amour, des élans de sexualité. ce qu'il fait d'essayer de nous montrer la sexualité féminine ou les désirs féminins tel qu'il est et non pas de mettre devant une euh un cache sexe dérisoire qui viendrait euh euh le le dissimuler.
Donc voilà. Et le tout dernier point, c'est qu'au fond le je pense que quel que soit enfin que colon court la littérature de façon collective a pour viser principal de défaire la fiction du pouvoir. C'est ça son objectif.
C'est ce que fait Balzac dans la comédie humaine. C'est d'une certaine façon ce que fait Flobert que je citais avec le mariage bourgeois par exemple dans Madame Bovari. C'est ce que fait Zola dans les rougons Macar montrer comment la société fonctionne sous ces différents registres.
Donc au fond, à travers mes livres, je m'inscris dans cette longue histoire qui consiste à essayer de nous dégriser de nos fables. [applaudissements] [applaudissements] Merci beaucoup. Et du coup Paul pour pour revenir sur cette idée que la littérature née avec la Révolution française, la Révolution française a a en effet érigé la la culture en bien commun. les œuvres ne sont plus destinées à l'oligarchie et qui les commande et qui les incarparent.
Et c'est vrai en littérature et c'est vrai dans l'art en général. Euh les révolutionnaires français ont ainsi inventé les musées publics. C'est par exemple le musée du Louvre qui voit le jour en 1793.
Mais voilà qu'aujourd'hui la dynamique s'inverse. Nous faisons face à un mouvement de privatisation et de concentration dans le monde culturel. un mouvement sans précédent sous l'égite de force réactionnair le milliardaire d'extrême droite Vincent Boloré pour citer que lui est en train de se tailler un empire dans la culture empire dont il se sert pour mener son combat civilationnel comme il le dit lui-même.
Et dans le cinéma et dans l'édition notamment dans le cinéma je pense que ça a été le sujet du grand entretien entre Anna Mouglalis et Sarah Legrin ce matin. Ça s'exprime avec un contrôle qui s'étend sur toute la chaîne de l'édition à la distribution et jusqu'à la diffusion. Et le rôle des réseaux culturels devient dès lors l'enjeu premier de la bataille culturelle.
Alors dans ce contexte, quelle est la vision de la culture des insoumis et comment fait-on pour zapper vos ? Rude question. Merci Coline.
Bonjour à toutes et à tous. Je suis très heureux de d'être avec vous en cette fin de journée et à côté d'Éric Vuyard, honoré de l'échange que je vais avoir avec vous et avec lui et et je le remercie à nouveau pour l'été qu'il m'a permis de traverser parce que ces lectures, la lecture de ces récits a magnifié mon été et c'était un un plaisir et donc c'est un honneur maintenant d'échanger avec lui. Alors oui, nous sommes en train d'assister à ce que l'on pourrait qualifier de tentative de contre-révolution culturelle et cette tentative prend la forme d'une privatisation de certains espaces de production culturelle, de la visée de la reconstitution d'un monopole d'un monopole aux mains de quelques milliardaires de milliardaires d'extrême droite et vous le savez l'actualité régulièrement à coup de rachat de chaînes de télévision de réseau de cinéma, de maison d'édition, de festival.
C'est Pierre Édouard Terrain, c'est Vincent Boloré qui sont en train de s'approprier des outils de production de création culturelle et parallèlement l'extrême droite, politique, attaque, l'espace public de création culturelle, l'audiovisuel public, le centre national du cinéma qui subissent les assauts des parlementaires du rassemblement national. cette offensive, cette tentative de contre-révolution culturelle, probablement qu'elle poursuit une série d'objectifs. D'abord un objectif de marchandisation, de la culture, de profit.
Et c'est ce que fait Vincent Boloré quand sur toute la chaîne de production de la valeur, il essaie dans le cinéma après s'être emparé du financeur Canal Plus, du producteur Canal Plus lorsqu'il rachète comme il l'a fait en 2025 une partie du GC. Et donc la diffusion, il veut s'emparer de toute une filière de production culturelle sans doute et c'est évident pour réaliser du profit pour que son empire soit plus grand encore demain. Mais je crois surtout que la tentative de ces milliardaires d'extrême droite, c'est le contrôle de nos imaginaires.
Et c'est là qu'il y a évidemment quelque chose qui vient nous percuter comme citoyen, comme citoyennes, comme individus qui euh avons besoin des œuvres culturelles pour nous construire, pour grandir, pour nous émanciper, pour dialoguer, pour vivre notre propre humanité. Et cette cette tentative de contrôler nos imaginaires, elle passe par de la censure. Pensez à ce ce cette menace très claire que le le patron de Canal Plus a adressé au signataires d'une tribune stop Boloré. très direct, penser regarder ce que font les maires ces derniers jours, ces dernières semaines, cet été en annulant des festivals, en annulant des pièces de théâtre, en coupant des subventions à des associations culturelles.
Et cette tentative de contrôle des imaginaires passe aussi par la diffusion des idées de l'extrême droite, des idées de d'hommes qui portent des costumes bleus. il m'arrive d'emporter euh mais je pense à un qui emporte toujours regarder ce Jordan Bardella qui est devenu après le rachat de Fayard et grâce au rachat de Fayard un politique d'extrême droite qui est présenté maintenant comme un écrivain comme un écrivain. Alors je ne je ne sais quelle sera l'appréciation de son style.
Je ne sais pas si vous l'avez lu Éric Buyard, mais moi je ne l'ai pas lu dans en tout cas dans dans ces dans ces prétendues œuvres qui sont d'ailleurs présenté comme des objets culturel et le le vernis de la maison d'édition vient apporter une forme de crédit à ce qu'écrit Jordan Bardella. Mais plus directement, la maison d'édition Fayard est une puissance. C'est un réseau de distribution qui permet à au textes d'extrême droite, à la pensée d'extrême droite de Jordan Bardella de se retrouver dans un très très grand nombre de librairies et un très grand nombre d'endroits où ce livre peut-être acheté.
Ainsi, certains des milliardaires d'extrême droite tentent comme autrefois il y avait un art d'état, on appelait ça comme ça. Et bien là, il y a la volonté d'un art des milliardaires d'extrême droite. Et c'est ce projet évidemment percute fondamentalement notre conception de la culture.
Je vais la résumer en une formule. Elle est célèbre toute licence en art. Voilà ce que disent les insoumis.
C'est la condition de la création. C'est la condition de l'émancipation pour chacun et pour nous tous ensemble. Et face à cette tentative de contre-révolution culturelle, nous portons un programme politique.
Je ne vais pas le détailler, je ne vais pas en faire la liste de toutes les mesures, mais c'est de l'argent pour la sphère publique, c'est le 1 % culture et puis c'est un engagement. Et je le répète, je le reformule devant vous. Si nous gagnons l'élection présidentielle qui vient et nous pouvons la gagner, si nous la gagnons, la première loi qui sera mise à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale par un gouvernement insoumis, ce sera la loi anti Boloré, la loi démantellement de l'empire Bolloré, [acclamation] une loi anticoncentration dans le monde des médias et de la culture.
Alors voilà, voilà ce qui est notre vision et voilà ce qui est notre programme politique. Col. Merci beaucoup.
On va continuer sur les questions historiques. Juste une chose pour permettre juste de c'est que le d'une certaine façon on a pu croire pendant longtemps que le capital était quelque chose de culturellement transparent. Bon or le pouvoir le capital et le pouvoir ont toujours un agenda en réalité et un agenda qui est à la fois d'intérêt mais un agenda culturel.
Et euh le le le je m'interrog sur autre chose, c'est qu'évidemment il y a le les euh le le le point de vue collectif, les les réformes, ce qui peut être fait, mais il y a des choses qui nous regardent tous. Je notais que au fond, on peut s'interroger aussi sur nos pratiques profondes, sur ce qu'on appelle nos goûts, nos opinions littéraires, notre intimité. Le goût n'est pas une chose neutre.
