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interviewLCI (sur YouTube)· 18 janvier 2026 23 min

"Il faut réarmer en accéléré" : général Pierre de Villiers|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Sommes-nous à la portée des tiruses ? En tous les cas, Emmanuel Macron l'a dit très clairement lors de ses vœux aux armées. Écoutez, la capacité des armées à s'engager à court terme sera améliorée et accélérée.

Ce troisème objectif se décline à travers plusieurs lignes d'action. Il s'agit d'améliorer la protection de nos forces, défense surface R, lutte anti-drone, guerre dans le champ électromagnétique où nous avons vu à chaque fois des nécessités d'aller plus vite parce que la compétition est plus forte. Il nous faut ensuite moderniser notre modèle d'armée avec en particulier des drones de tout type pour les trois armées.

Et là-dessus, nous devons aller plus vite car nous avons vu la capacité d'innovation et l'accélération sur le théâtre ukrainien et soyons clair, nous sommes en retard. Bonsoir général Pierre Deiler. Bonsoir madame.

Je suis ravie de vous recevoir en plateau. Je rappelle votre ouvrage pour le succès des armes de la France aux éditions Fillard. Est-ce un message 10 ans trop tard de la part du président ?

Ah, c'est sûr que euh quand je vois la représentation parlementaire voter euh les hausses de crédit substantiel, puisqu'on parle de 7 milliards pour cette année et la même chose l'année prochaine, 14 milliards euh et que en 2017, je me sentais un peu seul par rapport à tout ça puisque personne ne voyait les états-Puissance se rapprocher de nous, le terrorisme islamisme radical, l'immigration massive personne ne voyait que ce nouveau monde se rapprochait à grand pas et je me sentais un peu seul. Ah moi je suis pas rencugier, vous savez ce qui compte c'est la France et donc je me réjouis de voir tout ça. La seule chose c'est que pour le moment toutes ces augmentations, tous ces actions ne sont que des paroles.

Il faut des actes. On verra si ce sont aussi des actes. Nous sommes dans un monde où les lignes géopolitiques, les alliances sont de plus en plus floues et le Groenland et la nouvelle obsession de Donald Trump.

Écoutez-le. Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s'il ne jouent pas le jeu sur le Groenland parce qu'on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale. Je vais peut-être le faire.

Est-ce que vous considérez encore les États-Unis comme un allié général de Villier ? On est dans un monde où on a plus que des partenaires adversaires finalement. C'est c'est la règle.

Euh nous avons été pendant des décennies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale euh dans la force du droit et aujourd'hui c'est le droit de la force. On a changé de logiciel, on le sentait venir mais ça s'est accéléré brutalement notamment par les dirigeants de ces états-Puissances, le président Poutine avec l'envahissement de l'Ukraine, la Chine qui trace de plus en plus autour de son périmètre et puis le président Trump euh qui euh applique finalement ce pourquoi il a été élu, America First et qui revient à la doctrine de Monro. On assiste à un monde où chacun finalement est en train euh de se constituer son périmètre régional.

Et ce qui m'ennuie le plus dans ce monde, c'est que c'est un nouveau monde bipolaire finalement. Et les 70 ans de communisme quelque part réapparaissent d'un côté l'Occident avec un milliard d'habitants à peu près aligné derrière les États-Unis qui nous abandonnent vers le Pacifique et nous nous retrouvons nous les Européens seuls et de l'autre côté un conglomérat d'État puissance avec des stratégies de long terme qui n'ont qu'un seul point commun mais ça suffit pour les unir la haine de l'Occident et du grand Satan américain. Vous avez assisté à la première réunion Donald Trump Emmanuel Macron euh général de Villier.

Est-ce que vous aviez déjà vu ce changement de doctrine lors de Trump 1 ? Je raconte ça au début de mon livre parce que finalement euh c'est un peu ce qui m'a décidé à écrire. J'avais perçu, j'avais pressenti euh dans la même journée du 13 juillet 2017, nous avons eu la réunion le matin franco-allemande avec la chancelère Merkel et j'étais à côté du président français.

