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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 27 octobre 2026 50 minAutoproduitPortrait personnelSécuritéJustice

ELLE SE RETROUVE AU CŒUR DU PLUS GRAND RÉSEAU DE DR*GUE MARSEILLAIS : LA FRENCH CONNECTION

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28Chiffre
    « Je crois qu'il faisait 100 kg par mois, ce qui équivaut à 150000 euros maintenant. Par mois. Par mois. »
  • 9:49Chiffre
    « Il faisait 5 kg par mois. C'était 1 million de centimes le kilo. »
  • 25:34Fait
    « Moi je suis allée le voir. J'étais à Rennes, j'étais en permission, j'ai commencé par voir le premier procureur qui s'appelle Madame Viognali. Et je suis allée lui demander pour quelle raison elle avait requis 15 ans contre moi. »
  • 34:15Fait
    « Il a dit que j'étais intelligente, que j'aurais dû mettre mon intelligence au service de la France plutôt que de la French Connection. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Aujourd'hui, émission spéciale sur la French Connection, la célèbre organisation criminelle marseillaise. La French des années de folie. Quand il m'a expliqué, je suis tombé des nues parce qu'il m'a dit "Mais non, je suis chimiste de l'héroïne pour l'héroïne."

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Et pas de n'importe qui, c'était le plus gros importateur-exportateur de de de de de France.

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Je crois qu'il faisait 100 kg par mois, ce qui équivaut à 150000 euros maintenant. Par mois. Par mois. Mais c'est ce qu'il vous dit, hein, que je dominais et que c'était moi le cerveau parce que j'étais la plus intelligente. Comme quoi, il faut pas être intelligent. Mais il m'a gâché toute ma vie, quoi. Voilà. Mes plus belles années, je les ai passées en taule. Bonjour, je m'appelle Arlette. Je suis la femme du chimiste de la French Connection et aujourd'hui, je suis décidée à vous raconter toute [musique] la vérité sur cette histoire. On m'a accusé d'être le cerveau de la French Connection, alors que à l'époque, je n'avais que 27 ans et que la French Connection avait existé au moins depuis plus de 20 ans. Et aujourd'hui, je suis la dernière en vie qui peut vous

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expliquer tout ça sur Légendes.

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Bonjour à tous. Aujourd'hui, émission spéciale sur la French Connection, la célèbre organisation criminelle marseillaise. On parle ici d'un des plus gros réseaux de trafic de drogue entre les années 30 et 70. Rendez-vous compte, à cette époque, près de 80 % de l'héroïne consommée aux États-Unis venait de ce réseau. On parle de centaines de millions de dollars. Arlette, elle, elle a tout vécu de l'intérieur. Elle était avec son mari, qui était chimiste dans les laboratoires clandestins à Marseille, où l'héroïne était fabriquée. Elle a passé près de 10 ans en prison. Elle a connu les Baumettes à Marseille. Aujourd'hui, elle a 78 ans. Elle avait toujours été discrète. Elle détestait les médias. Elle n'avait jamais parlé. Et aujourd'hui, elle a décidé de tout raconter. Son passé dans la French

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Connection, sa vie luxueuse et ses années mouvementées en prison. C'est tout de suite le témoignage d'Arlette sur Légende. Bonjour Arlette. Bonjour Lola. On est très content de vous recevoir. Toi, tu t'es mariée à l'un des chimistes de la French Connection. On va revenir sur ton histoire, mais avant je voudrais comprendre pourquoi à 78 ans tu décides enfin de parler. Toi qui as toujours été discrète. C'est que je suis restée 36 ans avec quelqu'un qui ne voulait pas que je parle de mon passé. Donc là, il fallait que j'en parle. Voilà. Et puis là maintenant, les les membres de la French Connection sont tous décédés. Voilà, j'ai attendu aussi qu'ils soient tous morts. [rires] Comme ça, tu prends pas de risques. Voilà, je prends pas de risques. Toi, tu as 20 ans quand tu vas

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rencontrer Henri à Marseille. Donc c'est un chimiste qui travaille justement pour la French Connection. Comment vous vous êtes ? Alors, j'avais un bar que je tenais avec mon premier mari et il venait jouer aux cartes dans ce bar et puis il a fini par me draguer et puis voilà, on a fini euh par par flirter, si j'ose dire. Et puis bon, ça a duré depuis un mois ou deux mois et un jour, il m'a dit "Mais tu sais mon métier, tu connais mon ?" Je dis "Bah non, qu'est-ce que tu ?" Il me dit "Je suis chimiste." Et moi, la réponse "Chimiste en ?" Je je j'étais dépassée par les événements. Quand il m'a expliqué "Chimiste en héroïne", j'ai dit "Ah bah là, euh mais bon, [grognement] j'étais déjà avec lui. Je savais pas ce que c'était un chimiste moi à l'époque. Je connaissais

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le trafic de drogue, mais les chimistes, je savais même pas que ça existait. Et c'est quand il m'a expliqué, je suis tombée des nues parce que je pensais qu'il avait un laboratoire normal moi. Et il me dit "Mais non, je suis chimiste de l'hé- pour l'héroïne." Ah bon, j'étais un peu surprise, mais bon, pas plus que ça. Pas plus que ça parce que ça ça poussait comme des champignons les traf- trafiquants de drogue à Marseille. Même Alors là, je vais te raconter. J'avais un bar à Marseille. C'est là où j'ai connu Riri. Un jour, il y a mon chien, je les estrades, elles étaient très hautes. Il y a mon chien qui passe sous l'estrade et il ressort avec un truc comme ça tout visqueux tout tout noir et moi je dis "Berk, qu'est-ce que c'est ce ?" J'ai

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pris la ce machin, j'ai foutu à la poubelle. Le lendemain, pareil, je vois deux pieds qui sortent de mon estrade. Je l'attrape, je dis "Mais qu'est-ce que vous faites là ?" Ah il me dit "Tu as pas vu un truc comme ça comme ça comme ?" Je venais de [ __ ] 800 800 g de de résine de cana à la poubelle. Je dis "C'est pour te dire que je connais rien aux drogues." Ah ouais. 800 g. Heureusement que j'étais avec les Giudicelli parce que le mec il me zigouillait. Mais bon les Giudicelli c'était quand même C'était qui les ? Ma première belle-famille qui était pas n'importe qui. Donc il a pas bronché. Mais j'ai dit d'abord, j'ai dit "Si tu bronches, je dis tu te rends compte s'ils viennent et qu'ils trouvent la drogue chez moi alors que c'est pas à moi, c'est nous qui partons en taule et

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toi tu oses encore ?" Il a rien dit. 800 g je les ai foutus à la poubelle. Mais ça te choquait pas plus que ? Non, parce que je voyais pas les drogués qui travaillaient pas. Je ne les voyais pas et donc c'était pas choquant. Dans Marseille c'était pas choquant. Toi tu savais ce que c'était avant de le rencontrer la French ? Non. Non, pas du tout. Pas du tout, je venais d'un autre milieu. Non non, mon premier mari il avait rien à voir avec ça. Non non, je connaissais pas du tout non. Tu as pensé à le quitter quand il t'a dit French Connection ou ça ne t'a pas fait ? Ah non, pas du tout. Non non, pas du tout. Ça m'a pas fait plus peur que ça, non. Non. Même bon, j'en étais amoureuse quand même mais non.