On dit "Les goûts et les couleurs, ça se discute pas ?" Bien sûr que si, ça se discute sans quoi ? Pourquoi lire Faukner plutôt que Margarette Mitchell ?
Pour pour ceux qui n'ont pas lu ses livres, Fackner donne, pardonnez-moi, Fackner donne une vision, alors c'est un homme au point de vue discutable, hein, mais donne une vision relativement réaliste du sud ségrégationniste des États-Unis. Et Margarette Mitchell, on donne une vision parfaitement idéalisée. Vous avez vu Scarlett Ohara, enfin le le film qui en a été tiré avec Red Butler et cetera.
Voyez, la littérature ou le cinéma d'ailleurs peu importe engage à l'intérieur même de nos goûts, de notre perception intime et de ce qu'on aime. C'est-à-dire au fond soit on s'en remet à ce que la publicité ou les les commentateurs nous conseillent, soit on s'en remet à soi et à une exigence intérieure de vérité. [applaudissements] Et donc du coup ma ma deuxème question pour toi Éric pour revenir sur ton œuvre, l'histoire et le matériaux de de tes récits, la conquête espagnole, les révolutions paysanes au 16e siècle, la colonisation de l'Afrique, le nazisme, la naissance des États-Unis et du capitalisme et j'en passe, j'en oublie.
Euh vous mettez en en scène des récits euh des scènes de récits historiques, des moments de bascule dans l'ordre du monde, euh des figures dont l'existence cristallise une époque avec son organisation économique, sa structure de classe, ses rapports de force, ses luttes, ses perspectives d'émancipation et au contraire de régression réactionnaire. Justement en 2023, vous avez préfacé le manifeste du Parti communiste Marx et Engels aux éditions sociales. Le manifeste programme dès sa première page : "L'histoire de toute société jusqu'à nos jours" n'a été que l'histoire de lutte de classe.
Diriez-vous que vous avez une vision de l'histoire qui apprenne chacun de vos récits ? Quels sont les événements historiques qui attirent votre attention ? Et pourquoi ?
Et qu'est-ce que l'écriture littéraire apporte pour vous dans son traitement du matériau historique par rapport au travail des historiens ? Je pense qu'on peut pas les distinguer tout à fait nettement, c'est-à-dire dire il y aurait les esséistes, les historiens d'un côté et puis l'écriture littéraire d'ailleurs ou une écriture disons intellectuelle et puis une écriture bon d'un autre narrative. Bon puisque'en réalité par exemple le le Marx le manifeste qui est pourtant vraiment une chose orientée politiquement, on peut pas le faire plus ou mieux de ce point de vue-là est une œuvre littéraire indéniable. plein d'expressions nous sont restées.
Les eaux glaciales du calcul égoïste sont quand même une formule frappée et quelque chose qui tout à coup au fond d'une vérité au sein du langage. Et ce qu'on oublie trop souvent, c'est que le langage n'est pas un outil de communication, en tout cas pas au sens où on l'entend. On ne peut pas réfléchir par avance de ce qu'on va écrire totalement.
C'est c'est une c'est une sorte d'utopie bizarre mais sur laquelle au fond l'idée qu'on se fait trop souvent de l'écriture s'appuie. C'est l'expression que je viens de citer de Marx, il a pas pu poser les cinq mots ou d'autres mots autour et puis les relier ensuite, faire une sorte de comme on le fait aujourd'hui de PowerPoint et puis les réunir et dire "Ah voilà, ça ça va." Non, on il écrit comme nous, c'est-à-dire dans cette espèce de pas à pas bizarre et rapide au fond dans lequel on écrit où on peut certes se corriger, se repentir, mais on sait bien que le rythme, d'autres choses, un élan joue leur rôle aussi, nous emporte en quelque sorte et nous en et nous emporte vers quoi ? et bien vers tout à coup des des formules, des phrases, des descriptions qui qui sonnent justes.
C'est aussi une des raisons pour lequelles des écrivains même réactionnaires comme Balzac ou d'autres peuvent garder des formules qui ne le sont pas parce qu'au fond ell elles touchent une vérité. Elles sont donc en quelque sorte bien faites à la fois formellement et du point de vue du contenu et avant tout évidemment ce que souhaite un philosophe ou un écrivain c'est dire quelque chose qui qui tienne. Pour en donner un exemple, je notais il y a pas longtemps on m'avait invité pour parler de de Blaise Pascal et moi je souhaitais en parler non pas en tant que philosophe que je suis pas ou ni mathématicien mais en tant qu'écrivain.
Et ce qu'il y a de frappant chez chez chez Pascal c'est que c'est évidemment aussi un écrivain. dans pour prendre une de ces un de ces thèmes les plus connus et puis pour nous les plus importants, il y a toute une partie des fragments des pensées qui s'articulent autour des idées de la force et de la justice et de leur évidemment affrontement fratricide et et ce que dit alors tout d'abord Pascal commence par un certain nombre de laisses et de propositions où il essaie de les distinguer en disant la justice sans la force est impuissante ce qui est vrai. en disant aussi la force sans la justice est tyrannique ce qui est vrai.
Et il avance comme ça jusqu'au moment où il a cette phrase merveilleuse et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fut fort, on a fait que ce qui est fort fut juste. Alors c'est une phrase bizarre, voyez, c'est une phrase qui dit la vérité indéiablement mais qui est extrêmement bien balancée. On peut pas faire mieux dans le genre.
Il est en train de nous dire au fond lui qui est par ailleurs un homme alors pardonnez-moi l'anacisme mais vraiment légitimiste. C'estàd pour lui il y a l'église, le catholicisme, la monarchie. il remet rien en cause.
Et tout à coup, cette phrase se termine en nous disant que au fond euh le la force s'impose et c'est maquillé de justice. Alors, il lui faut après s'en sortir de cette phrase. Alors, il va avoir tout un tas de laisses subséquentes dans lesquelles il va nous expliquer que la paix sociale est malgré tout le plus grand bien et que peu importe ma foi, il vaut mieux la paix plutôt que la guerre civile.
Cependant, ces l on les a oublié. Elles n'ont aucune force littéraire. Ce qui signifie que l'écriture en elle-même entretient un rapport tout à fait étroit et au fond inséparable avec son contenu.
Ce qui veut dire donc encore pour revenir sur cette idée de l'écriture donc entre les historiens et les écrivains, c'est qu'au fond en tout cas ce qui ce qui sépare je pense certains un certain rapport à l'écriture c'est ceux qui pensent que l'écriture est un moyen de communication, une sorte de vêtement, un habit flateur et qui même quand ils disent le contraire au fond pratique l'écriture de cette manière. Et je pense que précisément Pascal ne pratiquait pas l'écriture de cette façon. la pratiquer comme on la pratique lorsqu'on écrit tous une lettre importante.
Par exemple, quand il y a un décès de quelqu'un qu'on aimait et qu'on doit envoyer à son conjoint ou sa conjointe une lettre. Alors, il y a deux choses. Soit on recourt aux formules d'usage parce qu'au fond on est tous démunis face à ça.
Bon, et elles servent à ça les formules. Soit on essaie de dire quelque chose, c'était des intimes. Et là, on s'aperçoit que c'est très difficile au fond.
On on le d'une certaine manière on s'abandonne, on s'enfonce dans les mots, on est démuni et puis tout à coup parfois on trouve quelque chose où on se dit "Ah tiens, oui, j'y avais pas pensé avant." C'est donc curieux l'écriture, c'est quelque chose qui commence avec une pensée mais qui en cours de route au fond euh lorsqu'on s'y abandonne euh se cristallise au fond autrement. Donc ça c'est pour euh l'écriture et ce qui distingue euh certains livres d'autres au fond plutôt que les écrivains et les et les historiens.
Alors le la seconde chose c'est la narration qu'on a tendance à considérer en général comme un bon une chose euh je dirais euh sans grande importance et les ce sont les les auteurs au long court les romanciers vulgaires qui pratiquent la narration mais pas du tout. Une narration, c'est un système complexe de coordonnées. En fait, vous racontez une histoire et on le sait tous, on commence à raconter une histoire, on nous le demande et puis tout à coup, on se rend compte qu'on est en train de la raconter mais elle va prendre une signification qu'on veut pas.
