[DÉCOUVERTE] César : un rendez‑vous avec la mort | 04/10 · Trahi par ses amis
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Ni le ciel, ni la terre n'ont connu la paix cette nuit. Lui, ce n'était pas vaincre, c'était triompher. Moi-même, j'ai beau savoir qu'une de ces étoiles est la mienne. Pour secours ! Qui a crié ? On tue, c'est là ! On a assassiné, c'est là ! Pour sûr, c'est Calpurnie qui rêve encore. On me tue ! Il pense, comme d'autres grands hommes politiques ou grands conquérants de l'histoire universelle, qu'il est protégé, Napoléon aurait dit, par son étoile. Lui, il parlera plutôt de la fortuna, le destin, la fortune, et que donc, cette protection divine va lui assurer le succès.
J'ai eu aussi plaisir à trouver cette phrase-là de Shakespeare, où il met dans la bouche de Julio César et « Si mon nom me permettait la peur ». Les lâches meurent plusieurs fois avant leur mort. Le vaillant n'éprouve sa mort qu'une seule fois. De tous les prodiges dont j'ai oublié parler, il est pour moi bien étrange que les hommes aient peur. Car la mort est l'issue nécessaire, qui vient quand elle le décide. Jules César Julius Gaius Kaysar Un rendez-vous avec la mort Iter ad mortem Par Alfred de Montesquieu et François Test Suéton écrit que César excellait à manier les armes et les chevaux. Et il supportait la fatigue au-delà de ce qu'on peut croire.
Dans les marches, il précédait son armée, quelquefois à cheval, mais le plus souvent à pied, et la tête toujours nue, malgré le soleil ou la pluie. Il franchissait les plus longues distances avec une incroyable célérité, sans après, dans une voiture de louage. Et il faisait ainsi jusqu'à cent mille par jour. Si des fleuves l'arrêtaient, il les passait à la nage, ou sur des outres gonflées, et il lui arrivait souvent de devancer ses courriers. Épisode 4 Trahi par ses amis Avec Kaysar Moriturite salutante Christelle Brémont, vous êtes médiatrice culturelle pour la ville d'Arles. Alors, où nous trouvons-nous exactement ?
Alors, nous nous trouvons ici à l'amphithéâtre, dans l'amphithéâtre d'Arles, qui a été construit, lui, à la fin, au premier siècle après Jésus-Christ, et qui fait partie, on va dire, de la deuxième phase d'urbanisation de la cité arlésienne, de la colonie romaine d'Arles, et qui a été, donc, qui est considérée comme le plus monumental et le plus imposant des monuments d'Arles.
Ça veut dire quoi, une colonie romaine ?
Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que Jules César a demandé la création de cette colonie à son légat, Tibère, de fonder une colonie en 46 avant Jésus-Christ pour, en principe, les vétérans de la VIe Légion. On rapporte aussi qu'il aurait peut-être aussi voulu récompenser Arles, car au sein de la ville ont été conçus une douzaine de navires lors de son siège de Marseille, quand il a souhaité siéger Marseille. Et tous ces navires ont été fabriqués dans un temps record. Donc, il y a aussi cette idée-là qui est retenue de remercier, on va dire, cette cité qui était au préalable appelée Arelate.
Arelate, la ville prédémarrée, c'est le nom que lui avaient attribué les Celtes, parce qu'il y avait des Celtes, Celt-oligures, des Grecs. Et il semblerait aussi quelques Italiens, quelques Roumains qui étaient là avant la fondation de la colonie.
Fracus, un air plus entraînant. Christophe Badel, vous êtes professeur d'histoire romaine à Rennes, à l'Université de Rennes, biographe de César. J'aimerais que vous nous parliez du 30 août, 52 avant notre ère. César a 48 ans, nous sommes en Bourgogne. En quoi cette bataille, cette victoire d'Alésia, change la face de l'histoire ? Je dirais que la bataille d'Alésia, c'est plutôt qu'une grande victoire, ce serait plutôt le rattrapage, en fait, d'erreurs.