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Moi tout ce que je voulais c'est pas y participer mais malheureusement il m'a mis la tête dans dans la marmite hein. On va y revenir après mais comment il ? C'était quel genre de ? Euh très gentil, très doux euh quelqu'un de tout à fait normal hein. Euh tu sais les [raclement de gorge] les trafiquants de drogue ils sont normaux hein. Après ils prennent le risque de le faire mais ils sont normaux. Comment tu vas comprendre qu'il travaille pour la French ? ? Euh bah il me le dit de suite. Quand quand je suis avec lui, il me dit je suis un un chimiste de la French Connection. Et pas de n'importe qui, c'était le plus gros importateur exportateur de de de de de France, il travaillait pour lui, c'était son chimiste. Comment ça s'organisait la French Connection de ? Il y avait combien de

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laboratoires, combien de personnes qui ? moi j'en ai connu enfin j'ai su qui qui dit au moins quatre. Au moins quatre que je savais qui tenait des labos. Mais le le à l'époque, voilà, euh il y avait des des ceux qui faisaient importer qui importaient la morphine de base, donc qui étaient en rapport avec les Turcs. Après, quand la morphine base rentrait, il a donné à mon mari aux autres labos, il a qu'il a transformé en héroïne. Et après, il y avait un réseau qui le transportait en Amérique. Et après, alors là, c'est étonnant, moi je je n'ai jamais compris comment ils faisaient pour passer l'argent, mon cher. Parce que c'était des des des des des sommes astronomiques. Astronomiques. Et ben, ils arrivaient à

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passer l'argent avec. Et tout le monde était plein de fric. Je sais pas comment ça se passait. Mais c'était comme ça l'organisation, c'était comme ça. Tu avais ceux qui importaient, ceux qui transformaient et ceux qui exportaient. Comment ils l'exportaient vers les ? Alors, moi j'en ai vu un. Ça ça s'est passé dans mon bar, je l'ai vu de mes yeux vus. Ça c'est la première fois. Après, ils ont été tous attrapés, ils te ils te mettaient contre le contre le ventre, ils bandaient, ils te mettaient les les sachets contre le ventre, ils bandaient et avant, il y avait pas de détecteur et il y avait rien du tout. Donc s'ils te palpaient et te touchaient, mais ils je je les ai vus passer comme ça et jamais sans se faire attraper. Et ils prenaient ? Alors, ils prenaient l'avion, après euh

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tu avais les les les voitures, vous aviez des planques, je faisais des planques. Là aussi, ça ça a tout. Et après, il y avait les bateaux. Mais tout ça, euh je sais pas comment ils faisaient pour pas se faire attraper plus tôt. Parce que quand même mais mais c'est vrai qu'ils avaient pas ils avaient pas tout tous les engins qu'on a maintenant électroniques qui détectent. Et là là à ce moment, ça marcherait pas, hein. Mais ils arrivent quand même la preuve c'est que maintenant c'est la coke qui rentre. Elle rentre en France, hein. Et pareil, hein, ils par bateau, ils la ils la mettent dans des conteneurs, ils la mettent voilà. Ils ont toujours des des trucs, tu les prends d'un côté, ils vont le faire autrement. Ils sont loin d'être idiots. Et quand il y a beaucoup d'argent en jeu, ils sont

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loin d'être idiots. Ils trouvent, hein. Ils trouvent le moyen. Oui, mais à l'époque, c'était bien bien organisé, très bien organisé. Comment tu décrirais la French Connection pour ceux qui ne la connaissent pas de ? Toi, tu y as été. Alors, moi je pense que c'est pas une secte mais presque. C'est c'est une bande qui vivent entre eux qui respectent les gens qui s'entretuent entre eux, qui respectent les les policiers. Ils se sont fait arrêter, il y a pas un policier qui a qui a qui a été blessé ni rien du tout. Mais c'est celui qui gagnait le plus aussi, c'est celui qui commandait le plus. Donc après, il y avait des postes à pourvoir, si j'ose dire, et là ils s'entretuaient. Mais c'est un truc entre eux. Mais les gens, ils étaient très

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respectueux, très j'ose dire, hein, entre guillemets, très honorables. Entre guillemets. Parce que il y a il y a jamais eu quelqu'un qui a été tué par un mec ou une personne de la French Connection, ils s'entretuaient en entre eux, mais personne étrangère n'a été touchée, personne. Et c'était facile d'y rentrer, de dire "Tiens, moi je vais être chimiste." Non, parce que ça moi je comprends pas comment mon mari est arrivé, parce que franchement euh il était très très très très fort. C'est de la vraie chimie. Le poids, tout tout est contrôlé, le l'assèchement de de la morphine base qui arrive si elle si elle brûle, c'est cuit, la dose qu'il faut mettre de d'acide chlorhydrique, c'est pareil. La fermeture des sachets pas d'air autrement c'est pas bon.

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Ah non, c'est très très très spécifique très spécifique. Et je sais pas comment il le faisait à très très bien 99 % pur. Donc pas tout le monde pouvait être chimiste. non. Donc quand les autres ils arrivaient quand ils étaient très bons à 80 % quand ils étaient bons. Ce que ça veut dire que si il y a 100 kg de morphine base qui rentre, lui il en sortait 98 99. Tandis que les autres 100 kg, il en sortait que 80. Donc c'est de la perte. Vu le prix. Combien d'argent au total tu penses que tout ça a ? À mon ? À tout tout le réseau. À tous.

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Des des millions. Des millions et des millions. Franchement des millions. D'ailleurs ils avaient tous des yachts, ils avaient tous des des trucs de folie, j'avais à leur nom bien entendu, c'est ce que je te je t'ai dit tout à l'heure, mais mais des millions. Donc que si la loi n'avait pas changé je pense qu'ils auraient continué. Si les Américains ne s'en étaient pas mêlés, je pense qu'ils auraient continué pendant un bon moment jusqu'à ce qu'ils se fassent détecter par les par les appareils mais pas par les flics. Mais c'est une c'était des années de folie. La French des années de folie. Il y a il y avait de l'argent de partout. C'est c'est une économie secondaire comme une autre. Hélas.