Vous voyez, c'est en même temps, on a l'air de dénigrer quelqu'un ou un certain, vous voyez, on est emporté par des préjugés ou et cetera. Donc une narration, c'est au fond une chose savante, problématique et qu'on peut aussi regarder d'en haut comment elle est faite. Et les cinéastes, notamment les Russesin et d'autres nous ont appris à considérer la le montage, voyez, la compose, ce qu'on appelait jadis la composition dans les lettres et à voir que tout ça au fond emporte.
C'est comme si vous savez, on met une image, enfin ce que pour le dire rapidement, ce que ce qu'indique Ezenstein, c'est vous prenez trois images, vous les distribuez de manière différente dans un film et les significations varient totalement en fait, même si la narration s'en trouve être semble-t-il à peu près la même. Alors, on peut dire pour prendre des romans classiques que par exemple Emma Bovari et et madame Bovari et Anna racontent des histoires en parties semblables, voyez, adultère, mariage malheureux. Donc ça commence à peu près pareil et ça termine sur la mort et le suicide.
Mais entre les deux au fond dans une toile narrative et c'est Ah oui alors je sais pas le celui-ci et au fond ce que parviennent à nous raconter à la fois donc Tolstoy et Flobert dans ces romans qui sont pour une part une critique du mariage de l'institution du mariage et donc un rapport on peut le dire à l'émancipation féminine en un certain sens et bien il nous montre quoi une société é fermé, férocement inégalitaire pour les femmes et potentiellement mortelle. Et ça c'est la narration qu'il fait. L'histoire raconter autrement peut donner de leur mort une toute autre signification.
Vous voyez, comme si c'était une une chose exceptionnelle et cetera. C'est pas du tout l'impression que que nous donne ces livres. Alors, une une dernière chose encore euh oui sur ce que peut faire l'écriture littéraire en un sens inhabituel aussi.
C'est-à-dire que ce qui m'a frappé quand j'ai terminé, c'était donc pas du tout avant ou pendant que j'écrivais mon dernier livre, mais après en en parlant qui s'appelle les orphelins, donc qui raconte l'histoire, une certaine histoire en tout cas de de Billy the Kid, c'est que les orphelins on en trouvait beaucoup dans l'histoire de la littérature, on trouve beaucoup d'auteurs, même orphelins, c'est le cas de Villon que j'évoquais tout à l'heure, mais aussi qui évoque les orphelins. Chez Dickens, il y a des orphelins partout, si je puis dire, voyez. Et et puis donc je me suis avisé que dans le très beau livre Léo de Hurlevan, le personnage au fond central est un orphelin Iscliff.
Et alors il est très souvent traité d'anti-héros. Et c'est une des caractéristiques qu'on lui donne. Et moi ça m ça m'avait jamais convenu cette caractéristique cette caractérisation anti-héros parce que évidemment pour ceux qui connaissent pas le roman donc il arrive c'est un c'est un enfant qui est trouvé dans les rues de Liverpool par un propriétaire foncier qui est plutôt un homme chaleureux et sympathique et généreux et qui donc le ramène et l'adopte mais pas formellement en fait il le fait venir à sa ferme et puis quand il meurt son fils à lui hérite et ravale. il se cliff au rang de Palfrenier et cetera et ensuite il se cliff alors il se passe tout un tas de choses va se venger, il va partir et revenir et doter d'une d'une force morale considérable d'une intelligence infiniment plus grande que le milieu auquel il s'affronte.
Il va détruire en fait les familles au d'abord celles qu'il avait initialement accueilli et ensuite la famille de celle qui a qui a épousé celle que lui aimait. Et donc cette vengeance d'escliff c'est ça aussi c'est on pourrait penser que c'est un procédé narratif. C'est ce qu'on dit souvent.
En réalité, ce que je pense aujourd'hui, c'est que la la disproportion la violence extrêmement grande de sa violence à avoir avec la violence sociale. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas ni les uns ni les autres imaginer ce que c'est que d'être un enfant de 8 ans seul abandonné dans les rues de Liverpool. Et Dieu sait qu'il y en avait à ce moment-là et qu'il y en a sûrement encore.
Et que donc la vengeance d'esclive est le seul moyen que Émilie Branty, une fille qui vivait, voyez, dans un presbère et qui donc avait une vue de la société assez étroite mais qui quand même allait sans doute donner aux orphelins, c'est le moyen qu'elle a trouvé d'exprimer au fond cette disproportion. Et bien c'est ça la littérature et c'est ce qui là de ce point de vue la distingue de l'essai. [applaudissements] [applaudissements] Et alors Paul, on parlait d'histoire et je vais te parler d'un événement qui marquera l'histoire, je pense.
Au moins, vous permettez de redire un tout petit mot. Ah oui oui oui, on peut une petite chose, c'est que vous voyez que ça n'est pas son rapport avec l'actualité récente. Je parlais de la fiction dans le rapport à la politique et là de littérature.
Iscliff est qualifié si je me souviens bien par Émilie Branti de il est noire et elle dit que c'était un gitan. On a entendu cet été un homme politique parler des gitans d'une toute autre manière. [applaudissements] C'est c'est Gabriel Atal pour ceux qui l'ont pas.
Euh et donc du coup, je te disais un événement qui marquera l'histoire au moins de la France insoumise, c'est le meeting de Saint-Ni qui avait lieu le 7 juin qui a qui a 26000 personnes sont venues. Et lors de ce meeting entre la basilique de Saint-Nis et la mairie, Jean-Luc Mélenchon aulé son discours à la fenêtre du temps long qui est disponible à l'espace du livre si vous souhaitez l'acheter. C'est un fascicule qui regroupe également les discours prononcés bah par toi Éric Annie Arnaud et Bali Bagayoko.
Il a évoqué les continuités des et les ruptures qui jallonent l'histoire de France et au gré desquels la France s'est reformulée, loin du mythe d'une France éternelle fantasmé par l'extrême droite. Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur la vision insoumise de l'histoire et la façon dont elle oriente notre action politique ? Oui, ben d'abord en commençant par une prévention, il n'y a pas d'histoire [raclement de gorge] officielle chez les insoumis.
Il y a pas de de manuel qui nous prédirait ce que serait la suite des événements à partir de l'analyse de ceux qui se sont déjà produits. Il y a quelques quelques certitudes. L'histoire n'est ni linéaire ni mécanique.
Il y a un regard un regard insoumis, un regard matérialiste sur les événements du passé qui cherchent à aller trouver parce que c'est ça qui nous intéresse comme militant et comme dirigeant politique, ce qui peut déterminer ce dont dépend les conditions de l'action politique. Et ces dépendances, on les trouve euh d'un certain point de vue pour les illustrer, peut-être pour aller euh dans l'œuvre d'Éric Vuillard. J'ai j'ai dit il y avait pas de manuel, il y a peut-être un manuel au fond d'histoire insoumise, c'est euh 14 juillet.
Et il y a quelques chapitres qui sont particulièrement intéressants. Il y a un chapitre qui s'appelle Paris dans 14 juillet qui peut peut-être résumer la façon dont nous nous regardons les événements du passé pour essayer de comprendre comment des choses surgissent, comment une révolution arrive advient. Paris, c'est une ville.
C'est une ville. C'est une forme d'organisation de l'espace qui est elle-même l'expression d'un rapport de domination du roi sur ceux qui vivent dans cette ville. Il y a autour de cette ville une enceinte qui est un octroit et c'est le roi du moment qui d'ailleurs l'a installé.
Il y a une forteresse pas loin du milieu de cette ville qui s'appelle la Bastille. La ville en elle-même exprime le rapport de domination féodale. Paris, c'est une ville, c'est un espace dense.