À savoir, elle n'aurait jamais dû avoir lieu parce que la révolte de la Gaule n'aurait jamais dû avoir lieu puisque depuis son arrivée en Gaule, César, au cours d'une petite dizaine d'années, a petit à petit soumis les peuples gaulois de façon progressive et autour de l'année 55, 54, il peut estimer qu'il a établi un protectorat solide en Gaule, ce qui explique les expéditions qu'il a faites au-delà du Rhin et en Bretagne.
Et du coup, il a minimisé ou ignoré les mouvements de mécontentement ou les premiers prodromes de révolte qui pouvaient déjà se dessiner et qui fait que dans les derniers mois de l'année 53 et début de l'année 52, alors là, en effet, la révolte explose, elle le prend au dépourvu. À ce moment-là, il est en Gaule dite transalpine où il prenait ses quartiers d'hiver et il est obligé de revenir en catastrophe pour écraser la révolte. Et on sait très bien que son premier mouvement pour essayer d'écraser la révolte l'amène à une défaite qui est celle de Jargovy.
Il est obligé de faire retraite et c'est l'erreur tactique de Vercingetorix pendant son mouvement de retraite qu'il attaque en effet en Bourgogne et César, là, le prend au dépourvu et renvert à la situation lors d'une bataille de cavalerie et il réussit à l'écraser qui, là encore, on peut dire que c'est un jeu de dés. En une bataille, il change les choses qui peut l'amener à enfermer Vercingetorix à Alésia et donc, du coup, à renverser le rapport de force. L'armée de César est née en effet sans doute à 150 000 hommes. Et d'un autre côté, alors, on donne des chiffres astronomiques sur l'armée gauloise, mais ils sont au moins le double.
Vercingetorix encerclé à l'intérieur avec, disons, peut-être 80 000 et l'armée de secours 200 000, 220 000. Vercingetorix avec lui autour de 70 000, 80 000 hommes, ce qui, évidemment, dans un espace assez réduit, pose un vrai problème pour la durée du siège. Et d'un autre côté, il y a, oui, peut-être au moins 300 000 qui viennent aider. Oui, on est à 300 000, voire peut-être, en intégrant en Vercingetorix, 400 000 soldats guerriers celtiques. Dans son fameux inquipide de la guerre des Gaules, César écrit que toute la Gaulle est divisée en trois parties.
L'une habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur propre langue, s'appellent Celtes et que nous appelons Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne et des Belges par la Marne et la Seine. Stéphanie Villeur, quel écrivain est César ? Comment vous, donc traductrice de la guerre des Gaules, comment vous définiriez le style de César et son objectif par l'écriture ? Le texte de César, la guerre des Gaules, la guerre civile, il est très complexe à définir d'un point de vue littéraire parce qu'il n'y en a pas deux comme lui, on pourrait dire.
Il faut d'abord savoir qu'il n'a pas écrit que ça, César. Il a aussi écrit un manuel de grammaire, il a écrit des discours contre Caton, il a écrit des poèmes sur le voyage. Donc c'est un lettré, il sait écrire, il aime écrire. Quand il écrit la guerre des Gaules, c'est quelque chose de particulier mais là aussi, le texte qui nous est parvenu, c'est un texte qui a été pour partie reconstitué. Comment vous définiriez, vous, le texte césarien ? Quelle est sa particularité ? Est-ce qu'il est amusant ? Est-ce qu'il est sec ? Comme on le dit, est-ce qu'il est chargé d'humour ? Au contraire, est-ce qu'il est militaire ?
Le texte césarien, il est très particulier parce que c'est César qui l'a écrit. Encore une fois, ça n'est pas une biographie, ça n'est pas un rapport militaire exactement non plus. Alors, il a une forme de sécheresse dans la mesure où c'est à la fois assez événementiel. L'esprit de l'ensemble, c'est comment il a pris les décisions, c'est l'art du concilium. Et donc, il va justifier par les faits, plus que par la psychologie ou par le calcul intérieur, il va justifier par les faits les choix qu'il a opérés. C'est-à-dire, c'est lui qui écrit l'histoire. C'est comme ça aussi que l'on a lu l'histoire de la guerre des Gaules et évidemment la guerre civile.
