Motion de censure, affiche polémique... L'interview Face-à-face de Mathilde Panot en intégralité
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Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale. Vous êtes vous-même députée du Val-de-Marne. Votre motion de censure hier n'a été votée que par 128 députés. Est-ce que vous estimez que c'est un échec ?
Non, mais je crois que c'est beaucoup de colère, y compris dans le pays.
D'abord parce que le gouvernement Bayrou n'est pas tombé, mais surtout parce que cela veut dire que ceux qui n'ont pas voté la censure, donc à la fois le Rassemblement National, parce que je ne voudrais pas qu'il s'en tire à bon compte, qui de nouveau font l'assurance-vie du système, mais aussi le Parti Socialiste, permettent de laisser un budget qui est le budget le plus violent depuis 25 ans, donc le budget le plus violent de ce siècle, avec des conséquences dramatiques sur les 11 millions de familles qui vont voir leur facture d'électricité exploser, sur les auto-entrepreneurs, les indépendants, les petits commerçants qui risquent de fermer, sur les fonctionnaires qui vont voir leur indemnisation maladie baisser de 100 à 90%, sur les universités à qui on enlève 1,5 milliard.
Bref, c'est la politique de malheur qui continue. Et à ceux qui nous parlent de stabilité, nous avons une stabilité de cette politique de malheur, dont je crois que celles et ceux qui n'ont pas voté la censure ne comprennent pas la violence sociale qui existe depuis maintenant 7 ans sur le peuple de France.
Mathilde Panot, quand vous dites cela, vous pensez évidemment à ceux qui, anciens membres du nouveau Front populaire, enfin c'est à vous de me dire si ce sont les anciens membres ou pas, mais les socialistes n'ont pas voté la censure. Et vous avez publié, et ça fait beaucoup parler et réagir ce matin, sur le compte officiel de la France Insoumise sur les réseaux sociaux, une affiche que l'on va voir sur BFM TV et que je vais décrire pour ceux qui nous écoutent sur RMC.
Cette affiche, elle montre un personnage à deux visages, une sorte de Janus, d'un côté le visage de Marine Le Pen, de l'autre Olivier Faure, comme s'il s'agissait d'une seule et même personne, des deux revers d'une même pièce avec ce slogan. Alors que ce gouvernement impose par 49.3 un projet d'assassinat de la sécurité sociale, PS et RN ne votent toujours pas la censure, PS et RN qui ne seraient donc qu'une seule et même personne. Vous ne regrettez pas pourquoi ? D'abord, pourquoi ? Pourquoi vous faites ça ?
Mais non, mais déjà, je vais être très clair. Pour répondre, je ne vais pas esquiver cette question. Nous n'avons jamais mis d'équivalence entre le Parti Socialiste et l'extrême droite et le Rassemblement National. Jusqu'à présent. Ils n'ont absolument rien en commun. Je le dis pour que ça soit clair. Par contre, il y a une responsabilité commune, à la fois du Rassemblement National et du Parti Socialiste, sauf les six députés socialistes qui ont vanté la censure, et je veux les saluer pour avoir continué l'engagement qui a été fait devant les électeurs et les électrices.
Et cette responsabilité commune, c'est de sauver Emmanuel Macron et le gouvernement Bayrou, avec toute la violence qui va s'abattre sur les gens, avec non seulement ce budget, mais aussi le budget de la sécurité sociale dont vous parliez à l'instant, qui va enlever 3,5 milliards au système de santé. C'est de ça dont nous sommes en train de parler. Mais pourquoi ce visuel ?
Mais pourquoi coller dos à dos comme si ça n'était qu'une seule et même personne ?
Déjà, ce n'est pas le visuel officiel. Vous verrez que sur nos comptes, il n'y a pas ce visuel. Moi, je l'ai vu publié par le compte LFI.
Madame de Malherme, il y a effectivement un visuel avec la tête de François Hollande, la tête de Marine Le Pen et la tête d'Emmanuel Macron, qui ne vise qu'une seule chose, non pas à dire qu'il y aurait du commun entre les socialistes et l'extrême droite, qui est une forme de diversion sur le non-vote de la censure qui a été fait hier par le Parti socialiste, mais qui est juste une manière de réaffirmer qu'ils ont une responsabilité commune et que nous sommes très inquiets que le Parti socialiste soit en train de renouer avec la politique de François Hollande, qui a dégoûté tant de Français et de Françaises, notamment avec la déchéance de nationalité, avec la loi travail, avec mon ennemi c'est la finance et faire le reste.