J'avais vu cette Europe un peu mécanique, un peu à bout de souffle, en tout cas sans souffle. Et puis l'après-midi, le président Trump, un autre style 1h 3/4 de réunion prévisant président très imprévisible dans son comportement, parfois même un peu impoli dans son savoir son savoir vivre et puis finalement très prévisible dans ce qu'il disait, dans sa stratégie. Et j'avais senti dès ce moment-là, dès 2017, que il allait progressivement se tourner comme ses prédécesseur, mais en accélérant le mouvement vers le Pacifique et abandonner l'Europe.

L'Europe qui l'estimait incapable de se réarmer et très contente d'être sous le parapluie américain et lui dans sa doctrine, c'était fini. L'envoi des troupes françaises au GR, en soit, vous en pensez quoi ? Est-ce que ça sert à quelque chose ?

Alors euh je suis assez partagé parce que si vous voulez la façon dont ça a été rendu euh un anglais, quelques Danois, une dizaine de Français euh c'était un peu pathétique quand même ce détachement euh pour un bras de fer avec les États-Unis et connaissant de l'intérieur la mécanique, c'est un harpon, c'est une reconnaissance pour évidemment voir comment on peut faire un peu mieux euh avec une force une vraie force militaire puisque là ce sont des gens non armé pour l'essentiel. Alors, on ne peut pas ne rien faire. Seule l'inaction est infamante.

Mais un bras de fer contre les États-Unis à propos du Greenland qui se terminerait par un article 5, écoutez, c'est absolument inimaginable. L'OTAN cont est contrôlé par les États-Unis, il finance plus de 50 %. C'est la colonne vertébrale de l'OTAN.

Je n'imagine pas cette situation comme possible. Nous sommes effectivement dans la gesticulation politique et dans les rapports de force. Vous dites que nous sommes sortis de la mort cérébrale de l'OTAN dans votre ouvrage, mais est-ce qu'on l'est vraiment quand les États-Unis agissent ainsi ?

Et quelle est la bonne posture à avoir ? Est-ce que c'est le daddy de Marc Routeux, le secrétaire général de l'OTAN, ou est-ce que c'est être ferme et leur dire en fait vos troupes américaines sur le territoire européen, on n'en veut plus, on va désormais se défendre seul. Quelle posture il faudrait avoir ?

Ben écoutez, déjà euh réaliser que notre monde a changé et que en terme diplomatique, on ne peut plus faire comme avant. Le droit n'est plus respecté. Les organisations internationales mis en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ces stabilisateurs automatiques, suivant la belle expression de l'ambassadeur de l'âtre, ces stabilisateurs ne sont plus efficaces.

Donc, il faut tourner la page et venir dans la page de la force. seule la force sera respectée. Et c'est pour ça que euh au-delà de la diplomatie, il faut réarmer en accélérer, réarmer nos armées pour qu'elles soient capable de faire la guerre, pas simplement des opérations de guerre, réarmer les forces morales du pays pour que nous ayons une unité nationale.

Que se passerait-il si nous étions à la place des Ukrainiens en France aujourd'hui ? Et puis il faut mettre en œuvre cette fameuse économie de guerre dont le président a reparlé dans ses vœux. Mais aujourd'hui, c'est une expression, ce sont des paroles.

Rien n'a changé dans les procédures vis-à-vis des industriels. On va en parler des industriels, mais j'aimerais savoir si vous étiez à la place du général Guasque par exemple qui nous représente à l'OTAN, comment vous agiriez avec les Américains ? Alors, je le dis dans mon livre, nous les Européens, ce qu'il faut que nous construisions, ce sont des coopérations intérêtatique à géométrie variable sur des projets concrets.

C'est ça l'Europe de la défense. Et moi, je l'appelle la défense de l'Europe. Les mots ont un sens. le mythe de l'armée européenne, il faut arrêter de faire référence à cela car nous perdons du temps.

