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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 3 novembre 2017 53 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportÉducation & rechercheInstitutions & élections

François-Xavier Bellamy : conférence de clôture du congrès de la Demeure Historique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:51Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui nous avons un jeune français sur cinq à sa majorité qui d'après la statistique officielle doit être considérée comme en situation d'illettrisme total ou partiel »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « vous êtes enseignant vous ne devez surtout pas transmettre un savoir vous ne devez surtout pas transmettre des connaissances »
  • 14:00Invité politiqueFait
    « quand j'étais enfant j'étais le meilleur élève du monde ça n'est pas tellement de l'orgueil de sa part c'est plutôt une forme d'aveu »
  • 19:55Invité politiqueFait
    « c'est exactement ce que fait des cartes dans cette aventure intellectuelle absolument extraordinaire qui s'appelle les méditations métaphysiques »
  • 21:53Invité politiqueFait
    « le monde contemporain je le disais est fasciné par cette immédiate et absolue dans laquelle nous croyons que s'accomplit l'humain »
  • 51:16Invité politiqueFait
    « grâce à la demeure historique l'homme peut vivre ce dont il a le plus besoin c'est à dire le pressentiment de l'éternité »
  • 51:57Invité politiqueFait
    « l'avenir ne nous apporte rien ne nous donne rien c'est nous qui pour le construire devons tous lui donnez lui donner notre vie elle même »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:21
François-Xavier Bellamy

je ne fais pas de mots d'introduction vous êtes jeunes talentueux philosophe engagé politique aussi mais dans le bon sens du terme et donc quand je vous ai eus au téléphone m'a dit mais pourquoi est en fait pour tout vous dire je ne vous connaissais pas j'ai quelqu'un m'a dit vous devriez peut-être j'ai regardé internet ça c'est formidable youtube et je me suis dit mais c'est évident voilà c'est évident je vous ai appelé en plein mois d'août j'ai pas je vous ai peut-être déranger en pleine vacances c'est pas grave vous êtes là c'est l'essentiel merci beaucoup monsieur le président c'est moi qui vous remercie vraiment pour votre habitation je me sens très très gênée de venir devant vous pour partager avec vous quelques quelques éléments de réflexion je ne suis qu'un tout jeune professeur de philosophie est bien éloigné à bien des titres des aventures que vous portez notamment de la l'incroyable technicité des projets qu'on a vu se déployer cet après midi mais vous m'avez demandé d'intervenir sur cette belle question du du patrimoine et dans le cadre de cette journée de la demeure historique et c'est vrai que c'est la question à laquelle j'ai consacré ce petit effort ce petit travail qui est devenu se livrent les déshérités parce que je crois que nous sommes au coeur d'une crise assez profonde d'une crise de la transmission et je voudrais essayer de partager avec vous comme comme un jeune enseignant ce que ce que cette réflexion qui est venu pour moi de l'expérience de l'éducation a pu vous pourrez éclairé des défis auxquels vous êtes aujourd'hui confrontés est d'abord je voudrais partir de ce qui pourrait paraître au fond problématique dans le programme de votre après midi de ce qui pourrait paraître étonnant dans le programme de votre journée vous avez choisi de travailler aujourd'hui sur la question du dynamisme et cet après midi plus particulièrement sur la question de l'innovation et on pourrait se demander ce que le dynamisme et l'innovation peuvent bien avoir à faire avec une association qui s'appelle la demeure historique parce qu'a priori la demeure historique désigne plutôt précisément ce qu'ils ne se transforment pas ce qui ne change pas ce qui par conséquent semble demeurer une espèce de résistance insupportable aux mouvements de l'avenir n'est ce pas je crois que la crise de la transmission que nous vivons aujourd'hui elle vient justement de cette opposition si ordinaire que notre société fait entre le passé et l'avenir entre l'histoire et le futur entre la tradition et l'innovation opposition qui constitue en quelque sorte le fondement même de ce que en philosophie nous appelons la modernité nous vivons la fin de cette grande période de l'histoire de la pensée qui s'appelle la modernité dans son accomplissement que la philosophie université rappelle la post modernité et la postmodernité consiste tout entière dans cette espèce de d'opposition de tension dialectique de tension établi entre l'histoire et l'avenir tout se passe comme si une association comme la demeure historique ne devraient pas avoir le droit de parler d'innovation au fond dans le monde moderne le monde moderne étant celui qui se définit par la fascination pour le maintenant un moderne vient du mot latin modo qui veut dire maintenant dans ce monde passionné parle ici et le maintenant par la certitude qu'au fond ce qui est maintenant est forcément meilleure que ce qui était hier et que ce qui sera demain sera forcément un progrès par rapport à ce qui est aujourd'hui tous ceux qui s'attachent à l'histoire sont forcément du côté du passé est voué à être dépassés et vous commettez la double faute non seulement d'être attaché à l'histoire mais en plus d'avoir choisi comme nom encore une fois la demeure mot qui désigne forcément au sein du monde moderne quelque chose comme les demeurés demeurer sait ne pas pouvoir évoluer et toute la modernité nous dit en permanence que celui qui n'est pas capable de changer de se transformer d'innover celui qui n'a pas la plasticité de s'ajuster en permanence aux mutations de l'avenir que celui là est condamné à être un jour périmés j'ai trouvé pour méditer sur 7 sur cette question puisque parler d'histoire est toujours un peu facile mais parler de demeurer et peut-être plus intéressant parce que aussi plus singulier j'ai trouvé dans les nourritures terrestres 2 j de ce moment qui m'a toujours beaucoup frappé et qui fait écho à votre nom monsieur le président ne demeurent pas écrit gide ne demeurent pas auprès de ceux qui te ressemble ne demeure jamais nathanaël dès qu'un environ appris à ressemblance ou que toi tu t'es fait semblable à l'envi rond il n'est plus pour toi profitable il faut le quitter ce mot de de gide désigne parfaitement ce que nous appelons modernité cette passion pour le changement pour le mouvement pour le dynamisme le dynamisme vient du grec d'une amie ce qui veut dire mouvement est encore une fois de façon très étonnante que vous avez choisi de mélanger dans votre activité autour de la demeure historique la question du dynamisme or ce que nous dit j dc c'est que le dynamisme consiste à ne jamais demeuré et que le mouvement suppose de toujours déménager en ce sens la figure absolue du monde contemporain et ici je ne voulais surtout pas faire une excursion sur le terrain politique mais mais pourtant ceci fait écho bien sûr à nos débats d'aujourd'hui la figure absolue du monde contemporain c'est peut-être justement dans le monde de la mondialisation la figure du migrant celui qui est en déplacement permanent et celui qui n'est pas en déplacement