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L'argent rentrait à foison. Ils étaient obligés de de l'investir cet argent. Donc c'est une économie. C'est exactement ce qui arrive maintenant mais pas pareil. Et ça a duré longtemps l'organisation elle a Ça ça a duré très Parce que il me semble que mon mari a commencé dans les années 65. Et il s'est fait arrêter en 76, 11 ans. 11 ans après. Et et pas dans un labo. Il s'est fait arrêter si j'ose dire bêtement. Il aurait jamais dû être arrêté, jamais. Il avait arrêté. Mais bon voilà. Lui en fait il passait ses journées au laboratoire. Alors Comment ça se ? passait pas comme ça. Il avait un un un labo euh

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Voilà, un laboratoire si on ose dire et si on appelle ça labo et puis euh il faisait euh il restait 3 semaines ou 15 jours par mois pour fabriquer. Après le reste du temps, il était chez lui. Ça ressemble à quoi un ? Ben une maison tout à fait normale. Et dans dans alors cette maison il faut qu'elle ait deux étages. Parce qu'il faut qu'il y ait un gardien pour garder. Donc il qui habite un appart qui habite un appartement au premier. Le second étage là il il ils l'ont transformé en laboratoire avec des pièces différentes pour chaque palier. Palier de ? Ben pour [grognement] chaque palier parce que il y a d'abord ils recevaient la la fameuse morphine base qu'il

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fallait sécher. Donc ils avaient une pièce pour ça. Après ils avaient une autre pièce où il y avait des bailles des grosses bailles de de de d'ordures là où ils mettaient de de de l'acide chlorhydrique et faisaient ils faisaient ils faisaient passer tous ces tous tous ces trucs dans l'acide chlorhydrique pour la blanchir. Après il y avait une autre pièce avec des alambics et après il y avait une une autre pièce pour peser et mettre en sachet. La plupart du temps ils prenaient des retraités ou des couples. Pour que la maison puisse vivre et et qu'elle soit habitée. Ils étendaient le linge, ils faisaient ils ils ils ils habitaient en fait. Ils habitaient. Et ces personnes-là faisaient aussi la cuisine pour les gens qui travaillaient dans le labo. Et c'était facile de trouver des

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personnes comme ça qui acceptent dépend combien il prenait, mais il prenait cher, hein. Je me rappelle plus combien il donnait, mais les personnes sont parties, se sont achetées des des maisons, ils ont prenaient très cher. Ouais, il y avait beaucoup beaucoup d'argent. Ouais, beaucoup d'argent, ouais. Ah ouais. Ça met combien de temps à se fabriquer les 3 semaines selon le selon le poids, hein, c'est toujours le poids, hein. 3 semaines parce que c'est c'est par étape. Il faut un moment pour les sécher parce que les les trucs tombent mais dans l'eau, il est il est récupéré au large de la Corse. Puis après il fallait sécher, puis après il fallait euh la la transformer et ça c'est au moins 3 semaines. Et alors, toi une fois tu l'accompagnes au ? Il m'a montré, je suis très curieuse. Et

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comme il me faisait habiter pas loin du labo pour qu'il puisse venir me voir, euh je suis allée un jour visiter pour savoir comment ça se passait ce machin-là. Et voilà, je suis allée voir, c'est pour ça que j'en parle. Et ? Ben, alors c'est c'est impressionnant. C'est c'est vraiment de la chimie. Moi, j'ai été très très étonnée de voir l'étape étape par étape comment ça se faisait. Et très dangereux pour eux parce qu'ils avaient ils avaient des masques comme comme les masques pendant la guerre de 14, ils avaient ça. Pour pas pour pas respirer. Ensuite, ils avaient d'autres masques quand ils les mettaient dans les sachets. Et il s'est très très compliqué là parce que là il m'a il m'a raconté si il il loupe une étape, elle se casse. Ils appelaient ça se casser. S'ils

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mettaient de l'air dans les dans les sachets, elles se cassent. Donc, il fallait être très minutieux. Oui, ouais ouais, ouais. Ouais ouais. Combien de il fabriquait euh ils ont fabriqué dans ce ? Alors là, je crois qu'il faisait 5 kg par mois. C'était 1 million de centimes le kilo. C'est quoi la Est-ce que tu as déjà vu une importante somme d'argent ? Oui, bien sûr, il y avait que du liquide. Bien sûr que je les ai vus. ? D'Elias. Elles étaient ? Il les mettait un peu de partout. Il les laissait dans les tiroirs de de partout, il y en avait de partout. Voilà, et le gros problème après, c'est de les réutiliser parce que c'était vraiment de l'argent liquide.

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Donc il se servait de prête-nom. Voilà. Mais c'est-à-dire, il mettait par exemple, ils achetaient style moi, il a acheté une maison, enfin il a fait construire une maison à mon nom. J'étais pas mariée avec lui, hein. J'étais un prête-nom. Oui, c'était ? Ils pouvaient pas acheter à leur nom sinon ils étaient trop si si ils achetaient à leur nom alors que ils étaient plus ou moins connus. Les policiers savaient que c'était des trafiquants, ils sont ils sont pas arrivés à les arrêter. Mais ils le savaient. Donc il suffisait qu'ils prennent des qu'ils achètent des trucs à leur nom et ils de suite voilà, ils y étaient, hein. Donc ils ont pas fait ça. Ils ils cherchaient des prête-noms. Et toi tu bénéficiais de ton argent de cet argent, on va y revenir après. oui, parce que bon, j'étais avec lui

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quand même, mais bon, je vivais normalement, hein. J'étais pas dans l'opulence, hein. Tu te servais parfois dans les ? Oui, ça m'est arrivé, oui. Oui oui oui. Oui oui, ça m'est arrivé. Ça donne envie c'est de voir tout cet argent si si ça donne rien parce que je suis pas trop attirée par l'argent. Mais euh je m'en servais pour pour faire plaisir à tout le monde en fait, voilà. Je faisais des cadeaux. Ça ça me plaisait. Et euh est-ce que à cette époque-là tu réalises l'ampleur du ? Oui, parce que je répète, hein. Tout Marseille en faisait. Tout Marseille. Vous je tombais des fois sur des copains et ils me disent "Mais moi j'en fais aussi." Ah ? Tout le monde en faisait.

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Tout le monde en faisait tout tout simplement parce que ça rapportait beaucoup et parce que ils prenaient que 5 ans. Donc ils mesuraient le pour et le contre et ils le faisaient. Grâce à l'argent d'Henri, vous allez quand même avoir une vie un peu de luxe. Oui, bien sûr. Bien sûr, surtout lui, il était très porté sur le luxe, très très très. Donc, il lui fallait quelque chose, mais il fallait que ça soit les meilleures choses qui puissent exister. Si s'il achetait une voiture, c'était une BMW ou une Mercedes. S'il achetait un bateau, c'était un yacht. Et la maison, ben la maison euh elle est sortie euh euh des des d'énormes. Elle était hors norme. Avec des robinets en plaqué or, des tout

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en marbre euh c'est c'était lui ça. C'est toi qui l'a des dessiné la ? Alors, moi j'ai dessiné la maison. Exact. combien d'argent par ? En ? En francs en centimes de francs. 100000 100 millions en centimes de francs. Ce qui équivaut à 150000 euros maintenant. Par ? Par mois. Et à l'époque, c'était énormément d'argent. C'était c'était énorme. C'était énorme. Et toi, tu travailles à ce moment-là ou tu tu t'occupes des ? je ne travaillais pas parce que monsieur ne voulait pas que je travaille. Mais euh je m'occupais de la maison, je m'occupais des chiens, je m'occupais de la de la de faire le repas, je m'occupais de tout quoi. Il vivait avec moi. Enfin,

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quelques temps après hein, parce que s'il a mis 2 ans hein pour vivre avec moi. Au début, il voulait ? Non, il est retourné, il m'a fait lâcher mon premier mari, il a quitté sa femme, mais il il a voulu retourner parce qu'il avait ses enfants, il est retourné 2 ans avec elle. Et toi, il a jamais voulu que tu travailles et que tu l'aides de dans ? Non non non. Non non. Hors de question que je travaille pour lui. Tu étais comment par rapport à ça ? Tu avais envie de participer et de gagner autant que ? Ah jamais de la vie. Ah non non. Si j'avais eu envie, je me serais pas prise comme ça. J'aurais fait autrement et peut-être j'aurais pris 15 ans pour quelque chose que là je les prends pour rien. Tu avais peur pour lui qu'il se fasse ? Tu avais peur pour toi ou ?

