Bonjour chez vous ! du 21 septembre 2026
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Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:30OuverteRéponse directe
Est-ce que dans ce contexte de tensions internationales, il y avait nécessité qu'Emmanuel Macron aille à Saint-Pierre-et-Miquelon réaffirmer que l'archipel est un territoire français ?
- 10:15OuverteRéponse directe
Monsieur le sénateur, en quoi Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire stratégique pour la France ?
- 11:36OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes favorable au fait que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne ?
- 13:30OuverteRéponse partielle
Il faut se réjouir de l'accord sur le Groenland ?
- 13:56RelanceRéponse directe
Est-ce que là, on n'est pas en train de renforcer notre dépendance vis-à-vis des États-Unis ?
- 17:52OuverteRéponse directe
Quels sont les dossiers qui doivent être prioritaires lors de la rencontre Macron-Trump ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25PrésentateurChiffre
« Les prix à la pompe atteignent des records 2,41 euros le litre en moyenne. »
- 2:08InvitéFait
« Depuis Saint-Pierre et Miquelon, les deux hommes ont défendu une souveraineté remise en cause par Donald Trump dans ses provocations régulières. »
- 3:21InvitéFait
« Nous croyons ensemble que nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester. »
- 7:48InvitéFait
« une partie de la France n'est tout simplement plus la France, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre et Miquelon, tout est passé sous pavillon américain. »
- 8:45InvitéFait
« la doctrine dite Monroe, une doctrine qui date de 1823 et qui dit aux Européens, vous êtes gentils, mais à partir de maintenant, le continent américain n'est plus votre terrain de jeu. »
- 19:39InvitéFait
« Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer et sont importants pour notre Europe et contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. »
- 20:15PrésentateurFait
« Bien sûr, au Moyen-Orient et en Ukraine. »
- 22:01PrésentateurFait
« Quand on a supprimé la taxe d'habitation, on a dit les maires ne vont plus avoir comme seul levier la taxe foncière. »
- 24:08InvitéFait
« si on parle de l'élection sénatoriale, je pense que la poussée du RN sera sans doute réelle, mais je ne pense pas que ça puisse changer les équilibres ici au Sénat. »
- 27:04InvitéFait
« je soutiens le candidat Retailleau, c'est le président de mon parti. »
- 31:51InvitéFait
« Je suis candidat parce que je pense que j'ai une voix singulière à gauche, à la fois sur la France et sur l'Europe. »
- 38:49PrésentateurFait
« Ça, c'est une des grandes fautes de M. Macron. »
- 39:14PrésentateurFait
« À la fois, je vous le disais, pour redresser le pays, il faut investir massivement. »
- 39:20PrésentateurPromesse
« Et moi, au cœur de mon programme, il y a l'idée d'un grand emprunt national pour décarboner, réussir la transition écologique et justement réduire la fracture territoriale. »
- 39:40PrésentateurFait
« avec un droit du travail qui a été quand même entamé par les ordonnances Macron, par les lois El Khomri. »
- 42:42PrésentateurChiffre
« Sébastien Lecornu a dévoilé les premières lignes du budget 2027. 54 milliards d'économies. »
- 43:12PrésentateurFait
« Quand vous commencez par supprimer la taxe d'habitation, supprimer l'ISF, supprimer une grande partie de la CVAE, vous ne vous étonnez pas après qu'il y ait un trou dans la caisse. »
- 43:59PrésentateurChiffre
« le budget travail-emploi, j'en suis rapporteur à l'Assemblée nationale, en commission des finances, qui baissent chaque année 2 milliards. »
- 44:13PrésentateurFait
« Vous avez vu qu'on baisse la surtaxe de l'impôt sur les sociétés qui avait été votée l'année dernière. »
- 46:07PrésentateurFait
« C'est quoi être socialiste aujourd'hui ? En quoi être socialiste, c'est pertinent dans la période actuelle ? »
- 46:22PrésentateurFait
« moi je dis démondialiser, démocratiser, démarchandiser, parce que je pense que sortir de la société du tout marché, du tout jetable, cette montagne de déchets, il faut un autre système, un autre modèle de développement. »
- 52:28InvitéChiffre
« 2,41 euros le litre en moyenne. Nouveau record en France pour le prix du diesel. »
- 1:03:24PrésentateurChiffre
« 12,41 euros le litre en moyenne. Les prix flambent et atteignent des records face à la colère. »
- 1:12:00PrésentateurFait
« Il y a un manque d'empathie chez le président Macron. »
- 1:12:11PrésentateurFait
« Il est surtout préoccupé par la géopolitique, par la complexité extraordinaire des marchés mondiaux de l'énergie. »
- 1:13:43PrésentateurFait
« Il faudra baisser les taxes à l'identique de ce qu'ont fait certains pays européens, je pense à l'Espagne, mais plus récemment, l'Allemagne qui a baissé le prix de l'essence à la pompe. »
- 1:13:58PrésentateurFait
« Le RN demande la baisse des taxes, Ségolène Royal, par exemple, aussi demandait hier soir la baisse des taxes. »
- 1:15:54PrésentateurChiffre
« 17 milliards. »
- 1:21:31InvitéChiffre
« 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros. »
- 1:21:37InvitéChiffre
« 9,1 pour être précis. »
- 1:22:10PrésentateurChiffre
« On sera à 4 000 milliards de dettes. »
- 1:22:13PrésentateurChiffre
« C'est l'équivalent de 55 000 euros par Français. »
- 1:22:17PrésentateurChiffre
« Et ça sera 120 % de notre PIB. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
- Invité9 %
- Présentateur 28 %
- ?4 %
- Invité 23 %
- Invité 33 %
≈ 26,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle semaine. Nous allons faire le tour des sujets qui font votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme de ce lundi 21 septembre. Les prix à la pompe atteignent des records 2,41
euros
le litre en moyenne.
L
'exécutif tente de calmer la colère. Sébastien Lecornu réunit ses ministres aujourd'hui. Emmanuel Macron prendra la parole jeudi soir à 20h. Quelles sont les marges de manœuvre ? Le gouvernement doit-il aller plus loin dans les aides et les mesures ? Ce sera le débat de nos éditorialistes dans une heure avec Arnaud Benedetti, Pablo Piovivien et Elisabeth Martichoux. Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon, aux côtés du Premier ministre canadien, pourrait infirmer l'indépendance des deux nations et défendre l'autonomie stratégique. Comment résister aux velléités expansionnistes de Donald Trump ? On pose la question au sénateur Alain Juliandet. Bonjour. Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation.
On
se retrouve dans quelques instants. Dans trois semaines, la gauche social-démocrate choisira son représentant à la présidentielle via une primaire. Vous le voyez, ils sont cinq sur la ligne de départ. Et nous recevrons dans une demi-heure l'un des cinq candidats, Emmanuel Morel. Quel est le sens de sa candidature ? Cette primaire est-elle un référendum anti-Mélenchon à suivre ? Et puis à la une de nos régions, dernière semaine de campagne pour les candidats au sénatorial. C'est dimanche que le Sénat sera renouvelé de moitié. On vous emmène à la rencontre des candidats dans les départements.
Aujourd
'hui, direction le Rhône, où la gauche part en ordre dispersé avec LFI en embuscade. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.
Et
d'abord le journal avec Steve Jourdain. Bonjour Steve.
Salut Dorian,
je suis fan vraiment absolu de cette nouvelle musique.
Elle est bien, vous
ne l'aviez pas vue
encore. Très très
bien cette nouvelle musique. Steve,
vous
êtes avec nous aujourd'hui, demain.
On
va commencer par le journal Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien qui plaident donc pour un rapprochement entre les deux pays.
Depuis Saint-Pierre et Miquelon, les deux hommes ont défendu une souveraineté remise en cause par Donald Trump dans ses provocations régulières. Le rapprochement entre la France et le Canada concernera notamment la pêche, la sécurité et l'énergie. On voit les détails avec Cécile Cixou.
À
la sortie de l'avion, l'étreinte est particulièrement chaleureuse. Emmanuel Macron et Mac Carnet, le Premier ministre canadien tout sourire, se sont retrouvés quelques heures à Saint-Pierre et Miquelon avec une volonté afficher clairement leur rapprochement, leurs liens. On vient d'avoir une réunion,
comme
toujours, avec M. le Président, très concrète, beaucoup d'initiatives, beaucoup d'occasions, de coopération économique et de sécurité entre la France et le Canada et entre l'Europe, l'Union européenne et le Canada. C'est un point acharné pour nous tous et
c
'est nécessaire de renforcer nos liens.
Côte
à côte, sous le regard des caméras, les deux hommes d'État ont voulu répondre à Donald Trump qui a menacé d'annexer Saint-Pierre-et-Miquelon et le Canada.
Oui,
nous croyons ensemble
que
nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester.
Nous
croyons l'un et l'autre dans la démocratie, l'état de droit, le respect du droit international,
le
respect du commerce libre et équitable,
la
science sur laquelle reposaient nos décisions
et
l'autonomie stratégique que nous défendons.
Emmanuel Macron doit rencontrer Donald Trump aujourd'hui à New York lors de l'Assemblée Générale de l'ONU.
En
Allemagne, Friedrich Schmerz affaibli par de nouvelles défaites électorales.
Deux semaines après la victoire de l'AFD en Sachsen-Alt, la CDU du chancelier a subi hier deux défaites cinglantes à l'occasion d'élections régionales dans le nord-est du pays et à Berlin.
Ce
sont l'extrême droite et l'extrême gauche qui arrivent en tête. Dans la foulée de l'annonce des résultats, le chancelier a promis de maintenir le cap de ces réformes. Nous ne pouvons pas enjoliver le résultat en Meclambourg-Poméranie occidentale. C'est un désastre. La CDU s'est battue, mais elle a été écrasée dans le duel polarisant entre le SPD et l'AFD.
Mobilisation hier en France contre la loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre.
À Marseille, Lyon, Paris ou encore Toulouse, ils étaient près de 50 000, dont de nombreux sympathisants. LFI a défilé dans les rues pour dénoncer une proposition de loi votée début juillet à l'Assemblée nationale et qui prévoit d'instaurer une présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre. Le texte doit désormais être inscrit à l'ordre du jour du Sénat.
Le Modem faisait sa rentrée ce week-end et François Bayrou plaide pour une primaire.
Depuis l'île-sur-la-Sorgue, l'ancien Premier ministre a interpellé directement Gabriel Attal et Édouard Philippe. Il a détaillé son projet de primaire pour ce qu'il appelle le grand fleuve central. Écoutez-le.
Il
arrive.
On a
cinq ou six semaines pour que ces candidatures se déclarent. Après, on a deux mois pour qu'il y ait confrontation entre les uns et les autres.
Que
les chaînes de télévision organisent des débats,
qu
'on organise des meetings.
Et
puis, ça, ça nous amène à la fin décembre.
Et
puis, on fait le premier tour en janvier. Peut-être vers le 15 janvier. Quelque chose comme ça, à la mi-janvier.
On
fait un premier tour par Internet.
On
termine par un chiffre. Plus de 23 000 visiteurs sont venus au Sénat ce week-end pour les journées du patrimoine.
Le Sénat a fait le plein, effectivement. Hémicycle, bibliothèque, bureau du président. Les lieux, habituellement enfermés au public, ont eu du succès samedi et dimanche, même si le record de fréquentation de l'année dernière n'a pas été battu, Auriane.
Merci, Steve. On se retrouve tout de suite. On va revenir sur les enjeux de la visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon. Alain Joriond, vous êtes sénateur à l'air de la Haute-Sauve, membre de la Commission des Affaires étrangères du Sénat et ancien secrétaire d'État à la coopération et à la francophonie.
C
'était sous Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron qui est donc à Saint-Pierre-et-Miquelon avec pour la première fois sur le territoire le Premier ministre canadien. Souveraineté, énergie, climat, les enjeux de la visite sont importants et le message à Donald Trump aussi dans une conférence de presse commune hier. On l'a entendu, ils ont affirmé défendre la souveraineté de leur territoire. Est-ce que dans ce contexte de tensions internationales,
il
y avait nécessité qu'Emmanuel Macron aille à Saint-Pierre-et-Miquelon réaffirmer que l'archipel est un territoire français
?
Stratégiquement, c'est important. C'est un voyage avec trois dimensions au fond parce qu'il
y a
Saint-Pierre-et-Miquelon, on n'en parle pas, mais qui attend un certain nombre d'annonces. Le port de Saint-Pierre menace de s'écrouler notamment. Il faut faire quelque chose. On a un bateau là-bas. Il
y a
une deuxième dimension qui est la relation entre le Canada et la France. Moi, je m'en réjouis. En tant qu'ancien chargé de la francophonie, je vois cette relation plutôt chaleureuse. Donc,
c
'est bien. Et puis, la troisième relation, la plus impressionnante,
c
'est le fait que l'on redessine, on est en train de redessiner l'Union européenne parce que ce statut de membre associé qui a été proposé au Canada, qui a l'air d'être d'accord avec cela, c'est quand même un événement stratégique très important.
On
va revenir dans les détails sur cette visite parce que, Steve, il faut le dire, il y a quelques jours, Donald Trump a publié une carte assez stupéfiant.
Oui,
on
va le voir, Auréane, sur cette carte, une partie de la France n'est tout simplement plus la France, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre et Miquelon, tout est passé sous pavillon américain. Alors, on n'est pas seul dans ce cas. Le Canada, on le voit, le Mexique, le Groenland, l'Islande, tout devient américain. Cette carte a été publiée très exactement le 7 septembre sur le réseau True Social. Elle n'a aucune valeur, évidemment, en droit international, mais elle dit quelque chose, peut-être, de la vision du monde de Donald Trump.