c'est celui que le philosophe olivier rey oppose aux migrants c'est à dire la figure du manant le manant du latin manere et celui qui demeure sur sa terre celui là encore une fois et peut-être le demeurer d'aujourd'hui au fond tout se passe comme si la société contemporaine avait pour obsession d'opposer les vieilles pierres aux jeunes pousses d'opposer la vitalité de l'avenir à la stabilité du passé et peut-être pour quitter le caractère un peu élevé de la littérature gidienne peut-être avez-vous entendu ce mot lâché comme une espèce de symptômes de l'inconscient collectif par un éditorialiste et journaliste connu sur un plateau de télévision il ya de cela quelques jours si j'étais président de la république disait jean michel aphatie ma première décision serait disait jean michel aphatie de raser le château de versailles de raser le château de versailles pour qu'on y vienne plus en pèlerinage admirez la grandeur de la france et ceci encore une fois au nom d'une politique de l'avenir parce que l'avenir suppose qu'on se défasse en fin de set pesanteurs du passé c'est du moins peut être encore une fois se plie intellectuelle qu'on appelle la modernité et en disant cela monsieur aphatie n'est pas spécifiquement coupable il ne fait qu'exprimer peut-être quelque chose qui nous renvoie dans notre inconscient collectif à une forme de tension à une forme d'opposition dont nous sommes paradoxalement d'ailleurs les héritiers alors au fond peut-être pour commencer je voudrais méditer brièvement avec vous sur cette crise de la transmission que nous sommes en train de vivre cette crise de la transmission j'ai commencé à y réfléchir comme jeunes enseignants quand j'ai vécu une expérience une double expérience à la fois passionnante et traumatique l'expérience de la rencontre avec la réalité de la crise d'éducative dans notre pays un de cette rencontre avec la crise du patrimoine immatériel que constitue notre culture puisque j'ai commencé à enseigner comme beaucoup de jeunes enseignants dans des lieux défavorisés dans des classes de zones urbaines sensibles j'ai rencontré des élèves des élèves aussi intelligent bien sûr aussi généreux aussi inventif aussi talentueux que toutes les générations qui les avaient précédés évidemment mais des élèves qui pourtant parvenait en terminale en ayant beaucoup de mal à déchiffrer la langue française alors qu'ils avaient fait la totalité de leurs études en france à nous le savons mais c'est une chance d'ailleurs que dans le débat contemporain au moins la réalité du constat soit très largement partagé nous savons que notre pays traverse une crise très profonde dans la transmission des éléments les plus fondamentaux de sa culture et notamment de cet élément parmi les plus fondamentaux qu est la langue aujourd'hui nous avons un jeune français sur cinq à sa majorité qui d'après la statistique officielle doit être considérée comme en situation d'illettrisme total ou partiel c'est-à-dire dans une situation extraordinairement conflictuel a sa propre langue nationale et puis j'ai rencontré en même temps que cette expérience de la réalité de la crise éducative que nous traversons ensemble j'ai rencontré l'expérience merveilleuse de ma formation d'enseignants et expériences douloureuses aussi j'ai rencontré dans cette formation un discours parfaitement cohérent concertée explicite assumer ce discours qui a structuré notre formation consistait à dire vous êtes enseignant vous ne devez surtout pas transmettre un savoir vous ne devez surtout pas transmettre des connaissances pourquoi parce que transmettre c'est nécessairement nous expliquait-on aliéner la liberté de celui qui vient à nous transmettre c'est nécessairement empêché l'enfant qui vient de construire par lui même ses propres représentations du monde si vous transmettez des connaissances ça veut dire que vous savez des choses que vous élèves ne savent pas donc nous disent et on voulait méprisé vous les insultez vous les traitez d'ignorants vous les enfermer dans la posture de récepteur passif n'est ce pas pour le dire autrement la situation que notre formation d'enseignants aurait voulu déconstruire c'est en quelque sorte exactement celle que nous sommes en train de vivre ce n'est pas tout à fait de ma faute monsieur le président mais enfin les choses sont ainsi je suis ici je vous parle vous écoutez je suis d'ailleurs sur une estrade institution barbare que l'on a heureusement retirer de nos salles de classe j'ai un micro et vous n'en avez pas et vous êtes par conséquent désormais condamnés à subir le supposé savoir que je vais faire descendre vers joue pendant les quarante minutes qui viennent et c'est l'occasion pour moi de vous demander pardon pour toute cette violence symbolique que je vais vous infligez ce soir bon j'espère vous n'allez pas sortir traumatisé surtout donc ne pas transmettre un savoir ne pas transmettre un savoir non pas parce qu'il faudrait être défaitiste non pas parce qu'il faudrait déserté le terrain éducatif non pas par lâcheté ou par médiocrité mais je crois que c'est dans une forme d' authentiques générosité que nous avons préféré ne pas encombrer nos enfants de toutes ces vieilleries du passé dont nous avions hérité c'est dans tous les cas ainsi que s'est présentée à nous la réalité du projet pédagogique que l'on nous proposait de partager je devrais dire plutôt que l'on nous impose est de partager parce que ce discours était extraordinairement démocratique quand il s'agissait des élèves ils étaient bien plus coercitif quand il s'agissait des enseignants donc ne pas transmettre un savoir au fond au fond ce qui nous a fascinés collectivement et encore une fois je crois que nous vivons ici la crise que constitue la fin de la modernité ou la post modernité ce qui nous a fascinés collectivement c'est une espèce d'utopie que je résoudrai dans le concept décisif pour comprendre le monde contemporain je crois le concept d'immédiateté nous avons eu la certitude qu'au fond l'homme était que l'enfant était que l'élève était immédiatement lee brun immédiatement créatif immédiatement capable de s'exprimer de construire de créer et de comprendre le monde immédiatement capable d'habiter le monde dans lequel il était né et c'est cette fascination pour l'immédiateté qui nous a fait penser la médiation comme une sorte d'artifice coupable comme un chemin de perturbations pour la nature originelle qui sommeille en chaque enfant nous avons pensé que au fond ce qui compte c'est ce qui consistait notre devoir décisive d'adultes notre devoir décisive d'enseignants notre devoir de parents et de grands parents c'était de ne pas sans poser à ce qui allait nous suivre et donc de ne pas transmettre ce que nous avions reçues et cette crise de la transmission nous avons l'habitude d'en accuser l'école ou de reprocher à l'école d'avoir failli à sa mission et même parfois de façon plus facile encore nous avons coutume d'accuser un petit groupe de personnes à l'intérieur de l'école qu'on appellera les pédagogistes d'avoir défendu un discours est presque d'avoir pris en otage une institution tout entière en empêchant l'éducation nationale de remplir sa mission mais si on veut bien y regarder de plus près on verra que cette vision elle nous habite tout ce qu'elle a traversé notre