C'est-à-dire que c'est lui qui prend les rênes de l'histoire sous une apparence d'objectivité. Et de fait, on est dans une écriture qui n'est pas du tout subjective dans ses marques littéraires. Il ne dit pas je, il dit il, comme quelqu'un qui ferait un compte-rendu même s'il le prend à sa charge en tant qu'auteur. Donc, de ce point de vue-là, ce détachement entre César auteur, César narrateur et César personnage, on a trois Césars qui se rejoignent, effectivement, ce détachement donne une apparence de relative sécheresse, d'objectivité, on va dire, un peu distanciée qui manque de liant, on va dire.
Ça, ce sont trois livres dont mon père se servait quotidiennement et ce sont réellement les livres, enfin, c'est ses livres, quoi, j'ai pas... Donc ça, ce sont ses livres physiquement. Ce sont ses livres, je ne les ai pas rachetés, c'est vraiment ses livres. Alors, vous avez La guerre des Gaules, évidemment, de César, présenté par Régine Pernoud, c'est un livre de poche, 1961. D'accord. Et le premier Astérix est publié en album en 1961. La naissance d'Astérix est 59 dans le journal pilote. Il l'a beaucoup lu, il y a des pages sur la Bretagne, notamment, là, on tombe... L'intérieur de la Bretagne est peuplé d'habitants qui se disent en vertu d'une tradition orale autochtone.
Là, on est vraiment dans Astérix. Sur la côte vivent des peuplades qui étaient venus de Belgique pour piller et faire la guerre. Voilà. C'est incroyable comme toute la Gaules est soumise sauf un petit village. Exactement. Ensuite, je sais que ce livre-là, il s'en est beaucoup, beaucoup, beaucoup servi. Il s'agit de La vie quotidienne à Rome de Jérôme Carcopino chez Hachette. Et ça, je sais que c'était sa Bible. On voit qu'il a découpé les pages. Donc, Jérôme Carcopino, très grand spécialiste de César, tombé quand même très fortement en disgrâce après la guerre parce qu'il avait été collabo. mais grand, grand spécialiste français de César et de Cicéron aussi qu'il n'aimait pas.
Il appartient quand même à une génération, j'imagine, qui a quand même beaucoup étudié le latin et peut-être que, enfin, certaines des blagues dans l'Astérix sont des blagues qu'on comprend quand on a soi-même un substrat de culture latine. Alors, pas du tout. Vous faites complètement fausse route. Il n'a jamais fait de latin et toutes les citations latines dont ses textes sont émaillés viennent exclusivement des pages roses du petit Larousse. Alors, j'aurais pu aujourd'hui vous apporter son petit Larousse qui est un objet qui tombe en miette là maintenant, mais les fameuses pages roses où il y a toutes les citations.
Il a fait de César un personnage dont il a besoin pour alimenter le comique de ses albums. César, c'est à la fois l'ennemi, on résiste, et à la fois quelqu'un qu'on respecte infiniment. Il y a quelque chose de très intéressant dans Astérix, César n'est jamais ridicule. Il n'est jamais ridiculisé. Il est Jules César. Oh, César ! Immortel empereur ! Tu peux être heureux pour les cérémonies de ton triomphe. Les cadeaux arrivent de toutes les provinces de l'Empire. Nous commencerons le spectacle avec les esclaves venus en signe de soumission célébrer ta gloire. Cahiers Soptis, je veux une fête magnifique. une fête digne de ma réussite. Donc, la plus belle fête du monde, grand César !