On va parler de tout ça, mais je n'ai pas compris, Mathilde Panot, cette image effectivement qui a donc été publiée sur le compte LFI, en tout cas du côté du Parti socialiste, on s'en émeut, Olivier Faure a répondu sur les réseaux sociaux en écrivant que viendra sans doute, je cite, le moment des excuses. Est-ce que vous vous excusez au nom de LFI pour cette image où vous renvoyez dos à dos ?
Et je vais même lui donner, Madame de Malherbe, une médaille pour avoir sauvé Emmanuel Macron et son gouvernement. Je vais vous dire, nous sommes en train de parler de choses sérieuses. La politique est une chose sérieuse. Nous parlons d'un pays dans lequel les enfants ont de nouveau le score but. Le score but, cette maladie qui avait disparu.
Non, nous parlons de choses sérieuses. Je veux dire, tout ça est évidemment dramatique, mais vous ne pouvez pas me répondre à cela par autre chose. Il faut quand même à un moment lui répondre. Il vous demande des excuses, il dit que le fait...
Eh bien, je ferai des excuses à Olivier Faure lorsqu'il fera des excuses pour avoir fait passer un budget aussi violent que celui-ci. Et la dernière chose que je vous dis, c'est que ce n'est pas ce visuel que vous trouvez sur l'ensemble des comptes de la présidente de groupe où je suis. Est-ce que vous regrettez ce visuel ? Mais écoutez, Madame de Malherbe, combien de fois avez-vous parlé du groupe Facebook dans lequel se trouvent 15 députés du Rassemblement National qui appellent à l'explosion des mosquées, à assassiner des exilés, qui appellent à assassiner le président de la République ? Non, mais ça, c'est pas un compte caché.
On va vraiment passer toute cette interview sur un visuel ? Mais c'est pas un compte caché. Mais nous n'avons pas de compte caché, contrairement à d'autres. Donc c'est un compte tout à fait officiel. Et je vais vous dire, Sophie Binet de la CGT, elle dit à l'instant qu'elle ne mettra jamais dos à dos l'extrême droite et quelques autres forces politiques. Mais qu'est-ce que je viens de vous dire ? Et elle se dit même très inquiète de cette stratégie de banalisation.
Je viens de vous dire quoi au début de l'interview, Madame de Malher ? Moi, je veux bien qu'on continue comme ça. Mais qu'est-ce que je viens de vous dire au tout début ?
Que vous ne vous excuseriez pas alors qu'Olivier Faure se sent particulièrement offensé par cette double image.
J'ai dit, il n'y a rien de commun entre le Parti Socialiste et l'extrême droite. Exactement la même chose que ce que vous venez de dire. Point. Donc voilà. Donc maintenant, vous avez passé toute intention.
Mais vous ne regrettez pas cette image.
Mais écoutez, ce visuel, un, n'est pas le visuel officiel que vous trouvez sur l'ensemble des comptes. Deux, nous ne faisons pas d'équivalence entre les deux. Trois, nous disons qu'il y a une responsabilité du Parti Socialiste et du RN de laisser un gouvernement dont juste la présence de M. Retailleau aurait dû, dès le départ, être un motif de censure.
Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon, hier soir, parle des socialistes comme des trafiquants, des traîtres, des menteurs. Ils mentent et il dit également qu'il y a chez eux de la bêtise et qu'il n'a pour eux que le plus grand mépris.
Est-ce que vous partagez aussi ces propos-là ? Écoutez, moi, vous devez comprendre la colère qu'il y a dans le pays. D'abord, quand je vous dis que le Parti Socialiste est en train de renouer avec la politique menée par François Hollande. Il faut se rappeler qu'en 2022, lorsque nous faisions 22%, que le Parti Socialiste faisait 1,7%, la première chose sur la NUPES que nous avions fait, c'était notamment d'écrire noir sur blanc dans le programme commun que nous avions qu'il y avait une rupture avec la politique hollandiste, notamment celle qui ne faisait que mentir et décevoir. Mon ennemi, c'est la finance, j'en parlais.
