Gabriel Attal : "On veut permettre aux Français de dépenser moins et gagner plus"
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Et avec Yael Gauze, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre délégué au compte public, questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Et bienvenue dans ce studio. On va évidemment détailler avec vous le paquet pouvoir d'achat qui doit être présenté à l'Assemblée courant juillet. Mais quelques questions d'abord sur la situation économique de la France et de ses comptes publics. Déficit à 5%, dette 112% du PIB. La cote d'alerte est atteinte, dit Bruno Le Maire. Le patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, va plus loin et dit carrément que la cote d'alerte est dépassée.
Alors comment qualifiez-vous ce matin l'état des comptes publics de la France ? Ils sont dans le rouge, le rouge vif ou carrément dans le noir ?
Moi je pense que la formule de Bruno Le Maire était la bonne. Mais d'abord dans les chiffres qu'on a communiqués ce matin avec Bruno Le Maire, on voit une chose, c'est que notre économie résiste. Qu'on a un taux de croissance pour 2022 qui est prévu à 2,5%, ce qui est assez nettement supérieur par exemple à ce que prévoient nos voisins allemands. Parce qu'on a une économie qui est repartie très fort, parce qu'on a fait des choix, parce qu'on a investi massivement pour soutenir notre économie et l'emploi dans notre pays. Ça nous a amené à dépenser beaucoup d'argent, notamment au moment du quoi qu'il en coûte.
Et depuis le quoi qu'il en coûte, on remet progressivement notre pays sur les rails de la réduction des déficits. Pourquoi est-ce que la cote d'alerte est atteinte ? Parce qu'on a changé de monde avec l'augmentation des taux. Vous savez que ça nous coûte plus cher aujourd'hui d'emprunter de l'argent. Les taux ont augmenté. Et donc très concrètement, ça veut dire que cette année par exemple, c'est 17 milliards d'euros en plus pour financer nos emprunts. Mais ça c'est une épée de Damoclès. C'est quasiment deux fois le budget du ministère de la Justice cette année, si je prends un exemple concret pour ceux qui nous écoutent.
Mais ça vous ne le maîtrisez pas. Ça vous ne pouvez pas le maîtriser, les taux d'intérêt.
Non, et par ailleurs, il y a une partie de notre dette qui est indexée sur l'inflation. Et donc quand l'inflation augmente, effectivement le coût de notre dette et le coût de nos emprunts augmentent. C'est pour ça qu'il faut continuer à remettre de l'ordre dans nos comptes. C'est un enjeu aussi d'indépendance pour notre pays. Un pays qui ne tient pas ses comptes n'est pas un pays libre. Parce qu'on dépend de marchés financiers et parce que le jour où une crise survient, on n'est plus en capacité d'emprunter. Mais alors qu'on comprenne bien Gabriel Attal.
Juste pour terminer là-dessus, si on a pu au moment du Covid faire le quoi qu'il en coûte, en empruntant de l'argent pour soutenir nos entreprises, pour soutenir les emplois des Français, c'est aussi parce qu'au début du précédent quinquennat, on avait remis nos comptes en ordre. On était revenus sous les 3% de déficit en 2018, ce n'était pas arrivé je crois depuis 15 ans. On avait sorti la France de la procédure pour déficit excessif à Bruxelles, là aussi ça faisait des années que ce n'était pas arrivé. Et donc on a pu subvenir aux besoins des entreprises et des Français avec le quoi qu'il en coûte. Il faut, et c'est ce que nous faisons, remettre de l'ordre dans nos comptes aujourd'hui.
Encore une fois, c'est un enjeu d'indépendance. Et c'est aussi un enjeu d'être capable de réagir si une crise venait à survenir.
Et on a envie de savoir comment ? Parce qu'entre l'inflation aujourd'hui, la croissance qui va ralentir, les dépenses nouvelles, les fonctionnaires qui sont augmentés, où vous trouvez l'argent, les recettes ou les économies l'année prochaine ?