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Alors, il avait peur pour moi pour la simple raison qu'il voulait jamais que j'aille à comme ils disent la planque euh le labo. Et c'est pour ça qu'il m'a fait prendre un appartement qui qui touchait, il était à à 150 m du labo pour que que je sois en dehors du labo en cas que. Mais voilà. Est-ce que vous aviez des armes à la ? Est-ce que c'était c'était un chasseur, un grand chasseur, il avait euh il avait déjà une dizaine de fusils qui coûtaient une fortune. Et puis il avait des des comment on dit des calibres, il en avait plein, une dizaine aussi. Ouais, des armes, oui. Des armes, il y en avait. Est-ce que vous consommiez de ? Jamais de la vie.

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Ni de l'héroïne, aucune drogue, jamais de la vie. Mon mari fumait, moi je je n'ai ni fumé ni ni ni pris de la drogue. Et lui non plus, pas de drogue. Le 24 avril 1976 1976 tu es arrêtée en même temps que ton mari. Oui, absolument. Est-ce que tu Sur la Canebière. Est-ce que tu peux me raconter en détail ce qui s'est ce qui s'est passé ce ? ? Ah oui. Alors, l'arrestation c'était c'est simple, j'étais avec la fille de mon mari qui avait 14 ans et j'étais en train de faire des des des courses sur la Canebière et puis ils sont venus, ils ont arrêté la voiture, ils l'ont mis en travers et nous ont demandé de rentrer euh la petite et moi et ils nous ont emmenés direct direct à l'Évêché pour faire des perquisitions. Voilà. Euh on s'y attendait. Je le je le raconte dans le livre, on

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s'y attendait pour la simple raison qu'on savait qu'il y avait un nommé Chaminadas qui donc travaillait avec le Narcotic Bureau américain qui était sur nous. Donc on s'attendait à ce qu'ils viennent, pas plus surpris que ça. Vous aviez pas pensé à ? Non, moi j'ai pas pensé à fuir, non, pas du tout d'ailleurs parce que je pensais pas prendre ça hein, déjà et d'ailleurs et je pensais que d'ailleurs ils avaient rien sous la dent. Je savais pas qu'ils avaient ce cette espèce de lettre, je savais pas tout ça moi. Donc j'ai pas eu peur sur le coup, j'ai pas eu peur. Parce que toi dans ta tête, tu risquais rien comme tu avais rien. Mais moi je pensais que j'allais ils allaient me me me libérer parce que j'ai dit bon, la lettre ils voient bien que c'est quand même pas moi qui est

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non, ils pensaient que moi j'étais la chef. C'est quoi cette ? Alors c'est une lettre qui s'écrivait il y avait des codes, il y avait des codes entre les Turcs et mon mari. Ils coupaient la lettre en deux, ils envoyaient une moitié à moi et l'envoyaient et l'autre moitié à qui voulait. Et donc quand tu réunissais ces deux ces deux lettres même si on la lisait, ça voulait rien dire. Mais eux ils se comprenaient, c'était des codes. Donc des codes pour dire je veux tant, tu reviens, tu me l'as fait, voilà. C'est à cause de cette lettre qui a été retrouvée par le par le comptable et qui l'a donné au narcotique bureau et c'est pour ça qu'il y a une suite comme ça. Et qu'est-ce qu'ils trouvent dans les ? Alors ils ils trouvent de ils trouvent rien sauf de deux fausses

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cartes d'identité que mon mari avait mis dans un livre. Et c'est moi qui leur ai balancé sur la tête, le livre il s'est ouvert et les cartes d'identité sont tombées. Mais c'est tout ce qu'ils ont trouvé. Et et la machine à écrire avec avec laquelle la lettre avait été tapée. Voilà, c'est c'est les deux choses qu'ils avaient à l'arrestation, ils avaient rien d'autre. Ils ont pas trouvé le ? Non non non, ils ont mis trois mois pour le pour le trouver. C'est bien simple, on a été arrêtés le 24 avril 76 et le labo il a été trouvé en en juillet 76, trois mois après. Et qu'est-ce qu'ils vont trouver dans le ? Que du matériel. Les fameux Alors il y a des casseroles, il y a des des trucs tout en en inox parce qu'il faut pas qu'il y ait autre chose que de l'inox. Euh les alambics,

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ils les ont pas trouvés parce que ils ont pas trouvé d'alambic mais que que du du matériel où il y avait des traces de pin dedans. Parce que moi quand ils l'ont trouvé, j'ai fait oui alors c'est des casseroles, des marmites et donc ils ont fait venir une dame qui s'appelle Mademoiselle Quick qui est chimiste. Elle a fait des prélèvements, et a trouvé les traces de liquide. En fait, ils ont trouvé que le matériel qui a été balancé par un un ami de mon mari et ils ont jamais trouvé le labo. Jamais, alors qu'il [musique] il avait ils avaient un moyen de le trouver parce qu'il était à mon nom. Puis ils sont pas allés ils sont pas allés chercher plus loin que ça. Parce qu'il était à mon nom à partir du moment où mon mari a arrêté de travailler. Donc il a enlevé tout le

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matériel et il m'a dit "Eh ben je le mets à ton nom comme ça ça te fera un revenu pour loyer." Donc ça faisait qu'un an que j'avais ce cette maison à mon nom et ils ont pas cherché plus loin parce qu'ils ils cherchaient une maison qui avait au moins une 10 ans. Donc ils ont dit "Non, elle vient de l'acheter, c'est pas ça." Ils sont jamais ils ont ils sont jamais allés voir si c'était ça ou pas. Et alors vous allez être envoyée euh dans la prison des Baumettes à Marseille en détention préventive. Oui. Tu ressens quoi quand tu entres en prison pour la première ? C'est ça c'est terrible. Bon, le premier jour quand tu arrives en détention, c'est terrible. Parce que bon, tu as une fouille corporelle, tu te retrouves avec des gens que tu connais pas euh donc [grognement] après il faut s'y s'y

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prendre hein. Il faut il faut il faut absorber ça. Il faut faire le caméléon et dire voilà, je suis là, je suis là, ben voilà, je change. Et c'est c'est terrible, la prison c'est terrible. Quand tu commences, c'est terrible. Après tu t'y fais. Toi tu pensais faire un an de prison quoi, deux ans de prison, mais jamais autant. Même je pensais qu'ils qu'ils allaient me libérer en en en préventive parce que j'ai dit "C'est pas possible, ils trouveront pas ce labo." Quand j'ai vu que le vrai labo qui qu'ils avaient sous la main, ils sont pas allés le chercher, j'ai dit "Bon, le matériel il est emmuré, il y avait que lui, mon mari et moi qui le sachions." J'ai dit "Personne va le balancer." Ah oui. Tu lui en as voulu de t'être ? Ah là oui. Ah là oui. Beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup.