Celui qui avait promis le récipicé sur le contrôle au facet, ce qui ne l'a pas fait. Celui qui avait promis la reconnaissance de l'État de Palestine, etc. Donc, vous comprenez qu'il n'est pas possible, dans le nouveau Front populaire, dans l'alliance que nous faisons pour priver l'extrême droite du pouvoir dans ce pays, parce que c'est de ça dont il s'agit. Il n'est pas possible d'avoir d'un côté ceux qui votent la censure et qui sont dans l'opposition, et la seule opposition, et ceux qui ne votent pas cette censure.
Parce que, dans toutes les assemblées du pays, Madame de Malherbe, et même dans toutes les assemblées du monde, le moment clé pour savoir qui est dans la majorité et qui est dans l'opposition, c'est le vote du budget. Voilà ce qui s'est joué hier. Est-ce qu'il fallait tant d'outrances ? C'est une manière d'exprimer une colère populaire qui est une déception immense.
Je veux dire, l'engagement qui a été fait avec le nouveau Front populaire, dont le programme commence par dire que le nouveau Front populaire unit des femmes et des hommes, issus à la fois de syndicats, d'associations, d'organisations politiques, qui s'unissent pour proposer une alternative en rupture avec la politique d'Emmanuel Macron.
Ce n'était pas il y a 15 ans, c'était il y a 6 mois. Vous ne pouvez pas ensuite nous reprocher de vous poser des questions sur des choses que vous faites vous-même et sciemment, lorsque l'insoumission, qui est donc le journal... qui est donc le journal qui est publié, le site internet des insoumis, qui hier met en ligne la liste des coupables. Et la liste des coupables, c'est le nom de chaque député qui a voté. Est-ce qu'il n'y a pas chez vous l'idée quand même d'exagérer la cassure ?
Mais non, nous ne sommes pas en train d'exagérer. Nous sommes dans un moment qui est extrêmement grave. La question, c'est de savoir si ça va pouvoir continuer. Mais vous avez peut-être envie que ça se rabinoche, quoi.
En tout cas, en faisant cela...
Il se trouve qu'il reste deux motions de censure, pour que tout le monde comprenne bien, sur le budget de la Sécurité sociale, à la fois sur le côté recettes et le côté dépenses, avec, encore une fois, un budget de la Sécurité sociale qui est extrêmement violent. Et je le redis, ce que nous avons fait, ce dont vous êtes en train de parler, c'est pour que, justement, les gens puissent interpeller leurs députés. Parce que les députés n'ont pas été élus dans un conseil d'administration.
Et quand vous vous présentez aux élections, en disant « Je serai en opposition à la politique d'Emmanuel Macron, battu trois fois dans les urnes, Mme de Malherme », eh bien, je crois qu'il faut respecter la parole qui est faite aux électeurs et aux électrices, et justement, aller jusqu'au bout. Quand vous dites « battu trois fois dans les urnes », c'est les deux tours des législatives, les européennes...
Mais il a été élu président.
Ah oui, tout à fait. Avec un débat au moment des élections présidentielles qui a été complètement annihilé. Mais bon, passons-y dessus.
Et une campagne très courte, on est d'accord. Mais Mathilde Panot, est-ce que le nouveau Front populaire existe encore ?
Il existe encore grâce au fait qu'à la fois les communistes, les écologistes, les insoumis et six députés socialistes ont voté ensemble la censure. Mais il ne faut pas raconter d'histoire. Encore une fois, c'est une question de clarté. Nous avons été élus en rupture avec le macronisme pour proposer une alternative, pour dire qu'il est possible de faire tout autrement dans ce pays que la politique de manœuvre que mène depuis maintenant sept ans Emmanuel Macron. Donc c'est une question de ne pas laisser la résignation s'installer dans le pays. Mais Olivier Faure, lui, il dit que le nouveau Front populaire existe encore.
Et il dit, lorsqu'il s'agira à nouveau, parce que c'est une alliance électorale, laisse-t-il entendre, lorsqu'il s'agira à nouveau de faire battre Marine Le Pen ou le Rassemblement national, alors oui, dans ces moments-là, le nouveau Front populaire existe. Mais vous comprenez ?
