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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 août 2022 25 min

Accusations d'antisémitisme à l'Assemblée, prime de rentrée scolaire... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue, si vous nous rejoignez à l'instant, sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27, deux antennes pour un même invité que nous allons accueillir ensemble. Bonjour Jean-François Aquili.

0:09
Invité

Bonjour Céline.

0:09
Présentateur

Et ce matin, c'est vous qui avez accepté notre invitation. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Député Rassemblement National de la Somme. Et vous faites partie des nouveaux venus du parti à l'Assemblée Nationale. Alors justement, hier Marine Le Pen a donné une conférence de presse pour faire le bilan de cette première séquence parlementaire. Elle a notamment estimé qu'il était temps pour la France, écoutez-la, d'abandonner toutes sanctions économiques contre la Russie.

0:33
Locuteur non identifié

Donc c'est une succession d'échecs, la stratégie qui a été mise en œuvre par l'intermédiaire de ces sanctions. Je souhaite donc que non seulement elles s'atténuent, mais qu'en réalité elles disparaissent pour éviter à l'Europe de se retrouver face à un blackout, notamment concernant les importations de gaz.

0:51
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, quand on dit ça, mettre fin aux sanctions, est-ce qu'on ne dit pas à la Russie finalement, ce n'est pas si grave ce que vous faites ?

0:57
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce qu'il y avait une deuxième partie dans l'explication de Marine Le Pen qui était de proposer une autre sanction. Marine Le Pen a demandé la fin de sanctions que nous jugeons stupides et inefficaces. Et je pense que malheureusement, à l'épreuve des faits, elles sont stupides et inefficaces. Elles pénalisent les Européens, les Français en particulier, n'aident pas l'Ukraine et n'ont pas empêché la Russie de s'enrichir. Parce que la situation depuis...

1:19
Présentateur

Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ?

1:20
Jean-Philippe Tanguy

C'est la situation du rouble. Le rouble devait s'effondrer, le rouble ne s'est pas effondré. Les revenus pétroliers et gaziers de la Russie devaient s'effondrer, ils ont rarement été aussi forts. Nous, on avait proposé, et Marine Le Pen l'a dit dans sa conférence de presse, et c'est là où ça peut être intéressant, parfois quand même d'un point de vue médiatique sur une conférence de presse. On dit depuis maintenant presque six mois que la seule façon de sanctionner la Russie, ce qui paraît d'ailleurs une évidence, c'est de faire effondrer les prix des matières premières, en particulier le prix du gaz et du pétrole. Et Marine Le Pen a proposé hier comment on fait.

Il faudrait que les pays producteurs de gaz, qui sont assez peu nombreux finalement, et les pays acheteurs, en particulier de l'OCDE, se mettent d'accord sur un prix plancher, plus bas, bien plus bas qu'aujourd'hui, ce qui ferait s'effondrer les prix. Aujourd'hui, en fait, les mesures de rétorsion contre la Russie font que le marché fait augmenter les prix, et que comme la Russie a d'autres clients, notamment en Asie et au Moyen-Orient, elle parvient à vendre plus cher. Donc on sanctionne en fait le marché européen, et on ne punit pas le régime de Vladimir Poutine. Est-ce que le régime de Vladimir Poutine a été affaibli par les sanctions ?

2:21
Présentateur

Mais n'est-ce pas la propagande de la Russie de dire tout va bien, évidemment les sanctions économiques ne nous atteignent pas. Il y a une étude récente de l'université de Yel qui dit le contraire, qui dit, contrairement à ce que Moscou affirme, finalement l'économie, elle est bouleversée en profondeur en Russie. Évidemment, ils ne vont pas en faire la publicité.

2:37
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, mais il y a deux choses différentes. Si vous voulez que le kénomirus souffre, notamment sur les biens de consommation ordinaires, c'est évident que le peuple russe souffre des sanctions occidentales, c'est évident, mais les fondamentaux, si vous voulez, à la survie du régime russe, ne souffrent pas. Et ce qui est tenant, si vous voulez, c'est avant la crise du Covid, on aurait pu comprendre que certains hommes politiques ou femmes politiques ne comprennent pas la différence entre l'économie de consommation et l'économie vitale. On aurait dû apprendre du Covid qu'il y a des choses vitales pour une économie, pour un État, c'est l'énergie, la santé et l'alimentation.