Est-ce que les historiens, les chercheurs, les latinistes vous expriment parfois, en votre nom mais pour parler à votre père, leur gratitude envers Astérix ? Est-ce que c'est quelque chose qui vous arrive fréquemment ? Il y a deux choses qui arrivent. Il y a soit les gens qui pointent toutes les erreurs, soit dans le dessin d'Uderzo parce que les gourdes n'étaient pas comme ça, les glaives ne se portaient pas comme ça, etc. Soit dans les textes de mon père en disant ça, ce n'était pas possible, les anachronismes. À ces gens, il faut expliquer que tout ça, c'est de l'humour et que les anachronismes, en général, ça fait rire.
Mon père et Albert Uderzo n'étaient pas des historiens, c'étaient des humoristes. Alors, Caius, comment va mon triomphe ? Le colisée sera terminé au jour prévu, César. Mais le spectacle ? Oh, le spectacle. Nous lâcherons dix mille pigeons avant que tu ne donnes le départ de la course de char où s'affronteront les plus beaux équipages. C'est après qu'arriveront les gladiateurs. Anne Goscinny, est-ce que vous pensez que votre père, en scénarisant Astérix et César, a aussi utilisé non pas César, mais les Romains, l'occupant, le légionnaire romain, comme une espèce de métaphore pour soigner par le rire les blétures de l'occupation française même pas vingt ans plus tôt ?
Je ne sais même pas si on peut parler de métaphore puisque si vous regardez la première case de la première planche du premier album qui est Astérix-le-Gaulois, vous voyez juste les jambes des Romains qui défilent. Et quand on prend le manuscrit de mon père et les indications qu'il donne à Albert Uderzo puisque la feuille est partagée en deux, à droite les dialogues qui sont donc dans les bulles et à gauche la description destinée à Albert Uderzo. Et il écrit Albert, tu dessineras les Romains comme on voyait les Allemands dans les actualités entrant dans Paris. Défilé au Palouas sur Paris, exactement. Donc, ce n'est même pas une métaphore là, c'est tout à fait explicite.
Je m'appelle Jules Schimfling, je suis créateur de contenu et entrepreneur. Depuis 5 ans, je partage sur les réseaux sociaux des recommandations culturelles et notamment de lecture sur un compte qui s'appelle Jules comme César et qui réunit à peu près 500 000 personnes. Mon premier souvenir de César vient de Astérix, comme beaucoup de Français j'imagine. Je trouve que la figure de César est très ambivalente. on ne peut pas la réduire ni à du positif ni à du négatif. Pour autant, si César vivait aujourd'hui, je pense qu'il serait vilipendé plus largement qu'il ne serait loué.
On le voit avec les figures autoritaires de Vladimir Poutine, de Donald Trump qui sont des mégalomanes qui s'installent au pouvoir pour des décennies. Je pense que César aurait mauvaise presse très largement mais qu'en même temps, sa proximité avec le peuple avec l'armée, avec la plèbe puisque c'est toujours le parti qu'il a choisi depuis Marius jusqu'à son exercice du pouvoir. Je pense qu'il aurait une proximité un peu populiste qu'on appellerait populiste aujourd'hui mais qui lui garantirait l'appréciation si ce n'est des élites plutôt du grand public. Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains. Toute ? Non !
Un village peuplé d'irréductibles gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorom, Aquarium, Lodanum et Petit Bonhomme. Pour moi, il y a deux éléments principaux qui rapprochent César des influenceurs aujourd'hui. Le premier, c'est qu'il fait de sa vie privée un instrument de son progrès professionnel. Alors, chez César, ça passe beaucoup par la séduction des femmes et ses mariages. C'est d'abord en épousant la fille de Sina, puis son aventure bien connue avec Cléopâtre. Ça, c'est des instruments de sa progression de sa carrière politique et militaire.
Aujourd'hui, les influenceurs font également appel à leur vie privée, dévoilent leur intimité pour progresser, pour vendre parce que c'est ce qui crée de la proximité. C'est ce que les marques achètent. Alors, là où il y a une forme de différence, c'est que les créateurs de contenu sont très sensibles à l'image qu'ils renvoient. Là où César a pu jouer bien plus finement sur, y compris les scandales. Le deuxième élément qui rapproche César des influenceurs, c'est la proximité avec la population qui le porte.