inconscient collectif et que c'est collectivement que nous avons partagé l'idée que le passé était toujours au fond un peu dépassée et que l'avenir devait se faire par l'abandon du passé je crois profondément que cette crise éducative a traversé tous les lieux où se vivait jusque-là l'éducation qu'elle a traversés l'école bien sûr mais aussi la famille les foyers et tous les lieux où se transmettait dans la société quelque chose d'une génération à une autre la transmission avait sans doute eu quelque chose d'évident de naturel et ce pendant très longtemps et soudainement s'est installée dans nos esprits ce scrupule cette inquiétude c'est incertitudes latentes quand je dis à un enfant ce que je crois être vrai ou faux quand je dis un enfant ce que je crois être bon ou mauvais ce que je crois être juste ou injuste ce que je crois être beau ou laid est-ce que je suis pas en train de le priver au moins un peu de sa propre liberté de sa propre spontanéité je ne suis pas en train d'envahir de façon abusive ses propres plantations du monde est-ce que l'autorité du passé l'autorité de l'expérience n'est pas toujours un pouvoir qui resterait en quelque sorte au fond un abus de pouvoir et d'une génération à une autre non pas que les enfants ou les petits enfants aient refusé de recevoir mais d'une génération à une autre nous nous sommes mis à croire qu'il était meilleure pour eux que nous leur transmettrons pas que nous leur transmettons pas trop que nous gardions pour nous ce qui peut-être avait été dans le passé et dont nous avions hérité perçu ou perceptibles comme trop pesant pour eux et de ce point de vue là évidemment il n'est pas du tout anecdotique que nous ayons souhaité ne plus demeurer que nous voulions souhaiter ne plus porter les contraintes de la demeure historique au sens le plus fort du terme de cette modernité nous voyons au fond le point de départ dans le travail fabuleux travail passionnant le travail décisive de rené descartes de descartes nous pouvons donner une forme de transposition architectural qui vous parlera sans doute des cartes vous vous en souvenez tous vous vous souvenez tous d'au moins une petite citation des cartes a dit je pense donc je suis cette petite citation pour la comprendre il faut revenir sur l'itinéraire intellectuel de descartes lui-même et l'itinéraire intellectuel de descartes c'est celle au fond d'un héritier déçu des cartes dit quand j'ai été un enfant et j'étais le meilleur élève de mon école et j'étais dans l'une des meilleures écoles de l'europe et comme c'est en europe qu'on faisait à l'époque les seules écoles sous leur forme actuelle du monde des cartes nous dit en substance quand j'étais enfant j'étais le meilleur élève du monde ça n'est pas tellement de l'orgueil de sa part c'est plutôt une forme d'aveu quand j'étais enfant j'ai fait les meilleures études qu on puisse rêver les meilleures études qu'on puisse imaginer c'est à dire j'ai reçu l'héritage le plus complet le plus achevé le plus abouti le plus parfait que un enfant puisse rêver et pourtant à la fin de tout ce cours d'étude terme duquel on a coutume d'être reçu au rang de doctes je cite des cartes à la fin de tout ce cours d'étude au terme duquel on a coutume d'être reçu au rang de doctes je me rendis compte que je n'avais pas fait un pas pour sortir de mon ignorance sinon que j'avais l'esprit désormais embrumé d'une quantité de doute et d'erreurs je finis ce parcours d'études je passe tous mes diplômes et à la fin de tout ce parcours je me pose cette question vertigineuse de tout ce que j'ai appris à l'école au collège au lycée de tout ce que nous avons appris dans notre parcours scolaires de tout ce que nous avons appris de notre famille de nos enseignants de ceux qui nous ont précédés de quoi sommes nous vraiment certain au fond on dit des cartes il n'est rien de si absurde il suffit d'avoir voyagé pour savoir qu'il n'est rien d'aussi absurde qui n'ait été un jour enseigné dans quelques écoles dans toutes les écoles du monde on a parfois enseigné des choses fausses et tous les parents du monde ont parfois enseigné des choses fausses qu'est-ce qui me garantit à moi que ce que j'ai appris de mes propres parents ou de mes enseignants étaient parfaitement absolument vrai de quoi suis-je vraiment certains et surtout question encore plus vertigineuse de tout ce que j'ai reçu de ceux qui me précède de tout ce qui fait aujourd'hui le regard que je porte sur le monde de tout ce qui fait aujourd'hui l'idée que je me fais du bien et du mal du juste et de l'injuste du vrai et du faux du beau et du laid qu'est-ce qui vient vraiment de moi dans tout ça de quoi suis-je vraiment l'auteur dans toutes les conceptions que j'ai du monde autour de moi de quoi suis-je vraiment l'auteur au fond donc 10 des cartes la catastrophe absolue c'est que nous sommes des héritiers la catastrophe absolue pour des cartes c'est que nous avons tous été des enfants c'est à dire que nous avons commencé notre vie par une espèce de période étrange deux périodes on pourrait dire de fragilité intellectuelle temporaire qui nous a contraint à recevoir ceux qui venaient du passé sans aucune capacité au fond de nous en défaire nous avons tous été des enfants et pour ceux que nous avons tous été enfant avant que d'être homme à la formule est magnifique pour ceux que nous avons tous été enfant avant que d'être homme d'idées carte et qui nous a fallu rester longtemps sous la suggestion de nos parents et de nos précepteur lesquels étant souvent contraire les uns aux autres ne nous était pas toujours favorables il est impossible que nous ayons l'esprit cydroine ici sûr que nous l'aurions eu si nous étions menés adultes dès le point de notre naissance au fond le rêve de l'homme cartésien serait était de n'être immédiatement adultes et de commencer sa vie à zéro de commencer sa vie d'adulte à partir de rien en fait la catastrophe absolue c'est que nous sommes tous des héritiers et pour reprendre cette métaphore architectural qui était familière à des cartes de quoi sommes-nous les héritiers nous héritons de là vieille maison de famille nous héritons de la demeure historique et là je sais que ça va beaucoup vous parlez n'est ce pas et c'est ça la catastrophe absolue qu'est ce qui se passe quand on hérite de la vieille demeure historique c'est que quand vous mettez le premier pied dedans dans la vieille maison historique 1 elle manque pas de charme 1 c'est vrai m'enfin bon on sait pas trop quand elle a été construite chaque génération il ya ajouté son petit bout ce qui fait que le résultat est tout à fait dépareillé et surtout dans la vieille demeure historique il ya des tuiles dans les escaliers l'électricité quand elle existe n'est plus du tout du tout aux normes et quand vous montez à laitages vous savez jamais quelles marges va vous craquer sous les pieds alors vous avez deux solutions en fait soit vous êtes un homme de la tradition et je pense que c'est plutôt à vous que je parle ici soit vous êtes un homme de la tradition et vous regardez la vieille maison de famille et vous dit non ça va pas être facile mais quand même elle a du charme la vieille maison de famille et surtout c'est la maison de famille c'est la vieille demeure historique de ma famille ou bien de cette famille plus