Nous en avons déjà beaucoup perdu avec cette armée européenne. On ne part pas à la guerre avec des troupes fusionnées. On meurt pour son pays, on meurt pour son drapeau, on meurt pour son chef, on meurt pas pour une communauté économique.

Voilà ce qu'il faut faire, construire à partir du socle de l'OTAN, parce que de toute façon, les pays européens membres de l'OTAN restent attachés à l'OTAN. construire cette coopération européenne et pas cette Europe euh fédérale qui ne dit pas son nom. Général de Viller, est-ce qu'elle marche vraiment cette coopération européenne ?

Quand on voit par exemple le char du futur qui pour l'instant patine un petit peu, j'ai envie de dire pour une histoire de tourelle où on a envie de dire "Nous les Français nous avons la solution, nous les Allemands, nous avons la solution et personne ne se met d'accord." Je pourrais vous dire également European Skyshield Initiative qui devait nous protéger au niveau européen de missile balistique qui n'a pas été décidé par les Français parce que ce n'était pas un projet avec de l'armement européen. Quand on voit ça, est-ce qu'un couple franco-allemand marche encore réellement ?

Alors le couple franco-allemand, parlons-en. On a fait la brigade franco-allemande qui est excellente pour les défilés mais on peut pas l'utiliser en opération puisque la loi fondamentale allemande interdit de faire la guerre. Donc euh il faut profiter de cette situation où les pays européens commencent à avoir peur.

Et vous savez, la peur fait réagir, le courage fait décider, le surceau fait gagner. Le voilà le surceau européen que nous attendons en respectant les souverainetés nationales. La souveraineté européenne, ça n'existera jamais parce qu'il faut une nation européenne.

Il y a des nations européennes, il y a des pays, il y a des États européens. Et c'est ça qu'il faut profiter de cette situation unique pour faire avancer cette coopération européenne. Mais arrêtez de croire qu'on va pouvoir marcher sur les nations, sur les drapeaux, sur les cultures des pays.

Ça ne fonctionnera pas. Et les coopérations dont vous me parlez, elles ne fonctionnent pas parce que il n'y a pas un effet politique suffisant. Pour une coopération, il faut trois qualités. 1 que ce soit meilleur au plan opérationnel 2 que ça coûte moins cher et 3 que ça respecte les souverainetés nationales notamment au plan industriel.

Ces coopérations, elles sont pas parties sur le bon pied. On pourrait parler du scaf également, c'est pas parti sur le bon pied parce que euh la l'énergie politique qu'il faut mettre au départ et la clarification n'est pas là parce qu'on est dans une ambiguïté. Vous savez l'ambiguïté c'est l'ennemi du stratège.

On est dans une ambiguité. On veut construire une Europe fédérale et on ne veut pas le dire. Alors, une ambiguïté justement, vous me faites réagir là-dessus parce que l'ambiguité c'est aussi notre doctrine nucléaire.

Certains spécialistes du nucléaire, dont Bruno Tertritez dans votre ouvrage disent "Trop d'ambiguïté tue l'ambiguité." Est-ce que vous êtes pour assumer une doctrine nucléaire ? On l'a fait un petit peu avec les Britanniques en juillet en se rapprochant d'une certaine manière mais dire très clairement voilà on assume désormais de partager notre doctrine nucléaire avec d'autres pays européens.

Est-ce que vous êtes pour ça ? Alors, moi, je suis totalement opposé à euh changer ce qu'a mis en place le général de Gaulle, qui est quand même un cerveau intelligent avec comme concept de notre doctrine de défense l'indépendance nationale, articulée autour de la dissuasion nucléaire et de forces conventionnelles du même niveau de suffisance pour être crédible parce que on le voit bien entre l'Ukraine et la Russie, on peut avoir un conflit même quand on est doté de la dissuasion nucléaire, un conflit conventionnel. Ensuite, la dissuasion nucléaire telle qu'elle est conçue, elle était à trois composantes, elle est maintenant à deux composantes.