C'est-à-dire
?
Le président américain n'en est effectivement pas à son coup d'essai. Depuis son retour à la Maison-Blanche, il parle sans cesse de territoires qui ne lui appartiennent pas. Il voulait, par exemple, le Groenland, avec lequel un accord de sécurité a finalement été conclu ce week-end. Il a menacé de reprendre le contrôle de Panama. Il a aussi évoqué le Canada comme un nouvel État des États-Unis. Et puis surtout, en décembre de l'année dernière, son administration a ressuscité une vieille doctrine, la doctrine dite Monroe, une doctrine qui date de 1823 et qui dit aux Européens, vous êtes gentils, mais à partir de maintenant, le continent américain n'est plus votre terrain de jeu.
Ne vous mêlez plus de nos affaires. Deux siècles plus tard, Orion, la stratégie de sécurité nationale de Trump revendique la prééminence américaine dans tout l'hémisphère occidental. L'administration parle même d'un corollaire Trump à la doctrine Monroe.
Et c'est là que la France entre dans l'histoire.
Oui, parce qu
'on
l'oublie parfois, mais la France est aussi une puissance américaine avec la Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Bertélémy, Saint-Pierre-et-Miquelon. Nous sommes présents dans cet hémisphère que Trump considère comme la zone d'influence naturelle des États-Unis. La carte publiée par le président américain n'est donc pas un plan d'invasion, mais elle dit quelque chose de la nouvelle attitude de l'administration américaine à notre rencontre. À son arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon ce week-end, Emmanuel Macron a réagi à cette carte publiée par Donald Trump.
Les
projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer
et
sont importants pour notre Europe
et
contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays.
C'est pas le bon sonar. On va parler de la question des hydrocabures dans quelques instants, mais on va réécouter Emmanuel Macron samedi à son arrivée à Saint-Pierre-et-Miquelon.
C
'est une évidence pour nous que c'est un territoire français
et
un territoire attaché à la France. C'est fier d'être français comme nous le sommes. Donc nous y sommes attachés, il n
'y a
pas de débat, il n
'y a
pas de discussion. Monsieur le sénateur, en quoi Saint-Pierre-et-Miquelon est un territoire stratégique pour la France ?
Parce qu'on est dans le nord-atlantique et c'est quand même un territoire tout à fait singulier pour notre rayonnement. Le territoire, je rappelle qu'on est à quelques-cents câblures du Canada, 25 km, 28 km, 4800 km de la France. Pour nous, c'est vraiment une position avancée. Et donc, dans la période que nous vivons actuellement, ce petit territoire qu'on avait tendance à oublier devient dans la bouche du président de la République un territoire stratégique.
Et c'était important pour lui d'aller sur place, de faire cette visite
? D
'ailleurs, il n'y était pas encore allé. C'est pour ça. Je crois qu'avec cette visite, il aura fait le tour de l'ensemble des territoires d'outre-mer. Et donc, je crois que oui, c'était bien que le président français aille. Le fait que ce soit la première visite du Premier ministre canadien sur ce territoire-là, territoire français, que c'est notre seule frontière avec le Canada, bien éloignée, mais frontière quand même, je pense qu'il
y a
dans la stratégie du moment quelque chose qui est un peu historique. Et cette phrase, hier en conférence de presse, « Nos pays sont deux grandes nations indépendantes et qui veulent le rester », Emmanuel Macron, qui a également défendu un rapprochement hier soir, heure de Paris, entre le Canada et l'Union européenne. Est-ce que vous êtes favorable, vous, au fait que le Canada devienne membre associé de l'Union européenne ? Il faut aller jusque-là
? Écoutez,
l'Europe est en train de se rabougrir. On voit bien que les membres historiques de l'Europe ne sont pas tous sur la même ligne, sur le plan stratégique. Donc le fait que l'Europe aille chercher des alliances un peu plus loin, fondées d'ailleurs sur la base de valeurs,
et
pas sur autre chose. D'ailleurs, ça a été rappelé par les présidents de la République, sur les valeurs démocratiques, les grandes valeurs qui ont fondé aussi notre pays, la séparation des pouvoirs, enfin. Voilà, on est sur le rapprochement sur des valeurs, et pas sur des rapports de force. C'est plutôt positif.
–
Malgré les menaces de Donald Trump, ça ne lui a pas du tout plu à Donald Trump, cette histoire de deux membres associés.
Il
menace de cesser toute relation commerciale avec l'Union européenne. – Oui,
mais
enfin, Donald Trump et Donald Trump. Donald Trump, il nous a annoncé à Paris un acte de paix quasiment et d'accord avec l'Iran, et huit jours plus tard, la guerre reprenait de plus belle. Donc c'est Donald Trump. La vraie question, pour moi, sur le plan de l'évolution de l'Europe, sur le plan de l'évolution du monde,
c
'est est-ce qu'on est dans un phénomène passager ? La position des États-Unis est-elle un phénomène passager avec la présidence Trump ? Et est-ce qu'après, on va revenir à des relations internationales normales ? Ou bien est-ce qu'on est complètement, structurellement, dans des nouveaux rapports de force entre les grandes puissances mondiales et l'Europe ? C'est ça la question. – Et votre réponse
? Ma
réponse, je crains qu'on soit plutôt dans quelque chose de durable. Voilà. – Puisqu'on parle de Donald Trump, ce week-end, Donald Trump a annoncé, si vous le rappelez, un accord avec le Danemark sur le Groenland. Il a obtenu un contrôle permanent sur la sécurité du territoire avec une présence militaire renforcée, je le cite, « garantir pour toujours, en majuscule, l'entière capacité de faire ce qui est nécessaire au Groenland afin de sécuriser et de défendre la sécurité du Groenland et des États-Unis ». Il faut se réjouir de cet accord ? – Pardon ? – Il faut se réjouir de cet accord ? – D'abord, il faut être sûr qu'il est réel.
Déjà, je pense qu'il faut être sûr que c'est solide et que les choses ne sont pas, une fois de plus, un peu enjolivées. Donc voilà, moi, je ne sais pas aujourd'hui exactement. J'ai bien écouté très tôt ce matin les différentes annonces. Je n'ai rien entendu de concret, de spectaculaire. Donc je pense qu'il faut être très prudent. – Mais à quel prix ? Est-ce que là, on n'est pas en train de renforcer notre dépendance vis-à-vis des États-Unis, au moment justement où Emmanuel Macron prône une indépendance, une autonomie stratégique
? –
Je pense qu'on a tout intérêt à renforcer notre indépendance. C'est la vision gaulliste. – Mais avec cet accord, on ne renforce pas notre dépendance plutôt que notre indépendance ? – Non, je ne pense pas. Je pense que nous avons tout intérêt à parler à tout le monde. Ça a toujours été la ligne diplomatique de la France. La France parle à tout le monde. Et depuis quelques temps, hélas, avec des prises de position
que
l'on peut contester, hélas, nous ne parlons plus à tout le monde. Et l'Europe s'isole de plus en plus, c'est ce qui explique d'ailleurs. –
À quoi vous êtes référente juste, on ne parle plus à tout le monde ? Quand vous dites, on ne parle plus à tout le monde
?
– Vous savez,
quand
j'ai eu l'honneur de participer au gouvernement, on parlait à M. Poutine.
Et
puisque l'on parle de statut d'associé pour le Canada, à l'époque, on parlait de statut d'associé pour la Russie.
Je
rappelle que le général parlait de l'Europe, de l'Atlantique à l'Oural. –
Mais c'est encore possible. Je rappelle juste que
vous êtes président du groupe d'amitié France-Russie ici au Sénat, donc vous suivez ces questions. C'est encore possible, pardon, de parler aujourd'hui à Vladimir Poutine ?
–
Pour l'instant, ce n'est plus possible, compte tenu de la situation qui s'est dégradée depuis maintenant une bonne dizaine d'années, et tout particulièrement depuis 2022. Mais il faudra bien qu'un jour, la France reparle à la Russie. La Russie, c'est notre voisin. Et bon, moi j'ai dit sur votre plateau il
y
a très longtemps, concernant la guerre entre la Russie et l'Ukraine,
que
j'étais quand même très réticent, et que je ne voyais pas où c'était notre guerre. Bon, alors je n'ai toujours pas très bien compris ce qui se passe. Ce que je constate, simplement, c'est que tout ça, ça fait bouger considérablement les plaques, et qu
'on
voit bien que les alliances sont en train de changer. Et toute la question, est-ce que ça va durer, ou est-ce qu'on va appeler vraiment à la paix entre l'Ukraine et la Russie, parce que c'est la paix qu'il nous faut entre l'Ukraine et la Russie, pour améliorer…
Est-ce que Vladimir Poutine veut la paix
? Est-ce qu'il veut la paix, Vladimir Poutine
? Quand
on veut la paix, il faut parler avec celui qui fait la guerre, parce que si on ne se parle pas, si on ne se parle pas, on ne peut pas faire la paix. Et moi, je garde une vision gaulliste, et un objectif gaulliste de ce que devrait être l'Europe. Si, bon, on va revenir, parce qu'il y a d'autres enjeux de cette visite d'Emmanuel Macron à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Notamment
sur la question de la pêche, ce que vous vouliez demander.
Oui, oui, non, parce qu'avec le Canada, effectivement, on n
'a
pas toujours été très amis. Il
y
a eu des problèmes, justement, au niveau de la pêche. Aurélien le mentionnait. Est-ce que cette page est vraiment derrière nous ? Est-ce que cette page est tournée
? Je
crois que les présidents ont annoncé ce matin, travaillent aussi sur le sujet. Mais pour l'instant, on en est toujours à l'Ukaz du Canada, qui avait mis, je crois, qui a pris une décision très négative pour nous, concernant notamment la morue. Au début des années 90. Voilà. 92,
Emmanuel
Macron l'a rappelé
hier. C'est très difficile.
Avec l'arbitrage aussi, soutenu par le Canada, du tribunal américain concernant nos eaux territoriales, puisque du coup, là, on a eu une mauvaise décision pour nous, qui a considérablement réduit notre influence autour de Saint-Pierre-et-Miquelon, justement. Et j'espère qu'on va pouvoir reparler de tout cela, puisqu'il nous faut
une
influence là-bas, c'est ce que dit le président Macron. Et bien, on ne peut pas être influent à Saint-Pierre-et-Miquelon, avec des eaux territoriales qui sont complètement rabougries. Et puis, un bateau, un bateau français là-bas aussi. Donc, il faut qu'il se passe quelque chose, si on veut pouvoir dire que l'on a une influence dans le Nord-Atlantique, notamment à proximité du Canada. Et si on veut un tout petit peu balancer les annonces de Donald Trump, qui met le drapeau américain sur l'ensemble du secteur.
–
Il y a Emmanuel Macron et Donald Trump qui doivent se rencontrer aujourd'hui. Quels sont les dossiers, selon vous, qui doivent être prioritaires ? Qu
'est
-ce qu'Emmanuel Macron doit dire à Donald Trump
? –
Je pense qu'Emmanuel Macron va redire à Donald Trump que la France est un État souverain. Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la France. Voilà, je pense qu'il va réaffirmer une fois de plus les valeurs qui sont celles de la France, que le droit est avant la force, alors que
M.
Trump a plutôt tendance à penser le contraire, c'est-à
-dire
la force et ensuite le droit. Je pense que ça, ça va être réaffirmé par le président français. – Mais au-delà des mots, est-ce qu'on a les moyens de contrer les velléités
de Donald Trump ?
– Alors on verra, parce qu'il faut attendre ce qu'il va en sortir, il faut rester optimiste sur ses relations. Mais bon, d'abord le fait qu'il rencontre Donald Trump dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies, c'est tout à fait normal, c'est logique,
c
'est souvent, ça se passe comme ça. et donc il y aura une rencontre qui va sans doute, pour une partie des échanges, être assez serrée,
parce
que la présence d'Emmanuel Macron sur Saint-Pierre-et-Miquelon…
– Serré, ça veut dire tendu. – Ça va
énerver, ça énerve un peu le président américain, mais enfin on est dans notre droit et on est sur un territoire français. Donc voilà, il va y avoir une partie sans doute qui va être un peu serrée. Et puis comme toujours à la fin de l'entretien, Donald Trump va serrer la main à Emmanuel Macron et va dire « mon cher Emmanuel, tu es très bon, etc. » Donc c'est aussi toute cette
communication
du président américain avec ce qu'il faut faire. – Autre enjeu de la visite à Saint-Pierre-et-Miquelon, c'est la question des énergies, puisque la hausse des prix à la pompe, ça reste évidemment la préoccupation des Français en ce moment. Se rapprocher du Canada, c'est aussi se rapprocher de ses hydrocarbures. On écoute le chef de l'État. –
Les projets canadiens de gaz naturel liquéfié peuvent contribuer
et
sont importants pour notre Europe
et
contribueront à ouvrir de nouvelles perspectives entre nos deux pays. Et nous avons là aussi entamé une discussion bilatérale avec M. le Premier ministre sur des projets très concrets. Je veux le remercier d'avoir si vite répondu à notre demande sur les produits les plus sensibles, pouvoir bâtir des solutions ensemble, le Canada étant un grand pays producteur.
–
Se rapprocher du Canada, c'est aussi une manière de sécuriser notre approvisionnement énergétique et de faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient ?