La première source de recettes et donc de financement pour nos mesures de protection, pour le pouvoir d'achat des Français, c'est l'activité économique. On a mis en place des réformes ces cinq dernières années pour permettre à nos entreprises d'investir, d'embaucher et permettre aux Français de consommer. Qu'est-ce que ça fait ? Ça fait qu'on a le taux de chômage le plus bas depuis 15 ans. Et quand vous avez un taux de chômage qui est bas, qui continue à baisser, vous dépensez moins en assurance chômage, et vous avez des recettes fiscales et sociales. Plus il y a de Français qui travaillent, plus vous avez de recettes qui vous permettent de financer la protection des Français.
C'est une cagnotte ? Non, ce n'est pas une cagnotte. Qu'est-ce que c'est alors ? 50 milliards d'euros budgaires. Avec 5% de déficit, on ne peut pas parler de cagnotte, mais on a cette année 55 milliards d'euros de recettes, en plus de ce qui était prévu, qui ont été dégagées grâce à l'activité économique. C'est la bonne surprise. Et qui vont nous permettre de continuer à prendre des mesures pour protéger le pouvoir d'achat des Français, sans dégrader nos prévisions de déficit, en restant à 5%.
Comme le disait Dominique Seux tout à l'heure, c'est un effet de traîne post-Covid. Pas simplement.
Vous avez une partie de ces 55 milliards, autour de 30 milliards, qui est liée à l'activité économique de l'an dernier et de la fin de l'année dernière. Vous avez 25 milliards supplémentaires qui sont liés à l'activité économique cette année. On constate chaque mois... Et c'est pérenne jusqu'en 2027, ça ? C'est pérenne tant qu'on a une activité économique qui continue à se déployer. C'est pour ça qu'on veut continuer à agir pour nos entreprises, pour l'emploi des Français, pour garantir aussi leur capacité à consommer, parce que c'est aussi de l'activité économique.
Et donc les choix qu'on va être amenés à faire sur le pouvoir d'achat des Français, sur l'activité économique, ils sont aussi centraux dans cette capacité à continuer à avoir une activité économique qui se développe, et donc des ressources pour financer la protection des Français.
Dans la colonne des recettes, des économies à faire, vous ne parlez plus du mot retraite. Même Emmanuel Macron a oublié de prononcer ce mot mercredi dernier lors de son allocution à 20h. Est-ce qu'elle est toujours d'actualité à 65 ans ? Comment ? Quand ?
J'allais y venir. Vous me disiez comment est-ce qu'on va financer, comment on va réduire les déficits. Je disais, le premier axe, c'est l'activité économique. Le deuxième axe, c'est effectivement des réformes. Mais des réformes qui nous permettent aussi d'augmenter le taux d'emploi dans notre pays, c'est-à-dire d'avoir plus de personnes qui travaillent, ce qui produit encore une fois des recettes fiscales et sociales. Et donc effectivement, la réforme des retraites, elle s'inscrit aussi dans cette logique-là. C'était une proposition de notre programme. Et le chantier démarquant ? On a commencé à discuter avec des groupes parlementaires. On va discuter aussi avec les partenaires sociaux.
La première ministre travaille sur ces sujets-là. Il y a d'autres réformes de modernisation aussi qui sont portées, qui vont nous permettre... L'été 2023, c'est toujours l'horizon ? Je n'ai pas de nouveau calendrier à vous annoncer que celui qui a été annoncé. Et puis enfin, vous avez aussi la capacité à maîtriser nos dépenses. Maîtriser nos dépenses, ça ne veut pas dire qu'on va couper brutalement. Ça ne veut pas dire qu'on va baisser le budget des ministères. Ça veut dire qu'on va regarder le rythme auquel nos dépenses augmentent. Il y a des ministères où ça augmentera plus vite que les autres, notamment sur l'école, la santé et la sécurité.
Alors, venons-en au pouvoir d'achat et à ce paquet que vous allez présenter à l'Assemblée nationale. Là aussi, question d'agenda. À quelle date ça va être présenté ? Est-ce que vous avez une idée précise du calendrier ?
Vous l'avez dit tout à l'heure dans votre question, c'est courant en juillet que le Parlement sera saisi de ce texte.
Mais vous n'avez pas de date plus précise.
Il y a des discussions aujourd'hui qui sont menées par la Première Ministre avec les différents groupes parlementaires.