Le général de Gaul, il était intelligent. Il savait très bien que quand il allait déclencher le feu nucléaire, ça aurait des conséquences sur l'Europe. Tout est écrit.

Cette doctrine, elle est claire et il y a pas besoin de faire euh un effet de communication autour de cette doctrine. Tout le monde sait que les pays européens seront concernés et encore à l'époque, c'était encore beaucoup plus net puisque le Pluton tirait à 3-400 km. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Donc cette coopération européenne, il faut la construire avec cette confiance que j'appelle de mes vœux. Mais il n'y a pas besoin aujourd'hui de rajouter quoi que ce soit à la doctrine de dissuasion nucléaire. telle qu'elle est écrite.

Je vous l'assure, le problème de la dissuasion nucléaire, je vais vous le dire, c'est qu'il y a que deux personnes qui connaissent l'ensemble de la chaîne et c'est le dernier secret de la République. Donc, je ne peux pas aller plus loin pour donner mon explication, mais moi je sais de quoi je parle et je vous dis que nous n'avons pas besoin de clarification autre que la doctrine actuelle concernant l'Europe actuellement. Mais nous avons besoin de renforcer notre dissuasion conventionnelle.

Jean-Dominique Merchet que vous citez également qui est un habitué de ces plateaux parle de cette guerre de haute intensité. Très clairement, à quel moment vous vous êtes dit nous sommes obsolètes et à quel moment vous vous dites "OK, on a besoin de plus de frégate, on a besoin de plus de défense solaire. De quoi avons-nous besoin à l'heure actuelle quand vous voyez ce que le gouvernement essaie de faire comme projet à l'heure actuelle ?

Alors la la prise de conscience pour moi du changement de monde à venir c'est 2015 les attentats en 2015. Je me suis dit les États-Puissances plus le terrorisme service radical plus les migrations massive ça nous fait un cocktail qui risque de changer l'équilibre du monde. Je n'ai pas changé de discours depuis 2015.

On peut reprendre tous mes discours. Moi, je suis pas quelqu'un qui change et mon discours était articulé de cette façon à l'époque. En 2017, c'est le différent que j'ai eu avec le président de la République qui était président de la République chef des armées.

J'en ai tiré les conclusions et j'ai démissionné. Le différent, c'était au-delà de la forme avec la confiance qui avait disparu après ses propos. Mais c'était le fond.

Moi, je voyais venir le nuage noir et je sentais que au autour de moi, dans la majorité politique du moment arrivé en 2017, j'avais du mal à convaincre et je je sentais ce mouvement. Euh la prise de conscience détaillée, elle est arrivée ensuite en 2022 avec ce rapport qui est remarquable de Jean-Louis Tiot et Patricia Mirales sur la capacité des armées françaises à combattre en haute intensité. Je je recommande de relire ce rapport.

On le trouve sur internet. Tout est dit dans ce rapport. Je m'en suis beaucoup servi pour écrire mon chapitre concernant le modèle d'armée.

Tout est dit. Tout est dit sur nos forces et nos faiblesses. Et sur nos faiblesses, tout est dit.

Et en plus, nous savons que depuis, il y a l'espace, les fonds marins, le cyber, la guerre informationnelle, les drones, l'intelligence artificielle. En plus, tout ça c'est accéléré depuis 4 ans que ce rapport a été écrit. Mais c'est pas une nouveauté.

La nouveauté finalement, c'est que la prise de conscience politique, elle est maintenant et le le premier électrochoc, ça a été la guerre en Europe, le retour de la guerre en Europe. Personne n'y croyait. Finalement, ça nous tombe dessus et voilà.

Mais avant cette ce retour de la guerre en Europe, très franchement, je pense que les hommes politiques vivaient à l'abri des trois lignes maginaux que je décris dans un de mes chapitres dans mon livre. Mon général, nous avons la dissuasion nucléaire. Mon général, nous serons en coalition.