César, c'est quelqu'un qui a passé sa vie à porter des lois favorables à la plèbe, notamment sur les réformes agraires, parfois, évidemment, les instrumentalisant à ses propres fins, mais il a été extrêmement proche de la plèbe au sens historique du terme. Il a été très proche de ses armées, ses biographes, l'où, l'endurance physique, le fait qu'il se mettait pas en avant, c'est pas lui qui allait prendre le meilleur lit dans l'auberge quand il y avait un malade, c'est lui qui prenait le lit et si besoin, pendant la guerre des Gaules, il dormait sous l'auvent en extérieur. Et ça, c'est quelque chose que les influenceurs aujourd'hui partagent la proximité du mode de vie avec leur communauté.
la proximité avec leur communauté. César va prendre personnellement les choses en main. Le sort en est jeté. Allez, Ajacta Est. Pardon. Ma gueule ! Laissez-moi ! Christophe Badel, on peut dire certes qu'Alesia est une immense bataille, mais est-ce que ce n'est pas aussi le nœud du complot d'une certaine manière ? Il faut dire que c'est une bataille très particulière. En fait, c'est un siège. Je veux dire, c'est pas une bataille en pleine rangée comme Farsal. C'est en fait un siège et de fait, l'assiégeant va se trouver coincé entre les gens qui l'assiègent et l'armée de secours.
L'armée de secours envoyée par les Gaulois et il pense s'en tirer en ayant établi des fortifications des deux côtés, côté Alésia et côté extérieur vers l'armée de secours. Et au cours des, disons, trois jours essentiels que dure la bataille, César et ses soldats vont courir d'une palisselle à l'autre, si je puis dire, pour posséder les assos gaulois. Il est vrai qu'à un moment donné, c'est le deuxième jour, les troupes gauloises manquent de percer et de faire la jonction avec Farsal qui lui-même est sortie et a descendu les pentes de la forteresse d'Alésia, l'Hopidum, comme on dit, pour faire sa jonction avec les assiégeants.
Et en l'occurrence, César doit autant le succès à lui-même qu'à la valeur de ses lieutenants. La Biennus est là, la Biennus est là, Antoine est là et c'est lui qui va en effet diriger une charge de cavalerie, un cavalier germanique qui va à un moment donné permettre de renverser l'issue de la bataille. Et vous avez les grands généraux de la guerre des Gaules, Decimus Brutus, en effet, Trébonius, qui sont présents aussi, qui sont des sénateurs romains qui auparavant n'ont pas de grande carrière.
C'est des gens qui font tous en fait, à part la Biennus, qui a eu une carrière de Trimain de la Plèbe avant la guerre des Gaules, sont tous des gens qui se forment aux côtés de César, sont ces lieutenants de très grande valeur, que César Mans sort dans la guerre des Gaules, parfois sûrement en diminuant leur mérite. Il y en parle surtout quand ils font des opérations indépendantes des siennes, qui les envoient en expédition ou théâtre d'opération, et qui, pour beaucoup, vont se retourner contre lui et vont être parmi ses assassins.
devant toi, Versa Géthorix, fils de Celtile, chef de la tribu des Arvernes, commandant de la place forte d'Alessia, roi de tous les Gaulois, quel sort vas-tu lui réserver ? Marie-Claire Ferriès, vos recherches prosopographiques vous font explorer notamment la position des seconds rôles dans la conjuration des îles de Mars. Qui sont-ils ces seconds rôles ? Sont-ils des simples exécutants ? Sont-ils des figures centrales mal prises en compte par les sources ? Les seconds rôles de la conjuration, c'est-à-dire ceux qui sont derrière Brutus et Cassius, sont des personnages de rangs tout à fait différents les uns des autres.