grande qui s'appelle la société c'est une maison dont j'hérite une maison dont je suis héritier alors je vais faire comme papa et comme grand-père avant moi je vais engloutir toutes mes économies et je vais refaire le toit à mon tour une fois de plus et je fais refaire l'électricité et tenter de re vice et quelques planches dans l'escalier pour être sûr qu'aucune marche ne me craque sous les pas soit vous êtes un cartésien un homme de la modernité et dans ce cas c'est beaucoup plus simple vous regardez la maison et vous dites on va recommencer à zéro on commence par tout raser monsieur aphatie voyez ça vient pas de nulle part un je vais raser la maison de famille et je recommence à partir de rien et là au moins je serai sûr de ce que j'aurai construit les fondations seront certaines est là surtout surtout ce sera vraiment ma maison parce que je leur ai fait à partir de mon projet et que ce projet s'ajustera exactement à mes propres besoins on se plaint souvent que les jeunes générations ne vont plus dans les salles de vente pour acheter du mobilier ancien ils vont acheter du mobilier fonctionnel découpé sur mesure dans des usines industrielles au moins ça rentre dans les cas ça correspond à un projet au moins c'est utile voyez vous un plutôt que la vieille armoire normande houleux vieux meubles branlant dont on ne sait jamais exactement comment réparer le tiroir au moins un voyez vous acheter un meuble ikea s'ils marchent plus vous le changez au moins ça correspond exactement à sedan moi même j'ai besoin commencé à partir de rien et c'est exactement ce que fait des cartes dans cette aventure intellectuelle absolument extraordinaire qui s'appelle les méditations métaphysiques par les méditations métaphysiques des cartes dit voilà j'ai 40 ans j'ai touché à tout j'ai roulé ma bosse je me suis intéressé à plein de choses mais maintenant j'entreprends de faire une chose incroyable je recommence à partir de rien c'est ça le moment où on rase et on recommence pour de vrai et je vais commencer par faire le tri des cartes je vais commencer par faire le tri dans toutes mes opinions et tout ce dont je ne puis pas être par moi-même absolument certain je le considère désormais comme totalement faux et je les cartes de mon esprit et à la fin il ne reste presque plus rien en fait il ne reste plus rien sauf une seule chose une seule certitude radical ce que je pense moi je pense et donc je suis la modernité commence avec ce qu guito herbaut soum je pensais donc je suis et même elle commence avec un ego cogito ergo soum moi je pensais donc je suis et après dans les médinas gens qui suivent des cartes reconstruit tout il reconstruit tout le système des savoirs on a souvent gardé de descartes que le doute cartésien et en fait d'écarter un grand philosophe dogmatique des cartes reconstruit la certitude des mathématiques de la géométrie la certitude de la physique la certitude de la théologie même la certitude de la médecine et reconstruit la totalité du système des savoirs mais cette fois ci le fondement absolue du savoir n'est plus ce que nous avons reçue c'est ce que nous avons construit ce que nous avons construit par nous mêmes ce que l'individu peut avoir construit tout seul et ce dont il peut rendre témoignage à lui même devant sa propre certitude ego coppito ergo soum toute la crise de la transmission est là et on y est il ne faut pas chercher beaucoup plus loin c'est très mystérieux au fond que ce soit dans la pensée que se joue le destin de nos maisons de notre demeure de nos bâtisses et de nos pierres mais il ne faut pas chercher beaucoup plus loin l'abandon majeur du patrimoine c'est-à-dire de l'héritage cette espèce de désaffection pour ceux qui nous vient de loin cette désaffection au fonte s'est cristallisée dans les dernières décennies de l'histoire de notre pays elle nous vient en réalité du mouvement même qu'on appelle la modernité et qui a porté ses fruits jusqu'à constituer une rupture définitive avec cet héritage dont nous étions les héritières une rupture définitive pour ce qui concerne notre époque mais peut-être ne l'est-elle pas il faut rêver qu'elle ne le soit pas il faut espérer qu'elle ne soit pas et je voudrais tenter de montrer pourquoi nous devons espérer qu'elle ne le soit pas car de fait le monde contemporain je le disais est fasciné par cette immédiate et absolue dans laquelle nous croyons que s'accomplit l'humain or cette fascination contemporaine pour l'immédiateté repose sur une erreur majeure et je crois qu'elle repose en particulier en fait sur un oubli majeur sur l'oubli de ce que j'appellerais humblement si vous voulez ce grand mystère qui traverse l'expérience humaine le mystère de la médiation le fait qu'au fond il n'est rien dans le monde qu'ils soient immédiatement humain et qu'il n'est rien dans l'homme lui même qui soit immédiatement humain de fait seul ce qui est construit constitue l'occasion de rendre le monde humain et je ne voudrais pas ici mais tendre trop longtemps sur la question de la culture dans sa généralité parce que c'est toujours une forme de facilités intellectuelles de répéter ce qu'on a déjà eu l'occasion de dire ou ce qu'on a déjà eu l'occasion d'écrire puisque nous sommes ici autour de la demeure historique je voudrais m'arrêter peut-être singulièrement sur cette construction singulière qui est larchitecture larchitecture de la demeure qui seuls rangs le monde humain pourquoi la demeure constituent-elles l'occasion pour nous d'habiter le monde d'abord la culture se manifeste toujours dans le monde par ce qui vient en plus par ce qui vient en trop et pour le dire autrement parce qu'ils ne sert à rien dire que l'homme est par nature un être de médiation c'est dire que l'homme est par nature un mètre de distance avec l'immédiateté de la nature l'immédiateté de la nature traverse la totalité du monde vivant du monde végétal et du monde animal le monde végétal et le monde animal sont marqués par l'immédiateté du besoin et au fond c'est ce qui nous distingue sans doute pardonnez moi d'être beaucoup trop rapide sur ce point il faudrait beaucoup de temps notamment pour parler de l'animal qui en philosophie et une questions fascinantes mais peut-être c'est ce qui nous distingue précisément de l'animal c'est ce qui fait la singularité la singularité étonnante mystérieuse et miraculeuse de l'homme qu'il n'est justement pas enfermer dans le cycle du besoin nous ne cherchons pas seulement dans une demeure nous ne cherchons pas seulement à nous abriter nous voulons habiter le monde et habiter le monde c'est toujours plus que s'abriter l'homme est un animal auquel les grottes ne suffisent pas il ne suffit pas pour lui de s'abriter des intempéries et dans n'importe quelle maison il y à bien plus qu'une fonction d'où le caractère toujours un peu barbare un peu inhumain de ces logements qui ne sont plus des maisons de ces espaces à vivre qui n'ont plus d'autre raison d'être que leur pure et simple fonction la vérité c'est que l'homme ne se contente pas d'être enfermé dans des cases d'être enfermés dans des cages quand bien même elle le protège des intempéries extérieur nous avons besoin d'habiter et dans notre façon d'habiter le monde nous avons besoin de quelque chose de plus que d'une simple utilité que d'une