La Russie maîtrise, malheureusement, le régime de Vladimir Poutine maîtrise les fondamentaux de l'économie occidentale et ce faisant, c'est fondamentaux à elle. Tant que la Russie n'est pas menacée dans l'énergie, l'alimentation ou la santé, le régime tiendra. Et on voit bien qu'en Europe aujourd'hui, on est affaibli parce que la Russie tient nos fondamentaux.

3:26
Invité

Jean-Philippe Tanguy, pour être bien clair sur cette question, est-ce que le président Emmanuel Macron a raison de réaffirmer son soutien à Volodymyr Zelensky, il l'a fait depuis le fort de Brégançon, et la France doit-elle continuer à livrer des armes à l'Ukraine ?

3:42
Jean-Philippe Tanguy

Alors, c'est deux choses différentes, qu'on soutienne l'Ukraine, qu'on soutienne que l'Ukraine est victime... C'est le soutien de l'Ukraine de la France. Non, mais voilà, qu'on soutienne évidemment que l'Ukraine est victime d'une invasion russe et que nous sommes du côté de l'Ukraine, c'est évident. Est-ce que la livraison d'armes permet d'arriver à une situation de paix ou au moins d'un cessez-le-feu ? On n'en est pas sûr.

4:00
Invité

Petite musique quand même, sur les sanctions, sur la livraison d'armes. Il y a un petit soutien implicite à M. Poutine dans ce que vous dites.

4:08
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais il n'y a aucun soutien implicite quand vous voulez faire effondrer... Non, mais c'est vraiment intéressant cette histoire de sanctions, parce que moi c'est vrai que je travaillais avec Marine Le Pen sur le programme économique du RN pendant la présidentielle, et j'avais vraiment l'impression de vivre dans un monde complètement parallèle. C'est-à-dire que nous, nous proposons des sanctions qui font effondrer les revenus du régime russe, puisqu'on veut faire effondrer les prix. Nos adversaires qui nous reprochent... Si les producteurs de gaz, ils ne sont pas nombreux, sont d'accord avec nous. Ce qui est incroyable, c'est qu'il y a un renversement de situation incroyable.

4:34
Invité

Mais aucun des producteurs de gaz ne serait forcément d'accord avec votre proposition, voyez ce que je veux dire ?

4:38
Jean-Philippe Tanguy

Mais il faut les mettre devant leur responsabilité, M. Akili, parce que dans ce cas-là, on ne peut pas faire des grands sommets sur le soutien au peuple à l'Ukraine. Si la Norvège, l'Algérie, le Qatar, le Canada, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ne veulent pas aider l'Ukraine en baissant leur prix, c'est aussi à eux de leur responsabilité. Si le soutien à l'Ukraine, ça consiste en fait à dire que les consommateurs européens doivent payer au prix fort les revenus du régime russe, il faut le dire aux Français, voilà.

Mais moi, si vous voulez, je ne supporte pas, parce que je trouve que c'est très injuste qu'on dise qu'on soutient le régime de Vladimir Poutine, alors que les sanctions qu'on propose peuvent l'affaiblir, et que les sanctions qu'eux, que le gouvernement soutient, ont renforcé le régime de Vladimir Poutine. Car le régime de Vladimir Poutine est aussi différent du peuple russe. Et c'est là où il y a une incompréhension. Et je voudrais dire aussi, parce que ça fait maintenant 8 ans qu'on parle des sanctions contre la Russie. Les sanctions qui ont été prises en 2014, Marine Le Pen avait dit, on va créer un géant de l'alimentaire. On va donner la puissance alimentaire à la Russie.

Donc les sanctions de 2014 ont donné l'arme alimentaire à la Russie. Vous dites qu'on avait raison avant tout le monde ? Vous dites qu'on avait raison avant tout le monde ? Oui, bien sûr, Marine Le Pen avait raison avant tout le monde là-dessus. Je suis désolé, c'est quand même incroyable qu'on ne tire aucune leçon de ce qui s'est passé maintenant depuis 8 ans, et que la Russie qui était à la paix... Non mais excusez-moi, parce que maintenant, c'est un sujet central. La Russie était dépendante de l'Europe, et notamment de la France, sur un certain nombre de produits alimentaires. Les sanctions ont fait que la Russie est devenue plus forte sur le plan alimentaire qu'avant.