Mais oui, mais bien sûr, ça ne fonctionne pas comme ça. C'est donc au moment où il aurait besoin des voix insoumises que d'un coup, nous serions de nouveau fréquentables. Ils n'ont posé aucun axe sur la question de l'opposition. Vous comprenez que les gens, il y a des questions de confiance qui se créent derrière. Et les questions de confiance, c'est de dire, par exemple, lorsque vous dites que vous vous opposez, vous posez l'acte de vous opposer. Et vous arrêtez de permettre à un gouvernement, non seulement qui compte M. Rotaillot, qui parle comme sous Vichy de français de papier, mais aussi, peut-être avec vous... Ah bah, français de papier, c'est une expression de pétain.
Non, arrêtez de faire des polémiques, c'est juste une expression de pétain, c'est factuel. Mais je vais vous dire, avez-vous entendu hier la porte-parole du gouvernement qui dit que oui, le gouvernement de François Bayrou est d'accord avec le fait qu'on rétablisse le délit de séjour irrégulier. Comme si les personnes qui n'auraient pas de papier dans ce pays, qui ont fui la guerre, la misère, seraient des délinquants. Eh bien, ce point-là du programme est un point du programme qui se retrouve depuis des années dans le programme de l'extrême droite. Voilà ce qu'ils sont en train de faire, voilà ce qu'ils sont en train de laisser passer.
Et c'est des millions de Français dans ce pays qui n'en peuvent plus qu'on les montre du doigt. La question qui est en jeu derrière, c'est non seulement le fait de pouvoir vivre dignement tous dans la septième puissance économique au monde, mais c'est la question de l'unité du peuple français. Et je veux vraiment faire une alerte sur cette question. Lorsque vous voyez des gens qui quittent le pays tellement ils n'en peuvent plus du racisme. C'est ça qui est en question aujourd'hui dans notre pays. Et notre pays a une histoire très longue.
Et dans cette histoire très longue, nous, nous sommes les garants justement du fait qu'on ne stigmatise personne ni pour sa couleur de peau, ni pour sa religion, ni pour son orientation sexuelle, ni pour son genre.
Il y a, Mathilde Panot, vous le dites aujourd'hui, des gens qui quittent le pays, qui sont Français, qui quittent le pays parce qu'ils se sentent stigmatisés.
Mais bien sûr. Vous avez des chiffres. Vous avez des livres qui en parlent. Mais bien sûr, vous n'avez pas entendu les différents témoignages qui ont été faits, notamment pendant d'ailleurs les élections législatives, avec la peur immense qu'il y avait que l'extrême droite puisse gagner le pays. Est-ce que vous parlez aussi des Juifs qui partent en Israël
parce qu'ils se sentent menacés en France ? Mais écoutez... Est-ce que ça fait partie de ce dont vous parlez ? Je parle de l'unité du peuple français en général. Non, non, mais est-ce qu'eux aussi font partie, pour vous, de ceux qui partent parce qu'ils se sentent menacés en France ?
Mais peut-être. Mais je vais vous dire, moi, je l'ai dit à chaque moment, qu'une personne de confession juive dans notre pays, une personne de confession musulmane, une personne de confession catholique, et même une personne sans aucune confession, si elle est prise à partir à un moment, elle nous trouvera, nous, les insoumis, toujours à ses côtés.
Et vous pensez sans doute au livre d'entretien, et j'avais reçu d'ailleurs son auteur qui s'appelait « La France, tu l'aimes ou tu la quittes ». Exactement. Mathilde Panot, lorsque François Hollande dit « C'est LFI qui s'est éloigné du nouveau Front populaire, c'est Jean-Luc Mélenchon qui veut censurer tous les gouvernements, uniquement pour provoquer une élection présidentielle anticipée. » Est-ce qu'il a tort ?
Mais oui, il a tort. Je vais vous expliquer pourquoi.
Ce n'est pas l'idée quand même des présidentielles qui vous animent ?
Mais bien sûr que si, mais je vais vous expliquer en quoi ça n'a rien à voir de personnel avec Jean-Luc Mélenchon, qui aurait je ne sais quel tropisme. Je vais vous dire, nous sommes dans une situation de coup de force d'Emmanuel Macron qui continue et auquel les socialistes ont contribué en refusant de voter la censure, notamment après le non-vote de confiance, mais aussi là, avec un budget qui a été passé par 49-3. Je rappelle juste en parenthèse, que normalement, une des lignes rouges posées par le Parti socialiste, en plus de l'abrogation de la réforme des retraites, du NFP à Matignon, etc., c'était de ne pas utiliser de 49-3. Bon, on n'y est pas du tout.