–
Bien sûr, au Moyen-Orient et en Ukraine. Donc il faut chercher partout où nous avons des solutions de remplacement. Et l'avantage d'avoir ce territoire français qui nous facilite cette relation avec le Canada, c'est une piste. C'est une piste sur le long terme.
Ce
n
'est
pas demain que l'on aura la solution.
– Mais
c'est bien du coup qu'Emmanuel Macron anticipe et voit à long terme. – Je crois qu'à chaque fois qu'on a une recherche de solution par rapport à un énorme problème, nous avons quand même un énorme problème d'approvisionnement compte tenu de la nouvelle situation géopolitique. Donc le fait de chercher des solutions de remplacement, ça ne peut aller que dans le bon sens.
– On
va regarder les unes de la presse régionale, Alain Juyandé. Il est question, là encore, évidemment, des prix à la pompe.
C
'est la une du progrès, prix du diesel, le trop-plein avec la hausse sans fin, des prix du gazole, artisans et transporteurs sont particulièrement mis à mal. Une hausse des coûts qu'ils vont devoir reporter sur leurs clients. La deuxième une, c'est celle de Corse Matin. Taxe foncière, un poids et un levier. La taxe foncière qui est l'un des impôts locaux les plus directement ressenties par les propriétaires, mais son produit constitue une ressource importante pour les communes. Et puis dernière une,
c
'est celle des dernières nouvelles d'Alsace. Le chancelier Mertz, grand perdant des élections régionales deux semaines après la victoire de l'AFD en Saxe-Saint-Alpes. La CDU de Friedrich Mertz a subi deux défaites cinglantes en Mecklenburg, Poméranie occidentale et à Berlin face à l'extrême droite et à la gauche radicale. Le chancelier, plus affaibli que jamais, exclu de démissionner. De quelle une avez-vous envie de nous parler
? Parmi
les trois, quelle une avez-vous envie de commenter
? –
Je vais parler de la taxe foncière.
C
'est un sujet qui n'est pas forcément… –
Mais qui
est concernant. – Trop public. Mais qu'est-ce qui se passe avec la taxe foncière ? On l'avait dit d'ailleurs au Sénat. Quand on a supprimé la taxe d'habitation, on a dit les maires ne vont plus avoir comme seul levier la taxe foncière. Et comme la compensation
de
la taxe d'habitation que les communes ont perdue, voilà la conséquence, c'est la taxe foncière qui s'envole. Et il faut le comprendre, c'est pour ça que tant qu'on n'aura pas dans les communes une sorte d'autonomie financière, que l'on puisse décider de nos propres ressources, je pense qu'on va se servir uniquement de ce qui reste. Et c'est la taxe foncière. D'ailleurs le titre, il est très bien parce qu'on dit que c'est un poids, et c'est un poids pour le contribuable, mais c'est un levier pour le maire. Donc je crois que le titre résume très bien la situation actuelle. Et ça a fait partie de vos combats au Sénat ces dernières années.
On va revenir sur vos années Sénat puisque vous vivez vos derniers jours à la Chambre haute. Vous allez quitter le Sénat le 1er octobre. C'est vous qui avez choisi de ne pas vous représenter au sénatorial. Vous allez nous dire pourquoi. On va aller sur votre territoire retrouver Didier Fort. Bonjour Didier. Merci beaucoup d'être avec nous. un reporter régional à l'Est Républicain, ancien directeur départemental de la Haute-Saône. Vous avez donc suivi Alain Joyandé. Vous allez revenir sur ces années de mandat.
Oui,
alors, oui, moi je voudrais saluer Alain Joyandé. Je trouve que c'est un moment particulier de sa carrière, bien sûr. Et puis à travers lui, c'est effectivement un moment un peu particulier aussi pour la Haute-Saône parce que c'est le boss, on va dire, de la droite depuis tant d'années en Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté, voilà. Mais j'aurais peut-être une question à la fin. Juste, en fait, avec la poussée du RN, là, ça renvoie à une que vous aviez tout de suite en Allemagne. Mais là, pour le coup, c'est chez nous, en Haute-Saône, en région Bourgogne-Franche-Comté. Cette poussée du RN, comment vous la voyez évoluer ?
Comment vous, Alain Joyandé, vous comptez parer aux extrêmes ? Et comment vous allez vous battre pour ça
?
Bonjour Didier Faure.
– Alors,
si on parle de l'élection sénatoriale, je pense que la poussée du RN sera sans doute réelle, mais je ne pense pas que ça puisse changer les équilibres ici au Sénat. Il y aura peut-être un groupe pour le Rassemblement national, mais ça ne va pas changer l'équilibre, en tout cas l'équilibre sénatorial. Quant au département de la Haute-Saône,
on
a déjà deux députés RN, et pour les deux postes,
nos
deux sénateurs vont être élus dimanche prochain,
et
je pense qu'il n'y aura pas de sénateurs RN, parce qu'au niveau des maires, on n'en est pas encore à la poussée grand public.
–
Didier ? – Il ne fallait pas parler des sénatoriales, puisque ça comptait en tant que
parole. – Voilà, on n'en parle plus. – On
n'en parle
plus. – On n'en parle plus. Alors,
vous
avez une
question sur la présidentielle ?
–
Il y
a
peut-être quand même une question, pardon Didier Faure.
–
Allez-y. – Il
y
a une question à laquelle je n'ai pas répondu, puisque pourquoi, vous m'avez posé aussi, pourquoi je ne me représente pas ? –
On va y venir. – Je
peux dire pourquoi je ne me représente pas, c'est simplement parce que j'ai considéré que je devais, alors je vais essayer de parler des sénatoriales le plus prudemment possible, –
Sans cité
de candidat. – Que je devais transmettre ce mandat à la jeune génération. Didier Faure a dit que j'étais le boss de la droite en Haute-Saône. Je ne vais pas disparaître du paysage politique, parce que c'est ma passion, et je vais donc continuer à être utile là où je serai utile.
Mais en tout cas, j'ai considéré que mon rôle était aussi, comme je l'ai fait d'ailleurs, Didier Faure, à la ville de Vesoul, que j'étais maire pendant 17 ans, j'ai transmis à un jeune premier adjoint, on voit qu'aujourd'hui ça marche très bien, Alain Chrétien, et je veux faire la même chose, je l'espère en tout cas, j'espère que les grands électeurs me feront confiance, et feront confiance aux jeunes candidats que je propose, je ne citerai pas son nom pour respecter les consignes que vous m'avez données avant l'émission.
–
Merci, on est à six jours de l'élection, donc il faut qu'on respecte les consignes de la campagne. Didier, vous avez eu une autre question, plus sur la présidentielle
? –
Alors pas forcément sur la présidentielle, mais plus effectivement sur le positionnement
d
'Alain Joyandé, parce que moi je vous connais depuis quelques années, je ne vous imagine pas
une seule seconde effectivement en retraite, il y a deux concepts complètement différents, Alain Joyandé et la retraite. Votre prochain combat d'abord, c'est quoi ? Et ensuite, vous avez été quand même
assez
critiqué quand vous aviez appelé à une alliance, alors c'était un temps donné bien sûr avec le parti d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, c'est quelle ligne que vous aimeriez dans vos prochains combats insufflés et comment vous vous positionnez par rapport au candidat Retailleau
? –
Alors moi
je soutiens… – Ça ne fait pas une
question, je suis désolé. – Je réponds à la dernière question tout de suite parce que c'est facile, je soutiens le candidat Retailleau, c'est le président de mon parti, et depuis le début, moi je suis président de l'ELR en Haute-Saône, il est candidat, il a été élu par la totalité, par la grande majorité, pardon, de nos militants, donc je soutiens Bruno Retailleau, et je pense qu'il a un projet pour le pays qui est un projet particulièrement intéressant dont la France aurait bien besoin.
– Mais juste vous,
pardon, vous avez entendu François Bayrou par exemple, qui
s
'exprimait hier, lui il prône une primaire. Est-ce que les Républicains pourront aller jusqu'au bout ? Est-ce qu'à un moment la droite et le centre vont devoir trouver un candidat commun ? – Je pense qu'il faut laisser le temps au temps, c'est toujours difficile, on n'a jamais réussi à fabriquer un président de la République en trois mois. Tous ceux qui ont été présidents de la République ont commencé bien avant, à l'exception d'Emmanuel Macron pour les questions du dossier Fillon. Donc ça, je pense que sur la présidentielle, il faut être très prudent, les choses peuvent bouger, mais pour l'instant je soutiens mon président.
– Mais est-ce que
vous faites partie de ceux qui disent « il doit y avoir un bulletin Bruno Retailleau le 18 avril » ou est-ce que vous faites partie de ceux qui disent « il faut qu'Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau se mettent autour de la table, discutent et qu'ils n'en sortent qu'un ? »
–
Comme l'a dit le président du Sénat, il faut examiner tout ça avant la fin de l'année pour regarder comment les rapports de force sont en réalité à ce moment-là. On a vu un sondage il n
'y a
pas très longtemps où la présence de Bruno Retailleau au premier tour de l'élection ne gênait pas l'élection de la droite et du centre. Tout ça, ça bouge, rappelez-vous de toutes les élections présidentielles ne se sont jamais terminées comme on l'avait dit. En tout cas pour l'instant, moi je soutiens le candidat de ma famille politique parce que j'estime que c'est normal. Sur les autres questions de Didier Faure, sur mes projets, je suis encore conseiller régional
et
je souhaite m'attacher à ce mandat et le faire très très sérieusement. Je pense qu'on a une vraie question Didier Faure avec la région Bourgogne-Franche-Comté dans notre secteur, mais pas seulement. Je pense que la fusion des régions est un échec patent et je pense qu'il faut faire quelque chose au niveau régional et il faut à nouveau simplifier ce que nous avons complexifié et il faut faire des économies là où nous avons dépensé énormément d'argent. Voilà, et donc je pense que là il y a un beau combat à mener et c'est le combat que je mènerai.
– Dernière question sur le Sénat, vous êtes arrivé très jeune au Sénat, c'était en 95, puis vous en êtes parti, vous êtes revenu en 2014 pour faire vos 12 ans de mandat. Si vous deviez nous citer une réussite et un regret, ce serait quoi
? –
La réussite, je pense pouvoir dire qu
'il
y
a
eu plusieurs réussites.
Je
pense avoir pesé sur le groupe, sur un certain nombre de positions.
Je
reviens à Didier Faure, quand j'ai demandé à ce qu'on fasse une… il a parlé d'alliance,
je
n
'ai
pas fait d'alliance avec Macron, mais quand j'ai demandé que les Républicains prennent leurs responsabilités et fassent une coalition, au moment où je l
'ai
demandé, et ça m'a valu d'ailleurs quelques volets de bois vert, et au moment où je l
'ai
demandé si on l'avait fait, à ce moment-là on avait la majorité absolue et on n'aurait pas traîné une assemblée nationale avec une majorité relative pendant deux ans. Je pense avoir pesé un peu sur le groupe et puis pour mon département, je pense avoir peut-être été quand même utile sur deux ou trois gros dossiers comme la base aérienne de Luxeuil, le contournement de Port-sur-Saône, pour ceux qui connaissent, j'ai quelques grands dossiers comme
ça. – Je n'ai pas de regret,
vous partez sans regret.
–
Non, je n
'ai
pas de regret, parce que d'abord je pars, mais je ne meurs pas.
–
Ben non !
–
Tout à l'heure vous avez parlé des derniers jours,
c
'est mes derniers jours de
sénateurs. – De
sénateurs ! – Et si Dieu me garde la santé, j'espère pouvoir continuer à être utile et à œuvrer pour mon territoire. – Merci Alain Joliondet.
– Et mon
pays auquel je suis très attaché, en espérant garder la France gaullienne, gaulliste que j'aime. – Merci beaucoup, merci d'avoir été notre invité.
– Merci pour votre
invitation.
–
Didier Faure, merci d'avoir été avec nous. C'est Annie Gennevard, à la Une de l'Est
républicain Haute-Saône aujourd
'hui. Deux ans au ministère de l'Agriculture. On va parler de la primaire de la gauche, avec l'un des cinq candidats qui nous rejoint.
C
'était
Emmanuel Morel. –
Primaire,
primaire,
primaire.
– Les
10 et 17 octobre prochains aura donc lieu la primaire de la gauche. Cinq candidats en liste, vous allez les voir, Raphaël Luxman, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Gage. Et vous, Emmanuel Morel, bonjour. – Eh oui, bonjour. – Merci d'être notre invité, candidat donc à cette primaire, cofondateur de la gauche républicaine et socialiste. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Stéphane Vernet de Ouest France. Bonjour Stéphane.
–
Auriane, bonjour. Emmanuel Morel, bonjour.
–
Bonjour. – Emmanuel Morel,
on
va évidemment parler de votre programme, de votre mesure. Mais d'abord, pour ceux qui vous connaissent peu, peut-être parmi nos téléspectateurs, pourquoi êtes-vous candidat ? Qu'est-ce que vous souhaitez défendre dans cette primaire ? – Je suis candidat parce que je pense que j'ai une voix singulière à gauche, à la fois sur la France et sur l'Europe. Et donc,
je
ne suis pas au Parti Socialiste. Je l'ai longtemps été. J'ai été, comme beaucoup d'électeurs, déçus par le quinquennat de Hollande. J'ai créé mon propre parti. J'ai emprunté d'autres chemins. Mais quand même, j'ai le sentiment de l'urgence, avec le risque de la victoire de l'extrême droite. Et la famille socialiste, parce que ça reste ma famille pour moi, je pense qu'elle a l'opportunité, à l'occasion de cette primaire, d'avoir une vraie discussion, un vrai débat qui nous permettra d'entraîner les Français. Et j'espère d'aller jusqu'au deuxième tour de l'élection. – Et de faire entendre ces idées, enfin, j'allais dire.