Donc on a des gens qui passent leur temps à se présenter comme des grands défenseurs de la démocratie et de l'indépendance européenne, et qui en fait ont donné les moyens de l'indépendance à la Russie contre l'Union Européenne. Donc on est dans une situation, je suis désolé, surréaliste, où on accuse ceux qui sont pour l'indépendance, qui sont pour l'autonomie, c'est-à-dire le Rassemblement National, d'être soi-disant une petite musique pour les Russes, alors que ce sont ceux qui nous accusent de ça qui ont fait la puissance de la Russie.

6:20
Présentateur

Ce que je retiens de ce que vous dites, Jean-Philippe Tanguy, c'est aussi que vous dites, on propose, on est force de proposition, nous on propose des solutions. Est-ce que, j'allais dire, l'opération de respectabilité qui est entamée, surtout depuis les législatives, elle ne passe pas aussi par là ? Est-ce que vous ne jouez pas un peu votre image aussi, en faisant, avec cette conférence de presse, on propose, on a la solution à laquelle personne n'avait pensé ?

6:42
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est-à-dire que l'élection de 89 députés a, en fait, incarné ce qu'est le marinisme, ce qu'est la ligne de Marine Le Pen depuis plus de 10 ans. Elle a toujours été dans cette volonté de montrer que le Rassemblement National était un parti de gouvernement, qu'on pouvait assumer des responsabilités, qu'on était force de proposition. Ça avait commencé d'abord dans les mairies, ensuite ça a commencé au Parlement européen, dans les conseils régionaux. Il est vrai qu'en 2017, il y a eu une anomalie, un accident démocratique qui fait qu'on a eu peu de députés par rapport à ce qu'on représentait.

En fait, là, c'est vrai qu'il y a à la fois une conquête de nouveaux territoires, mais aussi un rattrapage par rapport à 2017, ce qui fait qu'on est très nombreux.

7:15
Présentateur

Donc l'accident, c'était la dernière fois, et là, c'est la normalité, selon vous ?

7:18
Jean-Philippe Tanguy

Il y a un effet rattrapage, parce que le Rassemblement National, à l'époque, le Front National encore, objectivement, ne pesait pas seulement six députés en France en 2017. Donc il y a eu un rattrapage, et il y a eu des conquêtes de nouveaux territoires, notamment des territoires ruraux qui étaient maîtrisés par LR. Et donc aujourd'hui, on est en fait tel que Marine Le Pen a toujours voulu qu'on soit. Mais vous savez, au conseil régionaux, on était pareil. Donc il n'y a pas non plus une grande révolution.

7:40
Présentateur

On va continuer à en parler dans un instant, Jean-Philippe Tanguy. Tout d'abord, on fait le point sur l'actualité de ce mercredi matin, 8h40. C'est le Filinfo, et c'est avec Louise Buyens.

7:49
Locuteur non identifié

Le Sénat a bouclé cette nuit l'examen du projet de budget rectifié. Il remplace la prime de rentrée de 100 euros par une majoration de 150 euros, mais elle ne sera versée qu'aux bénéficiaires de la prime d'activité. La majorité présidentielle est contre cet amendement. 4 millions de foyers pauvres seraient exclus de la mesure, selon le gouvernement. Nous réclamons une commission d'enquête au Sénat sur la variole du singe. Dans une tribune publiée par le HuffPost, 200 élus, citoyens et membres d'associations dénoncent une action totalement insuffisante du gouvernement. Le ministre de la Santé compte plus de 2000 cas en France.

De la Haute-Garonne au Barin, 26 départements sont toujours en vigilance orange canicule. Ce matin, les Pyrénées-Orientales ne sont plus concernées et ça continue à chauffer. Aujourd'hui, des pointes à 40 degrés attendues dans le sud-ouest. Toulouse, Montauban, Bordeaux notamment. La tension monte d'un cran à Taïwan. Pékin prévoit des exercices militaires dans les environs de l'île. On représaille à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaines. Nous ne reculerons pas face aux menaces, prévient la présidente taïwanaise. France Info Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

9:09
Invité

Nous sommes avec Jean-Philippe Tanguy, le député Rassemblement National de la Somme. Jean-Philippe Tanguy, il y a eu cette polémique dans l'hémicycle hier autour des questions liées à l'antisémitisme. Les députés de la NUP, les députés de gauche, ont quitté l'hémicycle quand Éric Dupond-Moretti s'en est pris à eux, évoquant l'invitation faite à Jérémy Corbyn. Cette résolution lancée par un député communiste comparant l'État d'Israël à un régime d'apartheid. Les mots également, ceux de Mathilde Panot à l'encontre du chef de l'État. Le garde des Sceaux également pointait l'extrême droite, rappelant les mots du père fondateur Jean-Marie Le Pen sur le détail de l'histoire.