C'est un espace dans lequel la circulation de l'information des événements qui commencent à se produire au pied de la Bastille va traverser cette densité, va aller de quartier en quartier et va provoquer un phénomène de regroupement. Une foule va apparaître au pied de la Bastie avant de s'en saisir. Et puis Paris, c'est à ce moment-là, c'est une grosse ville, la plus grosse de France et c'est un endroit où il y a des des ouvriers déjà et ils se sont réveillés révoltés il y a quelques mois et c'est comme ça que commence le récit.
Il y a des chômeurs aussi et il y a des choses fortes qui sont dites sur le chômage et sur le pouvoir insurrectionnaire que le le chômage peut faire naître. Et au fond, c'est ça que nous on cherche. C'est ça que c'est c'est ça c'est la c'est c'est la condensation de tout ça qui fait que une révolution, cette révolution là surgit à cet endroit-là, à ce moment-là avec ces gens-là, avec ces outils là.
C'est ça qu'on apprend en lisant 14 juillet et c'est ça qu'on retrouve à d'autres moments et que d'ailleurs Éric Vuillard a écrit à propos d'autres révoltes et d'autres soulèvements à d'autres moments et dans d'autres endroits. C'est ça que nous nous cherchons comme insoumis pour essayer de comprendre ce que nous pouvons faire ici maintenant. Il y a une certitude aussi et elle l' dans les livres d'Éric Vuillard là aussi, c'est que l'histoire elle est humaine, elle est faite par les hommes, par les femmes.
Elle est faite, elle n'est pas faite par les grands hommes. Et ça, c'est délicieux de le lire dans les livres d'Éric Villard. Il y a des portraits des doiré par exemple qui sont tout à fait cruels.
Je dis les grands hommes, c'est souvent les députés qui prennent très cher hein dans les ouvrages d'Éric Vuyard. Il y a même un chapitre qui s'appelle la maladie de la députation. C'est c'est dire Rivière a une dent.
En tout cas, il a raison. Il nous alerte hein sur parfois l'illusion de l'action parlementaire. Elle peut être dérisoire l'action parlementaire, elle peut être dramatiquement dangereuse.
L'action parlementaire, elle peut n'avoir rien à voir avec le cours de l'histoire et l'acteur de l'histoire, le peuple qui est au cœur de ces livres. Un acteur au 1000 visages, aux 1000 noms, un acteur qui traverse de façon très fugace. ce qui ce qui ce qui reste ensuite à la suite des événements.
Il y a beaucoup de moments où vous insistez Éric Villard pour dire que celui-ci vient de passer mais vous le nommez, vous nous dites ce qu'il a fait, vous lui redonnez une identité et vous nous permettez de comprendre qui fait vraiment avancer l'histoire. Évidemment, c'est la façon dont nous, on en parlera peut-être tout à l'heure parce qu'on a choisi de se de se constituer en mouvement. nous voulons agir.
Et puis je termine sur une chose, puisque cette histoire est humaine, elle est euh elle ouvre 1000 possibilités et il y a plein d'opportunités, il y en a toujours sous la violence qui est toujours d'ailleurs décrite dans les ouvrages d'Éric Vuyard, celle du capitalisme, celle du colonialisme, celle celle qui nous étrangle. Il y a toujours la possibilité de la rupture, de la bifurcation, de la révolution toujours à chaque instant. Et bien moi, j'ai le sentiment qu'aujourd'hui maintenant il y a aussi la possibilité de la rupture, de la révolution et c'est notre affaire à nous comme comme peuple de France peut-être de contribuer à la faire aboutir. [applaudissements] [applaudissements] Alors, désormais, j'aimerais passer à une autre thématique qui est la question du peuple en littérature.
Et le peuple est un protagoniste majeur de vos écrits, Éric Guillard, vous le mettez régulièrement en scène dans ses luttes, dans son combat pour subsister, s'émanciper de l'oligarchie et conquérir sa dignité. Je pense notamment à votre moment la guerre des pauvres que vous avez publié en plein mouvement des gilets jaunes début 2019. La guerre des pauvres, elle fait référence à une révolte paysane de très grande ouvergure survenue dans l'empire germanique au début du 16e siècle et menace l'ordre social, politique et religieux.
En allemand, on la surnomme soulèvement de l'homme ordinaire. Et puis bien sûr, il y a votre romanque 14 juillet qui a été évoqué déjà. Vous racontez la folle journée du 14 juillet 1789 lors de laquelle le peuple parisien des faubours s'empare de la prison de la Bastille.
Vous racontez l'action, l'ébulion dans toute la ville, mais aussi les vies populaires de ceux et celles qui ont fait le 14 juillet. Lors de votre intervention au méque de Saint-Di, le 7 juillet, vous avez encensé cette puissance politique du peuple qui tout au long de l'histoire s'est insurgée et levée contre les dominants et leur leur ordre du monde. Qu'est-ce que le peuple selon vous ?
Que peut-il et comment peut-il l'emporter ? Merci. Alors oui, juste comme vous évoquiez le la maladie de la la députation, ça me fait songer que c'est un passage assez terrible pour les députés mais assez drôle.
Je le raconte en un instant. Il s'agit, c'est un passage crucial pour moi et puisque c'est bon donc c'est la députation de Turio de la Rosière qui est un un député qui a compté puisqu'il est à ce moment-là à la Bastie et il va être ensuite à la chute de Robespierre un des une des causes de sa chute et donc c'est pour ça qu'il est choisi par Michelet dans sa très belle par ailleurs histoire de la révolution mais problématique comme toutes les histoires pour jouer un rôle absolument central dans la prise de la Bastille. et moi.
Bon, tout ça a commencé il y a des années. J'ai étant très jeune, j'avais lu l'histoire de la révolution de Michelet et soit quand je me retrouvais dans une soirée un peu tard avec des amis, des camarades qui soit n'aimaient pas la Révolution française, soit n'aimait pas la littérature, enfin bon, il y avait 1000 raisons, je leur lisais, entre autres choses, ce passage qui est un passage vraiment très entraînant, très beau. Michelet est un très grand écrivain, un grand historien et puis il a une idée, on peut après être contre, mais il a une conception.
Il a d'ailleurs couru des risques relatifs pour euh pour la soutenir. Et puis un jour euh en la relant tout à coup, je me suis avisé d'une chose évidente, mais ce sont ces choses-là qu'on voit pas. Euh Edgar Alan Po nous l'a appris, c'est la lettre volée, elle était sur la table, on la cherché partout.
Bon et euh en réalité c'est que cette députation de Turio de la Rosière occupe alors je me souviens plus mais disons au moins un tiers voir la moitié du récide du 14 juillet auquel on participé pourtant des dizaines et des dizaines de milliers de gens. Il y avait donc là une disproportion louche et problématique. Ce qui fait que j'ai commencé à m'intéresser de plus près à cette députation qui n'avait d'ailleurs servi à rien mais qui était présenté par Michelet de telle manière qu'elle était vraiment enveloppée d'une d'une brume étincelante.
Et puis c'est donc j'ai eu envie de la réécrire donc très vite en la réécrivant à partir de quelques pièces d'archives. Ce qui m'est apparu et en regardant en louchant sur Michelet sur ce qu'avait écrit Michelet c'est que Michelet nous raconte tout d'abord un premier épisode qui est une pure fiction mais sublime et qui marche quand on la lit la première fois et même la deuxième ou la troisème fois. C'est que donc Turio de la Rousière s'introduit dans la Bastille. le alors la Bastille est déjà absolument encerclée hein et puis donc le le le gouverneur de la Bastille, il exige qu'on lui montre que les canons ne sont pas tournés vers la foule.
Donc il monte sur l'une des tours. Et là Michelet a cette phrase bizarre. Il nous dit qu'au moment où Turio de la rosière s'approche des créneaux, la foule venait du du faubourg Saint-Antoine.
Voyez comme dans une scène de cinéma. Turio est en haut de la tour, la foule arrive et qu'à ce moment-là, il dit la foule pour ça une immense clameur. Et tout à coup, il en écrivant je cette clameur, c'est le suffrage universel.