Les socialistes, ils ne pèsent aujourd'hui pas assez dans le débat politique ?
–
Je ne dirais pas ça. D'abord, il y
a
un réseau d'élus locaux qui est très dense. Les grandes villes sont dirigées par le Parti socialiste. –
Mais
les idées du Parti socialiste, est
-ce qu
'elles infusent
? –
Alors, d'abord, les idées du Parti socialiste, on a un idéal commun, la République laïque, démocratique, sociale, et ça, je pense, les Français y sont attachés. Quand vous parlez de services publics, quand vous parlez de protection sociale, quand vous parlez de salaire, de défense du monde du travail, ça, les Français, évidemment, ils entendent ce message. Et quand on voit la situation à laquelle on est confrontés aujourd'hui, la dureté des temps, le chaos du monde, le réchauffement climatique, des réponses de coopération, des réponses de solidarité, moi, je pense que ça, ça parle aux gens.
Après, évidemment, il faut trouver une incarnation, et puis il faut se battre, il faut se battre parce qu'on est dans un monde très violent et très polarisé, où l'extrême droite, notamment, progresse. Regardez ce qui se passait en Allemagne ces dernières semaines, il faut relever la tête. Mais pour ça, il faut proposer un certain nombre de choses, et moi, ce que je propose prioritairement, c'est le redressement du pays avec un grand plan d'investissement. – On va en parler, on va vous poser quelques questions sur vos propositions. Avant ça, juste pour vous situer, vous avez quitté le Parti socialiste il
y
a 7 ans, vous dites que vous êtes passé par d'autres voies, vous étiez sur la liste de Manon Aubry, la France insoumise aux Européennes, vous avez été élu député européenne. Aujourd'hui, vous vous situez où ? Et GRS, c'est combien de divisions, combien d'adhérents ?
Qu
'est
-ce que ça te présente ? – Aujourd'hui, on a
2000 adhérents à jour, alors j'espère qu'on va en faire rentrer un peu plus à l'occasion de cette primaire. Mais oui,
c
'est vrai, moi, comme beaucoup d'électeurs de gauche, je me suis cherché, et j'ai cru. – Est
-ce
que
vous vous êtes trouvé ?
– Je me suis trouvé parce que je suis cohérent sur mes positions depuis longtemps. Mais c'est vrai qu'en 2019, d'abord, j'avais été un peu écoeuré par la fin du quinquennat Hollande,
je
dois l'avouer, la déchéance de nationalité, la loi travail, c'était douloureux. Et j'ai cru en plus que Jean-Luc Mélenchon, que je connaissais bien, j'ai cru que ça serait le nouveau François Mitterrand. – Vous êtes revenu
du
mélenchonisme,
vous êtes
revenu de Jean-Luc Mélenchon
et de la France insoumise aussi ?
– C'est surtout lui qui a beaucoup changé. Moi, quand j'étais un jeune militant, Jean-Luc Mélenchon, c'était vraiment le républicain, laïc, universaliste,
il
a incontestablement changé, en tout cas, il a infléchi
son discours. – Il n'est plus républicain
? – Et en tout cas, ça m'a beaucoup déçu et décontenancé. Donc, je reste dans cette famille socialiste, et puis dans cette primaire,
on
va essayer de faire en sorte que la discussion se passe bien et que les propositions qui émergent intéressent les Français. –
Mais vous êtes à gauche… – Il est républicain
ou pas, Jean-Luc Mélenchon ?
– Il
est républicain, il faut lui demander. Oui, quand même, je pense qu'il est attaché à la République. Après, on a
plusieurs
façons d'être républicain. – Vous vous situez clairement à la gauche du Parti socialiste, le plus à gauche du Parti socialiste,
la gauche gauche du Parti socialiste, c'est ça ? – Je ne sais pas, parce que je ne suis pas sûr
qu
'il
fallait faire le concours du plus à gauche, mais ce qui est sûr, c'est que moi,
je
suis attaché à des fondamentaux qui sont au cœur de la gauche, le partage des pouvoirs, le partage des savoirs, et évidemment, le partage des richesses. – Allez, justement, on va parler de vos propositions, les mesures que vous prendriez si vous arrivez au pouvoir. La principale préoccupation des Français, à
l
'heure où on se parle, c'est la hausse des prix du carburant. 2,41
euros
en moyenne le litre, c'est un record. Quelles mesures vous prendriez, vous, Président
? –
D'abord, la première chose, c'est que ça va durer.
Je
pense qu'il ne
faut
pas mentir aux gens. Ça va durer, pourquoi ? Parce qu'il y a des guerres,
ce
qui est en train de se passer entre les Saoudiens va aggraver le problème, sans compter la guerre en Ukraine, le fait que les États-Unis se tournent vers le Venezuela, donc ça va durer. Il eut fallu anticiper. Ça n'a pas été le cas,
c
'est-à
-dire
qu
'il
fallait électrifier au maximum, on a beaucoup moins de raffinerie qu'avant, il y
en
avait 11 aujourd'hui, il y
en
a 4. Bref, les politiques publiques n
'ont
pas anticipé le problème.
– Et croyez-vous, je vous le sens
du
? –
Bien sûr, absolument, oui. Enfin là, ça fait quand même 10 ans que M. Macron est là. Donc, ce qui est sûr, c'est qu'on ne pourra pas faire des boucliers énergétiques à chaque fois. Boucliers énergétiques, la dernière fois, ça a coûté presque 70 milliards d'euros, on ne
peut
pas le refaire à chaque fois. Donc, il
y
a des mesures d'urgence à faire.
Pour
moi, au moins, faire ce que font certains de nos voisins, c'est-à
-dire
le plafonnement.
On
négocie… – Le plafonnement des prix. – Oui, on négocie régulièrement avec les distributeurs et les racheteurs.
–
Toujours
n'y a pas
aux taxes, 60% du prix de l'essence des carburants en France,
c'est des taxes, pluriel. – Le problème, c'est que
vous connaissez l'état de nos finances publiques, donc déjà, c'est compliqué, parce que si on baisse la TVA à 5, comme ça a été proposé, c'est presque 15 milliards d'euros. Donc, ce n
'est
pas simple. Et puis surtout,
pourquoi
il y avait cette fiscalité ? C'était une politique écologique pour sortir de notre dépendance au pétrole et aux énergies fossiles. C'était ça, l'idée, quand même. Et moi, je pense qu'il faut garder ça. Il faut électrifier au maximum. Pour autant, là, il y
a
des mesures d'urgence, notamment pour les gros rouleurs. Et puis, ce qui m'inquiète le plus, c'est la fracture territoriale. C'est-à
-dire,
il
y
a d'un côté des gens qui vivent en métropole,
qui,
eux, bénéficient d'un réseau de transports collectifs très dense, des transports qui sont parfois gratuits. Et puis d'autres qui vivent dans des territoires périurbains ou ruraux, et là, qui galèrent. Donc là, il y a des choses à faire. J'ai vu une proposition, en arrivant ici, d'un élu du LOT qui s'appelle Rémi Branco sur le pass
navigo rural.
Très intéressant, ça. Il dit qu'il faut mettre le paquet sur le leasing social pour les voitures électriques. Il faut que l'État investisse. Et moi, je suis pleinement dans cette logique de l'investissement. Après, il y a une chose à faire, par contre, en termes de TVA. Moi, je pense qu'il faut baisser la TVA sur l'électricité, abonnement et consommation. Ça, ça coûte 5 milliards.
J
'avais déjà fait la proposition lors du dernier budget. Mais au moins, ça fait gagner du pouvoir d'achat aux Français. Et puis, ça donne une direction. Cette direction, c'est « on électrifie
».
Là, on est dans un moment de crise. Et un moment de crise, c'est dur pour les gens. Et en même temps, pour un responsable politique, ça doit être l'opportunité pour changer de politique. On ne
l
'a pas fait avant, c'est maintenant qu'il faut le faire. Vous souhaitez, parce que vous parlez effectivement de cette fracture, et vous avez tout à fait raison, fracture entre la France des métropoles et la France rurale. Est-ce que vous souhaitez un retour des Gilets jaunes ? Est-ce que vous l'encouragez ? Vous appelez les gens à aller sur les ronds-points ? Je ne
sais
pas. Ce n
'est
pas un responsable politique de surcroît candidat à la primaire, de dire « Fabien
Roussel le fait à longueur de journée ».
Fabien, avec
son
tempérament et avec son enthousiasme, c
'est
vrai. Moi, s'il
y
a un mouvement des Gilets jaunes,
je
leur parlerais, comme je l'ai fait la dernière fois, et j'écouterais leurs revendications. Et d'ailleurs, je pense que les choses auraient beaucoup changé si on avait lu les cahiers de doléances et si on en avait tiré un certain nombre de conclusions. Parce que cette fracture territoriale,
qui
défigure notre pays quand même, elle était présente dans les cahiers de doléances. Il y avait plein de propositions, elles n
'ont
pas été prises en compte. Ça, c'est une des grandes fautes de M. Macron. Donc, je ne
suis
pas là pour souhaiter un mouvement des Gilets jaunes, mais s'il est là, il faudra l'accompagner,
il
faudra discuter, il faudra échanger,
il
faudra surtout donner un débouché politique. Parce qu'encore une fois, la colère, elle s'exprime, mais le rôle d'un élu et d'un candidat, c'est de donner un espoir et une direction à partir de
cette colère et de ces inquiétudes. – Et quel peut être le débouché politique
?
– Le
débouché politique, c'est on change de système. À la fois, je vous le disais, pour redresser le pays, il faut investir massivement. Et moi, au cœur de mon programme, il
y
a l'idée d'un grand emprunt national pour décarboner, réussir la transition écologique et justement réduire la fracture territoriale, ce dont je parlais à l'instant, et puis aussi la défense du monde du travail. Aujourd'hui, on a des salariés, du public,
du
public
comme
du privé, qui ont été malmenés depuis des années avec des salaires qui stagnent, avec un droit du travail qui a été quand même entamé par les ordonnances Macron, par les lois El Khomri. Ça, ça doit changer prioritairement les urgences. – Changer de système, votre programme,
c
'est démondialiser, démerchandiser, démocratiser. Démondialiser, c'était la proposition phare d'Arnaud Montebourg il y a 15 ans. Ça n
'a pas
formidablement bien marché, mais c'est surtout que c'est une idée qui a été beaucoup reprise par l'extrême droite, par Marine Le Pen aujourd'hui. Est-ce que la gauche n'a pas abandonné cette idée de protection, de protectionnisme en fait sur la démondialisation ? – Écoutez,
en ce qui me concerne, je n'ai jamais
abandonné. J'ai été 10 ans élu au Parlement européen. Dès que je suis arrivé en 2014, la première chose que j'ai dite à la vice-présidente de la commission qui était chargée du commerce international, c'est qu'il fallait mettre des protections, notamment par rapport à l'industrie chinoise, qui était déjà en train de bouffer des pans entiers de notre appareil productif. – Vous
l'avez dit avant les autres. –
Je l'ai dit au même moment que Montebourg, parce que de ce point-là, il avait totalement raison. Et aujourd'hui, ce n
'est
pas l'extrême droite, la plupart des dirigeants politiques, que
ce
soit en privé ou en public, disent que
ça
ne peut pas continuer comme ça. Il faut relocaliser.
– Il y a un consensus
sur le sujet ? – Non, il n'y a pas de consensus encore. C'est-à
-dire
que vous avez une partie de l'élite économico-administrative qui a du mal à se faire à l'idée qu'il faille relocaliser massivement. Et puis il y en a certains, j'ai vu un économiste prestigieux l'autre fois à la télévision qui disait « mais ça ne sert à rien des usines, ça ne sert à rien de paracétamol, il faut miser à fond sur les biotech ». Mais en fait, il ne
faut
pas opposer les deux. Moi, je pense qu'il faut fabriquer du paracétamol en France. On a longtemps été un leader pharmaceutique. Ça n'empêche pas d'être leader sur les biotech. D'ailleurs, dans le cadre de France 2030, que hélas, le gouvernement s'apprête à sacrifier encore, à baisser un certain nombre de milliards, la France est très bonne sur les biotech. Elle est concurrente, les Américains. Donc ce que je veux dire par là, c'est que la démondialisation, aujourd'hui, ça devient une nécessité parce qu'il faut sortir de nos dépendances. On en parlait sur les carburants. On est totalement drogués au pétrole et au gaz. Il ne
faut
plus être addict et donc il faut changer. Et nous, on a de la chance. On a une électricité décarbonée,
de
très bonne qualité, et pas chère en France grâce au nucléaire. Ça, c'est quand même un sacré avantage comparatif. Mais ça vaut pour
plein d'autres choses. Mais donc, c'était
une erreur de pousser à fermer les réacteurs ? C'est
-à-dire
que c'est ce qu'a fait
la gauche. Mais évidemment, je
suis totalement d'accord avec vous. Mais moi, je suis pour qu'on continue dans le nucléaire. Il n'y
a
pas que le nucléaire. On a l'hydroélectrique, on a les renouvelables. Donc vous, président, il n
'y a
plus de fermeture de réacteurs
?