Les figures sulfureuses qui ont longtemps gravité autour du mouvement.

9:52
Locuteur non identifié

Le point de détail de l'histoire du père fondateur. Les 17 ou 18 condamnations. Et puis, où sont passées Lousteau, Chatillon, Péninck, Soral, Dieudonné, Sakenet, où sont-ils cachés dans votre campagne électorale ?

10:13
Invité

Jean-Philippe Tanguy, ces personnalités évoquées par le garde des Sceaux, elles sont toujours dans vos rangs ?

10:21
Jean-Philippe Tanguy

Non mais là, je crois que M. Dupont-Moretti, je ne sais pas ce qu'il lui a appris, est victime d'une grande confusion, il faut qu'il parte en vacances. Quelle confusion ? Notamment, c'était Alain Soral, vous savez moi, Alain Soral, par exemple, j'ai deux procès contre Alain Soral, puisqu'il a une... Nous sommes des ennemis absolument, sans aucune concession contre cette personnalité. Donc, je ne sais même pas de quoi il parle.

10:39
Invité

Frédéric Chatillon, l'ami de Marine Le Pen...

10:42
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais il n'est pas au RN, il n'a pas de responsabilité. Enfin, en fait, ce qui s'est passé hier, c'est qu'il y avait... Non mais écoutez, parce que c'est la fin de la séquence, il s'est mis contre la gauche, puisque effectivement, une grande partie de la NUPES a soutenu une résolution qui était infamante pour la République française, puisque la Ve République est associée dans un texte, effectivement, à une comparaison entre la démocratie israélienne et un régime d'apartheid contre la Cisjordanie, pardon, la Palestine, excusez-moi. Et donc, M.

Dupont-Moretti, pour essayer d'équilibrer dans cette stratégie ridicule, où il essaie de faire croire qu'il y a deux extrêmes qui seraient comparables, c'est retourner vers nous avec des accusations qui n'ont aucun fondement, puisque le Rassemblement National est sans doute le parti qui défend le plus les Français. Mais vous dites quoi ?

11:26
Invité

Que Marine Le Pen a fait désormais le ménage, ces cinq personnalités gravitées autour et du père et de la fille Le Pen. Non, ils n'ont jamais gravité autour de Marine Le Pen,

11:37
Jean-Philippe Tanguy

notamment M. Diodenay. Frédéric Chatillon, oui, avec sa société Rewal, oui. D'accord, oui, mais ils n'ont pas de responsabilité au Rassemblement National, moi je ne les ai jamais vus de ma vie. Voilà, et surtout, la ligne politique... Axel Lousteau, trésorier du micro-parti Jeanne. Oui, la ligne politique, d'accord. C'est quand même votre famille politique.

Non, mais franchement, je pense qu'on cite ces personnes pour essayer de faire croire qu'il y aurait une similitude entre des partis politiques de gauche qui sont en train de se perdre dans une confusion entre l'antisionisme et l'antisémitisme qui est extrêmement dangereuse puisqu'on sait très bien que l'antisionisme est utilisé depuis maintenant plus de 30 ans comme un carburant de l'antisémitisme dans les sociétés occidentales et le Rassemblement National et Marine Le Pen qui n'ont absolument rien à se reprocher évidemment dans ce domaine-là mais en plus, on a constamment réaffirmé les principes publicains d'universalisme.

Non, mais je vous en fais pas dire parce qu'il y a quand même beaucoup d'affaires.

12:28
Invité

Vous êtes un élu du RN, vous êtes récemment arrivé au sein de ce parti. L'antisémitisme reproché à Jean-Marie Le Pen, vous dites quoi ? Ce n'est plus notre histoire ? Vous tournez une page là-dessus ?