Bon, ce qui est quand même très bizarre, voyez. C'est-à-dire ce que met scène au fond Michelet, c'est le suffrage universel, mais un suffrage spontané. Un député se montre, il monte sur une tour, tout le monde applaudit.
Bon, sauf que ça s'est évidemment jamais passé. Je n'ai trouvé nulle part aucune trace dans les archives de cette scène. C'est une invention de Michelet qui lui permet de justifier son point de vue politique de républicain par ailleurs.
Vous voyez ? Mais bon, ça c'est le premier point il puis le second qui m'a beaucoup intéressé que pour faire écho à ce que vous disiez des députés, c'est que Turio fait jurer donc au gouverneur de la Bastie qui ne tirera pas sur la foule. Fort de cette promesse, il sort de la Bastie, il se fait quand même un peu étrier par la foule qui lui demande s'il a obtenu ce que souhaite, c'est-à-dire d'entrer dans la Bastie. sa rédition pure et simple.
Quand il dit non, il se fait secouer, déchirer les vêtements, mais il arrive tout de même à s'en tirer avec ses ses hommes en armes à côté de lui et puis il parvient à l'hôtel de ville où là il décide d'aller sur le balcon pour faire une déclaration et au moment où il est en train de dire que le gouverneur a juré de ne pas tirer sur la foule, on entend le premier coup de canon. si bien qu'on peut dire un peu méchamment que la première déclaration d'un public d'un parlementaire dans l'histoire a été aussitôt démentie par les faits. [applaudissements] Pardonnez-moi.
Alors ça c'est le premier point. sur le peuple. Bon, c'est il y aurait beaucoup de choses à dire sur les rapports du peuple avec le représentant tout ça, mais enfin c'est pas le lieu ni le moment.
Mais ça m'a fait songer à une chose qui est qui m'a beaucoup beaucoup intéressé ces temps dernier, enfin il y a quelques mois. C'est le le tout début de ce qu'on appelle la première campagne d'Italie de Bonaparte quand il est à ce moment-là aux ordres de la convention et cetera et qui gagne en très peu de temps un nombre de batailles absolument démentielles et que aussitôt il arrive à scinder en deux les Autrichiens qui sont dans un coin et puis le royaume de Piémons-arden qui veut absolument faire la paix. Et donc il se retrouvent deux émissaires sont envoyés à Cherasco pour rencontrer l'armée française.
Et là la façon donc chacun de ces émiss écrit un petit texte où il raconte comment il traversent les lignes ennemies, c'est-à-dire les lignes françaises et républicaines. Donc et il y a une descriptions des soldats. Notamment les soldats français sont en locardée.
C'est pas pour faire des compléments à l'armée américaine mais voyez ce côté décontracté de l'armée américaine au moment du débarquement. la clope au bec assis sur la jeep. C'est le côté sympa, disons, des Américains, le côté démocrate à ce moment-là.
Bon, et là, voilà ce que décrivent les émissaires, Beauulieu et l'autre, c'est une armée de gens qui se tiennent mal, qui sont près des feux de camp. Mais alors, ce qu'il y a d'intéressant, c'est le contraste entre ils ont perdu toutes les batailles, voyez, et ils sont encore à dénigrer l'armée qui les a vaincu. C'est ils ne comprennent rien en fait.
Et le le deuxième point qui est qui est vraiment troublant, c'est leur arrivée sur les lieux. Alors, ils arrivent sur les lieux et là les soldats sont endormis et donc il les enjambent sur les marches pour monter voir Bonaparte. C'est-à-dire ils comprennent pas qu'il soit pas mieux gardé comprenant pas qu'il est gardé en fin de compte par toute son armée autour et que personne à part eux ne s'inventurerait en fait ici.
Et donc il y a une relation, je sais pas comment dire au risque à et puis aussi à une certaine officialité. C'est ils sont surpris qu'un chef de guerre soit pas entouré de soldats en tenu et cetera et cetera. Donc le le premier point c'est qu'en fait ce qu'ils comprennent pas c'est le peuple.
Ils n'ont jamais vu en fait une armée populaire. C'est le peuple en arme en fait cette armé-là. Et même on peut dire qu'à ce moment-là après le fait qu'il y a eu des décimations politiques très importantes et que donc au fond le monde politique est presque dépouillé de tous les démocrates qu'il y avaient, et bien les seuls démocrates qui restent bah ils étaient au front en fait à l'armée.
On peut donc dire que sans doute l'armée à ce moment-là française, l'armée révolutionnaire est l'organe le plus démocratique à ce moment-là de l'histoire. enfin à ce moment-là de l'histoire en tout cas et c'est ça que ne voit pas les les plénis potentiel et le petit dialogue d'ailleurs entre eux et Bonaparte est là aussi tout à fait édifiant le le à un moment donc au départ ils essaient de négocier encore. Donc il y en a un qui dit euh oui euh donc ils essaient de négocier les terrains qui vont céder et Bonaparte leur dit depuis la proposition que je vous ai faite j'ai déjà gagné deux batailles donc on va en rester à la proposition que je vous ai faite.
Voyez donc si vous voulez même dans le l'interaction, le dialogue diplomatique, on voit ce que c'est que des gens qui n'ont aucune idée du fait que ce général n'est pas seulement ce qui va être par la suite, c'est-à-dire un tyran qui, comme les rois, dirige une armée. Non, il est une émanation d'une certaine forme de société ou d'un certain groupe qu'on appelle le peuple, conscient de lui-même et que donc il a un rapport à la logique et à l'intelligence qui n'est pas celui d'un plénitis potentiel justement. c'est lui prend des décisions réelles et euh euh rationnelles.
Donc ça c'est le le le 2è point. Alors le le le la troisème chose, c'est euh ça m'a fait songer un film, un très beau film de Gillot Ponté Corveau qu'on connaît surtout pour la bataille d'Alger mais qui a fait aussi un autre très beau film qui s'appelle Keada qui raconte de façon comme une sorte de résumé au fond d'un épisode colonial qui s'est produit assez souvent notamment dans les Antilles et dans ce film joue Brando et joue par ailleurs donc il a un vis puis dire qui s'appelle Evaristo Marquez et il y a une chose qui est vraiment très troublante. C'est que lorsque Gilo Pontecorveau a choisi cet homme, il a choisi un homme qui était pas comédien, il l'a vu, il était multier donc il est passé comme ça tirant des mules.
Et Gilo Pontecorvu a dit donc à ceux qui s'occupaient du casting du film, donc c'était à Cartagène des Indes, je veux cet homme-là, interrogez-le. Et donc il s'approche de lui et cet homme a fui. C'est-à-dire que le peuple colombien à l'époque avait peu l'habitude et c'est encore le cas sans doute d'être embauché par un un cinéaste venu du bout du monde.
Et donc cet homme a cru qu'on lui voulait du mal. Ils ont mis une heure à le rattraper puis à lui expliquer ce qu'il voulait et ensuite donc à le faire participer au film. Et dans ce film très euh on peut dire d'ailleurs oui que cette fuite d'une certaine manière est constitutive de la force du film. le film est en rapport de contraste avec cette fuite puisque ce que raconte le film ce sont c'est tout d'abord une forme de révolution qui va abolir l'esclavage mais qui est largement orchestrée par les anglais qui vont ruiner une colonie portugaise et s'en emparer en fait.
Mais dans un second temps justement celui qui incarne Évarist Marquez Rosé Dolores va prendre conscience en réalité de et le peuple lui-même de Kemada va prendre conscience de sa force et va se rebeller une seconde fois et il y a une image de cinéma tout à fait frappante de ce qu'est le peuple. C'est ça n'est pas une définition, vous voyez, ça n'est pas une description littéraire, c'est une image cinématographique. À un moment donc arrive comme ça ce peuple d'anciens esclaves, certains à cheval, d'autres à pied et Gilot Pontecorvoi choisit que des gens évidemment qui sont pas des acteurs, qui sont des paysans colombiens, qui sont des multiers colombiens.
