L'invité d'Apolline Matin : Gaz, faut-il craindre une pénurie cet hiver ? - 02/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on pourra mettre le chauffage cet hiver ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Pourrons-nous nous chauffer cet hiver ? Même s'il fait très froid ?
- 1:11FerméeRéponse directe
On est à 71% de taux de remplissage ?
- 1:36RelanceRéponse directe
Et pourquoi pas 100% ? Vous n'espérez même pas 100% ?
- 2:06OuverteRéponse directe
Alors on est rassuré, on aura du gaz, mais on va le payer combien ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Qui le paye ? C'est-à-dire, pour l'instant, ces cuves, quand elles sont remplies, qui le payent ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43InvitéFait
« On stocke du gaz dans nos sous-sols pour être sûr d'en avoir suffisamment pendant l'hiver. »
- 0:53InvitéChiffre
« On était à 59% de remplissage. »
- 1:04InvitéChiffre
« On est aujourd'hui à 71% et on sait qu'il faut atteindre en gros 85% pour être bien. »
- 2:30InvitéChiffre
« On produit 5% du gaz qu'on utilise en France, c'est du biogaz par la méthanisation agricole, et les 95% restants, on les importe. »
- 2:49InvitéChiffre
« Le prix repère pour le mois de septembre, on l'a annoncé, il a augmenté de 5,6% par rapport au mois d'août. »
- 3:26InvitéChiffre
« Le gaz qui était autour de 30 euros du mégawatt-heure avant la crise, il est maintenant supérieur à 60. »
- 4:21InvitéFait
« En 2022, on a eu une augmentation très très forte des prix de l'électricité, à la fois à cause de la crise gazière internationale, mais surtout parce que EDF a eu ses difficultés sur son parc nucléaire. »
- 5:19InvitéChiffre
« On a fixé le tarif réglementé de l'électricité au 1er août dernier, avec une augmentation qui n'était pas liée au prix de l'électricité, mais juste au réseau pour 2,5%. »
Temps de parole
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Vous écoutez RMC. Est-ce qu'on pourra mettre le chauffage cet hiver ? La question, elle se pose désormais avec le retour des tensions au Moyen-Orient. 95 dollars pour le prix du baril de pétrole en hausse de 4% en simplement 24 heures. Les prix du gaz européen s'envolent aussi pour atteindre des sommets, un sommet jamais connu depuis 3 ans. Emmanuel Wargon, vous présidez la commission de régulation de l'énergie. Bonjour. Pourrons-nous nous chauffer cet hiver ? Même s'il fait très froid ?
Bonjour Apolline. Sur la partie approvisionnement, c'est-à-dire est-ce qu'on va avoir du gaz ? On est évidemment toujours vigilant, on suit ça très près. Mais les derniers chiffres sont relativement rassurants. Vous savez, on stocke du gaz dans nos sous-sols pour être sûr d'en avoir suffisamment pendant l'hiver. Les stockages qui étaient relativement bas, puisqu'en fait les entreprises avaient un peu tardé à faire les stocks, ça va mieux. On était à 59% de remplissage. Des cuves ? Voilà, c'est même pas des cuves, c'est des énormes qualités dans les sous-sols. Donc 59% au 1er août. On est aujourd'hui à 71% et on sait qu'il faut atteindre en gros 85% pour être bien.
Au moment où l'on se parle, on est à 71% de taux de remplissage ?
Au moment où on se parle, à Pauline, on est à 71,3% de remplissage de nos stockages. Et donc l'objectif... Pour être serein, il faut combien ? L'objectif, c'est 85%. Avant l'entrée dans l'hiver ? Voilà, au moment de l'entrée dans l'hiver, tous les stockages ont été souscrits par les entreprises qui se sont engagées à les remplir. Et donc on est assez confiants sur le fait qu'on arrivera... Et pourquoi pas 100% ? Vous n'espérez même pas 100% ? 100%, c'est un peu un maximum théorique. 85%, c'est déjà très bien. Sachant qu'en fait, pour le gaz, on ne dépend pas que des stockages. On a aussi du gaz qui arrive par des grosses canalisations, typiquement de Norvège comme exemple.