Si l'on parle de ceux que l'on connaît bien, Caius Trebonius, Decimus Junius Brutus, ce sont des personnages de premier plan. Loin d'être des exécutants, ils présentent un grand soutien pour les conjurés puisqu'ils ont des armées, ils ont des provinces qu'ils ont héritées des décisions de César. Qui est le Caius Trebonius, par exemple ? Quel est son rang, son parcours, son rôle dans la vie de César ? Marie-Claire Ferriès. Caius Trebonius est au départ un sénateur romain qui a été tribun de la plèbe en 1955, qui a fait passer une loi donnant des pouvoirs exceptionnels à Crassus et à Pompée. Il a rejoint César en Gaule et c'est à partir de ce moment-là qu'il lit sa destinée à César.
Pourquoi, selon vous, quelqu'un aussi important que Trebonius décide de trahir ? D'après Cicéron, la réponse est claire, c'est du patriotisme. Le même patriotisme que l'on a pu trouver plus tôt avec la Biennus. D'après Sénèque, c'est la frustration de leurs ambitions, le fait que César jouait de rivalité entre ses principaux lieutenants. Dans le cas de Trebonius, le patriotisme semble être la principale raison car Trebonius n'était en rien frustré dans ses ambitions. Pourquoi est-ce que les principaux lieutenants vont basculer vers le meurtre, Barry Strauss ? Qu'est-ce qui a changé dans leur relation à César ? Il faut vraiment intégrer une chose. César lui-même a changé.
À Rome, en 45-44 avant notre ère, il se lance dans une série d'initiatives qui troublent profondément beaucoup de Romains. Nous savons que Trebonius, contrairement à Decimus d'ailleurs, avait étudié la philosophie. On peut imaginer que pour Trebonius, la question de principe, ce que César était en train de faire à la République, comptait encore plus que pour Decimus. Mais même pour Decimus, se pose aussi la question de son propre destin. Qu'est-ce qui va m'arriver dans la nouvelle Rome dominée par César ? Beaucoup de Romains ont le sentiment que César ruine leur perspective professionnelle, si l'on peut dire. mais pas seulement.
La République n'était pas qu'un système de pouvoir, c'était une manière d'exister, un système de principes auquel on adhérait. Et César est en train de saper ces principes. Donc, les Romains le voient à la fois comme un danger pour leurs intérêts et pour leur vision du monde. Bonjour, je cherche des livres sur Jules César. Qu'est-ce que vous avez à nous montrer dans cette belle librairie ? J'ai un certain nombre de livres, de biographies ou d'ouvrages de Jules César parce que c'est aussi un grand écrivain qui a beaucoup écrit et c'est un personnage qui est très important effectivement. Donc, ils sont plutôt de l'autre côté, du côté de l'histoire romaine et l'histoire grecque. par ici.
Donc, voilà, des biographies de César. Là, je n'ai plus celle de Christen Meilleur mais j'ai celle de Jérôme Carcopino. Un ouvrage très intéressant tout en haut qui est une nouvelle traduction des guerres de César. Donc, à la fois la guerre des Gôles et les guerres civiles. Donc ça, c'est une traduction qui a été refaite par une équipe du CNRS il y a quelques années publiée aux Belles Lettres et qui débroussaille un peu le texte de César qui a été quand même traduit de multiples fois depuis 2000 ans pour retrouver un peu la prose de César qui est très brillante en fait et qui est vraiment un grand écrivain aussi.
Ça tombe bien, c'est Stéphanie Villeur qu'on a interviewé hier pour cette grande traversée sur Jules César. Comment vous est venue l'idée d'appeler votre librairie De Natura Rerum Nicolas Delavergne ? Alors, De Natura Rerum c'est venu parce qu'on cherchait une locution latine en fait. On cherchait un nom et puis les trucs un peu classiques comme Carpe Diem comme Alléa Jacta Est tout ça, c'est déjà pris quoi. Enfin, il y a déjà un salon de beauté qui s'appelle comme ça il y a déjà des choses comme ça ici.