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Beaucoup. Là tu sais pas trop ce qui va arriver parce que euh là tu te dis là c'est un peu gros c'est ma maison c'est ma maison elle est à mon nom et trouve en plus le laboureur. Donc tu vois ça fait beaucoup de choses contre moi quoi. Et mais rien contre lui. Tu étais pas énervé que tout retombe sur ? Euh moi où ça m'a énervé c'est quand le juge Michel a décidé de transiger mais avec sa première femme pas avec moi. Donc sa première femme qui a fait exactement la même chose que moi elle s'est pris 4 ans avec sursis et on lui a laissé tous ses biens. Moi on m'a tout pris et on m'a flanqué 15 ans donc je trouve que c'est de la justice vraiment injustice. Toi c'est vrai que tu as été décrite comme le cerveau de la French Connection. Oui parce que je m'en suis pris au juge

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Michel je répondais j'essayais j'essayais [grognement] de leur dire quelque chose de normal pas de à côté et je me suis trouvée un un amant qui était chimiste mais qui était abattu comme d'hab et j'ai dit que c'était à lui plutôt que de balancer mon mari donc ils se sont dit attends ça va celle-là elle surplombe les autres quoi. Mais c'est ce qu'ils m'ont dit hein que je dominais et que c'était moi le cerveau parce que j'étais la plus intelligente. Comme quoi il faut pas être intelligent ça coûte cher. Et toi tu pour toi tu avais rien à te ? J'ai la seule chose que j'ai à me reprocher c'est que j'ai servi de prête-nom à mon mari à mon futur mari parce que j'étais pas mariée il il me mettait tout à mon nom dès qu'il qu'il y avait quelque chose il

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le mettait à mon nom. Donc et tu te fais prendre dans une affaire de drogue ils savent très bien que tu es un prête-nom et ça ben tu ça ça ça ça dépend de la loi aussi. À cette époque-là jamais des femmes Non alors à cette époque-là jamais elles ont pris elles le maximum je crois que le maximum il y en a une qui a pris 4 ans c'était le grand maximum le grand maximum. Les autres elles prenaient 2 ans elles prenaient rien. Et là le juge Michel lui il a décidé qu'il fallait qu'il prenne une femme et qu'il la fasse condamner ben voilà il est tombé sur moi. Et alors quand tu es en prison euh elle ressemble à quoi ta ? Tu es avec d'autres détenus aux ? C'est ? Alors tu as des des lits superposés, des fois tu en as que deux, des fois tu en

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as trois. Elles sont assez petites. Tu as un lavabo, c'est bien, tu as des chiottes, là c'est bien, aux Baumettes tu as des chiottes. [grognement] Et c'est tout. Et une armoire. Tu peux échanger avec ton mari en ? Alors tant que tu es pas mariée, c'est très difficile d'obtenir un parloir. Donc on s'est mariés pour ça. Parce que il fallait l'autorisation du juge, lui demander à chaque fois et tout ça. Tandis que quand tu es mariée, c'est même la pénitentiaire qui est obligée de nous accorder au moins une fois par mois un un parloir. [grognement] Et il était aux Baumettes ? Ah oui, il était aux Baumettes hommes, moi aux Baumettes femmes. Tu avais pas tu avais pas trop envie de le voir euh il était juste à côté quoi de

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Et ben quand on se voyait, on pouvait au moins se dire des choses, se voir quoi. Mais on se voyait qu'une fois par mois. Est-ce que tu t'en es déjà pris à d'autres ? Toi tu te laisses pas ? Hum. Faut s'imposer là-bas en ? Alors [grognement] j'ai pas eu trop de problèmes. J'ai eu des problèmes avec une seule femme aux Baumettes parce qu'elle disait que c'était moi qui avait balancé le le labo. Et après ça a été terminé, il y a plus personne qui m'a enquiquiné. Donc elle, je lui ai montré si j'étais balance chez moi, je lui ai montré vraiment. J'ai plus jamais été enquiquinée, jamais. Comment tu lui as ? Aux Baumettes. Jamais. Même les même j'étais très très très respectée et par les les surveillantes et par les filles, très respectée.

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Je ne me suis jamais plainte de rien. Bon à part d'être enfermée et ben non, j'ai j'ai rien subi de de particulier. Qu'est-ce que tu lui as fait à cette ? Je l'ai griffée au point qu'elle est elle a été défigurée. Je crois que même maintenant c'est est c'est pas fait un un chirurgien esthétique, elle doit être encore défigurée. Ils avaient peur de ? Non, c'est Tu dirais les autres ? Toi, tu avais pas peur ? Non, j'avais pas peur d'eux, mais euh je pense pas qu'ils aient eu peur de moi aussi parce que bon, je ne suis quelqu'un de tout à fait normal, faut pas m'agresser. Ça, c'est sûr, si tu m'agresses, je sais me défendre, mais autrement non, moi j'agresse personne, je parle avec tout le monde. J'ai eu vraiment aucun problème, vraiment, vraiment, tout le monde dit

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que ça doit être terrible, ben ça dépend comment tu es, mais moi j'ai j'ai eu aucun problème sauf ça là. Alors, à cette époque-là, est-ce qu'il y avait de la corruption en ? Alors, [grognement] la corruption, il y en avait et je l'ai découvert après hein, pas sur le coup hein. J'ai j'ai découvert, il y avait les les fameuses grâces médicales, là, c'était de la corruption vraiment. Vraiment corruption. Pour sortir en médical, il fallait passer par le médecin-chef euh qui lui passait par Madame Troisier qui était sa supérieure hiérarchique et trouvait des moyens de de de te faire sortir en médical. Et ça, je l'ai vu de mes propres yeux vus et et je me suis dit ça, on te met en prison, mais eux, ils devraient y être aussi hein. Mais ils proposaient euh de ?

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Ils te proposaient, oui, ils étaient c'était moyen moyennant de des des pépettes hein euh pour te faire sortir hein. Il fallait il fallait que et ben c'est normal hein, ils vont pas se mouiller pour rien. Tu vas vraiment essayer de les pousser à ? Je me faisais des comas en prenant les cachets qu'ils me donnaient. Que je quand quand on te donne des cachets, on te fait boire, mais moi je les mettais sous la langue et je les gardais. Et quand j'en avais assez, je me faisais un coma et j'en ai fait 26, je crois, ou 30 de comas. Dans un, on a j'ai failli passer. Mais tu voulais mettre fin à tes jours ou tu voulais seulement ? non. Non non, absolument pas, j'espérais euh m'en sortir à chaque fois hein, mais bon. Je voilà, mais je je voulais pas mettre fin à mes jours, je voulais surtout

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qu'ils disent que je sois que je sois malade. Et puis euh il voulait pas du tout le docteur Colombani, il disait que je faisais de l'hystérie rentrée. À chaque fois que les magistrats disaient "Mais quand même elle est elle est elle est dans le coma, elle est pas bien et tout ça." Lui, il disait "Non non non, c'est le de l'hystérie rentrée." Alors que je alors que je risquais la mort. Donc là, lui, je l'ai pas lâché. Toi, en plus, quand tu étais aux Baumettes, il y avait encore la peine de mort. Oui. À la guillotine. Oui. J'ai enfin, j'ai pas dit assisté, mais j'étais là parce que tout tout le monde le savait. Quand la guillotine arrive, tout le monde le savait. Avec Ranucci, en juillet 1976. Et après, de suite après, je crois deux