Alors, considérant ce qu'est la nouvelle Assemblée, vous avancez des mesures pour soutenir les Français. On en connaît un grand nombre déjà. Bouclier tarifaire, prix Macron, indemnité gros rouleur, ristourne à la pompe, etc. Je ne peux pas tous les donner. Depuis une semaine, les oppositions vous sommes de reprendre certaines de leurs propres mesures. Ainsi, la NUP demande le SMIC à 1 500 euros sur une mesure de ce genre. C'est niet ?
Je ne vais pas vous dire des anathèmes alors qu'on est en pleine discussion. Mais on a déjà eu l'occasion de dire pendant la campagne présidentielle que pour augmenter la rémunération de ceux qui travaillent, et notamment de ceux qui travaillent avec les plus bas salaires, on ne souhaitait pas passer par une augmentation du SMIC uniforme qui mettrait en péril aussi nos petites entreprises, nos artisans, nos commerçants qui ne peuvent pas nécessairement augmenter dans ces proportions-là les salaires.
Mais donc c'est quoi la main tendue ? C'est quoi la concession dont vous parlez tous les jours ?
Un, on est en train de discuter avec eux, la Première Ministre, avec les présidents de groupes parlementaires. Deux, un texte va être présenté au Parlement, il va y avoir un débat parlementaire. Et dans ce débat parlementaire, chaque groupe, chaque député, présentera, pourra présenter des amendements et des propositions. Vous ne pouvez pas nous dire ce matin quelle est la main que vous tendez ?
La main qu'on tend, c'est qu'on est prêt à regarder toutes les mesures qui permettent d'améliorer la protection des Français, leur pouvoir d'achat, mais qui ne constituent pas des augmentations d'impôts, parce que donner d'une main et reprendre de l'autre, ça n'a pas de sens pour nous, et qui ne dégradent pas et n'alourdissent pas la dette sur les années à venir, parce que c'est les impôts de demain. Si je devais résumer ma philosophie sur le pouvoir d'achat, puisque vous avez listé un certain nombre de mesures, ça fait peut-être un peu beaucoup pour ceux qui nous écoutent. On veut permettre aux Français de dépenser moins et de gagner plus.
Dépenser moins, ça veut dire prolonger le bouclier tarifaire, faire en sorte qu'on continue à bloquer un certain nombre de prix de l'énergie qui explosent partout dans le monde, et pas en France, notamment sur l'électricité et sur le gaz, et gagner plus en augmentant la rémunération de ceux qui travaillent.
Le parti Les Républicains, par la voix d'Aurélien Pradié, secrétaire général du mouvement, demande une détaxe sur l'essence pour ramener le prix à 1,50€ par litre. La saignette ?
Mais Yael Goss vient de vous dire qu'on était prêt à tout regarder dès lors. Deux choses. Un, que ça ne se traduise pas par une augmentation des impôts pour financer. Là ça coûte ou ça ne coûte pas ? Ah bah là ça coûte beaucoup d'argent. Alors bah dites-nous. Ça coûte beaucoup d'argent, parce que quand on dit ramener le prix comme il le dit, ça veut dire que c'est l'État qui finance et qui compense, c'est je crois autour de 35 milliards d'euros. 35 milliards, c'est-à-dire l'équivalent de tout ce qu'on a dépensé depuis le début de cette crise de l'inflation pour protéger le pouvoir d'achat des Français.
Mais donc à un moment je vais vous dire, le débat parlementaire, nous on l'appréhende de manière très ouverte. Encore une fois parce qu'on veut chercher des compromis, on veut trouver les meilleures mesures pour protéger les Français. Mais ça va être un moment de vérité. Un moment de vérité politique et budgétaire. Parce que quand on propose des mesures à 30 ou 35 milliards d'euros, il faut expliquer aux Français, c'est notamment le cas dans un débat budgétaire au Parlement, comment est-ce qu'on les finance. Parce que les financés par de la dette qui s'accroît de manière exponentielle chaque année, c'est les financés par des impôts qui touchent pas les Français de demain.
C'est pas notre choix. Encore une fois, on remet de l'ordre dans nos comptes publics tout en continuant à protéger les Français.
Vous avez vous-même réfléchi à une taxe sur les super profits réalisés par certains grands groupes depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Elisabeth Borne souhaite étudier cette piste. Il semble que Bercy l'écarte. Pourquoi ? Dites-nous où on en est exactement. Est-ce qu'il y a une méthode douce d'abord et puis vous sanctionnez, vous taxez en fin d'année ? Dites-nous sur ce point-là ce qu'il en est. On a du mal à comprendre.