seule fonctionnalité je suppose que vous qui êtes ici vous êtes ici parce que vous dépensez beaucoup de temps beaucoup d'énergie et on en a parlé cet après midi aussi sans doute beaucoup d'argent pour entretenir des demeures et j'imagine que l'objection qui vous ai fait le plus souvent c'est que ça ne sert à rien et c'est peut-être une objection que vous vous faites à vous même et bien c'est vrai ça ne sert à rien c'est parfaitement inutile vous n'en avez aucun besoin de ses charpentes et de ses poutres de ses décors extraordinaires de ces manière tout à fait subtil de construire qui ont été le propre des régions le propre des siècles différents de chacune de vos maisons nous pouvons dire au fond que tout cela ne sert à rien j'ai eu la joie surprenante de retrouver ici l'un de mes oncles propre qui a restauré pendant des années et il est parti je peux le dire sans le faire rougir avec une énergie incroyable une petite chapelle en mayenne une petite chapelle recouvertes de fresques médiévales à quoi ça servait de restaurer cette petite chapelle est bien ça ne servait à rien et c'est pour ça que c'est essentiel c'est pour ça que c'est nécessaire c'est pour ça que c'est indispensable parce que rien n'est plus essentiel à l'homme au fond que cette expérience de la gratuité que ce soin apporté à ce qui ne sert à rien ne se préoccuper que de ce qui est seulement utile c'est au fond ravalée l'homme à la simple animalité non qu'il y ait là quelque chose comme une forme d'un dignité mais il y a toujours là quelque chose comme une forme d'inhumanité il ya quelque chose d'inhumain dans un monde où on construit pour le besoin et seulement pour le besoin et les demeures que vous soignez dans leur gratuité apparentes sont en fait essentiel parce qu'elles construisent dans le monde et dans l'espace où nous vivons le signe le symptôme la manifestation visible de ce qu'est l'être humain de ce qu'est cet être étonnant qui s'arrache au cycle éternel du besoin le deuxième élément du cou qui me paraît décisif dans le fait que la demeure historique puisse rendre le monde humain c'est que la demeure historique contribuer à construire des repères communs et au fond nous le savons bien et il a été question tout à l'heure avec matthias fekl de la question du tourisme nous le savons bien chacune de vos demeures chacune de vos maisons marc un paysage chacune de vos demeures chacune de vos maisons mystérieusement habite un lieu à son tour elle rayonne dans le lieu où elle a été construite et on pourrait dire que les maisons les demeures qui sont les signes du passé que ceux qui nous ont précédés ont habité avant nous contribuer à construire des repères communs dans notre espace partagé or nous ne pouvons pas vivre ensemble sans avoir ses repères communs nous ne pouvons pas vivre ensemble sans avoir des lieux communs et là encore voulu à raser le patrimoine vouloir raser versailles vouloir raser l'histoire c'est en fait vouloir porter atteinte à ce qui crée du commun à ceux qui créent le lien qui nous rattache aux autres ce lien n'est pas né avec nous ce lien il est né avec ceux qui nous ont précédés et les repères communs que nous avons toujours liés ont toujours partie liée avec les pères qui nous ont précédés avec les maires qui ont fondé dans leur maternité l'humanité qui nous relient et précisément c'est la trace de ses pairs ce sont ses repères dans l'espace qui font le lien qui nous relient et de ce point de vue là on peut dire que tout demeure historique appartient toujours à plus que son propriétaire et vous en est bien conscient car ce n'est pas pour vous même que vous mettez tant d'efforts à soigner ses demeures dont vous êtes les héritiers n'importe qu'elle demeure historique appartient à plus que celui qui la possède de ce point de vue là on peut dire donc que la demeure historique contribuer à rendre le monde humain et qu'elle participe de cette nécessité de la médiation que j'évoquais à l'instant de cette médiation qui nous l'avons évoqué tout à l'heure est toujours un défi devant nous médiation matériel qui joue dans la transmission dans la transmission du patrimoine mais médiation immatériel aussi qu'ils jouent dans la transmission du patrimoine immatériel l'homme est un être de médiation et la façon dont il construit constitue aussi pour lui des manières d'habiter le monde de regarder au fond le monde autour de lui la manière dont nous construisons dit quelque chose de notre rapport au monde mais il faut déjà avoir des yeux pour voir la manière dont nous avons construit et pour se laisser enseigner parce que d'autres que nous ont pu construire avant nous et il me semble qu'ici votre travail est le mien si vous me le permettez ont de ce fait partie liée votre travail est le mien le travail du bâtisseur le travail du transmetteur du patrimoine matériel et le travail de l'enseignant de l'éducateur le travail du transmetteur du patrimoine immatériel l'homme est par nature un être de médiation dire que l'homme est par nature un être de médiation dire qu'il n'est rien dans le monde qui soit humain et qui ne soit pas en même temps le produit d'une médiation c'est dire que de façon immédiate rien en ou net accompli q rien en ou non achevée que rien en nous n'est possible qu aucune faculté ne se développe pour le dire autrement dans une forme d'immédiateté et ceci est vrai de nos facultés les plus naturel quand nous étions petit bébé nous étions capables de penser bien sûr nos parents n'ont pas produit en nous la faculté de penser si nous n'avions pas posséder la faculté de penser et que nos parents l'avaient produite en où il l'aurait donné aussi je ne sais pas aux petits nounours en peluche qui nous servait de doudou à la table du salon non nos parents ne nous ont pas rendus capables de penser au sens où il aurait produit en nous une faculté qui n'aurait pas été en nous de façon au fond naturel nous étions naturellement capable de penser et pourtant nous n'aurions jamais commencé à penser si nos parents ne nous avaient pas transmis un patrimoine immatériel indispensable pour commencer à parler et même indispensable pour commencer à penser ce patrimoine qu'est la langue nous n'aurions jamais pensé sans les mots voilà quelque chose de merveilleux y est voilà ce que je voudrais désigné parce cette expression toute simple est encore une fois très humble du mystère de la médiation qui dit quelque chose de décisif de l'expérience de chacune de nos vies c'est que nos facultés les plus naturels et le plus personnel ne s'accomplissent jamais que par la médiation de ce que nous recevons des autres nous n'aurions jamais commencé à penser sont les mots qui nous ont été transmis nous n'aurions même jamais commencé à voir le monde autour de nous sans les mots qui nous ont été transmis chacun d'entre nous ici dans sa profession dans son domaine de spécialité a pu recevoir une culture une tradition un héritage particulier et dans cet héritage particulier par exemple un vocabulaire spécifique chaque spécialité à son vocabulaire la médecine par exemple à son vocabulaire les médecins apprennent le nom de tous les os du corps par exemple pourquoi faut-il quand on est médecin à prendre le nom de tous les os du corps parce que avec le nom de ces hausses que vous apprenez 1 1 vous apprenez