Mon général, nous aurons le temps de remonter en puissance. Et j'explique dans ce chapitre que ce sont trois lignes maginaux et d'ailleurs, c'est la vérité. Les faits m'ont donné raison.

Le retour des empires. Général de Viller, vous avez rencontré le chef d'étatmajor russe Valérie Garassimov. Alain Bower que je reçois beaucoup sur ce plateau dit souvent il faut remarquable.

Il dit comme Jeanominique Mercher, il dit très souvent il faut écouter ce que disent les terroristes, il faut écouter ce que disent les dictateurs. Est-ce qu'il y a des mots de Valérie Guerassimov par exemple qui vous ont mis la puce à l'oreille sur ce que voulaient les Russes, la stratégie sur le long terme, des choses sur lesquelles on a voulu fermer les yeux à cette époque-là ? Oui, je raconte un entretien que j'ai eu en 2011, on était numéro 2 ensemble.

Ensuite, il est passé l'année suivante chef d'étatmajor. Moi, je l'ai rejoint 2 ans plus tard en 2014. Nous avons été chef d'étatmajor ensemble.

Je le connais bien. Vous savez, les Russes, ils ont une stratégie. C'est la grande Russie orthodoxe à 20 ans.

De la même manière que la Chine, c'est la route de la soie 50 ans. La Turquie, la grande Russie orthodoxe, 20 ans. Et nous, nous avons quoi comme stratégie en Europe ?

Je voudrais bien la connaître en dehors d'une stratégie d'une monnaie unique, l'euro d'une stratégie économique, mais nous n'avons pas de stratégie à 10, 20 ou 30 ans. C'est ça qui nous manque. C'est ce que j'explique dans mon livre.

Le le général Guerasimov euh je me suis euh heurté à lui à plusieurs reprises. Il ne respecte qu'une chose, la force. La force.

La force brute. Emmanuel Macron l'a dit. Nous sommes en retard, ça ne va pas assez vite.

Mais la faute à qui ? lui tape sur les industriels. Écoutez-le.

Ce début d'année 2026, vous demandez encore davantage. Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante. On ne nous attend pas.

Général de Villier, est-ce que les industriels sont en tort ou est-ce que c'est une rigidité administrative ? une DGA qui ne fonctionne pas bien. À qui la faute selon vous ?

Alors, c'est à la fois sensible et très complexe. Alors, un programme d'armement, il y a trois acteurs. Il y a l'Étatmajor qui exprime ses besoins opérationnels, il y a l'industriel qui fabrique et au milieu, il y a celui qui traduit les besoins avec des ingénieurs de la délégation générale pour l'armement.

Ce système c'est le même que depuis 30 ans. Les procédures sont pour l'essentiel les mêmes que depuis 20 ans. Nous ne sommes pas du tout en économie de guerre.

Il y a rien de changer quand le ministre décide en en comité ministériel d'investissement le lancement d'un programme, il faut des mois et des années le temps que ça arrive pour plusieurs raisons. D'abord la bureaucratie, l'administration, ensuite la diligence de Bercy pour faire accélérer les choses. C'est généralement pour retarder puisque ça permet de gagner.

Je rappelle que nous avons 8 milliards de reports de charge. 8 milliards. Alors c'est pas 50 vrai aujourd'hui le budget de la défense.

Il y a 8 milliards qu'on a pas payé aux industriels et cetera et cetera. Donc il faut changer ces procédures. Ça c'est la première chose.

Ensuite il faut amorcer la pompe pour que les industriels soient sûr d'être payés. Aujourd'hui moi quand je vois les industriels, on a à peu près neuf grands groupes et puis ensuite on a des centaines de PME. C'est une machinerie et nous avons euh la chance d'avoir cette base industrielle, technologique et de défense la meilleure en Europe.