D'abord, c'est un fait qu'il y a des grands groupes qui ont augmenté leurs profits à l'occasion de la crise. Vous pouvez avoir, parce que vous avez une crise, parce que vous avez une demande très forte, notamment sur des produits énergétiques, par exemple sur le pétrole, des prix qui augmentent et donc des groupes qui font davantage de profits. La question, c'est comment est-ce qu'on les fait participer à l'effort pour améliorer le pouvoir d'achat des Français. On a eu un certain nombre de discussions avec des grands groupes qui les ont amenés à prendre des décisions.
Je vous donne un exemple total qui a mis en place une ristourne à la pompe de 10 centimes par litre en plus des 18 centimes qui sont financés par l'État. On a des discussions avec des grands transporteurs, CMH, CGM par exemple, pour qu'ils fassent baisser le prix des conteneurs pour faire baisser les prix sur un certain nombre de produits qu'on trouve par exemple dans les supermarchés ou dans le BTP. Voilà quelle est notre logique. Maintenant, c'est vrai qu'il y a eu des profits, c'est vrai qu'on leur demande de s'engager, mais je vais vous dire, passer par cette voie-là, c'est aussi parce qu'on considère que c'est plus rapide et plus efficace.
Parce que passer par une taxe, passer par de l'impôt que l'État va venir prélever, ça prend beaucoup plus de temps que de demander à ces entreprises de mettre en place directement des mesures en faveur du pouvoir d'achat des Français. Puisque vous cherchez du compromis, Gabriel Attal,
là vous auriez typiquement une mesure consensuelle puisque Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ont porté cette taxation dans la campagne présidentielle.
Mais vous voyez bien que je ne suis pas dans une logique d'opposition absolue, de principe. Ce que je vous dis, c'est qu'on cherche qu'il y a de plus efficace et que ça va plus vite de demander à des entreprises de mettre de l'argent dans la poche des Français que leur demander de le mettre dans la poche de l'État qui ensuite le mettra dans la poche des Français avec un circuit entre les deux qui prend du temps. Voilà, je vous dis, notre logique. Mais encore une fois, on aborde ces questions-là, y compris de manière ouverte.
Le projet de loi prévoit d'augmenter de 4%, un très large éventail de prestations sociales. L'addition reviendrait à 8 milliards jusqu'à avril 2023, selon les échos. Le dégel du point d'indice, pardon, c'est 7 milliards 500 millions. L'ensemble des mesures pour le pouvoir d'achat, c'est 50 milliards, nous disait tout à l'heure Dominique Seux. Excusez-moi de revenir au nerf de la guerre, mais est-ce que c'est un nouveau quoi qu'il en coûte ? Est-ce que vous avez une planche à billets ? Comment vous financez tout ça ? Ce sont des sommes colossales. Encore une fois, je cite quasiment mot pour mot Dominique tout à l'heure.
On abordait tout à l'heure, justement, des recettes supplémentaires que nous arrivons à dégager grâce à l'activité économique, qu'on a chiffré à 55 milliards d'euros. Il ne s'agit pas d'un nouveau quoi qu'il en coûte, parce qu'on a une trajectoire pour réduire nos déficits. Encore une fois, c'est essentiel. Si on veut pouvoir continuer à financer les grandes protections des Français et les grandes priorités de services publics des Français. Mais oui, on est capable de prendre. Il y a un chemin pour prendre des mesures de protection du pouvoir d'achat des Français tout en tenant nos comptes publics. C'est celui qu'on a commencé à dessiner, c'est celui qu'on veut poursuivre.
Et vous parlez de services publics, Gabriel Attel, il y a une question de la suppression de la redevance audiovisuelle. Une grande partie des personnels de l'audiovisuel public était en grève hier, notamment sur cette question. Par quoi allez-vous la remplacer pour assurer la pérennité du service public et son indépendance ?