à reconnaître dans n'importe quel corps humain une infinité de détails que le profane ne s'est pas voir un médecin spécialiste de la main voit dans une main bien plus de choses que moi même je ne puis voir dans une main et pourtant nous avons les mêmes vieux nous avons les mêmes vieux mais nous ne voyons pas les mêmes choses pour le dire autrement pour le dire autrement c'est toujours dans les mots que nous voyons le monde autour de nous c'est toujours dans la culture que nous pouvons voir l'infinité des nuances que le monde extérieur nous présente nous ne voyons rien sans culture et sans cette médiation du patrimoine cette médiation de l'héritage rien de ce qui est naturel en nous ne peut s'accomplir vraiment même nos facultés les plus naturels j'allais dire les plus organiques comme nos sens par exemple même nos facultés les plus organiques ne sont pas accomplies sur la culture qui nécessairement constitue le chemin entre nous et notre propre accomplissement et c'est la raison pour laquelle nos métiers c'est la raison pour laquelle nos travaux c'est la raison pour laquelle nos engagements en forcément partie liée parce que je suis sûr vous l'avez déjà observée avec une forme d'inquiétude les enfants de notre époque ce qu'ils font partie précisément de cette génération déshérités par la crise de notre école pour beaucoup d'entre eux ne voient plus rien dans notre patrimoine matériel ne voit plus ce qu'il peut pour et voir dans notre patrimoine architectural dans notre patrimoine urbain dans notre patrimoine artistique qu'est ce qu'un collégien de banlieues défavorisées qui a été privée de la culture que nous aurions plus transmettre qu'est-ce qu'il peut voir dans une cathédrale qu'est-ce qu'il peut voir dans une église qu'est-ce qu'il peut voir dans un château qu'est-ce qu'il peut voir dans un musée quand j'ai commencé à enseigner en zone urbaine sensible il fallait faire des journées citoyennes et mon premier acte dans la journée citoyenne que j'ai été chargé d'organiser à était d'emmener mes élèves visiter le château de versailles il s'était pourtant en banlieue parisienne il n'avait jamais visité le château de versailles je suis ressorti effondré j'avoue ce qu'ils ont traversé le château de versailles à toute vitesse avec la seule ambition de faire un selphy dans la galerie des glaces et j'avais le sentiment un peu déprimé un peu déprimant qu'il ne voyait pas les splendeurs autour de tout était splendide et tout était magnifique et pourtant cette splendeur peut-être on ne leur apparaissait pas non pas parce qu'il n'avait pas dieu non pas parce qu'ils n'étaient pas aussi intelligent aussi sensible que j'aurais pu l'être avec eux mais parce qu'il n'avait pas reçu cette nécessaire culture indispensable pour voir ce qui pourtant apparaissait comme une évidence autour de nous et donc le mystère de la médiation fait que d'une certaine façon nous avons besoin des pierres pour voir le monde autour de nous et nous avons besoin de la culture pour voir les pierres autour de nous et pour comprendre leur sens pour comprendre leur signification et c'est la raison pour laquelle les expériences qui nous ont été proposés tout à l'heure et qui disent quelques chemins pédagogique pour faire venir les jeunes et pour faire la pédagogie de ce patrimoine que vous entretenez ses expériences en si belle si féconde et si nécessaire en même temps parce que au fond dans ce patrimoine que nous rencontrons dans ce patrimoine que les jeunes peuvent rencontrer il y a toujours aujourd'hui la condition pour qu'il puisse te connaître eux-mêmes pour qu'ils puissent se reconnaître eux mêmes et c'est la raison pour laquelle il est tellement décisif est tellement essentiel de leur donner l'occasion de se reconnaître dans quelque chose qui les précèdent de leur donner l'occasion comme nous en avons eu chacun d'entre nous l'expérience de se reconnaître eux mêmes dans quelque chose qui les dépasse dire que l'homme est par nature un être de médiation dire que l'homme est par nature un être de culture dire que l'homme ne s'accomplit que dans la culture qui le précède et qui constitue pour lui le chemin vers l'accomplissement de sa propre nature c'est dire que l'homme ne se rencontrent que par le chemin de ceux qui le précèdent c'est dire que l'homme ne se connaît que par le moyen de ceux qui le dépasse de cette culture qui nous dépasse parce qu'aucun de nous ne l'a fait aucun de nous on en est l'auteur et c'est l'expérience que vous faites en recevant ces demeures et en tentant de les conserver parce que vous savez qu'elles peuvent être dans leur fécondité le signe de ce passé qui constitue le chemin vers l'avenir de ceux qui suivront notre propre travail et notre propre transmission l'homme se rencontrent toujours dans quelque chose de plus grand que lui alors pardonnez moi je vais m'aider de la technologie numérique parce que j'ai en fait oublier le texte que j'avais préparé pour vous donc je suis en train de le ré improvisé devant vous mais je voulais vous lire ce texte de saint-exupéry magnifique ce texte qui parle aussi de la demeure historique et qui s'appelle citadelle et au fond chaque demeure historique a toujours quelque chose de cette citadelle au sens de saint-exupéry au fond saint-exupéry à tout de la façon dont la folie contemporaine pouvait dénigrer la citadelle au nom de son inutilité et de la façon dont pourtant cette inutilité cette gratuité de la citadelle qui fait que justement la demeure toujours nous dépasse faisait de cette demeure l'occasion pour chacun d'entre nous de nous rencontrer nous mêmes j'ai imposé écrit saint-exupéry j'ai imposé ma loi qui est comme la forme des murs et l'arrangement de ma demeure l'insensé est venu me dire des livres nous de tes contrainte alors nous deviendrons plus grand mais je savais qu'ils y perdrait d'abord la connaissance d'un visage et de ne plus l'aimer la connaissance d'eux-mêmes et j'ai décidé malgré eux de les enrichir de leur amour car ils me proposaient pour s'y promener plus à l'aise de jeter bas les murs du palais de mon père où tous les spas avait un sens fais toi je vais envoyer ça à jean michel aphatie il me proposait pour s'y promener plus à l'aise de jeter bas les murs du palais de mon père où tous les spas avait un sens j'entends la voix de la deûle insensé que deux places dilapidé que de richesses inexploitées que de commodité perdu par négligence il faut démolir ses murs inutiles les niveler ces grands escaliers qui complique la marche alors l'homme sera libre et moi je réponds alors les hommes deviendront bétail de places publiques et de peur de temps s'ennuyer inventeront des jeux stupides qu'ils seront encore régi par des règles mais par des règles sans grandeur car le palais peut favoriser des poèmes mais quelle poèmes écrire sur la bêtise des dès qu'on lance longtemps peut-être encore ils vivront de l'ombre des murs dont les poèmes leur porteront la nostalgie puis l'ombre elle-même s'effacera et ils ne comprendront plus et de quoi désormais se réjouir est il ainsi de l'homme perdu dans une semaine sans jour où une année sans fait qu'ils ne montrent point de visage ainsi de l'homme sans grandeur et qui jalousent son voisin six ans quelque chose celui ci le dépasse et s'emploie à le ramener à sa mesure