Moi, président, surtout, il
y
a de
l
'investissement dans des nouveaux réacteurs. Et il y a un certain nombre de projets qui sont notamment à l'étude à EDF, qui peuvent, oui, nous permettre de sortir de cette dépendance et puis de redevenir un grand pays industriel. Parce que c'est un drame aussi de voir ces usines qui ferment, ces industries. La France a été quand même un champion. Un champion avec un appareil de production formidable, des travailleurs bien formés. Ça fait partie du projet.
Vous
parliez des milliards. Sébastien Lecornu a dévoilé les premières lignes du budget 2027. 54 milliards d'économies. Vous allez vous prononcer dessus dans quelques semaines. En l'État, que voterez-vous
?
Là, je ne peux pas voter pour ça. D'ailleurs,
c
'est vraiment troublant de voir à quel point le gouvernement, alors même qu'il voit ce qui se passe sur le terrain, il continue dans une forme d'indifférence au sort des gens qui est préoccupante. Quand on dit…
Il faut aussi
peut-être le compteur de la dette tourner. Oui, oui, non,
mais
attendez. Le compteur de la dette, il en est en partie responsable.
S
'ils n'avaient pas baissé la fiscalité à ce point, notamment sur les plus riches ou sur les grandes entreprises, on n'en serait pas là quand même. Quand vous commencez par supprimer la taxe d'habitation, supprimer l'ISF, supprimer une grande partie de la CVAE, vous ne
vous
étonnez pas après qu'il y
ait
un trou dans la caisse. Mais surtout, là, franchement, on ne peut pas rentrer compte tenu de la crise, vraiment de la prégnance de l'urgence sociale. Dire on gèle les APL, on va désindexer un certain nombre de retraites, on continue le gèle du point d'asile des fonctionnaires. Là, il faudrait qu'il
y ait
un débat dans ce pays sur la fonction publique. Aujourd'hui, la baisse de pouvoir d'achat pour un fonctionnaire, c'est 16% par rapport au prix de
l
'alimentation qu'on manque de 25. Ça, ça ne peut pas durer. Bref, il y a toute une série de mesures. Sans parler de, par exemple, le budget travail-emploi, j'en suis rapporteur à l'Assemblée nationale, en commission des finances, qui baissent chaque année 2 milliards. Alors qu'on parle de formation professionnelle, d'apprentissage, d'insertion économique. Voilà, ça, c'est des mesures que je ne
peux
pas supporter. Et à l'inverse, vous avez le président Macron qui a dit, par contre, pour ce qui est des plus fortunés, on ne touche rien, voire même on baisse. Vous avez vu qu'on baisse la surtaxe de l'impôt sur les sociétés qui avait été votée l'année dernière.
En
l'État, c'est évidemment pas votable. Mais c'est surtout, ce n
'est
pas bon le pauvre pays. Ce n
'est
pas bon le pauvre pays si on veut relancer un peu l'activité, si on veut redonner confiance aux Français dans une période très pleine d'inquiétudes et pleine d'incertitudes, il ne
faut
pas faire un budget pareil. Ce n
'est
pas bon pour le pays, ce n
'est
pas votable, mais est-ce que vous iriez jusqu'à voter la censure du gouvernement
? Mais vous savez,
je ne déclare pas la censure a priori. Il y en
a
qui le font. Oui, ce n
'est
pas
mon cas. Jean-Luc
Mélenchon, Olivier Faure,
enfin il y a...
Moi, je pense que ce qui est important, c'est le débat budgétaire, et puis d'arriver à faire passer des choses. Ça arrive, regardez, l'année dernière, à l'issue d'un débat qui était un peu costaud, on avait fait passer le CRUS, les restaurants universitaires, à 1 euro. Les gens pensaient que c'était cosmétique. Aujourd'hui,
compte
tenu de la pauvreté en plus en milieu étudiant, non seulement c'est un énorme succès, si j'ose dire, c'est-à
-dire
qu
'il
y a vraiment des queues interminables devant les restaurants universitaires, mais en plus le gouvernement lui-même reconnaît qu'il va falloir augmenter parce qu'il y
a
un besoin. À partir des besoins, ça, ça me paraît fondamental.
Vous
allez faire entendre vos idées dans cette primaire, il y aura des débats.
– Ah,
est-ce que cette primaire, c'est un référendum anti-Mélenchon
? –
Non, pourquoi
? – Est-ce qu'il
y a deux lignes ? Il y
a la ligne de ceux qui
sont contre LFI et la ligne de ceux qui prononcent. –
Vous savez, je
crois que la première des choses, c'est arrêter de dire on est la gauche non-mélenchoniste ou anti-mélenchoniste. On ne se positionne pas par rapport à quelqu'un, on se positionne par rapport à nous-mêmes. Moi, on se définit de façon autonome. Quand François Mitterrand, je prends cet exemple pour les plus anciens d'entre nous, il devient secrétaire national du parti après le congrès d'Épinay, il ne
dit
pas comment on se positionne par rapport aux communistes, comment on se positionne par rapport à l'extrême-gauche. À l'époque, l'extrême-gauche était puissante. Non, il dit c'est quoi être socialiste aujourd'hui, quel est le projet, quel est le dessin ? C'est exactement ce qu'il faut qu
'on
fasse. Donc on n'a pas à se positionner par rapport aux autres. C'est quoi être socialiste aujourd'hui ? En quoi être socialiste, c'est pertinent dans la période actuelle,
et
moi je le crois, quand on est confronté au chaos du monde, aux guerres, mais aussi au réchauffement climatique, à l'extinction de la diversité, à l'explosion des inégalités, il faut un grand projet. C'est pour ça que moi je dis démondialiser, démocratiser, démarchandiser, parce que je pense que sortir de la société du tout marché, du tout jetable, cette montagne de déchets, il faut un autre système, un autre modèle de développement, et moi c'est ce que je vais porter avec passion dans cette primaire. Et pourquoi vous vous présentez à la primaire ? Vous pensez que vous pouvez vraiment la gagner ? Ou alors vous avez un certain nombre d'idées fortes à faire entendre
? C'est les deux.
D'abord, porter des idées, c'est noble.
Mais vous pensez que vous pouvez gagner ? Vous
savez,
je
ne sais pas moi ce que voteront les militants, si ça va au-delà des militants. Parce que là, on a une base de départ, c'est les adhérents des trois partis qu'organise la primaire.
Mais
si les débats sont intéressants… PS, place
publique et le
vôtre. Voilà, PS, place publique et la gauche républicaine et socialiste.
Si
ça intéresse les gens, si les débats sont suivis avec passion, s'il y
a
des propositions intéressantes, s'il y a beaucoup plus de votants que prévus, tout est incertain. Vous êtes confiant sur le bon déroulé de cette primaire ?
Sur
le fait que le vote se déroule de manière tranquille ? Ah, le vote, oui. Je peux vous dire, on a une batterie d'experts comptables et d'huissiers de justice qui vont vérifier le déroulement des votes. Donc ça, il n
'y a
pas de problème.
En
plus, il faut être très vigilant parce qu'il y a tous les problèmes de cybersécurité, d'ingérence, tout ça. Donc là-dessus, on est complètement d'équerre. Après, le bon déroulement entre les candidats, vous voulez dire ? Oui, c'est ma question d'après. Quand vous entendez hier,
c
'est Golan Royal, qui dit que Raphaël Glucksmann, c'est un stagiaire en politique
? Oui,
bon, son entrée en campagne, c'est ça. Ça vous fait un peu sourire, quand même
? Non,
ce qui me fait sourire, c'est Ségolène Royal. C'est le côté flingueuse, quoi. Bon, elle va rentrer dans le débat comme ça. Je ne
suis
pas sûr que l'horizon d'attente des gens qui vont voter, c'est juste qu'on s'envoie quelques claques ou qu'on sorte des punchlines. En fait,
je
pense que c'est ça, peut-être sortir des punchlines et faire des vraies propositions qui intéressent les gens,
qui
les soulagent dans leur vie quotidienne, tout en ayant un…
Parce
que ce n
'est
pas que des mesures d'urgence, une campagne de primaire, c'est aussi. C'est quoi notre modèle de société ? C'est quoi le nouveau modèle
? Il n'y aura pas d'invectif de
votre part ? Absolument pas.
Ça
gère pour vous ?
Je vais vous
dire…
Non, mais
surtout, il y a une bonne raison à cela. Moi, j'ai participé à des primaires comme militant ou comme responsable. J'avais soutenu Martine Aubry, par exemple, en 2011.
C
'était 2011, j'ai soutenu Arnaud Montebourg aussi la dernière fois.
Si
vous vous tapez dessus et si vous affaiblissez celui qui va gagner, après, il
faut
ramer derrière pour expliquer que ce que vous avez dit avant, finalement, n'est plus vrai.
Vous
soutiendrez celui qui va gagner ? Si vous ne remportez pas la
primaire, vous soutiendrez celui qui va gagner ? C'est
un peu l'idée, si à partir du moment où
on est…
Non,
ça
n
'a
pas été le cas à la dernière
primaire socialiste.
Justement, le sort qui avait été fait à Benoît Hamon était vraiment dégueulasse. Il
a été lâché,
notamment par
Manuel Valls ? Il a été
lâché par beaucoup de gens, à commencer par Manuel Valls. Et je pense que ça a été un moment de basculement dans l'élection. Donc, évidemment, si vous présentez une élection, il faut en respecter les règles. Les règles, c'est qu
'il
y aura un gagnant ou une gagnante, et qu'il faudra le soutenir.
Ben,
je le ferai. Puis alors, franchement, sans problème.
Mais c'est
Raphaël Glucksmann. Mais qui que ce soit, je veux dire, à partir du moment où on participe à une compétition, on accepte le verdict quand les gens votent. Vous disiez tout à
l
'heure, vous êtes à la gauche du bloc, Raphaël Glucksmann est à la droite du bloc. S'il gagne, vous le soutiendrez sans réserve, ça c'est promis. J'espère qu'on est tous de gauche, c'est un peu le principe. Après, il y a différentes nuances de gauche. De toute façon, il y a 50 nuances de gauche dans le pays. Ce qui compte, c'est de faire en sorte qu'en dépit de ces nuances, on arrive à faire du compromis politique. Moi, j'ai une autre question qui pique un peu. Imaginons, vous gagnez la primaire. C'est vous qui êtes le candidat pour la gauche sociale-démocrate. Ça n
'a
pas l'air de vous faire rêver. Non, non, mais ce n
'est
pas la question. Ma question, elle est beaucoup plus pernicieuse. Est-ce qu'il y a une chance qu'Emmanuel Morel se désiste avant la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon, en disant qu'on a besoin d'un seul candidat de gauche ? Compte tenu de vos proximités passées avec la
France, justement, elles sont
passées. Votre position ? Non, mais ça ne se pose pas comme ça. Moi, vous savez, ce qui m'obsède dans la période, c'est que la gauche, le problème, ce n
'est
pas le nombre de candidats. Le problème, c'est que pour l'instant, la gauche tout mouillée, c'est 30%. Pour gagner, il
faut
50%. Donc, de toute façon, il faut s'adresser à des gens, soit qui nous ont tourné le dos parce qu'ils ont été déçus par nous, notamment quand la gauche était au pouvoir, soit qui ont voté ailleurs et qui doivent revenir vers nous. Donc, la question, encore une fois, il y aura un candidat socialiste comme il y
aura
un candidat insoumis. Ça, c'est sûr. La question, c'est comment on fait pour élargir le socle de la gauche ? Comment on retrouve les classes populaires qui, quand même, nous font défaut ? On parlait notamment dans les territoires ruraux et périurbains. Ça, c'est ça qui est intéressant. Et c'est ça qui doit nous obséder.
Dernière question,
c
'est
comment on fait pour qu'il n
'y
ait pas 4, 5 candidats de gauche sur la ligne de départ ?
Je
ne
sais
pas si vous avez vu, mais il y a
eu
un Conseil fédéral hier chez les écologistes qui devait se mettre d'accord sur quelle stratégie. Ils se sont compieusement engueulés et, en fait, ils n'arrivent pas à trancher. On pourrait très bien avoir un Jean-Luc Mélenchon, un Emmanuel Morel, un Fabien Roussel, une Marine Tondelier et d'autres sur la ligne de
départ.
Peut
-être
un François Hollande. C'est l'assurance d'être balayé, exactement, et c'est l'assurance d'en avoir aucun au second tour. Je viens de vous répondre, je ne crois pas. Je crois qu'en fait, la question du nombre de candidats, ce n
'est
pas le plus important. Le plus important, c'est la capacité de la gauche
à
rassembler au-delà de ce qu'elle a fait jusqu'à maintenant.
Le nombre de candidats,
ça a son importance, pardon. Ça dépend.
Ça vous a
éliminé en 2002, par exemple. En 2002, il y a eu plein d'autres raisons qui nous ont éliminés. Déjà, le fait d'avoir sous-estimé la progression du vote RN dans un certain nombre de territoires ouvriers où la gauche était jadis hégémonique et où elle ne l'était plus. On parlait de démondialisation, mais c'est ça aussi.
C
'est-à-dire, les effets de la désindustrialisation, les effets des délocalisations, du dumping social, concrètement, ça affecte la vie des gens. Si la gauche ne s'en rend pas compte, et si elle ne trouve pas des réponses, après, elle est punie électoralement. Donc, c'est ça le plus intéressant, et c'est là-dessus qu'on va se battre. – Merci Emmanuel Morel.
– Merci à vous et bonne journée. –
Bonne journée à vous, la Une de Ouest-France Stéphane. Faute d'argent, les opérations de paix de l'ONU en péril. À la Une de votre journal, merci beaucoup. On va voir ce qu'il fait, la Une de nos régions.