Donc qu'est-ce qu'on attend pour gaver les tuyaux pour que les industriels puissent avoir les commandes ? Mais nous n'avons pas de budget. Ben voilà, j'allais pas de budget.

La hausse de 6,7 milliards de d'euros ne va pas arriver s'il y a pas de budget. Nous sommes dans un chaos politique. Alors faut appeler un chat un chat.

Nous n'avons même pas de budget. Donc là, dans le meilleur des cas, le budget sera voté fin février. dans le meilleur des cas, le temps que ensuite la procédure administrative arrive à l'industriel, la majeure partie de ce budget de cette augmentation de 6 milliards 7 ne pourra pas être dépensé ce qui permettra à Berce eux ils ont des soucis d'équilibres puisque nous avons 115 % du PIB en dette 3500 milliards nous sommes dans une situation inextricable et donc c'est l'ensemble du système que vous décrivez qu'il faut changer Mais ce n'est pas normal.

Alors euh vous savez 70 14 39 trois cas différents. Mais il y a quand même un point commun. Crise politique, crise économique, crise sociale, crise financière, endettement massif, incapacité de réarmée, défaite et à chaque fois on accuse généralement les généraux et les industriels.

Donc chacun doit prendre sa part de responsabilité. Moi en 2017, j'ai démissionné, j'étais conscient de ce qui allait se passer. Donc euh la responsabilité euh elle est collective et généralement c'est le chef.

Et le chef c'est qui ? C'est le pouvoir politique qui décide. Donc il faut changer ce système et que les industriels puissent avancer.

Et du côté des industriels, il faudra effectivement que on change la logique. On passe d'une logique de vente à l'export à une logique de stock comme ça se passait avant la chute du mur de Berlin. Parce que sans stock, on ne fait pas la guerre.

Si on n' pas de stock de munition, de pièces de rechange, de logistique, on ne peut pas tenir à la guerre. Alors au niveau national, je ne peux pas oublier une question général de Villier, une décision a été prise, celle du service national. Le général Pierre Chill, chef d'étatmajor de l'armée terre, me disait sur ce plateau, on y reviendra au service militaire.

Vous vous êtes un grand déçu de cette réforme réforme sous Jacques Chirac. Vous citez dans votre livre le maréchaloté, l'officier et l'éducateur de la nation. Pour vous, ça a une autre dimension en fait.

Le service militaire, c'est aussi une cohésion nationale. Oui, moi je faisais partie des rares officiers à l'époque j'étais jeune donc mon poids était très limité qui était opposé à cette suspension du service national en 95. Je voulais professionnaliser les armées parce qu'on s'était aperçu en 91 au moment de la guerre du golfe que c'était nécessaire.

Mais je voulais l'ont demandé mais je voulais exactement mais je voulais maintenir un service national qui soit universel garçon-fille et égalitaire puisque sur les garçons à peu près 50 % arrivaient à passer à côté du système sauf dans la légion. Donc je fais une bouteille. Oui.

Donc euh moi je suis très favorable à la mesure annoncée par le président de la République. Je dis simplement que une classe d'âge chez 800000 jeunes que 3000 cette année 10000 en 2030 et 50000 en 2035 compte tenu de la situation actuelle de notre pays extrêmement fracturé où l'unité nationale n'existe plus. Il faudrait peut-être aller plus vite et plus loin.

En tout cas c'est mon avis. Mais cette mesure est une bonne mesure aussi parce qu'on a abandonné le service national universel qui était les colonies de vacances avec des jeunes mineurs quelques jours, quelques semaines pour la communication pour la communication. Mais maintenant vous savez, il y a une différence entre nos partenaires adversaires des États-Puissance et les démocraties européennes.

C'est que les dirigeants de ces États-là, quand ils disent quelque chose, ils le font. Nous, nos dirigeants, ils parlent, ils se réunissent, ils font des rapports. Maintenant, il faut agir.

C'est l'objectif de mon livre. Je souhaiterais que ce sujet soit en première ligne des débats électoraux dans les échéances que nous avons.