12:39
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais absolument. C'est une question. Non, mais bien sûr, mais à partir de quand on va arrêter de rappeler ce genre de faits qui ont maintenant 40 ans. J'ai 36 ans, c'est-à-dire qu'ils sont anciens, ils sont plus vieux que moi.

12:53
Présentateur

Et en même temps, vous êtes resté dans l'hémicycle hier. Vous n'êtes pas parti, vous n'êtes pas dit, on va marquer le coup.

12:58
Jean-Philippe Tanguy

Mais d'ailleurs, c'est intéressant ce que vous dites parce qu'effectivement, les partis de gauche se sont sentis concernés par les attaques de M. Dupont-Moéty puisqu'il parle d'une résolution qui existe qui a été déposée de mémoire le 16 juillet. Donc, ce n'est pas une vie à faire. Et M. Dupont, absolument pas. J'ai trouvé ça indigent sur le fond et indigne sur la forme. Parce que, si vous voulez, quand M. Dupont-Moéty s'agite sur des histoires qui ont 40 ans ou qui sont de l'ordre du fantasme, il ne combat pas l'antisémitisme qui, malheureusement, frappe de plus en plus fort nos compatriotes de confession juive en France.

Je rappelle que, dans un certain nombre de quartiers, de territoires, il est aujourd'hui impossible de se balader avec une kippa. Il est même impossible de tenir un commerce qui serait identifié comme lié à la culture juive. Mais il n'y a pas que les Français de confession juive. C'est aussi le cas aujourd'hui des Français homosexuels. Il est impossible aujourd'hui de se balader dans la plupart des quartiers de Paris main dans la main avec son compagnon ou sa compagne. C'est devenu impossible. Donc, au lieu de s'agiter en racontant n'importe quoi au Parlement, M. Dupont-Moéty ferait mieux de s'occuper des personnes qui répandent la haine.

Parce qu'il y a aussi eu hier au Parlement quelque chose d'important. On a parlé de cet imam près de Valenciennes qui va enfin être envoyé au Maroc. Ça fait plus de 5 ans que Sébastien Chenu, député du Nord, se bat pour qu'il soit expulsé. Et on a appris, au moment de cette expulsion, qu'il y avait des responsables de 20 mosquées qui ont pignon sur rue, qui soutiennent cet individu qui est antisémite, homophobe, misogyne. Vous approuvez la démarche de Gérald Darmanin, pleinement ? Non, on approuve toute expulsion d'imam islamiste. Sauf qu'il n'y en a pas qu'un. Il y en a des dizaines. Donc, on approuvera M. Darmanin quand il les mettra tous dehors.

14:36
Invité

Ce sont des décisions administratives. Il ne faut pas en passer par la case justice pour ce type d'expulsion ?

14:41
Jean-Philippe Tanguy

On est un État droit. Il faut toujours passer par la case justice. La case justice, elle a été récemment mise en œuvre. Parce que ce monsieur raconte ses insanités depuis des années.

14:51
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, on a le sentiment que votre stratégie, finalement, à vous et à vos collègues nouveaux députés du Rassemblement National, c'est d'incarner la bonne opposition. Celle qui est raisonnée, celle qui ne part pas, celle qui porte la cravate. De faire la différence, finalement, avec les autres oppositions. C'est ça que vous voulez montrer ? Que vous êtes les bons élèves, finalement, de l'Assemblée Nationale ?

15:10
Jean-Philippe Tanguy

Mais ce n'est pas une question... Nous, on est jugé par les électeurs, un peu par les médias, parfois. Mais moi, ce que je veux, c'est que quand je retourne en circonscription, dans la somme, mes électeurs soient satisfaits de m'avoir accordé leur confiance, que ceux qui ne m'ont pas accordé leur confiance se disent « finalement, ce n'est pas si mal ». Et surtout, avoir des résultats. Des résultats sur la forme. Il est normal de respecter le Parlement, de respecter la majorité relative qui a gagné les élections, même si on aurait préféré les gagner à leur place, c'est ce qu'une partie de la gauche, visiblement, n'a pas compris. Et ensuite, de défendre le programme de Marine Le Pen.