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ou trois mois après, euh ou peut-être l'année d'après, j'en sais rien, Djandoubi, ça a été le dernier. Je voilà, il y a eu deux deux deux décapitations pendant que j'étais aux Baumettes. C'était comment euh l'atmosphère en prison quand il y avait des exécutions comme ? Et donc on on le savait parce qu'on nous le disait, hein. On nous le disait et puis on savait que le sur enfin, la peine de mort avait été confirmée et que le président de la République l'avait aussi confirmé. Donc, on savait qu'il allait être zigouillé, hein. Et après, bon. Après, tu sais rien parce que tu vois rien quand même. Oui, c'est pas public. Ah non, ils sont pas publics, mais tu as quand même euh plusieurs personnes. Tu as, je crois, le le magistrat qui a qui

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a Tu as le magistrat, tu as l'avocat, tu as tu as plusieurs personnes. Je crois qu'ils sont une dizaine quand même. Tu vas aussi tenter de mettre fin à tes jours. Pas pas officiellement. Je me suis ouvert les veines, mais toujours dans le même contexte, dans le contexte de sortie médicale. Oui, je me suis ouvert les veines, j'ai j'ai j'en ai encore les stigmates. J'ai bu de la Javel. Mais toujours dans le même contexte, pas pour me suis vraiment, mais surtout pour pour pour sortir médical, dire que je ma détention n'était plus com- compatible. Ce qui ils t'ont envoyé à l'hôpital ? Oui. Parce que là, quand ils m'ont envoyé en hôpital psychiatrique, c'est parce que j'avais été auscultée par un

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un psychiatre. Et le psychiatre avait décidé que mon état était incompatible avec la détention. Comme ils voulaient m'envoyer à Fresnes au lieu de me faire sortir, euh si je faisais une tentative de de suicide, là, ils auraient été très très ennuyés. Donc, ils m'ont envoyé dans un hôpital psychiatrique le plus dur, c'est Valvert. Mais pourquoi c'était une horreur ? Parce que c'était vraiment des fous fous. Je j'ai vu des des gens une femme faire le singe et manger la terre. C'est pas des fous ? Voilà. Ils m'ont envoyé chez les fous. Et pas chez des chez des dépressifs, chez des fous. Valvert il est enfin il était hein, moi je sais pas maintenant, il était réputé pour ça. Non, mais ils m'ont fait aucun cadeau.

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Comment tu as survécu à tout ? Je [grognement] suis résistante. Et et puis il me faut des buts. Moi, mon but, c'était de sortir en en départ hein, c'était de sortir en en en liberté médicale. Et je l'ai obtenu. Donc, j'avais un but. Si dans la vie tu as pas de but, tu es tu es tu es cuite. Moi, j'avais ce but là et je l'ai obtenu. On en a déjà parlé un peu, mais ton procès il a eu lieu en 79, tu es condamnée à 15 ans de prison. Oui. C'est la plus lourde peine de prison pour une femme de la French Connection. Euh Qu'est-ce de quoi on t'accuse ? Eh ben justement, je me suis posé la question. Parce que ils ont le même le procureur, il a requis contre

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moi pendant des heures et des heures et des heures. Jamais, au grand jamais, il a dit que j'étais une trafiquante de jamais. Il a dit que j'étais intelligente, que j'aurais dû mettre mon intelligence au service de la France plutôt que de la French Connection. Mais bon, ça me ça mérite pas quand même 15 ans de prison parce je suis intelligente. Ils ont jamais dit que j'avais fait quoi que ce soit, à aucun moment. [grognement] Donc euh si bien que je Moi, je suis allée le voir. J'étais à Rennes, j'étais en permission, j'ai commencé par voir le premier procureur qui s'appelle Madame Viognali. Et je suis allée lui demander pour quelle raison elle avait requis 15 ans contre moi. Et ben, elle m'a répondu "Mais vous surplombiez tout le monde, vous voliez à côté des autres."

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Vous avez vu ? Alors, moi je lui ai dit "C'est ?" Oui, eh ben, j'ai dit "Alors, moi je vous je vais vous montrer que je suis vraiment stupide." J'ai dit "Parce que j'étais mignonne quand vous m'avez arrêtée." J'ai dit "Quelqu'un de mignon et intelligent, il tend la main, il prend le mec, il prend il tend la main, il prend les sous, il risque que 2 ans de taule, moi j'en prends 15. Je dis je vois pas où c'est qu'elle est mon intelligence." Quand mon mari faisait déjà il a commencé à faire de de de la drogue, j'avais 15 16 ans 17 ans. Comment j'aurais pu faire moi pour être le ? Ça tenait pas debout. Il fallait qu'il se paye la tête de Moi, je pense que le juge Michel voulait se payer la tête d'une femme, ça il l'a dit à tout le monde. Ça a été dit même dans

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dans des interviews et tout, il voulait se payer une femme. Donc, il s'est payé moi. Et ton mari, il a pris ? 17 ans. 2 ans de plus que moi, c'est tout. C'est incroyable. Je reviens pas et puis tout le monde qui est tous ceux qui me connaissaient, tous ceux qui m'ont euh m'ont vue avec mon mari, ils se sont tous posé la question "Mais pourquoi tu as été ?" J'ai dit "J'en sais rien. Je n'en sais rien. Je suis allée discuter avec les magistrats, je suis allée." Da- même, alors là, je vais vous dire mieux, je suis sortie pour la première fois en en permission le 9 octobre 1981. Première des choses que je fais, il me il me il m'oblige à rester en Bretagne, hein, interdit de descendre dans le

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Midi. Première chose que je fais, je téléphone au juge Michel. Je l'ai au bout du fil. Et je lui ai demandé à lui aussi mais pourquoi j'ai pris 15 ? Il m'a dit "Arlette, je vous jure, c'est pas moi." Réponse sèche du juge Michel. J'ai dit "Bon, et maintenant pourquoi on veut pas me donner ma ?" Alors il me dit "Vous savez ? Je vais m'en occuper, je vais téléphoner à la Chancellerie, je vais m'en occuper." OK, d'accord. Il raccroche et il est abattu le 21 octobre. Voilà. Et alors toi, après, tu vas être transférée dans une autre prison à Rennes. Et ben là, c'est la prison, c'est la centrale pour les femmes, hein. Dès que tu as plus de 2 ans, on t'envoie là-bas. Et là, tu vas partager ta ta cellule avec une femme qui a tué des bébés. Oui. Comment tu ? C'est elle qui te le ?