Et on a aussi du gaz liquéfié qui arrive par nos terminaux métaniers. On a quatre terminaux métaniers en France. Et donc l'approvisionnement du marché français, il n'est pas fait qu'en utilisant les stocks. Il est aussi fait avec les bateaux qui arrivent tous les jours.
Emmanuel ? Alors on est rassuré, on aura du gaz, mais on va le payer combien ?
Ça, c'est la deuxième question, bien sûr. Mais la première question qui est, est-ce qu'on aura du gaz ? Donc il y a la question sur la disponibilité, il n'y aura pas de pénurie,
on ne va pas se retrouver effectivement sans gaz, mais Emmanuel Lechypre a raison. À quel prix ?
Alors sur la partie prix du gaz, le gaz, comme vous le savez, c'est ce que je disais, on l'importe. On produit 5% du gaz qu'on utilise en France, c'est du biogaz par la méthanisation agricole, et les 95% restants, on les importe. Donc on est complètement dépendant des marchés internationaux. Et c'est vrai qu'avec tout ce qui se passe, la guerre en Iran, forcément, ça fait monter les prix du gaz. On calcule un prix repère tous les mois. Donc le prix repère pour le mois de septembre, on l'a annoncé, il a augmenté de 5,6%. Par rapport au mois d'août, c'est tous les mois.
Et donc évidemment, on est plutôt dans une tendance dans laquelle on constate des prix du gaz qui sont plus élevés que dans la période précédente. Qui le paye ?
C'est-à-dire, pour l'instant, ces cuves, quand elles sont remplies, qui le payent ?
Ce sont les particuliers à la fin ? Les particuliers, ils ont un contrat avec un fournisseur de gaz, ce fournisseur de gaz leur apporte le gaz, et dans le prix d'acheminement, il y a le coût d'achat du gaz lui-même et le stockage est répercuté là-dedans. Ce n'est pas le prix du stockage qui est important, c'est vraiment le coût d'achat sur les marchés. Et celui-là, le gaz qui était autour de 30 euros du mégawatt-heure avant la crise, il est maintenant supérieur à 60. Donc on a fait fois deux ? Sur la partie gaz, pas sur la partie facture, heureusement, puisque dans une facture... Mais à un moment ou à un autre, il faudrait bien que quelqu'un paye ce fois deux ?
Une facture de gaz, Apolline, c'est comme l'électricité, c'est trois tiers. Un tiers sur les réseaux. Alors les réseaux ne s'augmentent pas du tout à cette vitesse-là, c'est même relativement stable. Une partie sur le gaz lui-même qu'on vous apporte, et puis la partie fiscale. Donc quand la partie gaz lui-même augmente très fort, ça ne fait qu'un tiers de la facture qui augmente très fort.
Ça ne fait qu'un tiers de la facture. Arthur ? Et justement, on a un auditeur qui a une question qui, à mon avis, beaucoup de gens se posent. Manu, vous l'avez dit, la répercussion sur les prix de l'électricité. Est-ce qu'à cause du marché européen de l'électricité, les prix pourraient augmenter en France ? Comme ça a pu se produire ?
C'est une bonne question. En 2022, on a eu une augmentation très très forte des prix de l'électricité, à la fois à cause de la crise gazière internationale, mais surtout parce que EDF a eu ses difficultés sur son parc nucléaire. Donc on ne produisait pas suffisamment d'électricité, donc on était obligé d'importer beaucoup d'électricité en provenance de nos voisins, par les interconnexions, et ça, ça coûtait cher.
Ça coûtait cher parce que le prix du gaz fixe, en fait, c'était la dernière centrale qui était appelée, qui fixait le prix de l'électricité, et c'était des centrales au gaz très chères.
Quand on importe, on importe en général de l'électricité qui est fabriquée au gaz ailleurs. Aujourd'hui, on a une bonne disponibilité de nos moyens de production. C'est vrai du nucléaire, c'est vrai de l'hydraulique, c'est vrai des énergies renouvelables. On a quand même besoin d'un peu de gaz pour faire de l'électricité en hiver, donc nos prix ont augmenté un peu en électricité. Aussi en France, ils ont augmenté moins que dans le reste de l'Europe, et ils restent beaucoup plus bas que dans le reste de l'Europe. Et puis les tarifs réglementés, vous savez, la Creux les fixe tous les six mois.