–
La Une de nos journaux régionaux, c'est toujours la flambée des prix du carburant qui continue.
–
2,41
euros
le litre en moyenne. Nouveau record en France pour le prix du diesel qui fait la une du progrès ce matin. Emmanuel Macron a annoncé vendredi que la France allait convoquer une réunion du G7 consacrée au sujet énergétique afin notamment d'avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stock coréenne.
– À la Une de la presse régionale également, un nouveau revers pour le gouvernement en Allemagne.
– C'est à la Une des dernières nouvelles d'Alsace. Deux semaines après la victoire de l'AFD en Saxe-en-Alt, la CDU du chancelier Merz a subi hier deux défaites cinglantes à l'occasion d'élections régionales dans le nord-est du pays. À Berlin, ce sont l'extrême droite et l'extrême gauche qui arrivent en tête. Le chancelier s'est exprimé à la suite de l'annonce des résultats et a promis de maintenir le cap de ces réformes alors que l'économie allemande est actuellement grippée.
– Une
ville française sous le choc, c'est la Une de la Nouvelle République.
– À Saint-Pierre-des-Cors, près de Tours, dix membres des forces de l'ordre ont été blessés lors de violences urbaines. Dans la nuit de samedi à dimanche, une vingtaine de véhicules ont été brûlés. Les affrontements impliquant, selon la préfecture, plusieurs dizaines de jeunes ont éclaté après qu'un motard a été blessé à la jambe dans une collision avec un véhicule de police.
Le
conducteur a été placé en garde à vue.
– Gros plan sur le vote des seniors.
– La dépêche du midi se projette sur l'élection présidentielle et se demande qui fera le plein auprès de cet électorat. Tant qu'on vote, les seniors votent en effet davantage que les autres. Ils sont devenus une cible incontournable pour les candidats. La dépêche rappelle qu'ils ont pendant longtemps été acquis aux partis modérés, mais qu'ils se rapprochent désormais d'un vote RN et sont de moins en moins attachés au statu quo, décryptage et analyse dans votre journal ce matin.
–
La reprise économique passera peut-être par l'électrique.
–
C'est ce que veut croire la montagne qui fait ce matin un focus sur la voiture électrique dans le Puy-de-Dôme. Dans un contexte de flambée des prix du carburant dû à la guerre au Moyen-Orient, les professionnels constatent une hausse des ventes de l'électrique. « Nous vendions une voiture électrique par semaine », explique un concessionnaire. Or, depuis la crise, c'est une voiture tous les jours. Entre janvier et le mois d'août, le nombre de ventes d'électriques auraient ainsi bondi de 90% en un an.
– Steve, restez avec nous. On va poursuivre cette revue de presse, mais on va aller dans nos régions, on va aller à Montpellier. Bonjour Yannick Filippona, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes journaliste à Midi Libre. On parlait dans cette revue de presse, Yannick, de la colère, la colère qui monte dans le pays. On va d'ailleurs en parler dans quelques instants dans notre débat. En fin de semaine, les pêcheurs ont eu des garanties après la rencontre avec la ministre. Quelles sont-elles ?
–
Eh
bien,
écoutez, après plus de six heures de réunion entre Catherine Chabot et les représentants de
la
façade méditerranéenne notamment, ils ont effectivement obtenu quelques garanties, à savoir avant tout une réponse par rapport à la hausse du gasoil. Donc les aides suivront la variation du carburant. Ça, c'était quelque chose d'important pour aider au pouvoir d'achat des pêcheurs, sachant que le mouvement marais noir baptisé ainsi avait été lancé à cause de cette augmentation. Mais ils ont aussi, Catherine Chabot a annoncé, un prêt à taux zéro.
Ou
encore l'attribution de quelques licences de pêche pour le thon rouge, une espèce qui est très prisée et qui permet une certaine rentabilité, notamment pour les petits métiers. Et enfin, elle s'est engagée à une réflexion sur le plan WestMed. C'est la Commission européenne qui pilote ce grand plan concernant la pêche en Méditerranée, où notamment le jour du nombre de pêches est extrêmement limité, ce qui pénalise là encore les pêcheurs. La ministre s'est engagée à rediscuter au niveau européen pour les aider.
Et par conséquent, où en est la mobilisation, Yannick
? Du
coup, suite à ces annonces, le blocus des ports a été levé, que ce soit les dépôts pétroliers de Frontignon ou de Nice, ou le blocus dans les ports de Sète ou Port Vendre, pour autant, pour avoir eu les pêcheurs encore ce matin, ils restent mobilisés. Pour eux, c'est insuffisant. Ils attendent toujours des réponses un peu plus précises. Ils attendent un grand plan d'urgence pour la Méditerranée, une aide aussi aux pêcheurs d'anguilles, ou encore vraiment se pencher sur cette question des chalutiers qui sont extrêmement touchés. Et là encore, c'est lié au prix de rentabilité et au prix du gasoil.
D'ailleurs, la ministre est attendue sur le terrain aujourd'hui, d'abord à Sète ce matin, et puis au Gros du Roi, cet après-midi, là où il y a le plus de pêcheurs, pour une nouvelle rencontre, de nouvelles discussions.
Pour
les pêcheurs, ils attendent d'autres annonces, ce qui n'a pas l'air d'être la volonté du
ministre,
qui a expliqué avoir déjà fait pas mal de concessions.
–
Merci beaucoup Yannick, merci. On suivra évidemment cette mobilisation, cette colère des pêcheurs, et les annonces éventuelles de la ministre avec vous. La une du midi libre aujourd'hui, c'est un autre sujet, un test pour dépister plutôt Alzheimer. C'est à la une de votre journal. Merci beaucoup Yannick. Philippe, Ona, Steve, on va se projeter sur le week-end qui arrive.
C
'est un gros week
-end pour deux raisons.
On commence par le pape, parce que la presse régionale parle déjà des préparatifs de cette visite.
–
Préparatif qu'on peut lire en une du Télégramme ce matin. Léon XIV sera en France à partir de vendredi pour son tout premier voyage apostolique dans l'Hexagone. La France n'avait pas reçu le chef du Vatican de manière officielle depuis 2008. Le Télégramme revient sur les dossiers brûlants qui vont accompagner ce voyage, fin de vie, violences sexuelles et même élections présidentielles, avec peut-être des messages envoyés par Léon XIV contre la tentation du repli. L'un des temps forts sera cette visite, notamment la déambulation à Paris du pape en plein cœur de la capitale. Ce sera vendredi après-midi et ce ne sera pas très loin du Sénat, Orianne.
– Parce que l'autre événement du
mécane
prochain,
ce sont les sénatoriales.
J-6,
c'est
dimanche.
–
Et vous pouvez tout savoir bien sûr en regardant Public Sénat, en lisant notre site internet, mais aussi en achetant la Provence aujourd'hui. Il n
'y
a rien en une sur la défaite de l'OM hier contre le PSG. Orianne, en revanche, dans ses pages intérieures, le journal se penche sur ce scrutin sur lequel mise beaucoup, notamment le rassemblement national dans la région, enjeux et explications. On suivra tout ça, bien évidemment, en direct, toute la journée de dimanche sur Public Sénat.
– Avec vous, à partir de
17h30. – C'est
ça,
exactement.
– Allez, on va continuer à parler de ces sénatoriales, puisqu'on vous emmène ces derniers jours et jusqu'à la fin de la semaine dans les départements, voir comment se passe la campagne sur le terrain. Direction aujourd'hui le Rhône, où une candidature écologiste de dernière minute pourrait bien changer la donne à gauche alors que la France insoumise compte sur ce département pour faire son entrée au Sénat. Reportage de Clément Guillaumeau et Céline Schmitt.
–
Dans le Rhône,
ils
pensaient faire l'union à gauche.
–
Cette liste en 2020 est arrivée en tête dans le Rhône et nous espérons réitérer ce score en arrivant en tête le dimanche 27 septembre.
–
Socialistes et communistes font campagne derrière l'écologiste Thomas Dossu, mais pas question pour autant d'élargir l'union à la France insoumise.
–
Aujourd'hui, la France insoumise, en tout cas ses élus, siège dans l'opposition des villes de gauche à Lyon, à Villeurbanne ou ailleurs et nous, nos forces de gauche, siègent en opposition aux insoumis. Donc il y avait quelque part un caractère illogique de faire liste commune au sénatorial. Moi, mes adversaires, ce n
'est
pas les insoumis. Mes adversaires, ce sont les républicains qu'on voit au Sénat d'une dérive extrêmement droitière. Aujourd'hui, l'enjeu, il est là. Il est d'envoyer des sénateurs de gauche pour combattre la droite. –
C
'est sur Gabriel Amar que reposent les espoirs de la France insoumise pour faire son entrée au Sénat.
Le
candidat, actuellement député LFI, nous a donné
rendez
-vous à Oulain-Pierre-Bénite où il rencontre un collectif d'habitants anti-Pifas.
–
Et à un moment donné, il faut choisir ses priorités. Et moi, je pense que dans la hiérarchie des priorités, il y a vivre en bonne santé.
–
La France insoumise est sortie renforcée des élections municipales dans le Rhône avec des victoires
revendiquées à Saint-Fonce, Vénitieux et Vaux-en-Velins. Une dynamique sur laquelle Gabriel Amar va tenter de surfer pour ses élections sénatoriales avec déjà la présidentielle dans le viseur. – Être représenté pendant les six prochaines années au Sénat,
c
'est important quand on s'apprête à gouverner la France.
Nous
aurons besoin qu'il y ait des relais et des émetteurs qui portent dans l'Assemblée du Sénat ces aspirations qui sont en passe d'être majoritaires dans le pays.
– Mais
c'était sans compter sur une candidature surprise
de l'ancien président de la métropole, Bruno Bernard. Une liste écologiste dissidente qui va sans nul doute fragiliser les insoumis et la liste d'union de la gauche.
Au
centre de l'échiquier politique, le sénateur sortant Bernard Fialer joue lui aussi son siège et essaye de réunir les voix des centristes. Il présente une liste sans étiquette.
–
On se situe entre la gauche et LR et on rassemble l'ensemble des formations. Moi je rappelle, j'ai jamais eu d'investiture d'aucun parti. Les élections, on les doit à nos électeurs et c'est pas un appareil politique qui me désigne. – Il sera concurrencé par un autre centriste, Maurice Yacovella. Du côté de la droite, les candidatures sont nombreuses. – Ça c'est la première vigne qu'on a vendangée le 19 août.
–
La sénatrice sortante Catherine Difolco repart en campagne, ce jour-là à la rencontre de Vignerons. Mais c'est Sébastien Michel, le maire Les Républicains d'Eculi, qui mène la liste.
– C
'est assez incroyable déjà.
–
Les grands électeurs feront leur choix, on leur a mes consciences. Nous bien sûr, on vise les deux sièges, parce que c'est important, comme je le disais, de pouvoir incarner à la fois ce renouvellement et cette expérience. Et je pense que le binôme qu'on constitue avec Catherine Difolco, de ce point de vue, est extrêmement solide. Donc on va se battre de toutes nos forces pour essayer de faire deux sièges. Puis si on peut en faire trois, on s'en privera pas. – Mais difficile de se démarquer quand deux listes ont été investies officiellement par les LR. Le président du département, Christophe Guilloto, a lui aussi reçu l'investiture.
– J
'ai été rencontrer les deux acteurs de l'autre liste. Je leur ai proposé d'être sur la liste,
ils
ont refusé. Aujourd'hui, j'ai une liste que je dirais plus
que
j'irais appréciée par les uns les autres. Moi, je
ne suis pas là pour me comparer avec qui que ce soit. Les autres listes auront leur voix, les autres listes auront leurs élus. – Ici, on l'a vu dans le Rhône, les Républicains ont fait le pari d'investir deux listes pour ces élections sénatoriales. Mais ils ne seront pas les seuls à convoiter les voix des grands électeurs de droite. est également candidat le sénateur sortant, Paul Vidal, qui mène une liste revendiquée sans étiquette. Serge Bérard, le maire de la commune de Brignet, lui aussi est candidat pour le parti Nouvelle Énergie.
Enfin, le Rassemblement national a lui aussi décidé de se lancer dans la course, avec à sa tête Laurent Primault, conseiller municipal de l'opposition à Chassieux. – Allez, place à notre débat politique. Comment l'exécutif peut amortir la hausse des prix du carburant pour les Français
? –
12,41 euros le litre en moyenne. Les prix flambent et atteignent des records face à la colère. L'exécutif sonne, la mobilisation. Sébastien Lecornu réunit ses ministres. Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'exprimera, lui, jeudi soir à 20h sur TF1 et France 2. Quels sont leurs matchs de manœuvre ? Alors que le Premier ministre décrète 54 milliards d'économies. On va en parler avec vous. Bonjour Elisabeth Martissou.
– Bonjour Ariane. –
Merci d'être là, éditorialiste politique. Bonjour Arnaud Benedetti.
– Bonjour. – Merci
également d'être là, directeur de la nouvelle revue politique. Et on retrouve pour cette saison Pablo Piovivien.
– Bonjour. – Bonjour
Pablo. Rédacteur en chef de la revue Regards. On va rentrer évidemment dans le vif du sujet, mais d'abord question peut-être un peu plus globale, Elisabeth. Politiquement, on est sur une semaine explosive pour l'exécutif, pour Sébastien Lecornu, pour Emmanuel Macron.