Bon, donc, la question, c'est que ce coup de force qui continue doit à un moment trouver une fin. On ne va pas avoir des gouvernements qui gouvernent, soit pendant deux mois seulement, soit à coup de 49-3 à tout moment, parce que c'est ça qui va se passer. Donc, quand vous êtes dans une situation d'impasse comme celle-ci, qui est uniquement le fait du président de la République, eh bien, il faut retourner devant les urnes. Comme démocrate, je ne connais pas d'autre solution que de retourner devant les urnes et donc d'avoir une présidentielle anticipée. Mathilde Panot, est-ce que vous demandez aujourd'hui aux écologistes et aux communistes
de renoncer à continuer à discuter avec le gouvernement comme ils ont pu le faire pour l'instant ?
Alors, nous, nous avons... Non. Enfin, de renoncer, non. Écoutez, comme vous voyez... Le fait qu'ils se rendent aux différentes réunions comme ils l'ont fait pour l'instant, ça, ça vous convient ? D'accord, mais communistes et écologistes, eux, ont voté la censure. Donc, notamment sur la question des 2,5 milliards qu'on enlève à l'écologie, alors qu'il y a encore des catastrophes en Ile-et-Hélène récemment avec des nouvelles crues, alors qu'il y a la catastrophe de Mayotte qui est encore toute récente, etc., etc. Donc, nous, ce que nous avons proposé, c'est que l'ensemble des députés qui ont voté la censure puissent se retrouver pour envisager la suite.
C'est une des propositions que nous avons mis sur la table. Vous ont-ils répondu ? Pas encore, mais bon, on l'a mis hier sur la table après les deux votes de censure. Donc, c'est normal que nous n'ayons pas encore de réponse sur cette question.
Faut-il régulariser les Français clandestins qui sont en France ? On a eu les chiffres de l'immigration il y a 48 heures, avec aussi les chiffres de ceux qui ont l'AME. Ceux qui ont l'AME, c'est donc qu'ils sont effectivement sans papier.
Est-ce que vous estimez qu'il faut les régulariser ? Nous, nous sommes pour régulariser l'ensemble des travailleurs sans papier de ce pays qui vivent ici, qui paient des impôts ici, notamment par la TVA, qui ont vocation à continuer à vivre ici, et qui, en plus, travaillent dans des conditions souvent d'exploitation. Je pense notamment aux travailleurs de chronoposte qui tiennent un piquet de grève depuis maintenant trois ans et qui ont justement été exclus de ce piquet de grève, alors que la Poste a été condamnée pour son devoir de vigilance, notamment pour l'emploi de travailleurs sans papier, dans des conditions déplorables et en dessous du SMIC.
Nous sommes pour la régularisation de tous les travailleurs sans papier. Mais je vais vous dire, Madame de Malherbe, à force de courir après l'extrême droite un peu partout dans ce pays, on finit par ne parler que d'immigration comme si c'était un problème. Je vous explique. Le nombre de personnes étrangères dans ce pays est stable depuis des années et des années, depuis des décennies. Il n'est pas, nous, nous sommes d'ailleurs... Il n'y en a pas plus chaque année à qui on le croit aussi la possibilité de venir. ...le 20e pays de l'Union européenne à accueillir. Donc nous accueillons très peu en Europe de l'Ouest et la plupart des migrations dans le monde sont des migrations sud-sud.
Donc maintenant, ça suffit qu'on parle sans cesse d'immigration comme un chiffon rouge, qu'on ne parle pas, encore une fois, du score but des enfants, du récent rapport de la fondation des logements des défavorisés qui parle d'une explosion d'enfants sans-abri, qui parle d'une multiplication par deux du nombre de personnes sans-abri avec 1,6 milliard en moins pour le logement dans ce budget, ce qui était une nouvelle raison de le censure.
La question des régularisations, la question aussi des nationalisations, à partir de combien de temps, Mathilde Panot, vous estimez
qu'un étranger naturalisé français a les mêmes droits qu'un français de naissance ? Mais dès le début, vous savez, c'est ça la différence de vision entre l'extrême droite et nous.