C'est le sens du Parlement. Et c'est d'autant plus vrai, et c'est là où vous avez raison, que ce Parlement est très différent des précédents. Pour la première fois, il y a une majorité relative, donc les groupes d'opposition ont un rôle différent. C'est ça aussi qu'il faut dire. Ce n'est pas juste la stratégie de Marine Le Pen. C'est qu'il y a aussi une réalité politique qui est très différente, ce qui fait que les positions qu'on prend dans l'ancêtre du Parlement peuvent avoir un impact politique.

15:57
Présentateur

Ça veut dire soutenir parfois des mesures défendues par l'exécutif.

16:00
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais quand elles sont bonnes, on ne va pas soutenir. Vous êtes prêts à assumer ça ? On n'est pas dans la politique du pire. Ah non, mais on n'est pas du tout dans la politique du pire. Je vais vous donner un exemple. J'ai été objectivement, à modeste échelle, le premier à dire le bouclier tarifaire sur l'énergie exclut les personnes qui se chauffent au fioul. Ce qui est une problématique importante dans les territoires ruraux où l'essentiel des familles se chauffe au fioul. On a obtenu 230 millions d'euros pour les personnes qui se chauffent au fioul. Ce n'est pas négligeable. Ce n'est pas suffisant, mais ce n'est pas négligeable. Nous, on prend.

On a failli obtenir 500 millions pour mieux indexer les pensions des retraités. On a failli l'avoir. Si on a vu, on aurait pris.

16:32
Présentateur

Et en même temps, les sénateurs, la nuit dernière, ont décidé de remplacer la prime de rentrée de 100 euros qui était à destination de toutes les personnes bénéficiaires de minima sociaux par une revalorisation de 150 euros, mais uniquement pour les bénéficiaires de la prime d'activité, donc pour les personnes qui travaillent. Est-ce que ça, par exemple,

16:46
Jean-Philippe Tanguy

nous ne nous soutiendrons pas ? On va voir comment ça va être discuté. Il y a la commission mixte paritaire. Vous ne validez pas cette décision des sénateurs ? Non, parce que je suis désolé. Pourquoi ? Parce que c'est faire croire que toutes les personnes qui toucheraient ces primes de rentrée la dépenseraient mal ou n'en auraient pas besoin pour les enfants. Le traitement de rentrée, un cartable, des trousses, voilà. Moi, j'ai toujours été pour qu'il y ait un contrôle sur l'utilisation de cette prime, mais le fait qu'il y ait un contrôle ne sous-entend pas que les personnes n'en ont pas besoin.

Une fois plus, dans la Somme, qui est un département sinistré par la désindustrialisation, les familles ont besoin de cette aide, donc je ne comprends pas cet amendement qui me paraît de la fiscalité.

17:21
Présentateur

L'idée, c'est de faire aussi la différence avec les Républicains.

17:24
Jean-Philippe Tanguy

Ah oui, mais il y a des grandes différences avec les Républicains. Donc vous êtes d'accord

17:26
Invité

avec Gabriel Attal, le ministre délégué au Compte Public qui estime que la mesure votée par les sénateurs revient à retirer le bénéfice de l'aide à 4 millions de foyers pauvres.

17:36
Jean-Philippe Tanguy

Ça, c'est factuel. Oui, oui, c'est un choix que je ne comprends pas, qui à mon avis est injuste et surtout, il y a d'autres mesures d'économie à faire avant de frapper les familles pauvres qui ont besoin de cette allocation. Je pense que c'est de l'affichage de LR qui essaie de laver plus blanc que blanc sur les questions fiscales et sur les questions sociales et à mon avis, et c'est bon, ce n'est pas un hasard non plus que ce soit le Sénat qui l'ait votée et pas l'Assemblée.

17:58
Présentateur

9h moins 10, Jean-Philippe Tanguy, on va poursuivre cet entretien dans un instant. Tout de suite, le Filinfo pour résumer l'actualité de ce mercredi matin. C'est avec Louise Buyens.

18:08
Locuteur non identifié

Pékin annonce des sanctions commerciales contre Taïwan et décide de suspendre l'importation de certains fruits et poissons. L'exportation de sable vers l'île est aussi arrêtée. La Chine est en colère à cause de la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaines. Le premier chargement de céréales ukrainiennes attend d'être inspecté. Le bateau est arrivé sur les côtes turques hier soir. Il doit ensuite partir vers le Liban dans le cadre de l'accord signé entre Kiev et Moscou. Mais quand va-t-il se mettre à pleuvoir ? L'alerte sécheresse touche toute la France métropolitaine.