J'ai vu effectivement le mouvement de grève. Et moi, ce que je veux dire, c'est que je suis très ouvert, y compris à des discussions en tant que ministre du budget, qui va être chargé de porter cette mesure. Ce qu'on supprime, ce n'est pas un budget, c'est un impôt. On supprime un impôt, on veut supprimer un impôt, qui est la redevance télé, qui est un impôt dont beaucoup disaient déjà ces dernières années qu'il était daté. Je rappelle qu'il est assis sur le fait de bénéficier chez soi d'un téléviseur, que de moins en moins de Français déclarent avoir un téléviseur, parce qu'il consomme les contenus du service public audiovisuel sur un smartphone, sur un ordinateur, etc.
Donc il y avait une recette, de toute façon, qui diminuait.
Mais quelle garantie sur cette programmation pluriannuelle que vous défendez désormais ?
Ce que je veux dire en tant que ministre du budget, c'est que dans le cadre du budget qui sera présenté, le projet de loi de finances, de la loi de programmation des finances publiques, nous donnerons des garanties de visibilité sur les années qui viennent sur le budget de l'audiovisuel public, des garanties d'indépendance, évidemment, pour permettre à l'audiovisuel public de mesurer qu'il pourra continuer à compter sur son budget, sur un budget stable, qu'il ne pourra pas... Et vous aurez une majorité à l'Assemblée pour ça ? On va discuter avec les parlementaires. On va chercher à convaincre, évidemment. Encore une fois, c'est un engagement qu'on a pris dans la campagne.
Ça permettra de rendre 138 euros à 27 millions, je crois, de Français. Je rappelle que c'est aussi un impôt qui est toujours, puisqu'il n'est pas encore supprimé, le même, quel que soit votre niveau de revenu, ce qui n'est pas très juste. Donc voilà, on va proposer de supprimer cette redevance télé, ce qui ne veut pas dire qu'on va supprimer le budget de l'audiovisuel public.
Ça reste moins cher qu'un abonnement Netflix chaque mois. Encore une fois, on veut...
On est d'accord, Yael Gauze. On veut continuer à permettre aux Français de dépenser moins tout en continuant à leur permettre de s'informer mieux. Et c'est notamment l'audiovisuel public qui leur permet de s'informer mieux. Et je suis très attaché à l'audiovisuel public.
Allez, on file au Standard d'Inter où nous attend Laurence. Bonjour, bienvenue.
Bonjour, merci de m'accueillir. Alors moi, ma question, elle est très simple. Je gagne avec mon mari 4700 euros, on va dire, par mois. J'ai un enfant qui est en études pour devenir maître nageur. Sa formation, c'est nous qui devons la payer. J'ai une fille parallèlement qui a 14 ans. Mon mari fait 200 kilomètres par jour. Il travaille un samedi et un dimanche sur trois. Au jour d'aujourd'hui, on est propriétaire. On paye tout plein pot, taxes foncières y compris, taxes d'habitation, aujourd'hui encore. Qu'est-ce que l'on fait pour nous en termes de pouvoir d'achat ? Parce qu'on paye tout plein pot, on ne reçoit aucune aide de l'État, on aide les autres.
Mais l'État, à un moment donné, depuis de nombreuses années, n'a pas franchement pensé à nous.
Merci, Laurence, pour cette question à laquelle Gabrielle Attal répond.
Bonjour, Laurence. Alors, vous l'avez dit, vous payez encore la taxe d'habitation qui a été, je le rappelle, supprimée pour 80% des Français. Et reste en place pour le moment pour 20% des Français. Elle a dû commencer à baisser votre taxe d'habitation et elle sera intégralement supprimée l'an prochain, en 2023. Elle va baisser à nouveau d'un tiers cette année pour vous. Elle sera supprimée l'an prochain. Ensuite, vous avez parlé de votre mari qui fait beaucoup de kilomètres pour des raisons professionnelles. C'est précisément pour ça qu'on est en train de travailler. Et là aussi, la discussion parlementaire sera utile pour trouver le meilleur dispositif.
Pour avoir une mesure de soutien à ce qui a été, moi je n'aime pas trop ce terme, mais communément appelé les gros rouleurs, mais on peut dire les gros bosseurs. C'est-à-dire ceux qui sont contraints d'utiliser leur véhicule et donc de l'essence pour travailler et qui donc se prennent de plein fouet cette augmentation.
Justement, la ristourne de 18 centimes par litre sera-t-elle prolongée jusqu'à la fin de l'année ?