quelle joie tireront-ils encore de la mare et talent qu'ils constitueront la contrainte de ma demeure un cérémonial de l'amour il faudrait des heures pour commenter ce texte absolument magnifique essai saint-exupéry qu'il faut applaudir c'est pas moi bien sûr ce texte et est splendide il fait partie de ces textes que l'on voudrait commenté pendant des heures et en même temps devant lesquels il faudrait se taire et s'arrêter ici bien sûr au fond ce que dit ce texte c'est qu'on se reconnaît toujours dans ce qui est plus grand que nous qu'on se reconnaît toujours dans quelque chose qui nous dépasse et bien sûr les demeures que nous recevons de ceux qui nous ont précédés ont toujours quelque chose qui nous dépasse toujours quelque chose de trop grands toujours quelque chose de trop lourd toujours quelque chose d'inutile au fond encore une fois et de gratuit dans ce qu'elles ont de superflu mais c'est précisément pour cette raison que nous pouvons nous reconnaître en elle que nous pouvons nous connaître en elle dans ce que nous sommes vraiment apprenez dit pascal que l'homme passe infiniment l'homme et que c'est donc en se dépassant que l'homme se rencontrent toujours rencontré quelque chose qui nous dépasse ces rencontres est quelque chose qui nous révèle à nous mêmes et s'est aussi d'une certaine façon d'ailleurs rencontré quelque chose qui nous transforme et là pour le coup je peux m'en faire le témoin après cette première visite à versailles qui avait été un échec j'en ai organisé une deuxième et cette fois ci je les prépare et je les prépare et avec les élèves parce que j'avais compris que rien en um est immédiat même pas la capacité d'admiration d'émerveillement de connaissance et de reconnaissance et quand on retourne voir versailles avec des élèves qu'on a préparé alors cette grandeur du palais qu'ils rencontrent dans lequel tous les pas ont un sens cette grandeur là les transforme parce que quelque chose nous transforme dans la rencontre avec ce passé qui est toujours plus grand que nous avec ce passé qui nous dépasse c'est l'émotion de rilke dans ce poème où il évoque l'émotion qu'il ressent le sentiment de vertige qu'il éprouve en contemplant le torse d'apollon au milieu des ruines grecques il n'existe point là écrire il que et peut-être beaucoup de demeures historiques nous invite à la même expérience il n'existe point là d'endroits qui ne te voit il faut changer d'avis au fond devant ce qu'il y a de grands dans le passé nous sommes toujours conduit à ce qu'il ya de grands aussi en nous et nous sommes toujours conduit à s'ajuster à nous ajuster nous même à ceux qui nous a précédé pour y rencontrer ce qu'il ya de plus élevé dans notre propre expérience vous le voyez profondément je crois que la culture demeure toujours la condition pour fonder l'avenir vraiment et d'une certaine façon reprendre conscience de ce mystère de la médiation c'est de prendre conscience précisément de la nécessité de recevoir de ceux qui nous précèdent le chemin vers notre propre avenir nous avons coutume d'opposer je le disais en commençant le dynamisme et l'innovation à ce qui vient du passé ce qui vient de la tradition et pourtant quelle aberration quelle absurdité je le vois évidemment dans les débats contemporains dans les débats éducatifs en particulier on nous explique par exemple que la transmission des savoirs fondamentaux que la transmission des oeuvres plurimillénaire de notre histoire de notre culture à quelque chose d'encombrants qui empêchera nos élèves de faire l'expérience authentique de leur propre créativité on nous explique par exemple qu'il faudrait remplacer et ceci encore une fois n'est pas strictement politique car au fond ce débat là dépasse de très loin les clivages politiques ordinaire on nous explique qu'il fallait qu'il faudrait dépasser les cours de littérature les cours de mathématiques les cours de physique de biologie les cours trop disciplinaire les cours où l'on transmet des savoirs qui viennent de loin par des activités pratiques dans lesquels les élèves entourés de l'outil numérique pourront produire par eux mêmes au fond leur propre savoir on voudrait remplacer dans les salles de classe de demain les heures de cours d'hier par des heures de code informatique ou bien de pratiquer interdisciplinaire autour des précisément autour des activités opérationnelles qui seront celles des salariés de demain que sont nos propres élèves on voudrait ramener à ceux à sa stricte dimension utilitaire l'enseignement de la culture et en faire l'occasion de préparer une économie performante pour l'avenir et d'ailleurs je le dis ici dans ce lieu précis où le président de la république il y a quelques mois de cela en mai dernier à prononcer un grand discours sur la refondation de l'école dont le centre est la clé de voûte et et cette affirmation il faut absolument mettre le système éducatif au service de l'économie cette idée décisive qu'encore une fois indépendamment des différents camps politiques beaucoup de nos contemporains partage et l'idée que la culture devrait être transmise à l'exacte mesure de son utilité et l'idée par conséquent qu'il faudrait se délester de ce fardeau du passé nécessairement périmés dans un monde en permanence changement cette idée là nous a fait je le disais tout à l'heure abandonner le patrimoine au profit de l'avenir abandonné la transmission au nom de la créativité mais quelle encore une fois quel immense erreur collective quel immense erreur collective car c'est toujours dans le passé qui nous dépasse évidemment que nous pouvons je le disais nous reconnaître nous connaître et inventer notre avenir ceux qui ont inventé le monde d'aujourd'hui et ceux qui font l'innovation d'aujourd'hui les grands artisans par exemple du monde numérique les fondateurs de google d'apple de facebook de twitter n'avait pas fait de comme informatiques à l'école en revanche il avait eu des bons cours de mathématiques c'est une certitude et dans ses cours de mathématiques qu'ils avaient appris à connaître des équations fondée par euclide il y a de cela des siècles c'est toujours ce qui nous vient du passé qui fondent notre créativité c'est la langue qui nous vient de loin ce sont les étymologies les plus anciennes qui fondent encore aujourd'hui et notre capacité de discerner dans le monde ces grands enjeux qui viennent à nous et d'inventer notre avenir de le fondé de le construire pour nous mêmes et pour la société alors je crois que le pire ce serait d'aller jusqu'au bout de cette logique est de laisser s'effondrer les demeures historiques de laisser s'effondrer ce qui demeure parce que ce qui demeure est la clé de ce qui se meut parce que ce qui reste est le fondement de ce qui bouge et parce qu'au fond on pourrait dire que dans la capacité que nous avons de nous reconnaître nous mêmes le minéral et le vivant entretiennent dans l'expérience humaine une relation d'une extraordinaire et d'une étonnante fécondité ce qui demeure et ceux qui restent font de notre propre mouvement notre énergie notre inventivité et peut-être notre enthousiasme pour aborder les temps qui viennent le pire serait d'abandonner la pierre au motif qu'elle s'opposerait à ce qui pousse à ceux qui vit à ceux qui croient dans l'être humain alors que précisément la