–
Explosive. Il se trouve qu'Emmanuel Macron, jeudi, a décidé d'expliquer aux Français pourquoi nous subissions les assauts de
la
hausse du carburant venus de l'extérieur.
Sous
-entendu, il va falloir faire le gros dos et ça va durer. C'est ça aussi le message, je pense, principal du président, c'est que ça va durer. Il n'y aura pas de retour à la normale avant des mois, parce que la guerre en Iran va continuer et que la guerre en Ukraine va continuer. Mais ça va être un message très géopolitique. Répartition des tâches, le Premier ministre, lui, s'occupe du quotidien des Français, essaye de soulager un peu, effectivement, la facture, avec aujourd'hui deux réunions, une sur l'approvisionnement, ce qui a effectivement une menace sur l'approvisionnement, et puis une sur les prix, avec l'idée de cibler davantage une aide ciblée, qui est les gros rouleurs.
Les gros rouleurs, l'aide aux gros rouleurs, qui n'a pas été annoncée comme reconduite la semaine dernière et qui est au sujet sur la table ce matin d'une réunion, en fait, elle arrose tous les gros rouleurs. Et dans les gros rouleurs, il y a des gros contribuables. Et donc l'idée, c'est de resserrer sur la classe moyenne. Je pense que c'est un des soucis majeurs du gouvernement, c'est maintenant d'aider davantage, de mieux cibler sur les classes moyennes. Donc voilà, répartition des tâches, parce qu'en réalité, ça va durer. C'est ça la leçon que les Français vont découvrir, peut-être, évidemment, aujourd'hui.
Parce
que la colère, elle monte dans le pays. Elle monte, et on en parlait avec Emmanuel Morel, avec une fracture qui se redessine, si tant est qu'elle a été estompée entre la France des villes et la France rurale, la France périphérique. Oui, parce que si vous voulez, le carburant,
c
'est d'abord une dépense qui se voit tout de suite, qui s'affiche, il suffit d'aller à la pompe et vous vous en rendez compte immédiatement. Ensuite, c'est une dépense contrainte, parce qu'on le sait très bien, beaucoup de gens n'ont pas d'autre choix que de prendre l'automobile pour vaquer à leurs occupations quotidiennes, amener les enfants à l'école, faire leurs courses, aller au travail, aller se soigner, etc. Des tâches qui sont absolument essentielles et vitales. Et puis, troisième point, en effet, c'est une dépense qui est un marqueur des fractures territoriales et sociales françaises, parce que les fractures territoriales sont des fractures sociales.
On l'a vécu au moment de la crise des Gilets jaunes. Alors la crise des Gilets jaunes,
c
'était un peu différent, parce que la crise des Gilets jaunes, c'était lié à une décision directe de l'exécutif de l'époque, qui avait augmenté la taxe carbone de 5 euros, je crois, en l'occurrence. Là, en effet, c'est, si vous voulez, un facteur exogène des tensions à la hausse sur le marché du pétrole, qui entraînent, alors hier, un contexte géopolitique, vous l'avez rappelé, tout à fait singulier, qui entraîne une hausse du litre d'essence et du litre de gasoil. Après, le vrai sujet pour le gouvernement, c'est la question classique, récurrente.
Est-ce qu'il y aura une mobilisation, à un moment donné, multisectorielle, ce qu'on appelle la coagulation d'un certain nombre de secteurs qui sont particulièrement impactés par cette crise ?
C
'est vraisemblablement
la
préoccupation de l'exécutif. Alors,
je
ne
suis
pas sûr que, si vous voulez, l'intervention du président de la République change grand-chose, parce que je ne
suis
pas sûr que les Français attendent beaucoup de l'intervention du président de la République. Ce que vous avez décrit, c'est un schéma de communication, en l'occurrence, mais ce que veulent, en fait, les gens qui sont aujourd'hui en difficulté, c'est des réponses très concrètes à leurs besoins. Et si on leur dit que ça va durer, je ne suis pas sûr que, si vous voulez, ça les satisfasse, forcément.
– Je suis sûr que non. –
Voilà. Et le deuxième élément, c'est
les
mesures ciblées dont vous parlez.
Il
faut éviter que ça soit, je veux dire, une usine à gaz, c'est-à-dire très compliquée à comprendre. Alors, ce qui joue en faveur de l'exécutif, c'est quoi, aujourd'hui, pour éviter une crise sociale ? C
'est
qu'on a une élection présidentielle dans sept mois et que le bulletin…
– C'est loin aussi. –
C'est loin, je suis d'accord, c'est loin. Mais, si vous voulez, on n'est pas du tout dans le calendrier de 2018 où il n
'y
avait pas d'élection avec la crise des gilets jaunes. Ce facteur peut peut-être, peut peut-être, je dis que ce n
'est
pas du tout sûr, en l'occurrence, faire baisser la tension.
–
Pablo.
–
Oui, c'est assez juste ce que dit Arnaud. Il n'est pas de coutume dans notre pays, historiquement, de lancer des grandes mobilisations sociales avant une élection aussi importante que l'élection présidentielle. Dans d'autres pays,
ça
ne marche pas exactement comme ça. Quand
on pense au choc pétrolier au Royaume-Uni au début des années 70, ça ne marche pas. Eux, ils ont des élections législatives, etc. Mais ils ont mis tout le monde dans la rue parce que le prix du baril avait doublé, le prix à la pompe avait doublé, le prix de l'essence avait doublé. Et ensuite, ça a provoqué des élections législatives qui a dégagé le Premier ministre conservateur. Nous, en France, ça ne marche pas de cette façon-là. Ce que dit Arnaud lorsqu'il dit il n
'est
pas... Je ne
sais
pas si c'est un rappel historique, mais en tout cas, c'était son intuition de dire une mobilisation sociale ne va pas de pair avec une année présidentielle. Ça marche lorsque ce sont les centrales
syndicales qui peuvent un peu piloter les mouvements sociaux. Aujourd'hui, lorsqu'on parle du retour des gilets jaunes, ce n'est pas la CGT ou la CFDT qui sont à la manœuvre, même si ces deux centrales ont appelé à des journées de mobilisation à la fin du
mois... Le 29 septembre.
Voilà, le 29 septembre, la semaine prochaine. Donc, il y a des espèces de parallélisme. Est-ce qu'on pourrait avoir une élection présidentielle avec un mouvement social aussi important que celui des gilets jaunes ? Moi, je pense que c'est tout à fait possible.
Après, juste un mot sur Emmanuel Macron, le gouvernement et ce qui se passe avec le prix de l'essence. Le problème, c'est qu'on attend d'Emmanuel Macron et du gouvernement qu'ils fassent des propositions politiques. Ce qu'a raconté très
bien Elisabeth Martichoux,
c
'est qu'Emmanuel Macron va faire une explication. Elle va nous expliquer comment il y a le circuit d'approvisionnement,
là où ça coince avec l'Ukraine, là où ça coince avec le détroit d'Ormuz, l'Iran, etc. Bon, ça va être super, mais derrière, on est là, genre, d'accord, quelle est la proposition politique pour qu'à la fin, les ménages, et notamment les catégories populaires, ne soient pas à l'os avant la fin du mois. Et depuis maintenant plusieurs années
où on nous explique qu'il y a une tendance haussière au prix du baril, il
n
'y a aucune proposition politique qui est mise sur la table, si ce n'est parfois d'atténuer la hausse. Ce sont ça les aides. En fait,
toutes les aides qui voulaient, c'est juste atténuer la hausse. Mais
est-ce que le fait qu'ils disent que ce sont des éléments extérieurs, c'est-à-dire les Gilets jaunes en 2018, Arnaud l'a rappelé, c'était une volonté du gouvernement d'augmenter la taxe. Là, ce sont des éléments extérieurs qui expliquent la hausse des prix du carburant. Du coup, est-ce que ça peut jouer, ça peut amoindrir la mobilisation ? Est-ce que les gens peuvent se dire qu'après tout, le gouvernement n'y
est
pas pour grand-chose
?
C'est déjà un peu le cas quand même. Parce qu'effectivement, il y a la dimension, comment dirais-je, on attend le débouché de la présidentielle, donc ça amortit un peu la colère, on va dire, que ça la jugule un tout petit peu. Moi, je pense quand même qu'elle est loin, la présidentielle. Et qu'effectivement,
si le prix du
litre va jusqu'à 3 et même peut-être au-delà, on ne sait pas. On ne sait pas. Tout est possible. Ça va être compliqué. Mais effectivement, le fait que ça dure, bon, évidemment, le président, s'il prend la parole, c'est qu'il espère convaincre les Français qu'il va falloir souffrir et si possible, j'allais dire en silence, ce n
'est
pas très agréable, mais éviter de demander au gouvernement par une colère sociale qui creusera encore plus la difficulté économique, d'essayer de, oui, de prendre sur nous d'une certaine façon. Il y a un manque d'empathie chez le président Macron, je pense fondamentalement. Et aujourd'hui, on voit bien qu'il est surtout préoccupé par la géopolitique, par la complexité extraordinaire des marchés mondiaux de l'énergie. Tout ça, il est, comme on dit dans un bon français, très focus sur ces sujets qu'il maîtrise. par cœur, mais on ne peut pas dire qu'il soit vraiment, on le sent très très au chevet des difficultés des Français.
Mais c'est ça un manque d'empathie
ou c'est le fait que lui s'intéresse à la géopolitique, aux grandes
questions, il est dans une
grande sphère et finalement très peu à ce que vivent les Français dans leur quotidien, à leur préoccupation
première ? Ça a toujours été son
problème,
c'est qu'il n'a
jamais su établir un lien vraiment de proximité avec les Français depuis le départ. Après, on écrara, je ne
sais
pas quoi, une bibliothèque entière pour expliquer pourquoi, mais c'est le problème de départ. Mais donc, pour répondre à votre question et en finir, je pense que quand même le fait d'expliquer est utile.
Est
utile parce qu'effectivement, c'est la réalité. Ça nous est imposé. Et puis, la deuxième chose, c'est qu
'il
n
'y a
pas d'argent dans les caisses. Et ça, Emmanuel Macron, on est en partie comptable, quand même, mais en partie seulement, mais quand même en partie. et donc, aujourd'hui, on a une situation qui nous est imposée et une impuissance totale financièrement. Donc, c'est l'impasse et c'est la difficulté qui va...
D
'autant, pardon Arnaud, je vous donne la parole, mais d'autant que les oppositions, elles demandent des mesures très concrètes. On va écouter Louis Alliot, le premier vice-président du RN, invité hier sur notre antenne du Grand Jury.
Les
aides ciblées ne sont pas adaptées à la situation parce que la liste des personnes à aider aujourd'hui est tellement importante que finalement, personne n'est content de ce qu'a mis en place le gouvernement. Donc, il faudra baisser les taxes à l'identique de ce qu'ont fait certains pays européens, je pense à l'Espagne, mais plus récemment, l'Allemagne qui a baissé le prix de l'essence à la pompe. Il faudra bien qu'on se mette au diapason de ces pays-là. Voilà, ça fait partie du débat. Le RN demande la baisse des taxes, Ségolène Royal, par exemple, aussi demandait hier soir la baisse des taxes. Est-ce que le gouvernement peut céder sur cette question ? Moi, je ne
vois
pas comment il ne
peut
pas à un moment donné avoir un geste sur les taxes. Parce que, c'est vrai, vous avez le cas de l'Espagne,
vous
avez le cas du Portugal,
vous
avez le cas de la Pologne, vous avez le cas de l'Allemagne, tous ces pays, je veux dire,
ont
procédé à des baisses de taxes. Le problème d'Emmanuel Macron, pour revenir à ce que disait Elisabeth, c'est qu'il a deux sujets. C'est un émetteur qui est très impopulaire aujourd'hui, donc ça limite, si vous voulez, l'attention que l'on va apporter à sa parole et la façon dont on va juger positivement sa parole, et c'est un émetteur, c'est un président en fin de parcours, c'est-à-dire qu'il est, encore une fois, je veux dire, à sept mois de son départ de l'Elysée. Donc, le poids de sa parole politique est beaucoup plus faible qu'un président qui rentre évidemment dans la fonction après une élection présidentielle. Ce n
'est
pas le cas du tout aujourd'hui. Et ensuite, il souffre d'un deuxième problème, c'est que son premier ministre, qui jusqu'à présent avait une cote de popularité relativement correcte, est en train lui-même de voir cette cote s'infléchir. Donc, l'exécutif est très affaibli pour pouvoir porter un discours qui soit un discours audible pour les Français.
Mettant de côté ce problème de communication, en effet, le vrai sujet aujourd'hui, parce qu'il est porté par le Rassemblement National mais par d'autres, en l'occurrence par Ségolène Royal, la question de la TVA est un sujet qui, je veux dire, pour les classes populaires est tout à fait audible, ils comprennent très bien ce que ça veut dire, d'autant plus que ça a été fait à l'extérieur. Donc, comment fait l'exécutif on voit bien que le problème budgétaire est énorme parce que la TVA, en moins, c'est des rentrées fiscales en moins, en l'occurrence, mais comment fait-il pour ne pas avoir à un moment donné un geste de ce côté-là ?
Moi, je me souviens du début de la crise des Gilets jaunes, tout le monde nous disait
à
l'époque, souvenez-vous, en 2018, ils ne vont jamais céder sur les 5 euros d'augmentation.
17 milliards.