Surtout ici où en fait il faut quand même dire Arles c'est quand même le lieu où créer cette librairie puisque c'est une ville romaine c'est une ville très importante à l'époque romaine notamment à partir de César mais c'est aussi le carrefour commercial culturel de toute la Gaule du Sud et De Natura Rerum c'est le titre d'un des plus célèbres ouvrages de l'Antiquité du 1er siècle avant notre ère Lucrèce c'est un poète et un philosophe et ça veut dire de la nature des choses De Natura Rerum et ça nous a intéressé parce que c'est à la fois sur le contenu c'est un grand poème épique et philosophique qui est épicurien qui est matérialiste qui est atomiste aussi donc c'est vraiment un très beau texte qui est à la fois de physique et de philosophie morale et en même temps il s'est devenu un classique dès qu'il a été rendu public dès qu'il a été dit à l'époque pour Mémius et donc du coup il s'est devenu une des bases de l'enseignement aussi dans toutes les écoles à Rome et dans le monde romain et ça reste aujourd'hui un texte passionnant à lire avec des morceaux qui sont très connus qui sont étudiés à peu près enfin qui étaient en tout cas étudiés par beaucoup de gens qui faisaient du latin ou du grec avant les gradins forment la cavea en contrebas l'orchestra sépare la cavea du bâtiment de scène Christelle Brémont vous travaillez au patrimoine pour la commune la ville d'Arles et en Provence il ne pleut jamais c'est toujours beau c'est ça sauf aujourd'hui est-ce que vous pouvez nous décrire ce magnifique bâtiment que nous voyons sous une fine pluie provençale
nous sommes dans la cavea les gradins au sein des gradins de l'amphithéâtre qui a été créé au premier siècle de notre ère au nord-est de la cité là le couloir où nous nous trouvons précisément s'appelle un vomitoire qui était emprunté par les populations et par les visiteurs quand ils venaient découvrir les jeux les vomitoires ça voulait dire sortir expressément expulser rapidement donc ça pouvait servir de sortie mais quand il y avait besoin soit d'ici de secours ou simplement ça permettait d'accéder de manière rapide au gradin ou d'en sortir
c'est un bâtiment immense c'est une structure immense combien de gens pouvaient assister à un spectacle de gladiateurs ou à un combat de fauves ou à une chasse ici
on comptait on avait une jauge de 20 000 personnes quand même 20 000 spectateurs à l'époque 10 000 spectateurs plutôt à ce jour et donc les spectateurs étaient organisés en mahenyana mahenyanae c'était les gradins les types de gradins les tribunes et c'était organisé en suivant une hiérarchie sociale voilà tout était organisé pour éviter que les classes sociales ne se croisent et au plus on montait en fait dans la Kawea au plus on descendait entre guillemets dans les classes sociales avec en haut c'était plus la population les esclaves et les femmes aussi qui étaient en haut avec ces personnes
alors il n'y avait pas un chat dans ces arènes il pleuvait maintenant la pluie a cessé le soleil est revenu sur la Provence et il y a un groupe scolaire et il suffit d'une quinzaine de gamins de primaires pour remplir les arènes d'Arles d'une acoustique très vivante c'était Jules César un rendez-vous avec la mort merci à Christine Brémeau Christophe Badel Stéphanie Willer Anne Gostini Jules Stimfling Marie-Claire Ferriès Nicolas Delaverne et Barry Strauss extrait de la série Rome produite par HBO extrait de Mission Cléopâtre réalisé par Alain Chabat Astérix et la surprise de César réalisé par Paul et Gaëtan Brizzi extrait de Suéton et de la guerre des Gaules de Jules César lu par Olivier Balazuc avec également la voix de Thierry Beauchamp prise de son studio Pierrick Charles Jason Taous et Eric Boisset Coordination Christine Bernard Conseiller éditorial Emmanuel Laurentin Un documentaire d'Alfred de Montesquieu réalisé par François Test A suivre l'épisode 5 Brutus Tuer le père