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Qu'elle a tué des ? Non, c'est pas elle qui me le dit. On vient me m'a me m'avertir parce qu'ils ils connaissaient ma réaction. On vient m'avertir qu'on qu'on la mettait avec moi. Et moi j'ai là, j'ai hurlé. J'ai dit "Mais non, jamais de la vie." Qu'est-ce que tu apprends sur cette ? Alors, c'est là où je voulais te dire, c'est la le psychiatre qui m'a demandé de l'analyser, de d'essayer de la faire parler parce que soi-disant elle avait un trou et elle était incapable de dire ce qu'elle avait fait à ce bébé. Donc moi, j'ai fait ce qu'on m'a demandé de faire et effectivement, on a au bout d'un certain moment, je me suis aperçue qu'elle était pas [musique] bien dans sa tête, hein. Et surtout, on était au-dessus de la nurserie. Il y avait les bébés qui criaient. Et dans la nuit, en dormant,

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elle disait "Il faut les tuer, il faut tous les tuer." Elle elle elle était elle était pas normale. Mais pourtant, quand tu lui parlais, elle avait l'air normale. Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Tu avais réussi à lui elle est elle gardait les petits. Elle était elle elle gardait les petits euh chez elle. Elle était assistante maternelle. Ah, comment on peut donner une assistance ? Heureusement qu'elle a tué qu'un. Parce que je je je sais pas comment elle a elle a pas tué plus. Elle ne pouvait pas supporter les bébés. Et cette cette femme-là, elle m'a demandé de l'interroger, l'ai interrogé. Et elle me disait "Mais quand j'étais bébé, je prenais les poupées, je fracassais la tête contre le contre le mur, toutes ses poupées." C'est déjà pas quelque chose de normal à cet âge-là, quoi.

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Donc je l'ai amené chez un psychiatre, elle est elle est sortie en permission, je l'ai amené chez un psychiatre que je connaissais et il m'a dit "Irrécupérable." Mais elle allait pas s'attaquer à un adulte. Elle est c'est le petit parce qu'elle est plus costaud que le qu'un adulte, je crois que elle l'aurait voulu moi parce que de temps en temps je lui tenais tête hein, mais rien que de voir mes yeux elle n'a pas [raclement de gorge] osé. Mais voilà, c'est c'est déjà ça c'est grave. En prison, on voit des trucs comme ça, c'est que on a l'impression que les gens sont normaux, ils ne sont pas du tout. Et donc on vit parmi des des gens dangereux. Ceux qui sont pas dangereux, c'est ce qui s'attaquent à l'argent, ceux-là ils sont pas dangereux. Mais ceux qui s'attaquent aux bébés, qui

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s'attaquent à tout ce qui est physique, ils sont extrêmement dangereux. Et c'est qui les détenus les plus fous que tu as ? Notamment une femme que j'ai croisé dans la cour des de de promenade de Rennes et cette femme, elle est très âgée, donc j'étais accompagnée d'une surveillante et la surveillante, je lui ai dit "Mais elle me dit !" J'ai dit "On on met des gens aussi âgés dans les ?" Elle m'a dit ! Elle a perpète." J'ai dit "Comment ? Qu'est-ce qu'elle a ?" Alors elle m'a dit "Attends, je vais te dire, c'est sa deuxième perpète." J'ai dit "Ah ?" Alors elle m'a dit "Mais son premier mari, elle l'a découpé en morceaux, elle a fait cuire, elle l'a mis dans des pots et elle l'a fait manger dans son restaurant. Elle sort, elle refait pareil avec le

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deuxième." Donc là, bouche bée, tu tu tu dis tu dis plus rien. Tu dis c'est vraiment des fous. Tu parlais avec des gens comme ça ou ? Alors j'en ai vu une autre aussi, une personne âgée, mais ça m'avait marqué à l'époque, ça m'avait marqué beaucoup les les Baumettes, elle elle est arrivée aux Baumettes. Et cette personne, assez âgée, elle on l'appelait les chauffeurs, c'est-à-dire qu'elle faisait en Corse, elle faisait les ménages des personnes âgées, elle regardait s'ils avaient des magots ou pas, elle faisait venir ses enfants et on lui brûlait les pieds comme à l'époque du Moyen-Âge pour le faire parler. Elle a pris perpète elle aussi. Toi, tu t'es changée avec ces gens-là ou tu tu avais trop ?

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J'ai jamais parlé de J'ai jamais parlé ni à l'une ni à l'autre de de de ce que je viens de raconter à l'an à l'an. Tes copines qui étaient en détention avec toi, elles avaient fait ? Alors, une, tout simplement, elle avait tué son mari, mais elle elle a eu que 5 ans avec sursis, ça c'est la première. Elle a eu que 5 ans avec sursis parce que son son mari lui faisait vraiment des misères, bon voilà, c'est elle et j'étais copine avec elle. Je parle des Baumettes là, hein. Après, j'avais une amie à moi qui est qui est rentrée, mais elle est pas restée longtemps parce que ça s'est bien arrangé son affaire. À À À Fresnes aussi, j'en ai connu une qui était C'était extraordinaire, elle s'appelait Françoise. Et elle avait fait un braquage avec son mari parce qu'ils avaient plus de sous.

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Et puis son mari euh ils étaient tellement débutants, il lui a tiré dessus, il l'a blessé à la jambe et c'est comme ça que je l'ai je l'ai connue à Fresnes parce qu'elle avait la jambe éclatée, quoi. J'étais copine avec elle, ouais. C'est quoi le le meilleur souvenir que tu as en ? Le meilleur souvenir, eh ben, c'est d'une copine qui m'a amené euh pour Noël un Mon Chéri. Et ça, le Mon Chéri, quand tu bois pas d'alcool pendant un moment, ben tu Même avec un Mon Chéri, tu as la tête qui tourne, hein. Ouais, ça c'est ça c'est C'est un bon souvenir, hein. Ça me Ça m'a fait plaisir, quoi. J'ai rien demandé, hein. Elle m'a dit "Tiens, pendant pendant pour Noël, je t'offre ça." C'est C'est gentil. Et est-ce que je peux te demander le pire souvenir en ? Le pire, je crois que le pire, c'est

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c'est quand quand on m'a fait la piqûre de pain total le que l'on m'a dit il m'a fait une piqûre de pain total pour me faire parler et c'est je suis partie en je suis partie à Fresnes mais je faisais des comment ça s'appelle quand quand tu tu as plus ton esprit tu as plus rien tu as tout perdu je savais plus j'étais j'ai j'ai fait des hallucinations pendant un sacré moment ça ça ça c'est un très très mauvais souvenir très très très mauvais. C'était courant comme ça à l'époque de faire des ? C'était courant à l'époque de de faire des piqûres comme ? Ah non. Ah non mais j'ai j'étais très parce que je l'ai dit c'est c'est l'affaire des grâces médicales ça encore. Je l'ai dit au juge Jardieu tout ça mais j'ai comme moyen de de preuve parce que sauf que quand je suis arrivée

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à Fresnes j'ai quand même un moyen c'est qu'ils ils disaient à tout le monde que je faisais des hallucinations je voyais des trucs de partout j'ai les cachets que j'avais pris pour être dans le coma plus le la piqûre de pain total ça m'a fait délirer. Et alors Arlette tu sors le 26 novembre 85 tu as de la chance tu vas faire 10 ans au lieu de 15 [grognement] 15 ans au lieu de 10 mais tu as eu une remise de peine qu'est-ce que tu fais c'est quoi la première chose que tu fais en sortant de ? Alors la première chose la première chose j'avais euh de un peu d'argent je suis allée acheter une vieille voiture et c'était de conduire et de conduire et de conduire ça c'est la liberté ça c'était ma liberté. Après je suis allée donc chez une une dame qui m'avait fait qui était une