Ce qu'on a dit, c'est qu'on a prévu d'abord de la prolonger au mois d'août et qu'ensuite, on veut progressivement lui substituer un dispositif, encore une fois, pour les gros rouleurs. Voilà, c'est ce sur quoi on travaille. Maintenant, il va y avoir une discussion parlementaire, je ne vais pas vous donner maintenant le calendrier. Ensuite, Laurence, je ne sais pas dans quel secteur vous travaillez, dans quelle entreprise vous travaillez, c'est le public ou le privé. En tout cas, on agit aussi pour permettre aux salariés des entreprises, par exemple, il y a le public avec le point d'indice et ce qui a été annoncé hier, mais aussi pour le privé, de gagner davantage.
Voilà, quand on développe l'intéressement et la participation, quand on permet aux entreprises de tripler ce qu'on appelle la prime Macron, qui a déjà bénéficié à 4 millions de salariés, une prime sans charge ni impôt, pour augmenter la rémunération de ceux qui travaillent. Voilà des mesures qu'on va porter, qu'on veut proposer dans le cadre du projet de loi sur le pouvoir d'achat.
Retour au standard, Martin, bonjour, bienvenue.
Oui, bonjour messieurs. Bonjour. Ma question est la suivante. J'entends très bien, monsieur Attal, concernant les efforts que vous avez faits sur les primes par rapport aux charges salariales, etc. Ma question est la suivante. Aujourd'hui, on ne récompense pas ces salariés par rapport à des primes. Ce qu'ils attendent, c'est du pouvoir d'achat quotidien, donc des augmentations mensuelles de salaire. Pourquoi ne pas baisser les charges salariales qui nous empêchent d'augmenter tous les salariés méritants ?
Vous êtes patron, Martin ? Oui, tout à fait. Patron de TPE. Merci pour cette question. Réponse rapide, Gabriel Attal.
Alors, on a engagé des baisses de charges dans le quinquennat qui vient de s'écouler, notamment pour les salaires qui sont au niveau du SMIC. Et évidemment, nous, on veut continuer à faire en sorte de faire baisser le coût du travail et de permettre aux entreprises d'augmenter leurs salariés. C'est vrai que le versement de la prime est un moyen d'augmenter leur pouvoir d'achat. Et encore une fois, les 4 millions de Français qui ont bénéficié de la prime Macron cette année, ils ne vous disent pas le contraire. Ils ont bénéficié d'une prime qui améliore leur pouvoir d'achat. Maintenant, on va avoir une discussion parlementaire. On sera ouvert aux propositions qui pourront être faites.
Ouvrons un chapitre plus politique avec la question d'Abel sur l'application France Inter. La première ministre est-elle encore vraiment chargée de la transition écologique ou va-t-elle juste chercher des alliés pendant 5 ans ?
Bien sûr, elle est chargée de la planification écologique.
Mais n'oubliez pas la deuxième partie de la question.
Elle va aussi chercher des alliés pendant 5 ans ? Oui, mais je vais vous dire, moi je pense que sur ces grands sujets-là, on va pouvoir avancer dans les 5 années qui viennent. Moi, je pense qu'il y a au Parlement une majorité pour développer massivement les énergies renouvelables, comme on l'a proposé, puisque j'ai entendu plusieurs formations politiques appeler au développement des énergies renouvelables. Je pense aussi qu'il y a une majorité pour continuer à investir massivement dans le nucléaire. J'ai entendu plusieurs formations politiques qui sont représentées au Parlement
appeler à ça aussi. S'il y a des alliés, s'il y a une majorité, il y a forcément une confiance à un moment donné. On a vu ce matin le décret portant convocation du Parlement en session extraordinaire. C'est officiel le 5 juillet. Le nouveau gouvernement Borne fera une déclaration devant les parlementaires, mais on lit dans le décret « débat sans vote, simple déclaration ».
Je crois que rien n'est tranché sur ce point et que vous n'avez pas besoin, dès le décret initial, de le préciser. Donc on verra. Tout est ouvert, je crois, sur ce sujet-là. Mais l'essentiel, c'est quoi ? C'est qu'on soit efficace le plus rapidement possible pour le pouvoir d'achat des Français et pour les différents textes qu'on veut présenter.
Est-ce que c'est un moment de clarification ? Est-ce que, comme Édouard Philippe, vous dites qu'il vaut mieux voter une confiance, essayer de voir ce que ça donne dans l'Assemblée la semaine prochaine ?