On a fixé le tarif réglementé de l'électricité au 1er août dernier, avec une augmentation qui n'était pas liée au prix de l'électricité, mais juste au réseau pour 2,5%. La prochaine échéance, c'est février. Et à cette échéance-là, on fixe cette électricité sur la base des prix lissés sur deux ans. Et donc comme on a eu 2025 et tout le début de 2026, c'est-à-dire qu'il s'est bien passé, ça va énormément amortir ce qu'on voit sur les marchés.
Quand vous dites la Creux, c'est la commission de régulation de l'énergie que vous présidez, Emmanuel Margon. On vient de parler effectivement du gaz, de l'électricité, et puis évidemment, il y a la question du pétrole et de l'essence et du fioul. Raphaël nous appelle de la Loire. Vous êtes à Firmini, cuisinier. Bonjour Raphaël. Vous vous chauffez au fioul, je crois. Est-ce que votre cuve est pleine ? Est-ce que vous redoutez ?
Absolument pas, elle n'est pas pleine. Je crois que c'est la première année où on ne l'a fait pas remplir en été en regardant ce qui se passe. Vous attendez ? Bien sûr, on attend. Forcément, les prix... On a seulement sondé un peu les prix à droite, à gauche, mais c'est horrible au niveau des tarifs. Regardez, hier j'ai fait le plein pour ne serait-ce qu'aller au boulot. Attention, j'utilise la voiture uniquement pour le boulot. C'est 80 euros la pompe. Là, pour chauffer, on va se demander comment on fait. Sachant quand même, on a regardé grâce à l'ANA, etc., les possibilités de changer.
Je veux dire, parce que c'est bien beau de dire on est au fioul, on est tout de suite montré du doigt en disant vous polluez, vous polluez. Il faut savoir qu'il y a trois ans, quand on a fait une demande, on nous proposait, la seule chose qu'on nous proposait par l'ANA, c'était le gaz. Vous avez pris du gaz ?
Oui, comme alternative.
Voilà, les alternatives sont...
Donc vous vous sentez coincé, vous vous sentez coincé, Raphaël ?
Exactement. De toute façon, ça va être toujours pareil. Pour ceux qui travaillent comme moi, les choix vont être vite faits. C'est-à-dire qu'on va encore rogner sur les plaisirs. On n'a pas le choix que d'utiliser son véhicule et de se chauffer l'hiver. Et ça va être deux postes de dépense
qui vont vous contraindre énormément. Je voudrais que vous puissiez répondre, Emmanuel Vargon, sur cette question du prix du fioul.
Alors, sur le fioul et sur le pétrole, la commission de régulation de l'énergie, on n'est pas du tout compétent. Donc après, on regarde comme citoyen, bien sûr, ce qui se passe, mais ce n'est pas de notre côté. Sur la partie chauffage, c'est vrai que cette augmentation du gaz, elle va forcément se répercuter, pas dans le niveau dans lequel c'est sur les marchés de gros, mais elle va se répercuter un petit peu. Donc c'est ce que monsieur disait, c'est vraiment aller voir ce qu'il peut y avoir comme aide pour trouver des alternatives, notamment sur les pompes à chaleur.
Et attention, vous dites qu'on n'est pas compétent sur ces trucs-là. Il faut aussi préciser une chose. Visiblement, il y a beaucoup de démarchages téléphoniques qui se font au nom de la creux, soi-disant.
Absolument. Je voudrais vraiment lancer un appel aux auditeurs qui nous écoutent. Il y a des arnaques maintenant, des gens qui font ce qu'on appelle l'usurpation d'identité. C'est-à-dire, ils vont vous appeler ou vous envoyer un mail en disant, voilà, je suis monsieur machin et je travaille à la commission de régulation de l'énergie. Alors nous, on ne fait jamais de démarchage, encore moins pour proposer des aides et encore moins pour demander de l'argent après un système dans lequel on vous appâte et on vous dit, vous allez gagner de l'argent.
Donc si ça vous arrive, vous raccrochez et si vous avez encore cinq minutes, vous nous faites un tout petit mail pour nous donner le numéro qui vous a appelé. Comme ça, nous, on peut faire les enquêtes
avec la répression des fraudes, etc. C'est dit. Merci beaucoup, Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, la commission de régulation de l'énergie. Et merci à Raphaël pour son témoignage.