Non, non, c'est la différence de vision entre vous et Rima Hassan. Parce que Rima Hassan, à propos de Boilem Sansal, et pour justifier et expliquer le fait qu'elle n'ait pas votée en faveur de la demande du Parlement européen de sa remise en liberté, il est aujourd'hui détenu en Algérie,
elle précise qu'il n'était français que depuis quelques mois. Ça veut dire quoi, ça ? Ce n'est pas du tout ce que veut dire Rima Hassan. Je vais vous expliquer le vote. Alors expliquez-moi, parce que c'est vrai que le fait de rappeler à ce moment-là qu'il n'était français que depuis quelques mois... Le vote de Rima Hassan, c'est parce que... Alors, je vais redire, nous demandons la libération de Boilem Sansal. Point. Sans condition, nous demandons sa libération immédiate. Point. Le problème de la résolution qu'il y avait au Parlement européen, c'est qu'il y avait dedans des menaces sur la question de l'accord entre l'Union européenne et l'Algérie.
Ce qui n'a jamais été fait sur l'accord entre l'Union européenne et Israël, alors que, nous le savons, l'extrême droite israélienne est en train de commettre un génocide et peut-être même un nettoyage ethnique. Vous avez entendu ce qu'a dit Trump, notamment, qui nous inquiète énormément et qui montre une internationale des suprématifs. On ne va pas rentrer ici dans les détails, mais vous le savez, le mot génocide n'est pas utilisé par la justice internationale. Cours international de justice ici, qui dit risque de jeunesse d'hier depuis janvier 2024. Il ne dit pas, comme vous venez de le dire, qu'il y avait en ce moment même un génocide.
Donc je vais terminer, nous nous sommes très inquiets de la montée en escalade qu'il y a avec l'Algérie. Non pas, et moi je le sais, puisque j'ai été défendre, par exemple, les manifestants du Irak. Non pas que nous sommes en train de défendre le pouvoir algérien, ou ce qu'ils font, nous demandons la libération de Boilems en salle. Mais il faut comprendre qu'en France, nous avions des liens très profonds, historiques, avec l'Algérie et que nous voulons garder des relations avec le peuple algérien. Nous sommes inquiets de ce que je fais, Retailleau et compagnie.
Je ne vous fais pas ce procès-là. Mathilde Panot, je vous invite juste à commenter le fait que, dans l'explication et dans la justification qu'en fait Rima Hassan, elle précise que Boilems en salle n'est français que depuis quelques mois. Ça vous met pas mal à l'aise, ça ?
Vous qui, effectivement, avez toujours dit, quand on devient français, on l'est tout de suite. Mais bien sûr qu'on l'est tout de suite. Ah ben non, en fait, il faut rappeler qu'il n'est français que depuis quelques mois. Ça n'existe pas et je vais vous dire, je ne sais pas exactement... Enfin, ça n'existe pas, c'est tout à fait écrit, je l'ai vu. Attendez, attendez, ça n'existe pas. Je ne sais pas d'où vient cet extrait-là, je regarderai. Mais je veux juste dire que Rima Hassan est une réfugiée palestinienne qui a été apatrie pendant tout un temps, qui est devenue française. Oui, mais vous me répondez à côté, Mathilde Panneau, vous me répondez à côté.
Non, qui est plus que tout, c'est que la France est une nation politique autour de la devise liberté, égalité, fraternité. Ça vaut pour Boilems en salle, ça vaut pour Rima Hassan et ça vaut pour tout le monde dans ce pays.
Donc il n'y aurait pas des Français de naissance et les autres qui ne seraient français que depuis quelques mois.
Eh bien non, ça c'est la vision de l'extrême droite, justement, ce qu'ils sont en train de faire, notamment avec le droit du sol à Mayotte. C'est exactement ce que je vous dis. C'est exactement ce que défend l'extrême droite en Allemagne, avec l'AFD, c'est ce que défend l'extrême droite en France.
Mais est-ce que ce n'est pas dangereux de rappeler de quelqu'un qu'il n'est français que depuis quelques mois ?
Eh bien je ne sais pas, je vais regarder ça, mais nous ne serons jamais d'accord avec cela. Voilà, je le redis, nous c'est une nation politique. Et c'est très clair.
Merci Mathilde Panneau d'avoir répondu à mes questions ce matin. Présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale.
Mathilde Panot