58 départements sont concernés par le niveau de restriction d'eau le plus élevé alors que la canicule frappe le pays surtout dans l'est de la France et en Occitanie. 26 départements sont placés en vigilance orange. Localement on attend des pointes à 40 degrés aujourd'hui. Pour son entrée sur la scène européenne Monaco tenu en échec par les néerlandais du PSV Eindhoven. Un partout match pour le troisième tour préliminaire allé dans la ligue des champions de foot. Monaco jouera sa qualification mardi prochain au Pays-Bas. France Info Le 830 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

19:24
Présentateur

Avec toujours avec nous Jean-Philippe Tanguy le député Rassemblement National de la Somme Est-ce que vous ne cherchez pas un petit peu votre positionnement en ce moment et depuis le début de cette séquence parlementaire entre quête de respectabilité et puis la radicalité qui a aussi attiré une partie de votre électorat ? Est-ce que vous n'êtes pas un petit peu sur la ligne de crête là ?

19:44
Jean-Philippe Tanguy

Non mais en fait je pense que la radicalité présumée de notre électorat est une erreur de jugement de certains commentateurs politiques alors qu'ils peuvent le faire avec bonne foi mais moi qui connais bien par définition nos électeurs je n'ai pas ce sentiment de radicalité

19:56
Présentateur

Vous voyez la radicalité de votre programme pas de l'électorat

19:58
Jean-Philippe Tanguy

Pardon mais je ne vois pas ce qui est radical dans le programme de Marine Le Pen Sincèrement c'est sur des mesures qu'aurait pu porter le RPR il y a quelques années et d'ailleurs c'est ce que nous disent les électeurs sur le terrain De toute façon vous savez il suffit de voir qui vote pour nous à partir du moment où les personnes qui nous accordent leur soutien sont des personnes qui ont souffert depuis 40 ans de politique complètement en échec et qui aspirent à une politique alternative sur la défense de l'industrie de l'agriculture des territoires de la justice sociale et fiscale il n'y a rien de radical là-dedans ce sont des mesures une fois plus de bon sens qu'auraient pu défendre d'autres partis s'ils avaient appliqué leur programme vous savez aussi ce qu'on ressent aussi sur le terrain c'est que les gens disent enfin Marine Le Pen elle aura le courage d'appliquer ce que ne font pas les autres et en fait on est en train de reprocher en fait aussi parfois Marine Le Pen a toujours dit quand on aura des responsabilités on les exercera avec dignité et responsabilité oui et maintenant on fait mine de croire que Marine Le Pen a cette ligne là ça a toujours été le marinisme d'ailleurs les personnes que parfois vous citiez tout à l'heure lui reprochaient ça donc on ne peut pas reprocher à Marine

20:56
Invité

Jean-Philippe Tanguy vous évoquez le souvenir du RPR je rappelle que vous venez du mouvement Debout pour la France de Nicolas Dupont-Aignan elle est là la trajectoire de Marine Le Pen la respectabilité évoquée par Céline Asselot dans cette Assemblée Nationale à 89 députés et puis lentement et mais sûrement vous essayez au fond d'attraper la droite traditionnelle

21:18
Jean-Philippe Tanguy

mais en fait nous ne l'attrapons pas elle est venue une partie est venue à nous parce que Marine Le Pen défend le contrôle de l'immigration pour l'instant ça résiste quand même écoutez non en Picardie de mémoire nous avons 9 députés sur 16 et l'air en a plus que 2 alors non ça résiste et la Picardie qui est une terre historiquement de droite gaulliste j'aurais pu vous citer d'autres endroits le APACA qui était aussi une terre de droite et passait largement mariniste voilà

21:43
Invité

donc c'est la stratégie c'est ça en fait vous avez un quinquennat grosso modo pour essayer de conquérir cette droite qui a toujours établi une forme de frontière de mur infranchissable entre vous