pierre ce qui demeure est toujours ce qui fonde non pas seulement notre stabilité mais encore une fois aussi notre dynamisme notre mouvement notre capacité d'inventer l'avenir dans l'expérience humaine encore une fois demeure cette relation féconde entre le minéral et le vivant entre ceux qui restent et ceux qui se meut alors je voudrais terminer en vous disant en vous disant vraiment du fond du coeur mon infinie reconnaissance voyez je me sens je le disais tout à l'heure et je me sens bien et légitime pour venir parler de tout cela à vous qui êtes engagé concrètement dans la conservation et quelque chose magnifique précisément que la tâche de conserver de conserver pour transmettre ce qui nous viens de si loin parfois parce que ce qui nous vient du plus loin est aussi ce qui nous portera le plus loin eh bien je viens en même temps avec joie monsieur le président à votre invitation parce que je me dis que c'est une occasion pour moi de vous dire ce que la société peut être ne vous dit pas toujours où ne vous dis pas souvent ce que les jeunes ne savent pas toujours dire ce que les politiques ne savent plus toujours exprimé ce que l'état qui pourtant est par définition ce qui demeure devrait pouvoir vous témoigner d'une façon plus concrète cette infinie reconnaissance que mérite le travail que vous faites vous qui entretenait qui conservait qui transmettait ces lieux dans lesquels d'autres que nous leur tour auront l'occasion de se reconnaître eux mêmes tout à l'heure j'ai changé avec l'un d'entre vous en arrivant dans cette salle qui me disait que dans cette pièce il y avait essentiellement des résistants des gens qui résistent précisément à l'effondrement que fait peser sur les pierres le travail du temps et l'indifférence des hommes ça m'a inspiré une petite conclusion parce que de fait la réalité rs est toujours ce qui nous résistent et que quand nous quand nous laissons s'écrouler ce qui nous précède nous perdons toujours aussi un peu le sens de la réalité de fait l'effort que vous faites est un travail décisif et c'est un travail éprouvant et j'en suis sûr c'est un travail usant aussi c'est ce que dit hanna arendt dans la condition de l'homme moderne le travail est de plus en part ce qu'il n'est jamais terminé le travail consiste à produire les conditions de sa subsistance mais pas seulement le travail consiste aussi dit arena produire dans le monde un espace habitable pour l'homme et construire dans le monde un espace habitable pour l'homme ça suppose de recommencer toujours parce que si on ne recommence pas tous les jours la nature reprend ses droits c'est là que le travail à quelque chose du genre vous avez nettoyer la maison demain il faudra recommencer s'est jamais fait une fois pour tout hannah arendt ai dit que c'était peut-être un travail héroïque que de nettoyer les écuries d'augias mais que ça n'est pas aussi héroïque que de nettoyer tous les jours sa maison parce que tous les jours le temps revient la salir c'est moins héroïques de nettoyer une bonne fois pour toutes les écuries d'augias que d'entretenir tous les jours sa maison de refaire tous les vingt ans le toit de restaurer tous les ans les murs les fenêtres de refaire tout le temps ce que le temps vient dé faire vous résister au temps et vous êtes des résistants vous résister aussi au risque de l'indifférence des hommes mais ce faisant la résistance que vous opposer au cycle même du temps est une résistance qui constitue en elle-même l'histoire constituer quelque chose qui demeure dit arendt s'est manifestée dans le monde la réalité de la liberté des hommes parce que le cycle du besoin nous attache à ce caractère cyclique de la consommation est dans une société de consommation où l'on produit pour consommer ou rien n'est fait pour durer dans une société de consommation l'homme ne peut pas avoir d'histoire l'homme est privé de liberté la vérité c'est que ce qui demeure dans le monde humain est toujours le signe que nous sommes capables de faire quelque chose qui s'arrache au monde du besoin et en s'arrachant aux besoins en s'arrachant au cercle éternelle du besoin de la consommation et de la production en rentrant dans la durée nous constituons des lignes droites qui marquent l'histoire des hommes nous entrons dans ses lignes droites qui témoigne du fait que les hommes ne sont pas arrivés au cercle éternelle du besoin il y à du possible il y à de la nouveauté il y a de la liberté c'est tout à fait étonnant d'ailleurs que jean michel aphatie dans ce dans cette même évocation disait au fond il faudrait raser versailles parce que à versailles en a trop de fascination pour la politique et on continue de croire que la politique peut changer le monde et c'est vrai versailles est un signe que l'homme peut changer le monde que le rêve d'un homme peut transformer l'histoire versailles est un signe comme tout demeure historique que le sens d'un homme peut marquer l'espace humain d'une façon indélébile que l'homme peut faire des lignes droites et qu'il n'est pas condamné à vivre le cycle éternel du besoins de la production et de la consommation et de la production pour consommer sans que rien ne dure et sans que rien ne demeure voilà ce qu'il y a peut-être dans la soif la plus absolue de l'homme dans la soif la plus décisive de l'homme le besoin de savoir que la liberté est possible le besoin de savoir que les rêves des hommes peuvent transformer l'espace humain grâce à la demeure historique hannah arendt écrit et nous pourrions reprendre ceci à notre profit grâce à la demeure historique pourrait-on dire nous parvenons à vivre dans la véritable patrie des hommes la patrie des choses qui durent la patrie des choses qui demeurent la patrie non mortelle d être mortelle grâce à la demeure historique l'homme peut vivre ce dont il a le plus besoin c'est à dire le pressentiment de l'éternité alors je voudrais vous dire encore une fois tout mon infinie reconnaissance pour faire vivre cette résistance que vous donné par votre effort aux hommes qui nous suivront aux plus jeunes dont je fais partie et qui peuvent se reconnaître dans cette révolte des hommes contre la fatalité du besoin contre la fatalité de la consommation contre la fatalité de la solitude de cette folie des hommes qui choisissent dans une forme de gratuité de continuer à faire durer pour préparer l'avenir ces témoignages du passé eh bien il me semble qu'il faut que je vous dise l'infini reconnaissance qu'elle doit mériter et que je ressens à cet instant et je voudrais terminer en vous citant cette dernière ait vocation dans une dernière évocation 7 cette petite phrase de simone veil dans l'enracinement qui dit encore une fois le l'absurdité qui consisterait à opposer l'avenir au passé voici ce qu'écrit simone veil et je conclurai par là l'avenir ne nous apporte rien ne nous donne rien c'est nous qui pour le construire devons tous lui donnez lui donner notre vie elle même mais pour donner il faut posséder et nous et nous ne possédons d'autres biens nous ne possédons d'autre vie que les trésors héritées du passé et recréée par nous de tous les besoins de l'âme humaine il n'en est pas de plus vital que le passé il n'en est pas de plus nécessaire donc que ce qui demeure historique merci infiniment votre attention [Applaudissements]