Et on voit arriver cette foule innombrable face à nous. Voyez, il le il le filme, la caméra est là et ces gens arrivent. Et bien c'est je pense c'est cette à la fois cette homogénéité, cette hétérogénéité des individus.
Cette foule là encore comme l'armée euh de Bonaparte à Cherasco, voyez, habillé de briquets de broc et cetera. Tout le contraire des des hommes politiques en costard bleu. Voyez cette foule qui arrive face à nous, c'est je pense l'image la la à la fois la plus belle et la plus menaçante que le cinéma est produit de ce que peut être le peuple.
Et juste pour finir là-dessus, euh la scène d'après qui est-elle aussi très caractéristique de ce que peut être en un individu même une intelligence collective quand euh le personnage de Roset Dolores entre dans le palais. Euh ceux qui ont orchestré ce vague coup d'état et qui veulent prendre le pouvoir, c'est-à-dire les les Métises et les Portugais sous une forme cette fois-ci républicaine, enfin soi-disant républicaine, lui font la collade lui en lisant général et cetera, en le serrant dans ses dans leurs bras. lui reste très froid, il les précède, il entre dans le palais, il se fait remercier par un valet qui est noir comme lui et qui lui dit "Merci José de ce que tu as fait." Et José en dans la saille et il y a le trône du gouverneur.
Il va droit sur le trône, il s'assi tourne à ce moment-là vers les propriétaires terriens qui rentrent. qui leur dit "Et maintenant messieurs, discutons. [applaudissements] Et donc Paul, nous insoumis considérons que nous sommes dans l'air du peuple" à cycle intéorisé Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle.
Cela veut dire que l'acteur révolutionnaire de notre époque est le peuple qui lutte et qui s'organise pour reprendre le contrôle sur ces conditions d'existence. D'où la nécessité de passer à la 6e République, la révolution citoyenne vise à faire progresser partout la démocratie et l'intervention populaire. Comment les insoumis comptent s'y prendre ?
Comment fonder une souveraineté populaire permanente ? Mais d'abord, on se peut-être en réaffirmant une chose évidente, mais c'est c'est pas le parti, c'est pas le mouvement qui fait la révolution et et la révolution citoyenne. C'est le peuple, sont les gens eux-mêmes.
Et si ils la font, c'est pas à l'appel d'une organisation particulière. C'est pas pour répondre à une idéologie, c'est pour répondre à des objectifs de vie très concrets et avec le sentiment que pour répondre à ces objectifs de vie, il faut renverser l'ordre des choses telles qu'il est là maintenant puisque cet ordre empêche de trouver des réponses à ces objectifs de vie de vie très concret. Je le dis en même temps, je pense que le moment dans lequel nous sommes est un moment qui pose beaucoup de beaucoup de problèmes de vie très concrets à beaucoup beaucoup de gens.
Donc peut-être que dans ce moment un certain nombre de gens se disent qu'il faut trouver des solutions à ces problèmes et que pour les trouver, il va peut-être falloir tout renverser. Je le dis pour nous comme militants, ce moment dans lequel nous sommes a cette potentiel révolutionnaire en lui qui accompagne les crises. Et la crise, elle est partout, elle est climatique, elle est sociale, elle est géopolitique, elle est institutionnelle.
La 5e République étant elle aussi à l'agonie. Si on veut comme comme militant politique, comme organisation politique essayer d'être d'être utile à ce que peut-être ce mouvement révolutionnaire, d'abord je crois qu'il faut se doter du bon outil pour ça. Et si la France insoumise s'est constituée en mouvement et pas en partie, c'est sur la base du diagnostic du moment dans lequel nous sommes et avec la volonté non pas d'être à l'avant-garde, non pas de faire la révolution comme organisation, mais avec le souhait d'être au service d'un peuple qui se met en mouvement, au service de mobilisation citoyenne.
Là, dans quelques jours, beaucoup d'entre nous allons faire des des collectes de fournitures scolaires, par exemple, pour être utile, pour venir aider, répondre à des difficultés associées à la rentrée pour prendre en charge sur le terrain politique, sur le terrain électoral plus globalement un cahier de revendication populaire. Et cahier de revendication populaire, c'est notre programme. L'avenir en commun, qu'est-ce que c'est sinon la somme des revendications d'organisation syndicale, citoyenne, associative, environnementale qui se retrouve dans ce programme politique que nous portons comme organisation.
Et qu'est-ce qui fait l'appartenance à la France insoumise ? la volonté de soutenir ou non ce programme. Il y a 1000 façons d'être insoumis, il y a 1000 façons d'intervenir pour soutenir ce programme.
Mais si vous le soutenez, d'un certain point de vue, vous êtes insoumis. D'un certain point de vue, vous vous mettez au service de ces revendications populaires pour leur permettre de triompher sur le terrain électoral. Et une fois qu'on s'est doté de ce de cet outil et on le fait toujours évoluer, toujours changer pour essayer qu'il reste pour s'assurer qu'il reste utile, on essaie d'adopter un plan, un plan de marche, un plan d'action avec une méthode, un pied dedans, c'est-à-dire dans l'Assemblée nationale avec les députés en costume bleu et un pied dehors et les mêmes se retrouvent par exemple la séquence de la bataille contre les retraites ou dans l'Assemblée nationale comme députés insoumis là avec notre méthode avec notre façon de faire de toutes nos forces avec les ressources institutionnelles qui étaient les nôtres on s'est opposé à cette tentative de réforme et en même temps nous étions en train de manifester pendant avant après le débat avec toutes celles et ceux et avec tout le mouvement insoumis qui prenait part à cette mobilisation.
Ça c'est la méthode d'action qui est la nôtre. Et puis nous avons une stratégie. [grognement] C'est peut-être là que nous essayons ces stratégies, nous l'appelons fédérer le peuple.
Fédérer le peuple, c'est la tentative d'un agrégat social dans une société capitaliste qui a qui sépare, qui divise, qui atomise. C'est de de tout ça faire surgir un bloc politique homogène, solide pour le projeter dans la bataille électorale. C'est ça que nous essayons de faire.
Nous essayons de le faire dans les dans les campagnes électorales. Nous essayons de le faire face à nos adversaires politiques. Je vous donne un exemple de ça récent.
Nous traçons des transversales. L'une des dernières, elle est elle est apparue à la faveur de circonstances que nous n'avions pas imaginé la mort de du militant néonazi Quentin Deran. Je je C'est la question de l'antifascisme.
Le drapeau de l'antifascisme d'un certain point de vue était à terre. le soir de la mort de ce militant et beaucoup s'entonnettent à distance ne voulant pas le relever pensant que le brandir c'était s'isolé c'était c'était se placer dans une position politique plus difficile. Nous nous l'avons relevé, nous l'avons brandi très haut le drapeau de l'antifascisme avec la conviction d'abord que c'était notre rôle à nous les insoumis à la place qui est la nôtre dans la gauche aujourd'hui de ce pays maintenant et fidèle à une histoire mais aussi parce que le faisant nous savions que c'était une campagne électorale à ce moment-là celle des élections municipales.
Ça paraît loin des enjeux municipaux, mais il faut mettre de la politique dans toutes les élections, surtout dans celles dont certains ont tendance à beaucoup dépolitiser les campagnes. En relevant le drapeau de l'antifascisme, à qui nous sommes-nous adressés ? à beaucoup de gens, mais notamment aux jeunes qui se sentent concernés par ce combat, à toutes celles et ceux dont la vie est menacé par la perspective de la prise de pouvoir des fascistes, les personnes qui sont visées par le racisme, les personnes LGBT, les femmes qui peuvent être les premières victimes d'un pouvoir fasciste.
Et puis nous nous sommes adressés aussi aux militants des organisations, allez, je vais les appeler, du mouvement ouvrier. Dans les organisations syndicales, par exemple, le combat antifasciste, on sait ce que ça veut dire. Et tous ces gens-là, séparés par plein de choses, se sont sentis concernés à ce moment-là par notre discours, se sont retrouvés à un moment dans un choix politique commun et dans la volonté de faire en sorte de renforcer la position politique des insoumis à l'occasion des élections.