Je pense qu'il faut être efficace et avancer rapidement au service des attentes des Français et de leur pouvoir d'achat.
Vous n'avez pas de préférence, vous, confiance ou pas ?
Mais moi, ma préférence, c'est qu'on arrive à voter rapidement des textes qui sont pour le quotidien des Français.
Moi, je pense que les Français qui nous écoutent, ils sont plus attentifs au fait de savoir quand est-ce qu'on va voter le projet de loi sur leur pouvoir d'achat, qui va permettre d'augmenter les retraites, qui va permettre d'augmenter le salaire des travailleurs indépendants, qu'ils soient commerçants, agriculteurs, 550 euros de plus au niveau du SMIC par an, qui va permettre de supprimer, encore une fois, un certain nombre d'impôts, qui va permettre des progrès pour leur pouvoir d'achat, plutôt que de savoir s'il y aura un vote de confiance après une déclaration de politique générale.
La coalition, le gouvernement de coalition, c'est fini, cette hypothèse ? Je ne vais pas vous dire... Ça fait dix jours, ça fait dix jours maintenant qu'on traîne cette recherche.
Vous avez eu le Président de la République qui a annoncé qu'il y aurait un nouveau gouvernement d'action sur proposition de la Première Ministre qui serait annoncé dans les prochains jours. Donc, je ne vais pas moi vous dire ici, quel sera ce gouvernement et comment il sera composé. Remainiment lundi ? Je n'en ai absolument aucune erreur là, pour le coup.
Il y a eu un moment de gêne sur les bancs de la gauche hier à l'Assemblée Nationale quand le doyen d'âge, le RN José González, a pris la parole. Nous, les rapatriés d'Algérie, on a laissé là-bas une partie de la France qu'on aimait. C'était important de dire qu'on a aimé la France de là-bas et qu'on aime la France d'ici. Nous sommes de vrais patriotes, a-t-il déclaré devant tous ses collègues. Vous vous êtes dit quoi en l'écoutant ?
Je ne veux pas lancer un débat. Moi, je n'ai pas écouté l'entièreté des propos. J'ai vu des propos rapportés. Évidemment, il y a toujours quelque chose de choquant dans les fondamentaux aussi du Rassemblement National qu'on retrouve parfois dans ce genre de propos. et je pense qu'il faut distinguer une forme de nostalgie, parfois nauséabombe, de l'Algérie française.
Marine Le Pen dit que sur l'OS, ce n'était pas un dérapage. Elle disait ce matin, Marine Le Pen.
On a pu voir et qu'on a pu entendre régulièrement dans la bouche, notamment de responsables du Rassemblement National et qui est d'ailleurs constitutive du Rassemblement National des origines. Et dans le même temps, il faut aussi entendre que pour une partie des compatriotes nés en Algérie, le départ de 1962 restera toujours un arrachement, un déchirement. C'est aussi ça la complexité de notre histoire. Et c'est aussi pour ça que le Président de la République, vous vous en souvenez, avait confié à Benjamin Stora un travail inédit, une mission inédite sur le sujet pour réconcilier les mémoires. Ça nous rappelle qu'on n'est pas au bout du chemin. Voilà, ces débats.
Yael Brun-Pivet, élu au perchoir hier, première femme à occuper ce poste. Vous vous en réjouissez, j'imagine ?
D'abord, je me réjouis que ce soit Yael Brun-Pivet, parce qu'avant d'être une femme, c'est une députée qui depuis 5 ans a montré à la présidence de la Commission des lois sa capacité de travail, sa capacité de dialogue, de compromis. Et ensuite, effectivement, le fait d'avoir une femme pour la première fois de notre histoire présidente de l'Assemblée nationale, en plus d'une femme première ministre, c'était pas arrivé depuis 30 ans, une femme présidente du groupe majoritaire, je trouve que c'est un magnifique message qui est envoyé aussi à des jeunes femmes, par exemple, qui s'intéressent à la politique, qui envisagent de s'y lancer.
Le fait d'avoir des exemples comme ça, je pense que c'est aussi très mobilisateur et moteur pour beaucoup de femmes, et c'est un signal magnifique qui est envoyé.
Gabriel Attal, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin.
Gabriel Attal