21:54
Jean-Philippe Tanguy

ah bah ce mur je pense qu'il est tombé depuis longtemps sincèrement Marine Le Pen l'a fait tomber mais c'est deux stratégies qui se cumulent vous savez pour faire 50% des voix c'est énorme d'atteindre une majorité électorale dans un pays donc il y a la stratégie historique de Marine Le Pen qui est de dépasser le clivage ni droite ni gauche et il est vrai que pour parfaire cette stratégie il y a une ouverture vers des territoires vers des électorats qui étaient historiquement liés à la droite mais c'est aussi lié à l'histoire de notre pays en Amérique du Sud la nation est plutôt liée à la gauche en France la nation les droits individuels la conquête de la liberté de l'égalité de la fraternité est plutôt liée au bonapartisme

22:28
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy je note que plusieurs reprises depuis le début de notre entretien vous avez dit marinisme est-ce que c'est ça c'est le nouveau terme qu'on va essayer d'imposer pour dire que je crois que je ne l'ai jamais entendu dans la bouche d'un responsable du Rassemblement National

22:42
Jean-Philippe Tanguy

il est vrai que je suis venu au Rassemblement National aussi pour la figure de Marine Le Pen je l'ai toujours dit quand l'avenir français qui représente effectivement les gens qui viennent debout la France sont venus auprès de Marine c'était aussi pour son courage pour sa personnalité pour son expérience

22:55
Présentateur

mais il n'y a rien à effacer

22:57
Jean-Philippe Tanguy

vous savez moi je suis de formation d'historien je n'ai rien à effacer je prends tout je prends tout ce qui s'est passé c'est juste que je ne veux pas je ne veux pas si vous voulez qu'on utilise certains faits qui ont 40 ans pour essayer de noyer la ligne politique réelle de Marine Le Pen que je trouve de mauvaise foi parce que si on prend toutes les déclarations qu'on peut tenir par tous les partis politiques depuis un siècle on va y passer très longtemps et je peux vous dire que ce ne sera pas forcément au détriment du Rassemblement National

23:20
Invité

Jean-Philippe Tanguy vous dites il n'y a rien à effacer il y aura donc à l'automne l'élection du président ou de la présidente du Rassemblement National vraisemblablement il y a deux candidats c'est Jordan Bardella et Louis Alliot au passage j'imagine que Marine Le Pen gardera la main sur le parti

23:35
Jean-Philippe Tanguy

c'est un peu l'idée quand même écoutez hier elle a fait une petite dédicace aux journalistes elle a dit ça fait depuis des années on disait que la famille Le Pen ne voulait pas abandonner le parti là elle abandonne c'est Louis Alliot et Jordan Bardella un des deux qui va être président elle a dit vous voyez bien que je n'étais pas attaché à ce parti de manière à faire

23:55
Invité

c'est elle qui sera la personnalité influente de ce mouvement politique

23:58
Jean-Philippe Tanguy

l'élection va coïncider avec les mais ce n'est pas parce que vous êtes une personnalité influente monsieur Achilli que vous gardez la main comme vous dites sur le parti comme si monsieur Bardella et monsieur Alliot étaient des hommes de paille ni l'un ni l'autre n'ont le caractère d'homme de paille ce sont des personnalités politiques qui ont un poids politique propre et qui ont leur propre vision et je peux vous dire aussi vous faites Marine Le Pen est aussi contente de pouvoir se consacrer justement elle l'a dit plusieurs fois aux affaires du groupe aussi à des rencontres internationales et de pouvoir s'appuyer justement sur Jordan Bardella ou Alliot pour s'occuper des affaires partisanes

24:26
Invité

vous faites très à ce moment là les 50 ans du front national de la fondation du mouvement de Jean-Marie Le Pen

24:31
Jean-Philippe Tanguy

alors Marine Le Pen a dit hier à la conférence qu'elle voulait strictement séparer l'affaire du congrès l'affaire des 50 ans donc c'est non en tout cas c'est pas l'objet du congrès l'objet du congrès c'est le futur vous même vous souhaitez tourner la page mais c'est pas une question de tourner la page le passé existe le passé existe il existera toujours nous sommes une tradition politique justement qui refusons la tabula rasa de la gauche qui essaie de faire croire que tout recommence toujours avec eux mais ce n'est pas parce que vous ne voulez pas être prisonnier du passé que vous l'effacez ce sont deux choses totalement différentes sincèrement

25:00
Présentateur

merci beaucoup Jean-Philippe Tanguy député Rassemblement National de la Somme d'avoir accepté ce matin notre invitation merci à vous Jean-François Achilly on se retrouve demain restez avec nous sur France Info