Là, c'était les élections municipales. Alors voilà la façon dont nous voulons nous y prendre et voilà comment nous allons mener la bataille présidentielle en portant un programme qui fédère qui tisse des liens là où nos adversaires tentent de diviser par le racisme par le patriarcat par toute par la violence pour faire peuple et de ce peuple chercher une majorité pour tout transformer. [applaudissements] [applaudissements] Et donc Éric, une nouvelle question pour vous.
Vos récits ne s'intéressent pas seulement aux vies populaires disparu la grande histoire. vous portez une attention particulière au pouvoir, au système et en particulier à celles et ceux qu'on pourra appeler les responsables, les élites politiques et économiques qui conduisent les affaires du monde. Ces responsables précisément ont tendance à se faire oublier, à nouer des alliances dans le secret des palais, à décider d'être sort en coulisse.
Mais vous justement, vous les poursuivez. Vous mettez à nul autre leur irresponsabilité, leur volonté acharnée de faire triompher les intérêts dominants quel qu'en soit le coût. Et c'est justement le récit de votre livre qu'on vous publiez en 2017, l'ordre du jour qui raconte l'installation du nazisme non pas par la force envers et contre tout, mais à la faveur du patronat et des gouvernants européens.
Votre mot a connu un très grand succès. Il a même eu un prix concours. Il a fait l'objet cette année d'une très bonne adaptation au théâtre réussie de Jean Bélorni.
Les irresponsables, ce sont aussi ceux d'une certaine façon les élites politiques et militaires françaises du temps de la guerre d'Andochine dont vous dressez le portrait dans une sortie honorable. Vous racontez comment au nom de l'horreur menacée par la France, on a justifié les compromissions, les bassesses, la violence et le mépris des principes fondamentaux lors de la décolonisation de la France de l'Indochine. Comment est-ce que la littérature vous aide à chercher la responsabilité des grandes ceondes et dans quel but ?
Merci. Alors tout d'abord, oui, vous parliez de Paul Vanier parlait de fédérer le peuple. Au fond, ça a évidemment deux deux aspects.
Un aspect qui est d'une d'une certaine manière à la fois cerner et défendre les intérêts collectifs et d'un autre, c'est aussi établir les responsabilités. Toujours c'est c'est un double un double mouvement. Alors, dans l'histoire de de ce que j'appelais tout à l'heure la littérature, il y a des étapes évidemment tout à fait différentes.
Là, pour tracer juste deux grands traits et répondre à votre question, on peut dire que dans un premier temps, la littérature s'est assez largement chargée des élites par complaisance d'ailleurs au fond en partie parce que les écrivains appartenaient au fond à la bourgeoisie et que donc ils en ont fait des portraits méchants. Il y a pas plus méchant que Flobert avec son propre milieu. Évidemment, il prend le milieu juste en dessous de lui. la bourgeoisie vraiment beaucoup plus provinciale que celle de Rouan mais enfin il l'étrille et et donc le le le la description des élite a été sans doute une manière, c'est pas la seule mais tout au long du 19e, en tout cas presque jusqu'à la fin, de nous faire comprendre quelque chose des causes, des dysfonctionnements de la de la vie sociale, des causes finalement profondes, c'est qui est responsable ?
Et puis ensuite, on a vu apparaître, alors c'est pas aussi mécanique pardon que ma présentation le laisse croire, mais on a vu apparaître d'autres livres. Bon, évidemment, les misérables et le massif où tout à coup Hugo a donné un nom au contraire, non pas au responsables, mais à ceux qui subissent la vie sociale. Je citais tout à l'heure Dickens.
Dickens en grande partie toute son œuvre consiste à faire un portrait des classes populaires. Alors, un portrait en partie idéalisé tout ce qu'on veut mais enfin bon, cet homme à la fin de sa vie a fait des conférences à qui mieux mieux pour essayer de diffuser ses idées. Il est à peu près mort de fatigue donc grâce rendu et ses livres sont par ailleurs très beaux.
Donc on a voyez des étapes différentes qui dépendent évidemment des circonstances. Pour en donner un exemple très frappant, c'est la Première Guerre mondiale. Après la Première Guerre mondiale, à part alors évidemment on peut m'objecter la recherche du temps perdu mais qui est un cas un peu à part et en quelque sorte de décalage finalement qui a été écrite finalement pendant et avant.
Les œuvres importantes marquantes vont parler du peuple principalement. Pourquoi ? Parce que les généraux, voyez, à ce moment-là, qui ont envoyé les hommes politiques, qu' on envoyé tout le monde à l'abattage, ont abouti à cette situation où le peuple entier s'est côtoyé dans les tranchées et où ces gens qui en sortent que ce soit et peu importe ce qu'on en pense et bien Barbus, Céline ou Jono ne peuvent pas écrire tout à coup sur les grands bourgeois de Paris et cetera. il parle de ce qu'ils ont vu, de ce qui les a frappé et on peut dire une je raconte une anecdote qui euh qui est à la base d'un de mes livres qui s'appelle La bataille d'Occident et qui traite de donc de d'une partie en tout cas de la de la Grande Guerre comme on l'appelle, c'est qu'on m'avait dit donc j'avais visité, je partais visiter en famille certains lieux de la grande guerre et des amis m'avaient dit ce qui est vrai, tu vas voir, c'est très émouvant et on m'avait dit tu vois toutes ces tombes par exemple c'est quelque chose de terrible.
Et puis donc en arrivant dans les cimetières, je suis ému. Mais je me dis c'est pas toutes les tombes. On perd la chaise aussi a beaucoup de tombes.
Pourquoi j'ai pas cette émotion ? Et pourquoi au contraire je me promène en cherchant celle de Chopin, celle de Prou un peu plus haut et cetera. Parce que tout simplement toutes les tombes sont différentes au perlaise.
C'est-à-dire que la perle chaise, ça peut pas mémoir. C'est le reflet de la hiérarchie sociale. Vous y trouvez les petits palais néoghiques de la grande bourgeoisie parisienne, la tombe un petit peu poétique de l'artiste avec une une statue en marbre et cetera et cetera.
Tandis que dans les cimetières de la Grande Guerre, ce qui est bouleversant, c'est que toutes les tombes sont les mêmes. Elles ont même été standardisées. Et pourquoi ?
Pour quelle raison ? c'est que quand tant de gens sont morts et se sont sacrifiés à peu près pour rien au nom d'autres intérêts que les leur, on pouvait tout de même pas les laisser enterrer à la vaite avec pour l'un un une petite chapelle gothique et pour l'autre la fausse commune. Il a fallit donner il a fallu donner soudain une impression matérielle d'égalité.
Et ce qui m'a frappé, ça m'a donné tout de suite envie d'écrire et une une phrase m'est venue, je sais plus, qui est à peu près celle-ci, c'est qu'au fond, il a donc fallu 100 millions de morts pour que toutes les tombes se ressemblent. Voyez, ça fait beaucoup tout de même. Or, je crois qu'on a rarement un témoignage visuel et matériel aussi grand de l'égalité réelle sur terre que ces tombes de la grande guerre.
Donc voilà comment c'est ces tombes. Et bien la littérature a fait la même chose. Elle a elle aussi raconté alors euh Jono avec le grand troupeau, Céline rapidement au début du voyage au bout de la nuit mais de manière féroce la brutalité très grande de la de la Première Guerre.
Et donc aujourd'hui, on est dans un moment un peu particulier où si on en restait au récit du grand nombre, et bien on perdrait de vue les causes, on perdrait de vue justement ce que vous appeliez à juste titre les responsables. C'est-à-dire qu'on aurait aucune explication sociale. On se contenterait, ce qui est bien déjà, d'être en empathie avec le grand nombre, de connaître ses souffrances, ses douleurs, de dire qu'il est l'essentiel de la vie sociale.