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ancienne détenue qui m'avait fait un certificat d'hébergement parce qu'il m'en fallait un et là le le soir de Noël là c'est ça c'est c'est bien c'est mon premier Noël dehors il a fallu que j'aille chercher des poulets pour donner aux pauvres donc je suis allée chercher des poulets avec elle et j'ai fait la tournée des Grands Ducs pour donner ça à des indigents j'ai dit bah ouais tant pis. Et toi tu sors tu as 37 ans tu as quand même encore toute la vie devant toi je suis encore avec mon mari mais je voulais plus rester avec lui mais c'était très dur de de de de m'en séparer parce qu'il voulait pas lui et puis moi mon optique c'est que j'ai je travaillais. On te sort pas tu sors pas comme ça en conditionnel si tu as pas boulot. Donc je travaillais j'avais passé plein de

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diplôme de comptabilité, j'étais comptable en prison voilà et puis je suis même rentrée dans une banque pour travailler là je bon j'ai appris il avait plus rien compris mais je travaillais pour le comité d'entreprise donc on te demandait pas ton casier judiciaire. Donc j'ai travaillé dans une banque la BPA de de Saint-Brieuc. Donc après ça va se terminer avec lui. Alors après je l'ai plus revu. Euh je l'ai quand même soutenu parce que je sais ce que c'est de sortir et de rien avoir donc j'avais une voiture je lui ai donné ma voiture j'avais d'argent parce que je travaillais je lui ai donné jusqu'à ce qu'il puisse se se rétablir. Et parce que vous n'avez rien gardé de l'argent de la French ? Tout a été ? Tout a été saisi sauf la boîte de nuit.

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La boîte de nuit j'ai récupéré. C'est la seule chose que j'ai récupéré. Alors qu'il y a d'autres personnes qui ont réussi à garder euh Et ben oui mais voilà. Euh moi et moi j'avais tout à mon nom donc ils m'ont tout saisi c'était aussi simple que ça et la maison mon mari l'a perdu deux fois. Au lieu de s'en séparer parce qu'on avait des gens qui voulaient nous l'acheter la la la douane demandait temps et il nous donnait temps au lieu de faire ça ils m'ont encore une fois pas écouté. Il a voulu la racheter lui au nom de son copain. Encore un prête-nom et voilà et il a perdu deux fois parce que son copain il lui a jamais rendu. On va parler de ta vie aujourd'hui. Euh toi là tu as 78 ans euh tu vis dans le ? Ouais. Tu vis dans le sud de la France. À quoi ressemble à quoi ta vie ?

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Tu es loin de tout ça loin des ? Ah oui oui j'ai plus j'ai plus j'ai plus affaire à qui que ce soit là. J'ai une vie tout à fait normale j'ai j'ai j'ai travaillé pendant des années dans un dans un bar. Quand j'ai récupéré ma boîte j'ai pu acheter un bar j'ai travaillé dans un bar, j'ai fait de la restauration, j'ai fait j'avais un hôtel en Auvergne, j'ai tenu l'hôtel, j'ai j'ai tout fait, j'ai travaillé tout à fait normalement parce que contrairement à ce que tout le monde pense, je suis quelqu'un de tout à fait normal malgré tout ce qui m'est arrivé. Et ben aujourd'hui, ben je suis à la retraite mais j'ai racheté un bar, je me suis associée avec quelqu'un. J'ai racheté un bar et je travaille dans le bar et et je m'occupe de tout et je fais de la comptabilité et voilà et je

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m'occupe de d'association nautique et du conseil portuaire, je fais pas mal de choses. J'avais pas besoin de me réinsérer, j'étais pas désinsérée si j'ose dire. Tu en parles de ce passé de la French Connection à ton ? Alors après Lou, j'ai pas en parler parce que tout le monde est au courant. Mais autour de moi hier, il y a personne qui savait et là voilà, je me dévoile. Il y a personne. Là aujourd'hui, c'est ta première interview, ils vont tous être au courant. Personne n'est au courant, personne. Ils pensent que tu as eu un passé normal Et oui, ben oui parce que justement, je répète, je suis quelqu'un de normal malgré tout ce qui m'est arrivé. Je réagis tout à fait normalement. Tu appréhendes la réaction des gens ou toi tu as pas ? Oui, oui, oui parce que même si ça fait 50 ans,

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savoir que tu as quand même une ancienne détenue en face de toi qui a connu la French Connection et qui a connu tous ces malfrats, peut-être ils ils vont avoir pas une bonne réaction vis-à-vis de moi mais bon, fallait [grognement] que je le dise de toute façon. Est-ce que parfois tu as des ? Non. Aucun. Non. J'ai je me suis adaptée à tout, j'arrive à m'adapter et je peux pas avoir de des regrets parce que quand j'a- je m'adapte, je tire profit de ma situation en espérant que je puisse en tirer profit, c'est-à-dire je laisse tout ce qui est mauvais et j'utilise tout ce qui est bon. Et donc je je j'ai pas de regrets. Pas du tout. Si tu pouvais revenir en arrière euh et ne jamais rencontrer Henri euh

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est-ce que tu le ? Ah oui, parce que je pas que je regrette, mais il m'a gâché toute ma vie quoi. Voilà, mes plus belles années, je les ai passées en taule. Donc ah oui oui, je le ferais. Ah oui oui, je le ferais. Je ferais je ferais marche arrière. Pourtant c'est pas de moi, je fonçais, mais Aujourd'hui tu es ici aussi parce que tu as écrit un livre ma vie au cœur de la French. Ouais. Qu'est-ce que tu racontes dans ce ? Alors dans ce livre je raconte toute ma vie du début jusqu'à la fin à partir de 12 ans jusqu'à maintenant. Je rétablis toutes les vérités parce que plusieurs livres ont été faits sur moi sans qu'on me consulte et sans que je puisse dire si c'est vrai ou faux. Donc cette fois-ci, je vous dis la vérité dans un livre. Et ben comme d'habitude, on vous met

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tous les liens en description du livre d'Arlette qui est sorti du coup le 1er octobre. Tu dirais que tu es heureuse ? Ah moi je je vis comme un poisson dans l'eau là. Je suis très heureuse, je profite de tout de toute façon j'aime tout. Je vois un oiseau, moi je m'émerveille de voir un oiseau. J'aime tout, j'aime la vie. Tu as ton bateau, tu pêches même. Voilà, je pêche, je chasse. J'ai un permis de chasse, je chasse, je pêche, je fais les champignons, je fais de la comptabilité pour mes associations, je me bats pour mes mes copains qui ont des bateaux pour qu'ils aient des postes pour que tout se passe bien. Non non, je je je vis une belle vie et quand je suis à Praloup, ben je tiens mon bar, je tiens tout et puis de temps en temps je skie en plus. Donc La vie de rêve.

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Oui, la vie de rêve oui c'est sûr si j'ose dire à 78 ans oui. Pour pas longtemps. Bon, ? Ben on a terminé cette interview. Merci beaucoup Arlette.

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