Ils ont fini par céder. Alors, je ne dis pas qu'il y
aura
un mouvement social, encore une fois, équivalent à celui qu'on a connu lors des Gilets jaunes, mais en effet, si ça dure et si ça augmente, là, il
y
a des risques. Pablo,
est
-ce que Sébastien Lecornu doit baisser les taxes
?
Je pense que c'est très compliqué parce que si on baisse les taxes, effectivement, c'est des rentrées en moins et déjà qu'ils sont en train de chercher comment éviter d
'augmenter encore plus notre dette. Si on fait des rentrées en moins, ça veut dire qu'il
va
falloir faire aussi des dépenses, des
économies
en moins. Et déjà qu'on est à 54 milliards d'économies, s'ils commencent à demander 70 milliards ou 80 milliards, ça va commencer à devenir impossible à vivre pour les différents ministères ou les différents
secteurs de l'administration. Donc, il y a un problème mais le problème, il est structurel. Je veux dire, on peut prendre ça dans tous les sens, y compris baisser les taxes sur les carburants. Bon, pourquoi pas, baissons-les mais ça ne marchera qu'un temps parce qu'une fois que vous avez baissé la taxe, si la tendance continue à être
haussière, vous allez avoir
quand même une augmentation des prix du carburant et lorsque vous regardez
dans les différents pays qui ont été cités où ils ont parfois baissé un peu les taxes sur les carburants, eh bien, il y a quand même de la colère parce que les prix augmentent. Ce n
'est
pas genre un coup de baguette
magique. Ce n'est pas un blocage des prix. Pas du tout.
Non, et donc, il y a un problème mais même le blocage des prix, le blocage des prix, ça ne marche qu'un temps. Genre,
vous
le bloquez mais jusqu'à quand et puis après, si ça continue à augmenter, vous allez avoir une énorme différence en fait entre le prix auquel vous vendez l'essence et le prix auquel vous achetez le baril. Donc, il y a un problème. Donc, le problème, il est systémique. Le problème,
il
est genre comment est-ce qu'on s'organise alors même que, tout à
l
'heure, vous avez dit plusieurs fois oui, le problème est exogène. Vous avez raison. Mais alors, le problème, c'est que notre énergie et notamment notre pétrole, il vient d'ailleurs. Et ça, on le sait depuis le début. Et les crises pétrolières, on n'en est pas à notre première crise pétrolière. Donc, on sait très bien que dès qu'il y
a
une crise, dès qu'il se passe quelque chose dans le monde, ça va agiter les marchés et notamment les marchés de matières premières et notamment les marchés d'hydrocarbures et il peut y avoir des problèmes dans l'approvisionnement, dans les prix, etc. Donc, on le sait. Donc, il faut faire... Et d'ailleurs, c'est pour ça que, pendant un temps, nos politiques se sont prémunies de ça. Ils ont dit on va essayer d'avoir
des énergies qui seront nationales. Enfin, l'idée du nucléaire, en partie, il y a eu l'invention,
il
y a eu une découverte, mais c'était aussi pour assurer une indépendance énergétique. Indépendance énergétique que nous avons d'ailleurs en partie grâce à notre énergie
nucléaire.
Il y a d'autres éléments. Je veux dire, l'électrification de tous nos transports, etc. participe de notre indépendance par
rapport à toutes ces fluctuations que peut avoir le prix du baril. Mais si on n'accélère pas là-dedans, si on continue à dire de toute façon, la seule priorité,
c
'est l'armée, parce que quand vous regardez les budgets, le seul budget qui augmente maintenant depuis 10 ans, c'est l'armée,
tout baisse. Le réchauffement climatique, rien à faire. L'éducation, rien à faire. Par contre, l'armée, paf, paf, paf,
paf,
paf, tous les ans,
ça augmente. Le budget de la justice
aussi augmente.
Pas dans les mêmes proportions que le budget des
armées, si je puis me permettre. Tous les ans, il y a une nouvelle loi pour en rajouter 36 milliards, 35 milliards, 30 milliards. Pourquoi pas ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas augmenter le budget des armées, mais je vois très bien où est la priorité. La priorité, elle n'est pas sur les gens qui roulent et sur les gens qui doivent se déplacer d'un point A à un point B pour aller travailler, pour aller voir leurs enfants ou que sais-je.
La
priorité, ce serait de quand même avoir une meilleure efficacité pour moins d'argent. Moi, je suis pour l'augmentation du budget des armées dans un monde où Poutine, quand même, a attaqué l'Allemagne à la psyc il n
'y a
pas longtemps, il y a quelques jours. Mais il faut évidemment faire une réforme de l'État. Et ça, j'espère que ça sera tranché par la présidentielle, mais ça n'est pas certain. Non, il y a peut-être des solutions quand même à trouver pour assouplir le prix du carburant. Elle va durer, cette crise. Donc, il faut essayer de trouver d'autres voies d'approvisionnement de façon à fluidifier effectivement le transport, la circulation, diversifier, négocier. Je pense que Macron, qui est effectivement dans des sphères un peu stratosphériques, il essaye quand même, vous savez qu'il
y a
eu une baisse du baril juste avant l'été. On a passé un été qui était quand même soulagé par rapport au printemps. Parce que, pourquoi ? Parce que le pétrole a circulé plus rapidement. Donc, il y a ça. Ensuite, il y a peut-être aider les Français
et
aider le prix de l'électricité. Je pense que ça, pour boucler avec ce que vous disiez, peut-être que le gouvernement peut faire un effort pour tous ceux en baisse de taxes sur l'électricité. Parce que dans le fond, là, il combine à la fois la transition énergétique et l'aide aux Français. Mais quid de tous ceux qui ont besoin de leur bagnole pour aller travailler ? Et là, là, ça va être extrêmement compliqué. Et je pense que il va falloir apporter des réponses. Je suis d'accord avec Arnaud.
Le
gouvernement dit non à baisse de taxes ou suppression de l'ACE jusqu'à ce qu'il dise oui. Voilà.
Et à un moment, il faudra. Et le gouvernement redit non
ce matin par la voix du ministre de l'économie, Roland Lescure, qui était l'invité de la matinale de France Inter.
Il y
aura
très vraisemblablement des aides supplémentaires à partir du 1er octobre. Mais ce qu'il n'y aura pas, j'insiste là-dessus aussi, c'est une baisse de taxes généralisée. Juste pour fixer les idées. 20 centimes de baisse sur le prix de l'essence via une baisse des assises, c'est presque 10 milliards d'euros. 9,1 pour être précis. Donc, on est en train de chercher plus de 50 milliards d'euros pour l'année prochaine. Et certains nous disent « Allez en chercher 10 de plus. C'est pas grave.
»
Voilà. Ce que dit Roland Lescure, c
'est pas grave. On n'a pas les moyens, en fait. Parce qu'in fine, les
aides ciblées vont finir par coûter plus cher qu'une baisse, même relative, de la TVA. C'est un calcul, je veux dire. À cause
de la
consommation. Eh oui, bien sûr. Donc, il y
a
un vrai sujet. Le problème, c'est
que,
si vous voulez, ils sont en plus confrontés, en effet, au mur de la dette. Il faut bien avoir conscience qu'au moment de la présidentielle,
on
sera à 4 000 milliards
de
dettes.
C
'est
-à
-dire, c'est l'équivalent de 55 000 euros par français. Et ça sera 120 % de notre PIB. Donc, voilà la situation dans laquelle on
se retrouve avec… Je rappelle quand même
un
élément
qui est absolument essentiel et qui a commencé à évoluer depuis l'été, c'est qu'on a une hausse des taux. On emprunte aujourd'hui beaucoup plus que les Grecs. Donc, avec des taux beaucoup plus élevés que les Grecs. Donc, c'est la situation, je veux dire, à laquelle ils sont aujourd'hui confrontés. Mais dire encore une fois qu'ils ne toucheront pas aux taxes, ils ne peuvent pas le dire. Le ministre de l'Économie ne peut pas dire autre chose au moment où il est en train d'essayer d'avoir un budget qui soit voté par l'Assemblée nationale. Ce qui est, d'ailleurs, un autre sujet auquel va être confronté M. Lecornu. Parce qu'il n
'est
pas à l'abri, quand même, d'une motion de censure, même si on voit du côté du Rassemblement national, on y va, je veux dire, de manière plutôt, je veux dire, assez réservée. Parce qu'en fait, le sort, cette fois-ci, de M. Lecornu dépend du vote du Rassemblement national. Donc, bon, il y aura certainement des calculs politiques en vue de la présidentielle. Mais c'est vrai que leur situation apparaît comme ça, à première vue, assez compliquée, pour ne pas dire inextricable. Mais c'est l'échec de 10 ans de Macron.
C
'est-à
-dire
qu'ils se sont foutus dans une impasse, mais dans une impasse politique où ils sont incapables d'avoir un discours politique, de donner un minimum d'horizon. Franchement, Elisabeth, je trouve, l'a très bien résumée en disant, voilà, les différents outils qui étaient à leur disposition, mais en disant, bon, de toute façon, ça va continuer d'augmenter et genre, leurs aides, bon, elles sont temporaires, mais comme ça va durer, bon, il y
a
un problème. Donc, ils n'y arrivent pas. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on a des oppositions qui sont aussi fortes, que ce soit du côté de la gauche ou du côté de l'extrême droite, c'est parce qu'elles, elles font des propositions politiques. Elles, elles disent avec des formes et des horizons qui sont pour le coup très très différents,
mais
eux, ils disent, genre, non, non, en fait, collectivement, parce que nous sommes un peuple, parce que nous faisons de la politique, parce que nous sommes des partis, etc., nous allons vous donner une direction et nous vous disons que, je ne
dis
pas que, est-ce que c'est faux, est-ce que c'est vrai,
etc., mais c'est la proposition. – Et puis, en plus, elles n'ont pas gouverné,
surtout.
–
En fait,
je trouve que, non, mais
la question n'est pas est-ce que c'est vrai ou pas. –
Non, mais la
question, c'est…
– Crédibilité.
– Non, mais ils sont crédibles puisqu'ils sont crédités de plus
de la moitié des Français.
– Ce que dit, ce que va dire Macron, si je pense, cette histoire, en filigrane, c'est, attention, voilà la situation dans laquelle vous allez vous trouver. Alors après, vous pourrez pleurer sur le lait renversé et dire, dites donc, M. Macron, c'est de votre faute. Mais le principe de la réalité, c'est que quand ils arriveront, ils seront aussi aux manettes dans une situation hyper compliquée.
– Comme Macron qui nous a fait des
grands problèmes en 2017, mais il
est arrivé au pouvoir et rien du tout. – Donc,
il devrait un tout petit peu faire attention aux oppositions. Elle devrait faire attention à
laquelle on va mettre aujourd'hui. –
La politique, c'est de la dynamique.
–
Juste, on va écouter un dernier son, c'est Manuel Bompard puisqu'on parle des oppositions. Manuel Bompard, le coordinateur de la France Insoumise qui était ce matin sur RTL.
–
J'ai l'impression que le gouvernement est enfermé dans une forme de déni, ne se rend pas compte que la situation qu'on est en train de vivre, elle est juste intenable et qu'il faut passer de mesures qui sont des mesures spécifiques et qui ont un très faible impact à des mesures globales. On ne peut pas se contenter d'une mesure de baisse des taxes et il faut avoir une mesure qui agit sur les marges et sur les prix.
– Voilà, Emmanuel Bompard qui appelle à aller plus loin. Est-ce que cette situation, politiquement, elle fait le jeu de la France Insoumise et du RN ?
–
Ah
bah… –
Bah alors là… – C'est même pas besoin de…
– C'est open barf. – Pardon
pour l'expression. – La réponse
à la question. –
Naturellement, la réponse des populistes de droite comme de gauche, elle est intelligible, elle fait plaisir, elle donne de la perspective, elle vend du rêve en réalité parce qu'une fois qu'elle serait au pouvoir,
il
y aurait une tenaille budgétaire qui serait extrêmement compliquée et qui leur imposerait sans doute de différer un certain nombre de leurs
promesses.
mais les oppositions
s
'opposent.
–
Voilà,
et
elles sont dans leur rôle et effectivement, comme le disait Pablo, elles présentent une offre politique à quelques mois de la présidentielle, c'est de bonne guerre, avec, et d'un côté et de l'autre, des alternatives qui sont assez construites, plus ou moins cohérentes, mais qui permettent, qui donnent aux Français un choix assez clair.
–
C'est ça, c'est lisible. C'est lisible pour les Français. –
Le
problème, si vous voulez, dans cette affaire encore une fois, moi je pense que la question de la dette,
c
'est une bombe à fragmentation pour la crédibilité du bloc central. Parce qu'Emmanuel Macron a été élu sur ce totem de compétences par rapport à sa challenger à la fois en 2017 et en 2022, et par rapport à d'autres formations politiques, en l'occurrence, les formations politiques qui sont anti-systèmes, enfin qu'on peut qualifier d'anti-systèmes pour aller très vite. Donc c'est ça le sujet aujourd'hui pour le bloc central et pour Emmanuel Macron et pour ceux qui veulent lui succéder. Sont-ils encore crédibles en termes de compétences sur un sujet qui est considéré comme matriciel par une partie d'ailleurs de leur électorat, par une grande partie de leur électorat ? – Et la réponse est non.
–
Voilà, on va terminer
là-dessus.
–
Merci.
– Merci. – Merci. – Suite au prochain
épisode. – Merci Arnaud, merci Pablo,
merci Nicolas Félix pour ce débat.
Merci à tous de
nous avoir suivis.
On se retrouve demain. Très bonne journée.
–
Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous.
– Retrouvez
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