Tout cela est vrai. Mais si on connaît pas l'origine de nos malheurs, on connaît rien en fait. Et donc ça fait longtemps que la littérature tente de mettre les debouts, si je puis dire, de la vie sociale dans un seul livre.
Dire que un de ceux qui a sans doute le mieux fait ses avec son immense fresse des rougar dont l'un des livres traite l'argent de la bourse à Paris, l'autre la somoire de la misère du petit prolétariat parisien. Et puis il y a même des livres qui tiennent les deux ensemble comme Nana puisque quand on a lu la Saumoire avant et le destin de Gervaise, la mer blanchisseuse dont le destin est terrible de Nana et qu'ensuite on lit cette histoire de prostitution terrible de Nana et puis ces hommes notamment son amant le comte Muf qui est un vieil homme très puissant et bien peut-être que au moment où Nana est dans le lit du compte Muf et où Zola nous décrit de façon éblouissante à la fois cette femme donc d'origine très pauvre qui va terminer avec la petite vroe et le contenu far richissime dont il nous décrit les poils blancs qui sortent du pyjama et bien zola tente de faire ce que je pense la littérature aujourd'hui doit essayer de faire c'est-à-dire de tenir les debouts de la vie sociale dans un même livre puisque la société n'est pas fragmentée en dépit de l'impression que veulent nous donner ceux qui dominent qui vivent à l'écart dans des quartiers particuliers réservés de manière de plus en plus séparée de nous donc euh le le le le le point important, enfin le à mon avis une des visées aujourd'hui, c'est d'essayer de faire tenir dans un même livre la saumoire et l'argent. [applaudissements] [applaudissements] Le temps fil, donc je vais poser une dernière question à Paul puis on passera aux questions réponses de la salle, je ferai tourner le micro.
Et donc Paul, j'ai une dernière question pour toi. On entend la longueur de plateau que le peuple se serait droit droitisé, pardon, qu'il aurait succombé irrésistiblement aux aspirations de l'extrême droite. Il est pourtant établi qu'il n'y a pas de troitisation par le bas.
Si on regarde sur le temps long, la population est tendation plus progressiste et plus tolérante, c'est-à-dire alignée sur les valeurs et aspirations de gauche. Le poison pourri, en réalité par la tête, l'extrêmeorisation a bien lieu, mais c'est d'abord celle des élites, les responsables politiques, les éoralistes, les journalistes, certaines franches du capital. Ce sont donc les irresponsables de notre ère.
Il y a d'ailleurs une conférence sur le sujet par Thomas Porte que je vous inviterai à regarder en rediffusion parce qu'elle était vraiment super. Leur discours prépare le terrain à l'avènement de l'extrême droite. Ils installent l'islamophobie, diffusent un suprémacisme d'atmosphère, diabolise les forces antifasciste, tu en parlais et les luttes populaires.
En 2027, cela se jouer entre eux ou nous. Donc comment mener les campagnes contre les suprémacistes et gagner dans ce contexte d'extrême droitisation par le haut ? Et ben d'abord sans sans illusion sur ce qui nous attend et cette confrontation va être extrêmement violente.
Elle l' déjà d'un certain point de vue. Dans l'histoire, elle l'a été euh de façon bien plus terrible encore. Et les livres d'Éric Vuyard, je pense à celui qui sur Buffalobille par exemple qui raconte le génocide des Indiens d'Amérique du Nord.
Je pense à une sortie honorable qui parle de la colonisation française en Indochine et du combat du peuple vietnamien pour son indépendance. Le suprémisme, pour le dire comme ça, c'est la violence absolue et et une violence sans limite qui va jusqu'à l'extermination de celui sur qui le pouvoir veut s'asseoir. J'espère que ça n'est pas ce qui nous attend nous là, mais nous sommes face à des adversaires qui n'hésiteront pas à recourir à la violence.
Et je nous le dis à nous militants qui savons depuis qui avons déjà fait l'expérience ces dernières années, ces derniers mois de campagne, de calomnie, d'attaque extrêmement violente contre nous qui visait parfois à nous faire disparaître, à nous dissoudre comme organisation. C'est ce qui s'est passé après la mort de Quentin Desank. Mais plus récemment, rappelez-vous la drogue dans le sac de Rima Hassan.
Rappelez-vous de cette histoire incroyable et de ces certitudes affirmées pendant 72 heures sur tous les plateaux télévisés cet été, ces derniers jours, l'emploi fictif de Bali Bagayoko et donc nous avons la certitude que il y en aura d'autres des calomnies comme celle-là, des attaques insupportables comme celle-là. Et donc je vous appelle à la sérénité, à la tranquillité, au calme parce que quand ça va revenir, on va chacun chacune prendre le temps de le regarder et on y répondra. Et puis je nous appelle toutes et tous à une forme de discipline collective parce que dans ce moment dangereux où le meilleur est possible nous pouvons gagner et où le plus terrible se prépare aussi nous devons faire attention à ce que nous faisons.
Nous devons être nous devons réfléchir à ce que nous faisons. Nous devons ne pas donner à nos adversaires des occasions de se servir d'un mot, d'un geste pour déchaîner contre nous une violence qui qu'il chercheraiit d'ailleurs à légitimer. Donc donc d'abord les suprémacistes, on les affronte en étant conscient de de l'ampleur du choc qui se prépare et qui d'un certain point de vue est déjà engagé.
On les affronte sans aucune on les affronte totalement frontalement et ce qui se joue entre eux et nous est une opposition totale. Il n'y a aucun terrain d'entente possible. Évidemment, je le dis, c'est l'évidence pour nous.
Mais mais regardez comment comment un très grand nombre de ceux qui sont sur cette scène politique dans notre pays sont en train en train de glisser vers les idées et ensuite vers un accord politique avec l'extrême droite. Et ce qui se joue, c'est c'est le fondamental de la vision du peuple biologique ou politique, des rapports entre individus égalitaire ou hiérarchiques. l'étranger, le français, le binational, celui qui a des origines.
Cette liste étant évidemment interminable. Ce qui se joue, c'est chacun pour soi ou tous ensemble. Voilà, voilà ce qui nous attend dans cette confrontation.
Et donc, il n'y a pas d'autre chemin que un affrontement complet, permanent, total. Et il n'y a que deux issues, la victoire ou la défaite face à l'extrême droite, face au supremacisme. Je termine là-dessus, on mène ce combat avec la certitude et j'ai la conviction que nous pouvons le gagner car d'abord l'extrême droite n'est pas majoritaire aujourd'hui dans notre pays.
Je rappelle qu'elle a perdu les élections de juin 2024 alors que tous ceux qui la servent annonçaient sa victoire inéluctable à coup d'éditoriaux, à coup de sondage. Et je veux dire qu'à la fois l'extrême droite française est forte, elle est forte au Parlement. Elle est forte parce qu'elle dispose de puissants relais médiatiques parce que la ce qu'on appelle la droite, ce qu'on appelle la Macronie la serre sur le plan idéologique et ses députés votent avec l'extrême droite à l'Assemblée.
Mais elle est aussi faible l'extrême droite française aujourd'hui parce qu'elle est divisée, parce qu'elle est fracturée. Elle a deux incarnations et elle n'a pas choisi la sienne. C'est la justice qui a tranché Marine Le Pen, Jordane Bardella.
Mais derrière ces deux visages, il y a deux orientations politiques différentes à l'intérieur de l'extrême droite. Il y a deux programmes politiques. Il y a deux stratégies politiques et électorales qui sont contradictoires.
Cette contradiction peut ne pas apparaître dans le temps de la campagne électorale, mais elle peut surgir, elle peut s'agrandir, elle peut mettre en difficulté ce bloc politique et nous pouvons, de ce point de vue-là trouver motif, certitude à pouvoir lui aussi le défaire. Donc chers camarades, parce que la bataille qui s'annonce va être extrêmement dure, menonsla avec lucidité mais avec la conviction que nous pouvons l'emporter et que au suprémisme, nous pouvons substituer le camp de l'intérêt général humain et de la fraternité entre les peuples bientôt en mai prochain. [applaudissements]
Paul Vannier